Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Corrige IEPP Sociologie 2005 BAC+1

2 pages
Éléments de correction pour les sujets de sociologie Comme les années précédentes, les sujets proposés à la session 2005 renvoyaient à une grande variété de thématiques. Le premier sujet « Les cadres constituent-ils un groupe social homogène ? » est un classique de la littérature sociologique et il n’est dès lors pas étonnant qu’il ait été choisi par une majorité de candidats. On ne peut dire, pour autant, qu’il ait toujours été traité convenablement, faute d’une mobilisation de certains auteurs contemporains, comme Luc Boltanski ou Paul Bouffartigue, dont les travaux sont pourtant incontournables pour aborder ce thème. Le deuxième sujet « Déviance et contrôle social » a été traité par une minorité de candidats ; sa difficulté ne provenait pas tant du thème d’étude que de la formulation du libellé qui invitait à mettre en relation les deux concepts dans leurs différentes dimensions. Enfin, le troisième sujet « Comment se forment les normes sociales ? » était indéniablement le plus « pointu » et voilà qui explique sans doute le fait qu’il n’ait été que très rarement choisi, avec des résultats d’ailleurs très contrastés : s’y côtoient, en effet, le pire et le meilleur. Faut-il rappeler qu’une dissertation de sociologie doit à la fois respecter les canons habituels d’une dissertation et faire la preuve d’une bonne maîtrise de travaux sociologiques ? Sans être attaché à des règles purement formelles, le jury rappelle qu’une dissertation se doit, autant ...
Voir plus Voir moins
bac
Éléments de correction pour les sujets de sociologie
Comme les années précédentes, les sujets proposés à la session 2005 renvoyaient à une grande
variété de thématiques. Le premier sujet « Les cadres constituent-ils un groupe social
homogène ? » est un classique de la littérature sociologique et il n’est dès lors pas étonnant
qu’il ait été choisi par une majorité de candidats. On ne peut dire, pour autant, qu’il ait
toujours
été
traité
convenablement,
faute
d’une
mobilisation
de
certains
auteurs
contemporains, comme Luc Boltanski ou Paul Bouffartigue, dont les travaux sont pourtant
incontournables pour aborder ce thème. Le deuxième sujet « Déviance et contrôle social » a
été traité par une minorité de candidats ; sa difficulté ne provenait pas tant du thème d’étude
que de la formulation du libellé qui invitait à mettre en relation les deux concepts dans leurs
différentes dimensions. Enfin, le troisième sujet « Comment se forment les normes
sociales ? » était indéniablement le plus « pointu » et voilà qui explique sans doute le fait qu’il
n’ait été que très rarement choisi, avec des résultats d’ailleurs très contrastés : s’y côtoient, en
effet, le pire et le meilleur.
Faut-il rappeler qu’une dissertation de sociologie doit à la fois respecter les canons habituels
d’une dissertation et faire la preuve d’une bonne maîtrise de travaux sociologiques ? Sans être
attaché à des règles purement formelles, le jury rappelle qu’une dissertation se doit, autant que
possible, de respecter les lois du genre : une introduction qui définisse précisément les termes
du sujet, qui délimite ensuite son champ, enfin qui justifie la problématique adoptée et
annonce le plan ; le corps du devoir doit comprendre deux ou trois parties clairement
articulées et mettre en évidence une progression du raisonnement ; la conclusion, enfin, doit
synthétiser les points saillants de la démonstration et ouvrir sur une problématique plus large.
Le jury rappelle, par ailleurs, qu’une dissertation de sociologie ne saurait se confondre avec
un essai littéraire ou philosophique, mais qu’il s’agit d’un exercice à part entière qui exige des
candidats une connaissance approfondie de la littérature spécialisée (auteurs classiques ou
plus contemporains) et des enquêtes statistiques ou qualitatives les plus récentes. En
conséquence, l’amateurisme de certains candidats, qui semblent avoir choisi cette épreuve par
défaut, a été lourdement sanctionné. Sans proposer un corrigé
in extenso,
qui aurait d’autant
moins sa raison d’être, que plusieurs problématiques ont été valorisées, les remarques ci-
dessous ont pour objectif de fournir quelques points de repères aux étudiants qui composeront
dans cette épreuve l’an prochain.
Le premier sujet devait conduire les candidats à s’interroger sur le concept de groupe social
pour le différencier d’autres groupements de personnes qui doivent en être distingués, comme
les simples agrégats statistiques, par exemple. La définition proposée par Robert Merton, qui
articule critères objectif et subjectif, pouvait servir de point d’entrée. Il fallait ensuite
s’interroger sur la signification du terme cadre, sans équivalent dans les pays anglo-saxons qui
disposent de plusieurs formulations pour désigner cet ensemble (
executives, managers,
professionnels
) ainsi que sur la consistance du regroupement de personnes ainsi opéré. On
pouvait rappeler que le terme désignait à l’origine « l’ensemble des officiers et sous-officiers
qui dirigent les soldats d’un corps de troupe » et qu’il en est venu à désigner toute personne
occupant une fonction de responsabilité dans le secteur public ou dans le secteur privé. La
formation du groupe ne s’est cristallisée qu’à partir de 1936 grâce à la constitution d’un
syndicat de cadres qui a contribué à créer une représentation symbolique unifiée du groupe,
alors même que sa composition est devenue de plus en plus hétérogène au fils du temps. De
fait, plusieurs définitions du groupe entreront très tôt en concurrence : d’abord, celle de la
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin