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D b)
L'enlisement dans la dépression (1930-1935)
Dans les années 30, les déséquilibres et le déficit budgétaire reviennent car la crise compresse les
recettes. La baisse des prix associée à la rigidité de certains coûts fait baisser les perspectives de
profits, stoppe l'investissement et on observe une baisse de la production et des revenus ainsi qu’une
baisse de la demande La crise atteint la France seulement en 1931 mais en 1935-36 la reprise n'est
toujours pas en vue et les français repassent d'un excès de confiance à un sentiment d'impuissance.
On ne peut pas forcément incriminer les politiques français. En fait, les pays qui ont connu une
reprise rapide sont les pays qui ont été contraints de dévaluer comme le Royaume-Uni en 1931. En
fait, les politiques ne tirent pas assez d'enseignements des expériences extérieures et manquent
cruellement d'observation économique. De plus l'attachement sacré au franc rend difficiles toutes
les politiques de relance.
a)
L'entrée dans la dépression
-
L'économie française y rentre avec un certain retard et plus progressivement. Le premier
vendredi noir de Wall Street en octobre 1929 passe inaperçu en France qui apparaît en
1930 comme un îlot de
prospérité. En effet on n'observe pas d'augmentation du chômage
et les capitaux étrangers affluent en France. De plus, le F apparaît plus solide que jamais.
Pourtant les mécanismes de transmission de la crise commencent déjà à jouer contre la
France mais de façon progressive. La France souffre de l'arrêt définitif du paiement des
réparations par le moratoire Hoover et refusera de reprendre le paiement des dettes
interalliées.
-
La crise s'installe doucement et en 1930 l'économie française plafonne au lieu de
s'effondrer comme dans les autres pays. On observe d'abord une baisse des prix de gros.
Mais le secteur le plus atteint est le commerce extérieur : les importations mais surtout les
exportations fléchissent et la balance commerciale redevient déficitaire. Les difficultés des
exportations proviennent de l'effondrement des économies étrangères et non des prix trop
élevés des produits français.
-
Tout change en septembre 1931 avec la dévaluation de la £ qui devient une monnaie
flottante et perd rapidement de la valeur sur le marché des changes. Cette dévaluation de
la £, décision forcée,
marque le début de la reprise au Royaume-Uni et relance la crise en
France et dans les pays non-dévaluateurs. Le prix des produits français devient trop élevé
et va maintenir la balance commerciale dans un état de déficit permanent. Le taux de
couverture des importations par les exportations passe de 81% en 1930 à 66% en 1932
alors que la production industrielle baisse de 17%. Le cap des 250 000 chômeurs est alors
franchi et le chômage partiel tend
à se généraliser.
-
Même si l'origine de la crise est externe, les mécanismes de son maintien sont internes. On
a d'abord
la chute des investissements qui est due à la chute des perspectives de profit et
des profits. L'agriculture est en mauvaise posture subissant les effets de la chute mondiale
des prix. Les deux bonnes récoltes de 1932 et 1933 précipitent la chute des prix et la
baisse du revenu agricole baissant d'autant la demande en produits industriels. Mais les
facteurs externes sont tout de même prépondérants et l'amorce de reprise en 1933 est
avortée par la dévaluation du $. Les pays non-dévaluateurs voient les prix de leurs
produits s'élever anormalement.