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Cours de version grecque publié sous forme de "feuilleton" - 2ème année de CPGE littéraire, La version grecque - cours n°8

De
4 pages
Ce cours de version grecque publié sous forme de "feuilleton" est enrichi de liens vers un ensemble de fiches "kit de survie" disponibles sur cette plate-forme (dans les Ressources/Autres), de lien vers le Wiki SILLAGES et de liens vers des sites pour hellénistes. Dix épisodes composent ce "feuilleton". Note : pour une bonne lecture de ce cours, il est recommandé de télécharger l'épisode du feuilleton sélectionné sur son ordinateur pour pouvoir accéder aux fiches "kit de survie" tout en poursuivant la lecture de cet épisode.
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Michèle TILLARD – Lycée Montesquieu, 72000 LE MANS avril 2011


Version grecque n° 8
Au point où vous en êtes dans l’apprentissage de la version, vous pouvez à présent vous
attaquer à de « vraies » version, destinées à des classes préparatoires littéraires, ou à des
préparations d’agrégation. Vous en trouverez chaque mois sur mon site, Philo-lettres, dans la
« page de l’helléniste ».
Je vous propose de vous lancer dès à présent dans la version du mois d’avril.

[1,6] ἖γὼ γάξ, ὦ ᾿Αζελαῖνη, ἐπεηδὴ ἔδνμέ κνη γ῅καη θαὶ γπλαῖθα ἠγαγόκελ εἰο η ὴλ νἰθίαλ, η ὸλ
κὲλ ἄιινλ ρξόλνλ νὕησ δηεθείκελ ὥζηε κήηε ιππεῖλ κήηε ιίαλ ἐπ' ἐθείλῃ εἶλαη ὅ ηη ἂλ ἐζέιῃ
πνηεῖλ, ἐθύιαηη όλ ηε ὡο νἷόλ ηε ἦλ, θαὶ πξνζεῖρνλ η ὸλ λνῦλ ὥζπεξ εἰθὸο ἦλ. ἖πεηδὴ δέ κνη
παηδίνλ γίγλεηαη, ἐπίζηεπνλ ἤδε θαὶ πάληα η ὰ ἐκαπηνῦ ἐθείλῃ παξέδσθα, ἡγνύκελνο ηαύηελ
νἰθεηόηεηα κεγ ίζηελ εἶλαη.
[1,7] ἖λ κὲλ νὖλ η ῷ πξώη ῳ ρξόλῳ, ὦ ᾿Αζελαῖνη, παζῶλ ἦλ βειηίζηε · θαὶ γὰξ νἰθνλόκνο
δεηλὴ θαὶ θεηδσιὸο {ἀγαζὴ} θαὶ ἀθξηβῶο πάληα δηνηθν ῦζα· ἐπεηδὴ δέ κνη ἡ κήηεξ
ἐηειεύηεζε, πάλησλ η ῶλ θαθῶλ ἀπνζαλνῦζα αἰη ία κνη γεγέλεηαη.
[1,8] ἖π' ἐθθνξὰλ γὰξ αὐη ῆ ἀθνινπζήζαζα ἡ ἐκὴ γπλὴ ὑπὸ ην ύηνπ ην ῦ ἀλζξώπνπ ὀθζεῖζα,
ρξόλῳ δηαθζείξεηαη· ἐπηηεξ ῶλ γὰξ η ὴλ ζεξάπαηλαλ η ὴλ εἰο η ὴλ ἀγνξὰλ βαδίδνπζαλ θαὶ ιόγνπο
πξνζθ έξσλ ἀπώιεζελ αὐη ήλ.
[1,9] Πξῶηνλ κ ὲλ νὖλ, ὦ ἄλδξεο, (δεῖ γὰξ θαὶ ηα ῦζ' ὑκῖλ δηεγήζαζζαἰ) νἰθίδηνλ ἔζηη κνη
δηπινῦλ, ἴζα ἔρνλ η ὰ ἄλσ η νῖο θάησ θαη ὰ η ὴλ γπλαηθσλῖηηλ θα ὶ θαη ὰ η ὴλ ἀλδξσλῖηηλ . ἖πεηδὴ
δὲ η ὸ παηδίνλ ἐγέλεην ἡκῖλ, ἡ κήηεξ α ὐη ὸ ἐζήιαδελ· ἵλα δὲ κή, ὁπόηε ινῦζζαη δένη, θηλδπλεύῃ
θαη ὰ η ῅ο θιίκαθνο θαηαβα ίλνπζα, ἐγὼ κὲλ ἄλσ δηῃη ώκελ, αἱ δὲ γπλαῖθεο θάησ .
[1,10] Καὶ νὕησο ἤδε ζπλεηζηζκέλνλ ἦλ, ὥζηε πνιιάθηο ἡ γπλὴ ἀπῄεη θάησ θαζεπδήζνπζα ὡο
η ὸ παηδίνλ, ἵλα η ὸλ ηηηζ ὸλ αὐη ῷ δηδῷ θαὶ κὴ βνᾷ. Καὶ ηα ῦηα πνιὺλ ρξόλνλ νὕησο ἐγίγλεην,
θαὶ ἐγὼ νὐδέπνηε ὑπώπηεπζα, ἀιι' νὕησο ἠιηζίσο δηεθείκελ, ὥζηε ᾤκελ η ὴλ ἐκαπην ῦ γπλαῖθα
παζῶλ ζσθξνλεζη άηελ εἶλαη η ῶλ ἐλ η ῆ πόιεη.
[1,11] Πξντόληνο δ ὲ ην ῦ ρξόλνπ, ὦ ἄλδξεο, ἧθνλ κὲλ ἀπξνζδνθήησο ἐμ ἀγξνῦ, κεηὰ δὲ η ὸ
δεῖπλνλ η ὸ παηδίνλ ἐβόα θαὶ ἐδπζθόιαηλελ ὑπὸ η ῅ο ζεξαπαίλεο ἐπίηεδεο ιππνύκελνλ, ἵλα
ηα ῦηα πνη ῆ· ὁ γὰξ ἅλζξσπνο ἔλδνλ ἦλ· ὕζηεξνλ γὰξ ἅπαληα ἐππζόκελ.
[1,12] Καὶ ἐγὼ η ὴλ γπλαῖθα ἀπηέλαη ἐθέιεπνλ θαὶ δνῦλαη η ῷ παηδίῳ η ὸλ ηηηζ όλ, ἵλα παύζεηαη
θιᾶνλ. ἡ δὲ η ὸ κὲλ πξῶηνλ νὐθ ἤζειελ, ὡο ἂλ ἀζκέλε κε ἑσξαθπῖα ἥθνληα δὶα ρξόλνπ·
ἐπεηδὴ δὲ ἐγὼ ὠξγηδόκελ θαὶ ἐθέιεπνλ αὐη ὴλ ἀπηέλαη, « ἵλα ζύ γε » ἔθε « πεηξᾷο ἐληα ῦζα η ὴλ
παηδίζθελ· θαὶ πξόηεξνλ δὲ κεζύσλ εἷιθεο αὐη ήλ.» Κἀγὼ κὲλ ἐγέισλ, [1,13] ἐθείλε δὲ
ἀλαζη ᾶζα θαὶ ἀπηνῦζα πξνζη ίζεζη η ὴλ ζύξαλ, πξνζπνηνπκέλε παίδεηλ, θαὶ η ὴλ θιεῖλ
ἐθέιθεηαη. Κἀγὼ ην ύησλ ν ὐδὲλ ἐλζπκνύκελνο νὐδ' ὑπνλνῶλ ἐθάζεπδνλ ἄζκελνο, ἥθσλ ἐμ
ἀγξνῦ.
[1,14] ἖πεηδὴ δὲ ἦλ πξὸο ἡκέξαλ, ἧθελ ἐθείλε θαὶ η ὴλ ζύξαλ ἀλέῳμελ. ἖ξνκέλνπ δέ κνπ ηί αἱ
ζύξαη λύθησξ ςνθνῖελ, ἔθαζθε η ὸλ ιύρλνλ ἀπνζβεζζ῅λαη η ὸλ παξὰ η ῷ παηδίῳ, εἶηα ἐθ η ῶλ
γεηηόλσλ ἐλάςαζζαη. ἖ζηώπσλ ἐγὼ θαὶ ηα ῦηα ν ὕη σο ἔρεηλ ἡγνύκελ. ἖δνμε δέ κνη, ὦ ἄλδξεο,
η ὸ πξόζσπνλ ἐςηκπζηῶζζαη, ην ῦ ἀδειθνῦ ηεζλεῶηνο νὔπσ ηξη άθνλζ' ἡκέξαο· ὅκσο δ' νὐδ'
νὕησο ν ὐδὲλ εἰπὼλ πεξὶ ην ῦ πξάγκαηνο ἐμειζὼλ ᾠρόκελ ἔμσ ζησπῆ.
Première étape :
Prenons connaissance du texte dans son ensemble. Il s’agit d’un plaidoyer, écrit par Lysias
pour un mari qui a assassiné l’amant de sa femme. Un tel acte vaudrait aujourd’hui à son
auteur quelques années de prison, même avec des circonstances atténuantes… Il n’en était
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pas de même dans l’antiquité grecque : l’amant mettait en effet en péril la transmission
familiale, et un tel meurtre, surtout lorsque l’adultère était surpris en flagrant délit, ne
donnait pas lieu à un châtiment. Encore fallait-il démontrer la culpabilité de l’homme
assassiné : c’est ce à quoi s’emploie ici Lysias.
Nous avons ici affaire à un récit : il faudra donc être attentif aux marques de temps et de lieu
(essentiels dans une affaire criminelle…), aux personnes, aux temps des verbes…
 En observant les personnes, on se rend compte que l’action se limite pour l’essentiel
à deux personnages : « ἐγώ», le mari trompé (surligné en jaune), et «ἡ γύλε»,
èmel’épouse infidèle (en bleu). Quant au 3 personnage, l’amant, il est relativement
peu présent : deux occurrences seulement (en rouge)
 Le temps est souvent indiqué (en violet) ainsi que le lieu (en vert) ; on remarquera que
l’on relève deux lieux essentiels : la maison (νἰθία, νἰθίδηνλ) avec ses deux niveaux
(ἄλσ / θάησ) , son escalier, sa porte d’entrée, et l’extérieur, d’où provient tout le
danger : εἰο η ὴλ ἀγνξὰλ, ἐμ ἀγξνῦ. Le temps, lui, est très précisément noté : les
premiers temps, heureux, du mariage, puis la mort de la mère et la naissance de
l’enfant, puis les circonstances qui vont faire de ce mari confiant un cocu…
 Enfin, comme il est naturel pour un discours judiciaire, le texte s’adresse aux
Athéniens, probablement le tribunal de l’Héliée, qui avait à connaître les affaires
criminelles. Pour en savoir un peu plus sur la justice athénienne, voir ici dans « Philo-
lettres ».
Deuxième étape : analyse et traduction du texte par paragraphe.
[1,6] ἖γὼ γάξ, ὦ ᾿Αζελαῖνη, [ἐπεηδὴ ἔδνμέ κνη γ῅καη θαὶ γπλαῖθα ἠγαγόκελ εἰο η ὴλ νἰθίαλ],
η ὸλ κὲλ ἄιινλ ρξόλνλ νὕησ δηεθείκελ ὥζηε κήηε ιππεῖλ κήηε ιίαλ ἐπ' ἐθείλῃ εἶλαη [ὅ ηη ἂλ
ἐζέιῃ πνηεῖλ], ἐθύιαηη όλ ηε (ὡο νἷόλ ηε ἦλ), θαὶ πξνζεῖρνλ η ὸλ λνῦλ (ὥζπεξ εἰθὸο ἦλ).
[἖πεηδὴ δέ κνη παηδίνλ γίγλεηαη], ἐπίζηεπνλ ἤδε θαὶ πάληα η ὰ ἐκαπηνῦ ἐθείλῃ παξέδσθα,
ἡγνύκελνο [ηα ύηελ νἰθεηόηεηα κεγ ίζηελ εἶλαη.]

Comme d’habitude, nous procèderons à une analyse grammaticale rigoureuse pour chaque §.
- η ὸλ κὲλ ἄιινλ ρξόλνλ s’oppose à ἖πεηδὴ δέ κνη παηδίνλ γίγλεηαη : deux périodes du
mariage, les premiers temps, puis après la naissance de l’enfant. Il faut donc traduire
η ὸλ κὲλ ἄιινλ ρξόλνλ par « tout d’abord », « dans les premiers temps »
- il faut être attentif aux corrélations : νὕησ... ὥζηε indique le but (je me comportais de
manière à… ; κήηε... κήηε : ni… ni
- ἐπ' ἐθείλῃ εἶλαη [ὅ η η ἂλ ἐζέιῃ πνηεῖλ : ἐπ' ἐθείλῃ εἶλαη signifie « être au pouvoir de »,
donc ici « permettre, laisser faire » ; on remarquera ἄλ + subjonctif introduisant une
nuance d’éventuel.
- ηα ύηελ ν ἰθεηόηεηα κεγ ίζηελ εἶλαη : attention à « l’attraction avec l’attribut ». On
devrait avoir « ην ῦην ( le fait d’avoir un enfant) νἰθεηόηεηα κεγ ίζηελ εἶλαη (était le lien
le plus fort) ; mais le pronom neutre est devenu féminin par attraction avec l’attribut.
Cf. Allard & Feuillâtre, § 210.
- Pour la traduction, voir ici.

[1,7] ἖λ κὲλ νὖλ η ῷ πξώη ῳ ρξόλῳ, ὦ ᾿Αζελαῖνη, παζῶλ ἦλ βειηίζηε · θαὶ γὰξ νἰθνλόκνο
δεηλὴ θαὶ θεηδσιὸο {ἀγαζὴ} θαὶ ἀθξηβῶο πάληα δηνηθν ῦζα· [ἐπεηδὴ δέ κνη ἡ κήηεξ
ἐηειεύηεζε, πάλησλ η ῶλ θαθῶλ ἀπνζαλνῦζα αἰη ία κνη γεγέλεηαη .

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Aucune difficulté particulière dans ce § : noter l’opposition de deux temps : une première
époque, où la jeune femme était probablement sous l’autorité et la surveillance de sa belle-
mère ; une seconde, où celle-ci est morte, et où la jeune épouse va prendre plus de liberté.
L’ironie du sort voudra que ce soit précisément en sortant de la maison pour suivre les
funérailles que la jeune femme rencontrera son séducteur !
Pour la traduction, voir ici.

[1,8] ἖π' ἐθθνξὰλ γὰξ αὐη ῆ ἀθνινπζήζαζα ἡ ἐκὴ γπλὴ ὑπὸ ην ύηνπ ην ῦ ἀλζξώπνπ ὀθζεῖζα,
ρξόλῳ δηαθζείξεηαη· ἐπηηεξ ῶλ γὰξ η ὴλ ζεξάπαηλαλ η ὴλ εἰο η ὴλ ἀγνξὰλ βαδίδνπζαλ θαὶ ιόγνπο
πξνζθ έξσλ ἀπώιεζελ αὐη ήλ.

- La première phrase est au présent de narration (δηαθζείξεηαη) : il faudra traduire par
« voilà que… » ;
- La femme n’est sujet que de verbes passifs : ὀθζεῖζα (participe aoriste passif de ὁξάσ-
ῶ), δηαθζείξεηαη ; l’homme, en revanche, est sujet des verbes actifs ; c’est lui qui
prend l’initiative (ἐπηηεξ ῶλ, πξνζθ έξσλ, ἀπώιεζελ). On voit aussi apparaître un
personnage essentiel de cette tragi-comédie conjugale : la soubrette complice, ici « la
servante qui allait au marché, η ὴλ ζεξάπαηλαλ η ὴλ εἰο η ὴλ ἀγνξὰλ βαδίδνπζαλ. On a
l’impression que l’auteur fait tout pour disculper au maximum, du moins dans un
premier temps, l’épouse…
- ιόγνπο πξνζθ έξεηλ a un sens plus fort que simplement « adresser la parole » :
l’expression signifie « négocier, entrer en pourparlers ».
- Pour la traduction, voir ici.

[1,9] Πξῶηνλ κ ὲλ νὖλ, ὦ ἄλδξεο, (δεῖ γὰξ θαὶ ηα ῦζ' ὑκῖλ δηεγήζαζζαἰ) νἰθίδηνλ ἔζηη κνη
δηπινῦλ, ἴζα ἔρνλ η ὰ ἄλσ ην ῖο θάησ θαη ὰ η ὴλ γπλαηθσλῖηηλ θα ὶ θαη ὰ η ὴλ ἀλδξσλῖηηλ. ἖πεηδὴ
δὲ η ὸ παηδίνλ ἐγέλεην ἡκῖλ, ἡ κήηεξ α ὐη ὸ ἐζήιαδελ·[ἵλα δὲ κή, (ὁπόηε ινῦζζαη δένη,)
θηλδπλεύῃ θαη ὰ η ῅ο θιίκαθνο θαηαβα ίλνπζα], ἐγὼ κὲλ ἄλσ δηῃη ώκελ, αἱ δὲ γπλαῖθεο θάησ.
- Encore une fois, une opposition très pédagogique entre deux temps : Πξῶηνλ κ ὲλ νὖλ,
἖πεηδὴ δὲ η ὸ παηδίνλ ἐγέλεην ἡκῖλ. Le narrateur va se livrer ici à une digression
explicative sur la topographie des lieux. Il s’en explique dans une parenthèse : δεῖ γὰξ
θαὶ ηα ῦζ' ὑκῖλ δηεγήζαζζαἰ, « il faut vous exposer ces faits ».
- Une disposition des lieux inhabituelle… et dangereuse : l’appartement des femmes se
trouve au rez-de-chaussée !
- Pour la traduction, voir ici.

[1,10] Καὶ νὕησο ἤδε ζπλεηζηζκέλνλ ἦλ, ὥζηε πνιιάθηο ἡ γπλὴ ἀπῄεη θάησ θαζεπδήζνπζα
ὡο η ὸ παηδίνλ, (ἵλα η ὸλ ηηηζ ὸλ αὐη ῷ δηδῷ θαὶ κὴ βνᾷ]. Καὶ ηα ῦηα πνιὺλ ρξόλνλ νὕησο
ἐγίγλεην, θαὶ ἐγὼ νὐδέπνηε ὑπώπηεπζα, ἀιι' νὕησο ἠιηζίσο δηεθείκελ, ὥζηε ᾤκελ [η ὴλ
ἐκαπηνῦ γπλαῖθα παζῶλ ζσθξνλεζη άηελ εἶλαη η ῶλ ἐλ η ῆ πόιεη].

- ζπλεηζηζκέλνλ ἦλ : participe présent passif de ζπλεζίδσ, prendre l’habitude ; participe
substantivé, sujet du verbe être. « c’était une habitude prise »
- θαζεπδήζνπζα : pour dormir
- ἵλα... : subordonnée de but, au subjonctif présent. Le sujet de δηδ ῷ est « la femme »,
celui de βνᾷ, l’enfant.
- ἠιηζίσο : sottement, stupidement. C’est le moins que l’on puisse dire…
- Pour la traduction, voir ici.
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- [1,11] Πξντόληνο δ ὲ ην ῦ ρξόλνπ, ὦ ἄλδξεο, ἧθνλ κὲλ ἀπξνζδνθήησο ἐμ ἀγξνῦ, κεηὰ δὲ
η ὸ δεῖπλνλ η ὸ παηδίνλ ἐβόα θαὶ ἐδπζθόιαηλελ ὑπὸ η ῅ο ζεξαπαίλεο ἐπίηεδεο
ιππνύκελνλ, [ἵλα ηα ῦηα πνη ῆ]· ὁ γὰξ ἅλζξσπνο ἔλδνλ ἦλ· ὕζηεξνλ γὰξ ἅπαληα
ἐππζόκελ.
- Πξντόληνο δ ὲ ην ῦ ρξόλνπ : génitif absolu ; « le temps ayant passé (verbe πξόεηκη)
- ἀπξνζδνθήησο : à l’improviste
- δπζθνιαίλσ : être mécontent, se fâcher
- ἐπίηεδεο : à dessein (adverbe)
- Pour la traduction, voir ici.

[1,12] Καὶ ἐγὼ [η ὴλ γπλαῖθα ἀπηέλαη] ἐθέιεπνλ [θαὶ δνῦλαη η ῷ παηδίῳ η ὸλ ηηηζ όλ], ἵλα
παύζεηαη θιᾶνλ. ἡ δὲ η ὸ κὲλ πξῶηνλ νὐθ ἤζειελ, ὡο ἂλ ἀζκέλε κε ἑσξαθπῖα ἥθνληα δὶα
ρξόλνπ· ἐπεηδὴ δὲ ἐγὼ ὠξγηδόκελ θαὶ ἐθέιεπνλ [αὐη ὴλ ἀπηέλαη], « ἵλα ζύ γε » ἔθε « πεηξᾷο
ἐληα ῦζα η ὴλ παηδίζθελ· θαὶ πξόηεξνλ δὲ κεζύσλ εἷιθεο αὐη ήλ.» Κἀγὼ κὲλ ἐγέισλ, [1,13]
ἐθείλε δὲ ἀλαζη ᾶζα θαὶ ἀπηνῦζα πξνζη ίζεζη η ὴλ ζύξαλ, πξνζπνηνπκέλε παίδεηλ, θαὶ η ὴλ
θιεῖλ ἐθέιθεηαη. Κἀγὼ ην ύησλ νὐδὲλ ἐλζπκνύκελνο νὐδ' ὑπνλνῶλ ἐθάζεπδνλ ἄζκελνο, ἥθσλ
ἐμ ἀγξνῦ.
- La syntaxe ne présente ici aucune difficulté, pour peu que l’on analyse précisément les
cas (rouge = sujet ; bleu = COD). Noter aussi les oppositions : η ὸ κὲλ πξῶηνλ / ἐπεηδὴ
δὲ (tout d’abord… puis lorsque…) ; θἀγὼ κὲλ / ἐθείλε δέ (et moi… elle de son
côté…) ; noter aussi « ὡο ἂλ ἀζκέλε » : le ἂλ modalise l’énoncé, y introduisant une
forte nuance de doute. « sous prétexte qu’elle était contente » ; une même duplicité
indiquée par πξνζπνηνπκέλε παίδεηλ : feignant de jouer
- Intrusion d’un discours direct : l’infidèle accuse son mari… d’infidélité ! Πεηξάσ-ῶ
signifie ici « tenter, séduire » et ἕιθσ « attirer à soi » ; l’imparfait εἷιθεο indique la
durée, l’effort : « tu cherchais à l’attirer »
- πξνζη ίζεζη η ὴλ ζύξαλ : elle ferme la porte. En une phrase, nous avons trois formes de
verbes en –κη : ἀλίζηεκη, ἄπεηκη, πξνζηίζεκη. C’est l’occasion de les réviser.
- Pour la traduction, voir ici.


[1,14] [἖πεηδὴ δὲ ἦλ πξὸο ἡκέξαλ], ἧθελ ἐθείλε θαὶ η ὴλ ζύξαλ ἀλέῳμελ. (἖ξνκέλνπ δέ κνπ)
η ί αἱ ζύξαη λύθησξ ςνθνῖελ, ἔθαζθε (η ὸλ ιύρλνλ ἀπνζβεζζ῅λαη η ὸλ παξὰ η ῷ παηδίῳ, εἶηα ἐθ
η ῶλ γεηηόλσλ ἐλάςαζζαη). ἖ζηώπσλ ἐγὼ θαὶ (ηα ῦηα νὕησο ἔρεηλ) ἡγνύκελ. ἖δνμε δέ κνη, ὦ
ἄλδξεο, (η ὸ πξόζσπνλ ἐςηκπζηῶζζαη), (ην ῦ ἀδειθνῦ ηεζλεῶηνο νὔπσ ηξη άθνλζ' ἡκέξαο)·
ὅκσο δ' νὐδ' νὕησο ν ὐδὲλ εἰπὼλ πεξὶ ην ῦ πξάγκαηνο ἐμειζὼλ ᾠρόκελ ἔμσ ζησπῆ.
- ἀλέῳμελ : aoriste de ἀλνίγσ : tirer le verrou, ouvrir
- ἖ξνκέλνπ δέ κνπ : génitif absolu ; « comme je demandais », suivi d’une interrogative
indirecte à l’optatif de subordination
- Ψνθέσ-ῶ : faire du bruit, grincer (en parlant d’une porte)
- ὁ ιύρλνο, νπ : la lampe
- ἀπνζβεζζ῅λαη : infinitif aoriste passif de ἀπνζβέλλπκη, éteindre.
- ἐλάπησ : allumer ; εἶηα ἐθ η ῶλ γεηηόλσλ indique l’origine. Quand un feu venait à
s’éteindre, les allumettes n’existant pas encore, on allait le rallumer chez les voisins.
- ἐςηκπζηῶζζαη : infinitif parfait passif de ςηκπζηόσ-ῶ, farder avec du blanc de céruse
- ην ῦ ἀδειθνῦ ηεζλεῶηνο νὔπσ ηξη άθνλζ' ἡκέξαο : « son frère étant mort depuis moins
de 30 jours », génitif absolu à valeur concessive. Le deuil interdisait tout maquillage.
- Pour la traduction, voir ici.
-
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