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MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE


RÉGION CENTRE
Crédit photo : DIREN Crédit photo : DIREN



Profil environnemental
Régional

Actualisé au 15 juin 2006


5, Avenue Buffon – BP 6407 – 45064 Orléans cedex 2
tél : +33 2 38 49 91 91 – www.centre.ecologie.gouv.fr
Région Centre
Profil environnemental régional actualisé 2006



1. Eléments de cadrage méthodologique

Le profil environnemental régional (PER) vise, à partir d’une analyse et du bilan de
l’environnement en région, et en fonction d’objectifs de référence (enjeux européens ou
nationaux, notamment), à identifier les principaux enjeux susceptibles d’orienter la stratégie à
mettre en œuvre dans les domaines de l’environnement à l’échelle régionale.

Le présent PER est un document synthétique qui s’appuie sur les données existantes. Il n’a pas
vocation à mettre à jour de façon exhaustive le PER de la région Centre réalisé en 1999 mais
d’actualiser le diagnostic et les enjeux sur un certain nombre de dimensions
environnementales identifiées dans la circulaire de la DIACT du 06 avril 2006 relative à la
préparation des programmes opérationnels régionaux 2007-2013 (cf. tableau ci-dessous).
Chacune de ces dimensions environnementales est déclinée en thèmes qui font l’objet
d’une fiche. Le PER est également complémentaire du Cahier régional de l’environnement
édité par l’IFEN et la DIREN en 2004 qui établit un diagnostic très précis de l’état de
l’environnement de la région. Le PER établi en 1999 et le cahier régional de l’environnement
sont disponibles sur le site Internet de la DIREN http://www.centre.ecologie.gouv.fr/.

Chaque fiche du présent PER s’appuie, pour le thème considéré, sur un diagnostic des
caractéristiques majeures en région Centre (forces, faiblesses, évolution, etc.), et identifie les
enjeux et les orientations stratégiques qu’il est nécessaire de mettre en œuvre. Des
indicateurs permettant d’évaluer l’état de la thématique environnementale ou la mise en
œuvre des orientations stratégiques complètent ces fiches.

Thèmes traités dans les fiches du PER :
(identifiés dans l’annexe 1 de la circulaire de la DIACT du 06 avril 2006)

Dimension N° de
Thèmes à traiter Services ressources
environnementale fiche
Biodiversité Espèces et diversité biologique
DIREN – SNPQV – pôle nature 1
et milieux naturels Milieux naturels, espaces, habitats
Air - climat DRIRE 2-A
Pollution
Eaux DIREN – SEMA 2-B
et qualité des
Sols DRIRE 2-C
milieux
Déchets DRIRE + ADEME + DRE 2-D
EauxDIREN-SEMA3-A
Ressources Sols et espaces DRAF3-B
naturellesEnergie DRIRE + ADEME 3-C
Matières premières DRIRE 3-D
Risques naturels DIREN – SEMA 4-A
Risques
Risques industriels DRIRE 4-B
Paysages DIREN – SNPQV – pôle ADT 5-A
Cadre de vie Bâtiments DRE + ADEME 5-B
Nuisances (bruit…) DRE 5-C
Sites naturels DIREN – SNPQV – pôle ADT 6-A
Patrimoine
Patrimoine architectural, culturel et historique DRAC + SDAP 6-B


Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 – enjeux stratégiques page 1/42. Enjeux stratégiques thématiques

La région Centre possède un patrimoine naturel et paysager riche, concentré sur des sites
emblématiques (axe de la Loire et ses affluents, massif forestier d’Orléans, Sologne, Brenne,
etc.) En complément, une mosaïque de milieux naturels plus dispersés contribuent à
l’équilibre général du patrimoine sur tout le territoire régional.

Si la connaissance de ce patrimoine est globalement bonne, elle reste à améliorer et affiner
sur certains secteurs ou pour certains groupes animaux ou végétaux. Il est ainsi nécessaire de
continuer à réaliser des inventaires sur l’ensemble du territoire régional afin de garder un
niveau de connaissance actualisé et approfondi.

Il existe de nombreux facteurs de banalisation des milieux qui interviennent à grande échelle
(modifications des pratiques culturales agricoles ou forestières, projets d’équipements et
d’infrastructures, ruptures dans les corridors écologiques, etc.) Cette dégradation se
répercute sur de nombreuses espèces qui tendent à décliner. La prise en compte de
l’environnement en amont de ces différents projets et la sensibilisation ou la formation des
acteurs du territoire demeurent des priorités régionales.

De plus, il existe quelques espèces invasives dont la prolifération pose des problèmes
écologiques (dysfonctionnement des écosystèmes, pollution des eaux, appauvrissement des
groupes végétaux, etc.) La gestion de ces populations et la limitation de leur prolifération
doit être conduite.

Si chacun des espaces naturels majeurs doit pouvoir être connu, protégé et géré, au travers
des diverses politiques de protection de la nature, il existe quelques sites régionaux sur
lesquels il est nécessaire de porter une attention et des moyens particuliers, compte tenu
d’un ou plusieurs enjeux en présence :
- Les territoires de fort développement économique ou humain, où la biodiversité et les
facteurs identitaires des paysages sont menacée par les activités ou l’urbanisation ;
ce sont notamment l’axe de la Loire et ses principaux affluents, les franges
franciliennes ; il est nécessaire de mieux connaître et préserver la biodiversité de ces
territoires afin de la prendre compte dès l’amont des projets et maîtriser l’urbanisation.
- Les grands territoires emblématiques de la région Centre que sont les zones humides
de la Sologne et de la Brenne ; le patrimoine de ces vastes territoires est mal connu et
les modes de gestion doivent être adaptés à ce contexte particulier.
- Les Parcs naturels régionaux dont les territoires reconnus au niveau national pour la
qualité de leur patrimoine et du projet de développement durable exprimé au travers
de leur charte ; les actions structurées prévues dans ce cadre doivent être soutenues.

En matière de paysages, il est nécessaire de terminer la couverture régionale des atlas de
paysages départementaux et d’élaborer un atlas régional, afin de parfaire la connaissance
et la caractérisation des entités paysagères de la région Centre. Ces atlas doivent pouvoir
être complétés par des chartes ou plans de paysages identifiant aux bonnes échelles
territoriales les actions à conduire pour les préserver ou les mettre en valeur. Il est également
nécessaire d’accompagner la définition des futures zones de développement de l’éolien.
Des actions plus ponctuelles peuvent être conduites sur des sites paysagers remarquables
(bec d’Allier, marais de Bourges, vallée de l’Essonne, etc.) ou dans l’objectif d’aménager
certains sites (résorption de points noirs paysagers, aménagement de points de vue, etc.)


Les sources de pollutions des milieux sont très diverses et variées. La connaissance de ces
pollutions et le suivi de la qualité des milieux sont bien organisés à l’échelle régionale, sur
chacun des compartiments concernés (air, eau, sols, etc.) Ce suivi doit perdurer afin
d’assurer une veille et d’orienter les actions et politiques nécessaires au maintien ou à la
reconquête de milieux naturels.
Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 – enjeux stratégiques page 2/4Les priorités d’actions doivent viser un arrêt de la dégradation de la qualité des milieux et leur
restauration. Ainsi, l’émission de certaines substances polluantes doit être diminuée
(précurseurs de l’ozone dans l’air, substances dangereuses dans les effluents industriels, etc.)
En parallèle, il est nécessaire de protéger les ressources de toutes pollutions, afin de conserver
la possibilité d’avoir accès à une eau potable. Sont notamment concernés les bassins
d’alimentation des zones de captage d’eau potable, les eaux superficielles et les nappes
d’eau souterraines. De même, la qualité des eaux des cours d’eau et des plans d’eau doit
être améliorée, et les prélèvements dans les nappes et cours d’eau gérés très finement.

Dans le cas particulier des sols pollués, les sites concernés ont fait l’objet d’inventaires
spécifiques et sont aujourd'hui connus. Les enjeux régionaux sont alors de prévenir les
éventuelles pollutions sur les sites à risques, et de pouvoir traiter et dépolluer les sites en
fonction d’un nouvel usage qui leur serait affecté.


L’enjeu environnemental de la gestion des déchets porte en premier lieu sur l’assurance
d’une destination cohérente avec leur nature. Ceci concerne l’organisation et le contrôle
des filières et circuits de collecte des différents types de déchets (inertes, ménagers,
industriels spéciaux, du BTP, recyclables ou valorisables, etc.) Si certaines de ces filières sont
bien organisées, d’autres doivent d’être améliorées, notamment pour certains déchets
particuliers (véhicules, équipements électriques, etc.) ou dans une optique de valorisation
et/ou de recyclage. Les sites de stockage des déchets ultimes doivent être organisés.

La valorisation de certains types de déchets constitue l’autre grand enjeu régional. Il s’agit
notamment des fractions fermentescibles des ordures ménagères, de la valorisation
énergétique de l’incinération, ou du recyclage des déchets inertes (en substitution partielle
de granulats et de roches, préservant ainsi en partie cette ressource).

La réduction des volumes de déchets et de leur nocivité reste un enjeu national. Si le contrôle
des installations classées est très réglementé, la sensibilisation des populations et des
entreprises doit être renforcée pour limiter la production à la source.


En matière d’occupation des espaces, les relations entre agriculture et environnement restent
difficiles. Le développement et l’intensification des grandes cultures provoquent la baisse
persistante ou épisodique des nappes phréatiques, et les concentrations en nitrates des eaux
souterraines et des eaux de surface continuent d’augmenter. Les pollutions dues aux produits
phytosanitaires affectent également les nappes souterraines. Il devient alors urgent et
indispensable d’enrayer ces phénomènes pour préserver la ressource en eau, tant du point
de vue de sa qualité que de sa quantité. La mise en œuvre de mesures agro-
environnementales peut apporter une réponse appropriée pour certains secteurs sensibles. Il
est également nécessaire d’appuyer les exploitants agricoles pour qu’ils investissent dans des
pratiques plus économes en intrants.


La quasi totalité des communes de la région Centre est concernée par un ou plusieurs
risques naturels ou technologiques. Si ces risques sont globalement bien identifiés, les moyens
de prévention, de diminution du risque, ou d’alerte en cas de crise, méritent d’être améliorés.
Ainsi, il est nécessaire de réduire la vulnérabilité des constructions dans les zones inondables
ou autour des sites à risques technologiques, et d’améliorer les systèmes de prévention.

La concertation et l’information du grand public, des professionnels et des collectivités sur les
risques sont également primordiales pour inculquer une « culture du risque », permettant une
meilleure connaissance et une meilleure acceptation sociale de ces phénomènes.

Le risque « incendies » en forêt devient de plus en plus présent sur certains territoires. Il devra
être analysé et pris en compte dans les années qui viennent.
Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 – enjeux stratégiques page 3/4
La maîtrise des consommations énergétiques et l’utilisation des énergies renouvelables est
une priorité nationale qui doit être retranscrite dans les enjeux de la région Centre. Cette
priorité doit se traduire au travers de plusieurs axes de travail. Un premier axe concerne la
qualité et la performance énergétique des bâtiments qui doivent être améliorées, via
notamment une sensibilisation du grand public et des professionnels et un appui aux maîtres
d’ouvrage publics pour la réalisation de projets expérimentaux ou innovants. Les économies
et l’utilisation rationnelle de l’énergie doivent de même être largement promues et
soutenues.

La production et l’utilisation des énergies renouvelables doivent être également être
valorisées. Si l’énergie éolienne se développe sans appui public particulier, la région Centre
dispose d’atouts en matière de bio-énergies qu’il convient de soutenir (bois énergie, bio-
carburants, etc.) Ceci concerne l’organisation des filières de production et
d’approvisionnement, le développement de leur utilisation notamment en structures
collectives ou industrielles, le soutien à l’expérimentation et la diffusion de technologies
innovantes ou d’éco-produits.



3. Les enjeux stratégiques transversaux

Un grand nombre des enjeux environnementaux précédents peuvent avoir des répercussions
sur la santé humaine (pollutions des eaux, des sols ou de l’air, toxicité de certaines substances
dans les bâtiments, allergies, etc.) Ils sont repris et analysés dans le plan régional santé
environnement (PRSE, disponible sur le site Internet http://www.centre.sante.gouv.fr/) établi
pour la période 2005-2009. Ce plan identifie 44 actions à mettre en œuvre, visant à réduire les
effets des différents polluants sur la santé ou à limiter l’exposition des populations fragiles à
ces substances. Les objectifs du PRSE sont largement convergents avec ceux proposés en
faveur de l’environnement.

La sensibilisation, l’information, la formation et le conseil constituent une priorité transversale
primordiale pour que les enjeux environnementaux soient mieux compris et pris en compte
dans les décisions individuelles ou collectives. Cette valorisation et diffusion de l’information
concerne tous les publics : grand public, scolaires, élus, entreprises et acteurs économiques,
agents des collectivités, etc. et toutes les dimensions de l’environnement : préservation de la
biodiversité et des paysages, gestion des ressources naturelles, prévention des risques,
limitation des pollutions et des déchets, énergies renouvelables, etc. Il s’agit également de
permettre la mise à disposition des connaissances ou de favoriser l’accès aux patrimoines.

Dans cet objectif, les cibles clés pour la réussite de la mise en œuvre d’actions favorables à
l’environnement sont les acteurs économiques et les collectivités, au travers de formations et
de conseils. La valorisation des expériences et des démarches innovantes est également l’un
des moyens privilégiés de sensibiliser les acteurs concernés.


D’un point de vue transversal, il est indispensable que chacune des actions et chacun des
projets de la région Centre prenne en compte les enjeux environnementaux et le
développement durable, tant dans leur conception que dans leur mise en œuvre. Ceci peut
se traduire par une exigence qualitative des projet ou la mise en place de démarches
participatives telles que les Agenda 21. Cette prise en compte de l’environnement, qui
permettra de réduire les nuisances et de préserver les ressources, le patrimoine et les
paysages, confortera l’attractivité du territoire régional pour un meilleur développement
économique et humain.
Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 – enjeux stratégiques page 4/4
Région Centre
Profil environnemental régional actualisé 2006

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Fiche n° 1
Dimension environnementale : biodiversité et milieux naturels
Thème : espèces, diversité biologique, milieux et habitats naturels
Service référent : DIREN Centre, service nature, paysages et qualité de la vie


1. Diagnostic

Caractéristiques majeures et situation du thème à l’échelle régionale

Située au carrefour entre les influences climatiques atlantiques, continentales et sub-
méditerranéennes, la région Centre présente une large palette de conditions géologiques et
pédologiques. Cela lui confère une grande variété de territoires, souvent bien typés sur le
plan paysager mais aussi biologiquement (faune, flore, habitats naturels). On citera en
particulier les étangs de Brenne, de Puisaye et de Sologne, les grands massifs forestiers du
Pays-Fort, de l'Orléanais et du Perche, la Loire et ses affluents, les pelouses sèches de
Champagne berrichonne, Champeigne et de Beauce.

Parmi les habitats naturels les plus remarquables, les pelouses sur sable de la Loire, les
végétations des rives exondées des étangs, les landes de Brenne et de Sologne, les pelouses
à orchidées de Champagne et les forêts alluviales font partie de la quarantaine d'habitats
d'intérêt européen au titre de la directive "Habitats" recensés en région Centre.
Plus de 10 % du territoire régional est ainsi inscrit en Natura 2000 au titre de cette directive, en
premier lieu en raison de la présence d'habitats remarquables.

Sur le plan faunistique, la richesse ornithologique de la région tient tant à son rôle d'axe
migratoire diffus (zones étapes pour les Grues cendrées, les hirondelles, les anatidés, etc.)
qu'à la présence d'importantes populations de Sternes, de la seule population hors Corse de
Balbuzard pêcheur, de populations importantes d’espèces inféodées aux végétations
aquatiques flottantes et roselières d’étangs, d’une avifaune de plaine encore bien
représentée dans certains secteurs agricoles, ou encore à l'accueil sur les étangs de très
nombreux oiseaux hivernants. Environ 10% du territoire régional est classé en Zones de
Protection Spéciale au titre de la directive "Oiseaux".

D'autres espèces comme le Castor, le Murin à oreilles échancrées, la Cistude, divers poissons
migrateurs dont le Saumon atlantique, et la rarissime Moule auriculée sont également
emblématiques de la région.

La flore est également bien diversifiée, avec notamment des espèces ibéro-atlantiques en
limite nord de répartition (Chêne des Pyrénées, Arnica des montagnes, Bugle occidentale) et
la Caldésie à feuilles de parnassie, figurant à l'annexe II de la directive "Habitats" et dont les
plus importantes populations françaises sont en région Centre.




Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 - fiche 1 : biodiversité page 1/5 Niveau de connaissance

Globalement, la connaissance sur la flore et les habitats est bonne même si, loin d'être
exhaustive, elle reste à améliorer dans certains secteurs. Ce progrès récent dans la
connaissance est en grande partie liée à la création en région d'une délégation du
Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien (CBNBP) en 1999. Pour les champignons
et les bryophytes, les connaissances sont plus lacunaires.

Concernant la faune, la situation est également hétérogène. La connaissance sur les oiseaux
est globalement bonne, celle sur les mammifères (chiroptères y compris) et les poissons
également. Elle reste plus hétérogène pour les reptiles et amphibiens. Enfin, seuls quelques
groupes d'invertébrés font l'objet d'inventaires à grande échelle (coléoptères, papillons pour
partie, odonates), les autres restant relativement méconnus.

Le fait que de nombreux domaines de la biodiversité régionale restent insuffisamment connus
se répercute au niveau des zonages traitant de la connaissance naturaliste. C'est le cas en
particulier des ZNIEFF dites de première génération qui constituent encore actuellement
l'inventaire de référence. Elles datent de 1990 en moyenne et sont globalement incomplètes
ou trop anciennes. L'actualisation de cet inventaire, préalable indispensable à la définition
des enjeux et des priorités concernant la préservation de la biodiversité en région, est en
cours et devrait être achevée en 2008 au plus tard. Entre 900 et 1200 ZNIEFF seront décrites.

Forces, faiblesses, tendances évolutives

Certains milieux remarquables de la région Centre sont répartis sur une surface importante
(où les menaces diverses ne s'appliquent que rarement sur la totalité de leur aire de
répartition) et leur disposition est souvent de type "mosaïque" (étangs et landes de Sologne et
de Brenne, chênaies-charmaies, etc.) Ceci contribue à ralentir leur disparition. Il existe
également quelques territoires où la pression anthropique est faible ou du moins stabilisée
(forêt domaniale d'Orléans, lit mineur de la Loire, Boischaut, etc.).

A l'inverse, certains habitats particulièrement vulnérables et souvent de petite taille (prairies
humides, pelouses calcicoles, tourbières, petites rivières, mares, etc.) subissent de fortes
dégradations ou destructions (drainage, intensification des pratiques agricoles et
reconversion des terres, extraction de matériaux, aménagements divers) mais jamais
spectaculaires car ponctuelles et donc difficiles à sommer. Ce phénomène est d'autant plus
rapide que le réseau d'espaces protégés ou gérés est encore insuffisant, bien que la montée
en puissance du réseau Natura 2000 devrait y remédier en partie.

Il existe également des facteurs de banalisation des milieux naturels qui interviennent à
grande échelle. Parmi ceux-ci, la déprise agricole constitue l'une des évolutions les plus
problématiques pour la biodiversité de la région Centre. De nombreux milieux à très forte
biodiversité (pelouses silicicoles et calcicoles, prairies humides, prairies de fauche, landes
sèches et humides) sont en effet menacés sur la totalité de leur aire par la fermeture des
milieux par abandon des pratiques culturales.

Cette dégradation des habitats se répercute sur de nombreuses espèces. Il existe des
espèces pour lesquelles les effectifs et la répartition géographique (Castor, sternes, Balbuzard
pêcheur) sont stables ou en augmentation. Mais à l’opposé, de nombreuses espèces
déclinent du fait de destructions ponctuelles d’habitat mais également de modifications des
pratiques culturales (agricoles et piscicoles en particulier), des modes d’entretien de l’espace
et de l’occupation du sol. Cela touche à la fois des espèces rares comme l’Outarde
canepetière et le Râle des genêts, au bord de l’extinction au niveau régional, et des espèces
beaucoup plus communes comme divers passereaux insectivores (hirondelles par exemple)
et la plupart des amphibiens.

Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 - fiche 1 : biodiversité page 2/5 Par ailleurs, diverses espèces invasives, dont les jussies et les ragondins, contribuent fortement
à la banalisation des cortèges végétaux des zones humides et au disfonctionnement de ces
écosystèmes. On pourra également citer, parmi d'autres phénomènes, la pollution des eaux,
l'eutrophisation des milieux, la fragmentation des habitats, la rupture des corridors
écologiques et l'abaissement des nappes, qui ont un impact négatif sur la biodiversité.

Cette érosion manifeste de la biodiversité régionale est difficile à quantifier. En effet,
l'insuffisance de la connaissance du patrimoine naturel et la complexité des phénomènes
biologiques ne permettent pas de mesurer de façon simple la perte réelle de biodiversité (qui
pourrait se révéler bien supérieure à celle supposée) tant sur un plan génétique que pour les
espèces et les habitats.

Opportunités

Sur le plan de la connaissance de la biodiversité, la présence de la délégation Centre du
CBNBP, service du Muséum National d’Histoire Naturelle, représente une réelle opportunité
pour une meilleure prise en compte de la flore et des habitats, y compris en termes de
technicité pointue et de recherche.

La mobilisation de Nature Centre et des associations fédérées et du CBNBP pour la création
d'un livre rouge traitant de tous les habitats et espèces est également à souligner.

Plus globalement, la région Centre bénéficie, parmi d'autres acteurs préservant la
biodiversité, de la présence de trois Parcs Naturels Régionaux, d'un réseau de réserves
naturelles nationales bénéficiant d'une expérience de gestion s'étalant sur de nombreuses
années auxquelles s'adjoignent des réserves naturelles régionales, de muséums locaux à forte
technicité (dont celui de Bourges à la pointe de la connaissance des chiroptères) et d'un
Conservatoire régional du patrimoine naturel gérant de nombreux sites naturels.

Enfin, l'inscription de 18 % du territoire régional dans le réseau Natura 2000 (au titre de la
directive « Habitats » ou de la directive « Oiseaux »), dont plus de 345 000 hectares pour le site
Sologne, constitue une réelle opportunité de gestion de la biodiversité à grande échelle.



2. Objectifs de référence

Au plan international, la France s'est engagée à préserver la biodiversité notamment dans le
cadre des conventions de Washington (espèces menacées par le commerce), de Bonn
(protection des espèces migratrices), de Berne (protection des espèces et milieux de vie) et
de Ramsar (préservation des zones humides), et des directives européennes "Oiseaux" et
"Habitats" qui instaurent, entre autres, le réseau Natura 2000. La France s'est également
engagée, lors du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg en août
2002, à respecter l’objectif de parvenir d’ici à 2010 à une réduction significative du rythme
actuel de l’appauvrissement de la diversité biologique.

Au plan national, la loi constitutionnelle (n°2005-205) relative à la Charte de l’environnement
proclame dorénavant que les politiques publiques doivent promouvoir un développement
durable intégrant la protection et la mise en valeur de l'environnement.

La déclinaison des divers politiques et engagements internationaux et nationaux se traduit au
niveau régional en priorité par l'octroi de financements de l'Etat et du Conseil régional aux
divers acteurs concernés. Au niveau départemental, on observe également la montée en
puissance de la taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS), tous les
départements étant maintenant dotés de cet outil.


Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 - fiche 1 : biodiversité page 3/5 3. Enjeux environnementaux

On distinguera, concernant la préservation de la biodiversité, trois catégories d'enjeux selon
le degré de priorité.

- Enjeux prioritaires :

* compléter et actualiser la connaissance des habitats, de la faune et de la flore (dont
les listes de référence pour les groupes qui n'en sont pas pourvus, coefficients de
rareté, aires de répartition…) ;
* actualiser les zonages scientifiques et techniques (ZNIEFF, autres inventaires
patrimoniaux) et les listes réglementaires d'espèces protégées ;
* gérer et protéger les milieux et espèces les plus sensibles, notamment dans le cadre
de Natura 2000 par l’élaboration puis l’actualisation des documents d’objectifs.

- Enjeux secondaires :

* Compléter le réseau des espaces protégés ou en maîtrise foncière ;
* mener des recherches sur le fonctionnement des écosystèmes spécifiques à la région
Centre, sur la biologie de certaines espèces remarquables ou invasives, sur la
dynamique et la génétique des populations.

- Enjeux transversaux :

* communiquer et soutenir toute action de sensibilisation ou de formation auprès du
grand public, des gestionnaires de l'espace, des aménageurs et autres acteurs de
l'environnement sur l'importance de préserver la biodiversité ;
* renforcer le contrôle du respect des textes réglementaires dans le cadre des
procédures d'autorisation et d’approbation administratives, dans et hors sites Natura
2000.
* Assurer la cohérence des actions régionales en faveur de la biodiversité et la
mutualisation des connaissances.



4. Orientations stratégiques

Compte tenu du diagnostic et des enjeux définis, les orientations stratégiques suivantes sont
prioritaires pour la biodiversité :

- soutenir (financements, formations, etc.) les structures créant et gérant des données
naturalistes techniquement fiables (CBNBP, associations naturalistes, PNR, muséums
locaux…) en veillant à ce que les prestations soient exploitables sous forme de bases de
données) et les produits dérivés (dont cartographies) ;

- mettre en place, autour de l'inventaire des ZNIEFF et des autres outils existants, un inventaire
permanent du patrimoine naturel associant tous les partenaires techniques ;

- promouvoir les actions de protection et de gestion des milieux naturels et des espèces,
notamment par l'intermédiaire de la contractualisation au sein du réseau Natura 2000
(financements de structures animatrices et gestionnaires de terrain), de campagne de
communication et le recours à des réserves naturelles régionales.





Profil environnemental de la région Centre – 15 juin 2006 - fiche 1 : biodiversité page 4/5