Les déplacements dans l'agglomération bordelaise

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Déplacements quotidiens des habitants de l'agglomération bordelaise selon une enquête réalisée par l'INSEE en 1998. Déplacements entre grandes zones, par plages horaires, selon le moyen de transport et le motif. Évolution de ces modes de déplacements de 1978 à 1998. Carte, tableaux, graphiques, méthodologie.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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GARONNE
DORDOGNE
LES DÉPLACEMENTS DANS
L’AGGLOMÉRATION BORDELAISE
En 1998, près de 2,9 millions
de déplacements sont effectués A la demande de la Communauté Urbaine de Bor-
quotidiennement par les habitants deaux et du ministère de l’Équipement, des Trans-
de l’agglomération bordelaise, ports et du Logement, l’Insee a réalisé une enquête
sur les déplacements urbains. Cette étude s’est dé-soit près de 17 % de plus qu’en 1990.
roulée, en 1998, sur une aire de 96 communes ap-Quels que soient l’heure et le motif
partenant à l’agglomération bordelaise et à sadu déplacement, la voiture constitue
périphérie. Où leurs habitants se déplacent-ils prin-le mode de transport prépondérant,
cipalement ? Quand, comment et pourquoi ? Telles
elle est utilisée deux fois sur trois.
sont les questions auxquelles cette enquête permet
La marche, privilégiée par les enfants
d’apporter des éléments de réponse.
et les personnes âgées, domine parmi
Hors vacances scolaires et hors week-end, près deles autres modes de transport.
2,9 millions de déplacements sont effectués quoti-Les transports en commun assurent
diennement par les quelque 800 000 habitants qui
moins de 10 % des déplacements.
résident dans cette aire. Par rapport aux enquêtes
précédentes et sur la même délimitation d’aire, en
l’occurrence celle de 1978, le nombre de déplace-
Répartition des déplacements dans l'aire d'étude
1,5 %
0,9 % 13,8 %
4,1 %
0,6 %
2,2 %
10 %
9,3 % 1,4 %
0,9 % Déplacements20,3 % 1,3 % entre grandes zones
3,7 %
7,9 % Traversée de la Garonne
Déplacements
à l'intérieur des zones
18,7 %
©IGN-INSEE 2000
Note : 3,4 % des déplacements sont effectués entre intérieur et
extérieur de l'aire d'étudeINSEE
Source : CUB, Insee, ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement - Enquête déplacements auprès des ménages de l'agglomération de Bordeaux 1998AQUITAINE
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
Boulevards
Boulevards
Rocade
Rocade
Rocade
o
N 84
MAI 2000ments a augmenté de 17 % entre 1990 deaux située à l’intérieur des boulevards Enfin ces mêmes résidants ne se rendent
et 1998 alors qu’il avait déjà progressé polarise plus de 30 % des déplace- quotidiennement à l’extérieur de la
de 24 % entre 1978 et 1990. L’augmen- ments ; 14 % d’entre eux se limitent à des zone ou n’en reviennent que dans
tation globale entre 1978 et 1998 atteint mouvements internes et 17 % corres- 3,4 % des cas.
45 %, un taux très supérieur à l’accrois- pondent à des transports en provenance
Embauche et débauche
sement de la population sur la même pé- ou à destination des autres zones.
rythment les déplacements
riode, de l’ordre de 15 %. Ainsi, entre
L’autre grande composante des flux Dans le temps cette fois, la répartition des1990 et 1998, la mobilité des habitants
correspond aux mouvements au sein déplacements présente une intensitéde l’agglomération a progressé de 20 %.
des zones entourant la partie centrale maximale entre 7h45 et 8h15 le matin etElle atteint désormais 3,6 déplacements
de l’agglomération. Les deux couron- entre 17h00 et 17h30 l’après-midi. Enpar personne et par jour.
nes comprises, d’une part, entre les outre, près de 6 déplacements sur 10 ont
Plus de 75 % des flux s’effectuent boulevards et la rocade, et d’autre part, lieu sur les plages horaires plus larges, de
rive gauche à l’extérieur de la rocade, rassemblent
7h00 à 9h00 et de 16h30 à 18h30.
respectivement 20 et 27 % des déplace-La plus grande partie des déplacements,
L’utilisation des divers moyens de dé-ments recensés. Les itinéraires qui vontplus des trois quarts, s’effectuent exclusi-
placement varie selon l’heure de lade l’une à l’autre de ces couronnes n’envement sur la rive gauche de la Garonne.
journée. Ainsi, 80 % des déplacementsreprésentent que 9,3 %.Le petit quart restant se partage en 14,2 %
se font en voiture individuelle avant
sur la rive droite, 6,6 % de traversée du
Pour sa part, la rocade est empruntée 7h00 du matin. Ensuite ils diminuent ré-
fleuve et 3,4 % de déplacements vers ou 260 000 fois, soit moins de 10 % des dé- gulièrement jusqu’à 62 % à la pause
en provenance de l’extérieur de l’aire placements quotidiens des résidants de méridienne, pour de nouveau croître et
d’étude. En 1998, la rive gauche comptait l’agglomération. s’approcher de 80 % après 18h30.
78 % des habitants contre 22 % pour la
rive droite. La part inférieure des dépla-
cements restreints à la rive droite, par
rapport à la taille de sa population, s’ex-
plique par la mobilité légèrement plus
faible de ses résidants. Ils effectuent en
moyenne 3,3 déplacements par personne
contre 3,7 pour les résidants de la rive
gauche. Elle s’explique aussi par une plus
grande proportion de ses résidants traver-
sant la Garonne pour des motifs divers
dont professionnels.
En outre, l’orientation radiale des dépla-
cements dans l’agglomération ressort
sensiblement : avec 17 % seulement des
habitants, la partie rive gauche de Bor-
La traversée de la Garonne
La traversée de la Garonne représente 190 000
déplacements quotidiens, soit un sur quinze.
Près de la moitié concernent les seuls déplace-
ments entre Bordeaux rive gauche et l’ensemble
de la rive droite. La forte proportion des dépla-
cements en voiture individuelle lors du franchis-
sement de la Garonne ne se fait pas au détriment
des transports collectifs. Entre Bordeaux rive
gauche et la proche rive droite, la part des trans-
ports collectifs est au contraire relativement
élevée puisqu’elle atteint 25 %. Ce sont surtout
les déplacements à pied ou en deux-roues qui
pâtissent du franchissement de la Garonne.
Quant aux motifs de franchissement du fleuve,
ils sont principalement d’ordre professionnel.
N°84
MAI 2000Évolution des modes de déplacement
Nombre de déplacement Évolution
Moyen de transport 1978 1990 1999 1978-1990 1978-1999 1990-1999
Volume % Volume % Volume % % % %
Véhicule particulier . . . . . . 856000 50,0 1319000 62,0 1625000 65,3 54,1 89,8 23,2
Transport en commun. . . . . 183184 10,7 210000 9,8 211000 8,5 14,6 15,2 0,5
2 roues . . . . . . . . . . . . . . . . 196880 11,5 125000 5,9 108000 4,4 - 36,5 - 45,1 - 13,6
Marche à pied. . . . . . . . . . . 475936 27,8 451000 21,2 527000 21,2 - 5,2 10,7 16,9
Autres . . . . . . . . . . . . . . . . . 0 0,0 23000 1,1 15000 0,6 /// /// - 34,8
Total . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1712000 100,0 2128000 100,0 2486000 100,0 24,3 45,2 16,8
Source : CUB, Insee, ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement “Enquêtes déplacements auprès des ménages de l’agglomération de Bordeaux”
Les déplacements à pied suivent un moyen. La part des déplacements enLa voiture est de plus en plus utilisée
rythme inverse : ils sont moins fréquents voiture individuelle décroît ensuite ré-
L’intensification des flux de déplace-
le matin très tôt (7 % des déplacements) gulièrement après 65 ans, principale-
ments dans l’agglomération bordelaise
et le soir tard. En revanche, leur propor- ment au profit de la marche à pied.
s’est réalisée exclusivement au profit de
tion atteint plus de 25 % entre 9h00 et
la voiture individuelle. Cette tendance La proportion des adeptes de l’automo-
13h30. La fréquentation des transports
déjà observée par le passé se confirme. bile augmente également avec le reve-
collectifs culmine en début de journée,
Désormais, et sur l’ensemble de l’aire nu et le statut professionnel. Les cadres
entre 7h00 et 9h00 où 12 % des dépla-
d’étude, deux tiers des déplacements sont relativement plus nombreux à l’uti-
cements sont effectués par ce moyen.
sont effectués en voiture. La part rela- liser que les ouvriers et les employés.
Elle se maintient autour de 7-8 % jus-
tive des transports en commun diminue Enfin, l’utilisation de l’automobile n’est
qu’à 18h30 puis décroît fortement. En
de 0,7 point entre 1990 et 1998 alors que modérément remise en cause dans
outre, les transports en commun sont lé-
qu’elle avait déjà perdu 0,9 point au le cas des petits parcours.
gèrement moins empruntés en matinée
cours des douze précédentes années.
que l’après-midi. Enfin les déplace- Pour sa part, la marche, réservée dans 9
Celle des deux-roues tombe à 4,4 % et
ments en deux-roues, peu nombreux, cas sur 10 à des parcours de moins de
subit une érosion sensiblement moins
présentent une grande régularité (au- 2 km, est très liée à l’âge et décroît avec
accentuée qu’entre 1978 et 1990. Avec
tour de 4 %) quelle que soit l’heure de la l’augmentation du revenu. Elle domine
21,2 %, la marche à pied est le seul
journée. Les personnes les utilisant sont parmi les enfants en âge scolaire et les
mode de déplacement dont la part reste
aussi celles qui alternent le moins entre personnes âgées. Les femmes y recourent
remarquablement stable sur vingt ans.
les divers modes de transports. un peu plus souvent que les hommes, et
La voiture privilégiée par les 30-60 ans
les chômeurs davantage que les person-
La durée des déplacements est forte-
nes qui travaillent. Seuls les habitants deLa voiture individuelle, dont le parc s’estment liée au mode de transport choisi.
Bordeaux-centre semblent l‘apprécieraccru de 19 % et atteint maintenantElle est estimée par les enquêtés à 18
autant que la voiture. Cela s’explique par1,3 véhicule par ménage, doit uneminutes en moyenne en voiture indivi-
la densité du trafic et la concentration desgrande partie de son succès au faitduelle, contre 34 minutes, soit près du
services et commerces.qu’elle est choisie de façon prépondé-double, en transports collectifs, alors
rante pour se rendre à son travail :que les distances moyennes parcourues Les usagers de deux-roues se trouvent
23,6 % de l’ensemble des déplacementssont proches, 4,6 km en voiture et principalement chez les adolescents et
sont liés à ce motif. Son usage est donc4,3 km en transports en commun. La étudiants. Cependant, et d’une manière
particulièrement fréquent parmi les per-durée moyenne d’un déplacement à
sonnes en activité, ayant entre 30 et 60pied est comparable à celle effectuée
ans, qui effectuent 80 % de leurs dépla-en deux-roues : respectivement 13 et 14
cements, professionnels ou non, par ceminutes.
Répartition des modes de déplacement selon le motif principal (%)
Marche Deux- Voiture Transport Autres Total Part du motif
Motif de déplacement à pied roues en commun dans les
déplacements
Travail . . . . . . . . . . . . . 7,9 3,9 79,3 6,5 2,4 100,0 23,6
Ecole. . . . . . . . . . . . . . . 29,9 8,3 37,8 23,6 0,4 100,0 13,5
Courses 25,5 3,4 67,0 3,9 0,2 100,0 18,4
Démarches . . . . . . . . . . 17,8 4,3 68,1 9,1 0,7 100,0 6,4
Loisirs . . . . . . . . . . . . . . 25,3 5,4 62,2 6,8 0,3 100,0 22,1
Accompagnement. . . . . 13,0 1,2 84,7 0,9 0,2 100,0 13,0
Autres 13,8 1,8 74,1 5,8 4,5 100,0 3,0
Source : CUB, Insee, ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement “Enquête déplacements 1998”
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MAI 2000N° 84
MAI 2000
générale, ce moyen de transport à do- retraités. Ce sont plutôt des personnes Méthodologie
minante masculine ne présente pas de L’objectif de l’enquête déplacements auprès desà revenus modestes ou des chômeurs,
ménages de l’agglomération de Bordeaux enliens particuliers avec la tranche de re- un peu plus fréquemment des femmes
1998, qui a concerné près de 5 000 ménages,
venus du ménage ou avec un statut que des hommes. L’utilisation des est de fournir une description complète de l’en-
professionnel précis. semble des déplacements effectués par les habi-transports en commun décroît égale-
tants de l’agglomération bordelaise et de sa
ment lorsque le lieu de résidence périphérie un jour moyen de la semaine, afinJeunes, femmes et personnes âgées
d’apporter des éléments de réponses aux ques-s’éloigne de Bordeaux. A l’intérieur des
utilisent les transports en commun tions suivantes : Qui se déplace ? Où ? Quand ?
boulevards et sur Bordeaux-Rive droite,
Comment ? Pourquoi ? L’aire d’étude est cons-
Tout en n’étant dominant dans aucune leur part dépasse les 10 % alors que tituée des 91 communes du Schéma Directeur
d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU), aux-catégorie de population, les transports cette proportion tombeà5% au-delà
quelles ont été ajoutées 5 communes déjà en-
en commun sont plus souvent emprun- de la rocade. quêtées en 1990 et n’appartenant pas au SDAU.
Un déplacement se définit comme étant le mou-tés par des jeunes, collégiens, lycéens,
vement motivé d’une personne sur une voie pu-
étudiants, ou des personnes âgées et des Eric AMRANE blique entre une origine et une destination,
mouvement réalisé selon un itinéraire, à l’aide
d’un ou de plusieurs modes de transports.
Ce type d’enquête est effectué selon la même
méthode depuis plus de 20 ans dans la plupart
des grandes agglomérations françaises. Leurs ré-
sultats sont comparables. Pour Bordeaux,
l’enquête de 1998 fait suite à celles de 1978 et
1990. Elle a été réalisée par l’Insee entre février
et novembre 1998, sous la maîtrise d’ouvrage
de la Communauté Urbaine, et avec l’assistance
du Centre d’études sur les réseaux, les trans-
ports, l’urbanisme et les constructions publi-
ques (CERTU) du ministère de l’Équipement,
des Transports et du Logement qui en a établi le
cahier des charges. Son financement a été assu-
ré par la CUB et le ministère de l’Équipement,
des Transports et du Logement. Son périmètre
s’étend sur 96 communes ; il en comprenait 74
en 1990 et 35 en 1978. Près de cinq mille ména-
ges (4 869) ont été tirés au sort et toutes les per-
sonnes de ces ménages âgées d’au moins 5 ans
interrogées sur leurs déplacements. Les résultats
bruts obtenus portaient sur 40 406 déplace-
ments effectués par 11 321 personnes. Ils ont été
redressés pour fournir une description des com-
portements de déplacements de l’ensemble des
habitants de l’aire d’étude.
POUR EN SAVOIR PLUS...
“Déplacements dans l’aggloméra-
tion bordelaise” - Premiers résultats de
l’enquête ménages 1998 - CUB, A’URBA.
Directeur de la publication : Michel Schrantz - Rédacteur en chef : Paul Ahmed Michaux - Secrétaire de fabrication : Daniel
Lepphaille - INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex.INSEE Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3615 ou 3617 INSEE - Imprimerie De La Roque, tél. 05.56.38.63.56.
eAQUITAINE © INSEE 2000 - n° ISSN 1246-3809 - Dépôt légal 2 trimestre 2000.
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