Meurthe-et-Moselle : Quels atouts pour se développer et s'inscrire dans l'espace lorrain et européen ?

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Avec 724 000 habitants en 2006, la population augmente, mais le solde naturel s'érode et le vieillissement pèsera sur le renouvellement des emplois stratégiques. Le développement du tertiaire, avec des spécificités dans la santé, l'enseignement supérieur et la recherche, ne compense pas le déclin de l'industrie qui conserve des forces dans la métallurgie,l'automobile, la chimie, l'agroalimentaire ou la mécanique, mais est menacée dans le pneumatique. Dans le Pays-Haut, le territoire de Briey est placé sous l'influence de Metz et de la Moselle, et celui de Longwy est tiré par la dynamique luxembourgeoise, moteur extérieur, mais essentiel, de la croissance du département. La situation reste fragile et se pose la question des atouts dont dispose le département pour anticiper un avenir lui permettant de s'inscrire véritablement dans l'espace européen. Le TGV-Est Européen a amélioré son accessibilité, mais la consolidation d'autres infrastructures doit être poursuivie. L'enseignement supérieur se conjugue avec la présence de laboratoires et de pôles de recherche. Du renforcement des liens avec le tissu économique local dépendent les transferts de technologies sources d'innovation, et le maintien et le développement d'emplois supérieurs. L'implantation de Pôles de compétence et d'innovation s'inscrit dans la même logique. Enfin,l'avenir du département passe par son positionnement dans l'espace métropolitain,porté par Nancy et Metz, en lien avec Luxembourg et Esch-Belval.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
123N Meurthe-et-Moselle :
«L’État catalyseur d’un dévelop-
Avec 724 000 habitants en 2006, la population augmente, mais le soldepement économique des territoi-
res» est le point de départ du naturel s’érode et le vieillissement pèsera sur le renouvellement des emplois
partenariat engagé entre la Pré-
stratégiques. Le développement du tertiaire, avec des spécificitésfecture, le Conseil Général et le
Trésor public de Meurthe-et-Mo- dans la santé, l’enseignement supérieur et la recherche, ne compense
selle et l’Insee Lorraine.
pas le déclin de l'industrie qui conserve des forces dans la métallurgie,Il vise à présenter les repères et
dynamiques territoriales caracté- l’automobile, la chimie, l’agroalimentaire ou la mécanique, mais est menacée
risant le département, pour
dans le pneumatique. Dans le Pays-Haut, le territoire de Briey est placéaboutir à la conception d’une
stratégie de développement éco- sous l’influence de Metz et de la Moselle, et celui de Longwy est tiré
nomique.
par la dynamique luxembourgeoise, moteur extérieur, mais essentiel,
de la croissance du département.
La situation reste fragile et se pose la question des atouts dont dispose
le département pour anticiper un avenir lui permettant de s'inscrire
véritablement dans l'espace européen.
Le TGV-Est Européen a amélioré son accessibilité, mais la consolidation
d’autres infrastructures doit être poursuivie. L’enseignement supérieur
se conjugue avec la présence de laboratoires et de pôles de recherche.
Du renforcement des liens avec le tissu économique local dépendent
les transferts de technologies sources d’innovation, et le maintien
et le développement d’emplois supérieurs. L’implantation de Pôles de
compétence et d’innovation s’inscrit dans la même logique. Enfin, l’avenir
du département passe par son positionnement dans l'espace métropolitain,
porté par Nancy et Metz, en lien avec Luxembourg et Esch-Belval.
Au centre de la Lorraine, la Meurthe- 594 communes pour une population estimée
eret-Moselle est avec la Moselle à l’Est, la Meuse à 724 000 habitants au 1 janvier 2006.
à l’Ouest et les Vosges au Sud, l’un des quatre
départements qui composent la région. Fron- Périurbanisation
talière de la Belgique et du Luxembourg, voi- autour de Nancy
sine de l’Allemagne, elle jouit d’une situation
privilégiée au sein de l’espace européen. D’une L’analyse des premiers résultats des enquê-
superficie totale de 5 246 km², elle compte tes de recensement menées de 2004 à
V2007, confirme et amplifie les ten- Longwy, entraîné par la dynamique mais à terme, son érosion pose
dances de la décennie précédente luxembourgeoise, et surtout celui la question de la continuité de la
dans le Sud meurthe-et-mosellan : de Briey, tourné vers Metz et la croissance de la population dé-
la croissance de la population Moselle, enregistrent une hausse partementale. Celle-ci pâtit en ef-
continue de se répandre dans les de leur population. fet de la diminution du nombre de
communes autour de Nancy, dans femmes en âge d’avoir des en-
un vaste mouvement de périurbani- fants après les départs de jeunesAvenir démographique
sation. Ce phénomène touche éga- dans les années 1980-1990, etincertain
lement des communes plus de leur faible fécondité. Avec un
Lesévolutionsdémographiques
éloignées de la cité ducale, jusqu’à indicateur conjoncturel de fécon-
récentes inscrivent la Meurthe-et-
unedistancede30kilomètres, et dité (ICF) de 1,71 en 2004 (contre
Moselle sur une courbe de pro-
de plus petite taille. Depuis 1999, 1,88 en France en 2004), le dépar-
gression ascendante, jamais ème
en effet, en Meurthe-et-Moselle, tement ne se classe qu’au 79
connue depuis 30 ans. Mais, le
comme en France métropolitaine, rang national.
rythme de progression de la po-
l’augmentation la plus rapide de la
pulation observé depuis 1999 Les projections qui prévoyaientpopulation s’observe dans les com-
reste trois fois inférieur à celui re- une baisse de la population à par-munes de moins de 2 000 habi-
levé en moyenne au niveau natio- tir de 2005 ne se sont pas réali-tants, et particulièrement celles de
nal et loin des taux de croissance sées mais l’avenir démographiquemoins de 500 habitants. Le Val de
du Sud et de l’Ouest de la France. reste incertain et le renouveau deLorraine, le Lunévillois et surtout le
ces dernières années risque deL’amélioration récente est due àSud-Ouest 54, profitent de cette si-
n’être qu’un sursis. La populationla réduction significative du déficittuation et affirment leur vocation
devrait décroître à partir demigratoire qui a été divisé parde zones résidentielles. Un engoue-
2015, à moins que l’évolution de2,5 en dix ans. Toutefois, ses ef-ment qui se traduit sur le terrain
l’emploi ne soit plus favorable etfets bénéfiques se trouvent limi-par une envolée du rythme de
facilite la fixation et l’arrivée d’ac-tés par un excédent naturel quiconstruction de maisons neuves.
tifs. À horizon 2020, le vieillisse-diminue. Ce dernier reste positif
ment de la population devrait voirgrâce notamment à un nombreAu Nord du département, un véri-
le nombre de personnes âgéesde naissances particulièrementtable renouveau souffle également
de 60 ans et plus augmenter deélevé en 2000, 2001 et 2006,sur le Pays-Haut où le territoire de
30%, pour représenter un habi-
tant sur quatre, contre un sur
La dynamique métropolitaine cinq en 2005. Et parmi elles, les
se répand à l'Ouest de Nancy et de Metz effectifs des 85 ans et plus dou-
bleraient.
er
Évolution annuelle de la population entre 1999 et 1 juillet 2005, dans les communes
de moins de 10 000 habitants enquêtées en 2004, 2005, 2006 et 2007 Risques de pénurie dans
les emplois stratégiques
Le changement de structure de la
population induit par son vieillisse-
ment risque d’avoir des répercus-
sions sur la population active. Le
“papy-boom” va peser sur le renou-
vellement des actifs. Certaines fa-
milles professionnelles seraient
ainsi exposées plus tôt que d’au-
tres à un vieillissement de leurs ef-
fectifs : cadres de la fonction
publique, enseignants, cadres des
Évolution annuelle moyenne
de la population banques et des assurances, méde-
des ménages
cins et assimilés, cadres commer-
100 habitants ciaux, mais aussi et surtout les
25 habitants
catégories avec transmission (et
difficulté à le faire)depatrimoineet
de savoir-faire (artisans, commer-Taux annuel d'évolution (%)
2 ou plus çants, agriculteurs).
de 0 à moins de 2
de -2 à moins de 0 Ces métiers concernent, pour une
moins de -2
grande partie, les qualifications les
plus élevées, à fort niveau de for-
Sources : Insee, recensement de la population 1999, enquêtes annuelles de recensement 2004 à 2007 mation et qui constituent des em-
plois stratégiques pour le
2
IGN - Insee 2008développement du département, La santé-action sociale avec 2002 et 2005, ils sont en baisse,
que ce soit pour la conception de 34 900 postes (soit 14% des em- et de manière plus marquée qu’au
l’action publique, le management plois salariés totaux) y occupe la pre- niveau national : -6,7% contre
privé, la santé ou encore la fonc- mière place. La Meurthe-et- -5,6%.
tion de formation et de recherche. Moselle se distingue de la France* Les services aux entreprises
en ayant en 2005, proportionnelle-Reste que le vieillissement de la (31 400 salariés) et aux particuliers
ment 20% d’effectifs supplémentai-population entraîne aussi de nou- (18 400 salariés) sont relativement
res dans cette activité. Elle estveaux besoins et services, sources aussi bien représentés en
suivie de l’administration publiqued’activités économiques et d’em- Meurthe-et-Moselle qu’en France*
avec ses 30 200 emplois (soitplois : services àlapersonne, (respectivement proches de 13% et
12%). Mais entre 2002 et 2005,structures d’accueil pour les plus 8%). Toutefois, entre 2002 et
les effectifs meurthe-et-mosellansâgés, soins à domicile, etc. 2005, les premiers évoluent à la
dans ces deux secteurs ont pro- baisse (-2,2%), à l’inverse de la ten-
gressé moins vite qu’au niveau na- dance nationale (+4,3%), notam-Des services
tional* : 1,2% contre 6,8% pour ment en ce qui concerne lesqui comptent mais à la
la santé-action sociale ; 0,7% services opérationnels (-430 em-dynamique encore fragile contre 2,5% pour l’administration
plois) et la recherche-développe-
Lesservicesemploient en publique. ment, pourtant spécificité forte du
Meurthe-et-Moselle 160 100 per- département, qui peine à se main-
sonnes en 2005, ce qui en fait la L’éducation avec ses 22 000 sala- tenir. En trois ans, les postes et
première activité en termes d’ef- riés (soit 9%) constitue une autre télécommunications, suivant l’évolu-
fectifs. Leur poids dans le départe- spécificité du département, avec tion nationale*, perdent 400 em-
ment est supérieur à celui observé proportionnellement 20% d’effec- plois. Seuls les conseils et
en France* (66%, contre 60%). tifs supplémentaires. Mais entre assistance progressent (+140 em-
plois) mais à un rythme nettement
Le solde naturel continue d'alimenter la croissance
moindre.de la population, mais il baisse
Cinq secteurs d’activité tirent néan-Évolution annuelle de la population
5 000 moins leur épingle du jeu en enre-
4 000 gistrant des évolutions proches,
3 000
voire supérieures, de celles rele-
2 000
vées au niveau national* : les1 000
0 transports (+0,5%), les hôtels-res-
-1 000 taurants (+3,6%), les activités im-
-2 000
mobilières (+5,9%), les activités
-3 000
financières (+7,7%) et les services-4 000
-5 000 personnels et domestiques
1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
(+8,9%). Toutefois, leur développe-
Évolution totale due au solde naturel due au solde migratoire ment ne contrebalance pas la
Sources : Insee, recensements de la population, baisse d’effectifs dans les services
estimations démographiques supra-communales 2006, état civil
aux entreprises et surtout l’éduca-
tion. D’une manière générale, le41 000 personnes âgées supplémentaires en 2020
nombre d’emplois dans les servi-
Population par sexe et âge quinquennal en 2006 et projection en 2020
ces stagne et le développement du
Meurthe-et-Moselle secteur n’est pas assez rapide
âge
Hommes en 2006
100 pour prendre le relais des emplois
Femmes en 2006
industriels qui disparaissent.Hommes en 2020
90Femmes en
80 Nancy : pôle d’emplois
70 tertiaires et supérieurs
60 Avec 136 000 actifs résidents et
146 000 emplois comptabilisés50
sur son territoire, soit respective-
40
ment 41% des actifs et 58% des
30 emplois meurthe-et-mosellans,
Nancy Grand Couronné est de loin
20
le principal bassin de main-d’œuvre
10 et d’emploi du département. Sa
(%)
zone de recrutement déborde lar-0
-1 0 0 1 2 4-4 -3 -2 3
Sources : Insee, estimations démographiques supra-communales 2006,
projections de population pour 2020
* France hors Île-de-France
3Lunéville, Pont-à-Mousson et Toul complètent l'ossature du marché du travail autour de Nancy
Lieu d'emploi des actifs occupés, selon leur canton de résidence
Belgique
LUXEMBOURG
MOSELLE
Pont
à-Mousson
Toul
NANCY
ETAGGLOMERATION Blâmont
Cirey
Lunéville
Badonviller
BACCARABACCARABACCARATTTBACCARABACCARABACCARATTTBACCARABACCARABACCARATTT
Attraction partagéeAttraction forte
De 20% à 40% des actifs travaillent à :Plus de 50% des actifs travaillent à :
Baccarat limite des territoiresNancy et agglomération et emploi local
Nancy et agglomération Pont-à-Mousson et emploi local
limite de l'agglomération de NancyMoselle Nancy et agglomération, Lunéville et emploi local
Luxembourg Nancy et Toul et emploi local
Moselle et emploi local
Meurthe-et-Moselle, Moselle et emploi local
Attraction moyenne
Luxembourg et emploi localDe 40% à 50% des actifs travaillent à :
Badonviller
Autres attractions
Blâmont
Cirey-sur-Vezouze de 20% à 25% des actifs
Lunéville
Pont-à-Mousson
de 10% à 20% des actifs
Toul
Aire d'attraction de Nancy et agglomération
Sources : Insee - DADS 2004 et RP 1999, STATEC et INAMI
4
© IGN - Insee 2008gement des limites de son péri- bassins de Longwy (LORRAINE TUBES), contexte national* orienté lui
mètre. Ainsi, 29% des actifs du Briey, Pont-à-Mousson (SAINT-GOBAIN aussi à la baisse, la contre-per-
Lunévillois, 32% de ceux du Val de PAM), Pompey (MANOIR INDUSTRIES, formance meurthe-et-mosellane
Lorraine et 41% de ceux du CROWN BEVCAN FRANCE)etNeu- est dans presque toutes les acti-
Sud-Ouest 54 viennent y travailler ves-Maisons (SAM), pour la pre- vités, plus forte que la moyenne
chaque jour, montrant en cela l’im- mière;Batilly (SOVAB), Longuyon française*. L’automobile, qui
portance du rôle des espaces ru- (KAISER), Villers-la-Montagne (FAURÉ- jusque-là faisait la fierté de la re-
raux périphériques dans le pôle CIA, FVM TECHNOLOGIES, EUROSTAMP), conversion industrielle du dépar-
économique nancéien. Lunéville (ACTM,ex-TRAILOR) pour la tement, entre dans cette
seconde. catégorie : elle a perdu près de
Le pôle d’emploi nancéien est
600 postes, soit -12%, contre
orientéversletertiaire public, La chimie-caoutchouc-plastiques
-2% en France*. Sur la période
souvent de haut niveau. Il s’appuie (3 600 emplois, dont SOLVAY àDom-
considérée, seuls la chimie-
sur des fonctions administratives basle-sur-Meurthe), l’agroalimentaire
caoutchouc-plastiques, le bois-
et commerciales et affiche des (3 400 emplois, dont SAINT-HUBERT à
papier et l’édition-imprimerie-re-
spécificités fortes et reconnues : Ludres) et la mécanique (3 100 em-
production ont enregistré des
localement, dans les conseils et plois, dont la SOCIÉTÉ GOUVY àDieu-
évolutions moins défavorables
assistance aux entreprises, les louard, NORDON INDUSTRIE àNancy,
qu’en France*.
activités financières, les postes et HYDRO LEDUC à Azerailles) complè-
télécommunications, l’hôtellerie- tent le tissu industriel en mainte-
Constructionrestauration, les activités immobi- nant et renouvelant des activités
lières, récréatives, culturelles et et commerce en hausseparfois centenaires. Ensemble, ces
sportives ; nationalement et inter- cinq activités proposent plus de la Deux secteurs connaissent une
nationalement dans la santé, l’en- moitié des emplois industriels. situation plus favorable : la cons-
seignement supérieur et la
truction et le commerce.Les autres activités d’importance
recherche-développement.
sont, par ordre décroissant d’ef-
La construction, avec 13 800 em-Ces activités s’accompagnent fectifs salariés : l’énergie (3 050
plois salariés en 2005, a vu sesd’uneprésenceélevéedecadres, emplois), les produits minéraux
effectifs augmenter entre 2002 etsurtout dans le secteur public, et (2 600) et l’édition-imprimerie-re-
2005. Une progression, certesde fonctions métropolitaines su- production (2 400). Trois activités
moins forte qu’en France* (+3,3%périeures (états-majors d’industrie, qui sont par ailleurs largement
contre +7,7%), mais qui représente
du commerceetdelafinance,profes- surreprésentées en Meurthe-et-
près de 450 emplois supplémen-
sions supérieures de l’éducation, la Moselle. Viennent ensuite : le
taires. Elle est alimentée en partie
santé, la recherche, la culture... à bois-papier (2 200 emplois), les
par le boom de la construction
contenu décisionnel élevé ou contri- équipements et les composants
neuve (près de 3 000 logements
buantàl’imagedemarquedelaville) électriques et électroniques
ème neufs commencés chaque année de-qui placent Nancy au 15 rang (1 800 et 1 300), et les équipe-
puis 1999, soit 50% de plus que lorsdes aires urbaines de l’Hexagone. ments du foyer (1 200).
de la décennie 1990), qui se mani-
feste par un taux élevé de créationSpécificités : métallurgie ... mais un emploi d’entreprise dans ce secteur et qui
et automobile... industriel en déclin dope vraisemblablement les activi-
L’industrie a longtemps façonné tés immobilières. En 2006, laEntre 2002 et 2005, l’industrie
l’économie, les villes et les hom- hausse de 4% de ses effectifs per-meurthe-et-mosellane a perdu
mes du département, polarisant met même à la Meurthe-et-Mosellepas moins de 4 500 postes, soit
les activités dans certaines zones d’être le seul département lorrainune baisse plus forte que celle ob-
et attirant de la main-d’œuvre où l’emploi salarié total progresse.servée en France* (-11%, contre
étrangère.
-7%) et qui a concerné tous les
Le commerce avec 30 800 em-
principaux secteurs d’activité, àEn 2005, elle représente encore
plois en 2005, représente près
l’exception de l’énergie. Elle a par-près de 30% des emplois du terri-
de 13% des emplois salariés dé-
ticulièrement affecté les compo-toiredeBriey et du ValdeLorraine,
partementaux, soit juste un point
sants électriques et électroniquesmais au niveau départemental, avec
de moins qu’en France*. En trois
(-620 emplois, soit -32%), les équi-37 100 postes, elle ne représente
ans, ses effectifs ont progressé
pements du foyer (-375 emplois,que 15% des emplois salariés, soit
de 200 emplois, soit 0,7%
soit -24%), la métallurgie (-1 2003points demoins qu’auniveauna-
contre 1,4% au niveau national*.
emplois, soit -15%) et les produitstional*.
Mais cette évolution globale
minéraux (-400 emplois, soit -13%).
La métallurgie (7 000 emplois)etl’au- masque de fortes disparités,
tomobile (4 200) y sont les secteurs Elle est d’autant plus marquante entrelecommercededétailqui
dominants et aussi les plus spécifi- qu’elle a touché la métallurgie, gagne 650 emplois, et celui de
ques. Les sites de production res- activité qui fait encore la spécifi- gros ou celui consacré à l’auto-
tent essentiellement concentrés cité de l’industrie départemen- mobile qui en perdent chacun un
dans leurs bastions historiques : les tale, et parce que dans un peu plus de 200.
5treprises du département en taille plus importante (134 hectaresBoom de la création
2006 : la construction, le com- en moyenne en 2005, contre 122 end’entreprises
merce de détail et les réparations, 2000), la Meurthe-et-Moselle se
Aux cours des dernières années, et les conseils et assistance. plaçant ici au sixième rang des dé-
en Meurthe-et-Moselle, comme partements français, 10 hectares
La distribution géographique desailleurs en Lorraine ou en France, en deçà de la Meuse, deuxième de
nouvelles entreprises estle nombre de créations d’entrepri- ce classement.
marquée par la très forte attrac-ses n’a cessé d’augmenter, pas-
tion de Nancy Grand Couronnésant de 1 671 en 2000 à 2 122 Entre 2000 et 2005, la surface
qui est le berceau de la moitiéen 2006. Au total, sur les sept agricole utilisée (SAU) par les exploi-
des nouvelles entreprises et af-années considérées, ce sont tants professionnels s’est légère-
fiche la particularité de créer12 880 entreprises qui ont vu le ment réduite (-0,8% par an) pour
beaucoup plus d’entreprises ter-jour dans le département. Et la atteindre désormais un total de
tiaires que les cinq autres territoi-tendance se confirme sur les pre- 260 600 hectares. Les surfaces
res réunis en attirant notammentmiers mois de l’année 2007, où labourables du département cor-
les deux tiers des créations dé-de janvier à juillet, 1 564 nouvel- respondent aux deux tiers de la
partementales dans les entrepri-les entreprises ont été créées, SAU des exploitations, l’autre tiers
ses de conseil et assistance.soit 20% de plus qu’en 2006 sur revenant à la surface toujours en-
la même période. Reste que, ici comme ailleurs, herbée. Céréales et oléagineux
15% à 20% des nouvelles entre- couvrent 80% de la surface cul-Mais les entreprises nouvelle-
prises créées disparaissent au tivée. Le blé reste la première cul-ment créées sont peu porteuses
cours de l’année suivant leur créa- ture malgré une sole réduite ded’emplois, hormis pour l’entrepre-
tion, 33% un an plus tard, et seu- 10% en cinq ans. L’orge et es-neur-créateur lui-même. Sur la
lement 50% restent en vie au bout courgeon constitue la seconde cul-période 2000-2006, on estime
de trois ans. ture du département, sa surfacequeletotal desemplois créés
croît de 20% en cinq ans. La cul-dans les 12 880 nouvelles unités
Trop peu ture du colza, un temps en reculrecensées,aétéde16600 au
suite à la baisse des aides com-de transformationmoment de leur création et de
pensatoires, a repris depuis 2004,17 000 fin 2006. des produits agricoles
sescoursétant portés parla de-et forestiersSigne des temps, ce n’est pas mande en biocarburants.
dans l’industrie qu’il faut chercher L’agriculture poursuit sa concen-
le plus de créations (moins de 7%) tration avec des exploitations Trois exploitations professionnel-
mais dans les services (50%). moinsnombreuses(1 950 exploita- les sur quatre pratiquent l’élevage
Trois secteurs représentent quasi- tions professionnelles en 2005, soit bovin, mais en cinq ans, celui-ci a
ment la moitié des créations d’en- 225 de moins qu’en 2000)maisde perdu 250 exploitations et
Baisse plus forte dans l'industrie - Hausses moins élevées dans le tertiaire
INDUSTRIE
Eau, gaz, électricité
Chimie, caoutchouc, plastiques
Industries agricoles et alimentaires
Bois, papier
Édition, imprimerie, reproduction
Équipements mécaniques
Équipements électriques et électroniques
Évolution de l'emploi salarié
Automobile
marchand et non marchand
Produits minéraux
2002-2005 (%)
Métallurgie et transformation des métaux
Pharmacie, parfumerie et entretien
Meurthe-et-MoselleÉquipements du foyer
Habillement, cuir France de province
Composants électriques et électroniques
Textile
CONSTRUCTION
COMMERCE
Commerce de détail, réparations
Commerce de gros
Commerce et réparations automobiles
SERVICES
Services personnels et domestiques
Activités financières immobilières
Hôtels et restaurants
Conseils et assistance
Santé, action sociale
Administration publique
Transports
Recherche et développement
Services opérationnels
Postes et télécommunications
Éducation
%ENSEMBLE
0-40 -30 -20 -10 10
Source : Insee, estimations d'emploi salarié
619 000 têtes (dont 6 400 vaches). Le constat est identique en ce qui travailler hors des frontières de
Toutefois, la dominante reste lai- concerne la forêt qui couvre l’Hexagone et 15 000 en 1999.
tière avec une proportion de 6 va- 166 000 hectares (soit 32% du En 2005, le phénomène concerne
ches laitières pour 4 allaitantes. territoire), notamment aux portes 19 800 personnes (dont 16 900
de Nancy, dans la partie méridio- pour le seul Luxembourg), soit un ac-En 2005, les exploitations profes-
nale du Sud-Ouest 54 et au pied tif occupé sur quinze.sionnelles du département font
du Donon, dans l'Est du départe-appel à 4 600 actifs permanents. Le territoire de Longwy illustre
ment. La production de hêtres,En intégrant l’activité des saison- cette situation et sa reconquête
chênes, et résineux, est re-niers, la masse de travail totale actuelle est tirée par la dyna-
connue et appréciée au-delà deséquivaut à 3 980 Unités de Tra- mique frontalière. En 2006, il
frontières départementales, maisvail Annuel (UTA). La productivité compte 45% de travailleurs fron-
elle pâtit d’un déficit de transfor-sur les exploitations augmente : taliers parmi ses actifs occupés :
mation sur place.une personne à temps complet 12 800 à destination du Luxem-
assume désormais 66 hectares bourg et 3 000 vers la Belgique.
Influence de Metzcontre 59 en 2000. Après un passé industriel doulou-
sur le territoire de Briey reux, il renaît. Sa population estLa qualification des agriculteurs
en hausse, événement inconnuÀ l’instar de l’attraction de Nancycontinue de s’améliorer. En
depuis 40 ans, les zones com-sur l’arrondissement de Châ-2005, près de deux sur trois ont
merciales et de loisirs se dévelop-teau-Salins, Metz et la Moselleeffectué des études agricoles se-
pent, la réflexion est engagéeaccroissent leur positionnementcondaires ou supérieures et seu-
pour allier offre urbaine, dévelop-et leur influence sur le territoirelement 20% n’ont aucune
pement économique, cohésion so-de Briey dont l’agglomération deformation initiale agricole (contre
ciale et territoriale dans unBriey-Hagondange est incluse de-30% en 2000). Mais leur popula-
bassin de vie transfrontalier quipuis 1999 dans celle de Metz.tion vieillit : en cinq ans, les effec-
intègre la proximité du futur pôletifs des plus de 50 ans, qui Chaque jour, ce sont 18 000
de croissance d’Esch-Belval (120dirigent quatre structures sur dix, Meurthe-et-Mosellans qui partent
hectares qui devraient accueillircouvrant un tiers de la SAU, aug- travailler dans ce département
7 000 habitants, 8 000 étudiants etmentent de 18%. Parmi eux, seul voisin, dont 55% des actifs du
25 000 salariés) et des perspecti-un sur deux déclare avoir un suc- canton de Chambley-Bussières et
ves d’évolution tracées par le voi-cesseur connu. L’installation des 40% de ceux du canton d’Homé-
sin luxembourgeois qui annoncentjeunes agriculteurs demeure donc court, pour lesquels la Moselle
une hausse de 30 000 frontaliersune priorité pour l’emploi et pour est le premier pourvoyeur d’em-
lorrains supplémentaires à hori-continuer à exploiter et à entrete- plois. 30% des actifs des cantons
zon 2015.nir les espaces ruraux. de Briey et Conflans-en-Jarnisy, et
25% de celui de Thiaucourt-Re-
Revenus plus élevés,La Meurthe-et-Moselle présente, gniéville s’y rendent également
mais de fortes inégalitéscomme la Lorraine, le handicap quotidiennement.
de positionner son agriculture au En 2005, la moitié de la population
rang de fournisseur de matière meurthe-et-mosellane vit dans unÀ Longwy, près d’un
première, fortement dépendante ménage qui déclare un revenu paractif sur deux travaille
des aides liées à la Politique Agri- unité de consommation (UC)supé-
au Luxembourg
cole Commune (PAC), plutôt que rieur à 16 000 euros, soit 400
En Meurthe-et-Moselle, l’évolutionde créateur de produits à forte eurosdeplusque la moyenne ré-
de l’emploi salarié comprend égale-valeur ajoutée, rôle qui favorise- gionale, mais seulement 100 eu-
ment celle de l’emploi frontalier. Enrait l’implantation d’industries de ros au-dessus de la moyenne de la
1990, ils n’étaient que 7 500 àtransformation. France de province.
La répartition spatiale des reve-
20 400 travailleurs frontaliers en 2006 nus fiscaux est marquée par le
haut niveau de revenus des mé-
Destination
nages résidant dans le périmètreTerritoire de résidence
Allemagne Belgique Luxembourg Total de Nancy Grand Couronné où le
Longwy 4 2 928 12 867 15 799 revenu médian annuel dépasse
Briey 24 57 3 726 3 807 17 300 euros et où le pourcen-
Val de Lorraine 21 4 262 287 tage de ménages imposés est le
Sud-Ouest 54 9 4 95 108 plus élevé. Mais cette situation
Nancy Grand Couronné 43 14 294 351 masque de très fortes disparités.
Lunévillois 25 5 59 89 L’écart entre les 10% des ména-
Meurthe-et-Moselle 126 3 012 17 303 20 441 ges qui déclarent les revenus les
Moselle 22 258 100 41 568 63 926 plus forts et les 10% des ména-
Lorraine 22 530 4 207 60 266 87 003 ges qui déclarent les revenus les
Sources : Insee, STATEC, INAMI, Landesarbeitsamt Rheinland-Pfalz Saarland plus faibles y est de 1 à 6, soit le
7plus fort de Meurthe-et-Moselle. revenus (y compris prestations, mais sont au nombre de neuf, dont six
À Nancy et Vandoeuvre-lès-Nan- avant impôt) inférieurs à 845 eu- dans l’agglomération nancéienne,
cy, où bas revenus et richesse se ros par UC et par mois, ce qui re- les autres à Lunéville, Mont-Saint-
côtoient, il s’élève même à 10. présente 15,4% des Meurthe- Martin et Toul. Depuis janvier
et-Mosellans de moins de 65 2007, quatre Contrats UrbainsÀ l’inverse, les ménages résidant
ans, dont 40 350 enfants. Cela de Cohésion Sociale (CUCS)dans le territoire de Briey et le
fait de la Meurthe-et-Moselle le concernant les agglomérations deLunévillois déclarent les revenus
département où la proportion de Longwy, Lunéville, Nancy et Toul,les plus bas, inférieurs de 1 200
personnes à bas revenus est la succèdent aux contrats de ville eteuros à la médiane départemen-
moinsélevéedelarégionavecla répondent aux besoins des quar-tale. Parmi eux, les trois «can-
Moselle, mais elle y reste du tiers les plus en difficulté. Ils in-tons prioritaires» du Lunévillois
même ordre que celle observée terviennent sur les domaines(Badonviller, Blâmont et Cirey-sur-Ve-
au niveau national. touchant directement la vie des
zouze), éloignés des centres de
habitants : l’emploi et le dévelop-création de richesse, sont ceux
La géographie de la pauvreté est pement économique, la réussiteoù le revenu médian est le plus
directement corrélée à la localisa- éducative, la santé, la citoyennetéfaible du département.
tion des logements sociaux et des et la prévention de la délin-
zonesurbainessensibles(ZUS). quance, le cadre de vie.15% des habitants sous
Le département compte 49 000
Fin 2006, la pauvreté au sens ins-le seuil de bas revenus logements sociaux, soit 16% des
titutionnel touche 46 100 person-
Parmi les personnes couvertes résidences principales, mais seu-
nes : 28 700 Meurthe-et-
par la Caisse d’allocations familia- lement 25 communes, sur 594,
Mosellans sont couverts par le Re-
les (Caf) de Meurthe-et-Moselle, sont au-dessus du seuil de 20%
venu minimum d’insertion (RMI),
fin 2006, 93 650 vivent avec des du parc. Quant aux ZUS, elles
6 900 par l’Allocation de parent
isolé (API) et 10 500 par l’Alloca-
Jusqu'à 7 300 euros d'écart de revenu selon les cantons
tion aux adultes handicapés (AAH).
Proportionnellement dans la ré-Revenu médian par canton et par unité de consommation en 2005
gion, les Meurthe-et-Mosellans
sont les plus couverts par le RMI,
les Meusiens restant les plus
concernés par l’API et les Vosgiens
par l’AAH. En 2007, le nombre d’al-
locataires du RMI est, enfin, orienté
à la baisse, rejoignant en cela la
tendance nationale initiée un an
plus tôt. Mais son niveau qui reste
élevé est un indice inquiétant de la
pauvreté.
À destination de ces personnes les
plus fragiles, au-delà des mesures
nationales existantes, d’autres ont
été mises en place en Meurthe-
et-Moselle pour briser la spirale de
la précarité et permettre un retour
àl’emploipérenne:lecontrat in-
sertion-Revenu Minimum d’Activité
(RMA) en 2003 et le contrat d’Ave-
nir en 2005, le dispositif «Travail-
ler, Transmettre En Meurthe-et-
Moselle (TTEMM)» et le Revenu de
Solidarité Active (RSA) en 2007.
Éviter le «déclin tranquille»
Revenu fiscal médian par UC (en euros) La situation départementale, qu’elle
M.-et-M. : 16 000 euros/UC17 000 et plus soit démographique ou économique,
Lorraine : 15 600
de 16 000 à 17 000 reste fragile. Les évolutions, voire
de 15 000 à 16 000
les perspectives sont moroses, à l’i-
de 14 000 à 15 000
moins de 14 000 mage des incertitudes pesant sur
l’évolution à venir de la population et
Source : DGI, revenus fiscaux des ménages
la stagnation de l’emploi dans le ter-
8
© IGN - Insee 2008tiaire qui ne parvient pas à compen- des différentes infrastructures aé-
ser les pertes de l’industrie. Le riennes, routières, ferroviaires, flu-
paradoxe meurthe-et-mosellan, et viales doit être une priorité :
lorrain, qui voit la population croître, réflexions sur l’utilisation, le coût et
le déficit migratoire se résorber, le la gouvernance de l’aéroport régio-
nombre de chômeurs baisser, le nal, mise à trois voies de l’A31 ou
taux d’activité des femmes progres- réalisation du projet A32,fin des
ser, ne doit pas faire illusion. L’em- travaux des RN4 et RN59, liaisons
ploi local régresse et l’attractivité ferroviaires vers le Luxembourg, la logistique, avec la création de
actuelle et future du département ferroutage, projet de canal plates-formes de distribution, régio-
dépend en grande partie de la pour- «Saône-Moselle» pour relier les nales ou européennes, exploitées
suite du développement de l’emploi grands ports de la Mer du Nord à par des prestataires régionaux, na-
frontalier à destination du Luxem- la Méditerranée, via le canal de tionaux et internationaux ou des in-
bourg, qui tombe véritablement à l’Est, ce dont profiteraient au pas- dustries locales, sur les zones
point nommé dans le Pays-Haut. sage les ports de Frouard, Dom- spécifiques, notamment : Ludres-
basle-sur-Meurthe, Nancy, Neuves-Au-delà de ce constat global (qui Fléville, la plate-forme multimodale
Maisons, Toul, etc.
vaut également pour nombre d’autres du Nord de Nancy, Atton, Gondre-
territoires), se pose la question des ville-Fontenoy, Toul, Dombasle-
atouts dont dispose le départe- sur-Meurthe, Lunéville.Miser sur une position
ment pour éviter un «déclin tran- géographique stratégique En 2006, la zone d’activités de
quille» et lui permettre de trouver
Avec un accès à un potentiel de Gondreville-Fontenoy, a convaincu
sa place dans l'espace européen.
70 millions de consommateurs GAZELEY, l’un des plus importants
dans un rayon de 300 kilomètres opérateurs d’immobilier logistique,
Augmenter encore
et au sein d’une région frontalière filialedel’américain WAL-MART,à
l’accessibilité avec trois états (Allemagne, Belgique, lancer sur ce site, un nouveau mo-
L’arrivée du TGV-Est Européen en Luxembourg), la Meurthe-et-Moselle dèle de Magna Park de 77 hecta-
2007 a considérablement amélio- est devenue un carrefour d’échan- res, alors qu’un autre investisseur
ré l’accessibilité de Nancy, et de ges : 30% des marchandises en spécialiste de l’immobilier locatif
Lunéville. Mais pour tirer davan- transit en France passent par le «clef en main» pour la messagerie,
tage profit de la situation géogra- sillon mosellan. le groupe HAYAT, a décidé de créer
phique du département dans une plate-forme sur la zone des
l’espace européen et des différents Cet atout lui a permis par exemple Sables à Dombasle-sur-Meurthe.
flux le traversant, la consolidation le développement d’activités liées à Fort de cet appui, il est prévu de
conforter la zone portuaire de Gon-
dreville afin de confirmer le secteur
de Toul comme épicentre des nou-
Lunéville, Mont-Saint-Martin, Toul et l'agglomération de Nancy
veaux trafics fer-eau-route dans les
touchées par la pauvreté
années à venir.
Personnes à bas revenus couvertes par la Caf parmi les moins de 65 ans en 2006
Dans la zone frontalière, l’enjeu pour
la population est de suivre l’élévation
des qualifications requises par les
nouveaux emplois au Luxembourg,
Part des personnes alors même que la concurrence
sous le seuil de
existante avec les frontaliers belgespauvreté parmi
les personnes de se double aujourd’hui de celle de
moins de 65 ans
(%) frontaliers allemands.
18 ou plus
de 16 à 18
Renforcer les liens
de 14 à 16
de 12 à 14 Enseignement-Recherche-
moins de 12
Entreprises
L’enseignement supérieur du dé-
partement, fort de ses 4 000 per-
sonnels et 47 000 étudiants,
couvre la quasi-totalité des domai-
M.-et-M. : 15%
Lorraine : nes de la connaissance, avec no-
tamment sesÉcolesnationalesen
Génie des Matériaux, Agronomie
et Industries Alimentaires, Électrici-
té et Mécanique, Géologie, GénieSource : Caf
des Systèmes Industriels, Indus-
9
© IGN - Insee 2008tries chimiques, Mines, Génie ru- doctorants, mais voit partir GOBAIN PONT-À-MOUSSON et CARBONE
ral, des Eaux et des Forêts ; et nombre d’entre eux. LORRAINE.
ses Facultés de Médecine, Phar- La filière Métallurgie-Travail des
macie, Odontologie, Sport, Scien- Développer les pôles métaux et Mécanique peut aussi
ces et techniques, Lettres, de compétence compter sur le Centre Régional
Sciences humaines et sociales, d’Innovation et de Transfert deet d’innovation
Droit, Sciences économiques, Technologie (CRITT M2T) pour laLa participation des entreprisesAdministration économique et so- formation, l’expertise technolo-meurthe-et-mosellanes au Pôle deciale, etc. gique, le conseil et la réalisationcompétitivité «Matériaux Intelli-
d’essais. Il accompagne les entre-gents et Produits Innovants»Il se conjugue avec la présence de
prises dans leur transfert de(MIPI) s’inscrit dans la même lo-laboratoires regroupés notamment
technologie par des études d’inté-gique d’une meilleure mise en re-en cinq pôles de recherche : Agro-
gration de nouvelles technologieslation des entreprises avec lesnomie, Agro-alimentaire, Biotech-
et/ou par la formation de leurlaboratoires de recherche, lesnologies (AAB), Géosciences et
personnel.universités, les partenaires insti-Génie Civil (GGC), Informatique, Au-
tutionnels, afin de mener à bien Dans la chimie, les atouts rési-tomatique, Électronique et Mathé-
des projets innovants et favoriser dent dans des potentiels de re-matiques (IAEM), Mécanique,
parlàmêmelacroissance. cherche présents dans leÉnergie, Génie des Procédés,
département, tant privés : SOL-Chimie, Innovation (MEPCI), et Ma- Le Pôle MIPI concerne les solutions
VAY ; que publics : Institut Natio-tériaux, Métallurgie (MM). acier attrayantes (démarche de l’allè-
nal Polytechnique de Lorraine
gement dans l’industrie automobile),
Mais dans un contexte de concur- (INPL), École Nationale Supérieureles outillages intelligents pour des
rence accrue pour attirer élèves des Industries Chimiques (ENSIC),procédés de transformation inno-
et chercheurs, et face à une ten- Centre Régional d’Innovation et devants (applications industrielles pour
dance à la baisse des effectifs Transfert de Technologie (CRITT).
de nouveaux matériaux) et la nanos-
due à l’effet démographique, il
tructuration (propriétés nouvelles Dans un secteur moins connu en
convient de s’interroger sur une
comme le magnétisme ou la super-plas- Meurthe-et-Moselle, l’aéronautique,
offre de formation coordonnée
ticité, destinées à l’aéronautique, la Dé- Aériades est un cluster basé en
avec Metz et concurrentielle face
fense ou au domaine médical). Y Lorraine qui rassemble un en-
aux autres pôles français, voire
participent des groupes internatio- semble de compétences industriel-
au futur site d’enseignement su-
naux implantés en Meurthe-et-Mo- les, de recherche et de formation,
périeur que sera Esch-Belval, tout
selle tels MITTAL-ARCELOR, SAINT- à vocation aéronautique, spatiale
en étant plus visible au niveau in-
ternational. C’est dans ce cadre,
qu’a été créé fin 2006, un éta-
Artem :blissement public de coopération
art, technologie et managementscientifique intitulé «Nancy-Univer-
sité» entre les trois établisse-
L'alliance d'enseignement et de recherche Artem (acronyme de «art, technologie,
ments nancéiens (Université Henri management») est un regroupement pluridisciplinaire et interuniversitaire unis-
Poincaré, Université Nancy 2 et INPL) sant trois grandes écoles nancéiennes afin de développer une pédagogie et des
projets communs : l'École des Beaux-Arts pour l'art, l'École des Mines pour laet que les partenariats déjà exis-
technologie et l'Institut Commercial de Nancy (ICN) pour le management.tants avec l’Université Paul Ver-
Depuis quelques années, Artem est une réalité : des enseignements communslaine de Metz se renforcent pour
sont dispensés aux étudiants, accompagnés d'ateliers de mise en pratique, et
donner naissance en 2008 à un
la recherche se structure. Mais le projet immobilier correspondant, de 160
Pôle de Recherche et d’Enseigne- millions d'euros (l'un des plus grands chantiers universitaires actuels de
ment Supérieur lorrain (PRES). France), aboutira véritablement en 2011, avec l'ouverture d'un nouveau cam-
pus accueillant 3 500 étudiants et 1 500 enseignants, chercheurs et person-
Car de l’accroissement du poten- nels administratifs sur le site des anciennes casernes Molitor et Manutention.
tiel existant entre les pôles d’en- Contrairement aux traditionnels accords entre écoles d'ingénieur et écoles
de commerce, le partenariat mis en place au sein d'Artem ne se limite pas àseignement supérieur, les
un double diplôme ingénieur/manager, il vise aussi un métissage des cultu-laboratoires de recherche et le
res dès la première année de l'entrée dans les écoles. Ainsi, artistes, ingé-
tissu économique local, dépen-
nieurs et managers partageront des cours en commun dans le but d'élargir
dent les transferts de technolo- le spectre de leurs compétences.
gies sources d’innovation et le
L'ambition d'Artem n'est donc pas de former des ingénieurs dans un premier
maintien et l’implantation d’em- temps et des managers ensuite (ou réciproquement), mais de former en
plois métropolitains supérieurs ou même temps des étudiants ouverts aux trois disciplines. Dans ce cadre d'ail-
leurs, l'École des Beaux-Arts, développe depuis cette année, ses formationsde services haut de gamme aux
dans le domaine du design.entreprises. C’est aussi un posi-
Mais la formation n'est pas le seul but d'Artem, qui s'investit également plei-tionnement dans l’économie de
nement dans la recherche et le volet sociétal. Par ailleurs, le lien avec le
l’intelligence pour un département
monde économique se veut très fort, en collaboration étroite avec l'associa-
qui forme par ailleurs chaque tion Artem Entreprises qui regroupe à ce jour une quarantaine d'entreprises.
année 1 000 ingénieurs et 100
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