Attractivité résidentielle : les résidences secondaires allemandes en Lorraine

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L'accueil de populations à revenus exogènes, résidant de façon permanente ou temporaire, représente une opportunité non négligeable de développement local. D'où l'importance accordée notamment au rôle des résidences secondaires en termes d'attractivité des territoires. Sur près de 3 millions de résidences secondaires en France, 7,9 % seraient la propriété de non résidents en 2003. En 2003, on estime qu'un peu plus de 220 000 propriétaires de résidences secondaires ne sont pas résidents français, dont 5 400 en Lorraine. Parmi les nationalités les plus représentées en Lorraine : les Allemands, avec près de 4 000 résidences secondaires, soit près des trois-quarts des résidences "étrangères".
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
°
49N Attractivité résidentielle :
L’accueil de populations à revenus exogènes, résidant de façon
permanente ou temporaire, représente une opportunité non négligeable
de développement local. D’où l’importance accordée notamment au rôle
des résidences secondaires en termes d’attractivité des territoires.
Sur près de 3 millions de résidences secondaires en France, 7,9%
seraient la propriété de non résidents en 2003. En 2003, on estime
qu’un peu plus de 220 000 propriétaires de résidences secondaires
ne sont pas résidents français, dont 5 400 en Lorraine.
Parmi les nationalités les plus représentées en Lorraine : les Allemands,
avec près de 4 000 résidences secondaires, soit près des trois-quarts
des résidences «étrangères».
D’après le sociologue allemand sur l’identification des potentialités de déve-
Werner Sombart (1916), la partie de la popu- loppement local, l’estimation des effets in-
lation qui «fonde» la ville et son développe- duits et l’évaluation des retombées d’une
ment, est celle qui est en mesure d’y attirer du politique publique.
revenu en provenance de l’extérieur.
Revenus exogènes : favorablesLa «théorie de la base économique» a été
au développement locall’une des premières représentations théori-
ques permettant d’appréhender le dévelop- L’introduction d’activités tertiaires dans la
pement régional et urbain. Elle distingue sur «base économique» a constitué un renouvel-
un territoire donné, les activités : lement majeur de la théorie originelle, en
mettant notamment l’accent sur le rôle de* de base, mises en œuvre par les actifs lo-
levier sur la croissance économique des ter-caux pour des consommateurs résidant
ritoires, que constitue la mise en œuvre deailleurs, «exportatrices» pour le territoire
politiques locales actives visant à attirer deconsidéré ;
nouveaux résidents permanents (retraités, na-
* locales («résidentielles» ou «de proximité») vetteurs, etc.). Les activités de base «non tra-
réalisées par des actifs «locaux» à destina- ditionnelle», production locale de services
tion de consommateurs «locaux» : leurs consommés par des résidents permanents
production, distribution et consommation (retraités, navetteurs) ou temporaires (touris-
se faisant dans un périmètre géogra- tes, résidents secondaires), peuvent représen-
phique restreint. ter plus du tiers de l’ensemble des activités
de base.
Bien que cette théorie donne une vision sim-
plificatrice et datée de l’économie régionale, A. Goujard (2000) souligne que «les apports
elle permet dans ses derniers développe- de revenus dus aux résidents secondaires
ments, d’apporter des éléments de réflexion sont d’autant plus grands que les produits in-
Vtérieurs bruts régionaux par habi- mesure où la commune peut choi- de la dotation globale de fonction-
tant sont faibles, Rhône-Alpes et sir, dans le cas des résidences nement versée aux communes,
Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) secondaires, de ne pas appliquer dans le but de couvrir au mieux
à part. Dans des régions comme l’abattement général à la base, leurs charges. A la population
la Corse, le Limousin, la Basse- contrairement aux résidences communale totale est ajouté,
Normandie, le Languedoc-Roussil- principales. En effet, l’abattement conformément à l’article
lon, la Bretagne et PACA, les reve- général à la base est alors facul- L. 2334-2 du code général des
nus liés aux dépenses quotidiennes tatif ; les collectivités locales déci- collectivités territoriales, un habi-
des résidents secondaires peuvent dent librement de faire bénéficier tant fictif par résidence secon-
dépasser 0,5% du PIB régional leurs administrés d’un abatte- daire. Ce dernier chiffre, qui
(1996)». ment de 5%, 10% ou 15% de la correspond à une fréquentation
valeur locative moyenne des habi- moyenne de quatre habitantsL’accueil de populations à revenus
tations secondaires situées dans pendant trois mois chaque année,exogènes, actives ou retraitées,
leur ressort. constitue une évaluation durésidant de façon permanente ou
surcroît de charges occasionnétemporaire, représente donc une Les touristes Second effet induit par la pré-
parlaprésencederésidents nonopportunité de développement lo- non résidents sence de résidents secondaires,
permanents.cal de territoires qui disposent de fiscaux leur prise en compte dans le dé-
peu d’avantages comparatifs et consomment nombrement de la population to- Lorsque les résidences secondaires
sont peu attractifs pour les inves- plus tale entraîne une augmentation sont occupées par des «non rési-
tisseurs et permet de générer
des emplois peu qualifiés. Les flux Proportion de résidences secondaires
générés par ce phénomène pro- dont le propriétaire réside à l'étranger
viennent des dépenses de
Par commune en %consommation (les touristes non ré-
sidents dépensent plus que les rési-
dents) ainsi que des taxes locales.
D’où l’importance accordée au
rôle des résidences secondaires
en termes d’attractivité des terri-
toires. En 2003, sur les trois mil-
lions de résidences secondaires
en France, 7,9% sont la proprié-
té de non résidents.
Le rôle économique
des résidences
secondaires
Les résidences secondaires, par
leur permanence, contrairement
aux touristes, engendrent des re-
tombées économiques importan-
tes sur les territoires à travers la
consommation et les taxes loca-
les. Pour les communes, l’apport
fiscal peut être important, dans la
Une approche fiscale du phénomène
Parmi l’ensemble des sources disponibles, permettant d’approcher le nombre de résidences secondaires (1) de non résidents, deux sour-
ces fiscales (DGI) existent. Le fichier SESDO (2), qui recensait jusqu’en 2002, tous les deux ans, l’ensemble des mutations immobilières par
département (nombre, montants, prix moyens) avec un étranger acquéreur et le fichier FILOCOM (Fichier des Logements par Communes).
FILOCOM (3) est un fichier logement construit par la DGI pour les besoins d’évaluation du Ministère de l’Équipement, construit en fusionnant
les fichiers de la Taxe d’habitation (TH), du foncier (pour ce qui concerne les propriétés bâties soumises à la TH), des propriétaires et de
l’Impôt sur le revenu (IR). La version 2003 du fichier permet d’appréhender le nombre de résidences secondaires occupées par des non ré-
sidents. La population de référence est constituée des propriétaires de résidences secondaires résidant à l’étranger (l’avis d’imposition aux
taxes locales est adressé à leur domicile à l’étranger). On y trouvera par exemple des étrangers ou des Français expatriés possédant une
résidence secondaire en France. Ne figurent notamment pas dans ce champ, les propriétaires étrangers résidant en France.
(1) Chambres départementales des notaires, adresses EDF, Télécoms, bancaires, agences immobilières, promoteurs d’ensembles neufs,
principaux hébergeurs para-hôteliers, syndics, etc.
(2) Source SESDO : Fichier du Service des Études Statistiques et de la Documentation (DGI) du ministère des Finances, recense tous les
deux ans (1994, 1996, 1998, 2000, 2002), par département, l’ensemble des mutations immobilières (nombre et prix) avec un étran-
ger acquéreur.
(3) La diffusion des résultats issus du fichier FILOCOM est soumise à des règles strictes liées au secret statistique.
227,8
2,7
5,8
28,0
5,9
2,3
6,8
5,2
1,3
3,2
69,1
6,1
11,9
8,5
2,8
15,0
10,8
dents fiscaux», l’effet de levier sur 28,9 millions de nuitées pour les de résidences secondaires ne sont
l’économie locale peut être accen- non résidents, induisant une durée pas des résidents français au sens
tué. En effet si tous les occupants moyenne de séjour de 9,8 nuitées fiscal. La possession d’une rési-
de résidences secondaires, domici- (chiffres relatifs à 1996)(2). dencesecondaireenFrancereste
liés en France ou non, sont soumis fortement corrélée à la proximité
aux mêmes taxes locales, ceux qui Britanniques : un quart
sont domiciliés à l’étranger consom- des résidences
ment un peu plus. La dépense
secondaires «étrangères»
moyenne des touristes non rési- (1) Source : Enquête dépenses 1997,
Direction du Tourisme.Les résidences secondaires (horsdents fiscaux est de 17% supé-
(2) Source : Enquête aux frontièreslogements occasionnels) représententrieure à celle des touristes résidents
1996 - estimation Direction du Tou-
en France un logement sur dix,(38,9 euros contre 31,9 euros par
risme 1998
soit 3 millions en 2003 (3). Unnuitée) (1). La fréquentation des ré- (3) Source : FILOCOM 2003 d’après
peu plus de 220 000 propriétairessidences secondaires s’élevait à la DGI.
Part dans les régions des résidences secondaires propriété de résidents à l'étranger en 2003
En milliers et en % du nombre total de résidences secondaires (résidents + non résidents)
18
16
14
12
10
8
6
4
2
2,3
0
13,1% des résidences secondaires sont occupées par un propriétaire résidant à l'étranger en Lorraine en 2003, soit 5 200 résidences secondaires.
Source : MTETM - FILOCOM d’après la DGI
Proportion de résidences secondaires par ZEAT
et nationalité du propriétaire résidant à l’étranger
Propriétaires étrangers Part des quatre principales origines (%) **
ZEAT *
En milliers Part (%)** Royaume-Uni Suisse Italie Allemagne
Ile-de-France 10,83 5,1 0,5 0,5 0,8 0,3
Bassin parisien 17,94 4,3 1,7 0,6 0,0 0,3
Nord 2,67 5,3 2,6 0,0 0,0 0,2
Est 10,27 10,4 0,1 2,7 0,1 5,7
dont Lorraine 5,20 13,1 0,1 0,6 0,0 9,5
Ouest 24,61 5,2 3,2 0,2 0,0 0,7
Sud-Ouest 26,36 7,3 2,7 0,2 0,0 0,9
Centre-Est 30,05 7,2 1,4 2,6 0,6 0,4
Méditerranée 100,29 12,8 1,7 1,6 3,4 1,7
Total métropole 223,00 7,9 1,9 1,1 1,1 1,0
* ZEAT : Zone d’études et d’aménagement du territoire, EST : Alsace, Franche-Comté, Lorraine.
** En % du nombre total de résidences secondaires (résidents + non résidents) dans la ZEAT
Données au 1er janvier 2003 pour les quatre premières nationalités en France
Source : MTETM - FILOCOM d’après la DGI
3
1,3
2,7
2,2 1,1
Champagne-Ardenne
Pays-de-Loire
Haute-Normandie
Auvergne
Picardie
Limousin
Ile-de-France
Basse-Normandie
Nord-Pas-de-Calais
Bretagne
Centre
Midi-Pyrénées
Poitou-Charentes
Corse
Rhône-Alpes
Languedoc-Roussillon
Bourgogne
Aquitaine
Franche-Comté
Lorraine
Alsace
PACABretagne, Poitou-Charentes,
Basse-Normandie, Pays de Loire,
Midi-Pyrénées
spatiale des non résidents et leur
implantation géographique varie se-Six profils de propriétaires étrangers de résidences secondaires
lon leur région d’origine.
Les propriétaires-personnes morales Les Américains à Paris Parmi les nationalités les plus re-
Écarts au profil moyen (ligne des abscisses)12735 présentées en France : les Britan-Écarts au profil moyen (ligne des abscisses)4701
niques, avec 53 200 résidences
secondaires, soit près du quart
des résidences «étrangères». Les
Britanniques sont tout particulière-
ment attirés par les espaces ru-
raux. Ils y détiennent un tiers des
résidences secondaires. Mais ils
restent attachés à leurs implanta-
tions historiques : Côte-d’Azur (Anti-
bes, Cannes, Nice, Grimaud), Aude
(Agde) et Savoie (Chamonix, LesLes appartements d'Italiens en PACA Les Suisses en Rhône-Alpes
Allues), où leur présence est liée àet les Allemands en Lorraine
la pratique des sports en milieu al-
Écarts au profil moyen (ligne des abscisses)84041
pin. Le secteur immobilier pèseÉcarts au profil moyen (ligne des abscisses)44787
fortement dans la conjoncture bri-
tannique, en effet le Royaume-Uni
présente un niveau de transactions
annuel de l’ordre du double de celui
de la France, à population compa-
rable.Lereversdefortune qu’a
connu l’immobilier anglais à la fin
des années 80 se retrouve dans
l’analyse des dates des actes de
propriété (4) correspondants à la
dernière mutation des résidences
Les Espagnols en Aquitaine Les Britanniques
secondaire de Britanniques.
Écarts au profil moyen (ligne des abscisses)49242
Écarts au profil moyen (ligne des abscisses)17176 Les Allemands, propriétaires de
29 000 résidences secondaires,
sont majoritairement présents
dans les régions PACA, Langue-
doc-Roussillon, Lorraine, Aqui-
taine et Alsace. Leur localisation
principalement à proximité de la
frontière, en Alsace et en Lor-
raine (communes de Mittersheim et
de Rhodes en Moselle, Vosges),
proche des parcs naturels régio-
naux, correspondrait à leur préfé-
rence pour la campagne et les
très courts séjours. D’autres im-
plantations notamment dans
Type de propriétaire Durée d'occupation
l’Aude (commune de Gruissan), sur
Surface occupée Date de construction la Côte-d’Azur (commune de Gri-
Type de bienRégion maud, golfe de Saint-Tropez)etdans
le Médoc (communes de Grayan-Nationalité du propriétaire Âge du propriétaire
l’Hôpital et Vendays-Montalivet, cen-
tres naturistes) seraient plutôt des-
Méthode : tinées aux longs séjours des
Analyse factorielle des correspondances pondérée (nombre de logements)
villégiatures estivales.et Classification Ascendante Hiérarchique (CAH) sur les variables Filocom 2003 suivantes :
région, nationalité du propriétaire, type de bien (appartement / maison), Alors que les Britanniques se ré-
âge du propriétaire (6 modalités), durée d'occupation (3 modalités),
partissent sur l’ensemble du
surface occupée (12 date de construction (6
pourtour de l’arc atlantique et lestype de (personne morale / physique).
anciens territoires du traité de
(4) Ventes de logements anciens,
Source : MTETM - FILOCOM d'après la DGI neufs,successions,créations de loge-
ments neufs.
4
Belges
>200 m2
PACA
0-9 ans
Maisons
Avant 1970
40-59 ans
Appartements
PACA
Appartements
20-39 ans
1990-1999
1990-1999
av. 1970
Institutionnels
Aquitaine
Espagne
10à19ans
Maisons
1990-1999
40-59 ans
Appartements
États-Unis
Ile-de-France
+ 60 ans
0à9ans
1970-1989
Royaume Uni
Italiens
0à9ans
0à9ans
Suisses,
Allemands
20-29 ans
MaisonsBrétigny (voir encadré), les autres mands âgés, de maisons en Les résidences secondaires repré-
nationalités restent très concen- Rhône-Alpes et Lorraine ; sentent 2% des logements en
trées géographiquement : les Ita- * les propriétaires espagnols de Meurthe-et-Moselle et 8,1% dans
liens en PACA ; en 2000, le seul maisons récentes en Aquitaine ; les Vosges. Parmi l’ensemble des
département des Alpes Mariti- * les britanniques de résidences secondaires, 13,7%
mes représente 80% de leurs in- maisons en Bretagne, Poitou-Cha- d’entre elles appartiennent à un rési-
vestissements en France ; les rentes, Basse-Normandie, Pays-de- dent hors de France.
Espagnols en Aquitaine, etc. la-Loire et Midi-Pyrénées.
Près d’une résidence secondaire lor-Globalement, les étrangers sont
raine sur dix est la propriété d’untout autant intéressés par les es- Lorraine : près de 4000
ressortissant allemand, en métro-paces ruraux que par la zone litto- résidences secondaires
pole cette proportion est de 13,1%.rale (5). Un grand tiers des «allemandes» Viennent ensuite comme pays d’ori-résidences secondaires dont ils
La Lorraine compte environ 40 000 gine des propriétaires en Lorraine :sont propriétaires sont situées
résidences secondaires, soit près les Pays-Bas, la Belgique, la Suissedans chacun de ces espaces. Les
de 4% des logements de la région. et le Luxembourg. Les cantons où leressortissants de certains pays
privilégient le rural (Royaume-Uni,
Les résidences secondaires des communes de Lorraine,Pays-Bas) ou le littoral (Italie);d’au-
propriétés d'un résident en Allemagnetres (États-Unis) se partagent équi-
tablement entre les implantations
urbaines, rurales et littorales.
Le type de bien, appartement ou
maison, constitue le premier facteur
discriminant des profils de résiden-
ces secondaires d’étrangers en
2003. D’autres facteurs, notam-
ment ceux décrivant la nature des
propriétaires (institutionnels...) et les
croisements nationalité du proprié-
taire / région d’implantation déter-
minent la géographie résidentielle
des résidences secondaires françai- Résidences secondaires
"d'Allemands"ses. Six types de profils peuvent
350
être identifiés : 120
* les propriétaires - personnes mo-
Résidences secondaires
rales d’appartements de plus de
100 ou plus
200 m² en région PACA ; de 40 à 99
de3à39* les propriétaires américains de 21ou
0petits appartements à Paris ;
* les italiens d’apparte-
ments en région PACA ;
Source : MTETM - Filocom 2003 d'après la DGI
* les propriétaires suisses et alle-
Les résidences secondaires en Lorraine en 2003
(5) Le zonage «Espaces Touristiques
Meurthe-
Nationaux» : La direction du Tourisme Pays de résidence
et- Meuse Moselle Vosges Lorraine
et l’Insee répartissent la France métro- des propriétaires
Moselle
politaine en huit «Espaces Touristiques
Nationaux» ou ETN. Ces huit ETN sont Allemagne 128 61 2 634 1 052 3 875
(entre parenthèseslenombredecom- Pays-Bas 10 323 15 178 526
munes concernées) : Lourdes (5), le lit-
Belgique 14 153 18 154 339
toral rural (812), la montagne hors
Suisse 7 5 14 230 256station (3 952), les stations de mon-
tagne (344), l’autre rural (28 872), Luxembourg 15 70 60 54 199
Paris et sa périphérie (44), le littoral
Autres 27 40 53 78 198
urbain (224), l’autre urbain (2 297).
Total 201 652 2 794 1 746 5 393Dans la pratique, on a l’habitude de re-
Total des résidences secondaires 6 795 5 724 11 146 15 957 39 622grouper ces ETN en quatre catégo-
ries : littoral (littoral rural + littoral Taux de résidences secondaires* 2,0 6,0 2,4 8,1 3,6
urbain), montagne (en station et hors
Taux de résidences secondaires 3,8 11,4 25,1 10,9 13,7
station), rural (l’autre rural), urbain
«étrangères»**
(Lourdes, Paris et sa périphérie et
* En % du nombre du nombre total de logements
l’autre urbain). Dans ce zonage, le ca-
** En % du nombre total de résidences secondaires (résidents + non résidents)ractère urbain concerne les commu-
nes de plus de 20 000 habitants. Source : MTETM - FILOCOM d’après la DGI
5
IGN - Insee 2006nombre de résidences secondaires
Évolution du nombre de mutations de résidences secondaires
«étrangères» est le plus significatif
"britanniques"
sont localisés en Moselle : Sarre-
12
Nombre en milliers
bourg, Sarralbe, Fénétrange et
Bitche.
10
Résidences secondaires
8
et cycles immobiliers
6Entre 2000 et 2002, les muta-
tions (dont le prix de cession est
4supérieur à 15 000 euros) d’im-
meubles enregistrées au profit
2d’acquéreurs étrangers ont pro-
gressé de 22,7%, pour atteindre
0un peu plus de 30 000 acquisi-
19931985 1989 1991 1995 1997 1999 20011987
tions. Le prix moyen par acqué- 1996 1998 2000 20021984 1986 1988 1990 1992 1994
reur stagne et avoisine les
Source : MTETM - FILOCOM d'après la DGI
150 000 euros. Les départe-
ments les plus chers sont :
Indices de prix des logements anciens au Royaume-Uni
l’Eure-et-Loir, les Yvelines, Paris.
Quatre départements en 2002 Glissements trimestriels en %
représentent près de la moitié
40
des acquisitions par des étran-
35
gers : les Alpes-Maritimes, le
30
Var, Paris, la Haute-Savoie. La ré-
25
gion PACA à elle seule enregistre 20
près du quart des acquisitions 15
réalisées par des étrangers rési- 10
dant ou non en France. Les trois 5
0premiers pays investisseurs sont
-5le Royaume-Uni avec 13 500 mu-
-10tations, pour un montant de 1,84
1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001-15milliard d’euros, l’Italie et les
1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
Pays-Bas. A peine 2% du nombre
Nationwide ODPM 1 Halifaxtotal des acquisitions par des
étrangers est réalisé en région
Sources : Survey of Mortgage Lenders, ODPM - HBOS plc - Nationwide Building Society
Poids des investissements par région en 2002 : résidences secondaires
40
Part du montant des acquisitions (%)
35 Résidence de l'acquéreur :
Étranger
30
France
25
20
15
10
5
0
Lecture : 39,3% du montant total des acquisitions par des étrangers est réalisé en région PACA
Source : SESDO (DGI)
6
Languedoc-
Roussillon
Centre
Corse
Pays-de-Loire
Lorraine
Rhône-
Alpes
Limousin
P
ACA
Aquitaine
Basse-
Normandie
Bourgogne
Poitou-
Charentes
Ile-de-
France
Picardie
Bretagne
Franche-
Comté
Auvergne
Haute-
Normandie
Midi-
Pyrénées
Nord-Pas-
de-Calais
Champagne-
Ardenne
AlsaceLorraine, soit 1% du montant to- prix a été limitée, avant de l’écart du boom immobilier actuel.
tal des acquisitions étrangères. s’accélérer à partir de 2001. On retrouve cette tendance dans
l’analyse de l’évolution du nombreL’année 2002 se caractérise par En Allemagne, en raison de la
de mutations de résidences se-un accroissement de 142% du réunification, le cycle haussier
condaires «allemandes» ennombre d’acquisitions réalisées dans l’immobilier s’est prolongé
France comme en Lorraine.par des citoyens britanniques et bien au-delà du début des années
de 132,5% en montant, en parti- 1990, prenant fin seulement en Christian CALZADA -
culier dans les départements tou- 1995. La baisse des prix n’a pas Insee Lorraine
ristiques situés le long de été brutale, mais lente et régu-
Francis LE BLANC -l’Atlantique, de la Méditerranée, lière depuis lors. Ce n’est que de-
Chargé de mission au Ministèrede la Manche et dans les Alpes puis le début de l’année 2004
des Transports, de l’Équipement,du Nord. Ce phénomène est par- qu’on observe une stabilisation.
du Tourisme et de la Mer
ticulièrement marqué dans le dé- Le surinvestissement du début
(MTETM) - DAEI - SESP - SDEE
partement de la Creuse où 81% des années 1990, une situation
desachatsont étéréaliséspar des banques moins bonne que
des Britanniques et des Irlandais. dans la plupart des pays euro-
péens et un moindre revenu desPlusieurs vagues de migration
ménages ont laissé l’Allemagne àdes Britanniques ont touché la
France, vagues qui ont suivi no-
tamment les évolutions des prix
de l’immobilier au Royaume-Uni et
des variations de change. La pre-
mière vague est arrivée au début
des années 1990, la seconde a
commencé vers la fin des années
90 et se poursuit. Cette vague Prix moyens de l'immobilier en Allemagne
coïncide avec un cycle immobilier
au Royaume-Uni qui a été particu- 110 Base 100 en 1995
lièrement marqué ; existence Länder de l'Ouest
d’une bulle formée à la fin des an- 100
nées 1980 qui a atteint son point
haut en 1989. Suite à l’éclate- 90
ment de la bulle, les prix ont bais- Länder de l'Est
sé jusqu’au milieu de l’année 80
1995. La hausse ultérieure des
70
60
Le traité de Brétigny
50Il est signé le 8 mai 1360, à Brétigny
(un village près de Chartres), entre
Édouard III d’Angleterre et Jean II le
Source : DEIX - Deutscher Eigensturms - Immobilien - Index, ifs Institut für Stadtebau - Gewos
Bon, à la fin d’une chevauchée, inter-
rompue après un terrible orage de
grêle. Il ne fut pas durable, mais per-
mit une trêve de neuf ans pendant la Les mutations de résidences secondaires "allemandes"
Guerre de Cent Ans (1337-1453),
dont il marque la fin de la première
Nombre en milliersphase. 2,5 0,4
Lorraine (échelle de droite)
L’Anglais obtient la Guyenne et la
France métropolitaine échelle de gauche)
Gascogne en toute souveraineté ain-
2,0
si que Calais, le Ponthieu et le comté 0,3
de Guines. Il obtient également le
Poitou - dont l’un des fils de Jean II, 1,5
Jean, est pourtant comte -, le Péri-
0,2
gord, le Limousin, l’Angoumois et la
1,0Saintonge. Enfin, il devient souverain
de toutes les terres du comte
d’Armagnac en recevant l’Agenais, 0,1
0,5
le Quercy, le Rouergue, la Bigorre et
le comté de Gaure.
Article de Wikipédia, l’encyclopédie 0,0 0,0
libre :
http://fr.wikipedia.org/
Source : MTETM - FILOCOM d’après la DGI
7
1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006
1978 1982 1986 1990 1994 1998 2002Économie résidentielle
Formulations
Rappels théoriques
La théorie de la base permet de connaître quels sont les moteurs de développement local,Notons :
autrement dit quels sont les éléments qui déterminent le revenu d’un territoire. Elle fait dé-
RT : Revenu Total,
pendre la croissance régionale de sa capacité à exporter. La base économique est la partie
RB : Revenu Basique, des activités économiques sur lesquelles repose le développement d’un territoire.
RNB : Revenu Non Basique L’hypothèse de cette théorie est que l’économie non basique dépend de l’économie basique. En ef-
RT = RB + RNB fet, les activités basiques font entrer des revenus dans le territoire. Chaque nouveau euro qui
entre suscite d’autres activités, à condition qu’il soit dépensé localement : les exportations ont un
effet multiplicateur. Le multiplicateur désigne donc la capacité de la région à retenir les nouveauxH : le revenu non basique (RNB)
o
euros qui entrent sur son territoire.dépend de la proportion moyenne
ou marginale à dépenser locale- La théorie de la base est un modèle keynésien qui fait dépendre les revenus du territoire de
ment le revenu, notée e : la demande extérieure. Elle permet d’estimer les effets induits de la base économique sur
l’économie du territoire grâce au multiplicateur.RNB = e * RT
La logique du modèle est assez simple : la principale source de croissance régionale vientH1 : le revenu total (RT) est
des exportations de la région. Elle se vérifie facilement pour les régions qui sont spécialiséesfonction du basique (RB),
dans quelques productions.la relation est de type multiplica-
teur (M) : Elle repose sur une représentation dichotomique d’une économie régionale :
RT = f(RB) - les activités «basiques» : activités qui répondent à une demande externe à la région ;
RT = M*RB - les activités «non basiques» : activités qui satisfont la demande locale.
Ce qui revient implicitement à faire les hypothèses suivantes :
1
On en déduit : RT = RB - la croissance régionale est entièrement expliquée par la demande externe ; les autres fac-
1e−
teurs (investissements, épargne, etc.) étant supposés jouer un rôle négligeable ;
1
avec M = - faire dépendre les activités «basiques», des activités «non basiques».
1 − e
La théorie de la base est simple dans sa formulation mais délicate dans sa mise en oeuvre.
Le multiplicateur est égal à l’inverse Idéalement, pour déterminer la base économique, il faudrait connaître l’origine et la destina-
de (1 - propension à dépenser locale- tion de chaque euro dépensé dans une région, connaître la part de la production régionale
ment). Ce dernier sera d’autant plus qui répond à une demande extérieure. Dans la réalité, les données nécessaires à sa mise en
élevé que les fuites de revenus à l’ex- oeuvre sont difficilement accessibles.
térieur de la région seront faibles.
Choix et limites
Quatre éléments sont susceptibles d’influer sur les résultats des évaluations :
- la délimitation de la zone d’étude : plusieurs options sont envisageables, découpages admi-
nistratifs, fonctionnels, zones de chalandise, zonages domicile-travail, zones rurales, etc.
- le mode d’estimation des activités basiques ; on peut distinguer :
les méthodes «directes» : le jugement a priori ou à dire d’experts : vise à affecter tel
type d’emploi au secteur basique ou non basique (ex. tertiaire = secteur non basique) :
Ministère de l’Économie, enquêtes auprès des chefs d’entreprises : part du CA (chiffre d’affaires) réalisée en de-
des Finances et de l’Industrie hors de la zone d’étude ;
Insee les méthodes «indirectes» : à partir de l’utilisation des sources statistiques disponi-
Institut National de la Statistique bles sur l’emploi ou les revenus :
et des Études Économiques
* affectation a priori ;
Direction Régionale de Lorraine
15, rue du Général Hulot * coefficient de localisation : si le coefficient de localisation est supérieur à l’unité, l’activi-
CS 54229 té a un poids relatif plus important au niveau de la zone d’étude que dans l’espace de ré-
54042 NANCY CEDEX férence, en conséquence le surplus doit être exporté et les emplois qui ont servi à
Tél :03 83 91 85 85 produire ce surplus sont définis comme basiques ;
Fax :03 83 40 45 61
* besoin minimal : même démarche que le coefficient de localisation, mais l’espace de
www.insee.fr/lorraine
référence est restreint à des zones de même taille.
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION * méthode économétrique, par histogramme, etc.
Jean-Paul FRANÇOIS - la spécification des relations entre secteurs basiques et non basiques, deux formulations
Directeur régional de l’Insee
sont généralement utilisées :
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
RT
* ratio :Christian CALZADA
RB
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
* régression linéaire : RT=+α M*RB soit encore : RNB=+α (M− 1)RB
RELATIONS MÉDIAS
- le type de multiplicateur, deux types sont généralement utilisés :Jacqueline FINEL
* multiplicateur en termes de revenus ;
RÉDACTRICE EN CHEF
* multiplicateur en termes d’emplois.
Agnès VERDIN
La disponibilité des données impose souvent le recours aux évaluations en termes d’emplois.
SECRÉTARIAT DE FABRICATION
A quoi ça sert ?
MISE EN PAGE - COMPOSITION
- Quantifier les principales activités basiques d’un territoire donné pour reconsidérer les po-Marie-Thérèse CAMPISTROUS
litiques sectorielles menées sur un territoire ;Marie-Odile LAFONTAINE
- Estimer des effets induits par les activités basiques : exploitations forestières, bases mili-ISSN : 0293-9657
taires, établissements industriels, exploitations agricoles, établissements d’enseigne-© INSEE 2006
ment supérieur, etc.
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