Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les dynamiques économiques et sociales à l'oeuvre dans les territoires

De
6 pages
Entre 1993 et 2001, la croissance de l'emploi dans des secteurs comme les services aux entreprises, le commerce, l'industrie, la santé et l'action sociale, le transport et les services aux particuliers a bénéficié aux zones d'emploi favorisées par leur structure d'activité. D'autres territoires ont compensé par leur dynamisme propre les handicaps du positionnement de leur système productif. En matière sociale, les disparités territoriales ont eu tendance à se réduire.
Voir plus Voir moins

N. 11 FEVRIER 2004
Les dynamiques économiques
et sociales à l’œuvre
dans les territoires
La volonté de l’ensemble des acteurs
publics de réduire les disparités
économiques et sociales et d’assurerEntre 1993 et 2001, la croissance de l’emploi
une meilleure cohésion entre les
territoires se lit notamment dans lesdans des secteurs comme les services aux contrats de plan État - Région et à
travers la contribution des fonds
structurels européens au financemententreprises, le commerce, l’industrie, la santé
de projets locaux favorables au
développement. L’évaluation de ceset l’action sociale, le transport et les services
politiques publiques contractuelles est
délicate, car l’impact des financements
européens se mêle à ce qui se seraitaux particuliers a bénéficié aux zones
quand même passé en leur absence.
Ainsi, il n’est pas aisé de démêler lesd’emploi favorisées par leur structure
effets liés aux politiques publiques de
ceux intrinsèques aux évolutions
économiques et sociales en cours.d’activité. D’autres territoires ont compensé
Toutefois, à mi-parcours des contrats
de plan et des programmes européenspar leur dynamisme propre les handicaps du
de politique régionale, des éclairages
sont fournis par l’analyse de l’évolution
positionnement de leur système productif. En d’indicateurs économiques et sociaux
entre deux périodes successives : du
31 décembre 1993 au 31 décembrematière sociale, les disparités territoriales
1997 et du 31 décembre 1997 au
31 décembre 2001.
ont eu tendance à se réduire.
LA CROISSANCE DE L’EMPLOI
SALARIÉ EST MANIFESTE ENTRE
1993 ET 2001
Ce document s’inscrit dans le cadre des travaux réalisés pour la révision à mi-parcours
des programmes européens de politique régionale objectif 1 et objectif 2 qui couvrent la
Entre fin 1993 et fin 2001, le marché dupériode 2000-2006. Il s’agit d’une actualisation du travail conjoint réalisé et publié en
1999 par la DR de l’Insee et le SGAR. Ce diagnostic socio-économique des zones travail régional a gagné plus de
d’emploi de la région a servi d’appui pour la rédaction des diagnostics 145 000 emplois salariés dans le
socio-économiques des documents uniques de programmation objectif 1 et objectif 2.
secteur marchand non agricole, soit
une augmentation de plus de 17%.
Cette évolution partout positive est
d’ampleur variable d’une zone d’emploi
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130 AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CEDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00à l’autre, qu’elle soit appréhendée en L’ÉVOLUTION DE L’EMPLOI EST l’éducation (24%), 16 500 dans les
variation relative, ou en volume de LIÉE À DES DYNAMIQUES services aux particuliers (+42%),
façon à tenir compte du poids des COMPLEXES 12 700 dans les activités de transport
territoires en termes d’emploi. Ainsi par (+35%).
exemple, l’augmentation de 26% en Les différences d’évolution de
Montreuillois correspond à un gain de l’emploi d’une zone d’emploi à l’autre
4 300 emplois, tandis que 4 400 emplois s’expliquent en partie par la nature des
supplémentaires en Sambre-Avesnois activités économiques présentes sur le Ainsi, le dynamisme des zones
correspondent à une croissance de territoire. Entre fin 1993 et fin 2001, les d’emploi est d’abord lié à la nature de
l’emploi de 12% (cf. tableau 1). pertes d’emploi dans le secteur l’appareil productif local : parce que
marchand de la région, comme partout l’industrie perd des emplois de façon
ailleurs, proviennent massivement de structurelle, l’évolution de l’emploi
l’industrie des biens de consommation pourrait être moins favorable qu’ailleurs
Le nombre d’emplois a augmenté plus (une baisse de 29% correspondant à sur des territoires à forte composante
rapidement entre 1997 et 2001 qu’entre 12 100 emplois salariés) et de l’industrie industrielle. Il convient donc de démêler
1993 et 1997. C’est vrai pour presque des biens intermédiaires (-9% la partie dite « structurelle » de
toutes les zones d’emploi, dans des équivalant à 12 000 emplois). En l’évolution de l’emploi, c’est-à-dire celle
proportions toutefois variables d’un revanche, d’autres secteurs comme liée à la structure d’activité présente sur
territoire à l’autre (cf. tableau 1). Seule l’industrie automobile et le tertiaire le territoire, de la partie liée à la
la Sambre-Avesnois connaît une créent des emplois sur la même capacité propre du territoire à
augmentation limitée de l’emploi, voire période : environ 5 600 emplois dans renouveler l’emploi ou à le maintenir,
un tassement en 2000 et 2001. l’automobile (soit une progression de voire à en perdre moins qu’ailleurs.
+24%), plus de 70 000 dans les L’analyse présentée ici, repose donc
services aux entreprises (+82%), plus sur l’étude de ces deux composantes
de 26 000 dans le commerce (+16% sur de l’évolution de l’emploi, pour chacune
la période), 19 000 dans les secteurs de des zones d’emploi (cf. graphique 1).
la santé, de l’action sociale et de
Tableau 1 : Évolution de l'emploi salarié du secteur marchand entre le 31/12/1993 et le 31/12/2001
Nombre Nombre Nombre
Évolution du nombre Évolution du nombred’emplois d’emplois d’emplois
Zones d’emploi d’emplois salariés sur la d’emplois salariés sur lasalariés* au salariés* au salariés* au
période 1994-1997 (en %) période 1998-2001 (en %)31/12/1993 31/12/1997 31/12/2001
Roubaix-Tourcoing 107 600 108 700 +1,1 119 100 +9,6
Lille 208 800 219 800 +5,3 248 500 +13,1
Dunkerque 58 100 59 800 +2,9 64 600 + 8,0
Flandre-Lys 20 000 21 600 +7,8 24 200 +12,3
Douaisis 41 200 44 400 +7,6 47 800 +7,8
Valenciennois 61 300 67 900 +10,7 79 700 +17,3
Cambrésis 31 900 32 800 + 2,7 35 300 + 7,8
Sambre-Avesnois 36 700 39 000 + 6,4 41 100 + 5,4
Artois-Ternois 44 300 48 000 + 8,4 53 600 +11,7
Lens-Hénin 59 200 62 900 + 6,2 70 900 +12,7
Béthune-Bruay 50 500 52 700 + 4,3 59 500 +12,9
Saint-Omer 27 400 29 000 + 5,9 31 300 + 7,7
Calaisis 27 600 31 800 + 15,2 36 300 +14,1
Boulonnais 31 200 31 700 +1,7 34 900 +10,0
Berck-Montreuil 16 600 18 300 +10,3 20 900 +14,2
Région Nord-Pas-de-Calais 822 400 868 400 +5,6 967 800 +11,4
* chiffres arrondis à la centaine
Le champ Unedic
Les données concernant l’emploi proviennent de la source Unedic, c’est-à-dire du régime d’assurance chômage obligatoire pour tout établissement du
secteur privé employant au moins un salarié en vertu d’un contrat de travail écrit ou verbal, quelle que soit sa branche d’activité.
Ne figurent donc pas dans les statistiques :
- Ies salariés de l’État et des collectivités locales ;
- Ies des établissements publics à caractère administratif (ex : Banque de France) ;
- Ie personnel des ambassades, consulats étrangers et organismes internationaux ;
- Ies salariés des secteurs agricoles et para-agricoles ;
- Ies au service des particuliers (employés de maison) cotisant auprès de l’URSAFF et de l’IRCEM ;
- les salariés des entreprises publiques à caractère industriel et commercial dépendant de l’État ;
- les des régies départementales ou communales ;
- les salariés des sociétés d’économie mixte dans lesquelles les collectivités locales ont une participation majoritaire ;
- les fonctionnaires de l’État en détachement dans le secteur privé ;
- les intermittents du spectacle.
Source : Emploi salarié du champ UnedicFlandre-Lys et Béthune-Bruay compensent sociale, du commerce de gros et l’emploi dans le commerce de détail et
une structure d’activité plutôt intermédiaires et des services aux les réparations, les industries agricoles
défavorable à l’emploi par un entreprises. et alimentaires et la construction.
dynamisme propre relativement élevé.
Lens-Hénin et le Boulonnais ont une
La dynamique d’emploi en Flandre-Lys structure d’activité relativement moins
est liée à une baisse d’emploi moins Dans la zone d’emploi de Béthune-Bruay, créatrice d’emplois en seconde
importante qu’ailleurs dans des des activités résistent mieux aux pertes période, mais qui est en partie
industries qui perdent structurellement d’emploi qu’ailleurs, notamment compensée par un dynamisme propre
des salariés (industrie textile l’industrie des composants électriques et en croissance sur la période
notamment, habillement et cuir, etc.). électroniques, la métallurgie et la
Elle se caractérise également par une transformation des métaux, la chimie, Lens-Hénin a tiré parti de secteurs
croissance de l’emploi supérieure à la le caoutchouc et le plastique. Le porteurs tels que les services aux
moyenne régionale dans les secteurs dynamisme propre du territoire repose entreprises, le transport, les
de la construction, de la santé et action aussi sur une évolution favorable de restaurants, autant de secteurs où
Graphique 1 : Évolution de l'emploi liée à la nature du système productif d'une part,
et à la capacité intrinsèque à générer de l'emploi d'autre part
12
Capacité créativeI du territoire III
Structure pénalisante hors structure en %
Structure favorable
mais capacité intrinsèque à générer de 10
et capacité intrinsèque à générer deCalaisisl'emploi
l'emploi
8
Flandre-Lys Fin 1993 à
fin 1997Flandre-Lys
6
Fin 1997 à
Valenciennois
fin 2001
Saint-Omer
Valenciennois
4
Béthune-Bruay Berck-Montreuil
Berck-MontreuilSambre-Avesnois
Dynamismeliéàla2
Artois-TernoisCambrésis structure de l'appareil
Saint-Omer Lens-Hénin Calaisis productif local en %
Béthune-Bruay Douaisis
Roubaix-Tourcoing
0
Lens-HéninCambrésis
-6 -4 -2 0 2 4
Boulonnais
Lille
Artois-Ternois
-2Roubaix-Tourcoing
Lille
DunkerqueII Dunkerque
Sambre-Avesnois IVStructure pénalisante
-4
Structure favorableet moindre capacité intrinsèque à
Boulonnais
et moindre capacité intrinsèque àgénérer de l'emploi
Douaisis générer de l'emploi
-6
Source : Emploi salarié de champ Unedic
Méthodologie et guide de lecture
L’écart entre le taux d’évolution de l’emploi de la zone d’emploi et le taux d’évolution régional se décompose en deux effets. Un effet (décrit en abscisse) est lié à la structure
d’activité de la zone : il se mesure par la différence entre le taux d’évolution moyen de l’emploi total régional et le taux d’évolution d’emploi attendu. Ce dernier correspond au taux
que l’on aurait observé si les effectifs des secteurs de la zone d’emploi avaient évolué exactement comme au niveau régional. Un autre effet (décrit en ordonnée) est lié à la capacité
propre du territoire à renouveler l’emploi ; il met en évidence les évolutions particulières de l’emploi de certains secteurs de cette zone d’emploi, et se traduit par l’écart entre
l’évolution de l’emploi observée réellement sur la zone d’emploi et le taux d’évolution d’emploi attendu.
Le graphique décrit simultanément ces deux effets, conduisant à une répartition des zones d’emploi en quatre cadrans pour chacune des deux périodes considérées. Par exemple,
dans le cadran I, les zones d’emploi de la Flandre-Lys et de Saint-Omer compensent une structure d’activité plutôt défavorable à l’emploi par une capacité intrinsèque à générer de
l’emploi. Si cette situation se maintient sur les deux périodes pour la Flandre-Lys, cela est moins vrai pour la zone d’emploi de Saint-Omer sur la deuxième période, pour laquelle le
dynamisme propre s’est nettement atténué. Dans le cadran IV, la zone d’emploi de Lille génère de l’emploi avec une structure d’activité très favorable mais se caractérise par une
moindre capacité intrinsèque à générer de l’emploi qui toutefois s’améliore en seconde période. L’évolution de l’emploi dans le Douaisis et l’Artois-Ternois bénéficie d’une structure
productive également favorable. Mais ces trois zones d’emploi perdent de leur dynamisme propre en seconde période et passent ainsi du cadran III au IV.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130 AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CEDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00l’emploi s’est développé sur ce sont plus développés qu’ailleurs dans En Sambre-Avesnois, l’évolution de
territoire plus que la moyenne la région. l’emploi est plus favorable qu’en
régionale. Dans le Boulonnais, c’est moyenne régionale dans les industries
plutôt dans le secteur industriel des Roubaix-Tourcoing, dont l’évolution de des équipements électriques et
équipements électriques et électroniques, l’emploi est structurellement pénalisée électroniques et dans l’habillement
dans l’industrie agricole et alimentaire par la forte présence de l’industrie mais les évolutions dans l’industrie des
ainsi que dans la construction que textile, compense en partie ces pertes équipements mécaniques, la
l’emploi s’est développé plus qu’ailleurs par un dynamisme propre qui devient métallurgie et la transformation des
dans la région. positif en seconde période. métaux sont plus défavorables
qu’ailleurs. Il en résulte globalement
Valenciennes a bénéficié de Roubaix-Tourcoing semble avoir des pertes d’emploi liées à la structure
l’implantation de Toyota en seconde trouvé un nouveau dynamisme d’activité, que le dynamisme propre
période. économique en seconde période : l’évolution observé dans le commerce de détail et
de l’emploi est plus favorable qu’ailleurs les réparations ne permet plus de
La structure d’activité de la zone dans le commerce de gros, et les compenser.
d’emploi de Valenciennes est plutôt activités immobilières. Cependant
favorable à une évolution positive de l’évolution reste défavorable dans
l’emploi, qui provient sur la seconde l’habillement, la métallurgie et la
période en grande partie de transformation des métaux. Sur la zone d’emploi de Saint-Omer,
l’implantation de Toyota. Le territoire a 34% de l’ensemble des emplois
également tiré parti du développement Les zones d’emploi de la salariés sont dans l’industrie des
des activités de transport, du Sambre-Avesnois, de Saint-Omer et du produits minéraux (contre 3% au
commerce de gros, des biens Cambrésis perdent en seconde niveau régional) et 8% des emplois
intermédiaires, et dans une moindre période le dynamisme propre qui salariés sont dans l’industrie du bois et
mesure du développement de la santé compensait presque en totalité leurs du papier contre 2 % dans la région. Le
et de l’action sociale : ces secteurs se difficultés structurelles entre 1994 et dynamisme propre de Saint-Omer se
1998. traduit par une perte d’effectifs moins
Tableau 2 : Indicateurs de chomâge, taux d'échec au bac et part des ménages non imposables sur les périodes 1994-1998 et 1998-2002
Part des chômeurs nonTaux de chômage Part des chômeurs de Part des jeunes sans Taux d’échec au bac Part des ménages non
moyen longue durée (en %) qualifiés (en %) qualification (en %) (en %) imposables (en %)Zones d’emploi
1994-1998 1998-2002 1994-1998 1998-2002 1994-1998 1998-2002 1994-1998 1998-2002 1994-1998 1998-2002 1994-1998 1998-2002
Roubaix-Tourcoing 16,6 14,1 37,6 40,9 50,7 49,5 55,6 62,1 29,3 24,2 54,3 53,2
Lille 13,1 11,3 37,0 36,4 38,6 38,1 46,4 54,6 23,0 19,2 48,3 46,7
Dunkerque 16,1 13,2 35,6 35,9 40,1 39,3 45,9 50,2 22,1 17,0 56,4 54,6
Flandre-Lys 10,0 8,4 26,7 26,3 48,4 45,3 47,2 50,2 17,1 18,4 55,7 53,0
Douaisis 17,7 15,2 37,8 43,5 50,3 49,7 53,0 60,2 30,5 26,0 60,4 58,6
Valenciennois 21,0 17,2 41,0 42,8 40,3 38,9 43,8 51,3 27,2 23,6 62,5 61,1
Cambrésis 16,2 13,3 35,9 35,8 46,4 45,1 46,7 55,0 28,5 23,7 58,2 56,3
Sambre-Avesnois 20,2 17,0 37,7 40,7 47,2 46,2 46,7 55,3 24,6 25,4 62,2 59,5
Artois-Ternois 11,4 9,5 28,7 32,2 38,4 38,3 41,0 50,3 22,2 17,9 55,5 52,6
Lens-Hénin 19,7 16,7 38,3 41,5 49,0 47,9 50,0 58,2 34,1 29,5 64,7 63,9
Béthune-Bruay 15,2 12,9 36,6 40,2 41,8 42,0 44,6 52,8 32,3 26,2 61,4 59,1
Saint-Omer 13,8 11,6 37,5 36,8 48,7 45,7 44,1 47,8 19,2 15,6 58,2 56,0
Calaisis 18,9 15,1 41,8 41,1 42,5 43,1 45,1 55,2 31,8 23,0 58,6 56,4
Boulonnais 18,1 14,7 39,6 40,4 46,0 46,9 51,1 59,0 28,8 23,7 59,9 57,8
Berck-Montreuil 12,9 10,5 25,6 29,4 36,6 38,4 37,5 46,6 26,5 31,1 58,7 55,3
Nord-Pas-de-Calais 16,0 13,5 35,8 37,6 44,3 43,6 46,6 53,9 26,5 23,0 58,3 56,3
Écart-type 3,3 2,7 4,9 5,1 4,8 4,2 4,6 4,6 5,2 4,5 4,0 4,1
Taux de chômage au sens du BIT (source Insee).
Part des ménages non imposables (source DGI, seules les années 1998 et 1999 sont disponibles pour la seconde période).
Part des chômeurs non qualifiés parmi les chômeurs (source ANPE - DEFM cat 1+6).
Part des jeunes sans qualification parmi les jeunes s'inscrivant au chômage (source ANPE - DEFM cat 1+6).
Taux déchec au baccalauréat général (source Rectorat).
Avertissement :
L'écart-type mesure la dispersion d'un indicateur. Plus il est faible, plus les indicateurs calculés sont proches pour les différentes zones d'emploi. À l'inverse, plus il est élevé, plus la
situation des zones d'emploi est hétérogène.importante qu’ailleurs dans ces période, génère de l’emploi avec une le cadre de ces limites, plusieurs
secteurs et par une évolution de structure d’activité très favorable. Le indicateurs sont proposés pour
l’emploi plus favorable qu’ailleurs dans dynamisme propre de la zone de Lille appréhender la situation sociale d’un
le transport, et dans l’industrie agricole s’améliore en seconde période et territoire : le taux de chômage, la part
et alimentaire. Toutefois, ce s’identifie notamment par une des chômeurs de longue durée, la part
dynamisme propre s’est nettement croissance plus marquée qu’ailleurs de des non qualifiés, la part des
atténué entre les deux périodes, ne l’emploi dans les services aux jeunes sans qualification parmi les
permettant plus au territoire de entreprises ainsi que dans le diplômés, le taux d’échec au
compenser complètement son commerce de détail. baccalauréat et la part des ménages
handicap structurel en seconde non imposables.
période. L’évolution de l’emploi dans le
Douaisis, l’Artois-Ternois et le Calaisis
bénéficie d’une structure productive
également favorable. Toutefois, ces Dans l’ensemble, les situations
Avec une forte présence des industries trois zones d’emploi perdent de leur sociales étudiées au travers de ces six
de biens intermédiaires et de biens de dynamisme propre en seconde indicateurs sont moins éloignées d’une
consommation, la structure productive période. Pour la zone d’emploi du zone d’emploi à l’autre sur la période
du Cambrésis est peu favorable à une Douaisis, il ne s’agit là que d’un effet 1998-2001 que sur la
croissance soutenue de l’emploi. conjoncturel qui s’explique par le fait précédente 1994-1997. Ces évolutions
Même si l’effet structurel négatif est que les nouveaux emplois créés dans d’ensemble résultent cependant de
moins net en seconde période, cette la région par l’industrie de la situations très différentes selon les
évolution s’accompagne d’une construction automobile n’ont pas été territoires et le critère étudié
capacité propre à renouveler l’emploi implantés sur ce bassin mais sur celui (cf. tableau 2).
qui diminue entre les deux périodes. de Valenciennes. De même, dans le
Ainsi, l’évolution de l’emploi dans les Calaisis, l’ouverture du tunnel sous la
services opérationnels, l’industrie des Manche avait engendré en première
produits minéraux, le transport et les période une forte croissance de En moyenne, le taux de chômage, la
activités immobilières a été moins l’emploi dans le commerce de détail et part des chômeurs non qualifiés et le
favorable qu’en moyenne régionale, et les services opérationnels, qui a taux d’échec au baccalauréat sont plus
n’a pas été complètement compensée diminué après 1997. faibles sur la deuxième période, d’une
par un plus fort dynamisme dans le zone d’emploi à l’autre, et les niveaux
commerce de gros, les hôtels- sont moins dispersés.
restaurants, et les industries des
équipements du foyer. Avec 22,4% de l’emploi salarié dans le
secteur de l’éducation, de la santé et de
l’action sociale, dont l’emploi a crû de Le taux de chômage a diminué dans
45% dans la région entre 1993 et 2002, toutes les zones d’emploi de la région,
Même si l’évolution de l’emploi sur la la zone d’emploi de Berck-Montreuil à un rythme toutefois différent selon les
zone d’emploi de Dunkerque est tire essentiellement son dynamisme de territoires. Entre les deux périodes, il a
nettement plus favorable en seconde sa forte spécialisation, même si cet baissé à un rythme supérieur à la
période, le dynamisme global reste avantage diminue sur la seconde moyenne régionale dans les zones
moins important qu’en moyenne. période. Entre 1997 et 2001, l’évolution d’emploi du Calaisis de
Dunkerque bénéficie peu de la de l’emploi dans les services Berck-Montreuil, du Boulonnais, du
présence de secteurs créateurs opérationnels, le commerce de détail et Valenciennois, de Dunkerque, du
d’emplois que sont le transport, les réparations, ainsi que la construction Cambrésis, de l’Artois-Ternois, de la
services opérationnels, et le conseil et est plus importante qu’ailleurs dans la Flandre-Lys, de la Sambre-Avesnois et
assistance. région. de Saint-Omer.
Les zones d’emploi de Lille, du LES DISPARITÉS SOCIALES
Douaisis, de l’Artois-Ternois, du ENTRE ZONES D’EMPLOI ONT
Calaisis et de Berck-Montreuil ont une La part des chômeurs non qualifiés aPLUTÔT TENDANCE À SE
structure productive relativement diminué, ou est restée relativementRÉDUIRE
favorable à l’emploi. stable pour la plus grande partie des
territoires. Seule Berck-Montreuil seLa situation sociale d’un territoire peut
La zone d’emploi de Lille, avec une distingue de cette tendance, avec uneêtre approchée par la mise en évidence
nette sur-représentation du secteur des proportion des chômeurs de longued’une combinaison de situations des
services aux entreprises, qui a créé durée qui passe d’un peu plus de 36%habitants sur le plan des revenus et de
plus de 82% d’emplois supplémentaires en moyenne entre 1993 et 1997 à 38%l’insertion sur le marché du travail.
dans la région entre 1994 et 2001, et entre 1997 et 2001. Il n’en reste pasDonner une mesure de cette situation
une sous-représentation de l’industrie moins que les différences de niveau desociale est un exercice d’autant plus
des biens intermédiaires qui a perdu la proportion de chômeurs non qualifiésdélicat qu’il est conditionné par les
9% de ses effectifs salariés sur la entre les zones d’emploi se sontsources statistiques disponibles. Dans
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130 AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CEDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00réduites. Il en va de même pour le taux précédents. En effet, la part des s’accompagne d’une faible proportion
d’échec au baccalauréat, dont le chômeurs de longue durée s’est élevée de chômeurs longue durée et de
niveau moyen des zones d’emploi en moyenne entre les deux périodes de chômeurs non qualifiés et Saint-Omer
passe de 26,5% sur la première presque deux points de pourcentage, dont la situation favorable est en
période à 23% sur la seconde. La tout en accentuant les disparités entre grande partie liée à une structure
Sambre-Avesnois, la Flandre-Lys et zones d’emploi. Ainsi, cette proportion productive très spécifique qui connaît
Berck-Montreuil sont les trois seules est passée de 38% à 43% dans le cependant un essoufflement de son
zones d’emploi pour lesquelles cet Douaisis entre les deux périodes, de dynamisme propre.
indicateur s’est élevé : d’environ 1 point 26% à 29% dans la zone d’emploi de
de pourcentage pour les deux Berck-Montreuil, de 37% à 40% dans
premières, et de presque 5 points de celle de Béthune-Bruay.
pourcentage pour Berck-Montreuil. Entre ces deux groupes, les zones
d’emploi de Béthune-Bruay, du
Valenciennois, de Roubaix-Tourcoing,D’AUTRES ÉVOLUTIONS
Même si les différences d’une zone de Lens-Hénin et du Calaisis seSOCIALES ÉVOLUENT
d’emploi à l’autre ne se sont pas caractérisent par une situation socialePOSITIVEMENT SANS QUE LES
accentuées du point de vue de la part qui reste en retrait par rapport à laCONTRASTES DIMINUENT
des jeunes sans qualification, cet moyenne de l’ensemble des zones
indicateur a évolué de plus de 7 points d’emploi, associée toutefois à uneSi les disparités entre zones d’emploi
de pourcentage entre les deux évolution de l’emploi provenantmesurées au travers de la part des
périodes, passant de 46,6% à presque notamment d’un dynamisme propre quiménages non imposables n’ont pas
54%. Les plus fortes augmentations va au-delà de ce que la structurediminué, il n’en reste pas moins que
s’observent dans les zones du Calaisis, d’activité pourrait laisser attendre.cette proportion a globalement diminué
de l’Artois-Ternois, de Berck-Montreuil,sur la période. En effet, alors
de la Sambre-Avesnois, du Cambrésis, Dans les zones d’emploi de Lille, dequ’environ 58% des ménages n’étaient
de Lille, de Lens-Hénin, et de l’Artois-Ternois et de Dunkerque, lapas imposables entre 1993 et 1997,
Béthune-Bruay. situation sociale, plutôt meilleure que la56% sont dans ce cas entre 1997 et
moyenne des zones d’emploi, est2001. Cette évolution sensible est
associée à une croissance de l’emploiobservée pour toutes les zones DES DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
qui repose sur une structure productived’emploi. Il s’agit toutefois de rester ET SOCIALES QUI
relativement favorable.prudent quant à l’interprétation de cette CARACTÉRISENT LES
baisse de la part des ménages TERRITOIRES
imposables en termes d’évolution de
revenus, compte tenu des variations de La prise en compte de l’ensemble des
niveau du seuil d’imposition survenues indicateurs place la Sambre-Avesnois,
sur la période en raison de le Douaisis, le Boulonnais, et dans une
changements législatifs. moindre mesure le Cambrésis dans
des situations économiques et sociales
en retrait par rapport à la moyenneLES ÉVOLUTIONS EN COURS NE
régionale.GOMMENT PAS TOUTES LES
DISPARITÉS ENTRE TERRITOIRES
À l’opposé, trois zones d’emploi sont
dans une situation plus favorable : laLa situation sociale observée à l’aune
Flandre-Lys, avec le taux de chômagede la part des jeunes sans qualification,
le plus faible de toutes les zonesou encore de la part des chômeurs de
d’emploi de la région, Berck-Montreuillongue durée nuance les propos
avec une forte évolution de l’emploi quipositifs décrits à partir des critères
Pour en savoir plus’
Une adresse à votre disposition pour une information complète sur les programmes européens :
www.nord-pas-de-calais.pref.gouv.fr ,rubriques publications et action de l’ État.
Diagnostic socio-économique sur les zones d’emploi - Insee - Les Dossiers de Profils n° 56, octobre 1999.
Directeur de la publication : Jean-Jacques MALPOT - Service Administation des Ressources : Marie-Françoise DUBOIS
Service Études Diffusion : Anne FLIPO - Service statistique : Karim MOUSSALLAM - Rédacteur en chef :
Jean-Luc VAN GHELUWE - Secrétaire de rédaction : Francine LEDUC - Secrétaire de fabrication : Christian DE RUYCK
Vente : Bureau de vente - 130, avenue J.F. Kennedy - BP 769 - 59034 LILLE CEDEX -Tél : 03 20 62 86 66 - CPPAD en cours
ISSN 1269-0260- Dépôt légal février 2004 - © Insee 2004 - Code Sage PRO031120 - LA MONSOISE tél : 03 20 61 98 44
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130 AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CEDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin