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Bulletin de la Société préhistorique française
2006, tome 103, n
o
3, p. 507-517
Stéphane BLANCHET,
Olivier KAYSER,
Grégor MARCHAND
et Estelle YVEN
Le Mésolithique moyen
en Finistère :
de nouvelles datations
pour le groupe de Bertheaume
Résumé
Trente ans après son identification par P. Gouletquer dans le Finistère,
le groupe de Bertheaume doit faire l’objet d’un nouvel examen, fondé sur
des fouilles récentes. Trois dates par le radiocarbone ont été obtenues sur
les sites du Bilou au Conquet, de Quillien au Cloître-Saint-Thégonnec et
de Toul-an-Naouc’h à Plougoulm, mais il est à craindre que leur regrou-
pement à la charnière des IX
e
et VIII
e
millénaires av. J.-C. soit le résultat
d’une limite de la méthode de datation par le radiocarbone. Observé au
moins dans tout le Nord-Ouest de la France, ce phénomène serait lié à un
effet de plateau visible sur la courbe de calibration. La prétendue charnière
Mésolithique ancien/Mésolithique moyen, qui concerne tant de sites et que
l’on retrouve dans toute la littérature sur le sujet, serait donc un artefact
de la recherche. Le groupe de Bertheaume, s’il ne peut donc être organisé
chronologiquement, offre en revanche des caractères stylistiques et tech-
niques bien particuliers, qui le distinguent de ses voisins orientaux. Si les
rapprochements avec le Sauveterrien
stricto sensu
sont toujours remarqués,
il nous semble que la nature des analogies doive être reconsidérée. Des
effets de convergence technique et d’influences croisées viennent contre-
balancer les hypothèses strictement diffusionnistes ou les annexions pures
et simples.
Abstract
In this paper we propose a new typological and technological definition
of the Bertheaume group 30 years after it was first defined in Finistère by
P. Gouletquer. Archaeological excavations of the sites of Le Bilou (Conquet),
Quillien (Cloître-Saint-Thégonnec) and Toul-an-Naouc’h (Plougoulm) gave
us 3 new C14 dates. Their grouping at the turn of the 9
th
and 8
th
millennia
cal. BC seems to be linked to a plateau effect observed in every Middle
Mesolithic site in north-western France. Because of this calibration problem
the chronology of the Bertheaume group cannot be structured. However
stylistic and technical features clearly help to distinguish its industry from
its eastern neighbours. Comparisons can be made with the Sauveterrian of
Aquitaine, but seem to be due to technical convergences and crossed in-
fluences rather than to a merely diffusionist process.
À la suite de la découverte de quatre sites mésoli-
thiques dans le département du Finistère, un groupe
culturel fut identifié par P. Gouletquer au début des
années 1970 et dénommé industrie de type Bertheaume,
d’après une station en sommet de falaise à l’entrée de
la rade de Brest. Cette industrie exclusivement lithique
était caractérisée par une panoplie de microlithes
constituée de triangles, principalement scalènes et
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effilés, de petites pointes et d’armatures d’un type
original, les « lamelles Bertheaume » (Gouletquer,
1973 ; Berrou et Gouletquer, 1973 ; Gouletquer
et al.
,
1974). Après un désintérêt d’une quinzaine d’années,
l’étude de ce groupe a connu un nouvel essor avec un
examen des séries accumulées (Marchand, 1990 ;
Dietsch, 1991) et la découverte de quelques autres
gisements comparables, toujours en Finistère : Toul-
an-Naouc’h à Plougoulm (Kayser
et al.
, 1990), le
Bilou au Conquet et la Trinité-Goarem-Lann à
Melgven. Des datations obtenues sur deux ensembles
fouillés récemment contribuent à asseoir un peu plus
ce groupe dans le Mésolithique moyen de France, tout
en nous permettant de poser différemment certains
débats sur la période
1
.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Faute de données autres que celles offertes par l’in-
dustrie lithique, le groupe de Bertheaume est essentiel-
lement une entité technique, qui peut d’abord se définir
par une association nécessaire de types d’armatures :
-
lamelles étroites (- 5 mm de large) à un ou deux
bords abattus, tronquées ou non, qualifiées d’arma-
tures Bertheaume ;
-
triangles scalènes étroits ;
-
pointes étroites à un bord abattu, avec ou sans base
retouchée.
D’une façon générale, les armatures sont hypermicro-
lithiques et de types assez variés. Dans les ensembles
abondants (Kergalan, Kervouyen, Bertheaume, pointe
Saint-Michel), la pointe large à deux bords abattus et
à base brute est représentée, la convexité naturelle de
la base est à noter car elle dénote un choix systématique
du support. La pointe étroite à un bord abattu et base
retouchée (rectiligne ou convexe) est beaucoup plus
rare (Toul-an-Naouc’h). Les pointes à troncature
oblique sont régulièrement présentes, mais en faible
quantité. D’ordinaire, l’extrémité apicale de ces pointes
est installée sur la partie proximale du support, la plus
épaisse. Les triangles isocèles sont signalés à Kergalan,
mais ils sont assez irréguliers ; il en va de même des
segments. Les triangles de Montclus sont parfois pré-
sents, même si les formes plus courtes sont majoritaires
(triangles de Montclus apparentés). Leurs retouches
non abruptes et une plus grande régularité de la forme
permettent de les distinguer aisément des armatures
Bertheaume. Ces triangles sont très étroits (jusqu’à
5 mm de large). La variété des armatures contraste avec
la monotonie d’un outillage commun peu élaboré
(éclats et lamelles retouchés, rares grattoirs, denticulé
épais). Notons également que le procédé du microburin
reste anecdotique.
Le silex constitue l’unique matériau usuel du groupe
en question, non pas pour des problèmes d’accessibi-
lité – les quelques éléments en phtanite, en grès lustré
ou en microquartzite prouvent le contraire – mais
probablement par choix culturel. La texture des cortex
et la morphologie des volumes débités montrent qu’il
provient de cordons de galets côtiers éloignés d’une
dizaine de kilomètres des sites aujourd’hui littoraux,
à la fin du Préboréal et au début du Boréal, si l’on
considère les effets eustatiques (Morzadec-Kerfourn,
1974 ; Pirrazzoli, 1991). Les éléments en silex trouvés
sur le site de Quillien (Le Cloître-Saint-Thégonnec)
devaient ainsi être transportés sur une quarantaine de
kilomètres depuis les côtes. Les galets de silex armo-
ricains ne se distinguent pourtant pas par une qualité
de taille exceptionnelle. De dimensions réduites, ils
dépassent rarement les six centimètres de diamètre sur
la côte du pays Bigouden au sud (Gouletquer
et al.
,
1996) et semblent encore plus petits sur la côte du
Léon, au nord. Les nodules présentent souvent des
défauts de toutes sortes comme des géodes, des fissures
et des plages non silicifiées. Le silex reste pourtant
plus homogène que le phtanite, le grès lustré ou le
microquartzite, mais, disponibles en grande quantité,
ces matériaux suffisent à obtenir tous les produits
nécessaires au cours de schémas opératoires moins
économiques (Yven, 2003). Ces matériaux, pourtant
volumineux, n’ont pas servi à compléter la gamme de
produits obtenus en silex et apparaissent dans des
proportions anecdotiques. Ils pourraient remplir des
fonctions plus sociales ou symboliques que pratiques,
dans des modalités d’échanges encore difficiles à per-
cevoir. Le débitage est réalisé au sein d’une chaîne
opératoire intégrée, avec plusieurs gammes de pro-
duits : des éclats corticaux épais de plus de 20 mm,
des lamelles et éclats lamellaires étroits, des lamelles
et éclats lamellaires larges. La notion de lamelle doit
ici être transformée en faveur de celle de support la-
mellaire, mêlant les lamelles et les éclats lamellaires,
puisque leur usage est identique et qu’ils proviennent
des mêmes séquences. Plusieurs modalités de débitage
ont été étudiées, dont l’usage d’éclats épais corticaux
comme nucléus est le plus caractéristique. Particuliè-
rement développé près des grands cordons de silex de
la baie d’Audierne, au sud du département, elle
comprend un fractionnement des galets au percuteur
dur, puis une implantation de la table lamellaire à
l’opposé du point d’impact et aux dépens de la face
supérieure de l’éclat. Le nucléus à l’abandon ressem-
ble à un grattoir caréné (Marchand, 2001).
Parce que l’identification de ces éléments ultramicro-
lithique était plus aisée sur les chemins côtiers très
érodés et délavés par la pluie, le groupe de Bertheaume
a été longtemps un « faciès côtier ». Les prospections
ultérieures ont permis de garnir notablement l’inté-
rieur de ce département. Parmi les trente-cinq sites
désormais reconnus (tabl. 1), six ont fait l’objet de
sondages : Kergalan et Kervouyen (Plovan), la Ville-
neuve (Locunolé), la Trinité-Goarem-Lann (Melgven),
Quillien (Le Cloître-Saint-Thégonnec) et le Bilou (Le
Conquet). Des indices de présence à Er-Fons, sur l’île
de Groix (Morbihan), représentent pour l’instant une
limite sud-est, très provisoire (Marchand, 1990, 1992
et 2001), pour un groupe encore presque exclusive-
ment finistérien. Les prospections intensives en vallée
de la Vilaine (S. Blanchet), à l’embouchure de la
Loire (J.-Y. Gallais, M. Tessier) ou en Centre-Ouest
(G. Gouraud, C. Dugast) révèlent des industries
lithiques du Mésolithique ancien et moyen différentes
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du groupe de Bertheaume. Des fouilles récentes
comme celles de la Croix-Audran à Carnac (Blanchet
et al.
, 2002) permettent d’effectuer le même cons-
tat.
La vaste superficie de ces habitats est également à
noter : presque 50 000 m
2
pour Kervouyen (Plovan) et
Quillien (Le Cloître-Saint-Thégonnec), 10 000 m
2
pour
la Trinité-Goarem-Lann (Melgven), 6 600 m
2
pour
Kergalan (Plovan). Sur ce dernier, P. Gouletquer a
observé lors d’une évaluation inédite réalisée en 1981
de nettes concentrations séparées par des espaces à
faible densité de mobilier. Faire perpétuellement réfé-
rence à d’innombrables séjours de petits groupes hu-
mains demanderait au minimum une démonstration et
non pas seulement des analogies avec de petits abris-
sous-roche dont le statut fonctionnel était peut-être
fort différent. Évidemment, des études fonctionnelles
systématiques réalisées pour le Sauveterrien ne
montrent pas de différences marquées entre les sites,
mais plutôt des orientations des activités, d’ailleurs
surtout représentées par la boucherie (Philibert, 2002).
Cette observation se confirmerait si l’on considère les
rares occupations de plein air disponibles sur l’aire
sauveterrienne, qui ne montrent pas de discordance
technique majeure avec les abris-sous-roche (Amiel et
Lelouvier, 2003). Mais doit-on évacuer définitivement
les hypothèses de grandes communautés sédentaires ?
Cette nécessaire mise au point n’est que le prélude à
une recherche que nous souhaiterions débarrassée des
lourds préalables idéologiques, qui altèrent au moins
autant que le filtre taphonomique la compréhension de
cette période.
Fig. 1 –
Carte des sites attribués au groupe de Bertheaume. 1 : le Bilou, 2 : Kervouyen, 3 : la Trinité-Goarem-Lann ;
4 : Kergalan ; 5 : Quillien ; 6 : Toul-an-Naouch ; 7 : Kerangoarant ; 8 : pointe Saint-Michel ; 9 : Bertheaume ; 10 : Keryan ;
11 : Kerguelven ; 12 : Kermorvan ; 13 : Pont-ar-Roudouz ; 14 : Cougn-ar-Zac’h ; 15 : Kervignen ; 16 : Foënnec ; 17 : Ragué-
nez ; 18 : la Villeneuve ; 19 : Er Fons.
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LE BILOU AU CONQUET
Le site du Bilou, sur la commune du Conquet, se
trouve en arrière d’un front de falaise, aux abords de la
tête d’un petit vallon, à une altitude comprise entre 25 et
29 m. Le substrat géologique est constitué de granodio-
rite. Le gisement fut repéré par A. Cudennec qui y re-
cueillit plus de trente kilos de silex taillés. Le style de
débitage ainsi que quelques armatures permirent à M. Le
Goffic, archéologue départemental du Finistère, de subo-
dorer la présence d’un établissement mésolithique de type
Bertheaume, avec la présence de petits trapèzes et aussi
d’éléments néolithiques tels que des instruments en fibro-
lite. Dès lors celui-ci proposa une protection du site, ce
qui amena le service régional de l’Archéologie de Breta-
gne à prescrire une intervention archéologique en amont
de la création d’un lotissement sur le gisement.
L’intervention archéologique et l’étude ont été réa-
lisées en mai et juin 1999 par S. Blanchet et O. Kayser.
Une prospection de surface préliminaire a été mise en
place afin d’évaluer l’extension du gisement et de re-
connaître d’éventuelles concentrations de mobilier. À
l’issue de cette phase de prospection, deux sondages
ont dans un premier temps été réalisés manuellement
et par passes artificielles de 0,15 m d’épaisseur. Seul
un demi-mètre carré (à partir de 0,15 m avant la surface
du socle) a été intégralement prélevé et tamisé à l’eau.
Ces sondages de 2 m
2
ont été entrepris jusqu’au socle
rocheux afin de déterminer l’épaisseur des niveaux
superficiels et de reconnaître l’existence éventuelle
d’un niveau mésolithique en place. Il est apparu qu’un
horizon mésolithique non remanié était scellé par des
niveaux superficiels (couche de labour + colluvions)
dont la puissance variait entre 40 et 75 centimètres.
Les niveaux superficiels présentent du mobilier
Tabl. 1 –
Liste des sites attribuables au groupe de Bertheaume et nature de l’exploitation archéologique.
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Fig. 2 –
Le Bilou (Le Conquet, Finistère) : n
os
1 à 3 : pointes à troncature oblique ; n
os
4 à 12 : armatures Bertheaume ; n
os
13 à 21 : lamelles
à bord abattu ; n
os
22 et 23 : triangles à petit côté court ; n
os
24 à 32 : triangles scalènes apparentés Montclus ; n
os
33 et 34 : pointes triangulaires ;
n° 35 : pointe à base convexe ; n
os
36 à 39 : débris armature ; n° 40 : percuteur ; n° 41 : enclume (dessin : S. Blanchet).
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mésolithique et néolithique sur la totalité de leur épais-
seur. L’horizon en place est beaucoup plus compact
que les niveaux supérieurs et se caractérise notamment
par la présence de gros éléments lithiques posés (nu-
cléus, enclumes, percuteurs…) et de fines couches
cendreuses. L’horizon mésolithique, d’une épaisseur
d’environ 10 à 15 centimètres, est en contact avec le
socle. Il semblerait que les chasseurs-cueilleurs préhis-
toriques soient venus s’installer sur le rocher, la pédo-
genèse post-glaciaire ne s’étant pas encore développée.
Dans un second temps, onze tranchées de sondage ont
été réalisées – sur la base des données stratigraphiques
observées dans les sondages manuels – par un tracto-
pelle. Le niveau mésolithique en place a pu être observé
dans plusieurs de ces tranchées et semble conservé sur
une surface de 2 000 m
2
. Ponctuellement et de façon
aléatoire, six échantillons de 25 cm x 25 cm et deux
échantillons de 40 cm x 25 cm ont été prélevés au sein
de la couche archéologique puis tamisés. Ils ont livré
entre 53 et 310 pièces (esquilles comprises). Au total,
les tamisages ont permis de recueillir 2 678 pièces
(esquilles comprises) sur à peine plus de 1 m
2
de niveau
archéologique, avec 70 armatures.
Le corpus d’armatures recueillis lors de l’interven-
tion est constitué d’éléments de très petites dimensions
exclusivement en silex (fig. 2). Il constitue la panoplie
habituelle ou « moyenne » que l’on observe sur les sites
du groupe. L’existence de rares trapèzes dans les ni-
veaux colluviés du Bilou peut impliquer une seconde
occupation, bien plus modeste, au cours du Mésoli-
thique récent. Tous les échantillons prélevés dans la
couche archéologique ont livré des coquilles de noi-
settes en quantités variables. Un lot de coquilles a fait
l’objet d’une datation par le centre de Datation par le
radiocarbone de l’université Claude Bernard Lyon I.
La date obtenue est de (Lyon-1911 OxA) : 8 780 +/-
90 BP ; la calibration à 2 sigma donne l’intervalle de
8227 à 7596 av. J.-C. avec cinq pics de probabilité :
7915, 7937, 7933, 7955 et 8155 av. J.-C.
QUILLIEN
AU CLOÎTRE-SAINT-THÉGONNEC
Découvert en 1984, le site de Quillien couvre une
superficie d’environ cinq hectares et s’inscrit sur les
Fig. 3 –
Quillien (Le Cloître-Saint-Thégonnec, Finistère) : armatures, stratigraphie
et topographie du site.
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reliefs surplombant la rivière du Queffleuth (fig. 3). À
l’emplacement du site, la carte de Cassini (XVII
e
siècle) indiquerait la présence d’un ruisseau, actuelle-
ment tari, décelable par deux sources abondantes si-
tuées en contrebas.
Diverses opérations archéologiques ont été menées
pendant une dizaine d’années sur le site de Quillien,
des prospections individuelles, deux planigraphies
partielles et un petit sondage. La localisation des pièces
lithiques, soigneusement marquée, permet aujourd’hui
de caractériser les concentrations. Les 13 605 pièces
lithiques ne se répartissent pas de façon homogène sur
toute la surface considérée, mais se concentrent autour
de deux ensembles distincts, localisés sur des parcelles
différentes. Le premier se caractérise par un pourcen-
tage plus important d’un matériau local, le microquart-
zite calcédonieux, accompagné de pointes aziliennes,
d’armatures et de couteaux caractéristiques de l’Épi-
paléolithique. Sur le second, les microlithes de petite
dimension dominent au détriment des pointes azi-
liennes, dont le repérage est pourtant plus aisé (Gou-
letquer et Léopold, 1991). Seule la collection constituée
lors du sondage est concernée ici, les lecteurs intéres-
sés se reporteront à l’article de P. Gouletquer et
P. Léopold.
En 1990, un sondage de 12 m
2
fut implanté à l’in-
tersection de deux parcelles dans l’intention de complé-
ter les données issues des prospections. La récolte de
noisettes brûlées dans toutes les passes nous a incités
à vérifier la stratigraphie de ce site. Les notes rédigées
par P. Léopold indiquaient la présence d’une couche
végétale de 9 centimètres d’épaisseur, suivie d’une
couche argileuse de 17 centimètres d’épaisseur (fig. 3).
La poursuite de la fouille a entraîné la découverte d’une
ancienne structure de 20 centimètres d’épaisseur, au-
dessous de laquelle se trouvait un niveau non remanié
« d’arène » de 10 centimètres d’épaisseur, surplombant
la roche en place. L’examen de l’ensemble de la col-
lection a montré l’absence de tessons ou de débris
d’ardoise dans les niveaux inférieurs. Malgré la faible
extension du sondage (seuls deux mètres carrés ont été
entièrement fouillés), ces données suggèrent de consi-
dérer ceux-ci comme non remaniés. Les noisettes
destinées à l’analyse ont été prélevées dans la dernière
couche et provenaient toutes du carré 8b qui contenait
une armature Bertheaume. L’analyse a été réalisée par
le centre de Datation par le radiocarbone de l’université
Claude Bernard Lyon I. La date obtenue est de (Lyon
1912 OxA) : 8 805 +/- 60 BP ; la calibration à deux
sigma donne l’intervalle de 8202 à 7613 av. J.-C. avec
cinq pics de probabilité : 7880, 7920, 7929, 7940 et
7955 av. J.-C.
La collection correspondant à cette date comprend
415 pierres taillées, mais les opérations de tamisage
ont été effectuées de façon discontinue. Les techniques
de percussion se répartissent entre percussion à la
pierre dure et percussion à la pierre tendre. La première
a été utilisée pour dégager des éclats lors des premières
phases de la chaîne opératoire de débitage ainsi que
des éclats de réfection. La seconde a été employée lors
de toutes les séquences de plein débitage, excepté pour
dégager des éclats de réfection. Les corniches saillantes
observées sur l’un des nucléus confirment l’usage de
cette technique. De même, bon nombre de supports
présentent des talons émoussés, souvent punctiformes,
et toujours inframillimétriques avec des bulbes serrés
au niveau du talon. Les nucléus se caractérisent par un
débitage semi-tournant préférentiellement unipolaire.
Ils ont servi à obtenir des enlèvements allongés dans
une chaîne opératoire intégrée et ont été abandonnés à
cause des nombreux réfléchissements.
Parmi les microlithes collectés (fig. 3), on distingue
une pointe à base faiblement retouchée, un triangle
scalène allongé, une lamelle Bertheaume typique, une
lamelle à bord abattu à troncature rectiligne, accompa-
gnés de fragments et d’un microburin. Plusieurs fines
lamelles à 2 pans utilisées composent également la
collection et sont caractéristiques du débitage dispensé
au Mésolithique moyen. Les trois premières armatures
entrent dans la panoplie classique du groupe de Ber-
theaume. Avec ses 3 millimètres de large pour 17 mil-
limètres de long, la lamelle à deux bords abattus (n° 3)
entre dans la catégorie des lamelles très étroites. Les
deux bords épais et irréguliers ne se rejoignant pas,
cette pièce correspond parfaitement au taxon de
« lamelle Bertheaume ». Le triangle scalène (n° 1) se
caractérise par son étroitesse et sa longueur, l’angle
opposé à l’hypoténuse est obtus.
TOUL-AN-NAOUC’H
À PLOUGOULM
Le site de Toul-an-Naouc’h se trouve sur la
commune de Plougoulm sur la rive d’une anse régu-
lièrement rongée par les marées de la Manche. Se
présentant en coupe de falaise sous la forme d’une
couche organique en place, d’une vingtaine de centi-
mètres d’épaisseur moyenne et visible sur une dizaine
de mètres de long, il fut identifié par J.-C. Le Goff et
D. Roue qui ont ensuite régulièrement suivi son évo-
lution (Kayser
et al.
, 1990). Replacé dans son contexte
géographique d’origine, Toul-an-Naouc’h est un site
de bord de rivière, orienté à l’ouest, légèrement en
amont d’une confluence ; il était protégé au nord par
un affleurement rocheux, aujourd’hui recouvert d’une
couche dunaire (le site étant lui-même surmonté de
quelque trois mètres de dune) ; contrairement aux
apparences actuelles, ce n’était donc pas un site côtier,
la ligne de rivage étant alors à quelques kilomètres.
La couche archéologique recèle principalement de
l’industrie lithique mais aussi des coquilles de
noisettes, des charbons et un peu d’os brûlé. Le gise-
ment de Toul-an-Naouc’h est le premier des sites du
groupe de Bertheaume à avoir fait l’objet d’une data-
tion. Un prélèvement effectué dans la coupe a permis
d’obtenir une date sur coquilles de noisettes par Tan-
détron : 8 830 + 180 BP (Gif, Tan 89 339 – 8450 à
7500 av. J.-C.). Le sédiment se détachant de la coupe
a été systématiquement tamisé à l’eau (mailles de
2 mm), ce qui a permis de recueillir nombre d’élé-
ments rencontrés exceptionnellement sur les sites de
surface du groupe de Bertheaume. Le matériau utilisé
est un silex recueilli sous la forme de galets marins
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prélevés sur le rivage. Certains de ces galets ont sim-
plement été testés ou abandonnés dès le début de leur
exploitation, sans doute en raison de leur mauvaise
qualité.
La majorité des nucléus recueillis est unipolaire
(parfois sur éclats épais) et montre une production de
lamelles dont une forte proportion est très étroite
(entre 3 et 5 mm). Leur longueur est également ré-
duite, puisqu’elle se situe en moyenne entre 18 et
25 mm. Le plein débitage est orienté vers la produc-
tion de lamelles. Celles-ci ont les bords parallèles sur
leur plus grande longueur ; souvent ces bords
convergent à partir du dernier quart du support pour
former une pointe axiale ou déjetée. En règle géné-
rale, le talon est plus étroit que le corps de la lamelle,
le bulbe est bien marqué et les corniches sont abrasées
(fig. 4).
L’outillage commun, peu varié, est principalement
constitué d’éclats et de lamelles retouchées. La faible
ampleur des retouches sur la plupart des pièces reflète
plutôt des stigmates d’utilisation qu’un véritable façon-
nage. Les armatures ont été produites sur des lamelles
complètes, ce qu’atteste la quasi-absence de micro-
burins. Les triangles souvent apparentés au type de
Montclus dominent la panoplie des microlithes (37 %).
On trouve ensuite des lamelles à bord abattu (25 %),
des armatures Bertheaume (16 %) et des pointes à base
retouchée et à base naturelle.
DISCUSSIONS
Dans le système typochronologique français, mis
en place notamment par J.-G. Rozoy et A. Thévenin,
la présence de triangle isocèle apparaît comme déci-
sive pour qualifier le Mésolithique ancien, que l’on
fait d’ailleurs correspondre à la période pollinique du
Préboréal. Le terme de cette « case typologico-
environnementale » est donc daté autour de 8200 av.
J.-C. Notons en préalable que cette association
d’apparence commode peut vite être gênante, puis-
qu’elle laisse supposer un lien de cause à effet entre
les mutations techniques et environnementales, alors
que les démonstrations doivent être à chaque fois
régionales, quand bien même elles seraient possibles
(ce dont on peut fortement douter en l’espèce). En-
suite, lorsque le système est appliqué à des régions
éloignées des stratigraphies de référence, il se forme
comme un conglomérat de sites datés de la « fin du
stade ancien/début du stade moyen » sans pertinence
taxinomique réelle, puisque dans ce cadre simplifica-
teur un triangle isocèle suffit le plus souvent à traduire
Fig. 4 –
Toul-an-Naouc’h (Plougoulm, Finistère) : n
os
1 à 6 : lamelles à bord abattu ; n
os
7 à 9 : armatures Bertheaume ; n° 10 :
triangles scalènes ; n
os
11 à 18 : triangles scalènes apparentés Montclus ; n
os
19 à 27 : pointes ; n
os
28 et 29 : lamelles touchées ;
n
os
30 à 32 : lamelles brutes ; n
os
33 et 34 : nucléus (dessin : S. Blanchet d’après O. Kayser).
Le Mésolithique moyen en Finistère : de nouvelles datations pour le groupe de Bertheaume
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l’ancienneté de la série. Pour sortir de l’impasse, le
recours aux comptages isotopiques devrait avoir un
effet salvateur. En ce sens, la date obtenue à Toul-an-
Naouc’h était en accord avec ce que l’on savait de
l’évolution du Sauveterrien dans le Sud de la France,
même si elle était affectée d’une marge d’erreur im-
portante (Kayser
et al.
, 1990). Les deux nouvelles
dates pour des industries de type Bertheaume se pla-
cent dans le même créneau chronologique (tabl. 2 et
fig. 5), ce qui nous entraîne encore dans cette préten-
due charnière ! Cela pourrait s’expliquer par un effet
de plateau dans la courbe de calibration, qui tend
justement à distendre la chronologie et fait perdre de
sa pertinence à l’usage du radiocarbone dans l’orga-
nisation de ce corpus. Pour la période comprise entre
7600 et 8200 av. J.-C., le regroupement des dates se
fait autour de 8 800 BP
2
, sans possibilités d’affiner
dans l’immédiat l’organisation interne du Bertheaume,
déjà mis à mal par l’absence d’ensembles lithiques
restreints.
Par ses caractères typologiques, le groupe de
Bertheaume se distingue, au sud, du Mésolithique
moyen du Morbihan et du Centre-Ouest qui forme une
entité à part, qualifiée par J.-G. Rozoy de groupe sud-
breton (Rozoy, 1978) et au nord, des groupes d’Ille-
et-Vilaine (Kayser, 1991 ; Kayser et Faguet, 1991) et
du Cotentin (Ghesquière
et al.
, 2000). Les caractères
généraux de l’industrie Bertheaume présentent des
ressemblances morphologiques indéniables avec les
industries sauveterriennes du Mésolithique ancien et
du début du Mésolithique moyen (Gouletquer, 1973 ;
Kozlowski, 1975 et 1983 ; Marchand, 1990 ; Kayser
et
al.
, 1990 ; Laporte
et al.
, 2000). Les hypothèses de
S. Kozlowski suivaient une logique diffusionniste pour
rendre compte de la dispersion du composant S, qui
comprend toutes les industries dont il est question ici.
Défini dans l’aire sauveterrienne (Sud-Ouest de la
France) sur une impulsion issue des ensembles tech-
niques du Tardiglaciaire, il essaimerait vers le nord,
venant s’ajouter à un substrat local (Kozlowski, 1983).
Fig. 5 –
Projections sur la courbe de calibration des dates de Toul-an-Naouc’h, Quillien et le Bilou (d’après Oxcal 3.9, Bronk et
Ramsey, 2003).
Tabl. 2 –
Les dates par le radiocarbone du groupe de Bertheaume.
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Stéphane BLANCHET, Olivier KAYSER, Grégor MARCHAND et Estelle YVEN
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Le modèle chronologique de A. Thévenin suivait éga-
lement cette logique diffusionniste, puisque d’après ce
chercheur, le Sauveterrien est né au contact de l’Épi-
gravettien à la fin du Pléistocène, et il se répandrait
ensuite au cours du VIII
e
millénaire av. J.-C. jusqu’à
la Loire, par migrations de populations et par accultu-
ration pour le groupe de Bertheaume (Thévenin, 1996).
Cet essai de « géographie stylistique » nous conduit
inéluctablement à nous prononcer sur la dynamique
évolutive au Mésolithique ancien et moyen, et notam-
ment sur le prétendu rôle moteur du Sauveterrien.
J.-G. Rozoy l’a très justement fait remarquer – le vaste
espace compris entre le Finistère et le sud du Massif
central est un sérieux contre-argument à l’intégration
du groupe de Bertheaume dans le Sauveterrien (Rozoy,
1995). L’isolement du groupe finistérien n’a jamais été
rompu depuis les années 1970, malgré les prospections
assidues menées sur ses franges orientales, en Loire-
Atlantique et Vendée (Dugast
et al.
, 2000). Par ailleurs
en Poitou-Charentes, les rapports des industries avec
le Sauveterrien sont bien marquées, sans toutefois que
l’on puisse supposer une attribution pure et simple.
Malgré d’évidents problèmes stratigraphiques qui
limitent la réflexion en terme de système technique,
l’industrie de la Grange à Surgères (Charente-Mari-
time) semble proche du Sauveterrien de la région
éponyme, en un faciès évolué dit Montclusien (Mar-
chand
et al.
, 2000 ; Laporte
et al.
, 2000), même si les
formes des triangles scalènes sont moins effilées. Il se
distingue du groupe de Bertheaume par un moindre
recours aux pointes de tous types. Agglomérant éga-
lement plusieurs composantes et plusieurs périodes, le
niveau 5b de la Pierre-Saint-Louis à Geay (Charente-
Maritime) témoigne davantage d’influences croisées,
d’origine septentrionale, qui se manifestent notamment
par les pointes à base concave, et d’origine méridio-
nale, sous la forme de lamelles à dos et de triangles de
Montclus (Gouraud, 2000).
Les ressemblances entre Sauveterrien et groupe de
Bertheaume sont loin de l’assimilation ; les diver-
gences portent sur la diversité des types de pointes
dans le groupe de Bretagne et sur l’absence de pointes
de Sauveterre. Il faut donc bien admettre que le pre-
mier n’est pas l’extension septentrionale d’une même
vaste culture. La convergence technique est une hy-
pothèse nouvelle que l’on se doit de considérer. Les
deux groupes sont engagés dans une miniaturisation
de leurs outillages et ils possèdent un fonds commun :
triangles scalènes et lamelles à dos. Il est important
de noter que le groupe de Bertheaume et le Tardenoi-
sien-sud (en rive gauche de la Seine) possèdent des
éléments dits sauveterriens qui ne sont pas développés
de la même manière : les triangles de Montclus sont
connus en Bretagne, mais pas les pointes de Sauve-
terre ; les pointes de Châteaubriand du sud du Bassin
parisien sont une version « énorme » de la pointe de
Sauveterre, les triangles de Montclus ne sont pour
l’instant pas recensés (Hinout, 2002). Le Mésolithique
moyen du nord-Cotentin quant à lui ne développe pas
ces types, mais en décline d’autres, comme les
lamelles étroites à bord abattu ou les pointes à tron-
cature très oblique. Il y aurait donc un ensemble
d’entités techniques bien individualisées, qui par-
tagent certains types d’outils. Elles évoluent de la
même façon dans leurs grandes lignes : phase à
triangles isocèles et pointes à troncature oblique, puis
développement des triangles scalènes et des lamelles
étroites à bord abattu, tendance à la miniaturisation
évoquée autant en Normandie (Chancerel et Paulet-
Loccard, 1988) qu’en Aquitaine (Barbaza et Valdey-
ron, 1991). Les principes généraux du débitage sont
les mêmes, qui se manifestent par un débitage à faible
prédétermination, dans des chaînes opératoires inté-
grées. Une certaine diversité des méthodes doit pour-
tant être signalée, que l’on peut même observer dans
des méthodes qualifiées d’expédientes comme le
débitage sur éclat. On notera aussi l’importance du
débitage bipolaire en Basse-Normandie (Lefèvre,
2000), exceptionnel dans le groupe de Bertheaume.
Un retournement des comparaisons vers la Norman-
die, et par-là vers les entités techniques qui occupent
l’actuelle Angleterre, ne serait pas plus satisfaisant,
s’il ne s’agissait que de reproduire un schéma centre/
périphérie. Suivant en cela les analyses d’E. Ghes-
quière, qui insiste sur les similitudes entre les groupes
de Horsham et du nord-Cotentin (Ghesquière
et al.
,
2002), elles permettent de dessiner une entité tech-
nique cohérente de part et d’autre du détroit. Le
groupe de Bertheaume peut alors être conçu comme
une forme diminutive de cet ensemble.
L’image d’un groupe source – le Sauveterrien – et
de ses épigones est d’abord le résultat de l’antériorité
des recherches sur cette période dans le Sud-Ouest de
la France. Les implications de ce modèle en termes
historiques, comme l’hypothèse des migrations, sont
trop fortes en regard des preuves archéologiques dis-
ponibles. En réalité, les chronologies défaillantes dans
toute la moitié ouest de la France, de la Seine aux
Pyrénées, interdisent de se prononcer sur les in-
fluences réciproques de ces entités et il nous semble
préférable de proposer un modèle d’entités techniques
en interactions réciproques. Il importe à ce stade de
l’analyse de pondérer ces traits culturels, pour essayer
de leur donner un sens. L’outillage commun et même
le débitage sont très semblables sur toute l’aire consi-
dérée au Mésolithique ancien et moyen, ce qui cons-
titue en définitive un trait économique et culturel
important. Ces entités diffèrent par la typologie de
quelques types d’armatures : leur cartographie révèle
des territoires culturels de la dimension d’un dépar-
tement actuel. Tout nous échappe sur le fonctionne-
ment de ces sociétés et de leur économie, la consom-
mation de noisettes étant l’unique et dérisoire
information dont on dispose pour caractériser l’ali-
mentation !
NOTES
(1) Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du programme collectif de
recherche « Le Mésolithique en Bretagne », financé par le ministère de
la Culture pour la période 2002-2004, sous la direction de Grégor Mar-
chand et Estelle Yven
(2) Nous remercions Jacques Évin et Paula Reimer pour leurs précisions
quant aux conséquences des plateaux dans la courbe de calibration.
Le Mésolithique moyen en Finistère : de nouvelles datations pour le groupe de Bertheaume
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Estelle YVEN
10, rue Legendre, 29200 Brest
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