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Il vaut mieux être embauché le 1er du mois

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Il y a en moyenne entre 4 à 5 millions d'embauches par an. Ces embauches ont surtout lieu en début de mois ou de semaine et en été. Le début de mois concentre les recrutements aux conditions les plus favorables, que ce soit en termes de salaire, de volume horaire ou de durée d'emploi. Les embauches de l'été correspondent à des contrats courts à temps complet, pour des jeunes moins bien rémunérés. Cette temporalité reflète divers aspects de la gestion du personnel, notamment liés au secteur d'activité et à la catégorie socioprofessionnelle.
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N° 806 - SEPTEMBRE 2001
PRIX : 15 F (2,29€)
Il vaut mieux être embauché
er
le 1 du mois
Christine Gonzalez-Demichel, Sabine Guillaume, Sébastien Roux
Département Emploi et revenus d’activité
Iyaenmoyenne entre4à5 millions Des embauches concentrées
sur les débuts de mois et de semained’embauches par an dans les secteursIprivé et semi-public. Ces embauches
Du fait des effets de calendrier, l’examen direct
ont surtout lieu en début de mois ou de du nombre journalier d’embauches en début de
mois ou de semaine est difficile. Pour cela, lessemaine et en été. Le début de mois
volumes d’embauches relatifs sont présentés
concentre les recrutements aux condi-
en contrôlant ces effets (cf. Pour comprendre
tions les plus favorables, que ce soit en ces résultats). La période d’embauche privi-
légiée par les entreprises est bien le début dutermes de salaire, de volume horaire ou
mois qui concentre 18 fois plus d’embauches
de durée d’emploi. Les embauches de
qu’une journée sans caractéristique particu-
l’été correspondent à des contrats lière (c’est-à-dire n’étant pas en début de
mois ou de semaine, ni lors du week-end, nicourts à temps complet, pour des jeunes
fériée, cf. tableau 1). De la même façon, les
moins bien rémunérés. Cette temporalité
embauches s’effectuent beaucoup plus fré-
reflète divers aspects de la gestion du quemment en début de semaine, avec trois fois
plus d’embauches qu’un jour de la semaine prispersonnel, liés notamment au secteur
er
au hasard. Enfin, les embauches des 1 juillet et
d’activité et à la catégorie socioprofes- er
1 août sont plus nombreuses (+ 16 %) que cel-
sionnelle. les du début d’un mois pris au hasard. Ceci peut
être relié aux « petits boulots » d’été pourvus par
les étudiants et aux emplois de saison nécessi-
L’emploi salarié total a progressé de 900 000 tant une main-d’œuvre importante, dans des
postes de travail de 1992 à 1998. Cette vision secteurs comme l’agriculture ou le tourisme.
comptable est très réductrice car la variation
du stock d’emplois ne rend pas compte des
Des pratiques d’embauchedynamiques en œuvre dans les entreprises.
Les mouvements d’entrée et de sortie corres- différenciées selon l’âge et la
pondants sont beaucoup plus importants et catégorie socioprofessionnelle…
se chiffrent en millions. Ainsi, pour la seule
année 1997, 250 000 créations nettes Il n’y a pas de différence marquante entre les
d’emploi salarié ont été enregistrées alors pratiques d’embauche des hommes et celles
que plus de 4,7 millions d’embauches étaient des femmes. En revanche, les pratiques
comptabilisées sur le champ plus restreint d’embauche varient très nettement en fonction
des secteurs privé et semi-public (cf. Pour de l’âge des salariés. Ainsi, les jeunes (ici moins
comprendre ces résultats). Il existe un grand de 29 ans) sont embauchés en beaucoup plus
nombre d’emplois de courte durée qui grand nombre au troisième trimestre, relative-
n’apparaissent pas pour cette raison dans les ment à l’ensemble de la population. Leur volume
er erchiffres fondés sur des comparaisons de d’embauches aux 1 juillet et 1 août est notam-
stocks d’emploi. ment beaucoup plus important (+ 40 %) que
Ce volume d’embauches n’est pas réparti celui des autres périodes, la différence n’étant
uniformément sur l’année (graphique 1). que de + 16 % pour l’ensemble des salariés.
C’est en juillet que le nombre d’embauches Au contraire, les salariés de plus de 30 ans
est le plus élevé et ce, de très loin devant les sont plus souvent embauchés que les jeunes au
erautres mois. Si on les observe au jour le jour, 1 trimestre.
les embauches obéissent, de fait, à deux La catégorie socioprofessionnelle est égale-
rythmes très marqués : débuts de mois et de ment déterminante dans les pratiques
semaine, et période estivale. d’embauche. L’encadrement obéit à une
INSEE
PREMIERElogique périodique très prononcée, nisés. Dans le tertiaire, la périodicité heb- Là aussi, la périodicité des embauches
avec des embauches plus nombreuses domadaire est également marquée dans semble répondre à des logiques de ges-
en début de mois ou de semaine. Les les transports. En revanche, le com- tion du personnel différentes d’un sec-
cadres et les professions intermédiaires merce et les entreprises de services, sur- teur à l’autre. En effet, les mécanismes
sont beaucoup moins concernés par les tout ceux aux particuliers, ont une logique de production industrielle autorisent le
er er
embauches des 1 juillet et 1 août. Au d’embauche plus au jour le jour. stockage. Dès lors, le temps de travail
contraire, les employés se distinguent
par une propension plus nette que les
Déterminants journaliers du nombre d’embauches selon les caractéristi-autres salariés à être embauchés ces
ques des salariés ou des entreprisesjours-là : + 50% d’embauches à ces
dates (+ 16% pour l’ensemble des sala- Nombre Coefficients multiplicateurs
d’embauchesriés). En outre, par rapport aux autres
Embauches au cours Début de Début 3èmecatégories, ils sont moins souvent 1
Saisonnier Férié2d’un jour semaine de mois trimestreembauchés en début de mois ou de
ordinaire
semaine. Ces temporalités différentes
Ensemble 5 663 2,75 1,16 18,47 1,13 0,46
semblent répondre à une logique de
Age
gestion du personnel. Le remplace-
Moins de 29 ans 3427 2,70 1,40 14,36 1,23 0,46
ment des cadres et des professions Entre 30 et 49 ans 1913 2,83 0,97 24,15 0,99 0,45
Plus de 50 ans 254 2,60 1,05 33,12 0,99 0,50intermédiaires est prévu de longue
date alors que les autres catégories de Catégorie sociale
Cadres, chefs d’entreprise 334 3,55 0,94 36,90 0,98 0,61salariés peuvent être embauchées à
Professions intermédiaires 944 3,03 0,92 24,37 1,11 0,43
d’autres moments (en premier lieu un
Employés 2334 2,37 1,50 14,49 1,14 0,52
lundi) ; leur recrutement nécessite peu Ouvriers 1914 2,89 1,12 18,20 1,16 0,38
de temps et leur insertion dans le sys- Secteur de l’entreprise dont :
tème de production doit être immé- Industrie des biens
de consommation 160 3,46 1,02 32,51 0,98 0,39diate.
Industrie automobile 37 3,42 1,57 12,69 1,02 0,78
Construction 230 3,94 1,21 24,49 1,04 0,41
Commerce 1088 2,80 1,15 18,17 1,06 0,33
… et variables Activités financières 78 3,65 2,78 28,54 1,21 0,61
Services aux particuliers 1150 1,70 1,36 12,58 1,16 0,71selon le secteur d’activité
Taille de l’entreprise dont :
1 à 4 postes 933 2,70 1,10 20,13 1,14 0,50
Suivant le secteur, les entreprises
20 à 49 postes 817 3,05 1,04 16,85 1,12 0,42
embauchent à des moments différents. 500 à 999 postes 240 3,97 1,21 20,30 1,19 0,42
2000 à 4999 postes 160 2,72 1,56 17,62 1,21 0,50Ainsi, dans la plupart des secteurs
industriels comme dans la construction er er1. Embauches du 1 juillet ou du 1 août.
et les activités financières et immobiliè- 2. A l’exclusion des embauches saisonnières précédentes.
Lecture : Au cours d’une journée prise au hasard dans l’année, ne correspondant pas à un début de mois ou de semaine, ni àres, les embauches s’effectuent surtout
un week-end, ni à un jour férié, il y a 5663 embauches. En début de semaine, il y a 2,75 fois plus d’embauches qu’un autre jour
en début de mois et en début de erde la semaine pris comme référence. Le 1 jour du mois, il y a 18,5 fois plus d’embauches qu’un autre jour du mois (hors début
semaine. Ces secteurs sont pour la plu- de semaine).
Note : le nombre d’embauches reporté correspond à une estimation économétrique. Pour cette raison, le nombre total d’em-part demandeurs de main-d’œuvre
bauches au cours d’une journée prise au hasard peut légèrement différer de la somme des embauches correspondant à diver-
qualifiée, pour laquelle les remplace- ses catégories.
ments sont davantage planifiés et orga- Source : panel DADS 1992-1998, Insee
Nombre d’embauches par jour en 1997 Solde journalier du nombre d’embauches et de sorties
EffectifsEffectifs
300 000300 000
200 000
250 000
100 000
200 000
0
150 000
- 100 000
100 000
- 200 000
50 000
- 300 000
- 400 000
0
er
Note : Du fait des ruptures brutales d’une année à l’autre, les dates du 1 janvier et du 31 décembre n’ont pas été retenues.
Source : panel DADS 1992-1998, Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (1) 41 17 50 50
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
INSEE
PREMIEREest moins variable dans une entreprise et bénéficient d’un salaire horaire plus bénéficient toujours d‘un gain salarial,
industrielle que dans le tertiaire, où les élevé (+ 13,9 %). De la même façon, certes plus modéré, de + 5%.
services rendus dépendent la plupart du les salariés embauchés le lundi ont
temps des horaires des clients (ouver- plus de chances d’être recrutés à
En été, des contrats courtsture des magasins, horaires de temps complet et de rester plus long-
ménage… ). Le service ne pouvant être dans leur emploi que ceux embau- moins bien rémunérés
stocké, une entreprise du tertiaire utilise chés un jour de la semaine pris au
la temporalité de l’emploi comme une hasard. A titre d’exemple, ceux embau- Aux salariés embauchés pendant la
composante même du service rendu. chés un autre jour ouvré de la semaine période estivale correspondent des condi-
Dans l’industrie, cette temporalité ne que le lundi ont une probabilité plus forte tions de recrutement très particulières. Ils
constitue qu’un élément parmi d’autres d’être à temps partiel. De même, la durée restent beaucoup moins longtemps que
pour améliorer la productivité. d’emploi est plus courte (de l’ordre de 8 à les autres dans l’entreprise (avec une
er er
Les embauches des 1 juillet et 1 août 16 % moindre) lorsqu’on est embauché durée d’emploi pratiquement divisée par
sont davantage pratiquées dans le sec- un autre jour que le lundi. deux par rapport à ceux de mars), travail-
teur de l’énergie mais également dans La probabilité d’être à temps partiel et lent plus souvent à temps complet et leur
les activités financières, les activités la durée de l’emploi demeurent liées à salaire horaire est inférieur de7%à celui
immobilières, l’industrie automobile, les la date d’embauche, lorsque l’on con- des recrutés de mars. Ce sont, de fait, des
services aux particuliers et de façon trôle les caractéristiques du salarié emplois d’été pour lesquels les salariés
moindre, la construction. Ces pics (sexe, âge, catégorie socioprofes- recrutés, notamment en remplacement
d’embauche ne s’étendent pas aux sionnelle, temps complet/temps par- des salariés en congé, sont moins bien
autres jours du troisième trimestre. tiel en ce qui concerne la durée rémunérés.
Seuls les activités financières (+ 21 %) d’emploi) et de l’entreprise (secteur
et les services aux particuliers (+ 16%) d’activité, région, taille de l’entreprise)
Les embauches et les sortiesenregistrent un taux d’embauche supé- (tableau 3), même si l’effet de la date
rieur à la moyenne à cette période. d’embauche est atténué. En particu- s’équilibrent autour
La taille de l’entreprise n’est pas un cri- lier, après prise en compte de ces d’un rythme mensuel
tère majeur pour ce qui concerne leur caractéristiques, les salariés embau-
er
comportement d’embauche. On peut chés le 1 du mois ne sont pas moins Au total, les embauches et les sorties
néanmoins constater que les plus gros- souvent à temps partiel, mais ils s’équilibrent quotidiennement, le rem-
ses entreprises ont des logiques
d’embauche un peu moins mensuelles Mesure deseffets«bruts»àchaque date d’embauche, non corrigés
que les autres et font plus souvent appel des caractéristiques du salarié ou de l’entreprise
à une main-d’œuvre estivale.
er
Les embauchés du 1 du mois sont donc Probabilité d’être
Salaire horaire Durée d’emploiDate d’embauche à temps partielplus âgés que la moyenne, et plus sou-
Début de mois 13,4% - 7,3% 97,0%vent cadres dans les secteurs de
Autre dans le mois Réf. Réf. Réf.l’industrie et de la construction. Les
1
Période estivale - 6,5% - 11,1% - 45,3%embauches du lundi concernent moins
Mars Réf. Réf. Réf.
souvent les employés et ont lieu plutôt
Lundi Réf. Réf. Réf.dans l’industrie. Enfin, les embauches
Autres jours ouvrés de la semaine - 1,7% 48,8% - 11,0%er er
des 1 juillet et 1 août concernent sur- Week-End 0,8% 74,6% - 13,2%
tout des jeunes à temps complet dans
1. La période estivale renvoie ici aux embauches effectuées en juillet ou en août
les grandes entreprises, plutôt des pos-
Lecture : Non corrigée des caractéristiques du salarié ou de l’entreprise, la durée d’emploi d’un salarié recruté en début de
tes d’employés. mois est supérieure de + 97 % à celle d’un salarié recruté à un autre moment du mois ; la probabilité d’être à temps partiel est in-
férieure de 11,1 % pour un salarié recruté en juillet ou en août par rapport à un salarié recruté en mars.
Source : panel DADS 1992-1998, Insee
Des conditions de recrutement plus Mesure des effets propres à chaque date d’embauche (à structure contrôlée)
favorables pour les embauchés
er
du 1 du mois et du lundi Probabilité d’être
Salaire horaire Durée d’emploiDate d’embauche à temps partiel
er
Les salariés embauchés le 1 du mois Début de mois 5,0% 1,4% 78,6%
Autre dans le mois Réf. Réf. Réf.ou le lundi bénéficient de conditions
de recrutement plus favorables que Période estivale -2,1% -18,9% -42,5%
Mars Réf. Réf. Réf.les autres (tableau 2). La durée
Lundi Réf. Réf. Réf.d’emploi des personnes embauchées
Autres jours ouvrés de la semaine -0,4% 33,2% -4,7%en début de mois s’avère deux fois
Week-End 0,5% 50,8% -5,4%
plus longue que celle des personnes
Lecture : A caractéristiques identiques du salarié et de l’entreprise, la durée d’emploi d’un salarié recruté en début de mois estembauchées un autre jour. De plus,
supérieure de + 78,6 % à celle d’un salarié recruté à un autre moment du mois ; la probabilité d’être à temps partiel est infé-er
les salariés recrutés le 1 du mois tra- er errieure de 18,9 % pour un salarié recruté le 1 juillet ou le 1 août par rapport à un salarié recruté en mars.
vaillent moins souvent à temps partiel Source : panel DADS 1992-1998, Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (1) 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREle début de la suivante, une dernièredent, en relation avec les emplois sai-Les embauches du week-end :
correction a été apportée, consistant à sup-sonniers et le remplacement des sala-des contrats courts à temps
primer les postes de travail dont la durée
partiel, mais légèrement mieux riés en congés, eux-mêmes non
d’emploi est inférieure ou égale à 5 jours. Il
rémunérés partants. A l’inverse, les sorties en fin de peut s’agir de postes de travail correspon-
Les volumes d’embauches observées mois d’août sont plus importantes que dant à des éléments de rémunération an-
les samedi ou dimanche sont les plus nexes (primes,...), de postes de travailles embauches de début septembre.
faibles de la semaine (-27 % et - 64 % correspondant à des périodes d’essai...,
respectivement). Les salariés concer- ne pas au concept d’em-
Pour comprendre ces résultatsnés présentent néanmoins de grandes ploi que nous voulons étudier ici. En outre,
erspécificités. Il s’agit de personnes beau- les flux correspondants aux 1 janvier et
coup plus souvent à temps partiel (pro- 31 décembre ne sont pas considérés ici.
babilité supérieure de 41% par rapport Le champ de l’étude se limite aux salariés Le logarithme du nombre d’embauches es-
au lundi) et leur durée d’emploi est des entreprises privées et semi-publiques, timé au cours d’une journée a été régressé
moins longue (de 6% inférieure). Ils per- âgés de 18 à 65 ans, à temps complet ou à sur ses caractéristiques : début de mois,
çoivent des salaires horaires 1% supé- temps partiel, présents au moins un mois jour de la semaine, saisonnier, trimestre et
rieurs à ceux des salariés embauchés dans l’année. Les apprentis et stagiaires, jour férié. En effet, la simple comparaison
les autres jours. Bien qu’un peu mieux les salariés agricoles, les personnels do- de moyenne du nombre d’embauches en
rémunérés, ces embauches du samedi mestiques, les activités de travail tempo- fonction des caractéristiques de la journée
et du dimanche correspondent à des raire et les activités extra-territoriales sont ne donne pas de résultats interprétables,
emplois à durée plus courte que celles exclus du champ. Les données utilisées ceux-ci étant grandement dépendants des
démarrant le lundi. sont issues du panel anonymisé des Décla- aléas du calendrier : au cours d’une année
Les embauches du week-end concer- rations Annuelles de Données Sociales un lundi peut par exemple tomber plusieurs
nent de la même façon les salariés, quel pour les années 1992 à 1998. Un salarié est fois en début de mois.
que soit leur âge ou leur sexe. En re- enregistré par chaque établissement où il a En ce qui concerne la caractérisation de
vanche, la catégorie socioprofession- travaillé, avec la durée d’emploi dans l’emploi en fonction du jour d’embauche,
nelle est discriminante : les ouvriers chaque établissement (jour d’entrée et de deux types d’analyse pour le salaire ho-
sont moins souvent embauchés le sortie), le montant annuel de salaire reçu et raire, le fait d’être à temps partiel et la
week-end (-43% pour le samedi et - 71 % le volume annuel des heures salariées, durée de l’emploi, ont été effectuées. La
pour le dimanche), au contraire des em- c’est-à-dire rémunérées y compris congés première consiste à expliquer la variable
ployés (- 12 % seulement le samedi). d’absence. Selon la définition légale qui est par les seules caractéristiques de la
appliquée dans les DADS, un salarié qui tra- journée d’embauche, la seconde rajoute
vaille au moins 80 % de l’horaire légal ou des caractéristiques liées à l’individu ou à
conventionnel est considéré à temps com- la firme. Pour le fait d’être à temps partiel,
placement des salariés se faisant plet. Les salaires annuels incluent toutes les un modèle logit a été utilisé. Il a été égale-
sommes versées au titre de la rémunérationquasi-immédiatement, au jour près (gra- ment tenu compte de la censure dans le
annuelle (primes d’ancienneté, heures sup- modèle expliquant la durée de l’emploi.phique 2 ). Ce remplacement s’effectue
plémentaires, congés payés, majoration
plutôt selon un rythme mensuel, un peu
pour travail de nuit, intéressement,…) ainsi
moins selon un rythme hebdoma- que les avantages en nature, et sont nets
Pour en savoir plusdaire : en fin de mois, les nombreux de cotisations sociales.
Le panel constitué à partir des DADS per-départs sont presque instantanément
met d’identifier les jours d’entrée et decompensés par le volume important “Flux d’emplois et flux de main-d’œuvre
sortie à partir des dates de début et de fin de en France : une étude de la périoded’embauches du début de mois sui-
rémunération déclarées par l’entreprise. 1987-1992”, Sylvie Lagarde, Eric Mau-vant. Il pourrait, de fait, s’avérer plus Néanmoins, des corrections ont dû être ap- rin, Constance Torelli, Revue Écono-
facile pour les entreprises de planifier portées. Celles-ci consistent essentielle- mique, Paris, Mai 1996, nr3, pp
ment à ne pas considérer comme entrantsleurs recrutements au mois le mois 6333-642.
des salariés déjà rémunérés par la mêmequ’à la semaine, les départs en fin de “The Entry and Exit of Workers and the
entreprise l’année précédente et à ne pas Growth of Employment : an Analysis ofmois pouvant être plus aisément antici-
considérer comme sortants des salariés French Establishments”, John M.pés et gérés. toujours rémunérés par la même entreprise Abowd, Patrick Corbel, and Francis Kra-
Cette compensation quasi-immédiate l’année suivante. La limite de la seconde marz, The Review of Economics and
correction réside ici en la disponibilités’observe un peu différemment selon les Statistics, May 1999, 81(2) pp170-187.
éventuelle d’une année supplémentaire.mois concernés. Ainsi, c’est en juillet « La saisonnalité des mouvements de
Ainsi, les corrections sur les sorties d’em- main-d’oeuvre entre 1996 et 1998 », Lu-que l’écart entre les embauches et les
ploi ne peuvent pas être effectuées pour cile Richet-Mastain, Olivier Vazeille,sorties est le plus grand. Le volume l’année 1998, dernière année du panel. DARES, Premières Informations, Juillet
d’embauches est alors bien supérieur à A ce stade, afin de remédier aux ruptures 2000, n°29.2.
brutales entre la fin d’une année donnée etcelui des sorties de la fin du mois précé-
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