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Psychophysiologie et psychologie animale - compte-rendu ; n°1 ; vol.83, pg 267-278

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1983 - Volume 83 - Numéro 1 - Pages 267-278
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Psychophysiologie et psychologie animale
In: L'année psychologique. 1983 vol. 83, n°1. pp. 267-278.
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Psychophysiologie et psychologie animale. In: L'année psychologique. 1983 vol. 83, n°1. pp. 267-278.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1983_num_83_1_28463PSYCHOPHYSIOLOGIE
ET PSYCHOLOGIE ANIMALE
Levitt (R. A.). — Physiological psychology, New York, Holt
Rinehart et Winston, 1981, 594 p.
Avec ce livre, les étudiants américains et anglophones, déjà bien
pourvus dans ce domaine, disposeront d'un nouveau manuel de psychop
hysiologie. Ecrit par R. A. Levitt, spécialiste de la pharmacologie des
motivations, qui s'est, pour chaque chapitre, associé à divers coauteurs,
l'ouvrage offre un bilan assez complet de la psychophysiologie jusque
dans ses résultats les plus modernes. La principale réserve que l'on
pourrait formuler est que, comme souvent les ouvrages américains, il
se fonde essentiellement sur la recherche anglo-saxonne et ignore de
nombreux travaux européens de niveau comparable. Mais l'ensemble est
agréable, bien illustré, clairement exposé, et sera très utile aux étudiants
soucieux d'approfondir leurs connaissances sur les bases physiologiques
du comportement.
G. Chapouthier.
Wooldridge (D. E.). — Sensory processing in the brain, New York,
Wiley, 1979, 378 p.
Cet ouvrage constitue une approche théorique originale de la neuro
physiologie, du moins de son versant sensoriel. Entre les connaissances
accumulées dans le domaine de la neurobiologie fondamentale, notam
ment en ce qui concerne le métabolisme et les propriétés électriques du
neurone, et l'apport de la psychologie expérimentale, existe un énorme
fossé que l'auteur s'est efforcé de combler en adoptant le point de vue
de l'ingénieur, c'est-à-dire en établissant un catalogue des composants
neuroniques et de leurs caractéristiques, puis en recherchant quels
circuits, quelles connexions entre ces composants élémentaires sont
susceptibles de rendre compte du comportement global du système.
Les deux premiers chapitres sont ainsi consacrés à l'énoncé des
principales caractéristiques des différents types de neurones, considérés
comme opérateurs élémentaires de la circuiterie cérébrale.
L'auteur passe ensuite en revue les systèmes sensoriels, goût, odorat,
audition, sensibilité somesthésique et vision, en établissant pour chacun
leurs spécifications, le mode de représentation des informations, les Analyses bibliographiques 268
principales opérations effectuées, ainsi que les circuits neuroniques
réalisant ces opérations. On notera en particulier l'effort de quantifi
cation des modèles, notamment en ce qui concerne leurs « tailles »
respectives, c'est-à-dire le nombre de neurones et de fibres nerveuses
mis en jeu. La plus grande partie de l'ouvrage (15 chapitres !) est
consacré à la vision, en raison de la complexité et de la diversité des
opérations effectuées.
L'un des aspects les plus originaux développés dans ce livre est
certainement l'attention portée au mode de représentation des info
rmations sensorielles. A cet égard, la lecture du troisième chapitre paraît
indispensable car, bien que consacré aux sens les plus élémentaires
(goût et odorat), y sont exposées les idées directrices de l'auteur, notam
ment l'utilisation du code digital logarithmique à base élevée pour
représenter les valeurs numériques. On lira également avec intérêt le
chapitre consacré à la représentation et à la reconnaissance des contours.
La description un peu trop systématique des caractéristiques et des
opérations impliquées dans chaque système sensoriel pourra sans doute
paraître parfois inutile, voire fastidieuse, aux lecteurs intéressés par un
aspect particulier de la modélisation. Cependant, on ne peut que recom
mander cet ouvrage, dont la lecture est par ailleurs facilitée par une
présentation extrêmement claire des concepts, aux physiologistes, aux
psychologues ou même aux mathématiciens qui y découvriront des voies
de recherche et des grilles d'interprétation tout à fait nouvelles.
J. Droulez.
Dickerson (J. W. T.) et McGurk (H.) (Edit.). — Brain and beha
vioural development. Glasgow, Surrey University Press, 1982, 265 p..
Dans ce domaine où les choses vont très vite, un point de la question
était incontestablement nécessaire, synthétisant diverses approches, de
la biochimie aux comportements. C'est ce que les éditeurs parviennent
à faire en moins de 300 pages, pour le plus grand bénéfice des lecteurs.
Les deux premiers chapitres se situent au niveau de la cellule ner
veuse. Le premier, rédigé par Berry (p. 6 à 47), concerne le développe
ment du tissu nerveux chez l'homme ; après un point sur la genèse des
neurones et leurs migrations, il envisage le développement des différentes
régions cérébrales (cervelet, cortex, hippocampe, diencéphale et tronc
cérébral). Dans le chapitre suivant (p. 48 à 72) Morgan et Dickerson se
situent, pour comparer les rythmes et les modalités de développement
de l'encéphale entre différentes espèces, au niveau de la synthèse de la
DNA et des lipides, et du métabolisme des glucoses, ce qui les mène
à des considérations importantes sur la notion de période critique et sur
la valeur des comparaisons inter-espèces. cl physiologie animale 269 Psychophysiologie
Les deux chapitres suivants considèrent les effets éventuellement
pathogènes de différents facteurs endogènes et exogènes. Les effets de la
malnutrition (chap. 3, p. 73 à 109, Dickerson, Merat et Yusuf) sont
discutés par rapport aux points précédemment abordés; quatre pages
percutantes concluent ce chapitre, s'interrogeant sur les liaisons entre
développement cérébral et dévelopj)ement mental, et sur le bien-fondé
scientifique des politiques d'aide au Tiers Monde. Morgan est l'auteur
du quatrième chapitre (p. 109-130) concernant l'effet des hormones
(thyroïde; corticostéroïdes, hormone de croissance, etc.) et d'un certain
nombre de substances toxiques (alcool, nicotine, drogue, plomb) sur
le développement cérébral.
Deux chapitres sont ensuite consacrés à des aspects globaux du cérébral. Le cinquième chapitre présente une étude
développementale de l'EEG, par Thomas (p. 131 à 167) ; la plus grande
partie du chapitre concerne l'EEG du prématuré et du nourrisson, en
liaison avec les états de vigilance, ce qui n'empêche pas les grandes lignes
de recherche sur l'EEG de l'enfant d'être évoquées. Young signe le
sixième chapitre concernant le développement de l'asymétrie cérébrale
(p. 168 à 202) ; après des rappels sur l'asymétrie fonctionnelle chez
l'adulte, il fait le point de différentes approches (neuroanatomique,
écoute dichotique, hémichamp visuel, contrôle moteur, etc.) pour
conclure sur les relations entre développement de l'asymétrie et
pathologie.
Le problème de la plasticité du SNC est directement abordé dans le
septième chapitre où Parker (p. 203-232) envisage les conséquences des
lésions cérébrales chez l'enfant et les possibilités de récupération et de
vicariance.
Enfin, dans le huitième chapitre (p. 232-261), Hugues considère les
différences entre sexes du point de vue du développement cérébral, et
leurs conséquences du point de vue comportemental. Là encore on
trouve une remarquable analyse des liens subtils entre physiologie et
comportement.
Les ouvrages collectifs sont souvent des juxtapositions plus ou moins
heureuses d'articles indépendants. Tel n'est pas le cas ici, où le plan
de l'ouvrage et les renvois d'un chapitre à l'autre témoignent d'un réel
travail collectif et d'un souci de couvrir, ne serait-ce que sur des indi
cations, l'ensemble du champ. Ceci en fait un ouvrage, sinon facile à lire,
du moins tout à fait gratifiant pour le non-spécialiste qui peut y découv
rir, claires et organisées, quantité de choses passionnantes, et un niveau
élevé de réflexion.
On souhaiterait qu'il existe un ouvrage français de cette valeur, pour
que soient davantage connues les recherches précises en ce domaine clé
de la psychologie de l'enfant. En attendant, cet ouvrage a sa place dans
toutes les bonnes bibliothèques.
M. -G. Pêcheux. Analyses bibliographiques 270
Pinsker (H. M.) et Willis (W. D. Jr.) (Edit.). — Information
processing in the nervous system, New York, Raven Press, 1980,
365 p.
Il s'agit du compte rendu d'un symposium composé de chapitres
successifs provenant d'auteurs différents. Le projet en est ambitieux :
faire le point de ce que l'on sait aujourd'hui du traitement de l'info
rmation dans le système nerveux. Mais si « le traitement de l'information
est la façon dont le système nerveux effectue des transductions, code,
intègre et agit sur les influences environnementales internes et externes »
(p. 341), saisir ces opérations implique une description du fonctionnement
nerveux à plusieurs niveaux. Ainsi le livre se découpe en quatre parties
principales. Pour chacune d'elles, des spécialistes essaient de répondre à
la question posée et de montrer comment s'effectue le traitement de
l'information au niveau qu'ils étudient.
1 / Au niveau de la membrane cellulaire, tout d'abord, sont décrits
les événements moléculaires et ioniques qui y apparaissent (pompes à
ions, libération des médiateurs, etc.). Barker et Smith Jr. y étudient
notamment l'action des drogues à effet clinique.
2 / Au niveau de la synapse, des modèles de transmission de l'impul
sion nerveuse sont proposés ainsi que des réflexions sur l'intégration
nerveuse.
3 / Au niveau des circuits de neurones, sont proposés des modèles
mathémathiques permettant de décrire le fonctionnement de réseaux
nerveux à l'aide d'hypothèses empruntées à la théorie de l'information,
ou des réflexions théoriques générales comme celles de Bullock sur la
connectivité des neurones ou de Kristan Jr. sur le déclenchement des
rythmes moteurs.
4 / Enfin, au niveau comportemental, la discussion se heurte aux
nécessaires limites des modèles simples, comme l'aplysie, pour l'inte
rprétation des niveaux les plus élevés du psychisme (Grossman soulève
par exemple le problème des bases nerveuses de la conscience et de
l'activité mentale).
L'ouvrage présente des aspects positifs incontestables, dont le
premier est sans doute l'effort de mener sans exclusive une analyse du
traitement de l'information à plusieurs niveaux de connaissance. Il
faut bien reconnaître cependant que, à la mesure de notre connaissance
dans ce domaine, le propos, très rigoureux pour les niveaux les plus
élémentaires (membranes, synapses), inclut une large part d'hypothèses
dès que l'on passe aux niveaux supérieurs (circuits de neurones). Quant
au traitement des données comportementales, force est de dire que l'on
reste sur sa faim. Malgré l'affirmation, épistémologiquement correcte,
que l'analyse du traitement de l'information dans le système nerveux
ne peut se limiter à une approche réductionniste du comportement aux
événements nerveux unitaires, mais doit inclure une approche « émer
gente », globaliste de la façon dont ces événements, en se combinant, Psycho physiologie el physiologie animale 271
créent des propriétés nouvelles, on est bien loin de saisir une telle
émergence dans l'analyse du comportement.
Ce qui fait que l'ouvrage, très constructif dans les premiers chapitres,
ceux qui traitent des phénomènes de base, est surtout intéressant, pour
les niveaux d'intégration plus élevés, par les « manques » qu'il souligne.
De la même manière les auteurs ont raison lorsqu'ils montrent que les
bases classiques de la théorie de l'information ne sont pas adaptées aux
caractéristiques du système nerveux (comme l'activité spontanée ou la
plasticité), lorsqu'ils affirment que les ordinateurs sont de mauvais
modèles pour le système nerveux, mais la partie « constructive » qui
pourrait faire suite au constat de ces manques est, du fait du faible
avancement de la science dans ce domaine, très mince.
Finalement on retiendra qu'il s'agit d'un ouvrage intéressant,
d'abord pour les connaissances résume sur la neurobiologie cellu
laire, ensuite pour les interrogations et les limites qu'il formule quant
aux aspects plus intégrés du fonctionnement nerveux, enfin pour la
rigueur épistémologique qui le caractérise, même si cette dernière ne
parvient pas à masquer une partie de notre ignorance dans le domaine
des relations entre cerveau et comportement.
G. Ghapouthier.
Giacobini (E.), Filogamo (G.), Giacobini (G.) et Vernadakis (A.)
(Edit.). — The Aging Brain. Cellular and molecular Mechanisms of
aging in the nervous system, New York, Raven Press, 1982, 292 p.
Les mécanismes cellulaires et moléculaires du vieillissement du
système nerveux sont l'objet du vingtième volume de Aging series
dont la publication a débuté en 1975 ; c'est dire tout l'intérêt porté
actuellement à l'étude du vieillissement.
L'originalité de ce volume est de proposer au lecteur des « fils
d'Ariane ». Le premier est celui des éditeurs : envisager le processus
de vieillissement comme corollaire de celui de développement. Le second,
plus aisé à suivre, est celui de R. G. Cuther développé à partir de la
théorie evolutionniste, et à propos de la longévité ; il permet une lecture
plus structurée qu'à l'ordinaire des quatre chapitres consacrés à certains
aspects des mécanismes biologiques du vieillissement : mécanismes
cellulaires, membranaires, neurotransmission et récepteurs. Les articles
composant ces chapitres exposent clairement tant sur le plan des
techniques que sur celui des discussions les modes d'approche actuels
du vieillissement neuronal. Ils permettent de mieux apprécier la synthèse
proposée en fin de volume.
Il n'en demeure pas moins que la présentation des travaux peut
parfois prendre un aspect « pointilliste » par leur très grande spécialisa
tion, et que pour quelques-uns de ces travaux on est très éloigné du
cadre théorique proposé par Cuther. Ainsi les cultures de tissu nerveux Analyses bibliographiques 272
sont toujours utilisées en tant que modèle morphologique du vieilliss
ement et non en tant que moyen d'étude des propriétés génétiques des
cellules ou de leur sensibilité aux agents mutagènes ou carcinogènes.
Un cinquième chapitre traite des corrélations humaines et cliniques ;
comme il est désormais habituel dans ce genre de publication, le lecteur
n'échappe pas à quelques descriptions, ici relativement succinctes
(mais trois volumes de Aging Series lui ont déjà été consacrés), de la
démence d'Alzheimer.
En conclusion, ce volume, bien que d'une lecture parfois difficile,
peut permettre au lecteur non spécialiste une approche très documentée
des différentes recherches actuelles de la biologie du vieillissement du
système nerveux.
F. Lille.
Levenson (A. J.). — Basic -psycho-pharmacology, New York, Springer
Verlag, 1981, 131 p.
A. J. Levenson annonce, dès la préface, le caractère volontairement
simple de son ouvrage. Il souhaite montrer les principes généraux et les
connaissances actuelles régissant l'emploi thérapeutique des médications
psychotropes. Plus qu'aux étudiants en médecine et aux médecins, il
destine son livre à ceux qui ont professionnellement à faire avec des
patients auxquels des médicaments psychotropes ont été prescrits.
Les psychotropes, souligne-t-il par ailleurs, ne doivent pas être considérés
comme une panacée, mais bien être inclus dans un ensemble psycho
thérapique et institutionnel.
Le livre comporte quatre parties. Les deux premiers chapitres
donnent d'une part une vue d'ensemble des états psychiatriques répon
dant aux psychotropes et des symptômes qui peuvent être modifiés,
de l'autre les grandes lignes de l'action des médicaments : survol neuro-
anatomique, généralités sur les processus en jeu dans la cinétique du
médicament, bref rappel du fonctionnement de la synapse et des
médiateurs.
Les quatre chapitres suivants, noyau de l'ouvrage, traitent des
tranquillisants majeurs (ou neuroleptiques), des tranquillisants mineurs,
des antidépresseurs et du lithium. Pour chacune de ces familles pharma-
cologiques il sera successivement question des données essentielles de
leur pharmacocinétique, des théories sur leur mode d'action, des prin
cipes de leur usage, des indications et contre-indications, des doses en
fonction de l'âge et de la durée du traitement, enfin des effets secon
daires. La présentation des effets secondaires des neuroleptiques et des
antidépresseurs sous forme de tableaux est remarquablement claire,
le classement étant fait par organe et complété par l'indication des
mécanismes responsables probables.
L'avant-dernier chapitre est constitué par une liste de signes, el physiologie animale 273 Psychophysiologie
subjectifs et objectifs, à rechercher lors des examens psychiatriques,
approche technique méthodique destinée à établir une prévision des
résultats psychopharmacologiques au début et au cours du traitement.
Enfin l'ouvrage se termine par la description très succincte de 16 cas
cliniques, suivis de questions à choix multiple et des réponses com
mentées. Chaque vignette est l'occasion d'un rappel de données cl
iniques et pharmacologiques élémentaires.
Le contenu de ce livre, clair et simple, correspond donc bien à son
titre de Basic Psychopharmacology, autrement dit de Psychopharmac
ologie de base, le terme étant pris dans le sens de psychopharmacologie
élémentaire.
L. Garma.
Cooper (S. J.) (Edit.). — Theory in psychopharmacology, vol. I,
Londres, Academic Press, 1981, 322 p.
Cet ouvrage réunit neuf articles traitant des modifications de
différentes catégories de comportement sous l'effet de substances phar
macologiques. Le but de ce livre est d'aboutir à dégager quelques-unes
des théories comportementales les plus importantes et leurs implications
dans les recherches à venir.
Certains de ces articles sont des mises à jour de chapitres spécifiques
de la pharmacologie comportementale : relations effet-dose et processus
comportementaux modifiant en retour l'action de la drogue (Robbins),
habituation et réponses d'orientation ou d'exploration (File), rapports
entre les modifications neurochimiques provoquées par les stress et les
déficits comportementaux (Anisman et al.).
Plusieurs contributions sont centrées sur l'étude des neurotrans
metteurs cérébraux. Roberts évalue le rôle de la noradrénaline dans
l'apprentissage et montre l'importance de ce médiateur, non pas
toutes les formes d'apprentissage, mais dans l'acquisition des réponses
aversives. R. A. Wise étudie le rôle de la dopamine dans les activités
d'autostimulation et d'auto-injection de stimulants psychomoteurs ;
la diminution de ces comportements par les neuroleptiques doit être
comprise, pour cet auteur, dans le cadre d'une « hypothèse antihédo-
nique », ces substances diminuant les impacts du renforcement positif
(ce dernier étant aussi bien l'amphétamine, la stimulation électrique
cérébrale que la nourriture) et des motivations des stimulations envi
ronnementales. Panksepp traite des récepteurs opiacés du cerveau,
les considérant comme le substratum neurochimique de l'élaboration
des affects et des attachements sociaux, permettant la constitution des
habitudes, expression d'une stabilité homéostatique. Margules traite de
la psychopharmacologie du système neuroendocricrinien diffus et de son
rôle dans l'organisation de la survie de l'individu et de la reproduction
de l'espèce ; des peptides opiacés dépendrait le versant conservation Analyses bibliographiques 274
de l'énergie et de leurs antagonistes le versant dépense énergétique.
Ces sept premiers articles du livre s'adressent avant tout à des
spécialistes : psychopharmacologues et chercheurs travaillant sur un
des aspects du comportement ici traités. Le lecteur « profane » gardera
seulement en mémoire quelques connaissances supplémentaires et
constatera que, dans ce domaine comme dans tant d'autres, la masse
de l'information disponible et le renouvellement rapide des connaissances
compliquent également le travail de réflexion. Mais l'intérêt essentiel
de ce livre et son originalité viennent de la demande faite à chaque
contributeur de dégager une théorie à partir de son matériel.
Les deux derniers articles permettent au non-spécialiste de saisir
des exemples d'approches théoriques essentielles en psychopharmaco
logie.
Blundell construit méthodiquement un cadre spatio-temporel dans
lequel il situe les données objectives et les théories du comportement
alimentaire, pour ensuite analyser les effets des expérimentations phar-
macologiques et en tirer, par les passages d'un domaine à l'autre, des
théories sur la pharmacologie de l'alimentation. Il aborde ainsi success
ivement le contrôle du poids ou des aliments, la distinction entre la
prise de nourriture et le comportement alimentaire, entre la faim et
l'appétit, les effets de la suppression de nourriture simple ou pharma-
cologique, les paramètres du choix des aliments, l'influence de l'état
de veille, du stress et des neuromédiateurs, terminant par une synthèse
des ajustements du comportement et des activités neurochimiques.
Cooper, qui a réuni les contributions de ce volume, est l'auteur du
dernier article dans lequel il évoque l'évolution de la psychopharmacol
ogie depuis les années cinquante. En s'en tenant à l'analyse des relations
du comportement et de la motivation, il considère qu'on est passé des
formulations du type « une motivation-une drogue » ou « un comporte
ment-une drogue », à l'étude des rapports entre les processus de la
motivation et les réseaux d'arrangements intrinsèques reliant l'une à
l'autre les différentes activités comportementales, approche théorique
caractérisant la psychopharmacologie d'aujourd'hui. Il donne trois
exemples. Il montre tout d'abord que les motivations doivent être
étudiées dans leurs interactions continuelles et non plus comme des
entités isolées. Il prend l'exemple du cortex préfrontal dans son rôle
de médiateur entre les deux systèmes de motivation, appetitive et
aversive, étudiant la série des circuits successifs qui préparent l'org
anisme à une réponse adaptée à une situation de stress. Il montre en
deuxième lieu que les motivations n'étant pas isolées, il convient d'exa
miner tous les changements déterminés par une drogue. Par exemple,
chez l'animal les benzodiazépines diminuent les réactions d'évitement
face aux aliments nouveaux et cet effet antinéophobique doit être
séparé de l'effet anxiolytique. Il montre enfin qu'en raison des multiples
interactions entre les comportements, la psychopharmacologie se doit Psychophysiologie et physiologie animale 275
d'étudier les effets d'une drogue sur tous les comportements et non sur
un seul. Les agonistes des récepteurs opiacés, pris comme illustration,
augmentent chez l'animal l'ingestion d'aliments, résultat dû en fait à
la suppression du sommeil qu'ils provoquent ; les antagonistes ont un
effet inverse car ils favorisent le sommeil. L'action importante est dans
ce cas celle qui permet ou empêche le passage de l'état de veille à l'état
de sommeil. De tout cela, nous retiendrons notamment que, pour la
compréhension des effets des drogues, les relations entre les différentes
activités et les re-distributions dans la mise en jeu des divers comporte
ments sont tout aussi importantes que l'étude d'une activité spécifique
isolée.
L. Garma.
Griffin (D. R.). — The question of animal awareness. Evolutionary
continuity of mental experience, Los Altos (ca), William Kaufman,
1981, 209 p.
C'est un spécialiste de l'écholocation chez les chauves-souris, Donald
Grifïin, qui prend le relais des philosophes pour poser à nouveau le pro
blème de la conscience, et cette fois à propos du comportement animal.
La réédition de son premier livre, paru en 1976, montre sous sa forme
remaniée et complétée, qu'il n'est pas le seul à s'intéresser à l'aspect
subjectif des conduites.
Il faut distinguer deux thèmes dans les réflexions que propose
Griffin : une critique des conceptions actuellement dominantes, et des
suggestions pour en changer. Le premier aspect est le plus important et
constitue une prise de position contre le behaviorisme au sens strict,
contre sa visée réductionniste et sa manière de « rendre compte » de
conduites dont le but apparaît pourtant clairement, par des schémas S-R
compliqués, dont la sophistication est ad hoc et nullement féconde.
L'auteur montre comment la crainte de l'anthropomorphisme a dégénéré
en une pudibonderie verbale, telle qu'on peut dire : « Le rat fuit », mais
non : « Le rat a peur », alors que la procédure expérimentale a été mise
au point précisément pour lui faire peur. L'exclusion méthodologique
de la conscience hors du champ de l'étude du comportement a abouti
à la négation de son existence, sauf chez l'homme bien entendu ; c'est
là le principal problème de la psychologie animale actuelle, selon Grifïin.
Pour lui, si la pensée est liée au langage, alors les animaux qui dispo
sent de celui-ci pourraient bien disposer également de celle-là : ils
« savent ce qu'ils font », puisqu'ils peuvent le communiquer à leurs
congénères avant d'agir. En effet, la complexité de certaines conduites
d'orientation et surtout de communication chez l'animal amènent
Griffin à se rebeller contre l'idée que les animaux se comportent « comme
des automates ». Il cite notamment les danses des abeilles, et les langages
gestuels qu'on a appris à des chimpanzés, mais aussi des observations