Concentration géographique des activités et spécialisation des départements français

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Entre 1978 et 1992, la concentration géographique moyenne des activités, mesurée à un niveau départemental, a diminué en France. Cette évolution s'explique principalement par le remplacement d'industries traditionnelles par des activités tertiaires. La disparition des emplois correspondants, initialement très concentrés, et une répartition plus uniforme sur le territoire des nouveaux établissements seraient notamment à l'origine de cette baisse. En conséquence, les départements français sont de moins en moins spécialisés. En revanche, à des niveaux d'agrégation plus fins, les évolutions sont plus hétérogènes. La concentration géographique moyenne par zones d'emploi progresse entre 1984 et 1992, et les communes et zones d'emploi de grande taille se spécialisent. Le découpage départemental ne s'avère donc pas le plus adapté pour analyser la concentration géographique des activités et la spécialisation locale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LOCALISATION DES ENTREPRISES
Concentration géographique
des activités et spécialisation
des départements français
Entre 1978 et 1992, la concentration géographique moyenne des activités,Michel
mesurée à un niveau départemental, a diminué en France. Cette évolutionHoudebine *
s’explique principalement par le remplacement d’industries traditionnelles
par des activités tertiaires. La disparition des emplois correspondants,
initialement très concentrés, et une répartition plus uniforme sur le territoire
des nouveaux établissements seraient notamment à l’origine de cette baisse.
En conséquence, les départements français sont de moins en moins spécialisés.
En revanche, à des niveaux d’agrégation plus fins, les évolutions sont plus
hétérogènes. La concentration géographique moyenne par zones d’emploi
progresse entre 1984 et 1992, et les communes et zones d’emploi de grande taille
se spécialisent. Le découpage départemental ne s’avère donc pas le plus adapté pour
analyser la concentration géographique des activités et la spécialisation locale.
’étude des choix de localisation des taille des grandes villes, la désertification des* Lors de la rédaction
de cet article, Michel L entreprises est un domaine de la science campagnes sont les problèmes le plus souvent
Houdebine travaillait à économique qui s’est largement renouvelé au mis en avant. Le facteur travail étant nettement
la division Marchés et
cours des dernières années. Elle s’appuie sim- moins mobile en France qu’aux États-Unis, cesstratégies d’entreprises
de l’Insee. plement sur la répartition inégale des activités débats sont de nature assez différente. Il est
économiques dans l’espace et surtout leurs rare, cependant, d’examiner ces questions en
concentrations en certains points (Krugman, termes sectoriels.
1991). Ainsi, aux États-Unis, les activités écono-
miques sont regroupées en deux grands arcs, La localisation des activités soulève pourtant
l’un longeant la côte Est et les Grands Lacs, plusieurs questions : assiste-t-on a une concen-
l’autre la côte Ouest. Par ailleurs, les activités tration géographique accrue des activités de
d’un secteur ne sont pas uniformément réparties certains secteurs ? Au profit de quelles zones
dans ces zones. En particulier, l’industrie s’effectuerait-elle ? Les évolutions en cours
automobile se concentre dans la région de conduisent-elles à l’accroissement de la spécia-
Detroit et l’industrie des technologies héritées lisation à un niveau local ? Quelles sont les
de la révolution informatique au sud de San zones spécialisées et vers quelles spécialités
Francisco. s’orientent-elles ?
Les noms et dates entre En France, les débats sur la localisation des ac- La mesure d’indices de concentration permet
parenthèses renvoient à
tivités sont, en général, tournés vers des con- de répondre partiellement à ces questions enla bibliographie en fin
d’article. sidérations d’aménagement du territoire : la décrivant la répartition des activités par rapport
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 189à un découpage en zones géographiques. Deux des externalités pécuniaires, liées à la forma-
approches complémentaires sont possibles. tion de la main-d’œuvre ou à l’adaptation des
L’une s’attache à mesurer la façon dont les infrastructures locales.
effectifs d’un secteur se répartissent sur le
territoire : on parlera alors de la concentration
... s’accompagnegéographique d’un secteur. La seconde décrit
la structure des activités à un niveau local : il d’une spécialisation des régions
s’agit de mesurer la répartition des activités
d’une zone géographique entre différents sec- De nombreuses théories expliquant la spéciali-
teurs et on appellera spécialisation de la zone sa sation sectorielle des zones géographiques sont
concentration sectorielle. directement héritées de celles du commerce
international : selon le théorème de Heckscher-
Ohlin-Samuelson, une zone se spécialise dans
La concentration géographique la production d’un bien qui utilise intensivement
des activités ... le facteur dont elle est relativement la mieux
dotée. Une telle théorie explique notamment
La réduction des coûts de transport apparaît des spécialisations sectorielles comme celles
comme l’élément principal expliquant l’ac- de la Lorraine dans la sidérurgie.
croissement de la concentration des activités
depuis la révolution industrielle. Cette baisse a, Les nouvelles théories de l’économie géogra-
en effet, conduit à modifier l’arbitrage au phique proposent aussi d’autres explications :
niveau des établissements entre rendements la concentration géographique d’un secteur
d’échelle et coûts de transport. Quand ces peut conduire à la spécialisation locale. Cepen-
derniers étaient plus élevés, les entreprises ne dant, les facteurs avancés ne semblent pas à
pouvaient pas utiliser pleinement les écono- même d’expliquer toutes les spécialisations
mies d’échelle et servaient des marchés locaux locales observées. Ainsi, la région toulousaine
à partir des ressources localisées à proximité. n’a pas de raison particulière d’être spécialisée
Elles restaient, alors, assez dispersées et de dans les activités dérivées de l’aéronautique.
petite taille. La diminution des coûts de trans- Sans doute faut-il ajouter, aux facteurs précé-
port a permis d’augmenter la dimension des dents, l’héritage historique de cette région, qui
marchés servis et donc, d’accroître la taille des a bénéficié de la décision d’installation d’Air-
établissements (Krugman et Venables, 1996). bus Industrie.
Si cet arbitrage apparaît comme l’élément prin- Dans ces conditions, on devrait observer, dans
cipal affectant la localisation des entreprises, l’ensemble, une augmentation de la concentra-
deux processus cumulatifs peuvent également tion géographique des activités d’un secteur,
expliquer la croissance des grands centres ur- consécutive à la baisse des coûts de transport,
bains et affecter la concentration des activités. Du qui s’accompagnerait d’un accroissement de la
coté de la demande, le goût des consommateurs spécialisation des activités locales au profit de
pour la diversité des produits les amène à se dé- quelques secteurs. Les deux grilles de lecture,
placer vers les agglomérations et cette concentra- concentration géographique d’un secteur et
tion des consommateurs permet aux entreprises spécialisation d’une zone, sont donc relative-
d’augmenter la diversification de leurs outputs ment proches. Cependant, leurs diagnostics
(Fujita, 1993). Du coté de l’offre, les centres ur- économiques restent suffisamment distincts
bains sont les lieux où la diversité des inputs est pour les aborder successivement.
la plus grande (qualification des travailleurs,
services aux entreprises, etc.). Cette diversité est
un facteur important pour le développement des
entreprises (pour une description plus complète La mesure des concentrations
des mécanismes d’agglomération, voir l’article géographique et sectorielle
de Thisse et van Ypersele dans ce numéro).
L’agglomération des activités repose égale- a construction d’indices de concentration,
ment sur le développement de facteurs de crois- L géographique ou sectorielle, permet de
sance locaux. Deux types d’externalités mesurer ces évolutions. Ils sont estimés, en
interviennent : des externalités technologiques, France, sur la période 1978-1992, à partir des
agissant sur la productivité par l’intermédiaire informations recueillies dans les enquêtes
de l’activité de recherche et développement, et Structure des emplois (ESE), pour un découpage
190 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7sectoriel en 100 niveaux de la nomenclature secteurs ayant peu d’établissements auront, en
d’activité et de produit (NAP) et un zonage effet,apriori un indicateur de Gini plus élevé,
départemental. leur structure de production concentrée les em-
pêchant de se répartir de façon homogène sur le
territoire. Ainsi, la concentration géographique
Trois indices des secteurs dont l’activité est, par nature, très
pour mesurer la concentration dispersée (services de proximité) ne peut pas
être directement comparée à celle de secteurs
La concentration géographique mesure la où la concentration productive est plus impor-
concentration d’un secteur dans une zone, tandis tante (industrie automobile). C’est en suivant
que la spécialisation d’une zone correspond à la cette idée qu’on construit un modèle de choix
concentration des activités de cette zone de localisation qui permet de définir un indica-
dans un ou plusieurs secteurs. Il suffit donc teur de la concentration géographique de cha-
d’intervertir les rôles joués par les découpages que secteur corrigée de la concentration
sectoriels et géographiques pour passer d’un productive de celui-ci.
indicateur de concentration géographique d’un
secteur à un indicateur de la spécialisation L’indice de concentration géographique d’Elli-
locale (cf. annexe I pour une présentation son-Glaeser ( ) est fondé sur une descriptionk
détaillée). probabiliste du comportement des entreprises.
En particulier, il compare la répartition des éta-
L’approche généralement retenue, notamment blissements d’un secteur et celle qui résulterait
par simplicité, s’appuie sur l’estimation d’un de leur répartition aléatoire et indépendante
indice de concentration géographique de suivant une loi qui respecterait, en moyenne, la
Herfindahl (H ). Il vaut 1 quand tous les effectifs répartition effectivement observée sur l’ensemblek
du secteur sont concentrés dans une seule zone du territoire national. Ce dernier estimateur
et est minimal quand les effectifs sont répartis compare deux secteurs vis-à-vis de la même
équitablement entre les zones. situation de référence - la répartition au hasard
des établissements entre les zones - même s’ils
La simplicité de cet indicateur présente, toute- n’ont pas le même profil en termes de répartition
fois, l’inconvénient de ne pas tenir compte de la des effectifs des établissements. La concentration
structure globale des effectifs par secteur et par géographique est, toutes choses égales par
zone. En effet, dans ce calcul de la concentration ailleurs, d’autant plus élevée que le secteur est
géographique, deux zones jouent un rôle constitué de petits établissements. L’indice est
identique, même si elles ont des tailles très d’autant plus grand que les établissements d’un
différentes. Alors, les zones les plus grandes secteur se sont regroupés dans peu de localisa-
déterminent le degré de concentration géogra- tions différentes. Au contraire, il est d’autant
phique d’un secteur, puisque, par leur taille, plus négatif que ceux-ci sont dispersés le plus
elles attirent plus d’activités, et ce, indépen- uniformément possible entre les zones. Enfin, il
damment du secteur. Pour prendre en compte est nul quand ils se répartissent de manière in-
cet effet de taille, il faut contrôler les effectifs dépendante suivant les probabilités postulées.
du secteur considéré par ceux de l’ensemble
des secteurs présents au lieu d’implantation.
C’est à partir de cette idée que l’on construit un Prendre en compte les flux d’emplois
indice de concentration géographique de Gini
(G ). Il est égal à 0 quand les entreprises sont le On cherche aussi à mesurer l’impact des fluxk
plus dispersées, relativement aux différentes d’emplois sur la concentration géographique
tailles des zones géographiques. Au contraire, d’un secteur. Ainsi, pour mesurer l’influence
il tend vers 0,5 quand tous les effectifs du sec- qu’ont la création et la destruction d’établisse-
teur sont regroupés à un seul endroit. Un trans- ments entre deux dates, on décompose l’évolution
fert d’effectifs d’une région, dont la de la concentration géographique d’un secteur
contribution en termes d’effectifs est forte, vers en deux effets. Le premier est représentatif de
une région où elle est plus faible conduit à la concentration géographique des flux eux-mê-
faire baisser l’indice du secteur. mes : la plus grande concentration géographi-
que des nouveaux établissements, par rapport à
L’indice de concentration géographique de ceux qui ont disparu, contribue à augmenter la
Gini présente cependant un inconvénient : il ne concentration géographique du secteur. Le se-
tient pas compte de la structure productive de cond effet correspond aux interactions entre
chacun des secteurs d’activité considérés. Les ces flux et les emplois pérennes entre les deux
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 191
dates : il n’est, en effet, pas indifférent que les repose sur des considérations économiques
emplois créés se localisent à proximité ou loin liées à l’activité locale (migrations alternantes
des emplois qui constituent le stock. domicile-travail). L’utilisation des grandes
communes permet d’avoir une approche plus
Il est alors possible de décomposer la concen- locale de certains phénomènes, sans faire
tration géographique d’un secteur, à une date baisser les effectifs de manière trop impor-
donnée, en fonction de la concentration géogra- tante ; cependant, les fortes disparités de tailles
phique du secteur à la date précédente, des entre communes rendent problématique leur
concentrations géographiques des établissements utilisation systématique, en raison notamment
créés et détruits, et d’un indicateur signalant d’effets de seuil.
la position relative des établissements détruits et
créés par rapport aux pérennes Aussi l’étude s’appuie-t-elle sur la nomencla-
(cf. annexe II). ture d’activité en 100 postes et des découpa-
ges départementaux à chaque fois que l’on
s’intéresse à des phénomènes nationaux. Pour
L’importance du choix certains secteurs particuliers, on utilise la no-
des nomenclatures d’activité... menclature en 600 postes et, pour des calculs de
spécialisation intra-départementale, on retient
Le niveau de la nomenclature d’activité retenu des découpages en zones d’emploi.
pour un calcul de concentration joue un rôle
très important. Prendre une nomenclature pas L’enquête Structure des emplois, utilisée ici,
assez fine conduit à raisonner sur des situations est à caractère obligatoire et destinée à tous les
économiques très différentes : par exemple, établissements du secteur privé et public à
s’intéresser au secteur des transports dans la caractère industriel et commercial, dont l’effectif
nomenclature des activités en 40 postes oblige est supérieur à20salariés(cf.encadré). Ces données,
à assimiler des entreprises travaillant dans les disponibles à partir de 1978, permettent d’avoir
transports aériens, les transports maritimes et des tendances sur les évolutions de la répartition
les transports routiers, autant d’activités s’exerçant des effectifs des établissements jusqu’en
en des lieux plus ou moins contraints. Toutefois, 1992. Les indices sont d’autant plus fiables qu’ils
si la nomenclature comporte trop de postes, le sont calculés sur des catégories d’entreprises de
faible nombre d’établissements concernés peut taille moyenne élevée. Si le seuil de 20 salariés
fragiliser les résultats et rendre leur lecture peu implique une perte d’information, notamment
informative. Une nomenclature intermédiaire, dans les services, cette source reste pertinente
en 100 postes (NAP100), permet de mettre en pour éclairer les débats sur la localisation des
évidence les grandes tendances suivies par les activités : ceux-ci sont, le plus souvent, centrés
secteurs d’activité. Parallèlement, une approche autour des emplois créés par les entreprises
plus détaillée fournit des précisions sur certains d’une certaine taille et les collectivités locales
secteurs particuliers (NAP600). sont surtout intéressées par la localisation
d’établissements relativement importants.
Enfin, les établissements les plus petits ne font
... et du découpage géographique sans doute pas de véritable choix de localisation,
au moins entre départements.
Le problème est le même pour le choix de zones
géographiques pertinentes. Les découpages
Les limites des donnéesadministratifs des régions et des départements
ne sont pas pleinement satisfaisants : même si et de la méthode utilisée
la plupart des frontières de ces découpages
passent dans des régions peu denses, la taille Les indicateurs retenus sont construits à partir
des zones est trop importante pour faire ressortir des données d’établissements de l’ESE. Cette
des phénomènes locaux. Ces découpages sont source permet d’avoir une bonne idée de la
cependant utiles pour mettre en évidence des répartition des activités d’un secteur en France
évolutions nationales. En outre, ils ont l’avan- et elle présente l’avantage d’être d’utilisation
tage de correspondre à un niveau administratif moins lourde que des sources exhaustives
bien identifié pour une éventuelle intervention comme Sirene. Par ailleurs, la construction des
publique. Des zones de plus petites tailles, indicateurs permet de pallier, en partie, les
zones d’emploi et communes, permettent de défauts liés au champ de l’enquête, la pondéra-
compléter cette analyse. Le découpage en tion conduisant à ne prendre véritablement
zones d’emploi est le plus adapté puisqu’il en compte que les secteurs les plus grands et
192 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7donc les mieux représentés dans le champ de tion pure d’activité, l’établissement franchit
l’ESE. De plus, les pondérations adoptées sont le seuil de 20 salariés, l’établissement a été
instantanées, et correspondent à la répartition repris par une autre entreprise, ou la création
effectivement observée. Ainsi, il faut inter- de l’établissement correspond à un transfert
préter les évolutions de l’indice, par exemple d’activité à l’intérieur ou à l’extérieur de la
dans le cas de la concentration géographique, zone d’étude. Seules les deux premières situa-
comme une hausse ou une baisse de la concen- tions correspondent véritablement à une créa-
tration d’un secteur par rapport à la répartition tion d’emplois, qui seront assimilées, de
globale des activités en France. manière abusive, à une création d’établisse-
ment. Pour les deux autres situations, on ne
En ce qui concerne les flux d’emplois, un éta- peut parler de créations d’emplois. Toutefois,
blissement est considéré comme créé quand il les établissements qui sont affectés par cette
apparaît dans le fichier de l’ESE entre deux dates modification d’identifiant sont comptés à la
consécutives. Un tel choix est abusif puisque fois parmi les établissements créés et les éta-
l’apparition d’un nouveau numéro d’identifica- blissements détruits. Ainsi, comparer les
tion dans le fichier de l’ESE ne peut pas être at- concentrations des flux d’emplois d’établisse-
tribué automatiquement à la création d’un ments qui apparaissent et disparaissent dans les
établissement. En effet, il existe quatre sources fichiers de l’ESE conduit à mettre en regard
principales de modification de l’identifiant : deux populations d’établissements dont une
l’établissement est une création ou une cessa- partie est commune. Dans la suite, on considère
Encadré
ENQUÊTE STRUCTURE DES EMPLOIS
Le champ La représentativité des résultats
Tous les établissements du secteur privé ainsi que Au 31 décembre 1988, le taux de couverture théorique
tout établissement public à caractère industriel et est de 49,1 % des effectifs salariés. Toutefois, il est très
commercial (EPIC), dont l’effectif au 31 décembre différent suivant les secteurs d’activités économiques. Si
est égal à 20 salariés ou plus, entrent dans le champ les secteurs industriels sont, en général, bien couverts,
de l’enquête Structure des emplois (ESE). La déter- compte-tenu de la faible proportion de salariés dans de
mination des effectifs de référence à comparer à ce petits établissements, le BTP et les activités de services
seuil exclut les travailleurs intérimaires, les stagiaires le sont moins. La couverture théorique des services non
de formation professionnelle, les bénéficiaires de marchands est particulièrement incomplète (14,5 %) puisque
stages d’insertion dans la vie professionnelle, les les administrations ne sont pas soumises à l’enquête (1).
apprentis, mais inclut tous les salariés sous contrat
de travail avec l’établissement, y compris les contrats Le taux de réponse, en 1988, est de l’ordre de 85 %
de travail de formation alternée. et dépend, lui aussi, du secteur considéré : dans
l’industrie, la représentativité est satisfaisante, sauf
En 1987, le changement de la législation sur l’emploi pour des secteurs plus traditionnels comme les autres
de personnes handicapées a conduit à modifier le industries alimentaires ou l’industrie du bois et de
champdel’enquête. Le critère de taille est passé de l’ameublement. Dans le tertiaire, des secteurs
plus de 10 à plus de 20 salariés dans l’industrie, le comme les assurances et les organismes financiers
commerce et les services. Les établissements de ou les transports sont bien représentés. Dans le
type semi-public, dont le personnel bénéficie d’un commerce de détail non alimentaire et les hôtels-cafés-
statut particulier (SNCF, EDF-GDF, RATP, etc.) et restaurants, seul un tiers des effectifs salariésest
qui étaient soumis jusque làà une enquête statisti- pris en compte dans l’enquête.
que obligatoire (agrégée à l’ESE), sont considérés
comme les autres établissements depuis 1988. Dans Aussi le taux de couverture est-il trèsdifférent suivant
l’ensemble, les champs, mis à part le critère de taille le secteur d’activité : les situations extrêmes sont les
de l’établissement, sont proches sur toute la pé- services non marchands (11 %) et l’électricité (100 %).
riode. Cependant, il est probable que l’obligation
légalederéponse à l’enquête soit moins bien suivie La modification du champ de l’enquêteadétérioré le
que ne pouvait l’être l’obligation administrative. Tou- taux de couverture : près de 700 000 salariés ne sont
tefois, la suppression de ces secteurs dans l’analyse plus enquêtés après 1987. Les secteurs pour lesquels
ne change pas la nature des résultats obtenus. la déperdition est la plus importante sont le bâtiment,
le commerce de gros non alimentaire, les transports
et les services marchands rendus aux entreprises.
Aujourd’hui, seuls sont exclus de l’enquête, l’admi-
nistration de l’État, les collectivités territoriales et les 1. La suppression, dans l’analyse, des services non marchands
ne modifie pa sensiblement les résultats présentés ici.établissements publics administratifs.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 193que les effets induits par cette erreur de mesure des départements de l’Île-de-France vers leurs
sont d’un ordre inférieur à celui directement départements limitrophes confirmerait cette
calculé sur les flux (1). hypothèse (Delisle et Lainé, 1998 sur la période
1989-1992). Cependant, la baisse de la concentration
géographique moyenne n’est pas uniquement à
attribuer à ce phénomène : les indicateurs
calculés en excluant les activités localisées enLa concentration géographique
Île-de-France fléchissent aussi. Ce résultat traduitest très liée aux contraintes
sans doute également le remplacement d’acti-
sectorielles
vités traditionnelles, relativement concentrées
our l’industrie, les résultats obtenus avecP les trois indicateurs retenus sont assez Tableau 1
proches de ceux auxquels Maurel et Sédillot Baisse de la concentration géographique*
(1997) sont parvenus à partir de données issues moyenne, calculée par départements
d’une autre enquête. Les secteurs d’activité les
plus concentrés géographiquement appartien- Indices 1978 1992
nent à l’industrie d’extraction et aux activités
France entièrequi dépendent d’une ressource en eau (portuaires,
fluviales), leurs sites d’implantation possibles Indice de Herfindahl 0,0641 0,0504
étant restreints par une contrainte. Indice de Gini 0,2165 0,2053
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0231 0,0192
Les secteurs tertiaires les plus concentrés ap-
France hors Île-de-France
partiennent aux activités de la finance et des
Indice de Herfindahl 0,0476 0,0389holdings. Là encore, la concentration géogra-
Indice de Gini 0,2202 0,2048phique est liée à la nature du secteur : l’activité
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0118 0,0076de holding est exercée par un faible nombre
d’établissements, tributaires d’autres input, * Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements.
Source : enquête Structure des emplois, 1978 et 1992, Insee.que l’on trouve essentiellement dans les grands
centres urbains (les services financiers élaborés,
Tableau 2par exemple). Les activités de proximité sont
Évolution des indices de concentrationles plus dispersées sur le territoire national :
géographique* par secteurs agrégésvente et réparation d’automobile, exploitation
d’hypermarchés, etc.
Secteurs Indices (1) 1978 1992
Industrie Indice de Herfindahl 0,0518 0,0430Au niveau départemental,
Indice de Gini 0,2420 0,2398elle fléchit entre 1978 et 1992
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0087 0,0093
L’évolution de la concentration géographique
Tertiaire Indice de Herfindahl 0,0845 0,0583
d’un secteur d’activité ne possède qu’un lien
Indice de Gini 0,1745 0,1687
assez ténu avec celle de l’ensemble des emplois.
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0462 0,0294
Ainsi, la concentration géographique, mesurée
par un indice de Herfindahl départemental, fléchit 1. Moyennes pondérées par les effectifs des secteurs de
l’industrie ou du tertiaire.entre 1978 et 1992 (2). Les trois indicateurs
retenus concluent à la baisse de la concentration * Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements.
Source : enquête Structure des emplois, 1978 et 1992, Insee.géographique moyenne des secteurs d’activités
en France, au niveau départemental (cf. tableau 1).
Elle s’interprète comme une dispersion de plus
1. En toute rigueur, il conviendrait de les distinguer des flux eten plus grande des activités des établissements
de les assimiler au stock. Toutefois, la nature de la source ne
de plus de 20 salariés sur le territoire national. permet pas de prendre en compte cet effet. Pour mesurer cette
erreur, il faudrait décomposer à nouveau les flux en deuxElle s’explique peut-être, en partie, par la
sous-ensembles, le premier correspondant aux créations etdécroissance relative du poids de la région
destructions et le second aux établissement changeant de
parisienne, au profit de départements plus numéro d’identification,puisutiliserlatechniqueemployéepour
les flux d’emplois (cf. annexeII).dynamiques en termes de création d’emplois
2. Ce résultat ne correspond pas à l’accroissement de la(lacroissancedel’Île-de-France entermes
concentration trouvée par Jacquot (1993) sur la période
d’emplois est restée moyenne entre 1978 et 1986-1990 : la différence s’expliquerait par le découpage
communal retenu dans cette dernière étude.1992). Le nombre élevé de transferts allant
194 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7dans une région, par d’autres activités plus sont moins uniformément réparties que le
dispersées : les effectifs employés dans les laisserait supposer la taille relativement faible
services aux entreprises sont en forte crois- des établissements qui le composent (4). L’indus-
sance, alors que la sidérurgie a perdu beaucoup trie est également relativement concentrée, au
de son importance en 15 ans. Enfin, les aides à sens de Gini, notamment en raison de la taille
la création d’entreprises en milieu défavorisé, de ses établissements puisque cette concen-
notamment rural, ont pu aussi contribuer à cette tration géographique baisse quand on tient
déconcentration géographique. compte de la structure concentrée de la produc-
tion de ce secteur (indice d’Ellison-Glaeser).
Les indices de concentration géographique,
calculés de manière agrégée sur le tertiaire et Les évolutions des concentrations géographi-
l’industrie, permettent de mettre en évidence des ques de l’industrie et du tertiaire sont orientées
différences entre les deux secteurs (cf. tableau 2 à la baisse. Ce recul, plus prononcé dans le secteur
et graphique I) : les activités tertiaires sont tertiaire, s’expliquerait, en partie, par les évolu-
moins dispersées que les activités industrielles tions des activités de services.
et leurs localisations se situent plutôt dans des
départements de grande taille (3). Ceci n’est pas
Une moindre concentration géographiquesurprenant, dans la mesure où les activités
tertiaires sont essentiellement liées à un phéno- des nouveaux établissements
mène urbain. Enfin, les structures du tertiaire
L’évolution de la concentration géographique
des activités correspond à la superposition
Graphique I d’effets de stocks et d’effets de flux : la destruc-
tion d’établissements d’un secteur n’a pas leÉvolution des indices de concentration
géographique* même effet sur la concentration géographique glo-
bale de l’activité, si celle-ci s’opère dans une ré-
A- Indices de Gini
gion où le secteur est lui-même concentré ou dans
un lieu où il est peu dense (cf. annexe II).
L’effet le plus important sur l’évolution de la
concentration géographique sectorielle moyenne
provient des interactions entre le stock d’éta-
blissements pérennes et les flux de créations et
de destructions (cf. tableau 3). Si ces effets se
compensent partiellement, ils contribuent
toutefois à la baisse de la concentration géogra-
phique moyenne : les établissements qui
disparaissent se situaient dans des endroits, en
général, plus corrélés avec la localisation des
établissements pérennes que les établissements
qui se créent. Par ailleurs, les nouveaux établis-B - Indices d’Ellison-Glaeser
sements sont aussi légèrement plus dispersés
que ceux qui ont été détruits. Ainsi, la baisse de
la concentration géographique sectorielle
moyenne, mesurée au niveau départemental,
3. La concentration géographique du tertiaire est supérieure à
celledel’industrieausensdeHerfindahl,alorsquec’estl’inverse
au sens de Gini. Or, la différence entre les indicateurs de
Herfindahl et de Gini réside dans la prise en compte de la taille
de la zone géographique d’implantation : les activités tertiaires
des établissements de plus de 20 salariés se situent donc plutôt
dans des départements de grande taille.
4. La concentration géographique du tertiaire est supérieure à
celle de l’industrie au sens d’Herfindahl et d’Ellison-Glaeser.
Cette situation s’inverse pour l’indice de Gini. Or l’indice
d’Ellison-Glaeser prend en compte la structure productive
* Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements. du secteur considéré, et par conséquent la taille des
Source : enquête Structure des emplois, de 1978 à 1992, Insee. établissements qui le composent.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 195s’explique par la superposition de deux effets : tion. Sur sept secteurs de pointe étudiés, seuls
le principal correspond à une meilleure réparti- deux ont une concentration géographique supé-
tion des nouveaux emplois sur le territoire par rieure àlamoyenne:lafabricationdesemi-con-
rapport au stock d’établissements, le second, ducteurs et les spécialités pharmaceutiques (cf.
plus marginal, provient d’une dispersion plus
grande de ces emplois en eux-mêmes. Le fléchis-
sement de la concentration géographique des Tableau 3
industries sidérurgiques, entre 1978 et 1992, est Décomposition moyenne de l’évolution
dû principalement aux restructurations du de la concentration géographique*,
secteur. Les pertes d’emplois, très concentrées calculée par départements
dans les régions où la sidérurgie était bien
implantée, ont contribué à faire baisser la 1978-1980 1990-1992
concentration.
Concentration précédente (1) 1,08 1,07
Créations 0,04 0,06
Destructions - 0,05 - 0,07Par zones d’emploi,
Effets croisésstock/créations 0,20 0,29la concentration géographique progresse
Effets croisés stock / destructions - 0,28 - 0,35
Contrairement à l’analyse départementale, la 1. Voir annexe II pour plus de détails.
concentration géographique moyenne par
* Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements.
zones d’emploi progresse entre 1984 et 1992
Lecture : une concentration géographique de 1 en 1980 résulte
(cf. tableau 4). Après un fléchissement en début de la correction de la concentration géographique de la période
précédente par des effets dus aux flux d’emplois ; ces derniers sede période, elle augmente entre 1990 et 1992,
décomposent en des effets dus à la concentration des flux eux-
suite à des effets croisés entre stocks et flux :
mêmes (les nouveaux emplois contribuent pour +4 % àla
l’entreprise ne choisit pas la localisation de sa concentration géographique observée en 1980) et à l’interaction
entre flux et stocks.disparition, tandis qu’elle apporte le plus grand
Source : enquête Structure des emplois, 1978,1980, 1990 etsoin au choix de son implantation. L’influence plus
1992, Insee.
grande des créations, sur l’évolution de la concen-
tration géographique, que des destructions
Tableau 4suggère que les nouvelles entreprises s’im-
Hausse de la concentration géographique*plantent davantage dans les zones d’emploi déjà
moyenne, calculée par zones d’emploidynamiques dans leur secteur (cf. tableau 5).
Indices 1984 1992Cette approche complémentaire montre bien
l’influence déterminante du choix du découpage
Indice de Herfindahl 0,0442 0,0543
géographique. Étudiée à un niveau régional, la
Indice de Gini 0,2691 0,2702
concentration géographique moyenne décroît,
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0168 0,0326comme au niveau départemental.
* Indices calculés à partir de la NAP100 et des zones d’emploi.
Source : enquête Structure des emplois, 1984 et 1992, Insee.
Les secteurs de haute technologie
n’échappent pas à la déconcentration
Tableau 5
Les secteurs de haute technologie sont souvent Décomposition moyenne de l’évolution
de la concentration géographique*,considérés comme ceux qui doivent suivre le
calculée par zones d’emploimieux les modèles où interviennent les écono-
mies d’agglomération. Leurs immobilisations
1984-1986 1990-1992physiques étant peu importantes, ils seraient
peu tributaires de leur localisation. Cependant,
Concentration précédente (1) 1,06 0,96
leurs activités dépendent d’un flux élevé
Créations 0,04 0,03
d’information. Ces externalités technologiques,
Destructions - 0,02 - 0,04
provenant de centres de recherche ou de parte-
Effets croisésstock/créations 0,30 0,26naires travaillant dans un domaine proche,
Effets croisés stock / destructions - 0,38 - 0,21pourraient être à l’origine d’un accroissement
de leur concentration géographique. 1. Voir annexe II pour plus de détails.
* Indices calculés à partir de la NAP100 et des zones d’emploi.
Or, l’exercice d’une activité de pointe ne con- Source : enquête Structure des emplois, 1984, 1986, 1990 et
duit pas nécessairement à une forte concentra- 1992, Insee.
196 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7tableau 6). Les établissements de la recherche de conception. Les unités observées ne sont
scientifique, de la fabrication de matériel alors, pour la plupart, que des unités de produc-
électronique et de celle de composants passifs tion faiblement sujettes aux économies d’ag-
se déconcentrent sur le territoire français. Ces glomérations. L’industrie pharmaceutique est
différences s’expliquent, en partie, par l’orga- un cas particulier : partant d’un niveau élevé de
nisation territoriale de la production et l’impor- concentration géographique, elle continue à se
tance des économies d’agglomération. Les concentrer entre 1978 et 1992. La nécessaire
secteurs étudiés regroupent, en général, dans la collaboration entre les laboratoires de recherche
région parisienne leurs fonctions de décision et les activités de production de ce secteur
et sans doute aussi une part importante de celles explique sans doute ce phénomène. Ainsi, les
forces poussant à l’agglomération jouent un
rôle dans les choix de localisation de certains
secteurs. Toutefois, elles ne sont véritablementTableau 6
actives que pour les établissements dont lesÉvolution des indices de concentration
fonctions dépendent étroitement de fluxgéographique* pour des secteurs de haute
d’informations.technologie
Secteurs (1) 1978 1992
Si les activités des départements
Moyenne nationale 0,0376 0,0332 se diversifient....
Recherche scientifique et technique
(marchand) 0,0671 0,0215 La spécialisation moyenne des départements
Fab. matériel électrique et radio-électrique 0,1563 0,0621 est orientée à la baisse. Ils dépendent donc de
Fab. composants passifs moins en moins de leurs secteurs prépondé-
et condensateurs fixes 0,0131 0,0042
rants. Les industries, relativement anciennes et
Fab. de tubes électroniques
traditionnelles, des départements les pluset semi-conducteurs - 0,0239 0,0032
spécialisés en 1978 auraient été renouvelées, enfabrication de spécialités pharmaceutiques 0,0478 0,0587
partie, par des activités plus diversifiées ouFabrication de matériel de traitement
de l’information 0,0393 0,0225 auraient perdu de leur importance relative. Le
Fabrication de propulseurs d’aéronefs 0,0505 0,0151 fait que les départements les plus spécialisés en
1992 soient localisés dans des zones plutôt
1. Secteurs retenus pour la part importante de certaines im-
accidentées (moyenne montagne) et où l’agri-mobilisations incorporelles (frais d’établissements, frais de
recherche et développement, concessions, brevets) dans culture est restée relativement traditionnelle
l’actif total de l’entreprise.
vient appuyer ces hypothèses (cf. tableau 7,
* Indices d’Ellison-Glaeser calculés à partir de la NAP600 et des graphique II et annexe II).
départements.
Source : enquête Structure des emplois, 1978 et 1992, Insee.
La baisse de la spécialisation moyenne ne signifie
évidemment pas que tous les départements
voient leur spécialisation diminuer. Ainsi, Paris
Tableau 7 suit un processus de spécialisation très marqué
Évolution de la spécialisation* moyenne (cf. graphique III). Cette fois encore, il semble
des départements que cela correspond à la disparition d’activités
industrielles ou artisanales sur Paris, et à la montée
Indices (1) 1978 1992 en puissance des activités tertiaires (commerce,
services). Toutefois, il faut rappeler que la diversité
France entière
de ces activités n’est pas bien prise en compte
Indice de Herfindahl 0,0484 0,0405
par une nomenclature en 100 postes.
Indice de Gini 0,2283 0,2149
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0132 0,0104 Les flux d’emplois contribuent à la baisse de la
spécialisation des départements. Les inter-
France hors Île-de-France
actions entre flux d’emplois et emplois pérennes
Indice de Herfindahl 0,0490 0,0386
expliquent l’évolution de la spécialisation
Indice de Gini 0,2202 0,2048
moyenne des départements : les emplois détruits
Indice d’Ellison-Glaeser 0,0118 0,0076
dans un département disparaissent plutôt
dans des secteurs qui restent encore bien repré-1. Moyennes pondérées par les effectifs salariésdéparte-
mentaux. sentés localement, tandis que les emplois créés
sont plus dispersés (cf. tableau 8). Ainsi, par* Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements.
Source : enquête Structure des emplois, 1978 et 1992, Insee. exemple, en Lorraine, les emplois ont disparu
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7 197essentiellement dans la sidérurgie, secteur de zones urbanisées. Paris, bien que tout à fait aty-
spécialisation de ces départements ; aussi la pique par ses statuts et son rapport au reste de la
spécialisation moyenne a-t-elle sensiblement France, en est un exemple intéressant : la spé-
fléchi. Les établissements créés, moins spécia- cialisation de la capitale est constante de-
lisés, n’ont pas compensé cette perte. puis 1978 (cf. graphique III). Cette spécialisation
s’étend, par ailleurs, à presque tous les dépar-
tements limitrophes ; les activités qui contri-
... celles des communes et des zones buent au renouvellement des établissements
d’emploi de grande taille se spécialisent parisiens sont relativement sensibles à la di-
mension de l’Île-de-France, et les nouvelles lo-
Un découpage plus fin que le département con- calisations industrielles se font sans doute en
clut à une augmentation de la spécialisation des périphérie du Bassin parisien.
Graphique II
Évolution de la spécialisation* par départements
A- En 1978 B- En 1992
* Indices d’Ellison-Glaeser calculés à partir de la NAP100.
Source : enquête Structure des emplois, 1978 et 1992, Insee.
Graphique III
Évolution de la spécialisation* moyenne des départements
A- Indices de Gini B- Indices d’Ellison-Glaeser
* Indices calculés à partir de la NAP100 et des départements.
Source : enquête Structure des emplois, de 1978 à 1992, Insee.
198 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 326-327, 1999 - 6/7

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