Cet ouvrage et des milliers d'autres font partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour les lire en ligne
En savoir plus

Partagez cette publication

D Une nouvelle société née du capitalisme industriel
a) Une vision générale des théoriciens
-
Cette nouvelle société remet en cause l'ancienne constituée de trois ordres : le clergé, la
noblesse et le tiers-état. Il y a une relation étroite entre le take-off et le changement des
structures sociales. Pour Marx, par exemple, c'est l'activité économique qui amène à
l'émergence de nouvelles classes sociales. Pour Rostow, au contraire, ce sont les
changements sociaux qui agissent sur l'économie. Marx voit la naissance d'un
antagonisme de classe. Apparaît une nouvelle lecture du travail et le celui-ci est dès lors
valorisé. L'homme s'insère dans la société par le travail et l'homme peut se libérer par le
travail. Mais Marx voit aussi dans le travail une aliénation par le fait des inégalités car
pour lui les capitalistes détournent la plus-value et donc le travail n'est pas payé selon sa
valeur. Il y a de plus une urbanisation.
b) Les trois classes
α
) La classe dominante
-
Elle apparaît dans les pays ayant effectué leur take-off et est d'origine mixte : noble ou
bourgeoise. La noblesse anglaise, par exemple, s'intéresse à l'aventure capitaliste et est
présente parmi les dirigeants alors qu'au contraire, la noblesse française voit dans le travail
une activité vile. Aux USA, ce sont différents self-made man qui réussissent à donner
naissance à des entreprises. Se développe donc aux USA l'idée de la mobilité sociale
rapide.
-
En Europe la mobilité sociale existe par l'exemple des capitaines d'industrie et des
ingénieurs qui s'imposent : Edison, Eiffel, Rathenau. Cette mobilité est possible en une ou
deux générations grâce au diplôme. De plus, la classe dominante tente de se reproduire et
de perpétuer ses valeurs avec par exemple en Grande-Bretagne la création des Colleges.
Le système est en effet un bon moyen de transmettre le pouvoir, transmission qui ne vise
que les hommes, les femmes devant gérer la domesticité et l'éducation des enfants. Les
valeurs de la classe dominante sont des valeurs comme le sens du travail et de l'épargne.
Cette classe pratique également les loisirs, les voyages, ainsi que le mécénat. Cette classe
à conscience de sa supériorité.
β
) La classe ouvrière
-
Le monde ouvrier est un monde nouveau, instable, qui se construit par étapes. Il est formé
soit de paysans, soit d'artisans. C'est un groupe au départ très hétérogène et mobile avec
une grande instabilité du lieu de travail. Les capitalistes voient d'ailleurs dans l'instabilité
du monde ouvrier un danger. Leurs conditions de travail sont très difficiles avec 14 à 16h
de travail quotidien et des salaires précaires. Leurs conditions de vie sont très dures car les
ouvriers n’ont pas de véritable domicile familial et sont
très touchés par les maladies. Les
conditions alimentaires sont déplorables.
-
Cependant quelques progrès se font sentir avec l'introduction d'un code du travail
protégeant les ouvriers. Ces progrès ne seront ressentis véritablement qu'avec la mise en
place de la fonction d'inspecteur du travail. Des règles sur la durée du travail des femmes
et des enfants sont mises en place en 1848 en France mais ce n'est véritablement qu'en
1891-1892 que des conditions d'hygiène et de travail moins difficiles apparaîtront. Les
lois de 1906 instituent en France le repos hebdomadaire et l'école obligatoire jusqu'à 12
ans. Au Royaume-Uni plusieurs réglementations sont mises en place dès 1819 limitant à
12h la journée de travail des moins de 16 ans et interdisant le travail des enfants de moins