Le BTP depuis 1945

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Après la seconde guerre mondiale il fallait d'urgence reconstruire le pays, moderniser l'appareil productif et loger les générations du «baby-boom». En trente ans, la production du Bâtiment et des Travaux Publics a presque été multipliée par cinq. Cette expansion exceptionnelle a démarré grâce à des fonds publics, progressivement relayés par l'épargne privée. À partir de 1975, les difficultés économiques amènent les entreprises à réduire leurs investissements en bâtiment. La montée du chômage et la hausse des taux d'intérêt réels contribuent à freiner les achats de logements des ménages. Au cours des vingt dernières années, l'activité du BTP, devenue plus cyclique, n'a progressé que de 11 %.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 472 JUILLET 1996
PRIX 14 F
LE BTP DEPUIS 1945
Claudie Louvot, Division Comptes et études del’indus trie, Insee
rattrapés, le pays modernisé. La nécessitéprès la seconde guerre mondiale il
d’entretenir ou de renouveler des ouvrages
fallait d’urgence reconstruire le relativement neufs, et dont la durée de vieA pays, moderniser l’appareil pro- se compte en dizaines d’années, n’était pas
encore très pressante. L’horizon économi ductif et loger les générations du "baby-
que s’assombrissait : chômage et inflation
boom". En trente ans, la production du coexistaient, et les crises énergétiques al
Bâtiment et des Travaux Publics a pres laient se succéder. Investir dans la cons
truction n’était plus une priorité, ni pour lesque été multipliée par cinq. Cette expan-
ménages, ni pour les entreprises. Deux ans
sion exceptonnei lle a démarré grâce à des après le premier choc pétrolier, la "crise" qui
fonds publics, progressivement relayés s’ensuivit porta, pour plus de dix ans, un
coup d’arrêt à la croissance du BTP, alorspar l’épargne privée. À partir de 1975, les
qu’après une courte récession l’économie
difficultés économiques amènent les en- se rétablit. Lors de l’embellie de la seconde
treprises à réduire leurs investissements moitié des années quatre vingt, le BTP
renoua pour quelque temps avec la crois en bâtiment. La montée du chômage et la
sance, mais celle ci ne retrouva pas sa vi
hausse des taux d’intérêt réels contri- gueur passée et, dès 1991, un sérieux
buent à freiner les achats de logements ralentissement annonce la phase récessive
dont le secteur n’est toujours pas sorti. Audes ménages. Au cours des vingt derniè-
cours des vingt dernières années la place du
res années, l’activité du BTP, devenue BTP dans l’économie a régulièrement reculé :
plus cyclique, n’a progressé que de 11 %.sa contribution au PIB n’est plus aujourd’hui
que de 5 %. L’investissement en ouvrages
Au lendemain de la seconde guerre mon de BTP, de 757 milliards de francs courants
diale les entreprises du bâtiment et des tra en 1995, représente 55 % de l’investissement
vaux publics durent répondre à une national, contre 63 % en 1959 ( graphique 2).
demande d’investissement sans précédent.
Des destructions, dépassant de beaucoup L’immédiat après-guerre : priorité
celles du premier conflit, avaient gravement aux travaux publics
endommagé les infrastructures du système
On estime qu’environ 500 000 immeublesproductif et le parc de logements ; elles
ont été détruits au cours de la secondes’ajoutaient à d’importants retards accumu
guerre mondiale et près de 2 millionslés pendant l’entre deux guerres. Dès le dé
but des années cinquante, des besoins
nouveaux, en logements et en équipements
collectifs, naquirent de l’explosion démogra Évolution de la valeur ajoutée du BTP
phique et de l’exode rural ; d’autres accom
pagnèrent la croissance. Avec l’aide
américaine et sous l’impulsion des pouvoirs
publics, le BTP s’engagea tout de suite dans
une longue phase de croissance qui ne
s’acheva qu’en 1975. Les "trente glorieu
ses" le furent particulièrement pour ce sec
teur, dont la valeur ajoutée progressa plus
rapidement que le PIB graphique 1( ). La part
du BTP dans la richesse nationale atteignit
un maximum de 9 % en 1967 ; elle n’était
que de 7 % en 1949.
En 1975, la reconstruction était depuis long
temps achevée, les retards en grande partie Source : Comptes nationaux, rétropolation base1980
Pendant l’année de son cinquantenaire, l’INSEE publie une série d’études rétrospectives
?
INSEE PREMIEREtaculaire, tant en lignes électriques l’État. Aussi engagea t il une politique
L’investissement en BTP
qu’en équipements hydroélectriques : de "débudgétisation", en transférant la
et l’in vestissement total plus de vingt cinq barrages furent mis charge des investissements vers des
en service entre 1948 et 1952 (Génis établissements financiers publics. Ain
siat, Bort les Orgues, Tignes etc.). si la loi Minjoz du 24 juin 1954 autorisa
Ainsi les travaux publics furent ils, la Caisse des Dépôts et Consignations
dans l’immédiat après guerre, le à accorder directement aux HLM et
moteur de la croissance du BTP : de aux collectivités locales des prêts
1950 à 1952 leur production augmenta adossés aux ressources des livrets de
presque trois fois plus vite que celle decaisse d’épargne. Pendant l’hiver
l’ensemble de la branche. Mais ils 1954 l’appel de l’abbé Pierre fit écho
n’échappèrent pas aux restrictions du aux mesures gouvernementales. La
plan Pinay (1952 1953) : leur activité construction doubla en cinq ans, pour
se stabilisa pendant deux ans. Après dépasser 300 000 logements à la fin
Source : Comptes nationaux, rétropolation base1980
un rebond, elle ralentit de nouveau à des années cinquante. Elle représen
la fin des années cinquante. tait 60 % de l’activité du bâtiment en
(1) 1959, contre 40 % en 1949. Le rôleLa demande du BTP par secteur
des aides restait toutefois considéra 1953 1959 : l’État oriente son
institutionnel
ble : moins de 10 % des logementseffort vers le logement
construits relevaient du secteur libre. 29 %
Sans doute parce qu’ils ne pouvaient agir de la production du BTP étaient destinés à
sur tous les fronts à la fois, les gou satisfaire la demande des ménages en
vernements limitèrent leurs interventions 1949, 41 % en 1959 ( graphique 3).
dans le domaine du logement jusqu’en
1953. L’ordonnance du 28 juin 1945 1959 1974 : croissance
autorisait certes les pouvoirs publics à soutenue et uniforme
intervenir dans ce secteur, jusqu’alors
laissé à l’initiative privée ; mais ils Vers la fin des années soixante, les
prirent surtout dans un premier temps générations nombreuses d’après
des mesures "d’entraînement". guerre commencèrent à s’installer. En
er La loi du 1 septembre 1948 organisa raison notamment de l’aspiration des
la fin du blocage des loyers. Celui ci, jeunes à plus d’indépendance, les mé
(1) Investissement et consommation finale ou intermédiaire hérité du "moratoire" de la Grande nages tendaient en outre à se morce
Source : Comptes nationaux, rétropolation base1980
Guerre, avait fortement réduit l’inves ler. Leur nombre augmenta de plus en
tissement locatif entre les deux guer plus vite : 160 000 par an vers 1960,
res : on construisait alors environ 300 000 au début des années
endommagés. Les bombardements et 100 000 logements par an. Au lende soixante dix. Il fallut aussi loger les
"la bataille du rail" engagée par la Ré main des hostilités, la situation écono rapatriés d’Algérie, rentrés en France
sistance avaient rendu inutilisables mique n’était toujours pas propice à après les accords d’Evian (1962 et
plus de 20 000 kms de lignes de chemin l’investissement immobilier. Le pou 1963). Enfin, l’exode rural entraîna un
de fer sur 40 000. Les voies naviga voir d’achat des ménages était faible, important mouvement d’urbanisation,
bles et les équipements hydrauliques l’inflation galopante, et le peu d’épar et nombre de logements vétustes ou
avaient aussi beaucoup souffert. Pour gne disponible s’orientait vers le finan mal situés étaient condamnés à dispa
faire revivre un pays privé de moyens cement de l’industrie. Les "aides à la raître. 100 000 logements par an fu
de transport et d’une partie de son pierre", distribuées avec parcimonie, rent ainsi désaffectés entre 1954 et
capital productif, les gouvernements profitèrent principalement au loge 1962, puis 150 000 de 1962 à 1975.
décidèrent de participer financièrement ment social : des prêts directs du Tré L’augmentation de la construction
à sa reconstruction. Ils fournirent aux sor à des taux très avantageux (2 % neuve, qui culmina à plus de 550 000
entreprises publiques et privées des sur 65 ans) furent ainsi accordés aux logements en 1972, permit de satis
dotations en capital et des prêts à long HLM. En 1950 le gouvernement fit un faire ces besoins en logements sans
terme alimentés par l’impôt, l’emprunt geste pour attirer des fonds privés précédent. En solvabilisant les ména
et, surtout, l’aide Marshall. Le plan vers l’immobilier en créant la "prime àges la croissance rendit possible cet
Monnet (1947 1952), mis en place six francs" du Crédit Foncier. Néan essor exceptionnel. Les salaires
pour en organiser la distribution, don moins, jusqu’en 1953, la construction étaient régulièrement revalorisés et le
na priorité à six secteurs de base, dont resta inférieure à 90 000 logements chômage peu répandu. L’épargne se
deux, l’électricité et les transports, par an, en moyenne. reconstituait progressivement : de
sont de gros investisseurs en travaux Face à cette pénurie, le logement fut 12 % du revenu disponible des ména
publics. Très rapidement la SNCF inscrit parmi les priorités du deuxième ges dans les années cinquante, elle
assura un niveau de trafic équivalent Plan, en 1954. Soutenir la construc passa à 17,5 % en 1975. La faiblesse
à celui d’avant guerre. L’effort d’inves tion par des aides directes était cepen des taux d’intérêt réels allégeait
tissement d’EDF fut encore plus spec dant une solution très coûteuse pour l’effort de ceux qui s’endettaient.
´`Différents dispositifs furent mis en la demande, des stocks se consti-
Investissement en logements
place, avec succès, pour attirer l’épar tuaient. Les conséquences de la
neufs et gros entretiengne privée vers l’immobilier : comptes "crise" consécutive aux chocs pétro
(1965) et plans (1970) d’épargne lo liers furent lourdes pour le BTP, qui ne
gement, décloisonnement du crédit connut que trois années de croissance
bancaire (1966), marché hypothécaire entre 1974 et 1985. Sa production re
(1967). Le logement devint une valeur cula de 5,4 % en 1975, et de 12 % en
refuge face à la montée de l’inflation. onze ans.
L’investissement en logements neufs En 1975 l’industrie fut touhée par lac
augmenta chaque année de 6,4 % en récession, pour la première fois
tre 1959 et 1974 ( graphique 4). Le sec depuis la guerre. Avec le recul de la
teur libre se développa : il couvrait demande la situation financière des
environ 40 % de la construction au mi entreprises se détériora. Elles durent
lieu des années soixante dix. davantage recourir à l’emprunt, alors
Les travaux publics connurent égale que les taux d’intérêt augmentaient.
Source : Comptes nationaux, rétropolation base1980
ment quinze ans de prospérité : leur Toutes les branches réduisirent leurs
production augmenta de 7 % par an. investissements en bâtiment, et privi
Ils bénéficièrent d’un nouveau cycle légièrent les investissements de pro
d’équipement en infrastructures de ductivité. La baisse fut très sensible du financement de 1977 avait pour ob
base. Le secteur routier devint l’activi dans les secteurs des biens intermé jectif de personnaliser davantage
té la plus importante, avec notamment diaires et de l’automobile ; ils réalisentl’aide au logement. Elle créa les PAP
la construction des autoroutes. Prati près de la moitié de l’investissement (Prêts aidés à l’Accession à la Proprié
quement inexistant en 1960, le réseau en bâtiments industriels, dont la cons té), qu’elle accompagna d’une aide à
autoroutier s’accrut régulièrement jus truction chuta de 30 % en 1975, et à la personne, l’APL (Aide Personnali
qu’en 1971, au rythme moyen de peu près d’autant entre 1975 et 1985.sée au Logement). Cette réforme
170 kms par an. La SNCF procéda à La construction de bureaux et celle demisait sur la poursuite des conditions
l’électrification de ses lignes. Ce fut commerces furent épargnées, à la fa économiques du moment (faiblesse
aussi l’époque de la construction des veur de la "tertiarisation" de l’écono des taux d’intérêt réels, amélioration
grandes centrales thermiques et nu mie. du niveau de vie) qui auraient contri
cléaires. Jusqu’en 1980 les grandes entrepri bué à réduire rapidement les efforts
Dans les années cinquante les enfantsses nationales continuèrent à investir. des bénéficiaires. La réalité fut toute
du "baby boom" arrivant en âge d’être Le réseau téléphonique se développa, autre. Dès le début des années 1980,
scolarisés, l’État dut s’engager massi on construisit la première ligne TGV le chômage augmenta, la progression
vement dans la construction de bâti (Paris Sud Est), la mise en œuvre du du pouvoir d’achat se ralentit, les taux
ments scolaires et universitaires. La programme électronucléaire se pour d’intérêt réels s’élevèrent. De nom
construction de bâtiments non rési suivit. Néanmoins, l’investissement en breux accédants se trouvèrent dans
dentiels publics doubla entre 1962 et BTP des sociétés, nationales ou au l’incapacité de rembourser leurs em
1967. La demande des administra tres, baissa de 7 % en 1975, et de prunts. On assista à une "explosion
tions, qui comprend les commandes 15,8 % entre 1975 et 1985. La part du des aides à la personne". Pour maîtri
de l’État et des collectivités locales, BTP dans l’investissement total des ser ses dépenses l’État réduisit le
non seulement en ouvrages de génie entreprises, qui diminuait tendanciel nombre des PAP : 154 000 en 1978,
civil, mais aussi en bâtiments publics, lement depuis 1960, tomba à 34 % en93 000 en 1985, 33 000 en 1991. L’im
progressa au rythme de 14 % par an 1985 ; elle était de 44 % en 1975, et mobilier souffrit aussi de la concur-
de 1959 à 1964 ; elle représentait près de 52 % en 1959. rence des valeurs boursières. Le
du quart de la production du BTP en Seule la demande des administrations nombre des mises en chantier déclina
1965, contre 16 % en 1949. progressa au cours de cette période pour atteindre un point bas en 1986,
Jusqu’en 1973 l’activité du bâtiment (de 18,9 %), soutenue par les plans de avec 295 000 logements.
non résidentiel privé, soutenue par relance de 1975 et 1982. Le premier Au cours des années soixante les tra
l’expansion générale, fut elle aussi comportait notamment un important vaux d’entretien du parc existant
florissante. On construisait quinze fois soutien à l’investissement public : avaient fait une percée plus spectacu
plus de bâtiments agricoles en 1973 l’augmentation de l’investissement en laire encore que la construction neuve :
qu’en 1962, cinq fois plus de bureaux,BTP atteignit 8,5 % cette année là. ils avaient augmenté de 7,5 % par an,
deux fois plus de bâtiments industriels. entre 1959 et 1974. Pour encourager
la réhabilitation les pouvoirs publics... et de la construction neuve
avaient créé, en 1970, l’Agence1975 1985 : fort recul
Nationale pour l’Amélioration de l’Ha Une étape importante de la politique de l’in vestissement
bitat. A la rénovation du parc très an du logement a marqué cette période. des sociétés...
cien, s’ajouta plus tard celle desLe coût des "aides à la pierre" était éle
logements d’après guerre. ConstruitsAu début des années soixante dix la vé ; en outre cette forme d’aide pouvait
parfois trop rapidement sous la pres croissance du BTP se ralentit. Signe paraître trop généreuse si le revenu
sion des besoins, ils commençaient àavant coureur d’un ralentissement de des ménages augmentait. La réforme
ˆse détériorer ou furent dépassés par Cette période fut particulièrement ralentissement économique pour
de nouvelles normes de confort. Beau faste pour les travaux publics (+ 8 % dedéclencher l’éclatement de la bulle
coup de travaux d’économie d’énergie croissance par an, entre 1985 et 1989).spéculative, dont les effets pèsent
furent notamment entrepris à la suite Ils bénéficièrent de chantiers d’excep encore sur l’immobilier.
des chocs pétroliers. Soutenue par tionnelle envergure : Eurodisneyland,
cette demande régulière, l’activité liée TGV Nord, TGV Atlantique, contourne
Pour comprendre à l’entretien du parc résista mieux à lament de Lyon, tunnel sous la Manche,
récession. Elle ralentit, mais progres plan autoroutier à partir de 1986. ces résultats
sa néanmoins de 0,9% par an entre L’investissement en logements neufs
1974 et 1985, alors que l’investisse se redressa de 1987 à 1990 (+ 4,6 %
Pour la période allant de 1959 à 1995, les agré ment en logements neufs recula de par an), mais cette embellie tient à un
gats comptables qui illustrent ce texte sont issus3,7 % l’an. Le nombre de logements regain de faveur de l’immobilier de
de la Comptabilité Nationale, en base 80. Les
susceptibles d’être rénovés ne cessant rapport, l’accession à la propriété ten
chiffres antérieurs à 1959 proviennent de la base
d’augmenter, cette tendance s’est dant au contraire à marquer le pas. Le
1971. Ils ont été raccordés à partir de l’année
poursuivie. L’entretien représente au placement dans la pierre, jusqu’alors 1959, connue dans les deux systèmes de comp
jourd’hui 43,2 % de l’investissement considéré comme une valeur sûre en tes. En base 80, le compte du BTP retrace toute
l’activité de la branche, y compris la productionen logement, contre 20,7 % en 1959. dépit de sa rentabilité modérée, avait
pour compte propre, le travail au noir et la fraudeen effet perdu de son attrait. Les
fiscale. Sauf mention contraire, les évolutionsbailleurs s’étaient désengagés, avecUne embellie de courte durée énoncées sont calculées en volume, aux prix de
pour conséquence une baisse signifi
1980. Lorsqu’elles portent sur plusieurs années il
cative du parc locatif privé. Il se peutLe contre choc pétrolier de 1985 permit s’agit d’évolutions moyennes.
que la réglementation des loyers enune reprise mondiale et française. Dès La production des entreprises de BTP est, pour
vigueur depuis 1982 ait suscité quel 1986 le BTP sortit de la récession, l’essentiel, destinée à l’investissement : investis
sement des entreprises et des administrations enques inquiétudes, au moment où lesavec une hausse de 4,8 % de sa
bâtiment et ouvrages de travaux publics, investis valeurs boursières devenaient plusproduction. La croissance de ce
sement des ménages en logement, entretien desattractives. La loi Méhaignerie de 1986,secteur passa par un maximum en
ouvrages existants. La part, dans les emplois, des
en accordant des avantages fiscaux1988 (+ 7,7 %), puis ralentit jusqu’à la
consommations finale et intermédiaires est fai-
aux acquéreurs d’un logement neufrechute de 1992 ( 2,1 %, et 5,7 % en ble : 17 % de la production en 1995. Ces consom
destiné à la location, attira de nouveau1993). mations correspondent à des travaux d’entretien
les investisseurs vers les bureaux deLes entreprises ayant pu reconstituer courant. Les stocks sont minimes (quelques mil
liards). Ils résultent d’un excédent de productionvente. La construction de logementsleurs profits, et percevant de meilleu
ou de la spéculation.collectifs est remontée, expliquant àres perspectives de demande, se lan
elle seule la hausse des mises encèrent de nouveau dans des
chantier, jusqu’à 339 000 logementsinvestissements en BTP : ils progres
en 1989.sèrent de 9,4 % en 1986, puis de
Au début des années quatre vingt dix,5,6 % par an entre 1986 et 1992. Les
pour en savoir plusles ménages hésitent en revanche àmises en chantier de bâtiments indus
s’engager dans l’achat d’un logement.triels et de stockage doublèrent entre
Le contexte est en effet moins favora Le BTP en mutation , Michel Amar, INSEE1984 et 1991. Les bureaux étaient
1989.ble à l’investissement. Le nombre deségalement très recherchés des inves
PAP est tombé au plus bas, la menacetisseurs français et étrangers. Leur
Un siècle de politique du logement , Claude
du chômage subsiste, les taux d’inté installation n’étant plus subordonnée
Taffin, Données Sociales, édition 1993.
rêt réels restent élevés, et la forteà une demande d’agrément préalable,
hausse des prix fait disparaître leson en construisit deux fois plus en "Les dépenses de la collectivité en faveur
perspectives de plus values. Même1992 qu’en 1985. Les grands ouvra du logement entre 1948 et 1993",
Michel Mouillart, revue du Crédit Foncierles investisseurs se découragent.ges parisiens (Arche de la Défense,
de France, Mai 1995.L’offre de logements et de bureauxPyramide du Louvre, Grande Biblio
devient excédentaire. En témoigne lethèque) vinrent également soutenir
Données statistiques de la FNTP.
gonflement des stocks. Il suffisait d’unl’activité du bâtiment.
Direction Générale :
18, Bd Adolphe Pinard
75675 Paris cedex 14
Directeur de la publication :
Paul Champsaur
Rédacteur en chef :
Baudouin Seys
Rédacteurs : F. Magnien,
V. Guihard, C. Dulon
Maquette : F. Buhot
ISSN 0997 3192
© INSEE 1996

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