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Vision - compte-rendu ; n°2 ; vol.57, pg 445-456

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1957 - Volume 57 - Numéro 2 - Pages 445-456
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Y Galifret
Henri Piéron
2° Vision
In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 445-456.
Citer ce document / Cite this document :
Galifret Y, Piéron Henri. 2° Vision. In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 445-456.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1957_num_57_2_26623— Physiologie sensorielle II.
1° Généralités. Psychophysique
BACHEM (A). — The modified Fechner-Weber law as a complex
law of dose action (La loi modifiée de comme une loi
complexe d'action de dose). — Amer. J. Psychol., 1956, 69, 588-603.
L'auteur, envisageant la relation d'intégration fechnérienne, montre
que les corrections relatives à la fraction webérienne impliquent une
courbe sigmoïde d'accroissement de la sensation en fonction du loga
rithme du stimulus, donnée qu'on peut considérer comme classique
aujourd'hui. Or les effets des drogues se traduisent bien aussi, sur une
échelle logarithmique des doses, par une sigmoïde proche de l'ogive
gaussienne (Clark, Mode of action of drugs in cells, 1933). D'où l'inte
rprétation de l'auteur, qui rappelle aussi les courbes semblables obtenues
avec la fréquence des fiches afférentes, le rétrécissement pupillaire à
la lumière, la réponse motrice à la stimulation électrique (tous exemples
que j'ai déjà cités à plusieurs reprises).
H. P.
2° Vision
DARTNALL (H. J. A). — Visual pigments of the bleak Alburnus
lucidus (Les pigments visuels de V ablette). — J. Physiol., 1955,
128, 131-156. — Further observations on the visual pigments of
the Clawed toad « Xenopus laevis » (Autres observations sur les
pigments visuels du Xenopus,). — J. Physiol., 1956, 134, 327-338. —
BRIDGES (C. D. B). — Visual pigments of rainbow trout « Salmo
iridens » (Les pigments visuels de la truite arc-en-ciel). — J. Physiol.,
1956, 134, 620-629.
Dans les segments externes des récepteurs de la rétine de l'ablette
Dartnall trouve trois pigments dont les maxima d'absorption se situent
à 550 ± 8 my., 533 my. et 510 ± 3 my.. Le pigment visuel 533 — pour
reprendre la terminologie de D. — a déjà été trouvé par lui chez la
tanche et le brochet. Les deux premiers, 550 et 533 absorbent encore
les radiations de longueur d'onde supérieure à 610 my., contrairement
au troisième qui est absolument insensible au rouge. Ce troisième pigment
ne doit pas être confondu avec le pourpre dont le maximum d'absorption
est à 502 my..
D. insiste sur le fait que l'extrait de rétine contenant le mélange des
trois pigments a une courbe d'absorption à un seul sommet sans aucun
accident secondaire et il signale avoir obtenu une fois un extrait dans
lequel les trois pigments se trouvaient dans des proportions telles que 446 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la courbe d'absorption spectrale du mélange reproduisait celle du pi
gment 533. L'hétérogénéité d'un extrait pigmentaire ne saurait donc
être prouvée par l'absence d'irrégularités dans sa courbe d'absorption.
Bridges, utilisant les mêmes techniques dans le même laboratoire
trouve, chez la truite arc-en-ciel, deux pigments dont les maxima d'ab
sorption sont situés à 533 et à 507 ± 2 m\L. Le premier de ces pigments
semble commun à un grand nombre de poissons d'eau douce, quant
au second B. pense qu'il est analogue au pigment 510 de l'ablette. Pour
le pigment 533, la longueur d'onde la moins efficace est 410 my., B.
considère que cette valeur correspond au maximum d'absorption du
produit résultant du blanchiment du pigment. Ce produit serait le
rétinène2 de Wald (aldéhyde de la vitamine A2). Un raisonnement
analogue le conduit à assimiler le produit du blanchiment du pigment
510 — dont le minimum est à 380 m\x. — au rétinènex (aldéhyde de la
vitamine AJ ; il s'agirait de l'iso-rétinènex a de Wald, différent du néo-
rétinène b lequel est le constituant du pourpre.
Les travaux de Dartnall et de ses collaborateurs ne se limitent pas
à un simple inventaire des pigments visuels des rétines de différentes
espèces animales. Chez Xenopus, D. trouve, après Wald, deux pigments
avec maxima à 523 et 502 m\L dans la proportion de 95 % environ
pour le premier et 5 % pour le second. Pour Wald il s'agit de la porphy-
ropsine et de la rhodopsine. Le pigment 523 existe également chez la
carpe, le 502 a été retrouvé par D. dans la rétine de grenouille.
Mais on connaît pour Xenopus la courbe de visibilité spectrale éta
blie en 1951 par Denton et Pirenne à partir du seuil d'expansion des
mélanophores d'une part, et du seuil de fuite devant la lumière d'autre
part, et D. constate que cette courbe à deux sommets peut être obtenue
en portant pour chaque longueur d'onde non pas la somme des coeffi
cients d'absorption des deux pigments mais leur différence. Il propose
alors un mécanisme visuel dans lequel, les pigments étant isolés dans
des récepteurs spécifiques, la réponse dépend de la différence entre
l'activité des deux types de récepteurs antagonistes.
Il s'agit là exclusivement de la réponse sur laquelle se fonde le
caractère d'intensité. D. n'aborde pas le problème, plus intéressant,
de la discrimination qualitative. Il est vrai qu'il faudrait vérifier aupa
ravant la réalité d'une telle discrimination chez Xenopus.
Y. G.
RUSHTON (W. A. H.). — The difference spectrum and the photo-
sensitivity of rhodopsin in the living human eye (Le spectre de blan
chiment et la photosensibilité de la rhodopsine dans l'œil humain
vivant). — J. Physiol., 1956, 134, 11-29. — Foveal photopigments in
normal and COlour-blind (Photopigments fovéaux chez le normal et le
daltonien). — J. Physiol., 1955, 129, n° 3, 41 p.
L'auteur a mis au point un dispositif, fondé sur le principe de l'ophtal-
moscope, qui lui permet de comparer les flux de différentes longueurs PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 447
d'onde réfléchis par la rétine et de tracer ainsi les courbes d'absorption
spectrale du pigment rétinien dans diverses conditions. Techniquement,
la réalisation d'un tel dispositif est très délicate et son utilisation judi
cieuse ne va pas sans poser de nombreux problèmes ; en effet, en lumière
verte le faisceau réfléchi sortant de l'œil a une énergie égale aux 5/100 000
de l'énergie du faisceau incident sur la cornée. Il ne peut donc s'agir
de mesurer le flux incident puis le flux réfléchi et de faire le rapport.
R. utilise une ingénieuse méthode qui consiste à faire alterner par papil-
lotement sur la rétine périphérique (à 15-20° de la fovea) un flux rouge
de 640 my. pour lequel la rhodopsine est transparente, avec le flux
chromatique à étudier. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des
procédés qui permettent la comparaison des deux flux réfléchis alter
nants et leur égalisation par réglage du flux rouge, leur ingénios
ité tant du point de vue optique que du point de vue électronique est
remarquable.
R. étudie d'abord la différence entre le spectre d'absorption de la
rhodopsine, l'œil étant adapté à l'obscurité, et le même spectre d'ab
sorption après éclairement de la rétine au niveau élevé de 700 000 trolands.
Si la durée de Péclairement est inférieure à deux minutes le spectre
de blanchiment (différence entre les deux courbes d'absorption) est
analogue à celui obtenu in vitro sur un extrait à la digitanine mais la
courbe se trouve décalée de 5 à 10 m\x vers les grandes longueurs d'onde.
R. attribue ce désaccord à la présence, en grande quantité, d'orangé
transitoire dont le maximum se trouve vers 510-515 my. et non vers
500 my.. Cette interprétation est confirmée par le fait que l'augmentation
de la durée du blanchiment jusqu'à dix minutes (au lieu de deux) pro
voque un glissement des résultats vers la courbe obtenue in vitro.
R. détermine ensuite la relation entre l'énergie de l'éclairement
rétinien (d'une durée de 10 secondes) et la fraction de rhodopsine non
transformée. La fonction ainsi obtenue est assimilable à celle calculée
par Dartnall pour la rhodopsine en solution. Les corrections étant
faites relatives à la perte dans les milieux oculaires (44 %) et à l'orien
tation des molécules dans les bâtonnets in situ, orientation absente
dans les extraits (efficacité portée à 3/2), l'auteur arrive à la conclusion
que la photosensibilité de la rhodopsine in situ est égale à 1,7 fois la des extraits. Il pense que ce coefficient pourrait s'expli
quer par le fait que la lumière atteignant les segments internes des
bâtonnets, de diamètre supérieur à celui des externes serait
ensuite concentrée vers les segments externes à la faveur de la supériorité
de l'indice de réfraction du bâtonnet sur celui du milieu. Il ne s'agirait
donc pas d'une différence d'ordre biochimique' avec ce qui se passe
in vitro, mais d'un simple phénomène optique.
La même technique, perfectionnée a permis à R. de procéder à des
mesures au niveau foveäl. Seul un résumé des résultats a été publié
mais il est prometteur. La fovea normale a un spectre de blanchiment
en lumière achromatique avec maximum à 550 m\x, ce résultat est en Vl8 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
accord avec la courbe classique de visibilité photopique. Mais un blan
chiment avec une lumière rouge donne un résultat différent du blan
chiment une bleue, il y aurait donc au moins deux pigments
dans la fovea. La régénération des pigments après blanchiment est
totale en cinq minutes et les deux pigments semblent avoir même vitesse
de régénération. La fovea du protanope a un spectre de
avec maximum à 540 au lieu de 505 m\i, ce qui est également en accord ce que nous savons de la courbe de visibilité du protanope. Par
ailleurs les blanchiments avec lumière rouge intense et avec lumière
bleue intense donnent le même résultat, il n'y aurait donc, dans le cas
de protanopie, qu'un seul pigment. Fait curieux, la densité du pigment
est 50 % plus grande que la densité dans une fovea normale et ceci est
confirmé par la mesure psychophysique de la sensibilité absolue qui
se révèle elle aussi 50 % plus grande que la normale. R. a tenté égal
ement des mesures sur la fovea du deutéranope mais la densité du pigment
est si faible (15 % de la densité normale) que toute détermination précise
est impossible.
On doit évidemment considérer ces premiers résultats comme une
ébauche, mais en attendant de plus complètes informations notons
que pour la première fois est fournie la preuve directe qu'il y a plus
d'un pigment dans les cônes.
Y. G.
RUSHTON (W. A. H.). — The rhodopsin density in the human rods
(La densité de la rhodopsine dans les bâtonnets humains). — - J. Phy-
siol., 1956, 134, 30-46. — PESKIN (J. C). — Concentration of
visual purple in a retinal rod of « Rana pipiens » (La concentration
du pourpre rétinien dans un bâtonnet de R. p.). — Science, 1957,
3237, 68-69.
A partir des résultats obtenus par ses mesures directes sur la péri
phérie rétinienne R. évalue à 0,09 la valeur minimale que l'on puisse
attribuer à la densité de la rhodopsine à 20° de la fovea. Si l'on tient
compte de la réflexion par les couches rétiniennes autres que la couche
des récepteurs et par les cônes et les espaces compris entre les segments
internes des bâtonnets on atteint la valeur de 0,15. Cette valeur est
confirmée par les mesures faites sur les extraits de rhodopsine humaine
aussi bien que par les données concernant la visibilité scotopique.
Il paraît difficile que le chiffre de 0,15 puisse être beaucoup dépassé.
Cette valeur admise R. estime que 10 % de la lumière verte pénétrant
dans l'œil est absorbée par la rhodopsine (à 20° du centre) et que dans
les expériences de Hecht, Schlaer et Pirenne de 1942 le nombre de
quanta absorbée au seuil était de 5 à 14.
P. a fait ses mesures de densité sur des extraits à la digitanine. Il
trouve une densité de 0,012 par micron suivant l'axe du bâtonnet ce
qui chez R. p. donne une valeur de 0,642 pour le segment externe entier.
Cette valeur élevée concerne cependant des molécules non orientées. fil Ysioi.o<;ii: si-iSsoiiiiM.i.i: ',',9
Elle est proche de la valeur obtenue par Denton, pour R. p., mais ce
dernier faisait la mesure par un procédé photographique sur des rétines
intactes, aussi l'accord invoqué par P. n'est pas total ; un accord réel
exigerait qu'il obtienne des chiffres inférieurs à ceux de Denton de 30 %
(suivant l'estimation faite par ailleurs par Rushton).
Avec une telle densité P. chiffre à 75 % le coefficient d'absorption
des bâtonnets en lumière blanche (nous sommes loin des 10 % de Rushton
en lumière verte) et, imaginant la possibilité d'une incidence oblique,
il gonlle son chiffre jusqu'à 90 %. Mis à côté du travail si soigné de
Rushton celui de P. reste peu convaincant.
Y. Cx.
BIERSDORF (W. R.), ARMINGTON (J. G.). — Response of the
human eye to sudden changes in the wavelength of stimulation
(Réponse de Vœil humain à un changement brusque de la longueur
d'onde de stimulation). — J. opt. Soc. Amer., 1957, 47, 208-215.
Il s'agit pour les auteurs de mettre en évidence les processus él
émentaires responsables de la vision chromatique. L'œil humain à rétine
mixte donne un E. R. G. dont l'interprétation en termes de mécanisme
de base initiaux est d'autant plus difficile que l'accord est très loin d'être
réalisé quant aux éléments rétiniens responsables des variations élec
triques de l'E. R. G. D'un premier travail1, avec stimulations chromat
iques sur adaptation chromatique variable, aucune conclusion ferme
n'avait pu être tirée concernant la part relative des phénomènes pure
ment photopiques d'une part et des variations de la contribution
relative des mécanismes photopiques et isotopiques d'autre part. La st
imulation intermittente (de 4 à 20 par seconde) utilisée dans une seconde
série de recherches2 n'apporta guère plus, les auteurs se heurtant à un
écueil classique : les hauts niveaux d'adaptation, nécessaires pour assurer
une réception photopique aussi exclusive que possible, ont pour effet
inévitable de diminuer considérablement la sensibilité du système
dans son ensemble ce qui limite beaucoup les possibilités d'expé
rimentation.
Dans le présent travail les auteurs ont repris la méthode que Forbes
et coll.3, utilisèrent pour la rétine de tortue et qui consiste essentiell
ement dans le remplacement brusque d'une stimulation adaptatrice par
une autre, durable également. La réponse, si la substitution est parfa
itement réglée est uniquement explicable par la différence d'effet des
deux stimulations successives. Douze longueurs d'onde, de 420 à 662 ma
ont été prises comme stimulus-test et trois (rouge, vert, bleu) plus une
stimulation achromatique et l'obscurité comme adaptation. Les enre
gistrements de l'E. R. G. ont été faits dans ces conditions à deux
niveaux de luminence, 25 et 250 nits, avec, pour l'étude des mécanismes
1. Armington et Thiede, ./. opl. Soc. Am., 1954, 44, 770.
2.et Biersdorf, ./. Opl. Soc. Am., I956, 40, 39.'5.
3. •/. Neuroplujsinl., 1955, 18, 517. 450 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
photopiques, un champ périphérique uniforme achromatique de 6,8 et
quelquefois de 68 nits.
L'information la plus certaine qui ressort de l'ensemble des résultats
concerne l'existence de deux processus indépendants ayant leurs maxima,
l'un vers 500 m^i, l'autre vers 620 my.. Le premier se manifeste le plus
clairement avec l'adaptation au rouge soit sur périphérie obscure soit
sur périphérie éclairée, il se manifeste aussi avec l'adaptation à l'obscurité.
Les courbes de sensibilité spectrale obtenues se rapprochent assez de la
courbe de visibilité scotopique et tout semble indiquer qu'il s'agit d'une
activité liée en fonctionnement des bâtonnets. Ce fonctionnement
persiste aux niveaux de 250 nits pour la stimulation et de 6,8 et 68 nits
pour l'adaptation périphérique, nous sommes en effet là encore dans la
marge d'activité mésopique et les auteurs ont tort de parler de condi
tions photopiques pour s'étonner ensuite de l'activité des bâtonnets
dans ces conditions.
Le second processus, avec maximum de sensibilité à 620 mj*, apparaît
avec beaucoup moins d'évidence que le premier. Ce maximum à 620 mpi
rappelle aux auteurs la cyanopsine que Wald trouve dans les cônes.
Quant à l'existence possible de processus intéressant la partie médiane
du spectre visible elle ne peut être démontrée de façon certaine avec la
technique utilisée ici.
Y. G.
CALVET (J.), CATHALA (H. P.), HIRSCH (J.), SCHERRER (J.).
— La réponse corticale visuelle de l'Homme étudiée par une méthode
d'intégration. — C. R. Biol., 1956, 150, 1348-1351.
La difficulté majeure de la détection à travers le scalp des phénomènes
corticaux évoqués par une stimulation sensorielle réside dans la faible
amplitude de ces phénomènes par rapport à l'activité spontanée du cortex
cérébral. Les auteurs ont vaincu cette difficulté de manière très élégante
en utilisant une méthode d'intégration fondée sur la transformation des
phénomènes électro-corticaux en variations de luminosité du balayage
d'un oscillographe cathodique. Les du potentiel cortical étant
traduites en variations de luminosité la superposition des balayages
réduit à un fond continu l'activité spontanée répartie au hasard et fait
apparaître au contraire les éléments permanents de la réponse ident
iquement situés dans le temps par rapport au stimulus. La lecture ulté
rieure de l'enregistrement photographique à la cellule photo-électrique
restitue un tracé qui ne le cède en rien pour la netteté aux tracés pris
directement sur le cortex.
La réponse à un éclair bref ainsi obtenue comprend, d'une part deux
ou trois dé flexions positives de faible amplitude, la latence de la pre
mière étant de 30 à 40 ms (mais les auteurs ne donnent pas la valeur de
l'éclairement rétinien) et d'autre part une, deux et quelquefois trois
ou quatre oscillations négatives de grande amplitude et d'une période
d'une centaine de ms. PHYSIOLOGIE SKNSOR1KM.E ^(51
En comparant par ailleurs la réponse à un éclair unique à celles obte
nues à un double éclair, l'intervalle entre les deux stimuli étant variable,
et à une succession de 10 à 12 éclairs pendant une seconde), les auteurs
suggèrent que, les phénomènes précoces de faible amplitude corre
spondant au potentiel évoqué classique, les grandes oscillations négat
ives pourraient être l'annonce des phénomènes rythmiques obtenus
dans les expériences d'entraînement de l'E. E. G. par une stimulation
répétitive.
Y. G.
MONFREDI (A.). — Fosfeni rotatori da stimolazione con correnti
elettriche alternate (Phosphènes rotatoires par stimulation avec des
courants électriques alternatifs). — Problem, contemp. Opt. (1954),
1956, 541-547.
L'auteur se figure que ce qu'il appelle le « phénomène électro-optique »,
par analogie avec le phénomène électrophonique, connu depuis 1868,
a été découvert par Motokawa en 1953 ! Il s'agit des phosphènes engen
drés par des courants électriques agissant sur l'œil. L'auteur a déterminé
le voltage liminaire de ces phosphènes chez 10 sujets avec un courant
alternatif de fréquence variable jusqu'à 70 cps. Le seuil minimum
correspond à une d'environ 10 cps jusque vers 25 cps (min
imum pouvant s'abaisser à 1 v., avec des valeurs de 32 v. pour 2 cps
d'un côté, pour 50 cps de l'autre).
Le seul fait intéressant consiste dans le caractère du phosphène
quand les deux yeux sont soumis à des courants de fréquence un peu
différents, sous tension égale : pour un écart d'un peu moins de 1 cps,
les sujets perçoivent un phosphène tournant, en forme de roue à rayures
plus claires et plus sombres.
Pas d'hypothèse explicative en ce qui concerne le mécanisme.
H. P.
VIER (M.). — Sättigung, Uebersättigung and Ermüdung in ihrer
Wirkung auf die optische Verschmelzungsfrequence (Saturation,
sursaturation et fatigue, dans leur action sur la fréquence critique de
fusion). — Z. Psychol., 1956, 159, 246-279.
L'auteur a repris, à l'Institut de Gottschaldt, à Berlin, la question de
la saturation psychique, qui avait fait l'objet, en 1928, des recherches
d'un élève de Lewin, Karsten, (cf. An. Psychol., 29, n° 1009), rapprochant
des effets de la fatigue ceux du dégoût engendré par un travail monotone
quand le sujet en ait « saturé », avec des efforts (par exemple de rythmi-
sation) pour échapper à la monotonie excessive tracer sans
arrêt, indéfiniment, une sinusoïde simple), dans le conflit entre l'effort
pour persévérer et la répulsion vis-à-vis de la tâche.
La sursaturation ne se distingue qu'assez difficilement de la satu
ration, l'une et l'autre se dissociant de la fatigue en ce qu'elles ne sont
pas modifiées par des intervalles de repos, même de plusieurs jours 4.r>2 ANALYSES IÎIUUOC 11 Al'ÏUQUES
de durée. Il est seulement plus difficile d'obtenir la continuation du
travail après sursaturation. Vier a soumis 35 sujets à ses expériences
de travail monotone et a mesuré périodiquement la fréquence critique
de fusion par la méthode de Schmidt qui a trouvé un abaissement pro
gressif de la c. f. f. avec la fatigue intellectuelle croissante (Psychologische
Forschung, 23, 1954).
Tant qu'on en est au stade dit de saturation, la c f. f. s'abaisse peu
au cours du travail, mais au stade de sursaturation, du conflit plus aigu,
l'abaissement devient notable. Voici les moyennes de 20 sujets.
Abaissement de c.f.f. l'en cds)
Dur£e de travail
(minutes) Etat de saturation Etat de sursaturation
15 0,22 1,23
30 0,43 1 ,93
45 0,66 2,53
60 0,87 2,85
75 ] ,23 3.20
En faisant faire une heure de calcul à 10 de ses sujets, Vier a trouvé
en moyenne un abaissement de 1,94 eps (avec un maximum de 3,2,
et 2 sujets n'ayant pas subi d'abaissement). Enfin en suscitant un état
conflictuel dans des expériences de rivalisation d'une durée d'une heure
chez 10 sujets, un abaissement progressif a encore été obtenu (atteignant
1,0 à 4,5 chez 9, et élévation de 3,0 au contraire chez le 10e.
H. P.
GEBHARD (J. W.), DUFFY (M. M.), MOWBRAY (G. H.), BYHAM
(C. L). — Visual sensitivity to the rate of electrically produced
intermittence (Sensibilité visuelle au taux d'intermittences électr
iquement engendrées). — J. opt. Soc. Amer., 1956, 46, 851-860.
Recherches poursuivies sur 2 observateurs pour déterminer la plus
petite différence perceptible dans la fréquence de stimulations électriques
intermittentes par ondes rectangulaires traversant la tête, avec réglage
d'intensité tel que le phosphène apparaisse avec une phanie constante
(par jugement d'égalité avec une plage de 10° de luminance fixe). Voici
les valeurs moyennes obtenues et par comparaison quelques valeurs de
Schwarz (1938) et de Lohmann (1940) avec des ondes sinusoïdales, pour
les seuils différentiels relatifs à une série de fréquences F (cps).
F 5 10 12,5 15 17,5 20 22,5
I .022 .026 .030 .030 .022 .018 .010
AF/F Schwarz .063 .051 .064
— Lohmann .040 .057 .105
F 25 27,5 30 35 40 45 50
I .009 .009 .017 .015 .012 .014
AF/F Schwarz .030 .053 .076
-- Lohmann .124 .072 .080 PHYSIOLOGIE SENSORIELLE 453
Les variations de la sensibilité différentielle en fonction de la fr
équence ne sont pas régulières. Il y aurait 127 échelons discriminables
de 5 à 45 cps, contre 207 avec les mêmes fréquences de stimulation lumi
neuse (l'optimum de sensibilité se rencontrant à 30-35 au lieu de 25-27,
où le seuil aurait au contraire une élévation).
H. P.
BEDFORD (R. B.), GOTTFRIED (Hanna T.), MIDDLETON
(W. E. K.), WYSZECKI (G. W.). — Non-additity of brightness for
colored point sources (Non-additivité de phanie pour des sources
punctif ormes colorées). — J. opt. Soc, 1957, 47, 116 (abstract). — •
SANDERS (C. L.), WYSZECKI (G. W.). — Relationship between
lightness and tristimulus values (Relation entre leucie et valeurs de
tristimulus). — J. opt. Soc, 1957, 47, 121 (abstract).
Ces deux communications au 41e Congrès de l'Optical Society
conduisent, sur des terrains différents, au rejet de la validité de la loi
d'additivité (loi d'Abney).
En présentant à deux observateurs des sources punctiformes de
luminance valant environ 60 fois le seuil fovéal et diversement colo
rées, on trouve des désaccords nets entre les phanies réellement obser
vées et celles qui sont calculées à partir des données spectrophotomé-
triques en utilisant la fonction propre de lucivité spectrale de chaque
observateur.
D'autre part S. et W. ont trouvé que, pour une même réflectance
lumineuse d'échantillons Mansell d'une valeur donnée, la leucie appréc
iée changeait avec la chromaticité et ne pouvait se relier par des équat
ions linéaires aux valeurs déterminées pour les proportions de tristimulus,
mais qu'il fallait utiliser des équations du second degré avec des coeffi
cients variables suivant les sujets et la grandeur du champ, d'où la non-
applicabilité de la loi d'Abney.
H. P.
BATTIG (W. F.), VOSS (J. F.), BROGDEN (W. J.). — The effect of
frequency of intermittence upon perceived brightness (L'effet de la
fréquence des intermittences sur la phanie perçue). — J. comp.
physiol. Psychol., 1957, 50, 61-63.
Les observateurs doivent égaliser, en la réglant la luminance d'une
plage circulaire (3,6° de diamètre) de sorte qu'elle paraisse de phanie
égale à celle d'une plage égale et semblable, écartée de la première
de 3,6° et qui, dans ses phases positives, a une luminance constante
(une basse et une élevée) mais présentée avec des intermittences (de 4
à 28 cps). Un champ de 18,4° à une luminance de 0,244 mL entoure lu
zone du but. Pour les fréquences très basses, la phanie reste indé
pendante de la fréquence. Au delà de 4 cps l'égalisation est faite avec um;
luminance qui s'abaisse (de 1,20 à 0,50 inL à 12 cps, stabilisés ensuite