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Vers une naturalisation de la héorie de la vertu : prolégomènes à une psychologie positive de la vertu, Towards a Naturalization of Virtue Theory

De
459 pages
Sous la direction de André Andler
Thèse soutenue le 10 juillet 2009: Paris 4
Le présent travail vise à stimuler un dialogue interdisciplinaire entre la théorie philosophique de la vertu – qui, depuis des millénaires, étudie le caractère moralement excellent – et l’ensemble des connaissances empiriques sur la personnalité dont nous disposons en psychologie de la personnalité, en psychologie sociale et en psychologie de l’expertise. Notre contribution la plus importante relève de la philosophie de la psychologie : pour permettre un dialogue interdisciplinaire, il faudra entreprendre un long travail de clarification conceptuelle des notions de « trait » et de « type » dans le sens commun, en philosophie et en psychologie. Suite aux travaux de W.Mischel, nous soulignons l’importance d’une modélisation rigoureuse de la personnalité humaine, rendue possible par la contribution récente de la théorie de l’évolution et des sciences cognitives. Nous évaluerons ensuite le bien-fondé empirique d’un modèle néo-aristotélicien du caractère vertueux, qui représente les ambitions de la théorie de la vertu ancienne. Ce modèle, inspiré de théories généralistes de l’expertise de l’Antiquité, propose l’excellence dans tous les domaines de la vie morale (unité des vertus). Or, la psychologie de la personnalité et la psychologie sociale nous montrent que l’état naturel du caractère moral est la fragmentation et l’incohérence. La psychologie contemporaine de l’expertise a prouvé qu’il est très difficile d’atteindre une performance excellente dans plusieurs domaines. Il s’ensuit qu’il faudra abandonner le modèle néo-aristotélicien en faveur d’une conception de l’excellence morale en tant que spécialisation dans un nombre limité de vertus.
-Vertu
-Aristote
-Situationnisme
-Psychologie de la personnalité
-Walter Mischel
-Psychologie sociale
-Psychologie de l'expertise
-Psychologie positive
The present dissertation aims at stimulating interdisciplinary research on the psychology of virtue, involving philosophical virtue theory – which has been studying moral excellence in human character for more than two millennia – personality psychology, social psychology and the psychology of expert performance. My first contribution is to the philosophy of psychology: uncritical reliance on the vague common sense concepts of “ trait” and “type” has been an obstacle for real progress in understanding human character. I am going to compare and clarify the use of these concepts in psychology, philosophy and common sense. Theories of personality are slowly finding their way out of a long crisis: inspired by the work of W.Mischel, I will show that the joint efforts of cognitive science and evolutionary psychology are needed to model personality processes correctly. As a second contribution, I am going to evaluate a neo-Aristotelian model of the psychology of virtue, based on the idea that we should strive for moral excellence in every relevant domain of life (unity of virtue). This model is based on ancient “generalist” theories of expert performance. Now, personality psychology and situationist social psychology show that the natural condition of human character is fragmentation and inconsistency. Contemporary psychology of expert performance proves that excellence in more that one or two domains is very rare. It follows that we should abandon the neo-Aristotelian model in favor of an account of specialized moral excellence in a limited number of virtues.
Source: http://www.theses.fr/2009PA040121/document
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UNIVERSITÉ PARIS IV – SORBONNE
ECOLE DOCTORALE V CONCEPTS ET LANGAGES


THÈSE
Pour obtenir le grade de
DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS IV

Discipline : Philosophie


Présentée et défendue publiquement par
ALBERTO MASALA
Le 10 juillet 2009 à Paris

Titre : Vers une naturalisation de la théorie de la vertu

Prolégomènes à une psychologie positive de la vertu

Directeur de thèse : Daniel Andler


Jury

M. Daniel Andler, professeur à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
M. Jérôme Dokic, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
M. Edouard Machery, professeur à l'Université de Pittsburgh
M. Patrick Pharo, directeur de recherches au CNRS
Mme Julia Tanney, professeur à l'Université du Kent

The future is here. It is just not widely distributed yet.

William Gibson

2 Remerciements

Je tiens à remercier :
Mon directeur de recherche Daniel Andler, pour son soutien intellectuel,
motivationnel et institutionnel pendant plusieurs années ;
Walter Mischel, pour m’avoir introduit à sa théorie de la personnalité, qui a
grandement influencé le présent travail ;
Hichem Naar, Jérôme Ravat et Joana Baguenier pour avoir lu et commenté des
versions antérieures du manuscrit ;
à nouveau Hichem Naar, Jérôme Ravat, mais aussi Francesco Callegaro, Riccardo
Fanciullacci, Steeves Demazeux et Olivier Jacquemont pour des suggestions
importantes et des discussions très fructueuses ;
mon ancien directeur de recherche Pascal Engel, pour avoir encouragé mes débuts
dans la recherche et dans l’étude de la théorie de la vertu ;
le groupe Nash (Hugo Mercier, Nicolas Baumard, Olivier Morin et Nicolas Claidière)
pour m’avoir introduit à l’approche naturaliste en sciences humaines et à la théorie de
l’évolution ;
enfin, ma famille, pour tout le soutien pendant ces années de travail.
3 4
Remerciements .............................................................................................................. 3
Introduction. Contexte et motivation du projet..............................................................................10
Vers une nouvelle science de la vertu............................................................................................10
Le contexte : D’une crise des fondements à une nouvelle science de la vertu. Conditions de
possibilité du dialogue entre psychologie et philosophie.......................................................15
Le modèle globaliste « néo-aristotélicien » en tant que représentant de la psychologie de la vertu
classique.........................................................................................................................................24
Le modèle néo-aristotélicien..................................................................................................25
L’ambition morale du modèle « néo-aristotélicien » : la psychologie de l’excellence morale
vs. la psychologie de la « décence » morale ..........................................................................30
Les modèles psychologiquement ambitieux et les approches révisionnistes.........................33
Introduction à la première partie....................................................................................................38
La nécessité d’une psychologie des vertus basée sur la psychologie empirique ...........................42
L’insuffisance du débat contemporain sur l’adéquation empirique de la théorie de la vertu
face à la menace situationniste : la rhétorique de « la philosophie qui nie l’évidence
factuelle »...............................................................................................................................43
Le dialogue avec la psychologie empirique est-il possible ? Philosophie de la psychologie
wittgensteinienne et données expérimentales ........................................................................46
Psychologie philosophique normative ...................................................................................54
Psychologie normative et données empiriques ......................................................................58
Pourquoi et comment étudier le sens commun ?............................................................................64
Introduction et résumé - Le sens commun, ce grand inconnu ...............................................64
Section I – l’étude du sens commun en philosophie – l’insuffisance des approches
traditionnelles.............................................................................................................................67
Quelle est la position du sens commun ? L’importance de la philosophie expérimentale ....67
« Populisme normatif et expertise » vs « fiabilisme et révisionnisme éclairé » ....................69
La nécessité de la philosophie expérimentale, dans l’approche populiste.............................73
Les philosophes en tant qu’experts dans l’étude des intuitions réfléchies.............................74
Les philosophes en tant qu’experts des intuitions « robustes » .............................................76
La nécessité de la philosophie expérimentale dans le cadre du fiabilisme ............................77
La psychologie morale est l’étude des engagements dynamiques du sens commun : des
intuitions à une jurisprudence naïve.......................................................................................82
Les intuitions sont un produit cognitif complexe...................................................................83
L’étude des engagements dynamiques du sens commun.......................................................84
Section II - Qu’est une théorie naïve en psychologie ?..............................................................87
Extraction d’engagements ontologiques d’aspects locaux du fonctionnement de la cognition
................................................................................................................................................92
Confusion entre le fonctionnement d’un domaine cognitif et ses engagements ontologiques
................................................................................................................................................96
La théorie du caractère implicite du sens commun......................................................................100
Introduction et résumé .........................................................................................................100
Section I - Cartographie de l’usage conceptuel : Existence et portée des concepts de trait dans
le sens commun........................................................................................................................104
Attribution............................................................................................................................105
Prédiction .............................................................................................................................108
Explication ...........................................................................................................................111
Traits et stéréotypes .............................................................................................................114
5 Scepticisme quant au rôle des concepts de trait dans la psychologie populaire ..................116
La réduction entre des concepts universels et importants du sens commun est très
improbable .......................................................................................................................118
Dissociation entre trais et croyances/désirs dans l’ontogenèse........................................118
Dissociation entre traits et croyances/désirs ....................................................................119
Statut ................................................................................................................................120
Anti-réalisme global.............................................................................................................121
Anti-réalisme spécifique aux traits ......................................................................................123
Théorie spontanée des traits.................................................................................................127
La possibilité d’une science de la personnalité............................................................................133
Introduction et résumé .........................................................................................................133
I. Personnalité et évolution : au-delà du réductionnisme.........................................................135
Expliquer la variation individuelle : la sélection fluctuante ................................................135
Personnalité animale ............................................................................................................141
L’évolution : un cadre méta-théorique pour la structure de la personnalité ........................143
Réductionnisme dans l’histoire des théories de la personnalité...........................................148
Le modèle de l’excellence................................................................................................149
Le modèle des valeurs......................................................................................................151
II La définition du domaine d’une science de la personnalité .................................................153
Délimitation du domaine de la psychologie de la personnalité : la différence entre la
psychologie de la personnalité et l’étude de l’identité personnelle .....................................154
Introduction deuxième partie .......................................................................................................159
La psychologie traditionnelle des traits et son inadéquation pour évaluer la théorie de la vertu 163
Introduction et résumé .........................................................................................................163
La nécessité de désambiguïser la psychologie morale de la théorie de la vertu en tant que
théorie des traits ...................................................................................................................165
La notion de trait en psychologie.........................................................................................168
Relation entre psychologie et théorie de la vertu.................................................................175
Le problème de l’homogénéité locale et l’interprétation réaliste des traits de caractère dans
la tradition philosophique et psychologique ........................................................................176
Les traits généraux sont-ils des artefacts ? Défense d’un point de vue réaliste...................183
Les effets holistes sont encore moins fiables que ceux associés à un seul trait...................189
Approches psychologiques de l’étude de la vertu................................................................190
La classification VIA .......................................................................................................194
Approches typologiques et développementales à l’étude de la personnalité ...............................199
Introduction et résumé .........................................................................................................199
Approche typologique à la personnalité et théorie de la vertu.............................................201
La nécessité d’une typologie « molaire ».............................................................................206
Typologies « macro » : les adaptés, le sous-contrôlés et les sur-contrôlés..........................209
Approche développementale à la personnalité.....................................................................211
Conceptualiser la stabilité et la continuité de la personnalité dans le temps .......................214
Macro-typologies développementales..................................................................................218
Modèles socio-cognitifs de la personnalité..................................................................................220
Aspects communs des approches socio-cognitives..............................................................222
Questions ouvertes : la nature des unités cognitives et le rôle des modules dans la cognition
sociale...................................................................................................................................226
KAPA (knowledge appraisal personality architecture) .......................................................231
Modèle de l’auto-régulation de Morf...................................................................................232
CAPS (cognitive-affective personality system)...................................................................234
6 Les formes de cohérence « substantielle » proposées par l’approche socio-cognitive : profil
de personnalité, types, dynamiques relationnelles et la personnalité d’une culture ............237
La sensibilité au rejet ...........................................................................................................239
RS et auto-régulation .......................................................................................................244
RS et personnalité borderline...........................................................................................245
RS et dépression...............................................................................................................246
RS liée au statut social .....................................................................................................248
Narcissisme ..........................................................................................................................249
Personnalité dépendante.......................................................................................................250
La cohérence de la personnalité à un niveau supra-individuel : les dynamiques dans une
relation et la dimension culturelle.......................................................................................251
Introduction troisième partie........................................................................................................256
Premier chapitre ...................................................................................................................257
Deuxième chapitre – la critique du situationnisme radical ..................................................258
Troisième chapitre – Vertu morale et psychologie de l’expertise .......................................260
Chapitre 4 – l’intégration de la vertu et le rôle de la sagesse...............................................262
A la recherche de la cohérence dans le comportement : la leçon de la psychologie de la
personnalité pour la théorie des vertus.........................................................................................264
I. L’étude de la cohérence inter-situationnelle (cross-situational consistency) et sa pertinence
pour la théorie de la vertu : prémisses méthodologiques .........................................................264
Classification des formes différentes de cohérence .............................................................264
II. A la recherche de la cohérence inter-situationnelle : 80 ans de psychologie de la
personnalité et leur pertinence pour la théorie de la vertu. ......................................................271
L’enquête sur l’éducation du caractère et d’autres études classiques..................................271
Funder : une tentative manquée de dépasser le « coefficient de personnalité » ..................275
Vranas : le plafond de 0,30 est réel mais compatible avec un niveau élevé de cohérence ..280
A la recherche de la cohérence perdue.................................................................................281
Existence de traits non intuitifs ou non représentés dans le langage ...................................282
La perception partagée des situations ne correspond pas à nos attentes..............................283
Découverte des dimensions générales qui expliquent la similitude entre situations .......285
Template Matching ..........................................................................................................286
Nature subjective des traits ..................................................................................................289
Méta-Traits...........................................................................................................................297
Conclusion ...........................................................................................................................308
Le menace radicale du situationnisme .........................................................................................310
Introduction au problème du pouvoir de la situation ...........................................................310
I. La littérature situationniste : la force de la situation et l’erreur fondamentale d’attribution 312
Le paradigme de Milgram....................................................................................................313
Les effets sur l’humeur ........................................................................................................316
Le paradigme du Bon Samaritain.........................................................................................318
L’influence du groupe..........................................................................................................319
Influences positives de la situation : altruisme ....................................................................320
Dissonance cognitive et « channeling factors »...................................................................322
L’erreur fondamentale d’attribution.....................................................................................324
II. Genres de « situationnismes » et « situations » différents en philosophie et psychologie..325
Interprétations causales du « pouvoir de la situation » ........................................................328
Interprétations non causales : le rôle d’une référence aux situations dans la prévision du
comportement.......................................................................................................................334
III. Le situationnisme contre la théorie de la vertu ..................................................................338
La fragmentation radicale du caractère................................................................................339
7 Des traits de caractère conçus de façon « béhavioriste » n’existent pas..............................342
Les traits de caractère n’existent pas : l’incompatibilité entre l’existence du caractère et de la
vertu et les résultats situationnistes qui concernent le comportement moral.......................345
Les traits de caractères moraux sont extrêmement rares......................................................347
L’étiologie de l’erreur : l’erreur fondamentale d’attribution ...............................................350
Formation d’impressions stéréotypées.................................................................................352
Le maintien d’impressions stéréotypées dans l’approfondissement d’une connaissance....354
Conclusion ...........................................................................................................................361
La vertu et la psychologie de la compétence et de l’expertise.....................................................362
Psychologie de la compétence et de l’expertise...................................................................364
Compétence et vertu dans la tradition philosophique ..........................................................370
La psychologie de la compétence d’après Dreyfus..............................................................374
Evaluation du modèle intuitionniste : le rôle de la réflexion ...............................................376
La notion d’automaticité en psychologie.............................................................................377
Contexte de déclenchement .............................................................................................377
Profil d’automaticité ........................................................................................................378
Le déclenchement automatique de l’action vertueuse .........................................................378
La complexité des processus cognitifs automatiques ..........................................................380
Les limites de l’automatisation : le rôle de la réflexion.......................................................384
Flexibilité et excellence .......................................................................................................387
L’intégration des vertus et le rôle de la sagesse...........................................................................390
Introduction..........................................................................................................................390
SECTION 1 : brève introduction à la notion de sagesse..........................................................391
La notion de sagesse : questions méthodologiques..............................................................391
La double nature de la sagesse : le « jugement sage » et la « personnalité du sage » ........393
Le noyau sémantique minimal de la sagesse en tant que jugement sage.............................395
La sagesse en tant que personnalité vertueuse du sage........................................................398
Le rôle unificateur de la sagesse dans la psychologie classique des vertus.........................400
Différentes formes de sagesse..............................................................................................404
Études empiriques du concept de sagesse du sens commun................................................408
Cohérence dans l'usage ....................................................................................................409
Validité.............................................................................................................................411
Variation dans l'usage ......................................................................................................412
Section II évaluation du bien fondé empirique du rôle unificateur de la sagesse....................412
Approches empiriques à la sagesse......................................................................................412
Baltes....................................................................................................................................413
Sternberg ..............................................................................................................................419
Approches empirique à la sagesse en tant que personnalité ....................................................424
Conclusion ...........................................................................................................................427
Remarque conclusive : quelle place pour l’excellence du caractère dans la philosophie normative
du XXIème siècle ? ......................................................................................................................429
INDEX .........................................................................................................................................435
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………………436

8 9
1Introduction. Contexte et motivation du projet .
Vers une nouvelle science de la vertu

Le caractère est un sujet de réflexion fort courant. Nos proches, nos connaissances, les personnalités
en vue, nous les jugeons timides, courageux, loyaux, confiants, généreux, etc. Nous avons aussi des
idées sur la façon dont le caractère pourrait être développé, changé quand cela est possible, ou au
moins influencé. Un voyage peut nous ouvrir les yeux sur la pauvreté dans le monde et développer
notre générosité ; la guerre ou l’activité militaire peuvent renforcer le courage ; l’interaction avec
une personne que nous admirons et que nous cherchons à imiter peut augmenter notre confiance.
Des réflexions et des croyances de ce genre sont explorées et transmises par le sens commun, dans
la culture et dans la sagesse populaires, dans la littérature et les arts.
Toutefois, depuis que l’homme a développé l’ambition d’un savoir plus puissant, justifié et
systématique (c’est-à-dire depuis que l’homme a développé de véritables théories), le
fonctionnement et le développement du caractère ont fait aussi l’objet de ses efforts explicitement
théoriques. Notamment, ici nous nous intéressons aux théories prescriptives qui proposent un idéal
de personnalité vers lequel on devrait converger. Le caractère idéal est qualifié de « vertueux », du
latin virtus, qui traduit le terme grec pour désigner l’excellence : « arêté ». Les théories normatives
du développement du caractère vertueux (ou, plus simplement, théories de la vertu) ont plusieurs
millénaires d’histoire : on peut les faire remonter aux débuts de la philosophie en occident (les
2 3théories de la vertu de Platon et Aristote ) et en Chine (la théorie de la vertu de Confucius ).
Cette thèse s’inscrit dans cette tradition théorique et vise à signaler et à encourager un tournant
majeur dans son évolution : la naissance d’une véritable science interdisciplinaire de la vertu, qui
prendrait la place d’une théorie philosophique de la vertu déconnectée de la recherche en
psychologie empirique. Le but de ce travail est de montrer la pertinence pour un renouveau de la
théorie de la vertu d’un certain nombre de traditions expérimentales en psychologie de la
personnalité et en psychologie sociale. Pour le dire plus simplement, il s’agit de montrer la
contribution possible de la psychologie contemporaine à une philosophie normative du caractère

1
Cette introduction motive le projet de la thèse et le situe dans le contexte de la recherche contemporaine sur le
caractère. Pour un véritable résumé de la thèse, voir les introductions aux trois parties.
2 Aristote, Ethique à Nicomaque, traduit par J. Tricot ( J. Vrin, 1972).
3 Eric L. Hutton, “Character, Situationism, and Early Confucian Thought,” Philosophical Studies 127 (2006).
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