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La vision - compte-rendu ; n°1 ; vol.64, pg 112-135

De
25 pages
L'année psychologique - Année 1964 - Volume 64 - Numéro 1 - Pages 112-135
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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La vision
In: L'année psychologique. 1964 vol. 64, n°1. pp. 112-135.
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La vision. In: L'année psychologique. 1964 vol. 64, n°1. pp. 112-135.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1964_num_64_1_27156— Psychophysiologie sensorielle III.
La vision.
Fuortes (M. G. F). — Visual responses in the eye of dragon fly
(Réponses visuelles dans l'œil de Libellule). — Science, 1963, 142,
69-70.
L'œil de Libellule comporte des centaines d'ommatidies avec
lentille conique, cellules transparentes, rhabdome à pigment sensible.
L'auteur a introduit dans une ommatidie de l'œil sectionné une micro
électrode, à la suite de Naka qui avait réussi, pour sa part, à en introduire
directement dans une des cellules visuelles, observant une dépolarisation
par la lumière (J. gen. PhysioL, 1962, 44, 571).
Fuortes a trouvé dans Fommatidie un potentiel stable de 30 à 60 m\x
à pôle négatif interne. A la lumière il y a réponse brève initiale, croissant
comme le log. de l'intensité, et ondulation consécutive. Comme pour
le Limule, un courant hyperpolarisant accroît la réponse, et un polarisant
la diminue. Il n'a pas été obtenu d'influx dans les conditions de l'étude
techniquement peu satisfaisante.
H. P.
De Valois (R. L.), Jacobs (G. H.), Jones (A. E.). — Responses
of single cells in primate red-green color vision (Réponses de cel
lules uniques dans la vision chromatique rouge- vert des Primates).
— Optik, 1963, 20, 87-98.
Étude sur le Macaque, qui a une vision trichromatique comme celle de
l'Homme. Exploration de cellules isolées du corps genouillé latéral sen
sibles au rouge et au vert (reliées à environ la moitié des cellules ganglion
naires de la rétine). Elles se sont montrées de deux types, les premières
stimulées par les grandes ondes et inhibées par les courtes (R + G — )
et les secondes (d'environ un même nombre) de type inverse (G + R — )•
Pour les radiations spectrales d'égale luminance, la fréquence d'influx,
à peu près constante de 700 à 640 mpi, varie très vite de 620 à 560
et de 510 à 480. — Après adaptation à la lumière verte, la composante
rouge a son maximum de sensibilité à 560-600 et, après adaptation à la
lumière rouge, la composante verte a son maximum à 530-560.
H. P.
Ratliff (F.), Hartune (H. K.), Miller (W. H.). — Spatial and
temporal aspects of retinal inhibitory interaction (Aspects spa
tiaux et temporels des interactions inhibitrices rétiniennes). —
J. opt. Soc. Amer., 1963, 53, 111-120.
Les auteurs enregistrent simultanément deux potentiels d'action (ou
plus) dérivés de fibres isolées du nerf optique de Limulus. Lorsqu'ils skn.sohfru,e 113
opèrent en éclairement constant, l'activité d'un groupe quelconque
d'éléments en interaction réciproque (groupe d'ommatidies) peut être
décrite par un groupe d'équations linéaires, une équation par élément.
L'activité d'un élément particulier s'exprime dans l'équation coor
donnée comme la résultante de l'excitation qu'exerce sur lui le stimulus
lumineux et des influences inhibitrices opposées exercées sur lui par les
autres éléments. La description quantitative ainsi esquissée peut être
étendue aux phénomènes transitoires associés aux variations du pattern
de l'éclairement rétinien, lorsqu'on tient compte du temps nécessaire
pour qu'un effet inhibiteur s'exerce d'un élément sur un autre.
Les inhibitions mutuelles qui s'exercent entre éléments nerveux
produisent des réponses minimum et maximum, selon l'ordonnance du
pattern de l'éclairement rétinien. Lorsque ce pattern varie dans le
temps, des fluctuations caractéristiques de la réponse nerveuse se
produisent.
Certains phénomènes connus de la psychophysiologie de la vision
humaine peuvent être associés à ceux qu'observent les auteurs sur
Limulus. Mentionnons ici les oscillations rappelant celles qu'on observe
aux fortes intensités dans l'effet Broca et Sulzer, grâce à des inhibitions
d'apparence rétroactive.
E. B.
Wolken (J.-J.). — Structure and molecular organization of retinal
photoreceptors (Structure et organisation moléculaire des photo-
récepteurs rétiniens). — J. opt. Soc. Amer., 1963, 53, 1-19.
Étude phylogénétique de la structure microscopique et ultra-micros
copique des photorécepteurs depuis la tache oculiforme des protozoaires
flagellés jusqu'aux bâtonnets et cônes rétiniens de l'homme, en passant
par les cellules visuelles des plathelmintes, celles des arthropodes, des
mollusques et des vertébrés inférieurs.
Dans tous les cas, il s'agit de systèmes hautement organisés, ensemble
de disques ou de tubes dont la structure interne est assez proche d'un
réseau cristallin. En coupe transversale, cette structure apparaît
lamellaire avec une périodicité variant de 100 à 400 Â.
A l'aide des techniques microspectrophotométriques, Wolken déter
mine la concentration des pigments photosensibles dans un bâtonnet réti
nien et, connaissant d'autre part les caractéristiques géométriques de
l'organisation interne du bâtonnet, il calcule la surface nécessaire à la
répartition des molécules pigmentaires sur les surfaces lamellaires ; cette
surface est égale à peu près à la surface lamellaire réelle si l'on considère
que les molécules ont un diamètre de l'ordre de 50 Â. Par le même procédé
de calcul, donc de façon très indirecte, le poids moléculaire de la rho-
dopsine est évalué à 60 000 pour la grenouille et 40 000 pour la vache.
La rhodopsine est extraite généralement de la rétine par la digi-
tonine en solution aqueuse. L'auteur utilise le complexe digitonine-
rhodopsine comme un modèle qui se révèle posséder les mêmes propriétés
A. PSYCHOL. 64 8 114 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
photochimiques que le bâtonnet rétinien lui-même et dont les micelles,
agrégats macromoléculaires, ont une organisation moléculaire qui
rappelle celle que l'on trouve in situ.
En conclusion, on pourrait considérer les disques ou les tubes
constitutifs des systèmes photorécepteurs comme des structures quasi
cristallines et admettre que ces structures sont le siège de phénomènes
caractéristiques d'un système à l'état solide, tels que le transfert d'énergie
ou de charge électronique. Dans le cas de transfert d'énergie, l'énergie
lumineuse absorbée aurait la possibilité de passer de molécule à molécule
jusqu'à atteindre la molécule susceptible de déclencher le processus de
transduction. Dans le cas de transfert de charge, il s'agirait d'une simple
photoeonductivïté, un courant électrique étant provoqué par une
absorption de lumière. Des processus de photoconduction ont été effe
ctivement mis en évidence dans la chlorophylle, le ß-carotene et on aurait
trouvé que la photo-isomérisation de la rhodopsine (jouant le rôle de
semi-conducteur) peut produire une énergie d'activation de 2,3 électrons-
volts.
Y. G.
Wagner (H. G.), Mac Nicol (E. F. Jr), Wolbarsht (M. L.). —
Functional basis for « on » — center and « off » — center receptiev
fields in the retina (Les bases de fonctionnement des champs réceptifs
dans la rétine). — J. opt. Soc. Amer., 1963, 53, 66-70.
Les cellules ganglionnaires de la rétine du poisson rouge peuvent
avoir des Champs réceptifs à centre on ou à centre off. En utilisant des
stimuli lumineux ponctiformes, on vérifie que, dans un champ réceptif
donné, des réponses on pures ou off pures s'obtiennent à n'importe quel
point du champ. La sensibilité est toujours maximale au centre d'un
champ réceptif, qu'il s'agisse d'une réponse off ou on. Mais le rapport des
sensibilités entre réponses on et off varie d'un point à l'autre du champ.
Les auteurs ont utilisé des stimulations à intensité constante aussi
bien que des stimulations telles que la réponse atteigne une valeur prédé
terminée, afin de bien mettre en évidence la sensibilité variable à travers
le champ. Comme Kufïïer sur le chat (1953), les auteurs trouvent un rétré
cissement du champ réceptif lorsque la rétine est adaptée à la lumière.
Finalement, le:; auteurs vérifient que la réponse évoquée par un
stimulus lumineux de toute taille et de n'importe quelle position à
l'intérieur du champ visuel, représente toujours la somme des contri
butions dé processus on et off.
E. B.
Noèll (W. K.), — Cellular physiology of the retina (Physiologie
Cellulaire de la rétine). — J. opt. Soc. Amer., 1963, 53, 36-48.
L'auteur aborde la physiologie rétinienne par des voies originales,
utilisant l'ischémie, les toxiques divers et ses résultats sont quelquefois
difficiles à raccorder à ceux fournis par la seule électrophysiologie. « La
tétine, dit Noell* n'est pas un simple système de conduction à travers PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 115
lequel les excitations voyagent comme dans un circuit modèle ; c'est
une organisation de cellules vivantes et bon nombre de ces cellules ne
font pas partie du système de conduction. » Depuis 1952 Noell utilise
en particulier l'injection intraveineuse ou intracarotidienne d'azide
de sodium (NaN3) laquelle provoque presque instantanément une
variation du potentiel de repos de l'électrorétinogamme, de très grande
amplitude. L'azide affecte donc le mécanisme des échanges ioniques
entre la rétine et les structures extra-rétiniennes. Ainsi se trouve posé
le problème de la barrière séparant la rétine du corps de l'animal. Pour
Noell cette « barrière vivante » est sans conteste l'épithélium pigmen-
taire, il tire argument du fait que la destruction mécanique ou chimique
(par l'iodacétate) de cet epithelium entraîne l'affaissement de la réponse
à l'azide. Pour Brown et Wiesel, pour Tomita, pour Brindley, c'est la
membrane de Bruch (située derrière l'épithélium pigmentaire) qui joue
le rôle que Noell attribue à l'épithélium pigmentaire. Noell répond à ces
auteurs que cette membrane de Bruch, tissu connectif composé de
mucopolysaccharides et de collagène, est incapable de jouer un autre
rôle que celui de support « mécanique » de la rétine. En ce qui concerne
l'onde c de l'E.R.G., ce n'est donc pas au niveau de la membrane de
Bruch qu'il faut chercher sa source mais au niveau de l'épithélium
pigmentaire.
Étudiant ensuite le métabolisme rétinien, l'auteur indique la diff
érence entre rétine et tissu cérébral quant à la dégradation des glucides.
Tandis que, dans le cerveau, le glucose est « brûlé » en CO2 et H2O, dans
la rétine il est dégradé en acide lactique et oxydé dans le cycle citrique
de Krebs. Les processus d'oxydation seraient freinés par l'excitation
lumineuse encore qu'il soit impossible actuellement de préciser quel
compartiment rétinien est le siège des modifications de métabolisme
induites par l'adaptation à la lumière ou à l'obscurité.
Une dernière partie est consacrée au cas des rétines de certaines
souches de rats et de souris dans lesquelles (il s'agit d'un caractère
mendélien récessif) les bâtonnets dégénèrent au cours des premières
semaines qui suivent la naissance. Cette anomalie ne s'explique pas par
un trouble du métabolisme glucidique. On ne peut non plus invoquer
une déficience dans la synthèse de la rhodopsine, bien au contraire il
y aurait plutôt excès de rhodopsine dans les rétines dégénérées compar
ées aux rétines normales. Il s'agirait d'un trouble de l'édification de la
structure cellulaire ou de son maintien, dont la nature est
actuellement inconnue.
Y. G.
Stieve (H.). — Das Belichtungspotential der Retina des Einsied
lerkrebses in Abhängigkeit von der Temperatur (L'E.R.G. du Pagure
et ses variations en fonction de la température). — Z. vergl. Physiol.,
1963, 46, 249-275.
En utilisant des préparations de la rétine isolée du Bernard-l'Ermite
(Eupagurus bernhardus), immergées dans un courant de liquide physio- 11ft ANAI.YSF.S mm.TOfirc APIIIOIIFS
logique de température stabilisée à 0,01° G près, il a été possible d'enre
gistrer un E.R.G. « pur » (c'est-à-dire franc de toutes influences cen
trales), et d'en étudier les variations en fonction du niveau thermique.
La réponse à l'éclairement de la rétine totale est de forme simple,
inonophasique, pour des stimulations brèves (moins de 150 ms). Avec
des stimulations prolongées, on distingue une latence, un temps d'éta
blissement avec ondulation de prééquilibre, une phase de niveau, une
persistance et un temps d'évanouissement, bref, toutes les étapes de
l'évolution de la sensation dans le temps (Piéron).
Toutes les caractéristiques temporelles de l'E.R.G. du pagure
varient de façon monotone en fonction de la température : quand
celle-ci s'abaisse, elles augmentent avec un Qio compris, suivant les cas,
entre 2 et 2,45. Par contre, l'amplitude du potentiel d'éclairement
varie de façon plus complexe : très faible en dessous de 5° C, elle aug
mente quand la température s'élève et passe par un maximum pour
13° C ; elle décroît pour des températures plus élevées et tend vers
zéro au voisinage de 25° C. Ce type de variation traduirait l'interaction
de plusieurs ordres de phénomènes, diversement influencés par la tempér
ature : réaction photochimique ; variations des potentiels de memb
rane des cellules réceptrices ; phénomènes métaboliques en relation
avec la reconstitution des pigments photolabiles.
Enfin, la vitesse de l'adaptation à l'obscurité augmente avec le
niveau thermique, tandis que la marge de validité de la loi de réci
procité de Bunsen-Roscoë se restreint : de 60-120 ms pour 5° C, elle
passe à 10-20 ms pour 25° C.
J. MÉ.
Hamasaki (D. I.). — The Effects of sodium ion concentration on
the electroretinogram of the isolated retina of the frog (Effet de
la concentration en ions Sodium sur l'électrorétinogramme de la
rétine isolée de la Grenouille ( Rana temporaria) . — J. Physiol.,
1963, 167, 156-168.
L'E.R.G. de la rétine isolée de grenouille est totalement aboli
lorsque 95 % des ions sodium de la solution de Ringer sont remplacés
par de la choline ou du sucrose. Les modifications observées sont
presque entièrement réversibles quand la rétine est replacée dans du
Ringer normal.
La réduction des amplitudes des ondes a et b de l'E.R.G., après
remplacements partiels du Sodium par de la choline, est proportionn
elle au logarithme de la concentration en Sodium de la solution étudiée.
Ces modifications de l'amplitude de l'E.R.G. sont comparables aux
réductions des potentiels d'actions enregistrés sur la fibre musculaire
(intracellulairement) par Hodgkin, et sur la fibre nerveuse myélinisée
de grenouille par Huxley, pour l'influence des variations de la concen
tration extracellulaire en sodium. , .<■■■'■
Le lithium ne peut remplacer le sodium dans le fonctionnement
rétinien. SENSORIELLE 117 PSYCHOPHYSIOLOGIE
Après comparaison des résultats obtenus en modifiant la concen
tration en sodium soit au niveau de la couche rétinienne interne, soit
au niveau externe, l'auteur suggère que ce sont les cellules réceptrices
les plus perturbées par ces modifications ioniques. Il se produirait pen
dant l'excitation un mouvement ionique du sodium dans les récepteurs.
Lorsque la rétine est placée dans une solution de Ringer dépour
vue de potassium, l'amplitude de l'E.R.Gr. décroît très lentement
(50 % en 60 minutes). Si l'on replace la rétine dans une solution de
Ringer normale, l'E.R.G. retrouve son amplitude initiale avec la
même lenteur. Hamasaki pense que les effets consécutifs à l'absence
de potassium extracellulaire doivent surtout dépendre d'une augment
ation lente de la concentration intracellulaire en sodium.
L. C.
Brindley (G. S.), Hamasaki (D. I.). — Evidence that the Cat's
electroretinogram is not influenced by impulses passing to the
eye along the optic nerve (Démonstration du fait que l'électro-
rétinogramme du chat n'est pas modifié par des influx transmis par
le nerf optique en direction de l'œil). — /. Physiol., 1962, 163,
558-565.
L'hypothèse d'une modification de l'activité rétinienne des Mammif
ères par des fibres centrifuges du nerf optique fut émise dès la fin du
siècle dernier par Monakow puis Cajol lorsqu'ils mirent en évidence
histologiquement de telles fibres.
Cependant la preuve et le rôle physiologique de ces fibres « efïé-
rentes » restent controversés. Les auteurs partent des observations de
Jacobsen et Gestring (1958) montrant que, chez le chat légèrement
anesthésié, la section intracrânienne du nerf optique provoque une
augmentation de l'amplitude de l'E.R.G. de l'œil « désefférenté ». Cette
section respectant l'irrigation sanguine de semblait apporter la
preuve que l'activité rétinienne peut être modifiée sous l'influence
d'influx provenant de centres supérieurs par l'intermédiaire du nerf
optique.
Brindley et Hamasaki reprennent ces expériences, avec une technique
similaire, sur le chat anesthésié au pentobarbital (5 chats) et sur le
chat vigile (œil atropinisé et anesthésié localement) (6 expériences). Ils
ne constatent aucune modification de l'E.R.G. de l'œil désefférenté que
les animaux soient anesthésiés ou non. Des fluctuations positives ou
négatives ont été observées immédiatement après section (2 minutes)
du nerf sur le chat non anesthésié mais toujours symétriques sur les
deux E.R.G. enregistrés simultanément sur oscilloscope cathodique.
Les auteurs rapportent une augmentation importante (120 %)
de l'E.R.G. sous pentobarbital mais, alors que Jacobsen et Gestring
n'observaient une telle influence que sur l'œil dont le nerf n'avait pas été
sectionné, ils ne trouvent aucune différence entre les activités élec
triques des deux yeux confirmant ainsi les résultats de Danis (1959) et
Arden, Granit, Pente (I960) sur l'animal décérébré. 118 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Après avoir comparé les niveaux d'anesthésie et les paramètres de
stimulation (rythme et intensité) utilisés dans les deux expérimentations,
Brindley et Hamasaki avouent ne pas pouvoir expliquer le désaccord
des résultats et soulignent que les effets de la section du nerf optique
décrits par Jacobsen et Gestring n'apportent pas une preuve certaine
de la présence de fibres centrifuges fonctionnelles.
Bien entendu les résultats négatifs de Brindley ne prouvent pas non
plus l'absence d'effets au niveau rétinien, l'E.R.G. pouvant
n'être que peu ou pas modifié par une régulation discrète ou inconstante ;
c'est ainsi que Jacobsen notait une plus grande variabilité de l'E.R.G.
(forme et amplitude) de l'œil avec nerf optique intact.
Ce point n'a pas été discuté par les auteurs de cet article.
J. Pe.
Hanyn (I.), Ali (M. A.). — Flicker fusion frequency of electro-
retinogram in light adapted goldfish at various temperature. —
Science, 1963, 140, 662-663.
Étude (à égalité de phases) de la c.f.f. du poisson rouge anesthésié à
trois températures, pour l'E.R.G. des deux yeux, successivement à des
luminances de 1 à 500 footcandle après 48 heures d'adaptation à la
température. Vérification de la loi de Ferry-Porter jusqu'à 250 fc qui
constitue un plafond.
La c.f.f- moyenne a montré une croissance linéaire avec la tempé
rature : 24,4 ± 1,9 à 50, 43,4 ± 1,3 à 150 et 67,2 ± 4,2 à 250.
H. P.
Kawabata (H.). — Changes in the human electroretinogram
during early dark adaptation (Variations dans l'électrorétinogramme
humain au début de l'adaptation à l'obscurité), /. opt. Soc. Amer.,
1963, 53, 386-390.
Crawford (1947), et Baker (1953) avec plus de détail, ont montré
que le seuil différentiel peut monter soudainement, peu avant la cessation
du stimulus d'adaptation. L'auteur étudie une situation expérimentale
comparable, à l'aide d'une électrode cornéenne qui permet l'enregi
strement de l'E.R.G. provoqué par un stimulus de brève durée. Ce
stimulus intervient avant et entre 0 et 1,6 s après la cessation du stimulus
adaptant. Tandis que l'onde b augmente d'amplitude, au fur et à
mesure que progresse l'adaptation à l'obscurité, l'onde a présente un
maximum aux environs de 0,1 s et se stabilise à partir de 0,2 s.
L'auteur remarque que l'onde b montrerait également un maximum
aux environs de 0,1 s, si on mesurait son amplitude en partant de la
ligne de base, au lieu de la faire débuter au fond de l'onde a. Si la cessa
tion de l'adaptation développait un effet off, celui-ci pourrait se cumuler
avec l'onde a. Or, la latence de l'effet off est de 60 ms environ et l'ampli
tude maximale apparaît 120 ms à 140 ms après la cessation du stimulus,
tandis que la latence de l'onde a n'est que de 20 ms. Une sommation PSYCHOPHYSÏOLOGIË SENSORIELLE 119
des deux effets peut-elle devenir visible dans les conditions de l'expé
rience ? L'auteur le croit possible mais convainc peu. Il discute encore
l'effet d'anticipation observé dans l'expérience psychophysiologique,
et qui peut atteindre 0,2 s. Il lui paraît impossible de relier un effet de
cet ordre de grandeur à la différence de latence de phénomènes facteur
de l'E.R.G. même, et c'est pourquoi il admet l'intervention de centres
nerveux supérieurs.
E. B.
Arduini (A.), Pinno (L. R.). — The Effects of flicker and steady
illumination on the activity of the Cat visual system (Les effets
de l'éclairement intermittent et stable sur l'activité du système
visuel du Ghat). — Arch. ital. Biol., 1963, 101, 508-529.
Les auteurs s'intéressent à l'activité « tonique » de la rétine, consi
dérable dans l'adaptation à l'obscurité (recueillant la sommation de
potentiels au niveau du chiasma ou du corps genouillé (par exemple
30 [xV en 2 ms à l'obscurité et 21 à éclairement stable). L'éclairement
intermittent à haute fréquence équivaut à l'éclairement stable, mais
non à basses fréquences. L'accroissement Brücke de brillance (10 à
15 ps) serait dû à une inhibition des unités off avec maintien de
l'activité des unités on. Les auteurs, dont les conceptions sont peu
précises envisagent que la phanie serait engendrée par une décroissance
de décharge rétinienne par rapport à la décharge à l'obscurité 1
H. P.
Bremer (Fr.). — Étude électrophysiologique de l'interaction bino
culaire. — C. R. Ac. Se, 1962, 255, 2040-2043.
Expériences sur le chat à encéphale isolé. Potentiels évoqués recueillis
en dérivation monopolaire de surface sur le corps genouillé latéral et sur
l'aire visuelle I du cortex.
Avec des stimulations par chocs électriques rectangulaires sur le
nerf optique homolatéral ou contralateral, on obtient des réponses
semblables aussi bien sur le corps genouillé que sur le cortex. Mais, à la
stimulation bilatérale simultanée, s'il y a une simple addition algébrique
un genouillé, il y a une augmentation considérable de la réponse corticale,
diminuant très vite avec la durée d'un intervalle entre les deux chocs
mais seulement pour les composantes tardives, postsynaptiques, de la
réponse.
En employant la stimulation générale de l'œil par un éclair homol
atéral, contralatéral, ou bilatéral simultané ou différé, les réponses
genouillées sont assez semblables à celles engendrées par les chocs
mais au niveau du cortex, il n'en est pas de même. Il n'y a pas d'accroi
ssement de la réponse à la stimulation bilatérale simultanée, même
quand elle est favorisée par une légère strychninisation, et Bremer
admet une certaine « occlusion », tandis que, au niveau genouillé il y a
toujours addition, un fait, en tout cas, se manifeste, c'est une réfracto- 120 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rite quand l'intervalle entre les deux éclairs atteint 40 ms, la réponse
enregistrée au second est à peu près annulée.
Mais on doit se souvenir de l'extrême complexité de la structure du
cortex visuel qui a environ mille fois plus de neurones que l'étape
genouillée et dont on recueille une réponse globale à des stimuli intéres
sant l'ensemble de l'œil, et, avec chocs sur le nerf optique, un ensemble de
fibres qui ne sont point homogènes.
H. P.
Wald (G.), Brown (P. K.), Gibbons (I. R.). — The Problem of
visual excitation (Le problème de l'excitation visuelle). — /. opt.
Soc. Amer., 1963, 53, 20-35.
La lumière absorbée par les récepteurs visuels transforme la rétinène
11-cis en rétinène all-trans. Ceci provoque une mise à nu progressive des
structures protéiniques et favorise de nouvelles réactions. Entre
l'absorption de la lumière et la réponse du bâtonnet, un processus
d'amplification est indispensable, car l'absorption d'un seul photon
peut la provoquer lorsque le bâtonnet est adapté à l'obscurité. Wald
envisage une catalyse enzymatique ou encore le percement d'une
membrane.
Bien que les travaux de Svaetichine et coll. et de Wiesel et coll.
aient montré qu'aux synapses entre cônes et cellules bipolaires de la
rétine de poissons des potentiels lents gradués se produisent, Wald
considère qu'on ne peut exclure la possibilité que des potentiels d'action
s'observent aux terminaisons des segments externes des récepteurs,
car Brindley (1960) rapporte en avoir dérivé sur la grenouille. Dowling
(1960) avait montré que chez le Rat, la vitamine A libérée dans la
rétine pendant l'adaptation à la lumière émigré dans l'épithélium
pigmentaire et retourne pendant l'adaptation à l'obscurité. La première
tâche consiste visiblement à trouver la relation entre les réactions
des pigments visuels et la microstructure des récepteurs, en vue d'expli
quer l'origine de leurs réponses nerveuses. Les auteurs suivent deux
chemins distincts : 1) L'examen microspectrométrique des pigments
visuels et de leurs sous-produits in situ ; 2) L'étude au microscope
électronique de la structure fine des bâtonnets, des cônes et de l'ép
ithélium pigmentaire.
Sur la rétine de la grenouille, le spectre d'absorption d'un bâtonnet
ne diffère point du spectre d'absorption d'une région rétinienne englo
bant avec ce bâtonnet beaucoup d'autres.
L'orientation des molécules de rhodopsine dans le segment externe
des bâtonnets est telle que leurs chromophores sont perpendiculaires
à l'axe longitudinal du récepteur. Ainsi leur pouvoir d'absorption de
lumière est maximal, comme le montre la théorie maxwellienne. L'utili
sation de lumière polarisée linéairement et de lumière non polarisée
permet de mesurer le degré d'orientation des molécules de pigment.
On trouve que l'orientation est proche de l'optimum, mais ne l'atteint
pas. Tous les chromophores ne sont donc pas perpendiculaires à l'axe