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Pierre-Jean Ruff – L'euthanasie : comment respecte-t-on le mieux la vie ?

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Ajouté le : 16 mars 2014
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Pierre-Jean Ruff – L'euthanasie: comment respecte-t-on le mieux la vie ? Une note de lecture par Jean-François Ponge Un sujet grave, toujours actuel depuis… la nuit des temps! Le débat sur l'euthanasie, en France du moins, est sans cesse repoussé malgré de timides aménagements de la Loi. Pierre-Jean Ruff se jette dans la mêlée, en apportant son regard personnel, celui d'un humaniste respectueux de la vie mais aussi soucieux d'alléger les souffrances, tant morales que physiques. Ses propositions, en faveur du suicide assisté et des divers cas où le souci d'abréger la vie prévaut sur celui de la prolonger, doivent attirer l'attention du législateur ainsi que des associations qui militent pour une évolution de la législation en matière de fin de vie. Elles sont basées sur un examen approfondi et contradictoire de la réalité actuelle, tant en France qu'ailleurs en Europe. Un seul regret, par rapport à cet essai magistral qui, malgré son faible nombre de pages (par rapport à l'ampleur du sujet), représente une somme. Les freins à l'euthanasie sont essentiellement, d'après Pierre-Jean Ruff, d'ordre religieux: en Europe, le christianisme (à l'exception d'une frange du protestantisme), l'islam et le judaïsme s'opposent tous à ce que l'on abrège la vie, y compris en présence d'une grande souffrance. L'auteur défend donc la laïcité, et c'est dans ce cadre qu'il propose des réformes. Pourtant, il me semble que d'autres freins, d'ordre strictement non-religieux, s'opposent encore à une évolution de la législation. Le corps médical, à cause du fameux serment d'Hippocrate que tout médecin se doit d'honorer, freine des quatre fers par rapport aux souhaits de l'immense majorité de la population, sous la bannière du Conseil National de l'Ordre des Médecins. Par ailleurs, les génocides, qu'il s'agisse de la Shoah ou de l'épuration ethnique réalisée par la Serbie de Milosevic, pratiques qu'en d'autres
temps on nommait aussi "euthanasie", rappellent trop le législateur aux dérives monstrueuses auxquelles peut conduire la liberté (même et surtout lorsqu'elle est légale) d'abréger la vie.