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[Nouvelle]La maladie devient une source de contrôle du monde...

Publié par :
Ajouté le : 17 mars 2015
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Sydney, Australie - Une ambiance des plus pesantes règne dans la salle d'honneur de l'antenne régionale des Nations-Unis. Les plus hautes personnalités d'influence de la planète sont réunies. Cette rencontre est informelle. Chaque participant, dont nombre est de soixante-six, attend patiemment son tour, afin de prendre la parole face à celui qui dirige l'assemblée, assis face à l'auditoire.
"Nous avons fait de notre mieux pour atteindre nos objectifs sur le continent africain. Nos agents ont effectué un travail remarquable, mais qui n'a pas été couronné du succès escompté. Nous avons cependant retirés de nouvelles informations quant à la façon de procéder de nos "adversaires". Il en ressort qu'ils sont bien plus coriaces que ce à quoi nous nous attendions. Nous les avons clairement sous-estimés. Nous ne sommes plus en 1347 ou en 1918. Nous devons faire évoluer notre approche de la situation. Tout comme nous ne devons jamais oublier que que nous sommes à l'origine de l'émergence de ceux qui aujourd'hui nous font face !"
Sur le terrain, en Afrique de l'ouest, le virus Ebola poursuit sa terrifiante cavalcade meurtrière. Ce sont plus de quinze mille personnes qui ont succombé à ce puissant organisme, malgré l'intervention conjointe de l'OMS, des ONG et de la communauté internationale. Le fléau est de taille.
En Australie, un nouveau participant prends à son tour la parole. L'auditoire est tout ouie. Il s'agit d'un nouveau membre de l'organisation, lequel est promis à un brillant avenir auprès de ses pairs.
"En ce qui me concerne, dans les parties développées du monde, je préfère m'engager dans une partie plus axée sur le long terme. Nul besoin, selon moi, d'obtenir des résultats en quelques jours seulement. Cela n'a aucun intérêt si ce n'est de mobiliser plus que jamais les populations et les États concernés. Je vous en conjure mes frères ! Faites-moi confiance ! Je n'ai certes pas votre sagesse ni votre expérience, mais croyez-moi, mes parents m'ont offerts le plus beau des cadeaux qui existe : l'abnégation. Je suis grandement convaincu que personne ici n'assistera de son vivant au monde auquel nous aspirons. C'est ainsi. C'est la seule manière d'arriver à nos fins !" "Mais que voulez-vous dire enfin ?" s'exclame l'un de ses compères. "Je sous-entend que la seule façon de vaincre est d'agir sur du long terme. Voir même sur du très long terme. Nous devons faire preuve d'une extrême patiente, sans quoi nous échouerons. Vos petites actions spontanées furent efficaces à une époque. Elles sont aujourd'hui totalement désuètes. Vous confondez ouvertement vitesse et précipitation."
À la suite à cette tirade, des chuchotements commencent à s'élever de la salle fortement assombrie, feutrée, organisée en amphithéâtre. Un certain brouhaha prends rapidement le dessus.
Les propos précédemment tenus font l'office d'une petite bombe pour les dignitaires ainsi réunis. Leur modèle d'action séculaire est remis en question par un jeunot siégeant à leurs côtés depuis seulement quelques dizaines d'années. Jamais une telle ambiance de défiance n'avait existé au sein de cette assemblée jubilaire.
"Précisez-nous votre pensée" exorta celui qui dirige.
"Comme vous l'aurez sûrement tous remarqué, lorsque que nous menons des actions brèves et spontanées, nous n'obtenons que des résultats décevants. Qui parmi vous saura se réjouir des effets ridicules de l'épidémie d'Ebola ou bien de ceux, laissez-moi rire, de la grippe saisonnière ? Quelques dizaines, voir quelques centaines de milliers de morts par an... Pas de quoi briser trois pattes à canard, si vous me passez l'expression. Ce n'est pas avec de tels chiffres que nous aboutirons à notre destinée ! Cela fait plus de deux mille ans que nous... ou plutôt que vous fonctionnez de la sorte. Voyez où nous en sommes arrivés. Plus de Sept milliards d'êtres humains peuplent désormais la planète. Et ce nombre augmente sans cesse !" "Vous semblez oublier les épidémies de peste noire en 1347 et de grippe espagnole en 1918" rétorqua un participant. Deux demi-succès ! Deux tentatives seulement auraient pu fonctionner sur des milliers d'essais ! Vous trouvez ça exaltant vous ? Qui plus est espacées l'une de l'autre de près de 560 ans... Je vous parle, moi, de deux siècles, trois tout au plus, avant que notre dessein ne devienne enfin réalité. Pour cela nous allons devoir collaborer tous ensemble et non plus chacun de notre côté. Les premiers résultats mettront du temps avant de se présenter à nous. Mais lorsque ce sera le cas, vous n'aurez plus le choix, vous serez obligés de reconnaître ma supériorité tactique ainsi que mon machiavélisme extrême !" "Nous n'en sommes pas encore là. Avant de vous voir kalife à la place qui est actuellement la mienne, je vous somme de nous faire part de vos intentions plutôt que de vous engluer dans cette auto-satisfaction puante et détestable." "Mes propos font mouche à ce que je vois. Je n'en espérais pas tant... bref... ma façon de procéder est d'une simplicité sans égal. Elle consiste en une simple opération dissimulée, de faible intensité, d'envergure internationale et, le plus important de tout, pérène dans le temps. Nous ne devons laisser aucun répit aux populations concernées, sans quoi nous échouerons lamentablement une nouvelle fois. Nous devons en quelque sorte poursuivre les actions que j'ai mené, avec succès, depuis ma prise de fonction À terme, à force de contact avec nos agents néfastes, nous finirons par prendre le dessus sur les sept milliards d'hommes et de femmes qui souillent la planète de leur emprunte." Excellente idée que de jouer sur le développement de maladies contemporaines afin d'annihiler toute une espèce ! Mais vous avez omis un détail... de taille; les firmes pharmaceutiques. Celles-là mêmes que vous avez contribué à créer et surtout à développer à votre arrivée il y a une quarantaine d'années. Celles-là mêmes qui échappent à notre contrôle depuis des années et qui tentent de trouver des remèdes à tous nos maux !"
La situation s'envenime sérieusement. Les membres de l'organisation ne parviennent plus à conserver leur calme. Certains sont sur le point d'en arriver aux mains. Entre partisans de la nouvelle approche et défenseurs des actions plus conventionelles le torchon brule.
Les échecs répétés des derniers siècles ont laissé d'importantes traces. Il serait temps de renouer avec les résultats afin de calmer les esprits.
Votre crédulité fait peine à entendre ! Elle témoigne néanmoins de l'efficacité de mes méthodes... N'avez-vous jamais remarqué que, plus que le bien être des populations, le but premier de ces entités était de gagner un maximum d'argent ? N'avez-vous jamais remarqué à quel point ce même argent est devenu tabou dans la société contemporaine ? N'avez-vous jamais remarqué à quel point la santé était devenue primordiale sur Terre ? Et pourtant, il n'y a jamais eu autant de maladies et de décès chaque jour, chaque mois et chaque année ! C'est lorsque le remède est pire que le mal et que personne ne s'en rends compte, que je peux vous affirmer sans le moindre doute que nous sommes pleinement engagés sur la voie de la réussite. Comme je l'indiquais au début de mon intervention, il ne nous reste plus qu'à faire preuve d'abnégation et d'une grande patience. Nous voulons nous emparer de la planète Terre afin d'y installer ce qu'il reste de notre civilisation décimée, et bien laissons les humains se détruire par eux-mêmes. Laissons-les réussir en seulement mille ans ce que nous avons mis dix fois plus de temps à faire sur notre planète. Maintenant que nous avons, grâce à moi, et dans une moindre mesure à mon prédécesseur, planté la graine du développement capitalistique à outrance, avec toutes les déviances qui y sont associées, asseyons-nous et délectons-nous tranquillement de ce formidable spectacle qu'est la fin programmée d'une civilisation extra-planétaire !"