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La scolarisation à Mayotte

De
8 pages
L'histoire de la scolarisation publique de masse à Mayotte est relativement récente. On est passé ainsi de quelques 2 900 élèves en 1973 (7 % de la population d'alors) à plus de 56 500 en 2002 (35 %) accueillis dans un système d'enseignement unifié, dont l'architecture générale actuelle (191 écoles du premier degré, 14 collèges et 6 lycées en 2002, 16 collèges et 7 lycées à la rentrée 2003) s'est progressivement mise en place depuis les années 1980.
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INSEE INFOS
N 15 FØvrier 2004 - 1,50 euro
L histoire de la scolarisation publique de masse Mayotte est relativement rØ-
cente. On est passØ ainsi de quelques 2 900 ØlŁves en 1973 (7 % de la popula-
tion d alors) plus de 56 500 en 2002 (35 %) accueillis dans un systŁme d en-LA SCOLARISATION
seignement unifiØ, dont l architecture gØnØrale actuelle (191 Øcoles du premier
MAYOTTE degrØ*, 14 collŁges et 6 lycØes en 2002, 16 collŁges et 7 lycØes la rentrØe
par l Education Nationale 2003) s est progressivement mise en place depuis les annØes 1980.
(1975-2002)
Ce formidable dØveloppement des effectifs scolaires s accompagne de progrŁs
majeurs : actuellement l ensemble d une classe d ge est scolarisØ dans le pre-
mier degrØ, le retard scolaire a Øgalement sensiblement diminuØ et de plus en plus
de jeunes ont accŁs l enseignement dans le second degrØ*. La scolarisation
des filles a Øgalement rattrapØ son retard en particulier dans le second degrØ.
BØnØficiant de ces avancØes incontestables, le systŁme Øducatif Mayotte tend
se normaliser, crØant de nouveaux besoins d apprØciation et d Øvaluation de ses
performances et conduisant dans le mŒme temps en spØcifier et souligner les
faiblesses. On ne peut effectivement que constater le niveau encore insuffisant
des ØlŁves mahorais avec, au final, un Øchec scolaire qui reste trop important.
Des difficultØs spØcifiques en terme d amØnagement sont Øgalement soulignerVice-Rectorat de Mayotte
au niveau de l enseignement prØ-scolaire et les communes urbaines semblent net-
BP 76 tement dØfavorisØes.
97600 MAMOUDZOU
Tel : 02.69.61.10.24
Tout en continuant augmenter sa capacitØ d accueil pour accompagner la crois-
sance dØmographique qui va se poursuivre dans les annØes venir et rØsorber
les disparitØs observØes en terme d Øquipement avec ses partenaires, l Educa-
tion Nationale Mayotte concentre dØsormais ses efforts sur les aspects plus
qualitatifs. Il s agit d Ølargir l offre de formation professionnelle, d amØliorer le
niveau de ma trise du fran ais qui grŁve l ensemble des rØsultats scolaires et, de
fa on gØnØrale, d augmenter le niveau des sortants du systŁme scolaire afin de
leur offrir une meilleure chance d intØgration dans le monde du travail.
Institut National de la Statistique
et des Etudes Economiques
Evolution de la population scolaire Mayotte par catØgorie d Øcoles et d Øtablissements
Antenne de Mayotte
ZI - KawØni
B.P 1362 - 97 600 MAMOUDZOU
Tel : 02.69.61.36.35
Directeur de la publication : Jean GAILLARD
RØdacteur en chef : Olivier FROUT
RØdacteur du document : Emmanuelle
SOURISSEAU
Avec la collaboration de Johann BOCKL
Impression : INSEE MAYOTTE
Code SAGE : II041584
ISSN : 1291-2786
DØpot lØgal : dØcembre 1998
' INSEE - 2004
(les donnØes sur le second degrØ sont absentes avant 1981)
* Les mots, concepts et sigles suivis d un astØrisque sont dØfinis la fin du documentUne scolarisation de masse
L Øvolution des effectifs scolaires sur 30 ans et surtout de pour un taux de scolarisation aux ges obligatoires
l effort de scolarisation* est marquØe par 3 pØriodes succes- ØlevØ
sives. Elles recoupent globalement les diffØrentes orienta- Le taux de scolarisation* des enfants en ge obligatoire
tions des conventions Etat-Mayotte concernant l enseigne- (6-16 ans) est de 92 % en 2002. Il a gagnØ 3 points par rap-
ment scolaire. port 1997. Cette amØlioration s est effectuØe essentielle-
ment au profit des enfants de 6 10 ans. La structure des
1Entre 1975-1986 , une forte action quantitative de rattra- taux par sexe n a pas bougØ sur cette pØriode et reste un peu
page scolaire est axØe sur le primaire. ParallŁlement, le dØ- en dØfaveur des filles (mŒme si la scolarisation en masse des
veloppement d un enseignement secondaire avec toutes ses filles est un phØnomŁne marquant de ces 20 derniŁres an-
composantes (collŁge, lycØe, enseignement technique avec nØes, voir plus loin).
les CETAM*) est amorcØ.
Le rØsultat le plus spectaculaire concerne la prØ-scolarisa-
1Entre 1986 et 1992 , avec la convention Etat-Mayotte 1986- tion dont le taux est passØ de 41 % 64 % en 5 ans. Cette
1991 pour la premiŁre fois, un plan d action cohØrent en forte progression cache nØanmoins des diffØrences impor-
matiŁre d Øducation est dØfini Mayotte. Sur le plan quanti- tantes par ge et par commune (voir plus loin).
tatif, il s agit tout de mŒme d accompagner une croissance
dØmographique de prŁs de 6 % par an sur cette pØriode. La Taux de scolarisation par ge en 1997 et 2002
scolarisation du second degrØ est Øgalement activement pour-
suivie avec l ouverture de 7 Øtablissements. Les effectifs du 100,0%
second degrØ qui reprØsentaient 8 % du total en 1986 s ØlŁ-
80,0%vent 19 % en 1992.
60,0%1 1997Entre 1992 et 2002 , l action la plus spectaculaire con-
2002cerne le dØveloppement, en partant de zØro, de l enseigne-
40,0%
ment prØscolaire. L accroissement des capacitØs d accueil
du second degrØ est Øgalement poursuivi avec 12 nouveaux 20,0%
Øtablissements et le dØveloppement de l enseignement pro-
fessionnel en lycØe. Les effectifs du second degrØ reprØsen- 0,0%
3-5 ans 6-10 ans 11-16 ans 17-19 ans
tent 31 % en 2002.
1997 41,1% 90,4% 87,1% 43,3%
2002 63,5% 96,7% 87,3% 45,6%AprŁs 2002, 5 lycØes et 5 collŁges sont programmØs sur 5
ans et un effort particulier sera portØ sur l offre de formation
professionnelle.
PremiŁres Øcoles maternelle en 1993
L effort de scolarisation
Les premiŁres Øcoles maternelles publiques ont ØtØ
ouvertes la rentrØe 1993. A l Øpoque, 15 Øcoles et une
90000 1,6 section enfantine ont pu accueillir 1971 ØlŁves pour 65 divi-
80000 sions. Depuis lors, les effectifs scolarisØs en maternelle ont1,4
augmentØ au rythme annuel moyen de 20 %. On comptait70000
1,2 0-19 ans 9 606 ØlŁves en 2002, 317 divisions et 68 Øcoles.
60000
1
50000 pop. scolaire Le taux moyen d encadrement est passØ de 34 ØlŁves par
0,8
division* en 1994 30 en 2002, preuve d une relative amØ-40000
0,6 effet lioration des conditions d accueil des Øcoliers (26 en mØtro-30000 scolarisation 1pole ) .0,4
20000
0,2 10000 La capacitØ de l Education Nationale prØparer les jeunes
enfants l enseignement primaire s est donc fortement ac-0 0
19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 20 20 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 crue. Dans le dØtail, il existe une rØelle difficultØ scolariser
les enfants les plus jeunes malgrØ l amØlioration de la capa-
citØ d accueil (35 % pour les 3 ans en 2002 contre 13 % en
1 1997). 24 dØcembre 1976 : Mayotte devient une CollectivitØ Territoriale caractŁre
dØpartemental
2 31 dØcembre 1986 : IntØgration de Mayotte dans la loi-programme relative au
dØveloppement des DOM
1 11 juillet 2001 : Mayotte devient une CollectivitØ DØpartementale
2 L Øtat de l Øcole, octobre 2002.L analyse par commune (voir plus loin) montre Øgalement Il faut attendre 1986 pour que se construise le premier
de fortes disparitØs entre zones urbaine et rurale. collŁge en « zone rurale » Tsimkoura. Depuis, les ouver-
tures de 12 nouveaux collŁges se sont succØdØes jusqu
A la rentrØe 2000, un ralentissement de la croissance des la rentrØe 2000. Les collŁges de Koungou et DembØni ont
effectifs prØ-scolaires s est produit avec mŒme une dimi- ouvert la rentrØe 2003 et 4 autres collŁges sont pro-
nution des effectifs entre les rentrØes 2001 et 2002. Ceci grammØs d ici 2010 (dont Tsingoni pour 2005 et
s explique d une part par le grand nombre de dØparts de Passamainti pour 2006). Accompagnant ces constructions,
Mayotte (18 000 personnes entre 1997 et 2002). Pour les effectifs sont passØs de 741 ØlŁves recensØs en 1980
beaucoup il s agirait de femmes avec des enfants en bas prŁs de 12 000 en 2002.
ge la recherche de prestations familiales nØcessitant une
dØlocalisation en zone Øligible. D autre part le dØficit des Avec la construction du lycØe de Sada (rentrØe 1996) et
constructions scolaires en zone urbaine liØ une baisse du lycØe de Petite-Terre (rentrØe 2000), la population sco-
relative des effectifs dans d autres communes entra nerait laire en lycØe d enseignement gØnØral et technologique
une baisse de la population scolarisØe. conna t les plus forts taux de croissance, elle est passØe de
quelques 50 ØlŁves il y a 20 ans environ 4 000 actuelle-
La premiŁre Øcole publique ØlØmentaire ouvre en 1864 ment. Le lycØe du Nord a ouvert la rentrØe 2003 et 4
Dzaoudzi et n accueille que quelques dizaines d ØlŁves. autres lycØes sont prØvus jusqu en 2010 (reconstruction
En 1898, on comptait 54 Øcoliers pour 12 000 habitants du lycØe de Kahani en 2005 puis Chirongui pour 2006 et
Dzaoudzi et Pamandzi (2 Øcoles) et en 1975 quelques 5 DembØni pour 2008).
300 ØlŁves. Depuis, les effectifs scolaires ont ØtØ multipliØs
par 5,5 avec prŁs de 28 600 ØlŁves la rentrØe 2002 Organisation de l enseignement scolaire
pour 1 082 divisions rØparties dans 111 Øcoles sur tout le la rentrØe 2003
territoire.
Les conditions d accueil se sont nettement amØliorØes puis-
que le nombre moyen d ØlŁves par classe est passØ de 35
1en 1992 26 en 2002 (23 en mØtropole dans le public ).
Le dØveloppement de classes d adaptation spØcifiques aux
populations en forte difficultØ scolaire depuis la rentrØe
2000 (voir plus loin) participe cette amØlioration.
Un des enjeux majeurs reste la rØsorption du dØficit des
constructions scolaires avec comme objectif de disposer
d une classe par unitØ pØdagogique. Ce dØficit s Øtablis-
sait environ 12 % encore en 2002 contraignant quel-
ques 270 divisions travailler en rotation (alternance heb-
domadaire entre matin et aprŁs-midi de 2 divisions dans la
mŒme salle de classe).
Depuis 5 ans le taux de scolarisation des 6-10 ans s est
fortement amØliorØ. Il est Øgal 97 % et la scolarisation
sur cette classe d ge peut donc Œtre considØrØe comme
assurØe actuellement.
et les filiŁres professionnelles se diversifient
L accŁs au secondaire se dØmocratise Les premiŁres structures d enseignement professionnel crØØes
Le premier Øtablissement du secondaire Mayotte remonte Mayotte sont les classes PPF*. Ouvertes en 1980 l ini-
1963 avec la construction du collŁge de Dzaoudzi. En tiative de l APFPC*, puis reprises progressivement par l Edu-
1980, la construction (ØtalØe sur 10 ans) du lycØe/collŁge cation Nationale au milieu des annØes 1980, les PPF sont
de Mamoudzou fait que le collŁge de Dzaoudzi est relØ- issues de la nØcessitØ de proposer une poursuite de scolaritØ
guØ une annexe de Petite Terre avant de redevenir un Łme des ØlŁves ØliminØs l examen de 6 (80 % l Øpoque).
Øtablissement autonome.
1 L Øtat de l Øcole, octobre 2002.Elles dØpendent organiquement de l enseignement primaire
Extension et normalisation de l enseignement adaptØ
et relŁvent de dispositif type AIS*. Elles ont pour vocation
et spØcialisØd orienter des ØlŁves, gØs pour la plupart de plus de 13 ans
Une orientation du systŁme fran ais, renforcØe au cours deset ayant ØchouØ l Øvaluation CM2, vers l enseignement
derniŁres annØes, consiste mettre en place des mesuresprofessionnel et technologique et des formations de type
Łme particuliŁres visant intØgrer et maintenir dans le systŁmeCAP* en passant par des classes de 5 prØ-technologi-
que. On comptait prŁs de 800 ØlŁves en 2002 rØpartis dans Øducatif ordinaire certains enfants prØsentant des difficultØs
12 Øcoles. particuliŁres.
Le milieu des annØes 1980 est Øgalement marquØ par A Mayotte, l enseignement adaptØ et spØcialisØ dans le pre-
l ouverture des premiers CETAM*. Les Øtudes, dont le prin- mier degrØ est composØ de :
cipe Øtait la polyvalence, Øtaient sanctionnØes par un CAPD*
au bout de 3 ans. L ouverture d un vØritable lycØe profes-
. Classes PPF qui depuis le milieu des annØes 1980 accueillent
sionnel Kahani partir de 1990 a entra nØ la disparition de
les enfants en forte difficultØ scolaire (voir plus haut).cette filiŁre.
. Classes d adaptation et d intØgration en milieu scolaire
partir de la rentrØe 2000, auxquelles s ajoutent des classesLa diversification de l offre de formation professionnelle
d adaptation en association APREDEMA* qui accueillent desmarque donc particuliŁrement les annØes 1990, avec l ouver-
ture du LEP de KawØni en 1994 et de son annexe enfants des rues ou en voie de marginalisation. On comptait
DzoumognØ, qui se transforme en structure autonome en 182 enfants en 2002 dont 62 en CLIS* et 105 enfants en
2000. Elle est encore un des objectifs majeurs du plan aca- APREDEMA. Ce type de structure AIS sera Øtendu dans le
dØmique d action* pour les annØes venir. second degrØ dŁs la rentrØe 2004.
. Classes d initiation qui devraient de plus en plus fonctionner
ŁmeEn fin d annØe scolaire 2003, 27 % des ØlŁves de 3 ont comme de vØritables CLIN* avec le dØveloppement du rØ-
ØtØ orientØes en CAP et BEP* contre 15 % l annØe prØcØ-
seau en prØ-ØlØmentaire. En effet, l origine, ces classes
dente.
avaient ØtØ ouvertes essentiellement pour pallier l absence de
niveau prØscolaire. Elles ont rassemblØ jusqu 3 000 enfantsCarte des formations professionnelles la rentrØe
en 1993 (annØe des premiŁres maternelles). Depuis, ces ef-2003
fectifs n ont cessØ de dØcro tre pour atteindre 573 ØlŁves la
rentrØe 2002 dont 88 % habitent les communes de
Mamoudzou et de Koungou.
Le retard scolaire reste important mais dØcro t
erjusqu au 1 cycle du second degrØ
erDans le 1 degrØ, le retard scolaire est encore important
malgrØ une amØlioration notable des indicateurs depuis 5 ans.
Par rapport la norme mØtropolitaine, il y a encore, en 2002,
31 % des ØlŁves de CP* qui sont en retard (contre 54 %
en1997) pour un ge normal de 6 ans et surtout plus de 80 %
en CM2* (95 % en 1997) pour un ge normal de 10 ans. En
France mØtropolitaine en 1999 (derniŁre annØe disponible),
1on comptait 7 % d ØlŁves en retard en CP et 20 % en CM2.
Ces retard s expliquent essentiellement par les redoublements
qui s accumulent tout au long du cycle primaire. Les princi-
paux paliers de redoublement sont le CP, le CE1* qui cl t le
cycle d apprentissage de la lecture et le CM2, l Øvaluation
Łme CM2 conditionnant le passage en 6 (voir plus loin).
1 Source : RepŁres et rØfØrences Statistiques, DPD, 2002.
RØpartition des ØlŁves de CM2 par ge
Evolution des taux de redoublement en lycØeen 1997 et 2002
40,0%1997 2002- de 10 - de 10
ansans
10 ans 35,0%1%1%
4% 10 ans13 ans
18%et + 30,0%
11 ans 28%
23%
2nde25,0%13 ans
et +
1ère
47% 20,0%
Terminale12 ans 11 ans 15,0%
24% 29%
12 ans
10,0%25%
5,0%
0,0%ŁmeDans le second degrØ, 46 % des ØlŁves de 3 ont 3 ans 1996-97 1997-98 1998-99 1999-00 2000-01 2001-02
et plus de retard scolaire. Ils Øtaient 70 % en 1997 et l ge
moyen est passØ de 17,2 ans 16,4 ce qui tØmoigne d une
nette amØlioration ce niveau. A titre de comparaison, la
erExamens et Øvaluations dans le 1 degrØ, le niveaurentrØe 2001 en France mØtropolitaine, on comptait 62 %
Łme en fran ais reste prØoccupantdes ØlŁves de 3 en ge normal (14 ans) contre 10 %
Mayotte.
A Mayotte l Øvaluation des compØtences* des ØlŁves
Łmede CE2 et de 6 a ØtØ pour la premiŁre fois gØnØralisØe la
La diminution du retard scolaire constatØe dans le primaire
rentrØe 2002.
et dans le premier cycle du second degrØ n est pas aussi
nette dans le second cycle. L ge moyen en seconde ne passe Les rØsultats de l annØe 2002 pour l Øvaluation CE2 font ap-
que de 17,6 17,2 ans de 1997 2002. En terminale 54 % para tre un niveau global trŁs en-dessous de celui observØ en
des ØlŁves en 2002 contre 53 % en 1997 ont 3 ans et plus MØtropole et des difficultØs relativement plus marquØes en fran-
de retard et l ge moyen a mŒme lØgŁrement augmentØ, ais.
passant de 19,6 19,8.
On constate Øgalement un niveau global trŁs infØrieur au ni-
RØpartition des ØlŁves de terminale par ge veau mØtropolitain avec l Øvaluation des compØtences l en-
Łmeen 1997 et 2002 trØe en 6 . Cette diffØrence est cependant beaucoup moins
marquØe pour le fran ais avec 29 points d Øcart par rapport
1997 2002- de 17 - de 17
ans ans la mØtropole contre 44 en CE2, l Øvaluation CM2 ayant no-17 ans 17 ans
2% 1%11% 7%
20 ans tamment soit orientØ en PPF soit fait redoubler les enfants les
18 ans
et + 20 ans 18 ans 17%53% et + plus faibles. En revanche, l Øcart des rØsultats en mathØmati-13%
54%
ques reste comparable et il est mŒme lØgŁrement plus ØlevØ
qu en CE2 car les compØtences en lecture y sont plus sollici-
tØes dans les ØnoncØs, ce qui pØnalise les ØlŁves mahorais.19 ans 19 ans
21% 21%
ŁmeRØsultats des Øvaluation CE2 et 6 rentrØe 2002 L Øvolution des taux de redoublement* permet d Øclairer les
Score global sur 100tendances du retard scolaire. Alors que le taux de redouble-
Łmement en 3 est passØ de 23 15 % de 1997 2002, il est
passØ de 24 36 % en terminale (figures ci-dessous). Il sem-
blerait donc que les ØlŁves peinent pour une bonne part d entre
eux obtenir leur baccalaurØat.
Evolution des taux de redoublement en collŁge
25,0%
20,0%
3EME15,0%
4G
5G
10,0%
6EME
5,0%
0,0%
1996-97 1997-98 1998-99 1999-00 2000-01 2001-02
L Øvaluation territoriale effectuØe en CM2 continue dØ-
Łmecider du passage en 6 . Elle trouve encore Mayotte sa jus- comptabilitØ et secrØtariat (un baccalaurØat professionnel en
tification dans la coexistence d un enseignement primaire de bureautique a ØtØ prØsentØ partir de 1992 puis fermØ en 1995
masse qui scolarise une population d enfants non francopho- en raison de l insuffisance du nombre de candidats).
nes et d un enseignement secondaire qui se veut au standard
mØtropolitain. En 2003, l ensemble des rØsultats aux examens fait appara tre
un minimum d au moins 20 points d Øcart par rapport aux rØ-
A partir de 1992, les rØsultats obtenus par l ØlŁve en contr le sultats nationaux (51 % de rØussite au baccalaurØat gØnØral
continu des connaissances en cours d annØe ont ØtØ intØgrØs Mayotte contre 84 % en mØtropole et 60 % au baccalaurØat
1l examen, de telle sorte que ceux ayant obtenu au moins 11 de technologique contre 77 % ).
Łmemoyenne passaient directement en 6 sans se prØsenter
l examen final. Pour la premiŁre fois, toutes les Øcoles ont eu Evolution des rØsultats des BEP et CAP par filiŁre
des ØlŁves re us. Depuis 1996 une Øvaluation des ØlŁves de
CM2 est venue se substituer cet examen. Elle se dØroule au
er Łme Łmecours des 1 , 2 et 3 trimestres de l annØe scolaire, la der-
niŁre Øpreuve intØgrant les ØlŁves de CM2 des Øcoles privØes
de Mayotte.
Sur les 5 572 candidats l Øvaluation en 2003, 58 % sont pas-
ŁmesØs en 6 (contre 638 candidats en 1976 et 17 % d admis),
29 % ont redoublØ et 13 % ont ØtØ orientØs en PPF. Les rØsul-
tats font Øgalement appara tre des difficultØs plus fortes en
fran ais, la moyenne gØnØrale Øtant de 8/20 contre 10/20 en
mathØmatiques.
Evolution des rØsultats de l Øvaluation CM2
Pour les Øpreuves du baccalaurØat, on constate que le taux
de rØussite de la filiŁre technologique est nettement supØrieur
depuis environ 10 ans et marque le fait que les ØlŁves peinent
particuliŁrement en filiŁre gØnØrale. Il faut aussi souligner le
poids relatif trŁs important des candidats des sØries technolo-
giques (52 % des candidats prØsents alors qu au niveau na-
1tional ils ne reprØsentent que 36 % ).
Evolution des rØsultats du bac. par filiŁre
A noter que le changement de la tendance en 1986 corres-
pond l adoption de la convention Etat-Mayotte 1986-91 (voir
plus haut).
Encore peu de candidats au baccalaurØat
A Mayotte, si l histoire de l Øducation scolaire publique de
masse est relativement rØcente, celle des examens nationaux
l est encore plus. Alors que 1 247 candidats se sont prØsentØs
aux Øpreuves du baccalaurØat en 2003, ils n Øtaient que 47 en
1987.
En 2002, 15% des jeunes d une gØnØration ont ob-L ouverture du premier lycØe professionnel et les formations
tenu le baccalaurØat contre 62% en mØtropole*.ertype BEP et CAP remontent l annØe 1991. Le 1 BTS « as-
sistant de gestion PME/PMI » a ØtØ ouvert la rentrØe 1999
ainsi que les baccalaurØats professionnels
1 Note d Information n 03.42 juillet 2003.
2 Session 2002, pour mØtropole et DOM d aprŁs interrogation de la Base Centrale de
Pilotage, nov 2004.La scolarisation des filles a rattrapØ son retard Une capacitØ d accueil inØgale selon les communes
En 15 ans, la scolarisation des filles a rattrapØ son retard quan- pour les plus jeunes
titatif puisque celles-ci reprØsentaient en 2002 49 % des ef-
fectifs du primaire et surtout 51 % du secondaire contre, en L Øtude des taux de scolarisation par commune souligne les
1987, 50 % en primaire, 33 % en secondaire et 17 % dans les inØgalitØs en terme de capacitØ d accueil en Øquipements sco-
CETAM. A cette Øpoque, plus que pour les gar ons, l Øchec laires pour les plus jeunes.
Łme l examen de 6 constituait la fin de la scolaritØ pour les
filles. Taux de scolarisation des 3-5 ans par commune en 2002
(taux global de 63 %)
Le poids des filles dans les effectifs scolaires du second
degrØ de 1997 2002
Ce rØsultat est cependant relativiser en termes de taux de
scolarisation. L Øcart entre filles et gar ons reste le mŒme
entre 1997 et 2002. En effet, 78 % des filles de 3 19 ans
sont scolarisØs en 2002 et 80 % des gar ons contre 70 % en
1997 pour les filles et 72 % pour les gar ons.
Aujourd hui, comme en mØtropole, on observe une forte
sexualisation des orientations. Les filles sont plus prØsentes En effet, malgrØ le remarquable effort de scolarisation dans
en seconde de dØtermination avec 53 % des effectifs en 2002 la zone Nord Est, les taux de prØ-scolarisation des communes
et un peu moins prØsentes dans les filiŁres professionnelles correspondantes font appara tre un dØficit en capacitØ d ac-
du second cycle (47 % de ces effectifs en 2002). Au sein des cueil en maternelle. A Koungou et Mamoudzou, seuls 39 %
filiŁres professionnelles, et toutes formations confondues et 43 % des enfants de 3 5 ans et moins de 6 % des enfants
(BEP-CAP-BACPRO), elles constituent 84 % des forma- de 3 ans sont scolarisØs alors que les communes du Nord et
tions du tertiaire, contre seulement 15 % des formations de du Sud prØsentent des taux pour les 3-5 ans supØrieurs 80 %.
sciences et techniques industrielles. AprŁs la seconde, elles De 6 16 ans, l Øtude des taux de scolarisation par commune
comptent pour 53 % des ØlŁves en niveau premiŁre et termi- ne fait pas appara tre de tendance particuliŁre. Mais pour les
nale gØnØrale et technologique, 50 % en sØrie gØnØrale dont plus gØs, 17-19 ans, ces taux sont nouveaux plus faibles
78 % en L, 46 % en ES et 29 % en S, et 56 % en sØrie tech- dans les communes urbaines. L explication ne serait pas
nologique. chercher dans le dØficit des capacitØs d accueil mais plus dans
les caractØristiques sociales des populations de ces zones, qui
On peut se demander si la concentration des filles dans les 1accueillent beaucoup d immigrØs d origine ØtrangŁre peut-
spØcialitØs des domaines des services ne pØnalise pas leur Œtre moins bien insØrØs dans le systŁme Øducatif aprŁs 16
insertion sur le marchØ du travail, d autant que dans ces filiŁ- ans.
res, les dipl mØs de niveau V (BEP-CAP) ont beaucoup de
mal s employer. On peut Øgalement rappeler qu Mayotte, 1 54% des habitants de la commune de Mamoudzou sont des Øtrangers d aprŁs le
60% des ch meurs sont des femmes.
dernier recensement 2002.En fin d annØe scolaire 2001, l Øchec scolaire a conduit unEn bout de course, un Øchec scolaire prØoccupant
peu plus de 50 % de jeunes sortants* du systŁme Øducatif deLa capacitØ d un systŁme Øducatif minimiser le nombre
d abandons constitue une forte indication de son efficacitØ Mayotte quitter l Øcole sans aucune qualification, contre
environ 7 % actuellement en mØtropole.faire face l Øchec scolaire et rØpondre aux besoins et aux
dØfis du marchØ du travail. Au niveau national, il semblerait
L amØlioration de cet indicateur constitue un des enjeux ma-que les principaux facteurs explicatifs de l Øchec scolaire
jeurs du plan acadØmique d action adoptØ en fØvrier 2003.soient le faible niveau d acquis et le fort retard scolaire
l entrØe au collŁge ainsi que les caractØristiques de l environ-
nement familial.
PrØcisions :
Cette analyse est le rØsultat d un travail de collecte statistique entrepris depuis un an au Vice-Rectorat et s est appuyØe sur :
• L analyse de 1975 1990 prØsentØe par JP Eyrard dans « Mayotte et l Øcole, 145 ans d une histoire singuliŁre » ainsi que les rapports d activitØ
annuels de la Direction de l Enseignement, devenu Vice-Rectorat en 1999, et dont le plus ancien archivØ remonte 1982.
• Les donnØes centralisØes au service informatique du Vice-Rectorat (CATI) pour les annØes les plus rØcentes (1997-2002). Ce service s occupe
entre autres de la collecte informatisØe des informations travers la mise en place de procØdures nationales et tend se rapprocher chaque annØe
un peu plus des normes de fonctionnement mØtropolitaines. Il constitue l armature actuelle du systŁme d information statistiques.
• La rØflexion sur les orientations mettre en place et les propositions concrŁtes prØsentØes dans le plan acadØmique par le Vice-Rectorat en
fØvrier 2003.
• La mise en place d une collaboration avec l INSEE visant rapprocher et analyser les donnØes sur la population.
DØfinitions, sigles :
Age thØorique normal : Cette notion fait rØfØrence un cursus scolaire effectuØ sans redoublement, ni interruption, ni saut de classe.
AIS : Adaptation et IntØgration Scolaire.
APFPC : Association pour la Formation du Personnel Communal.
APREDEMA : Association pour la PrØvention de la DØlinquance Mayotte.
BEP : Brevet d Etudes Professionnelles.
CAP : Certificat d Aptitude Professionnelle.
CAPD : CAP de DØveloppement.
CETAM : Centre d Enseignement Technologique AppropriØ Mayotte.
ŁreCE1 : Cours ElØmentaire 1 annØe.
CLIN : Classes d initiation, qui re oivent des ØlŁves de nationalitØ ØtrangŁre non francophones qui ne sont pas passØs en maternelle.
CLIS : Classes d intØgration des jeunes handicapØs. Ces classes accueillent des enfants prØsentant un handicap physique, sensoriel ou mental, mais pouvant tirer
profit, en milieu scolaire ordinaire, d une scolaritØ adaptØe leur ge, leurs capacitØs et la nature et l importance de l eur handicap.
ŁmeCM2 : Cours Moyen 2 annØe (derniŁre annØe de l enseignement ØlØmentaire).
ŁreCP : Cours PrØparatoire (1 annØe de l enseignement ØlØmentaire).
Division : La division correspond une unitØ pØdagogique, il y a un instituteur par division dans le premier degrØ.
Effort de scolarisation/effet scolarisation?: Afin de distinguer l effet dØmographique de l effet scolarisation, on peut observer l Øvolution du rapport du taux
de croissance scolaire annuel sur le taux de croissance de la population concernØe. Si ce rapport est supØrieur 1, il correspond un effort de scolarisation
supØrieur au simple rattrapage dØmographique (graphique effort de scolarisation).
Evaluation des compØtences : Cette notion fait rØfØrence aux Øvaluations diagnostiques qui ont lieu en France en dØbut d annØe scolaire depuis 1989. Elle s
offrent un outil professionnel qui aide les enseignants apprØcier les acquis et les faiblesses des ØlŁves et permettent d Øtablir des rØfØrences nationales. Les
protocoles d Øvaluation mis en place couvrent les apprentissages en fran ais et en mathØmatiques. Si les rØsultats permettent d es comparaisons par rapport la
rØfØrence nationale une annØe donnØe, ils ne peuvent donner lieu des comparaisons d une annØe l autre (Note d Information N 3.19 AVRIL).
(proportion d une) gØnØration titulaire du baccalaurØat : Il s agit de la proportion de bacheliers d une gØnØration fictive d i ndividus qui auraient chaque ge les
taux de candidature et de rØussite observØes l annØe considØrØe.
Plan acadØmique d action : L analyse du Vice-Rectorat et les propositions pour amØliorer la gestion qualitative du systŁme Øducatif Mayotte sont expo sØes
dans le plan acadØmique d action.
PPF : Classes prØ-professionnelles.
Premier degrØ (enseignement primaire) : Il correspond aux enseignements prØØlØmentaire (prØ-scolaire) et ØlØmentaire dispensØs dans les Øcol es ØlØmentaires et
ermaternelles et l enseignement spØcialisØ du 1 degrØ comme les PPF.
er Łme ŁmeSecond degrØ (enseignement secondaire) : Il est dispensØ dans les collŁges (1 cycle) de la 6 la 3 et dans les lycØes (second cycle gØnØral et technologique
et second cycle professionnel).
Sortants sans qualification : Les jeunes sortis de formation initiale sans qualification pris en compte ici ont interrompu leur parcours de formation soit avant
la derniŁre annØe du dipl me de niveau V (CAP-BEP) soit aprŁs une classe de 1er cycle.
Taux de redoublement : Le calcul des taux de redoublement Mayotte est problØmatique du fait de la grande variation des flux d ØlŁves diffØrents moments
de l annØe et de la difficultØ suivre une mŒme cohorte d ØlŁves d une annØe l autre. Le SAIO (Service AcadØmique d Informat ion et d Orientation) propose au
mois de juin des taux de redoublement Øtablis partir des effectifs constatØs en fin d annØe scolaire et en rapport avec les dØcisions d orientation. Les taux
prØsentØs diffŁrent quelque peu car ils sont Øtablis partir du rapport entre les redoublants inscrits un niveau une annØe n+1 et le total des inscrits ce mŒme
niveau en annØe n. Il est approximatif dans la mesure ou il ne tient pas compte des entrants et des sortants de Mayotte.
Taux de scolarisation : Rapporte les enfants d un ge donnØ scolarisØs la population totale correspondante.