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Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.76, pg 623-660

De
39 pages
L'année psychologique - Année 1976 - Volume 76 - Numéro 2 - Pages 623-660
38 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°2. pp. 623-660.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°2. pp. 623-660.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1976_num_76_2_28166Psychologie générale
Haber (R. N.), Fried (A. H.). — An introduction to psychology. —
New York, Holt, Rinehart & Winston, 1975, 804 p.
Présenter l'état actuel des connaissances en psychologie, tout en
explicitant la démarche scientifique qui a permis d'acquérir ces connais
sances, tel est le but de ce manuel relativement gros (800 p.). L'intro
duction tente d'expliquer ce qu'est la psychologie (« la psychologie,
c'est tout ce que font les psychologues »), dénonce les idées fausses
pourtant communément admises concernant l'objet de la psychol
ogie et ses méthodes, insiste sur les caractéristiques d'une méthode
scientifique et apporte quelques précisions sur les applications et les
problèmes de déontologie. La première partie (intitulée « Principes du
comportement ») présente les principaux concepts concernant la sensat
ion, la perception, l'apprentissage, la mémoire, la motivation et la
biologie du comportement. La seconde partie (« Les processus cognitifs »)
s'intéresse au traitement de l'information, au langage et à la pensée,
aux états de conscience. La troisième partie (« Le développement de la
personnalité ») traite de la maturation, du cognitif et
affectif, des théories et de l'évaluation de la personnalité. La dernière
partie (« Le contexte social ») envisage l'individu dans la société et traite
des attitudes, des inadaptations et de la santé mentale. Le livre comporte
en outre un appendice sur les méthodes statistiques élémentaires (avec
tables), une bibliographie générale d'environ 700 titres cités dans le
texte, un index des matières faisant office de glossaire pour les rubriques
les plus importantes et enfin un index des auteurs.
Gomme d'autres manuels américains récents — mais d'une manière
peut-être encore plus accentuée — cet ouvrage a le triple mérite d'être
assez complet, de présenter d'une façon accessible certaines tendances
actuelles de la recherche (par exemple, la perspective de Yinformation
processing qui fait l'objet d'un chapitre) et d'insérer la psychologie
scientifique dans la vie quotidienne. Les auteurs se sont également
attachés à développer le caractère pratique que l'on attend d'un manuel :
chaque chapitre comporte des questions, un résumé et une petite
bibliographie (parfois surprenante, comme celle qui concerne la sensa
tion, où Proust côtoie Stevens) ; d'autre part, des textes complément
aires sont proposés tout au long des chapitres : aspects techniques,
applications, conseils pratiques, etc. L'ouvrage est, bien entendu,
richement illustré, de manière parfois humoristique, et orné de photos
de psychologues célèbres (pas exclusivement américains !).
Evidemment, on pourra toujours regretter telle ou telle absence ■
624 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
(par exemple la grande discrétion, dans les chapitres consacrés à la
psychologie sociale, sur les travaux de Shérif), mais c'est, semble-t-il,
surtout par le plan assez inhabituel que certains utilisateurs pourront
être gênés. L'organisation — pourtant logique — de l'ensemble conduit
en effet à traiter d'un même sujet à différents endroits : la mise en co
rrespondance de plusieurs sous-chapitres (prévue dans un manuel pour
l'enseignant, dont nous n'avons malheureusement pu disposer) sera
nécessaire pour une étude systématique de différents thèmes : pour ne
citer qu'un exemple, la théorie du développement opératoire de l'inte
lligence de Piaget est évoquée à la fois aux chapitres « Langage et pensée »,
« Maturation » et « Développement cognitif » ; on pourrait faire les mêmes
remarques à propos de problèmes perceptifs ou mnémoniques que les
auteurs sont conduits à réexaminer dans le chapitre consacré au trait
ement de l'information.
Finalement, malgré le choix délibéré d'un plan qui va « des maté
riaux de construction jusqu'aux édifices complets », encore un manuel
dont on souhaiterait avoir un équivalent français.
P. Marquer.
Underwood (B. J.), Shaughnessy (J. J.). — Experimentation in
psychology. — New York, John Wiley & Sons, 1975, 236 p.
Il s'agit là d'un ouvrage pédagogique visant à familiariser l'étudiant
de Psychologie aux rigueurs des plans d'expériences. Introduction à
cette partie de la méthodologie, ce livre n'est ni hardi ni ardu. Ni hardi
puisque, pour les auteurs, l'expérimentation en Psychologie se réduit à
la technique du plan expérimental. Une telle attitude, réduisant cons
idérablement la partie de l'ouvrage consacrée aux fondements de la
méthode expérimentale, conduit à des raccourcis quelque peu simplistes
sur la construction et le rôle de la théorie en psychologie. Ni ardu, et
c'est là la qualité essentielle de l'ouvrage puisque l'exposé et l'analyse
des plans indépendants, intra-sujets, mixtes, complets et incomplets,
s'accompagnent toujours d'illustrations pertinentes, puisées dans des
recherches récentes, qui rendent l'exposé aisé à suivre.
Cet ouvrage met l'étudiant au fait des techniques nouvelles, et lui
évitera certainement des erreurs dans la manipulation de ces techniques.
Toutefois il ne parviendra pas à lui faire éviter l'écueil habituel qui
guette le débutant : celui qui consiste à croire que la recherche en psychol
ogie est une affaire de recettes.
J. F. Camus.
Evans (R. J.). — Jean Piaget. The man and his ideas. — New York,
Dutton, 1973, 190 p.
Cet ouvrage s'intègre dans une collection — il en est le septième
volume — construite à partir de dialogues avec les principaux chercheurs
travaillant à la compréhension de la personnalité. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 625
A part, un long article de Piaget lui-même, synthétisant l'ensemble
de ses travaux, et un récapitulatif par l'auteur des principales arti
culations de l'Epistémologie génétique, le style de l'ouvrage, basé sur
la retransmission fidèle d'entretiens, ne réussit pas à s'affranchir d'un
aspect anecdotique et superficiel.
Beaucoup trop de questions sont posées, beaucoup trop de thèmes
abordés pour qu'il soit possible à Piaget de développer avec la rigueur
qu'on lui connaît, ses idées et ses réflexions.
L'autobiographie et la récapitulation des oeuvres de Piaget occupent
plus d'un tiers de l'ouvrage. C'est une partie redoutable et fascinante.
Redoutable puisque la carrière scientifique de Piaget, commençant
à 11 ans (1907) par la publication d'une étude sur Le moineau albinos,
se poursuit jusqu'à maintenant sans se démentir. Fascinante aussi
puisque l'évolution scientifique de cette carrière s'est faite au rythme
des développements de la Psychologie. Piaget a rencontré Freud, il
a travaillé avec Simon, avec les Gestaltistes fuyant l'allemagne nazie,
partout l'homme fut associé à ces grands moments de la Psychologie
européenne.
Quoi qu'il en soit, sans introduction ni synthèse, cet ouvrage laissera
sur sa faim le psychologue.
J. F. Camus.
Scharf (B.). — Experimental sensory psychology. — Glenview, Illinois,
Scott, Foresman & Co., 1975, 286 p.
Il ne faut pas s'étonner si, dans un ouvrage dédié à Stevens et publié
sous la direction d'un de ses élèves, on explique que la loi de puissance
est la meilleure loi psychologique et la méthode d'estimation directe la
plus adaptée à l'étude des relations entre caractéristiques physiques
et attributs subjectifs des stimulus. Ceci dit, cet ouvrage, destiné aux
étudiants américains graduate et undergraduate, est bon, ne tombe jamais
dans Y « à peu près » pédagogique et l'on ne peut que regretter que les français ne disposent pas de son équivalent.
Après une rapide introduction de B. Scharf, donnant un bref aperçu
des buts et des problèmes de la psychologie sensorielle, deux chapitres
forment une introduction à l'étude de la sensation. L'un, écrit par
J. G. Snodgrass, présente de façon détaillée les méthodes permettant
d'établir des échelles psychophysiques subjectives et de mesurer des
seuils absolus et différentiels. L'autre, de T. S. Brown, expose avec
précision et en tenant compte des résultats les plus récents (1974),
l'organisation biologique et le fonctionnement des différents systèmes
sensoriels.
Ensuite, quatre chapitre écrits chacun par un spécialiste du domaine
sont consacrés aux différentes modalités sensorielles : audition (Scharf),
Tact (Verrillo), goût et odorat (Brown) et vision (Ganz). On trouve dans
chaque chapitre une présentation des méthodes d'études propres à 626 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chaque domaine, le rappel des données historiques et classiques et le
point sur l'état actuel de la question. Par exemple, pour l'audition,
sont traités les notions d'acoustique physique, les seuils absolus et diffé
rentiels, la perception de la hauteur, de l'intensité et des autres attributs
subjectifs du son, les distorsions auditives et la localisation spatiale.
Pour la vision : les seuils, l'adaptation à la lumière et à l'obscurité,
l'acuité, les phénomènes temporels et la couleur.
Par le niveau auquel les phénomènes sont abordés et par la densité
de l'exposé cet ouvrage ne s'adresse pas aux débutants. On peut le
conseiller aux étudiants de maîtrise, en particulier à ceux du certificat
de Psychologie expérimentale. Nous pensons qu'il pourrait également
rendre service aux enseignants non spécialistes de la perception qui
auraient des cours à préparer sur ce sujet. Comme nous l'avons déjà
dit, cet ouvrage n'a pas à notre connaissance son équivalent en français,
on ne peut que souhaiter une (bonne) traduction qui contriburait sans
doute à réconcilier les étudiants avec la Psychologie expérimentale.
C. Gavé.
Stevens (S. S.), Stevens (G.) (Eds). — Psychophysics. Introduction
to its perceptual, neural and social prospects. — New York, Londres,
Wiley, 1975, v-329 p.
Il s'agit d'un ouvrage posthume dont les dernières annotations
sont de la main de la femme de l'auteur. Cet ouvrage s'annonce comme
une œuvre de référence qui laisse par endroits percer un aspect polé
mique. Nul doute qu'il sera fréquemment cité à l'avenir. Ce livre est
une somme. Il reprend les idées plusieurs fois émises par Stevens tout
au long de ses articles. Rien de nouveau, sinon une présentation syst
ématique de toutes ses idées avec toutefois en guise de supplément des
réponses à certaines critiques.
Le livre débute par un panorama historique et l'affirmation de
la validité exclusive de la fonction de puissance au détriment de la
fonction logarithmique de Fechner. L'exposant de la fonction de puis
sance prend des valeurs différentes selon les modalités sensorielles.
Cette fonction est annoncée comme valable tant au niveau collectif
qu'au niveau individuel. Les appariements intermodalités sensorielles
sont cités comme preuve péremptoire de la validité de la loi de puissance.
Stevens récuse en outre le terme de « subjectif » appliqué ordinairement
aux méthodes d'estimation. Les continuums sensoriels sont dichoto
mises en « prothétique » et « métathétique » selon des critères empiriques
et théoriques. Un chapitre entier est consacré aux appariements inter
modalités, à la fin duquel Stevens conclut à une certaine équivalence
des processus mis en jeu dans la vision de la brillance et de l'audition
des intensités sonores. Une place importante est réservée aux apparie
ments intramodalités sensorielles réalisées par des méthodes psycho- PSYCHOLOGIE GENERALE 627
physiques classiques ainsi qu'aux résultats obtenus qui, d'après lui,
sont en accord avec la validité descriptive de la fonction de puissance.
Dans le domaine des sons, il rappelle la découverte des quatre dimensions
psychologiques qui définissent subjectivement les sons et les relations
simples existant entre elles.
En ce qui concerne les appariements intermodalités sensorielles,
de nombreux résultats cités montrent l'accord entre les résultats prédits
et ceux qui ont été obtenus. Le « clou » est fourni par les observés
sur une population d'enfants de 5 ans et sur des sujets atteints de défi
cience sensorielle.
En ce qui concerne les échelles obtenues par partition et dont la
plus célèbre est celle, très ancienne, de la magnitude stellaire, ou encore
celle obtenue par Thurstone pour tester la loi de Fechner sur le continuum
de numérosité, l'on sait que pour les continuums prothétiques, celles-ci
sont habituellement considérées comme logarithmiques. Stevens émet
l'idée que la forme de cette fonction n'est que le produit de l'espacement
des stimulus et de leur répartition numérique sur la gamme étudiée
ainsi que de l'amplitude de cette dernière. Stevens propose une méthode
dite d'itération par laquelle la « vraie » forme de la fonction peut être
obtenue. Celle-ci n'est pas logarithmique. Mieux, en ajoutant une cons
tante appropriée à chacune des catégories en coordonnées bilogarith-
miques, l'on obtient une fonction de puissance dont l'exposant « a »
est baptisé « exposant virtuel ». La valeur de « a » est comprise entre
zéro et celle représentative de la modalité sensorielle (« caractéristique
opérante typique »). Si a = 0, la fonction est alors logarithmique. Le
seul cas connu est celui de l'échelle de magnitude stellaire. Exposants
réels et virtuels ne sont confondus que dans le cas des continuums
métathétiques. Stevens énonce ce qu'il appelle le principe de Plateau
selon lequel l'exposant virtuel demeure invariant pour toute transfor
mation linéaire portant sur les valeurs des stimulus de la gamme étudiée.
En d'autres termes, le point de bissection apparent doit demeurer
constant si l'on augmente l'intensité des stimulus qui bornent l'intervalle.
Deux chapitres sont consacrés au quantum neural et aux transduct
eurs. Stevens considère que le quantum neural ne constitue pas une
unité stable indépendante des paramètres expérimentaux tout comme
le seuil différentiel relatif.
De nombreuses applications des méthodes psychophysiques directes
à des domaines relevant du consensus social sont présentées. Il s'agit
d'une revue de question faite par l'auteur (prestige des professions,
du statut social lié au revenu, aux études ; gravité des délits, etc.).
Les estimations sont très souvent effectuées à partir d'appariements
intermodalités afin de contrôler la stabilité des jugements effectués.
Dans la plupart des cas, les résultats obtenus à l'aide des comparaisons
par paires s'inscrivent comme une fonction logarithmique des jugements
obtenus à l'aide d'une méthode directe. 628 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le dernier chapitre traite de points qui ont été l'objet de contro
verses et sur lesquels Stevens tente de s'expliquer (calcul de moyennes ;
problèmes soulevés par les variations de l'exposant selon la méthode
utilisée ou selon le degré de répétition des mesures, etc.). D'autres sont débattus, peut-être un peu trop brièvement eu égard
à leur importance (effets dus à la gamme des stimulus utilisés surtout).
L'ouvrage se termine par des tables d'équivalence stimulus réponse
entre sortes et brils.
Si l'ouvrage a le mérite de présenter clairement les idées (souvent
anciennes) de l'auteur, l'on regrettera la légèreté avec laquelle il prend
en considération certaines critiques expérimentales sérieuses entachant
de doute certains points de sa théorie (représentativité des exposants)
ou encore le refus de discuter et même de citer certaines veines de
recherches inspirées par son modèle (celles de Warren, par exemple).
A. Menchikoff.
Rabbitt (P. M. A.), Dornic (S.) (Eds). — Attention and performance,
V. — Londres, New York, San Francisco, Academic Press, 1975,
732 p.
Ce sont les 44 rapports présentés par les participants au cinquième
symposium du nom, qui composent ce gros volume de plus de 700 pages.
Après les Pays-Bas, puis les Etats-Unis (et avant la France cette année),
c'est à Stockholm que s'est tenue cette assemblée internationale en
été 1974. Les travaux rapportés visent tous à faire progresser la com
préhension des mécanismes psychologiques impliqués chez l'homme dans
un certain type de tâches. Sans que le domaine commun traité soit
clairement délimité, il s'agit en fait toujours d'activités impliquant
une prise d'information (saisie de signaux, de langage ou d'images),
et une réponse mesurable plus ou moins élaborée et exigeant donc un
traitement intermédiaire de cette information. Les divers travaux font
référence aux modèles théoriques actuellement classiques en psychologie
expérimentale portant sur ce traitement de l'information saisie qui
permettent, à partir des réponses (motrices ou verbales), ou de leur
latence, d'inférer soit quels aspects des signaux ont été saisis, soit quelle
part en a été traitée, comment et à quelle vitesse, ou dans quel ordre.
Un matériel considérable de données recueillies, en laboratoire, est
présenté. La majorité des communications expose une série de plusieurs
expériences et une discussion théorique sur l'ensemble des données,
parfois une revue de question plus large sur un problème. Chaque
article — de 10 à 20 pages — forme ainsi un morceau indépendant.
La réunion de ces pièces constitue une mosaïque, dense mais morcelée,
et le volume ne se lit certes pas comme un roman. Les éditeurs ont défini
a posteriori cinq thèmes généraux sous lesquels sont regroupés les
chapitres. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 629
Première partie : « Attention and set » (13 articles). C'est la partie
consacrée aux aspects les plus proches du versant sensoriel et perceptif
des activités traitées : effets de préparation, évaluation d'une dissy
métrie hémisphérique dans ces effets de préparation ou dans le contrôle
de l'attention, apprentissage d'automatismes, écoute sélective, dichoti-
que, perception d'images ou de mots, etc.
« La mémoire immédiate » fait l'objet de 5 articles : imagerie, écho,
rétention d'ordre, propriétés de la mémoire à court terme vue comme
trace, stockage ou fonction cognitive.
La troisième partie regroupe 11 contributions qui traitent de la
« transmission de l'information ou des temps d'identification des signaux
et de sélection des réponses » : temps de réaction de choix, mise en œuvre
de programmes moteurs (dans des séries de réponses manuelles, ou de
saccades oculaires), effets de drogues, « temps d'inspection » et stratégie
de classement des signaux.
« La mémoire à long terme » et « l'organisation des informations
mémorisées » sont traitées dans 5 articles. On s'occupe ici du codage
de l'information, de sa conservation (storage) et de son retrait. Les
modèles classiques de mémoire et d'apprentissage sont évoqués.
« La perception et la comparaison de stimulus complexes » constituent
la cinquième partie un peu à part, dans laquelle dix articles traitent
d'aspects plus originaux et délicats de tâches où la reconnaissance de
mots, de configurations visuelles, de propriétés de figures est analysée.
L'ensemble des variables utilisées ici aussi se rapporte généralement
encore aux effets d'apprentissage, aux effets de « bruit », aux modes
de codage ou à une hiérarchie des traitements.
Si ce volume ne semble pas contenir de découverte révolutionnaire
dans ce domaine à la fois bien rodé et ambitieux de l'analyse des perfor
mances de traitement de « l'information » par la machine humaine, il
fournit néanmoins au chercheur qui s'occupe de perception ou de
mémoire des documents de travail utiles. Ce sont autant de cailloux
blancs qui marquent le chemin vers une formalisation plus rigoureuse
des modèles en cours dans ce type d'étude. Ils sont représentatifs d'une
orientation de la recherche de laboratoire en psychologie expérimentale,
où situations et variables mesurées sont bien définies et conduisent à des
interprétations cohérentes des processus ainsi délimités, à condition
toutefois de rester dans les marges des tâches choisies. Une synthèse
de l'ensemble des conceptualisations auxquelles on est actuellement
parvenu aurait été fort appréciable, mais sans doute aussi infaisable
qu'illusoire, pour autant que les différents participants sont peut-être
plus liés par une méthodologie commune que par une unité de points
de vue et de conception théorique.
A. Levy-Schoen. 630 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Gregson (R. A. M.). — Psychometrics of similarity. — New York,
Academic Press, 1975, 262 p.
La notion de similitude en psychologie, quoique fréquemment
utilisée, demeure un concept mal défini prêtant à confusion et même à
contradiction si l'on examine la littérature. Gregson distingue différentes
conditions bien définies : situations de jugements absolus ; situations
où deux stimulus sont comparés l'un à l'autre ; situations où une paire
de stimulus est comparée à une autre paire ; où n stimulus
sont comparés à n autres.
Gregson développe surtout le modèle vectoriel élaboré vers 1950
par Ekman et par Eisler en 1960. Il en discute les problèmes de val
idation et les rapports avec la théorie de la mesure. Plusieurs autres
modèles sont présentés et discutés. D'après l'auteur, l'utilisation de
ces modèles pose le problème d'interprétation de la responsabilité
des paramètres introduits. Gela soulève des questions plus globales
que celles inhérentes à l'introduction du concept de similitude lui-même.
C'est ainsi que la validation empirique des différents modèles présentés
dépend davantage, d'après l'auteur, des techniques statistiques de test
que des modèles eux-mêmes. L'ouvrage se termine par une série de
procédures utilisables en vue d'établir des échelles de similitude. Celles-ci
ne sont toutefois pas utilisables indépendamment de l'assimilation des
modèles formels présents. Ce livre s'avère d'une lecture difficile en
raison de son caractère très spécialisé mais aussi à cause de références
implicites constantes faites aux modèles mathématiques développés
par Krantz, Luce ou Pfanzagl.
A. Menchikoff.
Uttal (W. R.) (Ed.). — Sensory coding : selected readings. —
Boston Little Brown & Co., Ltd., 1972, 481 p.
Les concepts et les modèles issus de la cybernétique ont permis,
conjointement aux développements des techniques de microélectro-
physiologie, un nouvel essor des recherches de psychophysiologie sensor
ielle. Une collection de 27 articles extraits de revues et de livres améri
cains et parus entre 1956 et 1969 compose ce livre sur le codage sensoriel.
Les choix de l'A. l'ont porté principalement sur les aspects les plus
physiologiques, et concernent le plus souvent la somesthésie. Pour une
fois dans ce genre d'ouvrage, les données concernant la vision sont nett
ement minoritaires. L'objectif principal du livre est pour l'A. de dégager
les principes du codage sensoriel en montrant la diversité des dimensions
de la réponse nerveuse qui peuvent servir de code à l'organisme. Il
insiste tout particulièrement sur la distinction entre un code, c'est-à-dire
les dimensions de l'activité nerveuse qui sont des indicateurs pertinents
des processus, et un signe qui concerne les dimensions de l'activité
nerveuse qui tout en étant liées au stimulus ne sont pas pertinentes
pour un comportement considéré. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 631
Comme toujours en la matière, le choix présente une part d'arbit
raire, et certaines questions pourtant largement débattues dans ce
domaine sont entièrement occultées ; ainsi du problème des modèles
dits de Fourier. Enfin, on peut regretter l'absence d'index tant des
auteurs que des sujets pourtant si traditionnels et si utiles dans ce genre
de livre.
C. Bonnet.
Klix (F.) (Ed.). — Organismische informations-verarbeitung.
Zeichenerkennung, Begriffsbildung, Problemlösen (Traitement de
l'information de l'organisme. Reconnaissance du signe, formation
du concept, solution du problème). — Berlin, Akademie-Verlag,
1974, 560 p.
Les Editions de l'Académie de Berlin (R.D.A.) ont édité sous la
direction de F. Klix les communications du symposium organisé sur
ce thème par la section de psychologie de l'Université Humboldt ; sym
posium que ses organisateurs considèrent comme une préparation
au XXIIe Congrès international de Psychologie de Leipzig, en 1980.
Dans une communication introductive consacrée à la connaissance
ainsi qu'aux processus cognitifs humains, F. Klix pose deux questions
importantes : 1) Qu'y a-t-il de commun entre la reconnaissance de la
forme, la formation du concept et la solution du problème ? 2) Quelle
est la relation entre ces trois domaines essentiellement cognitifs et le
langage ? Dans sa communication l'auteur esquisse une réponse for
malisée à ces questions. Il espère en outre que le symposium, grâce aux
interventions concernant la mémoire et la linguistique, va pouvoir
formuler des réponses au problème de la cognition, considérée à juste
titre comme la production la plus importante du système nerveux
humain.
Effectivement, les 43 communications qui sont groupées en trois
parties s'efforcent sinon de donner des réponses définitives, du moins
d'apporter une certaine clarté à propos de ces questions.
La première partie, consacrée à la « Reconnaissance de la forme et du
signal », traite des questions qui vont de problèmes concrets comme
celui du mécanisme de la discrimination de l'intensité sonore (P. Petzold)
ou de l'expérimentation sur la mémoire immédiate (A. F. Sanders et
S. M. Moss), jusqu'à des problèmes plus abstraits comme par exemple
la définition de la complexité (H. Thiele), ou plus physiologiques comme
l'effet de la parité dans le processus informationnel (D. Ko vac).
La deuxième partie portant le titre de « Formation du concept et
classification » est la plus courte du volume, puisqu'elle ne contient que
dix communications. On y trouve quelques recherches psycholinguis
tiques et sémiologiques, telle l'étude de M. Bierwisch examinant l'aspect
structurel de la formation du concept naturel (naturel par opposition