Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les Parisiens consacrent une part croissante de leur revenu au logement

De
6 pages
Les ménages parisiens dépensent, en 2006, 21 % de leur revenu pour se loger, contre 18 % dans l’ensemble de la France métropolitaine. Qu’ils soient propriétaires ou locataires, le logement pèse davantage dans leur budget qu’il y a dix ans. En effet, les dépenses de logement augmentent plus vite que les revenus. Face à ces difficultés, les locataires restent plus longtemps dans leur logement. La hausse des prix immobiliers a rendu l’accession à la propriété encore plus sélective qu’auparavant. Avec un tiers de leur revenu consacré au logement, les ménages à faible revenu fournissent un effort particulièrement élevé. Introduction Un taux d'effort record à Paris Locataires du secteur libre : même taux d’effort que les accédants pour une surface plus petite 37 % du revenu des sous-locataires et des locataires de meublés consacrés à leur logement 1996-2006 : une hausse généralisée des taux d'effort Augmentation des taux d’effort des accédants à la propriété modérée par celle de leur revenu Hausse des taux d’effort et baisse de la mobilité des locataires Plus forte hausse des taux d’effort pour les sous-locataires et les locataires de meublés Forte hausse du poids des dépenses de logement pour les ménages les plus pauvres
Voir plus Voir moins

ILE-DE-FRANCE à la page
N° 333 - Mai 2010
Les Parisiens consacrent
une part croissante de leur revenu
au logement
Les ménages parisiens dépensent, en 2006, 21 % de leur revenu pour se loger, contre 18 %
dans l’ensemble de la France métropolitaine. Qu’ils soient propriétaires ou locataires,
le logement pèse davantage dans leur budget qu’il y a dix ans. En effet, les dépenses de
logement augmentent plus vite que les revenus. Face à ces difficultés, les locataires restent
plus longtemps dans leur logement. La hausse des prix immobiliers a rendu l’accession
à la propriété encore plus sélective qu’auparavant. Avec un tiers de leur revenu consacré
au logement, les ménages à faible revenu fournissent un effort particulièrement élevé.
Pierre-Emile Bidoux, Insee Ile-de-France
Stéphanie Jankel, APUR
a dépense de logement prend tement, le plus souvent par un membre gement permettent de réduire les taux
deux formes principales : le paie- de leur famille (➩■ Source et défini- d’effort des ménages les plus pauvres).L ment d’un loyer mensuel ou le tions). Le surcoût du logement à Paris n’est
remboursement d’un emprunt contracté donc pas compensé par le niveau de re-
pour acheter un logement. En 2006, 73 % venu plus élevé dont bénéficie enUn taux d’effort record à Paris
des ménages parisiens, propriétaires ac- moyenne les Parisiens. La moitié des
cédants ou locataires, sont concernés Qu’ils soient accédants à la propriété, ménages parisiens consacrent plus de
par une telle dépense✎❶. En effet, seu- locataires d’un logement HLM ou d’un 15 % de leur revenu au paiement de
lement 21 % des ménages parisiens logement privé, les ménages parisiens leur loyer ou au remboursement de leur
sont des propriétaires n’ayant plus consacrent, en tenant compte des aides prêt immobilier. C’est le cas de seule-
d’emprunt à rembourser. Ils acquittent ment 36 %des ménages de France mé-au logement, une part plus importante
uniquement les charges et les taxes pe- de leur revenu à se loger (21,3 %) que les tropolitaine et 42 % des ménages
sant sur leur logement. Par ailleurs, 6 % ménages franciliens (19,3 %) ou métro- franciliens. Pour 16 % des ménages pari-
des ménages parisiens sont logés gratui- politains (18,3 %) (➩■ Les aides au lo- siens, le logement représente même plus
72,5 % des ménages parisiens paient un loyer ou remboursent un emprunt
Répartition des ménages parisiens selon leur statut d'occupation en 2006
Locataires d'un logement loué vide Ensemble EnsembleSous-locataires Propriétaires
Propriétaires des ménages Logés des ménageset locataires non Total
Social Locatif accédants ayant une dépense gratuits sans dépensede meublés accédantsHLM Loi 1948non HLM libre de logement de logement
Effectif 214 000 27 300 26 400 375 100 54 800 131 400 829 000 240 800 72 800 313 600 1 142 600
Part (en %) 18,7 2,4 2,3 32,8 4,8 11,5 72,5 21,1 6,4 27,5 100,0
Source : Insee, Enquête nationale logement 2006
PopulationFaible dispersion des taux d’effort dans le secteur HLMdu tiers de leur budget. Seulement 10 %
% Taux d'effort selon leur statut d'occupation des ménages - 2006des ménages franciliens et 7 % des 40
37,0ménages métropolitains sont dans cette
35situation. L’effort consenti par ces ména-
30,0ges correspond au niveau d’endettement 30
maximum retenu pour l’octroi de prêt.
25 23,3
22,3 22,2 21,7
20,520,3
19,220Locataires du secteur libre :
même taux d’effort que les accédants 14,015 13,1 12,8
pour une surface plus petite
10
Les propriétaires accédants consacrent
5
en moyenne 22,3 % de leurs revenus au
0remboursement de leur prêt immobi-
Propriétaires accédants Locataires du secteur HLM Locataires du secteur libre Sous-locataires et
de locataires meubléslier, soit deux points de plus que dans
Paris Ile-de-France France métropolitainela région et trois points de plus qu’en
Champ : les taux d’effort des locataires dans le secteur social non HLM, et ceux des locataires dans le secteur loi de 1948 neFrance métropolitaine ✎❷.Dansle
peuvent être calculés pour des raisons de fiabilité statistique.
secteur locatif libre, l’effort financier Source : Insee, Enquête nationale logement 2006
des ménages parisiens pour se loger est
proche de celui des accédants pour un
2
logement nettement plus petit (48 m
d’effort est 2,5 fois plus élevé que celui culièrement rapide et n’a pas été com-2
en moyenne contre 73 m pour les
des locataires du secteur HLM. pensée par une progression équiva-
accédants). Les ménages locataires du
lente des revenus. Le taux d’effort des
secteur HLM consacrent, quant à eux,
Les logements parisiens en sous-location ménages s’est donc dégradé en France
seulement 14 % de leur revenu à se loger, 2
ou loués meublés sont les plus petits (22 m métropolitaine et encore plus à Paris.
soit 0,9 point de plus que dans la région 2
en moyenne, contre 59 m pour l’en- Ainsi, davantage de ménages parisiens
et 1,2 point de plus qu’en France métro-
semble des résidences principales). Ces consacrent plus du quart de leur revenu
politaine. C’est dans ce secteur que les
logements accueillent principalement à se loger en 2006 qu’en 1996 (30 %
inégalités entre Parisiens, Franciliens et
des étudiants aux revenus souvent fai- contre 26 %)✎❸. Qu’ils soient proprié-
métropolitains sont les plus faibles.
bles. Plus du quart de la population re- taires, locataires des secteurs HLM ou
censée comme inactive à Paris en 2006 libre ou sous-locataires, les ménages
37 % du revenu des sous-locataires
est sous-locataire ou locataire d’un loge- parisiens dépensent une part de plus en
et des locataires de meublés
ment meublé. plus importante de leur revenu à se loger.
consacrés à leur logement
Pour les ménages qui paient un loyer ou1996 – 2006 : une hausseLes sous-locataires ou locataires de loge-
remboursent un emprunt, le taux d’effort
ments meublés, soit 5 % des ménages généralisée des taux d’effort
progresse de plus de deux points entre
parisiens, connaissent la situation la plus
1996 et 2006 (➩■ Les taux d’effort desdifficile. Ils consacrent plus du tiers de Entre 1996 et 2006, la hausse des prix
ménages parisiens augmentent de 7
leur revenu à se loger (37 %). Leur taux des logements et des loyers a été parti-
points en 20 ans). Au cours de cette pé-
riode, le taux d’effort a augmenté plus
fortement à Paris (+ 2,3 points) qu’en
En 2006, davantage de ménages parisiens ont une dépense de logement qu’en 1996 Ile-de-France (+ 1,7 point) ou que dans
les communes de petite couronne (+ 1,3Répartition des ménages parisiens selon leur taux d'effort
point).
Augmentation des taux d’effort
27,4 21,5 11,7 9,3 14,5 15,62006
des accédants à la propriété
modérée par celle de leur revenu
Les dépenses des accédants à la pro-
priété ont fortement augmenté entre
1996 et 2006 (+ 46 %) en lien avec la31,7 20,4 12,8 9,4 10,5 15,31996
forte hausse des prix de l’immobilier
✎❹. Ils empruntent plus, sur une
% durée plus longue. Le montant des
01020 30 40 50 60 70 80 90 100 emprunts a plus que doublé et celui des
Pas de taux d'effort Moins de 15 % De 15 à moins de 20 % apports personnels a progressé de 26 %.
De 20 à moins de 25 % De 25 à moins de 33 % 33 % ou plus En parallèle, le revenu moyen des accé-
Source : Insee, Enquêtes nationales logement 1996 et 2006 dants a lui aussi fortement progressé.Les revenus des ménages parisiens augmentent moins vite que leurs dépenses Ils sont par ailleurs plus âgés avec 4 ans
de logement de plus en moyenne que l’ensemble des
Parisiens.1 400
Dépenses moyennes de logement par ménage à Paris
+46%
1 200
Hausse des taux d’effort
1 000 et baisse de la mobilité des locataires
+15%
800
Les locataires du secteur locatif libre
600 ont eux aussi subi une augmentation de
+17%
+30% leurs dépenses de logement de 1996 à
400
2006 (+ 15 %) qui n’a pas été com-
200 pensée par une progression équivalente
des revenus (+ 13 %). Leur taux d’effort
0
Locataires du secteur HLM Locataires du secteur librePropriétaires accédants Sous-locataires et passe de 22,9 % à 23,3 % pour des lo-
locataires de meublés
2
gements en moyenne plus petits (- 8 m ).
La mobilité de ces ménages a égale-
6 000
ment fortement diminué entre 1996 et+40% Revenu moyen des ménages à Paris
2006. Les ménages restent plus long-5 000
temps dans leur logement pour éviter de
4 000 subir l’impact de l’augmentation des
+13%
+19% loyers lié à un nouvel emménagement.
3 000
Parmi les locataires du secteur libre, les2 000
-12%
ménages installés depuis moins de
1 000 quatre ans subissent la hausse la plus
forte de leur taux d’effort.
0
Propriétaires accédants Locataires du secteur HLM Locataires du secteur libre Sous-locataires et
locataires de meublés Par ailleurs, ce taux d’effort des locatai-
res HLM a augmenté de 1,2 point entre
40 1996 et 2006. Malgré un encadrement+ 9,1 points
Taux d'effort net des ménages à Paris
très strict de l’augmentation des loyers,35
la dépense des locataires HLM a aug-
30
menté plus fortement que leur revenu+ 0,4 point+ 0,9 point
25 (respectivement + 30 % et + 19 %). Le
20 nombre élevé de logements sociaux
+ 1,2 point
nouvellement créés ou réhabilités, dont
15
les loyers sont supérieurs à ceux des
10
anciens HLM, explique en partie cet ac-
5 croissement. L’augmentation des dépen-
0 ses de logement résulterait donc de
Propriétaires accédants Locataires du secteur HLM Locataires du secteur libre Sous-locataires et
locataires de meublés changements structurels du parc social.
1996 2006
Le taux d’effort des locataires du secteur
Champ : les taux d’effort des locataires dans le secteur social non HLM, et ceux des locataires dans le secteur loi de 1948 ne
social demeure toutefois très nettementpeuvent être calculés pour des raisons de fiabilité statistique.
inférieur à celui des autres locataires.
Source : Insee, Enquêtes nationales logement 1996 et 2006
Dans un contexte de hausse des prix de
En 2006, les ménages accédants décla- baisse des prix de l’immobilier, les fai- l’immobilier, cela a favorisé une baisse
rent un revenu net proche de 5 200 euros bles taux d’intérêt et le contexte écono- de la mobilité et un « enracinement » des
par mois, en progression de 40 % par mique globalement favorable se sont locataires dans leurs logements. Ainsi,
rapport à 1996. Les accédants consa- traduits par une diminution de presque 3 en 2006, 4 % seulement des locataires
crent cependant une part croissante de points de leur taux d’effort. Entre 2002 et de logements HLM ont quitté leur appar-
leur revenu à se loger. Une partie des ac- 2006, la hausse des prix immobiliers tement au cours de l’année, contre 13 %
cédants est exposée à des taux d’effort au-delà du niveau de 1996 a entraîné en 1996. La part des ménages présents
particulièrement élevés. En effet, 15 % celle des taux d’effort. Entre ces deux pé- dans leur logement depuis plus de 12
des accédants dépensent plus d’un tiers riodes, la sélection par le revenu se ren- ans atteint désormais 41 % au lieu de
de leur revenu pour leur logement. force ainsi parmi les candidats à 38 % en 1996. Cet enracinement se
l’accession. Ces derniers, déjà plus ri- traduit aussi par un vieillissement des
Le taux d’effort des propriétaires accédants ches que l’ensemble des Parisiens entre locataires. De 1996 à 2006, l’âge
reste fortement corrélé aux cycles des 1996 et 2002, le sont encore plus entre moyen des locataires de logements
prix de l’immobilier. Entre 1996 et 2002, la 2002 et 2006 (l’écart a plus que doublé). HLM passe de 50 à 53 ans.42% des moins de 30 ans consacrent plus du tiers de leur revenu à se loger à ParisPlus forte hausse des taux d’effort
pour les sous-locataires
27,4 21,5 11,7 9,3 14,5 15,6Totalet les locataires de meublés
60 ans ou plus 50,7 19,0 9,0 3,2 7,2 10,9
En 10 ans, c’est pour les sous-locataires
et les locataires de logements meublés
de 50 à 59 ans 24,3 37,8 10,7 11,3 10,8 5,1
que la situation s’est le plus dégradée. Le
revenu de ces ménages a en effet dimi- 21,7 26,6 12,3 9,8 18,2 11,4De 40à49ans
nué entre 1996 et 2006. Leur revenu
9,7 21,6 18,3 15,9 22,2 12,3moyen, déjà particulièrement faible, a De 30à39ans
ainsi baissé de 12 % de 1996 à 2006
Moinsde30ans 16,9 5,2 8,9 9,4 17,5 42,1alors que leurs dépenses de logement
%
augmentaient de 17 %. Leur taux d’effort
0 10 203040 50 60 70 80 90 100
a donc progressé de 9 points. Cette Pas de dépense logement Moins de 15 % De 15 à moins de 20 %
hausse importante est en partie liée à
De 20 à moins de 25 % De 25 à moins de 33 % 33%ouplus
leur emménagement récent : 22,6 % des
Source : Insee, Enquête nationale logement 2006
sous-locataires et des locataires de loge-
ments meublés sont arrivés dans l’année
contre 18,2 % en 1996.
En outre, en 10 ans, la situation des ou- Globalement, le poids des dépenses
Forte hausse du poids
vriers et des employés s’est dégradée dans le budget des ménages a d’autant
des dépenses de logement plus nettement que celle des autres ca- plus progressé que les ménages sont
tégories socioprofessionnelles. Ils sont pauvres. Ainsi, le taux d’effort despour les ménages les plus pauvres
particulièrement peu nombreux à ac- 200 000 ménages parisiens à bas reve-
céder à la propriété en 2006 : 2 % des nus ayant une dépense de logement aLe taux d’effort des employés ou ou-
employés et ouvriers parisiens sont ac- augmenté de 4 points en 10 ans. A Paris,vriers est supérieur de plus de 6 points à
celui des cadres et de 4 points à celui cédants contre 15 % pour l’ensemble les inégalités face au logement se sont
des professions intermédiaires. Ils ont des employés et ouvriers franciliens. De donc accrues entre les ménages à bas
pourtant les dépenses de logement les plus, le taux d’effort des employés et revenus et les autres. L’écart se creuse
ouvriers a progressé de 5 points dans le également entre Paris et le reste de la ré-moins élevées (380 euros par mois,
parc locatif privé, contre 1 point seule- gion. Le taux d’effort des ménages à bascontre 900 euros pour un cadre et 700
euros pour les professions intermédiaires). ment pour les cadres. revenus à Paris est ainsi de 33 % contre
Les aides au logement permettent de réduire les taux d’effort des ménages les plus pauvres
Attribuées sous condition de ressources et en locations loi de 1948, ces aides permettent de taires accédants, des locataires HLM, et des
fonction de la composition du ménage, les ai- diminuer de presque 3 points le taux d’effort locataires du parc privé libre, sont majorés de
des au logement permettent de ramener les des ménages. Le taux d’effort passe ainsi en 5 %, celui des sous-locataires et locataires
taux d’effort les plus élevés à des niveaux sup- dessous de 15 % pour la plupart des ces mé- de logements meublés de 12 %. Plus le reve-
portables pour beaucoup de ménages. Les al- nages. De fait, l’impact des aides au loge- nu du ménage est faible, plus l’impact des
locations logement (AL) ou aide personnalisée ment est d’autant plus fort que les ménages charges sur le taux d’effort est important. Le
au logement (APL) ont un impact différent se- ont des revenus modestes. Les ménages pa- taux d’effort des ménages parisiens à bas
lon le parc de logement concerné. risiens à bas revenus voient ainsi leur taux revenus augmente ainsi de 8,7 points alors
d’effort diminuer de 15 points (- 1,4 point pour qu’il n’augmente que de 5,2 points pour les au-
A Paris et en Ile-de-France, les propriétaires, l’ensemble des ménages ayant une dépense tres ménages parisiens.
en raison d’un niveau de revenu relativement de logement).
élevé, sont très peu aidés. A l’inverse, les Les charges sont en effet, la plupart du temps,
Dans cet article, lorsque le montant de l’aidesous-locataires et les locataires de meublés exclues des taux d’effort nets et bruts. Elles le
est supérieur à la charge financière brute, onsont les plus aidés. Ils ont malgré cela, les taux sont toujours pour les propriétaires et pour les
considère que la charge nette estd’effort nets les plus élevés. Les aides au loge- ménages logés gratuitement. En revanche,
nulle. Les taux d’effort retenus sont les tauxment leur permettent toutefois de diminuer de certains locataires sont dans l’incapacité de
d’effort nets qui correspondent au niveau d’ef-8 points leur taux d’effort à Paris et de 6 points restituer un montant de loyer hors taxes,
fort consenti par les ménages.en Ile-de-France. Sans les aides, les sous- charges locatives et loyers annexes de dé-
locataires et locataires de logement meublés pendances (garages, box, parking, jardin,En tenant compte des charges, la part des dé-
ne pourraient probablement pas supporter etc.). Ces éléments non isolables du loyerpenses pour le logement dans le budget des
des loyers aussi élevés. L’impact des aides sont alors inclus dans la charge financièreménages augmente sensiblement.
pour les autres locataires est plus réduit. Le brute, la surévaluant légèrement. Cela concerne
taux d’effort des locataires du parc libre diminue En prenant en compte les charges (collectives essentiellement les locations du secteur libre, la
de 2 points. Dans le parc HLM, comme dans les et individuelles), les taux d’effort des proprié- sous-location et la location de meublés.24 % dans le reste de la région en 2006 vie professionnelle, ils sont souvent céli- Source
(respectivement 29 % et 26 % en 1996). bataires et n’ont alors qu’une seule L’enquête logement menée par l’Insee au-
source de revenu, assez faible. Ils sont près des ménages constitue la principale
Les ménages parisiens dont la personne aussi en début de parcours résidentiel, et source statistique pour décrire le parc de lo-
de référence a moins de 30 ans ont eux vivent dans le secteur libre, en tant que gements mais surtout pour mesurer la dé-
aussi des taux d’effort élevés✎❺. Pour locataires voire sous-locataires ou loca- pense et les taux d’effort des ménages pour
beaucoup de jeunes Parisiens, les dé- taires de meublés. Pour ceux qui louent se loger. La dernière enquête logement s’est
penses de logement dépassent 33 % de un logement privé, le taux d’effort est de déroulée en 2006. Un sur-échantillonage a
leur revenu, niveau d’endettement maxi- 31 % en moyenne. été réalisé en Ile-de-France, dans le cadre
mum souvent retenu pour l’octroi d’un d’un partenariat entre l’Insee, la Direction ré-
prêt. Ainsi, 42 % de ces ménages sont La situation des jeunes Parisiens s’est, de gionale de l’Equipement d’Ile-de-France,
dans cette situation, qui reste marginale plus, fortement dégradée entre 1996 et l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme
Ile-de-France et l’Atelier Parisien d’Urba-pour les Parisiens plus âgés. Ils ont, en 2006. Leur taux d’effort a augmenté de 9
nisme. Elle permet de disposer d’un échantil-effet, à la fois des revenus modestes et points alors qu’il augmentait de 4 points
lon représentatif et suffisamment importantdes dépenses assez élevées. En début de en Ile-de-France et de seulement 2
pour obtenir des résultats pour la région
Ile-de-France et pour Paris. Au total, plus de
13 600 logements ont ainsi été échantillon-
nés en Ile-de-France, dont 2 700 à Paris.
Définitions
Revenu des ménages : Il s’agit de la somme des revenus individuels per- Reste à vivre : il s’agit du revenu diminué de la charge financière nette,
çus au cours des douze mois précédant l’enquête. Il correspond au reve- rapporté au nombre d’unités de consommation du ménage. Il permet de
nu brut, net de cotisations sociales, avant abattement fiscal et paiement mesurer le revenu par unité de consommation disponible pour les autres
des impôts. Il n’inclut pas les aides au logement, celles-ci n’étant pas dépenses que celles liées au logement.
considérées comme un supplément de revenu, mais comme une mino-
Statut d’occupation :
ration de la charge financière liée au logement.
- Les propriétaires accédants sont des propriétaires occupants qui ont
Revenu par unité de consommation (RUC) : Le nombre d’unités de
effectué au cours des 12 mois précédant l’enquête un ou plusieurs ver-
consommation est établi suivant l’échelle de l’OCDE et d’Eurostat, en
sements au titre des emprunts contractés pour l’achat de leur résidence
comptant une unité de pour la personne de référence, 0,5
principale. Les propriétaires non-accédants sont les propriétaires occu-
unité pour toute autre personne de 14 ans ou plus et 0,3 unité pour
pants qui, soit n’ont jamais emprunté pour acquérir leur logement, soit
chaque enfant de moins de 14 ans. Un foyer est dit « à bas revenus »
ont fini de rembourser les emprunts contractés à la date d’enquête.
lorsque son RUC est inférieur à 60 % du revenu médian par unité de
- Les locataires et sous locataires sont des ménages acquittant un loyer.consommation de la population de référence (population âgée de moins
Un sous-locataire est locataire d’un locataire.de 65 ans, hors étudiants).
- Les personnes logées gratuitement ne sont pas propriétaires de leur loge-
Charge financière brute :
ment et ne paient pas de loyer. Ils peuvent néanmoins payer des charges.
- Pour les locataires, il s’agit du montant du loyer annuel acquitté au titre
Secteurs locatifs :
de l’occupation de la résidence principale, hors charges locatives ou de
copropriété. -Le secteur HLM est constitué des logements dont les loyers suivent la
législation HLM.
- Pour les accédants à la propriété, il s’agit du montant des rembourse-
-Le secteur social non HLM est un secteur assez hétérogène. Il est com-ments d’emprunts effectués au cours des 12 derniers mois.
posé des logements appartenant à l’Etat, aux collectivités locales, aux
- Les ménages logés gratuitement ainsi que les propriétaires non-accédants établissements publics, aux sociétés immobilières à participation majo-
ont une charge financière brute nulle. ritaire de la Société Centrale Immobilière de la Caisse des Dépôts et
Consignations (SNI, Icade), aux Sociétés d’Economie Mixte (SEM).
Charge financière nette : il s’agit du montant de la charge financière brute
Les secteurs HLM et social non HLM constituent le secteur locatif social.diminué des aides au logement perçues par le ménage.
Cette définition du secteur social est plus large que la définition du loge-
Taux d’effort :
ment social au sens de la loi SRU (qui fixe à 20 % la proportion minimale
Le taux d’effort brut est le rapport entre la charge financière brute et le de logements sociaux que doivent atteindre certaines communes et qui
revenu annuel total du ménage. Les ménages parisiens ayant une dé- ne vise que les logements dont les loyers et les ressources des occu-
pense logement consacrent 22,7 % de leur budget à se loger. pants sont plafonnés à un niveau fixé par l’Etat).
La prise en compte des aides au logement permet de réduire cette - Les logements soumis à la loi de 1948 : cette loi réglemente les loyers
charge pour les ménages. En prenant en compte ces aides, les ménages de certains logements du secteur privé achevés avant sa promulgation.
parisiens ayant une dépense logement ne consacrent plus que 21,3 % Cette catégorie juridique tend à disparaître progressivement, et
de leur budget à se loger (1,4 point de moins que le taux d’effort brut). On concerne une part marginale des ménages parisiens.
parle dans ce cas de taux d’effort net. C’est le rapport entre la charge fi-
-Le secteur libre : il s’agit des logements relevant du secteur privé (hors
nancière nette et le revenu annuel total du ménage.
loi de 1948) dont les propriétaires sont soit des organismes privés (ban-
Dans cet article il s’agit de taux d’effort nets. ques, assurances ou autres), soit des particuliers.en France métropolitaine. Il est ainsi passé Les taux d’effort des ménages parisiens augmentent
de 21 % à 25 % en Ile-de-France et de de 7 points en 20 ans
19 % à 21 % en France métropolitaine.
En 1984, 82 % des ménages parisiens sup- ment 5 % des ménages parisiens avaient un
portaient une dépense de logement (loyer ou taux d’effort supérieur à 33 % en 1984, alors
Les familles monoparentales, n’ayant remboursements d’emprunts). Cette dépense que c’est le cas de 16 % d’entre eux en
qu’un seul salaire, consacrent elles aussi représentait alors 14,2 % de leurs revenus. 2006. La hausse des taux d’effort est ainsi
une part importante de leur revenu au lo- Entre 1984 et 2006, cette part a augmenté de particulièrement forte pour les sous-locatai-
gement (28,3 %). Leur reste à vivre est 7 points. res et les locataires de logements meublés
même particulièrement faible du fait de (+ 19 points). Les taux d’effort des proprié-
De plus, les inégalités d’effort à consentir pour
leurs charges de famille. taires accédants et des locataires du sec-
se loger ont sensiblement augmenté au cours
teur privé libre sont très proches en 2006 et
de cette période.Enfin, les personnes de plus de 60 ans, ont connu la même progression (+ 8 points).
qui n’ont pas pu accéder à la propriété, En 1984, 71 % ménages parisiens avaient Les locataires du secteur social subissent la
sont généralement celles qui ont des moins forte augmentation de leur taux d’effortun taux d’effort inférieur à 15 %. Ils ne sont
faibles revenus. Ainsi, seuls 17 % des plus que 47 % en 2006. A l’inverse, seule- (+ 6 points).
Parisiens de 60 ans ou plus sont loca-
Une hausse généralisée des taux d’effort en 20 ans
taires du parc privé libre (52 % sont
%
40propriétaires) contre 43 % des ména-
Evolution des taux d'effort nets à Paris
ges parisiens dans leur ensemble. La 35
diminution des revenus qui accom-
30
pagnelepassageàlaretraite majore
25soudainement leur taux d’effort, avec
20le risque d’exposer une partie d’entre
eux à la précarité✎❻. 15
10
5
Des taux d’effort plus élevés, dans
le secteur libre, pour les personnes 0
1984 1988 1992 1996 2002 2006de 60 ans ou plus à Paris
% Propriétaires accédants Locataires du secteur HLM35
Taux d'effort des locataires du secteur privé libre Locataires du secteur libre Sous-locataires et locataires de meublés
31
Champ : Les taux d’effort des locataires dans le secteur social non HLM, et ceux des locataires dans le secteur loi de 194830
ne peuvent être calculés pour des raisons de fiabilité statistique.
25
25
Source : Insee, Enquêtes nationales logement 1984 - 1988 - 1992 - 1996 - 2002 - 2006
21
2019
20
Pour en savoir plus
15
Bidoux P.E. , Jankel S. : « 1996 – 2006 : forte hausse des dépenses de logement à Paris et en
10 petite couronne », Insee Ile-de-France à la page, n° 312 , janvier 2009.
5 Jankel S. , Salembier L. : « 1996 – 2006 : 10 ans de logement à Paris et en petite couronne - un
parc de logements renouvelé et en croissance continue », Insee Ile-de-France à la page, n° 301,
0
Moins De 30 De 40 De 50 60 ans juillet 2008.
de 30 ans à39ans à49ans à59ans ou plus
« Les conditions de logement en Ile-de-France en 2006 », DREIF, IAU-îdF, Insee, septembre 2009.
Champ : locataires du secteur libre uniquement.
« Les de logement en en 2002 », DREIF, IAU-îdF, Insee, octobre 2004.
Source : Insee, Enquête nationale logement 2006
Directrice de la publication : Sylvie MarchandINSTITUT NATIONAL
Comité de rédaction : Patrick Pétour
DE LA STDE LA STAATISTIQUE Chef de projet : Guillemette Buisson
Rédactrice en chef : Christel Collin Publication téléchargeable à partir du site Internet : www.insee.fr/ile-de-franceET DES ETUDES ECONOMIQUES
Secrétaire de rédaction : Françoise Beaufils
Direction régionale d’Ile-de-France Conception graphique : PAO Insee Ile-de-France ISSN 0984-4724
: Nathalie Droux - Nicolas RenaudMaquette7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux Commission paritaire n° 2133 AD
Impression :S.N.Rafal er© Insee 201078188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex Dépôt légal : 1 semestre 2010 Code Sage I1033352
Insee Ile-de-Fr@nce Infos : la Lettre d’information électronique vous informe tous les mois de l'activité de l'Insee Ile-de-France
www.insee.fr/ile-de-france