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Citroën et l'innovation (1915-1996) - article ; n°1 ; vol.57, pg 45-56

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13 pages
Vingtième Siècle. Revue d'histoire - Année 1998 - Volume 57 - Numéro 1 - Pages 45-56
Citroën and Innovation (1915-1996), Jean-Louis Loubet.
From its inception, Citroën made industrial innovation one of the centerpie- ces of its strategy. Its beginnings were marked by the introduction and then the development of OST (scientific organization of work) and Ford factory-inspired techniques in car manufacturing in France. The 1930s crisis, which hit the company very hard, led to a deep questioning of those techniques and to the possibility of creating a less rigid productive system better adapted to a tight market. And while Reconstruction scrambled the cards by making Ford techniques the one and only way for car manufacturing. Citroën continued, during the years of growth and even more with the crisis of the 1980s, to look for an alternative.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Jean-Louis Loubet
Citroën et l'innovation (1915-1996)
In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°57, janvier-mars 1998. pp. 45-56.
Abstract
Citroën and Innovation (1915-1996), Jean-Louis Loubet.
From its inception, Citroën made industrial innovation one of the centerpie- ces of its strategy. Its beginnings were marked by the
introduction and then the development of OST (scientific organization of work) and Ford factory-inspired techniques in car
manufacturing in France. The 1930s crisis, which hit the company very hard, led to a deep questioning of those and to
the possibility of creating a less rigid productive system better adapted to a tight market. And while Reconstruction scrambled the
cards by making Ford techniques the one and only way for car manufacturing. Citroën continued, during the years of growth and
even more with the crisis of the 1980s, to look for an alternative.
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Loubet Jean-Louis. Citroën et l'innovation (1915-1996). In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°57, janvier-mars 1998. pp. 45-
56.
doi : 10.3406/xxs.1998.3709
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1998_num_57_1_3709CITROËN ET L'INNOVATION
(1915-1996)
Jean-Louis Loubet
Dans un processus industriel, l'inno rotatif (1973), la liste est longue au point
vation ne se borne pas aux inventions de se prolonger aujourd'hui avec les trains
censées améliorer la qualité d'un pro arrière auto-directionnels (1989) ou les sus
duit. Elle concerne également le mode pensions antiroulis (1994). En trois quarts
de production. Les choix fordistes, tay- de siècle, Citroën s'est donné l'image de la
loristes ou toyotistes de Citroën ont modernité et du progrès automobile, faisant
ainsi largement déterminé les condi de l'innovation un élément de différenciat
tions de survie de la firme au double ion, une véritable stratégie d'entreprise 1.
chevron. Une entreprise bousculée par Mais derrière ces produits, ces techniques
les crises mais servie par d'étonnantes et ces innovations se cache une autre révo
capacités d'adaptation... lution, tout aussi importante, celle de la
fabrication et de l'industrie. Dans ce siècle
Citroën, toujours en tête». C'est la qui a fait de Citroën l'un des plus grands
novateurs de l'automobile, les ingénieurs publicité que tous les Français
connaissent, une réclame comme on de la marque ont aussi montré le plus vif
intérêt aux. questions liées à l'évolution des disait alors qui vantait les qualités des
modèles de la marque au double chevron. systèmes productifs. Importatrice en France
du travail à la chaîne, dès 1915, pionnière Incontestablement, les produits Citroën ont
de l'Organisation scientifique du travail, fait date dans l'histoire de l'automobile, et
celle de l'industrie française : la Traction l'entreprise Citroën est paradoxalement la
première à douter des vertus du fordisme (1934), la 2CV (1948), la DS 19 (1955), la
SM Maserati (1970), ou même l'éphémère devant l'ampleur de la crise des
années 1930. Elle est ensuite la seule à GS-Wankel (1973) ont marqué leur temps.
Et les techniciens de l'automobile ajoutent chercher sinon une alternative à la pro
duction de masse, du moins une autre voie encore à cette liste plusieurs innovations
lors des Trente Glorieuses. Et à voir marquantes apparues sur les modèles de
la marque : carrosserie entièrement métalli aujourd'hui cette firme s'intéresser au
modèle japonais - au toyotisme -, à ins- que (1924), servo-frein à dépression (1926),
moteur flottant (1932), caisse autoporteuse
et traction-avant (1934), freins à disques
1. Jean-Louis Loubet, Citroën, Peugeot, Renault et les autres. (1955), suspensions hydropneumatiques Soixante ans de stratégies. Avant-propos de Maurice Bosquet
et Christian Peugeot. Paris, Le Monde-Éditions, 1995, 637 p. phares directionnels (1967), moteur
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JEAN-LOUIS LOUBET
taurer dans ses usines de nouvelles règles envisage d'installer une usine moderne sur
de production grâce à la mise en place le quai de Javel à Paris, de créer un bât
du plan Mercure, il est clair que Citroën iment d'un seul tenant, sans étage comme
a cherché dans son histoire à être aussi chez Ford afin de permettre un meilleur
«toujours en tête» dans le domaine de la flux de production. Plus question de ra
fabrication et de l'industrialisation. Au prix ssembler les machines-outils dans un même
de quelques risques. atelier sans tenir compte de leurs fonctions
dans le processus de fabrication. Les dif
O ANDRÉ CITROËN: THE FRENCH FORD férents éléments de l'obus seront interchan
geables. Surtout, l'ouvrier ne se déplacera Contrairement à Walter Chrysler ou Louis
plus. Le travail, fragmenté en une multitude Renault, André Citroën (1878-1935) n'est
d'opérations simples et précises, lui sera pas un amateur de mécaniques ou de belles
apporté grâce à des chaînes mobiles, mécanvoitures. Ce jeune polytechnicien qui se
isées. Et avec cette décomposition des lance dans l'industrie automobile en 1919,
tâches, tout comme l'utilisation de pièces est d'abord un entrepreneur épris de
standardisées, l'usine pourra utiliser des modernité, un ingénieur fasciné par les sy
ouvriers sans expérience et sans qualificatstèmes de production américains. Sa visite
ion, un atout supplémentaire dans une chez Ford en 1912 constitue un moment
époque marquée par la pénurie de main- fort. Dès cet instant, Citroën n'a qu'un souh
d'œuvre. En quatre ans, de 1915 à 1918, ait, importer en France - et en Europe -
et malgré des débuts incontestablement difce qu'il vient de découvrir à Détroit, créer
ficiles, Citroën vend 26 millions d'obus une industrie de grande production et ainsi
pour 450 millions de francs. Son usine qui contribuer au développement économique
compte en 1918, 12 000 ouvriers, des femde son pays. Il comprend dès lors qu'il
mes essentiellement est devenue la plus lui faut dépasser ses premières expériences,
grande installation de munitions en France. acquises dans l'usinage des engrenages à
Les ministres Clémentel, Loucheur ou Thochevrons * (1905), puis dans la fabrication
mas reconnaissent tous que cette usine a artisanale des voitures Mors (1908). La
atteint les objectifs fixés : elle a non seuGrande Guerre lui donne l'occasion de réa
lement fourni les munitions nécessaires à liser son but tout en se donnant les moyens
la victoire militaire, accéléré la modernisatde faire glisser la firme française vers la
ion de l'industrie française, mais elle a grande entreprise 2.
aussi permis une meilleure intégration de Le «plan Citroën» de 1915 est ambitieux:
la classe ouvrière dans la société. Car en fabriquer 10000 obus par jour au moment
ces temps d'Union sacrée, la question où l'ensemble des arsenaux nationaux ne
sociale n'a pas été négligée. L'usine de peuvent dépasser 4000 pièces quotidienn
guerre a été le laboratoire social de l'entrees. Pour un tel bon en avant, Citroën
prise de demain. André Citroën s'y est plié
1. Le chevron devient l'emblème de la marque Citroën. sans mal : il a créé à Javel des cantines,
2. Plusieurs études historiques sur Citroën Hubert Bonin, des crèches - les pouponnières -, des ser«Les banques ont-elles sauvé Citroën (1933-1935)? Réflexion
vices médicaux, un magasin d'alimentation. sur la marge d'initiative bancaire », Histoire, économie et société,
juillet-août 1984 Jean-Louis Loubet, « La société anonyme Autant de mesures indispensables pour André Citroën (1924-1968). Étude historique», thèse de doct
créer l'usine moderne, pour rassembler un orat de troisième cycle, Université de Paris X Nanterre, 1979,
641 p. Maurice Norroy, André Citroën, le précurseur, Paris, grand nombre d'ouvriers à l'arrière, pour Maurice Norroy édit., 1973, 157 p. ; Charles Rocherand, L'his adoucir enfin le quotidien de ces soldats toire d'André Citroën, Paris, Christian, 1979, 269 p. Syl
vie Schweitzer, Des engrenages â la chaîne. Les usines Citroën du front de l'industrie.
(1915-1935), Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1982, Les fabrications d'obus jouent un rôle 204 p. Sylvie Schweitzer, André Citroën, Paris, Fayard, 1992,
241 p. fondateur au point de voir André Citroën,
46 CITROËN ET L'INNOVATION
en 1918, défendre en France le fordisme travail agréable et facile, donc un rende
et le taylorisme. ment élevé ... Il faut des bâtiments spa
cieux, bien éclairés, bien ventilés en été, «Lorsqu'on a choisi la production dans
bien chauffés en hiver ... qui ne comportlaquelle on entend se spécialiser, explique
A. Citroën, il existe pour réussir une méthode ent qu'un rez-de-chaussée. Le sous-sol doit
excessivement simple : elle consiste avant de contenir les canalisations et les moteurs de
commencer le travail à faire la liste de toutes machines afin d'éviter l'encombrement des les opérations que l'on peut avoir à réaliser,
ateliers». Ensuite, il faut tout miser sur les et lorsque cette liste est faite, à bien calculer
éléments de qualité. Il faut, d'une part, des quelle est la durée exacte de chaque opération,
à voir combien de machines il faut pour l'exé fournisseurs solides, « capables de livraisons
cuter, à placer les dans l'ordre prévu homogènes..., des pièces soumises à une
pour cette opération et à mettre d'autant plus vérification constante et à des contrôles
de machines pour une opération que cette opér rigoureux» et d'autre part, «des machines ation est plus longue ; si on sait prévoir tout et des ouvriers qui soient spécialisés cela d'avance, la fabrication est réglée d'une
méthodiquement... S'il en était autrement, façon absolument mathématique » *.
reconnaît Citroën, on ne pourrait obtenir
Au sortir de la guerre, au moment où la véritable interchangeabilité des pièces,
tous les industriels redoutent les contraintes élément primordial de la production en
liées à la mutation vers l'économie de paix, grande série». Reste ensuite à organiser
Citroën compte déjà un avantage de taille: l'usine autour d'un produit simple, gage
il sait que sa reconversion se fera autour de facilité de construction, un produit uni
de la grande série. Reste à déterminer le que pour éviter les dispersions toujours
produit : des fenêtres métalliques, des coûteuses. Quant aux contraintes sociales
vélos, des machines à coudre... ou pour apparues lors de la mise en place de la
quoi pas des automobiles? En 1918, Citroën chaîne d'obus, elles deviennent secondair
se voit bien en french Ford. Pour y par es dans le contexte d'une économie de
venir, il envisage de fabriquer un produit paix où l'État, par ailleurs, prône le libé
encore inconnu en France, un véhicule ralisme.
léger et robuste, simple à fabriquer et à Bien que bloquée par la Seine et les
utiliser, mais surtout suffisamment écono voies ferrées, gênée par les rues et les habi
mique à l'achat pour attirer un client tations déjà denses du XVe arrondissement,
jusqu'alors inconnu. C'est donc vers un l'expansion de l'usine de Javel est spectac
outil de fabrication toujours plus perfor ulaire. Les ateliers se multiplient, prenant
mant que Citroën se dirige pour miser sur le nom des quartiers investis comme
un abaissement continu des coûts de
Balard, Cauchy, Grenelle, Gutemberg, revient, qui, par la baisse des prix de vente, Leblanc ou Saint-Charles, s'attribuant aussi
créerait et développerait un marché. Jamais le nom des villes de banlieue où ils s'ins
la réussite d'une entreprise n'a été aussi tallent: Clichy, Issy-les-Moulineaux, Levai-
liée en France au développement d'un sys lois, Saint-Ouen, Suresnes. Ces usines
tème productif. regroupent l'ensemble des opérations
Que faut-il donc pour produire en nécessaires à la fabrication d'une automob
grande série? «D'abord, répond André Ci ile. Elles partent «de la gueuse de fonte
troën2, il faut de l'espace, de l'air et de et de la plaque de tôle. Pour chaque voi
la lumière qui permettent au personnel un ture, ce sont 10 000 kilos de matières brutes
qui nous sont livrés... sous forme de... lin
1. André Citroën, -La vie à l'usine-, Conferencia, archives gots de fonte, de barres d'aciers, de drap
Citroën, 1918. à tisser, qui subiront alors dans nos ateliers, 2. André Citroën, entretien au journal L'Illustration, 1er sep
tembre 1923. Projet d'article, archives privées. à l'aide de tout l'outillage qui y est ras-
47 :
JEAN-LOUIS LOUBET
semblé, la transformation en voiture 1 ». sont légères... Ils sont alors montés sur le
Sans aller toutefois aussi loin que Ford ou châssis suivant le procédé du montage à
Renault, Citroën mise sur l'intégration. la chaîne. Les châssis sont placés sur un
chemin de bois situé à une cinquantaine Forge, fonderie, chromage, émaillage, vul
de centimètres du sol où ils avancent, soit canisation, menuiserie, sellerie, mécanique,
emboutissage, ferrage et montage, les usi poussés à la main, soit tirés par une chaîne
nes Citroën constituent un potentiel indust sans fin, marchant à une vitesse très
riel de premier ordre, chantre de réduite... Les ouvriers restent en place, et
l'Organisation scientifique du travail en au fur et à mesure que les châssis passent
France. En moins de dix ans, le nombre devant eux, ils y montent les organes pour
de machines est multiplié par quatre, les lesquels ils sont spécialisés »4. Au fil des
surfaces industrielles par cinq, les cadences ans, le système se renforce pour toujours
de production par huit. gagner en productivité. Citroën souhaite
«utiliser le plus de machines spéciales pos
sible pour des opérations bien déterminées, Évolution des usines Citroën
avec des montages indéréglables, des Superficie Nombre Nombre de Capacité de
machines extrêmement robustes »5. Nouvdes usines d'ouvriers machines- production
(en m2) outils par jour elles machines à aléser les cylindres qui
150000 4 500 3 400 1919 en 1929 réalisent en deux minutes ce que 1921 254000 4 465 4 740 50 les anciennes faisaient en une heure et 453000 9 000 5 220 1923
690000 16 730 10 420 100 à 200 1925 demie avec cinquante ouvriers de plus ! Uti1927 726000 31200 12 260 250 à 400 lisation des peintures nitrocellulosiques qui
Source archives Citroën sèchent en huit heures contre plus de trois
jours avec les vernis gras. Révolution de
la fabrication des coques avec l'aide de la Pour arriver à de tels résultats, Citroën
firme américaine Budd. D'abord technique ne cesse de maintenir ses usines à la pointe Tout- Acier (1924 6) qui remplace la char
de la modernité. Dès 1924, le visiteur de pente de bois d'une voiture par une ossal'usine constate que toutes les opérations
ture métallique et permet non seulement d'usinage sont dorénavant réalisées en d'assembler les panneaux de caisse en dix amont, dans des ateliers spécialisés en fonc
minutes, mais aussi d'abandonner les ébétion des matériaux à travailler2. «Toutes nistes qui coûtent bien plus cher que les les opérations se succèdent dans un ordre OS. Ensuite Monopièce (1932), puis surtout logique, explique Citroën. Les machines
Monocoque (1934) qui supprime le châssis sont aussi rapprochées que possible... et fait gagner 20 % de matière et 15 % de pour éviter les manutentions » 3. Les pièces
temps. Si une voiture réclamait 730 heures ainsi produites sont vérifiées - et estamp
de travail en janvier 1927, quatre ans plus illées — avant d'être distribuées aux ateliers
tard, il n'en faut plus que 560 en attendant d'assemblage, tous spécialisés dans un d'autres progrès7. Le succès est à ce prix. sous-ensemble ou un organe. «Ces organes
«[C'est bien] à force d'améliorer le mécansont alors automatiquement acheminés...
isme, annonce Citroën, d'intensifier la produc- par convoyeurs si les pièces sont lourdes,
par tapis roulants ou à la main si les pièces
4. Compte rendu d'une visite des usines Citroën en 1924.
Archives Citroën.
1. André Citroën, «L'avenir de la construction automobile-, 5. André Citroën, «L'avenir de la construction automobile»,
Revue parlementaire et politique, 10 mai 1929- art. cité.
2. Compte rendu d'une visite des usines Citroën en 1924. 6. Technique améliorée en 1932 par la Monopièce (Licence
Archives Citroën. Budd).
3. André Citroën, «L'avenir de la construction automobile-, 7. Réunions du Conseil d'administration de la SA André
art. cité. Citroën.
48 CITROËN ET L'INNOVATION
tion, de lutter contre le gaspillage de temps et donc disproportionné aux besoins du mar
de matière, de supprimer les emplois improd ché, comme par exemple ces machines
uctifs ou non rigoureusement nécessaires au d'emboutissage, capables en deux ou trois fonctionnement de l'industrie, [que l'on] abais heures d'assurer la production quotidienne sera toujours davantage le prix de revient et
de l'usine ! Le suréquipement se traduit en [qu'on] pourra augmenter les salaires des tr
surinvestissement et très vite en un surenavailleurs, c'est-à-dire permettre à un plus grand
nombre encore d'acheter une automobile ... Ce dettement d'autant plus dangereux que
sont bien les industriels ... qui contribuent à Citroën finance ses projets sur des
rendre le marché illimité » l. emprunts à court terme. L'échec de Citroën
est donc avant tout financier. C'est parJamais André Citroën n'a autant mérité
adoxalement avec les meilleures usines et le surnom de french Ford ! Occupant dès
le meilleur produit - la Traction-avant - 1919 le premier rang des ventes en France,
que Citroën est acculé à la faillite, trahi - devant Renault et Peugeot -, dominant
en pleine crise par son manque de rigueur deux industriels plus expérimentés2 mais
financière, mais aussi son mépris des banencore trop attachés aux méthodes tradi
ques illustré en décembre 1930 3, par le tionnelles, obligeant la concurrence à s'ins
renvoi sine die de la Banque Lazard. pirer progressivement du «système Citroën»,
Lorsque le manufacturier de pneumatila marque au double chevron, par son irré
ques Michelin se propose de reprendre la sistible ascension signe d'abord le succès
firme du quai de Javel, début 1935, il n'est d'un système productif.
pas question pour lui de renoncer à la
«modernité Citroën». Michelin fait partie O LA «CONTRE-RÉVOLUTION MICHELIN».
des rares patrons français attentifs aux pro
La faillite d'André Citroën en décembre grès de l'industrie américaine. Depuis
1934 ne marque pas la faillite d'un système l'avant-guerre, il n'a même cessé de se faire
productif. Il s'agit bien plus de la mauvaise l'avocat du taylorisme en France. Du tay
adaptation d'une stratégie d'entreprise aux lorisme bien plus que du fordisme. C'est
spécificités économiques locales. Citroën se même dans cet esprit que les hommes de
heurte en effet à la fois à une demande Clermont s'intéressent à l'automobile, à une
intérieure frileuse en raison de la crise, profession qu'ils jugent — en dehors des
attentiste face à une Traction-avant qui particularismes propres à ses produits - fort
manque de mise au point, mais aussi à différente de celle du pneumatique. Les
une clientèle étrangère absente depuis l'in investissements dans l'automobile sont plus
stauration de mesures protectionnistes. Or, lourds et le seuil de rentabilité apparem
dans ce climat morose, Citroën maintient ment plus haut. Plus question de proposer
son cap, celui de la croissance. En 1932, de nouveaux modèles tous les deux à
pour toujours produire plus et donc attein trois ans, de financer des restylages coû
dre de meilleurs prix, Citroën entame la teux. Il faut amortir les outillages en place,
reconstruction de Javel. Grâce à de nouv et rendre surtout l'usine rentable autour
elles machines, des outillages encore plus d'une production plus mesurée. C'est la fin
performants, l'usine doit être en mesure vision caricaturale de l'entreprise
d'atteindre une production journalière à américaine où la taille semblait seule dicter
600 voitures par jour, ultime palier avant le succès. «L'usine géante ne présente pas
les 1 000 voitures escomptées. Pourtant, les que des avantages 4» annoncent même
ventes plafonnent à 400. L'outil se révèle
3. Procès-verbal de l'Assembée générale extraordinaire de 1. André Citroën, -L'avenir de la construction automobile»,
la SA André Citroën, 4 décembre 1930. art. cité et entretien au journal Le Matin, 16 octobre 1924.
4. Pierre Boulanger, réunion du Conseil d'administration 2. La première automobile Peugeot date de 1890, celle de
de la SA André Citroën, 27 janvier 1938. Renault de 1898.
49 JEAN-LOUIS LOUBET
Pierre Michelin et Pierre Boulanger, les sans broncher. Et pourquoi s'en soucier
nouveaux patrons de Javel. Plus question puisqu'ils savent que le défaut sera corrigé
de fuite en avant. Il s'agit dorénavant de en fin de ligne, par des bataillons de retou
tirer le meilleur de l'existant, donc d'utiliser cheurs. Cette situation complexe révèle non
avec la plus grande rigueur et la meilleure seulement toute la perversité d'un système
efficacité, l'héritage industriel d'André Ci de travail, mais souligne la nette différence
troën. En bonne logique, les hommes de qui sépare la main-d'œuvre de Javel et celle
Michelin entraînent Citroën vers une vision de Clermont-Ferrand, une main-d'œuvre
plus taylorienne de l'usine. qui a su préserver le savoir-faire des ateliers
L'obligation de stopper la fabrication de d'autrefois tout en s'adaptant au progrès.
la nouvelle Traction constitue un choc pour Pour Michelin, la situation est très préoc
les repreneurs de Citroën. Cinq semaines cupante, d'autant que les premières analy
sont même nécessaires pour remédier aux ses montrent qu'un lien étroit existe entre
maladies de jeunesse de la voiture. Pourt le profond malaise ouvrier qui se manifeste
ant, le manque de mise au point d'une depuis son arrivée mouvementée à Javel,
voiture si originale, n'explique pas tout. et cette fuite en avant industrielle — et finan
L'analyse des défauts répertoriés sur les voi cière — qui a entraîné l'effondrement de
tures révèle un mal bien plus profond Citroën. De quoi pousser la direction
encore. La non-qualité provient de graves Michelin à se pencher dès les années 1935-
problèmes de fabrication. Un rude coup 1936, sur ces questions liées au travail en
pour Michelin, firme qui depuis les usine. C'est bien la preuve que l'on
années 1920, a fait de la qualité son cheval s'interroge à Javel, sur un système socio-
de bataille. Les ingénieurs, et surtout les productif qui montre avec l'émergence de
agents de secteur1, dont l'un des rôles la crise, de véritables limites 3.
consiste à créer un nouveau lien social dans Comment résoudre les problèmes décel
l'atelier, sont unanimes à constater une rela és, sans imaginer une autre façon de tra
tive indifférence des ouvriers pour leur tra vailler? Pour les nouveaux dirigeants de
vail. Il semble même impossible de pouvoir Citroën, la réponse doit passer par une
compter à Javel sur une main-d'œuvre solution où l'ouvrier prend une place plus
motivée. Ce phénomène marque-t-il une centrale dans l'atelier et le travail. Avec ce
absence d'intérêt pour un travail pénible regard toujours très taylorien, Michelin
et répétitif? Reflète-t-il plutôt la rancœur continue à soutenir que la véritable orga
ouvrière après la sévère vague de lice nisation du travail consiste à trouver l'ad
nciements qui suit le dépôt de bilan ou plus équation parfaite entre l'homme et le travail,
simplement les vices d'un système de pro à définir la place où chaque ouvrier est
duction qui a trop nié l'individu?2. Si les en mesure de donner le maximum de son
interrogations restent encore sans réponse, potentiel. C'est une approche bien diffé
les faits sont là : les ouvriers laissent s'élo rente de celle d'André Citroën, - approche
igner sur la chaîne de montage, une Trac plus matérielle où la réussite semblait
tion comportant une pièce défectueuse ou dépendre essentiellement de l'acquisition
mal montée, une rayure ou une salissure, du meilleur outil technique et industriel.
L'une des premières mesures prises par
Michelin en 1935, concerne la mise en place 1. Michelin crée dès son arrivée des agents de secteurs
d'un service de suggestions. L'idée n'est pas qui déchargent les directeurs d'usine des questions liées au
personnel ouvrier. L'agent de secteur devient l'interlocuteur nouvelle puisque Renault et Peugeot l'ont direct des ouvriers. La mise en place de cette organisation
entraîne le déclin des organisations syndicales chez Citroën.
2. Jean-Louis Loubet, - Citroën dans les années trente, ou 3. Entretiens de l'auteur avec Alphonse Forceau et
comment restructurer une entreprise?», Histoire, Économie et Hubert Seznec, anciens ingénieurs des bureaux d'études de
Société, 2, avril-juin 1996, p. 281 à 297. Citroën.
50 CITROËN ET L'INNOVATION
expérimentée dans leurs usines dès 1927, Son pouvoir est immense puisqu'il peut
mais le fondateur de Javel s'y était toujours arrêter la chaîne de fabrication en cas
d'anomalies graves et surtout de répétition opposé, signe d'une radicalisation des rap
ports sociaux dans l'entreprise. Michelin, de défauts. C'est une révolution pour les
hommes de la Fabrication, des hommes entend, pour la première fois, faire parti
qui ont acquis comme principe celui de ciper les ouvriers de Citroën, tant pour amél
la continuité absolue du flux de production. iorer les opérations industrielles que pour
La qualité devient donc primordiale au rendre les conditions de travail meilleures.
point de supplanter la règle d'or du for- Les deux éléments sont liés, et les hommes
disme. S'annonce déjà une autre réforme, de Clermont ne cessent d'affirmer que
plus structurelle encore : retirer certaines patron et ouvriers ont les mêmes contraintes
fabrications de la ligne de montage pour et obligations, celle de servir «sa majesté
les faire exécuter, dans des ateliers spéle client». Il est clair qu'en souhaitant utiliser
ciaux, par des opérateurs sur poste indiau mieux les compétences et l'expérience
viduel ! Michelin estime que toute fabrication de sa main-d'œuvre, Michelin tente d'ins
exigeant une grande précision, souvent un taurer le dialogue. Mais la tâche est rude
savoir-faire, requiert une attention qui dans une entreprise minée depuis plus
nécessite des conditions plus rigoureuses d'une décennie par des rapports conflic
que celles de la chaîne. À commencer par tuels, dans une usine où les dégraissages
des ouvriers mieux formés, preuve que viennent de porter un rude coup... aux orga
Michelin souhaite davantage compter sur nisations syndicales. Pour forcer les choses,
les hommes. En décidant dès 1936, de faire Michelin entame dès 1935 un nouveau cla
assembler les directions à crémaillère des ssement des différents postes de travail dans
Traction, en dehors de la ligne, les repreles usines. Signe qu'il entend désormais
neurs de Citroën bouleversent les règles payer les tâches en fonction de leur pénib
établies. L'opérateur de grande série n'est ilité et de la responsabilité qu'elles nécess
plus obligatoirement l'anonyme de la itent. Mais c'est aussi la possibilité de placer
chaîne. Il reçoit une formation spécifique aux travaux les plus difficiles, les ouvriers
de quinze jours - contre quelques heures les plus sûrs, aux tâches les plus délicates,
pour un OS — pour pouvoir monter entiles opérateurs les plus habiles. Et pourquoi
èrement l'élément dont il devient le seul et ne pas y voir aussi cette volonté de placer
unique responsable. Les progrès industriels les ouvriers là où ils sont capables de don
- et financiers - sont tels que Michelin ner le maximum?
décide très vite de poursuivre cette initiaVu l'ampleur des difficultés rencontrées
tive sur les éléments de suspension, mais à Javel, Michelin est déterminé à aller beau
aussi sur les moteurs et les boîtes de vitescoup plus loin. Il est même décidé à s'élo
ses d'un nouveau modèle dont la sortie igner des habitudes de l'automobile, à
est prévue pour 1939 ^ L'évolution est corriger ce qu'il considère comme des
considérable, puisque l'avenir de la grande erreurs. Peu de temps après son arrivée à
série semble s'écarter de la chaîne de montJavel, il crée un service capable de juger
age et passer désormais par un travail plus et de surveiller la qualité. Plutôt que de
individualisé. Citroën serait-il une fois corriger des défauts en aval, autant inter
encore, en avance sur son temps? Mais venir dès l'amont. C'est dans cet esprit que
cette évolution signifie également que pour Michelin crée à Javel le Super-Contrôle, un
Michelin, l'avenir de la construction auto- service indépendant de la Fabrication,
directement rattaché à la Direction génér
ale, capable d'observer et de superviser 1. Il s'agit du projet TPV (Toute Petite Voiture) qui devien
tous les secteurs de fabrication de l'usine. dra après la guerre la 2CV.
51 JEAN-LOUIS LOUBET
mobile passe par une voie différente que qualité de fabrication et de robustesse trou
celle frayée par l'Amérique. La crise des vent dans ces réformes des éléments import
années 1930 permet donc d'entrevoir un ants d'explication. Mais quel est pour autant
modèle de production autre que le one l'avenir de ces réformes, dans le contexte
d'une crise qui s'éternise avant qu'une écobest way fordien.
nomie de guerre ne s'impose?
O AMENDER LE FORDISME La longueur de la crise en France inquiète
beaucoup les industriels. Pour Michelin qui L'expérience tentée à la fin des
redoute par-dessus tout les conséquences années 1930 ouvre-t-elle de nouvelles pers
d'une surproduction, la volonté de s'élopectives? Sans doute, même si les réactions,
igner du modèle américain est maintenant internes et externes restent vives. À l'inté
acquise. Faute d'un marché suffisant, la prorieur de l'entreprise, ces réformes sont assez
duction de masse n'a pas sa place en mal accueillies, souvent repoussées par un
France. Même avec la volonté de sortir un personnel ouvrier peu favorable au chan
modèle économique (la TPV ou Toute Petite gement. Celui-ci voit dans ces mesures, un
Voiture), les responsables ne croient pas excellent moyen pour l'entreprise d'amélior
possible de produire sans risque plus de er sa productivité et la qualité de ses pro
150 à 200 véhicules par jour. Pas question duits. Avec raison. Mais il oublie de mesurer
d'inonder le marché pour écraser la la portée sociale du changement qui
concurrence, puisqu'il n'y a ni marché ports'oriente pourtant vers une meilleure valo
eur, ni concurrence sur ce créneau. De risation des tâches et des métiers. L'erreur
toute évidence, les dirigeants préfèrent des dirigeants de l'entreprise est probable
miser sur la voiture économique plutôt que ment de ne pas accompagner cette mutation
sur le modèle populaire. Pour rendre ce d'une politique salariale nouvelle, faute de
produit bon marché compte tenu d'un moyens ou plus simplement de volonté.
volume mesuré, Michelin compte réduire Ainsi, les opérateurs voulant travailler hors
au maximum les dépenses d'outillages. Il ligne sont rares. La majorité préfère l'an
n'est plus question d'aller se fournir chez onymat de la chaîne à la responsabilité du
Budd à Philadelphie. D'une part, la TPV a travail en poste. Quant aux suggestions,
été conçue pour être habillée de tôles cinelles prennent mal: les ouvriers refusent
trées ou même pliées. D'autre part, les ingéde livrer à leur hiérarchie savoir-faire et
nieurs ont pour mission de récupérer les astuces. Le Super-Contrôle est mal vécu,
presses des vieilles Rosalie (1932) pour les on l'assimile vite à une surveillance sup
adapter à la nouvelle voiture. La TPV sera plémentaire. Pourtant, la direction ne
donc bon marché par les dépenses qu'elle renonce pas. D'une part, elle reste persua
n'aura pas occasionnées, comme par les dée du bien-fondé de ces réformes, et
équipements dont elle ne sera pas équipée! comme elle mise sur le long terme, elle
Quant à l'usine qui doit la fabriquer et la espère arriver à convaincre son personnel
monter, elle restera de taille moyenne, loin par une pédagogie active. D'autre part,
du centre de Javel puisqu'on estime que après moins de trois ans d'efforts et de
l'usine géante «présente des contraintes de réformes, la firme au double chevron est
coûts et des difficultés d'organisation»1. À redevenue compétitive, retrouvant même la
croire que Citroën invente une alternative première place du marché national en 1937.
au fordisme. Le rétablissement de l'entreprise s'explique-
t-il par cette mutation du système productif?
Il reste difficile de l'affirmer. En revanche,
1. Entretien avec Roger Prud'homme, ancien chef d'atelier l'image de Citroën incarnée par la réputation du bureau d'études de Citroën et Hubert Seznec, ancien ingé
exceptionnelle de ses Traction- avant, leur nieur du bureau d'études de Citroën.
52 CITROËN ET L'INNOVATION
La guerre, l'Occupation puis la Reconst Les responsables de Citroën restent per
ruction brouillent les cartes. Si les pénuries suadés que les cadences de leurs usines
demeurent trop mesurées pour justifier les mettent longtemps l'automobile en somm
eil, la Reconstruction apporte avec la pla dépenses d'investissements qu'impose la
nification un changement radical dans la production de masse. Si une Dauphine
Renault (5CV) atteint les 1 000 voitures par profession. Les Politiques se sont émus de
jour fin 1957, puis frôle les 2 000 en I960, la situation d'une industrie automobile par
un modèle de gamme supérieure comme ticulièrement hétérogène. Entre des firmes
la Traction se contente de cadences de 300 en pleines mutations comme Citroën et
à 400 voitures quotidiennes, alors que les Peugeot, qui s'est inspiré de plusieurs idées
Américains, pour des segments supérieurs, émises par Michelin, la nouvelle régie
travaillent dix fois plus vite ! La concurrence Renault dont l'héritage industriel semble
devient impossible, à moins de trouver une bien plus lourd à assumer qu'on ne l'ima
solution pour fabriquer autrement une ginait, et enfin de nombreux petits cons
automobile. Les ingénieurs de Citroën tructeurs qui sont restés des artisans, la
s'attellent à ce défi. Déjà, la TPV, devenue profession paraît si vulnérable que les pou
2CV en 1948, a constitué une première tenvoirs publics décident d'intervenir et de dic
tative. Avec la DS 19, lancée en octoter leur loi. Le plan quinquennal de
bre 1955, Citroën propose pour la première l'automobile 1 supprime la concurrence en
fois, un produit dont la carrosserie peut donnant à chacune des grandes marques,
être entièrement montée en moins de vingt un créneau commercial strict et précis2.
minutes ! Une révolution si l'on considère En devenant spécialistes d'un seul et uni
que le ferrage d'une «caisse en blanc 3» que type de voiture, les constructeurs
demande alors plusieurs heures de main- pourront atteindre des cadences plus éle
d'œuvre. Pour arriver à un tel progrès, vées, donc s'orienter enfin vers la product
Citroën n'a pas hésité à abandonner la ion de masse. L'État crée ni plus ni moins
caisse autoporteuse, et créer la DS autour les conditions que les industriels n'étaient
d'une plate-forme ultra rigide, seulement pas parvenus à mettre en place depuis les
surmontée d'une armature métallique à années 1920. En fixant cette nouvelle règle
laquelle les opérateurs doivent accrocher du jeu, les pouvoirs publics dictent du
les ailes, les ouvrants 4 et le toit. C'est la même coup la stratégie industrielle à adopt
technique des «éléments rapportés», un er en lançant toute la profession vers une
procédé unique dans le monde de l'autpolitique délibérément fordienne. Pour
omobile. Si le gain de temps est considérabCitroën, ce coup de pouce de l'État est
le, l'avantage se compte aussi au niveau lourd de conséquences. Non seulement
financier : les investissements en outillage l'évolution de l'industrie automobile va à
sont nettement réduits compte tenu d'un contresens de ses réflexions, mais son plus
nombre de pièces bien inférieur à l'habidangereux concurrent, la régie Renault -
tude. Et en montant ces «éléments rapportquasiment seule autorisée à occuper le cré
és» au tout dernier moment, en bout de neau de la petite voiture populaire -, a
ligne de finition, les risques de détériorad'un coup les moyens de prendre la pre
tion des laques sont particulièrement limimière place du marché national. Ce retour
tés 5. Pourtant, cette révolution est sans len- au fordisme ne signifie pourtant pas que
Citroën compte rentrer dans le rang. 3. Le ferrage consiste à souder entre eux les différents
éléments métalliques constituant une carrosserie automobile.
Avec les différents ouvrants, l'ensemble forme la « caisse en
1. ou plan Pons, nom de son instigateur. blanc ».
2. Renault obtient la voiture populaire (4CV), Peugeot la 4 Portes, capot moteur et couvercle de malle.
voiture moyenne (203) et Citroën le haut de gamme (Traction 5. À cette époque, le taux de retouche de peinture sur les
11 et 15CV). carrosseries atteint 70 %.
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