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Construction d'une échelle de représentation du contrôle chez les personnes âgées - article ; n°2 ; vol.93, pg 269-282

De
15 pages
L'année psychologique - Année 1993 - Volume 93 - Numéro 2 - Pages 269-282
Summary : Control and aging, a scale of internality for old people.
The study reports the elaboration of a French evaluative scale of Locus of Control internality in old people. A growing literature investigates the positive relation between the control experience of elderly people and their social and psychological adaptation, health and well-being. The dimensional aspect of this cognitive process constitutes a central problem in that field. An original French translation of the Rotter initial IE scale was used. Eleven items were selected by a Guttman hierarchical analysis on a first population. Secondly this scale has been proposed to 322 persons. Responses were analysed with a multifactorial method analysis (AFCM). A main unidi-mensional hierarchical structure of the items was confirmed. We propose a hierarchical scale of internality for elderly people (EHIPA), composed of 15 items : 11 relevant, 4 filling, scaling from 0 to 22, the internality control attribution in elderly French people.
Key-words : internality, aging, locus of control.
Résumé
Nous proposons de construire une échelle d'évaluation de l'internalité éprouvée à propos du contrôle de soi et de son environnement, chez les personnes âgées. La dimensionnalité de cet aspect de la conscience de soi a suscité de nombreux travaux aux conclusions souvent divergentes. Nous avons soumis une traduction originale de l'échelle IE de Rotter à une population de per- sonnes âgées. Sur les réponses obtenues nous avons procédé à une analyse hiérarchique de Guttman afin de sélectionner une série de onze items hiérarchisables. Cette nouvelle échelle a été proposée à une population de 322 sujets âgés. Une analyse factorielle des résultats (AFCM) conclut à l'existence d'une seule dimension prévalente. L'échelle ainsi construite (EHIPA) se compose de quinze items, onze critiques et quatre de remplissage, et permet d'exprimer par un score de zéro à vingt-deux la tendance à imputer une série d'événements à des sources internes à la personne.
Mots clés : internalité, vieillissement, locus de contrôle.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Daniel Alaphilippe
G. Chasseigne
Construction d'une échelle de représentation du contrôle chez
les personnes âgées
In: L'année psychologique. 1993 vol. 93, n°2. pp. 269-282.
Abstract
Summary : Control and aging, a scale of internality for old people.
The study reports the elaboration of a French evaluative scale of Locus of Control internality in old people. A growing literature
investigates the positive relation between the control experience of elderly people and their social and psychological adaptation,
health and well-being. The dimensional aspect of this cognitive process constitutes a central problem in that field. An original
French translation of the Rotter initial IE scale was used. Eleven items were selected by a Guttman hierarchical analysis on a first
population. Secondly this scale has been proposed to 322 persons. Responses were analysed with a multifactorial method
analysis (AFCM). A main unidi-mensional hierarchical structure of the items was confirmed. We propose a hierarchical scale of
internality for elderly people (EHIPA), composed of 15 items : 11 relevant, 4 filling, scaling from 0 to 22, the internality control
attribution in French people.
Key-words : internality, aging, locus of control.
Résumé
Nous proposons de construire une échelle d'évaluation de l'internalité éprouvée à propos du contrôle de soi et de son
environnement, chez les personnes âgées. La dimensionnalité de cet aspect de la conscience de soi a suscité de nombreux
travaux aux conclusions souvent divergentes. Nous avons soumis une traduction originale de l'échelle IE de Rotter à une
population de per- sonnes âgées. Sur les réponses obtenues nous avons procédé à une analyse hiérarchique de Guttman afin
de sélectionner une série de onze items hiérarchisables. Cette nouvelle échelle a été proposée à une population de 322 sujets
âgés. Une analyse factorielle des résultats (AFCM) conclut à l'existence d'une seule dimension prévalente. L'échelle ainsi
construite (EHIPA) se compose de quinze items, onze critiques et quatre de remplissage, et permet d'exprimer par un score de
zéro à vingt-deux la tendance à imputer une série d'événements à des sources internes à la personne.
Mots clés : internalité, vieillissement, locus de contrôle.
Citer ce document / Cite this document :
Alaphilippe Daniel, Chasseigne G. Construction d'une échelle de représentation du contrôle chez les personnes âgées. In:
L'année psychologique. 1993 vol. 93, n°2. pp. 269-282.
doi : 10.3406/psy.1993.28697
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1993_num_93_2_28697L'Année psychologique, 1993, 93, 269-282
Laboratoire de Psychologie expérimentale
Université François-Rabelais - Tours1
CONSTRUCTION D'UNE ÉCHELLE
DE REPRÉSENTATION DU CONTRÔLE
CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES
par Daniel Alaphilippe et Gérard Chasseigne
SUMMAR Y : Control and aging, a scale of internality for old people.
The study reports the elaboration of a French evaluative scale of Locus
of Control internality in old people. A growing literature investigates the
positive relation between the control experience of elderly people and their
social and psychological adaptation, health and well-being. The dimensional
aspect of this cognitive process constitutes a central problem in that field.
An original French translation of the Rotter initial IE scale was used. Eleven
items were selected by a Guttman hierarchical analysis on a first popul
ation. Secondly this scale has been proposed to 322 persons. Responses were
analysed with a multif actor ial method analysis (AFCM). A main unidi-
mensional hierarchical structure of the items was confirmed. We propose a
hierarchical scale of internality for elderly people (EHIPA), composed of
15 items : 11 relevant, 4 filling, scaling from 0 to 22, the internality control
attribution in elderly French people.
Key-words : internality, aging, locus of control.
La représentation du contrôle en psychologie sociale cognitive
a connu ces dernières années un succès théorique indéniable, bien
qu'elle donne lieu à des interprétations divergentes et que l'uni-
dimensionnalité de ce phénomène constitue un problème notoire.
Rappelons que la conception originale de Rotter (1966) s'ins
crit dans la perspective des théories néo-behavioristes sur l'appren-
: 1. 3, rue des Tanneurs, 37041 Tours Cedex. 270 Daniel Alaphilippe et Gérard Chasseigne
tissage social envisagé du point de vue du sujet. Le locus de
contrôle désigne la « perception qu'un individu peut avoir de l'exi
stence d'un lien entre un renforcement donné et l'un ou l'autre des
deux registres suivants de causes possibles de ce renforcement :
les caractéristiques et conduites personnelles, les forces et fac
teurs agissant dans la situation » (Dubois, 1991e). Cette dimens
ion constituerait à la fois un facteur de personnalité et un fon
ctionnement variable sous l'effet spécifique de situations parti
culières.
L'importance de ce facteur lors de la dernière partie de la
durée de vie n'a pas manqué de retenir l'attention des chercheurs.
A partir de la soixantaine, le vieillissement s'accompagne de
pertes de contrôle. Dans le domaine du travail, par exemple, la
proximité, puis le passage à la retraite font perdre à l'agent actif
une source importante de valorisation et de réalisation de soi,
même si à certains égards la retraite peut aussi entraîner un gain
en contrôle à travers la disparition des contraintes qu'entraîne
le travail (Heil, Krampen, 1989). Dans un autre domaine,
l'involution sur le plan corporel peut conduire elle aussi à une
perte de contrôle sous la forme de moindres capacités physiques,
et aller parfois jusqu'à des manifestations fort invalidantes.
Introduits par les recherches de Langer et Rodin (1976),
Schulz (1976), puis Peterson, Seligman et Vaillant (1988), les
travaux sur les relations entre l'âge et le contrôle aboutissent à des
résultats à la fois nombreux et contradictoires (Baltes et Baltes,
1986 ; Gurin, Brim, 1984 ; Lachman, 1986). En règle générale, les
auteurs tendent plutôt à faire l'hypothèse d'un accroissement de
la dimension interne du contrôle avec l'âge et ce jusqu'à l'adoles
cence (Dubois, 1987), mais aussi au-delà au cours du vieilliss
ement (Schulz, Heckhausen et Locher, 1991). D'autres résultats
mettent cependant en évidence l'évolution inverse chez les per
sonnes âgées (Lachman, 1983 ; Siegler et Gatz, 1985).
Les outils de recueil d'information sur la représentation du
locus de contrôle prennent le plus souvent la forme de questionn
aires. Lesquels peuvent cependant être de natures différentes en
fonction de leur spécificité et de leur dimensionnalité.
S'il existe des échelles générales de locus de contrôle sur le
modèle proposé par Rotter (1966), à côté sont apparus des outils
plus spécifiques, soit à une population : échelle pour les adoles
cents de Dubois (1985a, 19856, en français par exemple), ou pour
personnes âgées (Levenson, 1974), soit à un domaine tel que celui Internalité chez les personnes âgées 271
de la santé (mhlc : « Multidimensionnal Health Locus of Control »,
Wallston et Wallston, 1981).
Le nombre de dimensions impliquées par ces échelles varie
également, de deux (Gurin, Lao et Beattie, 1969) à sept (Coan,
Fairchild et Dobyns, 1973) selon Dubois (1985a). L'une des plus
utilisées parmi ces échelles multidimensionnelles est celle de
Levenson (1974). Elle comprend trois dimensions : la croyance
dans la chance, le sentiment d'être contrôlé par d'autres individus
détenteurs de pouvoir et le degré de maîtrise par le sujet de sa
propre vie. Une analyse factorielle effectuée sur une population
de 329 garçons étudiants de premier cycle a mis en évidence le
caractère orthogonal de ces trois facteurs.
Toutefois une recherche de Lachman (1986) qui reprend ces
échelles de Levenson montre que la multidimensionnalité elle-
même peut évoluer selon l'âge. Les trois dimensions précitées
apparaissent bien pertinentes pour décrire une population âgée
de plus de soixante ans, mais seulement par rapport à des
domaines spécifiques tels que les capacités intellectuelles ou la
santé. En revanche, elles s'avèrent non pertinentes au niveau
d'une population plus jeune. Le débat reste largement ouvert puis
qu'une publication de Shewchuk, Foelker et Niederehe (1990)
conteste à son tour le caractère multidimensionnel des résultats de
Levenson, sur une population de personnes âgées, cette fois.
En dépit, ou peut-être à cause de cette apparente confusion,
il nous a paru intéressant de reprendre l'étude à son point de
départ. Tout d'abord, parce qu'il existe un problème imputable
à l'effet de l'environnement culturel, alors que la quasi-totalité
de ces travaux portent sur des populations anglo-saxonnes et
qu'on a pu montrer la force des phénomènes normatifs dans ce
domaine (Beauvois et Dubois, 1988). Par ailleurs, les recherches
françaises se sont adressées uniquement à des adolescents
(Dubois, op. cit.) ou à des enfants (Dubois, 1991a) ou bien à des
adultes en relation avec leurs différents milieux professionnels
(Beauvois, Bourjade et Pansu, 1991).
En outre, les difficultés rencontrées tiennent beaucoup à des
problèmes de méthode. Les outils mathématiques utilisés consis
tent pratiquement toujours en des analyses factorielles essentie
llement descriptives, à l'occasion desquelles les seuils d'accep
tation des hypothèses d'existence ou de non-existence des diffé
rents facteurs laissent une large marge d'interprétation au cher
cheur. 272 Daniel Alaphilippe et Gérard Chasseigne
Enfin, il demeure que la représentation du contrôle constitue
une dimension déterminante quant à l'adaptation d'un individu
humain à son environnement et tout particulièrement lorsqu'il
s'agit de personnes vieillissantes. C'est pourquoi nous nous
sommes efforcés de construire un instrument de mesure de l'inter-
nalité adapté à une population française de personnes âgées.
Nous avons cependant cherché à éviter que cet outil soit
spécifique à cette afin de permettre des études compar
atives, tout en évitant que certains items apparaissent peu per
tinents pour une population âgée, tels ceux qui font référence aux
succès scolaires. Pour répondre à ces différentes contraintes nous
avons cherché à isoler à l'intérieur du questionnaire de Rotter,
traduit par nos soins, un sous-ensemble d'items homogènes,
constituant une échelle pour une population de personnes âgées,
et tel qu'il puisse rendre possibles des comparaisons avec des
populations d'âges différents.
1. CONSTRUCTION D'UNE ÉCHELLE D'INTERNALITÉ
POUR PERSONNES ÂGÉES
Nous nous proposons dans un premier temps d'élaborer une
échelle sur un échantillon restreint de personnes âgées, avant de
la valider sur une population plus large, en utilisant la technique
de l'analyse hiérarchique de Guttman qui garantit l'homogénéité
de la série d'items et permet de fonder sur un principe logique
fiable le calcul d'un indice de positionnement du sujet sur la
dimension sous-jacente à partir des réponses initiales de ce dernier.
1.1. Matériel utilisé
II consiste en une traduction française originale du questionnaire
initial de Rotter (op. cit.). Il se compose de 29 items qui comportent
chacun deux propositions, l'une exprimant une représentation externe
du locus de contrôle, et l'autre une représentation interne. La personne
interrogée désigne celle des deux propositions qu'elle estime la plus
proche de sa propre façon de penser2. Parmi ces items, 6 ont une fonction
de remplissage. Il reste donc 23 items pertinents. La position relative des
réponses « interne » et « externe » est distribuée aléatoirement.
2. Exemple : item 18. a) Beaucoup de gens lie réalisent pas combien leur
vie est déterminée par la chance ; b) Le hasard n'existe pas. Iniernalité chez les personnes âgées 273
1.2. Population
Quarante et une personnes âgées de 62 à 95 ans (âge médian : 70 ans)
ont été sollicitées pour répondre à ce questionnaire. Il s'agissait de
30 femmes et 11 hommes, qui participaient à des activités occupation-
nelles diverses dans le cadre de « l'Université du temps libre » de la ville
d'Orléans. Ils étaient volontaires pour répondre à notre investigation
proposée par la directrice de l'établissement.
1.3. RÉSULTATS
Rappelons que l'analyse hiérarchique de Guttman est une
méthode qui se propose d'établir une hiérarchie entre une série
de modalités constitutives d'une variable. Ce traitement s'appli
que à une matrice de n items figurant en colonne, et de i individus
représentés en ligne. Le croisement de la ligne 1 et de la colonne e
indique la réponse binaire du sujet 1 à l'énoncé c.
L'analyse consiste à construire à partir des réponses initiales,
par permutations successives des lignes et des colonnes, une
matrice terminale dans laquelle les items sont ordonnés de celui
qui reçoit le plus de réponses positives (ici « internes ») à celui qui
en le moins, de telle sorte que tout sujet qui a répondu
positivement à l'item de rang n ait répondu positivement égal
ement à l'item de rang n — 1, et à tous ceux qui le précèdent.
Toute configuration de la forme n = 1, n — 1=0, constitue
une dérogation au modèle ou « erreur ». Plus ces dernières s'avè
rent nombreuses, plus on s'éloigne du cas de hiérarchie et de ses
propriétés. Le coefficient de reproductibilité (Gr)8 permet d'évaluer
la proximité entre le modèle hiérarchique et les données recueill
ies. On retient l'hypothèse de hiérarchie lorsque ce dernier est
supérieur à 0,75. Dans notre cas, Cr = 0,80, E = 193, n — 24,
i = 41.
Nous avons éliminé tous les items qui présentent un nombre
d' « erreurs » élevé, en l'occurrence supérieur à 9, et tous ceux aux
quels plus de 90 % des sujets avaient répondu de la même façon. Il
nous reste une échelle constituée de 1 1 énoncés d'opinion dont nous
sommes assurés qu'elle est hiérarchique (Cr = 0.83) : l'Echelle
hiérarchique d'internalité pour personnes âgées, ehipa (en annexe) .
E 3. Cr = 1 — ■ — ; (E = nombre d'erreurs, n — nombre d'items, i — nombre
de sujets). "'
AP — 10 274 Daniel Alaphilippe et Gérard Chasseigne
Cette hiérarchie rend possible le calcul d'un score qui traduit
la position de chaque sujet sur la dimension qui oppose ceux qui
expriment une représentation du locus de contrôle plutôt « externe »
à ceux qui se montrent plutôt « internes ». Pour le calcul de ce
score, on comptabilise pour chaque item : deux points lorsque la
réponse « interne » est choisie, zéro point pour la réponse « externe »,
un point lorsque les deux opinions sont retenues. Cette procédure
se justifie à nos yeux dans ce dernier cas, car l'option d'internalité
se trouve atténuée par le choix conjoint dans le sens de l'exter-
nalité. Dans la population concernée nous avons relevé 40 cas
de double choix (4,5 % de l'ensemble des réponses), présentés
par 6 sujets (25 %).
Le score calculé sous cette forme varie de 0 (externalité
extrême) à 22 (internaute extrême). L'étude de la dispersion com
parée de la population sur I'ehipa et l'échelle Rotter-iE montre
que cette dernière donna lieu à une distribution bimodale de
moyenne : 12,1, médiane : 11,7, écart type : 3,5. L'ehipa présente
une distribution de moyenne : 9,4, de médiane : 9,1, d'écart type :
4,5. L'ajustement à une distribution normale est vérifié :
khi2 = 4,86, DDL = 5, p = 0,43.
L'échelle définitive que nous proposons comporte 15 items :
les 11 hiérarchisés et 4 de remplissage, dont 1 placé en première
place du questionnaire afin de diversifier les formulations et de
masquer la thématique de l'investigation.
2. ANALYSE FACTORIELLE
DES SCORES D'INTERNALITÉ
2.1. Distribution des scores
Dans un second temps, le questionnaire ehipa a été soumis
à une population de 322 personnes, âgées de 60 à 99 ans, d'âge
moyen : 74 ans, et composée de 57 % de femmes et de 43 %
d'hommes. Leur origine sociale, professions, niveau scolaire
étaient variés, ainsi que leur mode de vie et lieu d'habitation,
bien que tous domiciliés dans la région Centre.
Les scores d'internalité s'échelonnent de 2 à 21, et présentent
une distribution symétrique et unimodale de moyenne 10,96 et
écart type 3,45, mais dans laquelle les valeurs centrales appa- Internaute chez les personnes âgées 275
raissent sur-représentées, et les valeurs marginales sous-représen-
tées pour que cette distribution puisse être considérée comme
gaussienne (fig. 1).
1-2 3 4 5-6 7-8 9-1011-1 13-1 15 1 17-1 19 2 21-22.
scores
Fig. 1. — Scores d'internaute
Inlernality scores
L'homogénéité des 11 questions a en outre été vérifiée sur
cette population par le calcul d'un coefficient alpha de Cronbach :
alpha = .88.
2.2. Analyse factorielle des réponses
La nature et le nombre des dimensions sous-jacentes à la
représentation du locus de contrôle constituent, comme nous
l'avons dit, un des principaux problèmes soulevés par ce champ
de recherche. C'est la raison pour laquelle nous avons procédé à
une analyse factorielle, afin de mettre en évidence les éventuels
facteurs inhérents à l'échelle proposée.
Nous avons utilisé pour ce faire une Analyse factorielle des
correspondances multiples (afcm). Celle-ci s'applique aux don
nées recueillies par des questionnaires à réponses disjunctives
complètes et codage binaire (Benzécri et Benzécri, 1984). Le
logiciel utilisé était stat-itcf, version 4,0.
Cinq axes ont été recherchés, qui contribuent à expliquer
58 % de l'inertie totale (tableau I). 276 Daniel Alaphilippe et Gérard Chasseigne
Tableau I. — Valeurs propres et contribution à l'inertie de
chaque axe
Absolute values and percent explained by each axis
Axe Valeur propre % expliqué % cumulé
0,15 15 15
0,12 12 27
0,11 11 38
0,10 10 49
0,09 9 58
Les scores d'internalité apparaissent étroitement liés à
l'axe 1. Les deux sous-populations extrêmes constituant les
quartiles inférieur et supérieur des scores d'internalité se retrou
vent en effet aux deux pôles extrêmes de ce premier axe. Les dif
férentes questions se projettent de façon linéaire, les réponses
« internes » à gauche de l'origine, les réponses « externes » à droite.
On vérifie par ailleurs la traduction de « l'effet Guttman » dans
le plan des deux premiers axes : les observations se distribuent
sous la forme d'un nuage de forme quasi parabolique qui témoigne
Tableau II. — Contribution relative de chaque item à V inertie
expliquée par chaque axe
Relative contribution of each item to the inertia explained
by each axis
Question Axe 1 Axe 2 Axe 3 Axe 4 Axe 5
2 3,4 35,1 2,4 6,2 0,4
3 0,1 0,3 2 4 14,6 61,8
1,1 7,1 4 8,1 4,1 16,7
17,3 9,4 4,6 6 9,5
14,6 1,3 0,8 0,2 7 27
9 13,3 0,7 1,5 25,5 0,0
10 12,8 9,8 1 5,8 3,6
2,2 2 2 38,2 3,2 12 2,5
5,4 24,8 16,7 3 13 3,4
8,4 4,1 16,8 1,4 15,8 14
15 16,4 1,9 11,3 0,4 0,2 Inlernalité chez les personnes âgées 277
d'une forte dépendance entre l'ensemble des lignes (sujets) et
l'ensemble des colonnes (questions), découlant du principe de
hiérarchie décrit en 1 . 1 (Benzécri et Benzécri, op. cit.).
Afin d'interpréter les cinq axes calculés nous nous fonderons
classiquement sur les contributions relatives de chaque question
à l'inertie expliquée par chaque axe (tableau II).
Si, pour chaque axe et question, nous retenons exclu
sivement la contribution relative la plus élevée, nous aboutissons
au constat suivant.
L'axe 1 qui exprime avant tout la distribution des scores
d'internalité se trouve associé de façon privilégiée aux questions :
Q6 : « ... je préfère décider de mes actes moi-même » ;
Q10 : « Le hasard n'existe pas » ;
Q15 : « Nous sommes responsables des hommes politiques... »
L'axe 2 se trouve associé aux questions :
Q2 : « Le peu d'intérêt porté à la politique est la principale cause des
guerres... » ;
Q7 : « Le citoyen moyen a une influence réelle sur les décisions du
gouvernement... »
L'axe 3 se trouve associé aux questions suivantes :
Q12 : «Le nombre de nos amis dépend de notre gentillesse » ;
Q13 : « ... relation étroite... entre les études... et la situation... » ;
Q14 : « ...je n'ai qu'une faible influence sur les choses qui me concer
nent ».
Questions associées à l'axe 4 :
Q4 : « Sans une bonne part de chance, personne ne peut accéder à des
responsabilités » ;
Q9 : « ... obtenir ce que je désire n'a rien à voir avec la chance ».
Question associée avec l'axe 5 :
Q3 : « Chacun reçoit le respect qu'il mérite. »
Seul l'axe 1 peut donner lieu à une interprétation consistante
et opératoire puisqu'il distribue les scores d'internalité. Les autres
axes se trouvent associés avec des questions apparemment dispa
rates, alors que des thèmes voisins tels que l'intervention du
hasard, la conception de la carrière, ou le contrôle de la politique
apparaissent liés à des facteurs orthogonaux. Nous considérerons