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Préparation des épreuves de culture générale C oncours 2010

De
192 pages
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  • leçon - matière potentielle : ina ugu
  • cours - matière potentielle : au muséum d' hist o
Florilège édité et offert par > GROUPE ESC CLERMONT LA VIE Une valeur sûre. Préparation des épreuves de culture générale Concours 2010 Fleurilègeconcours2010ESC 7/12/09 15:22 Page 1
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Fleurilègeconcours2010ESC 7/12/09 15:22 Page 1
Une valeur sûre.
GROUPE ESC CLERMONT>
LA VIE
Préparation des épreuves
de culture générale
Concours 2010
Florilège édité et offert par
L a V i e

OUVERTURE.......................................................................................................................... p 1

par Andrés Atenza, Directeur Général du Groupe ESC Clermont
SENS DU SENS, SENS DE LA VIE

LA VIE ................................................................................................................................... p 7

par Nicole Albagli, Professeur de Philosophie à Carcassonne

LA VIE MYSTERE D'AMOUR.................................................................................................. p 13

par André Bord, Docteur ès lettres, Vice-Président de la Société de Philosophie S
de Bordeaux, Membre correspondant de l’Académie Nationale des Sciences,
Belles Lettres et Arts de Bordeaux O

M LES VIES DE ROBINSON CRUSOE
DANS "VENDREDI OU LES LIMBES DU PACIFIQUE" DE MICHEL TOURNIER ......................... p 27
M par Laurence Brossier, Professeur agrégé de Lettres Classiques au Lycée
Sainte-Marie Grand Lebrun, Bordeaux
A

"TU CHOISIRAS LA VIE !" I
(LE SOUFFLE ET LA PAROLE ; LE TEMPS ET LA RESURRECTION DES MORTS)..................... p 43

par Monique-Lise Cohen, Docteure ès Lettres R

E
DES PIROGUES POUR CHANGER LA VIE.............................................................................. p 65

par Roland Costa, Agrégé de Lettres modernes
Professeur en CPGE au Lycée Dominique Villars, Gap

LE SENS DE LA VIE .............................................................................................................. p 75

par Arlette Fontan, Docteure en philosophie (Sorbonne Paris IV)

L'EDUCATEUR, L'AVENIR ET LA VIE ..................................................................................... p 89

par G Fontana, Professeur certifié, DEA de Philosophie

LA VIE.................................................................................................................................. p 99

par Gilbert Guislain, Professeur au lycée Jules Ferry à Versailles,
Interrogateur à Grandchamp, Saint-Louis de Gonzague et Intégrale

L a V i e

SUJETS DE DISSERTATIONS.............................................................................................. p 115
SUJETS DE COLLES........................................................................................................... p 119
EXPRESSIONS................................................................................................................... p 121
CITATIONS......................................................................................................................... p 121

par Gilbert Guislain

LA VIE E(S)T LA MORT ...................................................................................................... p 125

par Hugues Lethierry, Professeur en IUFM, Université de Lyon,
conférencier, auteur d’une œuvre diversifiée
(notamment "La mort n'est pas au programme" Harmattan 2005)
S
VIE ET DESOLATION .......................................................................................................... p 137 O
par Gérard Alain Mallet, Docteur du troisième cycle, Professeur
Agrégé de philosophie au Lycée Blaise Pascal, Clermont-Ferrand M

M VIE HUMAINE ET MONDE ................................................................................................... p 145

par Caroline Milhau, Docteure en Philosophie, Professeure de Philosophie au Lycée A
Andréossy et Jean Durand de Castelnaudary
I
EST-CE LA FINALITE OU LE HASARD QUI REGNE DANS LE MONDE DU VIVANT ?............... p 159
R par Claude Obadia, Professeur en CPGE Commerciales
E
QU’EST-CE QUE VIVRE ?
"EH ! BIEN, VIVRE, LUCILIUS, C’EST ETRE SOLDAT" ......................................................... p 167
par Jean-François Riaux, Professeur de Culture Générale au Lycée Saint-Michel de Picpus,
Paris

METHODOLOGIE................................................................................................................ p 183

par Gilbert Guislain, Professeur au lycée Jules Ferry à Versailles,
Interrogateur à Grandchamp, Saint-Louis de Gonzague et Intégrale
OUVERTURE

LA VIE, UN MYSTERE

Andrés Atenza
Directeur Général du Groupe ESC Clermont


Les scientifiques cherchent et tentent de comprendre la vie, ils cherchent à
comprendre le commencement, pourquoi il y a vie ? Nous sommes capables de
distinguer le vivant de la mort, mais nous ne savons rien sur la vie. Le premier souffle
vital, la première cellule, pourquoi il y a de la vie dans ce monde ? Les chimistes, les
biologistes, les médecins tentent de nous éclairer, de proposer des modèles sur
l’origine de la vie. Dans les laboratoires les scientifiques analysent le vivant, ils le
décortiquent, ils expliquent les mécanismes, les interactions entre les cellules, les
phénomènes physico-chimiques, mais nous ne savons pas créer la vie. La vie vient
d’un autre être vivant, c’est toujours le vivant qui donne la vie. Nous sommes bien là
devant un mystère, une énigme policière. Quand commence la vie ? D’où provient la
vie ?

Dans l’Antiquité, la vie est une création divine « une force vitale » quelque chose
d’insaisissable, la vie est sacrée, elle se produit par la seule volonté de Dieu. La
puissance divine est la seule capable de transmettre ce « souffle vital » nécessaire.

Le scandale arrive par Charles Robert Darwin, celui-ci ôte toutes nos illusions divines,
il nous dit que nous ne sommes pas des enfants de Dieu, que nous sommes le produit
d’une longue évolution, le fruit du hasard et de la nécessité, il apporte la preuve
scientifique, formelle et définitive. Tout le darwinisme est là, dans cette manière de
mettre la méthode expérimentale au service de l’idéologie. Car l’évolution est une
idée que l’on retrouve chez Maupertuis, chez Buffon. Lamarck l’avait professé
officiellement dès 1800, dans la leçon inaugurale de son cours au Muséum d’Histoire
1Naturelle. Imaginer que les êtres vivants ne sont qu’une lente évolution, une
transformation de la matière, c’est se battre contre Aristote, contre la théorie de la
génération spontanée.

L’eau : source de vie.
Les astrophysiciens nous enseignent que l’Univers est âgé de quinze milliards
d’années, que la terre est apparue il y a quatre milliards d’années et la vie surgie dans
les eaux, peut-être troubles, il y a trois milliards d’années. Il faut imaginer ensuite
cette lente transformation, cette lente évolution de la vie. Les chercheurs élaborent des
modèles explicatifs, il faut attendre 1920 pour que deux biologistes, Haldane,
britannique et Oparine, soviétique, nous proposent le scénario suivant. Dans
l’atmosphère terrestre, nous assistons a un brassage d’hydrogène, d’hélium, puis de
carbone, d’azote, de souffre et pour finir de magnésium. Bref, nous avons ici tous les
ingrédients d’une potée auvergnate « une soupe primitive ». « A warm little pond »
disait Darwin. Ces éléments se mélangent, se percutent, se modifient et produisent les
premières molécules qui donneront les premiers êtres vivants.

Le scénario de la poussière d’étoiles.
Les astrophysiciens viennent perturber ce modèle, ils découvrent dans l’espace
interstellaire des molécules issues des météorites tombées sur la terre. Les molécules
carbonées pourraient être la base de la vie sur notre terre. De la poussière d’étoiles et
de comètes tombe sur terre, celle-ci ensemence et produit ce « miracle » de la vie.
Hubert Reeves le dit « l’univers est en gestation », « nous sommes tous des enfants
des étoiles ».

La métaphore de la « soupe primitive » résiste, les scientifiques s’accordent à penser
un paradigme dominant dont l’eau jouerait un rôle prédominant. Certains pensent que
l’eau se dépose sur les rochers, sur des poussières argileuses et provoquent des
réactions chimiques, la vie n’est que le résultat d’une auto-organisation de la matière.
La croûte terrestre était très riche en ions métalliques chargés positivement, les
2 molécules capables de s’y associer chargées négativement : la réaction chimique a
permis l’apparition d’un métabolisme.

La vie émerge au fond des océans, peut-être à la surface de la croûte terrestre. Peu
importe, l’idée d’une lente évolution est toujours là, la matière s’auto-organise et crée
la première cellule primitive. Malgré tout l’énigme n’est pas résolue, cette explication
est provisoire car la science avance en quête de la vérité.

J.Monod pensait que l’énigme de la vie était insurmontable, les molécules d’ADN
pouvaient contenir le mystère de la vie. Il fallait donc percer l’origine de la vie et
l’origine du code génétique. Il fallait comprendre qui fabrique la protéine nécessaire à
la fabrication du gène ?

1Le chimiste américain Orgel essaie de résoudre cette question. Jadis les deux
catégories de molécules informationnelles (les gènes et les protéines) n’avaient pas la
même structure qu’aujourd’hui. Il imagine que l’ADN primitif se présente en une
structure en double hélice ce qui lui confère la possibilité de se répliquer. Une autre
découverte vient bouleverser cette vision. La mise en évidence des acides
ribonucléiques possédant une capacité de stockage et de transmission de l’information
ainsi qu’une capacité à catalyser des réactions chimiques.

Le « principe anthropique ».
La vie sur terre est-ce un accident ? La vie devait-elle apparaître sur terre ? Les deux
Prix Nobel (Monod et Prigogine) répondent de façon différente. Monod (biologiste
français Prix Nobel 1965) considère que la vie est un phénomène improbable. Il
indique que les mutations sont des changements aléatoires dans les molécules d’ADN,
nous sommes ici en présence du hasard. Ces mutations subissent la sélection naturelle,
ici réside la nécessité, conception darwinienne de l’évolution moléculaire.


1
Orgel F, Les origines de la vie. Des fossiles aux extra-terrestres, Elsevier-Savoir 1975

3Dans Le Hasard et la Nécessité, Monod nous dit « Avant de paraître, les chances de la
vie étaient quasi nulles. L’univers n’était pas gros de la vie, ni la biosphère de
l’homme. Quoi d’étonnant à ce que, tel celui qui vient de gagner un milliard, nous
2éprouvions l’étrangeté de notre condition ? » .

La vie ce n’est que du hasard, un hasard heureux, personne attendait l’homme il a
émergé par hasard, il avait par ailleurs peu de chance d’apparaître, l’univers aurait pu
se passer de la vie, nous sommes toujours devant notre mystère.

Prigogine, physico-chimiste (Prix Nobel 1977) affirme pour sa part que la vie est un
3phénomène qui devait automatiquement émerger sur terre. Avec l’apport de la
Thermodynamique des systèmes irréversibles, Prigogine montre qu’une auto-
organisation de la matière est possible. Ce nouveau paradigme épistémologique de
l’auto-organisation s’impose, c’est une révolution systémique.

L’histoire de la vie est celle de la création et le temps imposé par l’évolution des
espèces est celui de la diversification, de la complexification, de l’organisation.

Le problème de l’organisation biologique, tel qu’il peut apparaître à la fin du XIX
siècle, est, au plan philosophique, celui de la rencontre et de l’accord entre ces deux
images du temps.

L’évolutionnisme darwinien nous décrit le foisonnement des espèces vivantes dans un
univers par ailleurs soumis à la loi d’entropie croissante. La vie irait-elle à contre-
courant du devenir matériel. C’est en ces termes que Bergson posait le problème dans
« L’évolution Créatrice ». Conscient de l’opposition entre temps biologique de l’ordre
grandissant et le temps physique du désordre croissant, il concluait à l’irréductibilité
originale de la vie. Le vivant n’obéit pas totalement aux lois physiques puisqu’il peut
se soustraire en partie au moins, au deuxième principe de la Thermodynamique.

2 Monod J, Le hasard et la nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Seuil 1970

3
Prigogine I, Stengers, I, La nouvelle alliance. Métamorphose de la science, Gallimard, 1979

4 Prigogine a montré que sous certaines conditions, une auto-organisation de la matière
est possible : une perturbation aléatoire crée de manière obligatoire, l’organisation
spatio-temporelle d’un système fonctionnant loin de l’équilibre. Le hasard est en
quelque sorte organisateur, le désordre source d’ordre. Immanquablement pour
Prigogine, la vie était prévisible dans l’univers, tout le système prêt pour s’auto-
organiser, pour accueillir les premiers signes de vie, la vie est un phénomène attendu
ainsi que la conscience.

Les hypothèses de Monod étayées par les faits scientifiques (la vie sur terre est un
événement improbable parce qu’il est lui-même le fruit de toute une série
d’événements improbables) ne correspondent pas à ce qui s’est peut être passé. C’est
ce que souligne Prigogine. Si les conditions physiques sont réunies sur la planète alors
la vie apparaît, se développe. Hypothèse soutenue par l’astrophysicien Trinh Xuân
Thuân dans son beau livre « La mélodie secrète. Et l’homme créa l’Univers » (1988).

Si cette affirmation est fondée, on peut aisément repousser la frontière de notre
ignorance. Cependant la question demeure : les conditions de l’émergence de la vie se
sont trouvées réunies par hasard ou non ?

Il me semble que nous n’avons pas de réponse scientifique à cette question. Le monde
s’était formé tel qu’il est afin que l’homme puisse y vivre et le penser, nous avons ici
le « principe anthropique », une idée formulée par le physicien Carter. Selon lui,
l’univers possédait toutes les caractéristiques et propriétés pour l’apparition de la vie
d’un être conscient et intelligent et il n’est pas pensable que ce soit une série
d’événements aléatoires.

Ce « principe anthropique » n’est pas un principe scientifique, on ne peut pas
rationnellement déduire une prédiction expérimentale, il ne s’agit pas d’un outil de
découverte faisant ainsi reculer l’ignorance. Il s’agit avant tout d’une « philosophie de
la nature ». C’est un outil d’étonnement au monde, une attitude d’humilité, c’est
comprendre le monde par le langage mathématique et le discours rationnel.
5
6 LA VIE


Nicole Albagli
Licence ès lettres (Université de Genève, Suisse), thèse d’Etat en philosophie et sciences humaines


Comment écrire « la vie » avec une minuscule ?
La Vie comporte toujours une majuscule et ce pour plusieurs raisons.
La première étant sa Valeur, puisque nous pouvons « ôter » la vie, la détruire, mais
non la créer. Nous n’en sommes pas les maîtres, nous ne sommes pas extérieurs à elle,
nous sommes partie prenante : nous sommes vivants.

Par là, nous ne pouvons la prendre pour « objet » qu’en la trahissant : en la
transformant en chose. Ob-jet signifie étymologiquement ce qui se trouve « en face » :
ce qu’on peut ob-server, donc regarder de façon frontale, ob-jectivement. Or, comme
l’a si bien étudié Leibniz du point de vue scientifique tout comme du point de vue
métaphysique, nous sommes des « forces vives » qui s’harmonisent avec d’autres
« forces vives » : cette harmonisation est notre mode d’approche, notre mode de
connaissance.
L’attitude frontale fige la vie. Celle-ci est synthèse et ne se laisse pas approcher par la
méthode d’analyse (Edgar Morin « Science avec conscience »). Cela ne signifie pas le
rejet de toute approche scientifique, l’objectivité étant le propre de toute science au
sens de non projection individuelle, au sens où l’approche scientifique se doit d’être
désintéressée. Mais l’homme de science cherche à étudier la vie, et le philosophe veut
la comprendre. Or, épistémologiquement, on dit qu’une méthode est rigoureuse quand
elle est adéquate à son objet : et la rigueur pour approcher la vie demande de respecter
ses caractéristiques : spontanéité, finalité ou « intentionnalité », cohérence interne.
Intériorité.
7