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Jean-Paul Codol
Schème d'équilibre et normes sociales
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 201-218.
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Codol Jean-Paul. Schème d'équilibre et normes sociales. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 201-218.
doi : 10.3406/psy.1974.28034
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_1_28034Abstract
Summary
We propose to show here that despite the slightly excessive interest in the literature and the many
interpretations to which it is subject, tendency to balance is but a manifestation of social « good form »,
and is thus highly dependent on the culturally normative character of the social relations to which it is
applied.
Seventy subjects were required to judge, both front their own point of view, and from the point of view of
« most people », the more or less normative character of two types of social relations
(friendliness/unfriendliness, and agreementfdisagreement as ideas).
Thirty two structures (sixteen involving the subjects themselves and sixteen not) combining these two
types of relation were subsequently completed by the subjects.
The results show that fourteen of the sixteen correlation coefficients calculated in the different
experimental conditions for the relation between the tendency to balance manifested by each subject
and the degree of normativeness attributed to each type of relation, are statistically significant. A
dependence between tendency to balance and social norms is thus clearly established.
The differences obtained in the various conditions seem related both to the involvement (or lack of
involvement) of the subjects in each structure, and to the constraining character of the social relations in
question.
Résumé
Résumé
On se propose principalement de montrer ici que le biais d'équilibre, en dépit de l'intérêt un peu excessif
qu'il a suscité dans la littérature et des multiples interprétations dont il a été l'objet, n'est que la
reproduction d'une « bonne forme » sociale, et qu'il est de ce fait étroitement dépendant du caractère
culturellement normatif des relations sociales auxquelles on l'applique.
70 sujets ont eu d'abord à juger, d'une part de leur propre point de vue, et d'autre part du point de vue
de « la plupart des gens », du caractère plus ou moins normatif de deux types de relations sociales
(amitiéIinimitié et accord/désaccord au plan des idées).
32 structures (16 d'entre elles impliquant les sujets eux-mêmes, les 16 autres non), combinant ces deux
types de relation, ont été ensuite complétées par les mêmes sujets.
Les résultats montrent que 14 des 16 coefficients de corrélation calculés, dans ces différentes
conditions expérimentales, entre la tendance àl'équilibre manifestée par chaque sujet et le degré de
normativité attribué à chaque type de relation, sont statistiquement significatifs. On établit ainsi
clairement une dépendance entre biais d'équilibre et normes sociales.
Les raisons des différences obtenues dans les différentes conditions apparaissent liées à la fois à
l'implication (ou non) des sujets dans chaque structure, et au caractère contraignant des relations
sociales en cause.Année psychol.
1974, 74, 201-218
Laboratoire de Psychologie sociale, Aix-en-Provence1
SCHEME D'ÉQUILIBRE ET NORMES SOCIALES
par Jean-Paul Godol2
SUMMARY
We propose to show here that despite the slightly excessive interest in
the literature and the many interpretations to which it is subject, tendency
to balance is but a manifestation of social « good form », and is thus
highly dependent on the culturally normative character of the social relations
to which it is applied.
Seventy subjects were required to judge, both from their own point
of view, and from the point of view of « most people », the more or less nor
mative character of two types of social relations (friendliness /unfriendliness,
and agreement/disagreement as ideas).
Thirty two structures (sixteen involving the subjects themselves and
sixteen not) combining these two types of relation were subsequently
completed by the subjects.
The results show that fourteen of the sixteen correlation coefficients
calculated in the different experimental conditions for the relation between
the tendency to balance manifested by each subject and the degree of
normativeness attributed to each type of relation, are statistically significant.
A dependence between tendency to balance and social norms is thus
clearly established.
The differences obtained in the various conditions seem related both
to the involvement (or lack of involvement) of the subjects in each structure,
and to the constraining character of the social relations in question.
INTRODUCTION :
SUR LA NATURE DU SCHEME D'ÉQUILIBRE
De nombreuses expériences ont mis en évidence l'existence
de schemes (on dit aussi : biais) cognitifs organisant la représen-
1. 29, avenue Robert-Schuman, 13- Aix-en-Provence.
2. Chargé de Recherche au C.N.R.S. 202 MÉMOIRES ORIGINAUX
tation que des sujets ont d'un groupe. I,e scheme d'équilibre
est l'un de ceux-ci : il rend compte d'un certain type de perception
de l'organisation des relations sociales telle que, considérant,
par exemple, les relations d'amitié ou d'hostilité entre les membres
d'un groupe, l'organisation de ces relations est perçue comme
répondant aux propositions suivantes :
— les amis de mes amis sont mes amis, et
— les ennemis de mes ennemis sont mes amis.
Gartwright et Harary (1956) ont élaboré une formalisation
de l'équilibre dans les termes de la théorie des graphes. Retenons
en particulier de leur définition qu'un graphe à trois points est
dit équilibré quand son signe est positif ; le signe d'un cycle est
le produit des signes des arêtes composantes.
Si le scheme d'équilibre a été abondamment étudié, tant
expérimentalement (cf. Zajonc, 1968) que mathématiquement
(cf. Flament, 1970), les questions relatives à sa nature n'ont
pas encore reçu de réponses bien claires.
1. Dans la perspective gestaltiste originale d'Heider (1946,
1958), le scheme d'équilibre, notamment à l'œuvre dans la
perception des relations interpersonnelles, est l'expression d'une
« bonne forme » structurale.
Doit-on cependant en déduire, comme certains semblent avoir
tendance à le dire, qu'il s'agit là d'un phénomène de nature
quasi logique (le scheme d'équilibre serait alors l'expression d'une
forme de pensée logique), à la limite indépendant des stimulus
sociaux présentés ? Nous ne le pensons pas : alors que la plupart
des études sur le scheme d'équilibre ont presque exclusivement
porté sur la perception des relations interpersonnelles d'amitié
ou d'inimitié, cette généralisation nous paraîtrait très abusive.
D'autant que, dès que l'on sort des structures d'amitié/inimitié
pour s'intéresser à d'autres types de relations interpersonnelles,
le scheme d'équilibre n'apparaît pas aussi clairement (de nom
breux auteurs se sont par exemple intéressés — à la suite d'in
dications données par Heider lui-même — à l'accord (ou au
désaccord) des individus à propos de problèmes spécifiques
ou généraux, voire à propos de leurs conceptions du monde.
Il semble bien que le scheme d'équilibre soit mis plus souvent
en défaut dans ce type de situations que dans les situations où
ne sont présentées que les relations d'amitié /inimitié (cf. par
exemple Rodrigues, 1966)). J.-P. CODOL 203
2. S'agit-il de la reproduction au niveau cognitif de ce qui
est observé dans la vie quotidienne (le scheme d'équilibre serait
en quelque sorte imposé par l'expérience, par l'état habituel des
choses) ? Mais on sait bien que l'on ne trouve pas toujours dans
l'observation des groupes réels la présence de ce scheme d'équilibre,
Les résultats des recherches effectuées sur ce point sont le plus
souvent contradictoires : par exemple, si Kogan et Tagiuri (1958)
ou Davol (1959) trouvent effectivement une tendance (légère il
est vrai) au scheme d'équilibre dans les structures sociométriques
des groupes réels qu'ils étudient, Johnsen (1968), quant à lui,
n'en trouve pas trace dans son étude sur des groupes d'enfants.
3. Le scheme d'équilibre nous semble bien plutôt représenter un
modèle de ce que devrait être, pour les sujets, l'organisation des rela
tions interpersonnelles. Considéré dans cette perspective comme
l'expression d'une image idéale du groupe, le scheme d'équilibre
serait la reproduction d'une « bonne forme » sociale, culturelle-
ment définie par les normes collectives. Un certain nombre de
résultats peuvent être cités à l'appui d'une telle interprétation :
3 . 1. Les quelques recherches portant sur la représentation du
groupe en général montrent que celui-ci est culturellement repré
senté comme le lieu de relations interpersonnelles positivement
valorisées : elles sont amicales, bienveillantes, etc. (cf. par exemple,
Godol, 1971). (Le scheme de positivité — c'est-à-dire la préférence
pour les relations positives — dont Jordan (1953) a montré le
premier l'interférence avec le scheme d'équilibre, peut être
considéré dans ce sens comme le signe d'une telle représentation.)
Une constante de ces recherches est également la mise en
évidence de la réciprocité de ces relations1.
1. Cette perception de la réciprocité est aussi clairement apparente
dans les études de type sociométrique (cf. par exemple Tagiuri et al., 1958).
Dans cette ligne de recherche, il est à noter que la perception de la réciproc
ité des relations positives semble être à la fois l'expression d'une image
idéale du groupe, en même temps qu'elle reproduit un état réel des relations
vécues dans les groupes. Par exemple en étudiant un échantillon de 60 études
sociométriques, Davis et Leinhardt (1967) en trouvent 55 pour lesquelles
il y a statistiquement plus de réciprocité dans les relations positives que n'en
donnerait le hasard seul. Les recherches de Moreno et Jennings (1938),
de Kogan et Tagiuri (1958), de Jones (1966), etc., tendent également à
montrer que les relations d'amitié sont perçues comme réciproques parce
qu'il en est ainsi le plus souvent dans la réalité vécue.
On peut considérer que la réciprocité des relations positives est
culturellement normative à deux points de vue : elle exprime à la fois un
état de fait objectif, partagé en moyenne par la plupart des groupes, et un du groupe, tel que la majorité des gens aimeraient qu'il soit. 204 MÉMOIRES ORIGINAUX
Ces résultats semblent indiquer que l'une des normes perçues
comme essentielles à la vie du groupe est, en général, la norme de
V amitié réciproquement partagée.
Or, les recherches sur le scheme d'équilibre montrent qu'il
se manifeste d'autant mieux qu'il s'applique :
— à des relations positives (par exemple, dans la quasi-totalité
des recherches effectuées, la proposition « les amis de mes
amis sont mes amis » est mieux acceptée que la proposition
« les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Newcomb
(1953) en déduit même que le scheme d'équilibre n'existe
que dans les cas où les relations entre les personnes sont
positives).
— à des relations réciproques (voir par exemple Zajonc et Burn-
stein, 1965 b. Pour Ohashi (1964), la réciprocité est même
une condition nécessaire à l'apparition du scheme d'équilibre).
Le rapport existant entre la présence d'un d'équilibre
et le caractère normatif des relations auxquelles il s'applique
apparaît ici évident.
3.2. En outre, les études portant sur l'apprentissage des
relations dans les structures sociales montrent en particulier
(De Soto, 1960) :
— que les relations positives sont mieux apprises que les relations
négatives ;
— que les relations d'amitié réciproque sont mieux apprises
que celles qui ne le sont pas.
Le rapprochement entre ces résultats et la perception des
caractéristiques attribuées au groupe en général donne à penser
que l'apprentissage des relations dans des structures sociales est
d'autant plus aisé que ces sont culturellement acceptées
comme normatives pour les sujets.
Si tel est le cas, pourquoi ne pourrait-on étendre cette inter
prétation aux résultats de Zajonc et Burnstein (1965 a) qui trou
vent que les structures sociales équilibrées sont mieux apprises
que les structures déséquilibrées ?
3.3. Dans le même sens, il semble bien que dans les études
où l'on sort, d'une façon ou d'une autre, de cette image normative
du groupe, le scheme d'équilibre n'apparaît pas de façon évidente
et que, dans certains cas, il peut être remplacé par d'autres
schemes.
Nous ne prendrons que deux exemples : CODOL 205 J.-P.
a) Dans une série de recherches, Flament (1971) et Flament
et Monnier (1971, 1972) s'intéressent à des structures multi-
relationnelles : les personnes composant les groupes qu'ils décri
vent entretiennent entre elles à la fois des relations d'amitié/ini
mitié et des relations de type hiérarchique. Dans une telle situa
tion, ils montrent :
— qu'il existe un scheme de congruence qui caractérise de diverses
manières les rapports existant entre les deux systèmes rela
tionnels (amitié, hiérarchie) présents dans les groupes qu'ils
étudient ;
— que Yaction de ce scheme de congruence fait disparaître celle
du scheme d'équilibre (ce qui remet en cause le caractère
fondamental que beaucoup d'auteurs reconnaissent au prin
cipe d'équilibre).
b) Dans une étude consacrée à la recherche d'un scheme
d'équilibre dans la perception de relations politiques entre les
groupes de quatre états hypothétiques, M. F. Pichevin (1969)
présente à ses sujets quatre types de structures dans lesquelles
trois relations sont données entre ces quatre états, les sujets
devant compléter les trois relations manquantes. Ses résultats
font apparaître la présence effective d'une tendance au scheme
d'équilibre, sauf dans le cas où la structure des trois relations
données aux sujets constitue elle-même un triangle deséquilibré.
M. F. Pichevin interprète ce résultat comme la manifestation
d'une « désorganisation du système cognitif face à une situation
non conforme aux attentes des sujets ». Le scheme d'équilibre
ne se manifesterait donc pas pour des situations perçues par les
sujets comme « étranges » ou « anormales ».
Une réflexion d'ensemble sur tous ces résultats (et sur quelques
autres) donne clairement à penser que le scheme d'équilibre, loin
d'être un phénomène général, n'est que l'expression d'une « bonne
forme » sociale, étroitement dépendant des normes culturelles1.
1. Appliqué aux relations affectives, le scheme d'équilibre pourrait
ainsi n'être que l'expression d'une exigence culturelle d'origine judéo-
chrétienne (« aimez-vous les uns les autres »). Les résultats obtenus par
De Soto et Kuethe (1959) dans une recherche portant sur la perception des
relations interpersonnelles sont à cet égard fort instructifs : interrogeant
leurs sujets sur le type de relation probable liant deux personnes fictives
(à propos desquelles les sujets n'ont, en outre, aucune information), ils
trouvent que leurs sujets attendent que ces deux personnes éprouvent,
l'une vis-à-vis de l'autre, des sentiments positifs et partagés. Un résultat
similaire est obtenu par Van der Meer (1965). 206 MÉMOIRES ORIGINAUX
On se propose de vérifier cette hypothèse générale en compa
rant l'émergence du scheme d'équilibre dans des structures
sociales fictives définies :
— soit par des relations interpersonnelles d'amitié (ou d'ini
mitié) ;
— soit par l'accord (ou le désaccord) au plan des idées, des
individus présents dans ces structures sociales.
Plus précisément, on fait l'hypothèse que le scheme d'équilibre
apparaîtra d'autant plus nettement que les relations à l'œuvre dans
les structures considérées présentent un caractère plus normatif
pour les sujets.
MÉTHODOLOGIE EXPÉRIMENTALE
La mise en œuvre du travail de vérification de cette hypothèse
passe donc d'abord par une mesure du degré de normativité
attribué par les sujets :
— d'une part aux relations interpersonnelles d'amitié ;
— et d'autre part à l'accord interindividuel au plan des idées.
MESURE DU DEGRÉ DE NORMATIVITÉ
DE CHAQUE TYPE DE RELATION
Le degré de normativité de chacun de ces deux types de relation
est saisi dans un questionnaire passé au début de l'expérience.
Dans ce questionnaire, on demande aux sujets (70 étudiants) de
comparer, sur une échelle en 6 points, l'importance respective des
relations d'amitié, et de l'accord au plan des idées, pour plusieurs
dimensions différentes de la normativité.
Le choix des dimensions retenues1 est issu d'une étude des connota-
1. A côté des deux connotations les plus importantes de la normativité
(la norme comme : expression d'un état de fait (habituel, en usage, conforme
a la majorité des cas, etc.), et comme : expression d'un état idéal (modèle,
but, mieux, désirable, on a également retenu plusieurs autres connot
ations, plus ou moins reliées aux deux grandes catégories précédentes ;
la norme comme :
— contrainte (obligation) imposée par le cadre social ;
— nécessaire au bon fonctionnement du groupe ou de la société ;
— comportement approprié pour une bonne adaptation au cadre social ;
— ce qui est permis, autorisé, admis.
Deux des adjectifs les plus couramment employés dans la littérature
pour saisir le caractère normatif d'un objet ont en outre été ajoutés à
cette liste, ce sont les adjectifs : normal et important. GODOL 207 J.-P.
tions impliquées par le mot norme dans notre langue, telles qu'elles
apparaissent à la lecture des dictionnaires comme à l'examen des travaux
psychosociologiques qui lui ont été consacrés.
Alors que le mot norme est un mot dont le sens n'est pas toujours
clairement défini, cette façon de procéder présente plusieurs avantages,
notamment :
— elle ne préjuge pas des connotations particulières les plus saillantes
pour les sujets, et doit ainsi permettre d'explorer plus au fond le
sens de la normativité pour eux ;
— elle doit, en outre, nous permettre de voir si nos hypothèses sont
(ou non) vérifiées, quelles que soient les façons dont la normativité
peut être définie.
Pour toutes les dimensions retenues, les sujets ont eu à juger la
normativité respective des deux types de relations :
1) De leur propre point de vue (par exemple : « Personnellement,
je pense qu'il est beaucoup plus (ou « plus », « légèrement plus », ...
« beaucoup moins ») important, pour les individus, d'être amis entre eux
plutôt que de partager une même conception du monde »).
2) Du point de vue de la « plupart des gens » (par exemple : « La plupart
des gens considèrent qu'il est beaucoup plus important, etc. »).
Dans la mesure où il est possible que des réponses différentes soient
données selon le point de vue envisagé, il nous a paru intéressant, dans
le cadre exploratoire où nous nous plaçons ici, de pouvoir mettre en
relation les résultats obtenus dans l'expérience avec le mode de définition
de la normativité des deux types de relations (amitié, accord) par les
sujets.
A la suite de ce questionnaire, les sujets reçoivent un cahier sur chaque
page duquel est présentée une situation-stimulus du type suivant.
SITUATION-STIMULUS
Soit quatre personnes (A, B, C, D) à propos desquelles on dispose
des renseignements suivants1 :
1) B connaît A et D et entretient avec chacun d'eux soit des relations
plutôt amicales, soit des relations plutôt inamicales (par exemple, les
1. Dans l'expérience elle-même, les quatre personnes de chaque structure
sont désignées par des prénoms :
— masculins pour les sujets masculins (Alain, Bernard, Claude, Daniel) ;
— et féminins les féminins (Anne, Brigitte, Cécile, Danielle).
Les groupes présentés dans chaque structure sont ainsi homogènes du
point de vue du sexe.