SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord : De solides atouts économiques au service du bassin de vie

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Structuré autour de la Communauté d'agglomération Seine-Eure, le Scot Seine-Eure-Forêt de Bord correspond à un territoire regroupant 34 communes et 63 000 habitants. Grâce à une situation géographique favorable et surtout au développement de la ville nouvelle de Val-de-Reuil, ce territoire a connu une croissance démographique très rapide depuis une trentaine d'années. Aux côtés de Louviers, Val-de-Reuil est venu constituer le "bipôle" qui structure maintenant un bassin de vie caractérisé par la jeunesse de sa population.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Synthèses locales
SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord
De solides atouts économiques
au service du bassin de vie
Structuré autour de la Communauté d’agglomération Seine-Eure, le SCOTAVANT-PROPOS
Seine-Eure-Forêt de Bord correspond à un territoire regroupant 34 communes et 63 000 ha-
bitants. Grâce à une situation géographique favorable et surtout au développement de laA la suite de son contrat d’agglomération, la
CASE (communautéation ville nouvelle de Val-de-Reuil, ce territoire a connu une croissance démographique très
Seine-Eure) prépare la mise en place d’un rapide depuis une trentaine d’années. Aux côtés de Louviers, Val-de-Reuil est venu consti-
SCOT (schéma de cohérence territoriale)
tuer le “bipôle” qui structure maintenant un bassin de vie caractérisé par la jeunesse de sa
avec un ensemble de communes qui ont
population.
des relations étroites avec elle. L’élaboration
Cette croissance démographique s’est accompagnée d’un développement économiqued’un tel schéma implique, pour les acteurs
concernés, de conduire une réflexion glo- spectaculaire. Le paysage industriel s’est considérablement transformé, les activités tradi-
bale et cohérente s’appuyant sur une bonne tionnelles du pôle “historique” de Louviers ayant laissé la place à des industries nouvelles
connaissance des réalités économiques et
(au premier rang desquelles le secteur pharmaceutique) qui constituent maintenant l’image
sociales du territoire.
de marque du territoire. Cette forte orientation industrielle se traduit par une composante
Dans cette perspective, la CASE a confié à
élevée d’ouvriers dans la population. Parallèlement, le secteur tertiaire a “décollé”, portéla Direction régionale de l’INSEE de
par l’industrie locale mais aussi et surtout par l’augmentation rapide de la population.Haute-Normandie la réalisation d’un dia-
gnostic socio-économique sur le territoire La proximité de voisins importants (Rouen, Elbeuf, Evreux) aurait pu cantonner le
couvert par le SCOT. SCOT (1) à un rôle de territoire “satellite” plutôt résidentiel. Mais grâce une évolution parti-
Le présent document rassemble et synthé-
culièrement dynamique de l’emploi, celui-ci a atteint un statut de vrai pôle d’emploi structu-
tise des informations qui visent à
rant à l’échelle régionale. Cela étant, une partie importante de la population locale ne profite
caractériser le SCOT sous les angles de la
pas de ce dynamisme économique ; le chômage reste à un niveau élevé, avec un noyau im-démographie, des activités économiques,
de l’emploi et du chômage ainsi que de ses portant de chômeurs de longue durée. Par ailleurs, le développement des services à la po-
relations internes et externes (navettes do- pulation reste encore limité pour un bassin de vie de cette taille. Après avoir acquis une
micile-travail, fréquentation des
position de pôle économique d’importance, le SCOT pourrait prétendre à un statut de pôle
équipements et migrations résidentielles) et
d’équipements et de services plus en rapport avec sa dimension démographique.
tente d’en faire ressortir des enjeux pour
l’aménagement et le développement de ce
territoire. Ces éléments sont destinés à LE TERRITOIRE DU SCOT ET SON ENVIRONNEMENT
éclairer les réflexions des acteurs concer-
nés et, à ce titre, constituent une
contribution à l’élaboration du diagnostic
préalable au SCOT.
SOMMAIRE
TERRITOIRE
Un pôle d’emploi de dimension régionale . . 2
LOGEMENT
Un parc social très développé, plutôt moins
concentré qu’ailleurs. . . . . . . . . . . . . . 4
POPULATION
Une population en croissance rapide,
jeune et plutôt ouvrière . . . . . . . . . . . . 5
EMPLOI
Une industrie renouvelée, des services
à la population encore peu développés . . . 7
ACTIVITÉ - CHÔMAGE
Le dynamisme de l’emploi ne suffit pas
à réduire le chômage . . . . . . . . . . . . . 10
(1) Le SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) est un document politique et non un territoire. Toutefois,FINANCES LOCALES
par simple commodité de lecture, l’appellation SCOT désignera, dans cette publication, le territoireDes ressources fiscales importantes
grâce à la taxe professionnelle . . . . . . . 11 lui-même.Louviers et de Val-de-Reuil. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE LA POPULATIONTERRITOIRE
EN 1999, pôle historique de
l’agglomération, est la troi-Un pôle d’emploi
sième ville du département
de dimension
de l’Eure (18 328 habitants
régionale au recensement de 1999).
Val-de-Reuil, ville nouvelle
Le territoire couvert par le schéma de
dont la construction a débuté
cohérence territoriale (SCOT)
en 1973, atteint maintenant
Seine-Eure-Forêt de Bord comprend 34
13 245 habitants (4ème com-
communes rassemblant 63 000 habi-
mune du département). Seule
tants. Aux 26 communes de la Commu-
la commune de
nauté d’agglomération Seine-Eure, mise
Pont-de-l’Arche (3 499 habi-
en place au 1er janvier 2001, viennent
tants) joue le rôle de pôle “se-
s’ajouter huit communes (6400 habi-
condaire” dans le SCOT.
tants) : Igoville, Alizay et les Damps, au
Les trois quarts des em-
nord, Tostes et Montaure à l’ouest,
plois se situent dans cinq com-
Porte-Joie, Andé et Herqueville à l’est.
munes seulement (Louviers,
Le SCOT est situé sur l’axe majeur de
Val-de-Reuil, le Vaudreuil,
communication et de développement
Alizay et Pont-de-l’Arche). A
que constitue la basse vallée de la Seine.
l’opposé, 15 des 34 commu-
Il jouit ainsi d’une grande accessibilité
nes du SCOT comptent moins d’une cen- SCOT travaillent en dehors de celui-ci et
routière (A13), ferroviaire (Ligne
taine d’emplois chacune. 38% des emplois situés dans le SCOT
Paris-Rouen-Le Havre) et fluviale. A
sont occupés par des actifs venant de l’ex-
l’échelle régionale, le SCOT se pose
térieur. Ces proportions sont particulière-
également comme un “espace intermé-
Un territoire très ouvert sur l’extérieur ment élevées mais elles sont surtout à peu
diaire” entre la capitale régionale et la
près équilibrées (et même plutôt en faveur
ville-préfecture de l’Eure.
Du fait de sa proximité avec plusieurs du SCOT avec près de 26 000 emplois
pôles d’emploi importants à l’échelle régio- pour moins de 25 000 actifs occupés rési-
nale (Rouen, Evreux, Elbeuf), le SCOT dents). La part élevée “d’entrants”, malgré
Un ensemble urbain
constitue un territoire très ouvert sur l’exté- la proximité d’agglomérations importantes,
structuré autour d’un bipôle
rieur : 35% des actifs résidant dans le montre que le SCOT constitue un véritable
Caractérisé par une densité de popu-
lation élevée (215 habitants/km2), ce ter-
LE SCOT, PEU DIFFÉRENT DE LA ZONE D’INFLUENCE DE LA CASE EN MATIÈRE D’EMPLOI
ritoire est essentiellement urbain. Près
de huit habitants sur dix résident dans
les unités urbaines de Lou-
viers-Val-de-Reuil (62,5% de la popula-
tion du SCOT), d’Elbeuf (six communes
situées au nord de la zone, dont
Pont-de-l’Arche, et représentant 10 500
habitants) et de la Haye-Malherbe (3 000
habitants). Le reste du territoire peut être
caractérisé de périurbain : il correspond
à des communes résidentielles, d’assise
rurale mais dans lesquelles la majorité
des actifs travaillent en pôle urbain.
Cela étant, sous l’angle paysager, la
ruralité du territoire reste importante.
Près du tiers de l’espace est occupé par
des surfaces agricoles et plus d’un tiers
est couvert par les forêts (dont l’impor-
tante Forêt de Bord).
L’armature urbaine du SCOT pré-
sente l’originalité d’être structurée autour
Note de lecture : 41% des actifs occupés résidant à Montaure ont leur emploi dans la CASE.d’un bipôle, constitué des communes de
2 - SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORDLES NAVETTES DOMICILE-TRAVAIL DU SCOT AVEC L’EXTÉRIEUR L’ATTRACTION DE L’AIRE URBAINE D’ELBEUF
SUR LES COMMUNES DU SCOT
Note de lecture : 1 240 actifs résidant dans le SCOT travaillent dans l’aire urbaine d’Evreux. Note de lecture : 19% des actifs occupés résidant à Tostes ont leur emploi dans
l’Aire urbaine d’Elbeuf.
pôle d’emploi, structurant à l’échelle régio- communes limitrophes, communes dans “grand Rouen-Elbeuf”. L’attraction de l’aire
nale (2e pôle d’emploi du département de lesquelles la part des actifs travaillant dans urbaine d’Evreux est plus limitée (5% des
l’Eure). Illustration de ce rayonnement éco- le SCOT dépasse souvent les 30%. En actifs résidents), ne s’exercant de façon si-
nomique, le nombre d’actifs résidant dans sens inverse, les “sortants” du SCOT se di- gnificative que sur les trois communes les
les aires urbaines de Rouen ou d’Elbeuf, et rigent surtout vers les aires urbaines de plus méridionales du territoire.
travaillant dans le SCOT, est supérieur aux Rouen (9% des actifs résidant dans le Par ailleurs, l’influence de
flux réciproques de “sortants”. SCOT) et d’Elbeuf (6%). C’est dans une l’Ile-de-France est assez limitée même si
En matière d’emploi, l’influence du frange nord-ouest qu’on retrouve les com- un millier de personnes y travaillent (4%
SCOT est la plus sensible sur les petites munes du SCOT les plus dépendantes du des actifs résidents), dont près de la
L’ATTRACTION DE L’AIRE URBAINE D’EVREUX L’ATTRACTION DE L’AIRE URBAINE DE ROUEN
SUR LES COMMUNES DU SCOT SUR LES COMMUNES DU SCOT
Note de lecture : 15% des actifs occupés résidant à Acquigny ont leur emploi dans Note de lecture : 22% des actifs occupés résidant à Alizay ont leur emploi dans
l’aire urbaine d’Evreux. l’aire urbaine de Rouen.
SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORD - 3FRÉQUENTATION DES ÉQUIPEMENTSmoitié à Paris même ou à la Défense et
environ 200 dans les Yvelines. HÔPITAUX HYPERMARCHES
Le SCOT correspond assez bien
au bassin de vie
L’objectif premier d’un SCOT est de
favoriser une coopération entre l’en-
semble des communes faisant partie
d’un même bassin de vie. On peut consi-
dérer qu’un territoire correspond à un
bassin de vie lorsque la grande majorité
de ses habitants ont en commun d’y
LABORATOIRES BANQUESexercer la plupart de leurs activités cou-
rantes (emploi, fréquentation des princi-
paux équipements et services). Dans
cette optique, le territoire retenu pour le
SCOT est peu différent du bassin le plus
cohérent qu’on aurait pu délimiter autour
du bipôle Louviers-Val-de-Reuil. On
notera toutefois que la commune d’Igo-
ville (voire, dans une moindre mesure,
celle d’Alizay) est fortement tournée vers
l’extérieur pour ce qui est de l’emploi (la
moitié de ses actifs travaillent dans les
Source : INSEE - Inventaire communal 1998 IGN 2000 - Insee 2003
aires urbaines de Rouen ou d’Elbeuf), de
Note : ces présentations cartographiques de la fréquentation des équipements s’appuient sur les résultats de l’inventaire communal de
même que celle de la Vacherie, plutôt 1998. Dans le cadre de cette enquête, on a demandé à une commission municipale si tel ou tel équipement existait dans la commune et
sinon, dans quelle commune les habitants se rendaient pour fréquenter celui-ci. La “dépendance” de la commune à l’égard du pôleorientée vers l’agglomération d’Evreux.
pourvu de cet établissement se matérialise simplement par un trait reliant les deux communes.
Cela étant, Igoville et Alizay, dans l’in-
fluence directe de Pont-de-l’Arche, sont
plutôt tournées vers le SCOT pour les l’ensemble des logements) qui démarqueLOGEMENT
équipements. A l’opposé, quelques com- le plus le SCOT des aires urbaines com-
munes situées au sud du SCOT (Canap- parables (16% en moyenne). Ce seg-Un parc social
peville, Hondouville, Houetteville et Heu- ment s’est très fortement développé
très développé, plutôtdreville-sur-Eure) apparaissent jusque dans les années 80, avant un très
dépendantes du pôle de Louviers pour net ralentissement pendant les annéesmoins concentré
de nombreux équipements mais n’appar- 90. Depuis une dizaine d’années, le parc
qu’ailleurs
tiennent pas au SCOT. social s’est surtout développé dans sa
Malgré ces réserves, le SCOT peut A l’image de l’évolution de la popula- composante “logements individuels” (par
être considéré comme un bassin de vie tion, le nombre de résidences principales opposition aux immeubles collectifs), no-
assez cohérent. Même si celui-ci est a très fortement augmenté dans le SCOT tamment dans les communes de
dominé par le bipôle Lou- jusque dans les années 80. Depuis les Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche, Incarville,
viers-Val-de-Reuil du point de vue démo- années 90, le rythme de construction Saint-Pierre-du-Vauvray, Acquigny. Cette
graphique, la ville de Louviers reste de s’est très nettement ralenti (+7% entre
RÉPARTITION DES MÉNAGES
loin la commune qui rayonne le plus sur 1990 et 1999, augmentation moins forte SELON LE STATUT D’OCCUPATION
SCOTl’ensemble du SCOT. Sa position est très que dans les aires urbaines de
Seine-Eure- Aires urbaines
Statut d’occupationdominante en matière d’équipements et référence). Forêt de Bord de référence (1)
1999 % 1999 (%)de services. Elle l’est presque autant en La part des propriétaires est un peu
Propriétaires 11 801 51,9 56,8matière d’emploi : 15 communes du plus faible qu’ailleurs (52%). Le parc lo-
Locataires 10 241 45,1 39,2
SCOT ont au moins 20% de leurs actifs catif est donc un peu plus développé dont :
Locataires non HLM 3 225 14,2 21,5qui travaillent à Louviers (2 communes qu’en moyenne, mais pas sa compo-
Locataires HLM 6 792 29,9 16,0
seulement ont le même degré de dépen- sante privée qui ne représente que 14%
Locataires en meublé 224 1,0 1,7
dance à l’égard de Val-de-Reuil). de l’ensemble des résidences principa- Logés gratuitement 680 3,0 4,0
les. C’est en effet le poids particulière- Total 22 722 100,0 100,0
Source : INSEE - Recensement de la population 1999ment élevé du parc locatif social (30% de
(1) voir encadré page 10.
4 - SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORDRÉPARTITION DES LOGEMENTS HLM PAR COMMUNE SCOT est le deuxième ter- croissance démographique, la proximité
ritoire le plus dynamique du SCOT avec les agglomérations de
parmi trente aires urbai- Rouen, d’Elbeuf et d’Evreux a permis à
nes de taille comparable certaines parties du territoire de profiter
au plan national (voir en- de l’étalement urbain de celles-ci
cadré page 10). (périurbanisation).
Si les tendances démographiques ré-
centes se prolongeaient (en termes de
L’effet “ville nouvelle” migrations et de fécondité), la croissance
démographique du SCOT pourrait se
Cette croissance dé- poursuivre à un rythme soutenu encore
mographique a été parti- de nombreuses années. En effet, la jeu-
culièrement soutenue pen- nesse de la population actuelle (voir
dant les années 80, ci-après) suffirait à maintenir un solde
période où la montée en naturel très positif (beaucoup de nais-
puissance de la ville nou- sances pour peu de décès). Toutefois, ce
velle de Val-de-Reuil a été fort potentiel de croissance ne se réalise-
la plus forte. Cet “effet ville rait qu’au prix d’une accélération très
nouvelle” s’est traduit par sensible du rythme annuel de la cons-
des excédents migratoires truction neuve (notamment pour “absor-
forte proportion de logements individuels très marqués jusqu’au début des années ber” la décohabitation des jeunes
(30% du parc social du SCOT) constitue 90. Depuis lors, avec un nombre de nais- adultes).
une vraie particularité du territoire. sances très important, résultant des ins-
Comme dans toutes les aggloméra- tallations antérieures de jeunes ména-
tions, le logement social est concentré ges, le solde naturel a pris le relais (la Une attractivité résidentielle
sur quelques communes : Val-de-Reuil commune de Val-de-Reuil explique en surtout à l’égard du reste de la région
(1ère commune de la région pour la part grande partie le niveau particulièrement
du logement social) et Louviers repré- élevé du solde naturel du SCOT entre Bien que très amoindri par rapport
sentent, à elles seules, 80% du parc 1990 et 1999). aux décennies précédentes, le solde mi-
social du SCOT. Toutefois, il faut noter La montée en charge de la ville nou- gratoire du SCOT est resté légèrement
que sept communes de moindre taille velle s’est également accompagnée de positif sur la période 1990-1999. L’ana-
disposent elles aussi d’une offre signifi- dispositions facilitant l’implantation d’en- lyse qu’on peut faire des mouvements de
cative de logements sociaux (10% à 40% treprises sur le territoire, ce qui a permis population est très variable selon les
de leur parc) : Lér y, Pîtres, une croissance spectaculaire de l’emploi zones avec lesquelles se font les échan-
Pont-de-l’Arche, Le Vaudreuil, Le Manoir, depuis plusieurs décennies. Ce dévelop- ges. Schématiquement, si le SCOT
Saint-Pierre-du-Vauvray et Acquigny. Fi- pement rapide et régulier de l’emploi a en “gagne” des habitants sur le reste de la
nalement, le logement social apparaît quelque sorte “porté” la croissance dé- région et sur l’Ile-de-France, il en “perd”
donc plutôt mieux réparti sur l’ensemble mographique du SCOT. Autre facteur de presque autant à l’égard des autres ré-
du SCOT que ce qu’on observe dans gions de province.
d’autres agglomérations de la région. Les échanges migratoires varient
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DU SCOT aussi fortement selon les catégories de
DEPUIS 1962
population concernées. Le SCOT perd
70 000
des étudiants essentiellement au profit
de la capitale régionale (et très peu de60 000POPULATION
l’Ile-de-France). A l’inverse, il attire deVal-de-Reuil
50 000 nombreux actifs (beaucoup de moins deUne population
40 ans) avec leurs enfants. Ces actifs qui
40 000en croissance rapide, viennent s’installer sont essentiellement
originaires du reste de la Haute-Nor-jeune et plutôt Reste SCOT30 000
mandie (plutôt des ouvriers), mais aussiouvrière
20 000 du Nord-Pas-de-Calais et de
Depuis plusieurs décennies, le terri- l’Ile-de-France. Entre 40 et 60 ans, les
Louviers10 000
toire correspondant maintenant au échanges d’adultes sont déficitaires à
SCOT a connu une croissance démogra- l’égard des régions situées plus au sud0
phique très forte ; avec un doublement de (ce qui constitue une tendance normale1962 1968 1975 1982 1990 1999
sa population entre 1962 et 1999, le Source : INSEE - Recensements de la population Unité : habitant pour un territoire situé plutôt au nord de
SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORD - 5RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR TRANCHE D’ÂGE EN 1999 vriers tandis que les cadres, ou popula-
0-19 ans 20-39 ans 40-59 ans 60-74 ans 75 ans et + Ensemble tions favorisées en général, résideraient
SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord 18 611 18 464 16 166 6 319 3 440 63 000 plutôt à l’extérieur même quand leur
SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord (en %) 29,5 29,3 25,7 10,0 5,5 100,0 emploi est situé dans le SCOT. En effet, s’il
Aires urbaines de référence (en %) (1) 24,2 25,9 26,7 14,6 8,6 100,0 y a un peu plus d’emplois de cadres d’en-
Haute-Normandie (en %) 26,6 27,9 25,9 12,6 6,9 100,0 treprise ou de techniciens que d’actifs rési-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unités : nombre, % dents dans les CSP correspondantes, le
(1) voir encadré page 10.
même décalage s’ob-
serve pour les ouvriers.la France). Après 60 ans, le SCOT LES ACTIFS DE MOINS DE 40 ANS SELON LE NIVEAU DE DIPLÔME
Le SCOT a donc toutdégage un léger excédent migratoire,
Diplôme simplement tendance àperdant presque autant de retraités au
supérieur Aires urbaines de taille comparable (1) recruter à l’extérieur pourprofit de la province qu’il n’en gagne à SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord
BAC + 2 occuper les emplois for-l’égard de l’Ile-de-France.
tement représentés loca-
BAC, BP
lement (ouvriers, cadres
et techniciens deUne population
CAP, BEP
l’industrie).particulièrement jeune…
BEPC, Ces grandes carac-
CEP
téristiques de la popula-La population du SCOT se caracté-
Aucun
tion s’accompagnentrise par sa jeunesse : près de 60% des diplôme
d’un niveau moyen dehabitants ont moins de 40 ans (50% envi- 0 10 20 30 40
formation relativementron dans les aires urbaines de taille com-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
(1) voir encadré page 10. faible (un actif de moinsparable et 55% en Haute-Normandie) et
de 40 ans sur cinq ne30% ont moins de 20 ans. Cette jeu-
possède aucun diplôme) et d’un niveau…avec une forte composante ouvrièrenesse est le résultat de la forte crois-
moyen de revenu des ménages plutôtsance démographique enregistrée sur
faible lui aussi.Le profil “socioculturel” de la popula-les trois dernières décennies, qui s’est
tion locale apparaît contrasté. Parmi lestraduite par l’installation de nombreux
actifs résidents, les entrepreneurs indivi-jeunes ménages sur le territoire et par
Une mixité socialeduels, qu’il s’agisse d’agriculteurs, d’arti-une natalité correspondante élevée.
relativement “avancée”sans, de commerçants et ou de profes-En lien avec cette structure d’âge
sions libérales, sont faiblementparticulière (peu de retraités, beaucoup
Ces tendances globales à l’échellereprésentés, tandis que les cadres etde familles), la taille moyenne des ména-
du SCOT ne doivent pas masquer lesprofessions intermédiaires le sont un peuges est élevée. Cette tendance est ren-
disparités que l’on peut observer entreplus que dans les aires urbaines de tailleforcée par une représentation assez im-
communes. D’un côté, plusieurs petitescomparable. Mais ce sont les ouvriers quiportante des immigrés sur le territoire :
communes résidentielles combinent uneconstituent la catégorie socio-profes-avec une proportion de 7% des habitants
proportion relativement importante desionnelle (CSP) la plus caractéristique(10% de la commune de Val-de-Reuil), le
catégories sociales favorisées, une faibledu SCOT (38% des actifs résidentsSCOT se classe parmi les premières
part de chômeurs et des revenus descontre 31% dans les aires urbaines com-aires urbaines de la région.
ménages relativement élevés (on peutparables). A l’inverse, les employés sont
citer les communes d’Acquigny, Lapeu représentés
Haye-le-Comte, le Mesnil-Jourdain,(26% contre 30%).
RÉPARTITION DE LA POPULATION
Porte-Joie, Tournedos, Vironvay).DE 15 ANS OU PLUS PAR CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE Ce profil socio-pro-
SCOT D’un autre côté, quelques communesfessionnel est en fait le
Seine-Eure- Aires urbaines de
reflet de l’appareil pro-Forêt de Bord référence (1)
1999 % 1999 (%) ductif local, très REVENU ANNUEL MOYEN
DES FOYERS FISCAUX EN 2000Agriculteurs exploitants 166 0,3 1,3 marqué par l’industrie
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise 1 449 2,9 3,7
SCOT Aires urbaines(voir partie Emploi). IlCadres, professions intellectuelles supérieures 2 441 4,9 4,6 Seine-Eure- de référence
Professions intermédiaires 6 130 12,4 11,3 Forêt de Bord (1)ne résulte pas d’une
Employés 7 512 15,2 16,3 1990 2000 1990 2000espèce de “spécialisa-Ouvriers 11 069 22,5 17,0
Revenu annuel moyenRetraités 8 793 17,8 24,4 tion sociale” du SCOT
13 814 13 607 13 975 14 255par foyer fiscal (en€)Élèves et étudiants 5 664 11,5 9,7
qui ferait que celui-ci
Autres inactifs 6 194 12,5 11,7 % de foyers fiscaux
aurait plutôt tendance non imposés 49,4 49,0 51,0 48,4Ensemble 49 418 100,0 100,0
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 à accueillir des ou- Sources : INSEE - DGI
(1) voir encadré page 10. (1) voir encadré page 10.
6 - SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORDont tendance à rassembler des popula- marqué des effectifs.LOCALISATION DES EMPLOIS EN 1999
tions plutôt en difficulté (toujours sous Dans l’ensemble
l’angle des CSP, des revenus et du chô- du SCOT, le tissu pro-
mage). Ces communes sont, pour la plu- ductif est fortement
part, celles dans lesquelles on trouve marqué par la pré-
une part significative de logements so- sence de l’industrie.
ciaux : Léry, Le Manoir, Pîtres, et surtout Celle-ci représente
Val-de-Reuil. Cette dernière est même presque 37% des em-
significativement “décrochée” des autres plois, part très élevée
communes plutôt défavorisées ; elle pré- au regard d’autres
sente, de loin, les indicateurs de revenus aires urbaines de taille
des ménages les plus faibles de toutes comparable au plan
les communes du département de l’Eure. national (22% en
La ville de Louviers présente elle moyenne). Le secteur
aussi une proportion importante de po- de la construction,
pulations plutôt défavorisées, ce qui est avec 1 250 emplois,
fréquent pour une ville de cette taille est assez peu repré-
(présence de nombreux logements so- senté. L’agriculture, ca-
ciaux). En revanche, la faible représenta- ractérisée par des ex-
tion des ménages favorisés (cadres, re- ploitations de taille
venus élevés…) constitue une originalité relativement élevée
pour une commune qui représente le (couvrant le tiers du
pôle historique de son agglomération. territoire) et à forte
Finalement, même si certaines com- orientation céréalière,
munes concentrent les populations en l’emploi sur la dernière décennie, Lou- n’occupe que très peu d’actifs (1% des
difficulté, ces communes sont relative- viers reste le premier pôle d’emplois du emplois). Le secteur tertiaire, enfin, avec
ment nombreuses pour un territoire de SCOT avec plus de 9 000 emplois. 57,5% des emplois, est relativement peu
cette taille et celles qui ne disposent pas Val-de-Reuil (près de 6 000 emplois) et représenté pour un ensemble urbain de
de logements sociaux ne représentent Le Vaudreuil (près de 1 800) ont, pour cette taille.
qu’une commune sur deux. On peut donc leur part, connu une croissance très
considérer que la mixité sociale est plutôt forte (2 400 emplois créés entre 1990 et
mieux assurée dans le SCOT que dans 1999 dans ces deux communes). Parmi Une orientation industrielle
d’autres ensembles urbains de la région. les pôles d’emploi de plus petite taille, on très marquée
note des taux de croissance très élevés à
Incarville, Heudebouville, Igoville et La forte présence de l’industrie
Acquigny. A l’inverse, les communes de repose sur quelques secteurs caractéris-
Pîtres, Saint-Pierre-du-Vauvray, Léry, tiques du territoire. Le secteur de la phar-
Les Damps et Andé ont subi un recul macie constitue l’activité “phare” de l’ap-EMPLOI
LES PRINCIPAUX ÉTABLISSEMENTS DU SCOT EN 2003Une industrie
Trancherenouvelée, Commune d’effectifs
Raison sociale Activité économique d’implantation salariés
des services
AVENTIS PASTEUR Fabrication de médicaments Val-de-Reuil 750-999
JANSSEN CILAG 500-749à la population
M-REAL Fabrication de pâte à papier Alizay 500-750
encore peu VALOIS SA Fabrication d’emballages en matières plastiques Le Vaudreuil 500-749
MANOIR INDUSTRIES Fonderie d’acier Pîtres 250-499
développés
SCHNEIDER ELECTRIC INDUSTRIES SA Fabrication matériel distribution, commande élect. basse tension Le Vaudreuil
CINRAM Reproduction d’enregistrements sonores Louviers 250-499
Le SCOT compte envi-
COMMUNE DE LOUVIERS Administration publique générale Louviers 250-499
ron 26 000 emplois. Cinq FRESENIUS KABI FRANCE SA Fabrication de médicaments
communes concentrent les ALIZOL Conditionnement à façon Alizay 250-499
INTERMARCHE : BASE DE LOUVIERS Entreposage non frigorifique Vironvaytrois quarts de ces emplois :
PHARMACIA SAS Val-de-Reuil 250-499Louviers, Val-de-Reuil, Le
COMMUNE DE VAL-DE-REUIL Administration publique générale
Vaudreuil, Alizay et
TYCO ELECTRONICS FRANCE Fabrication matériel distribution, commande élect. basse tension Val-de-Reuil 250-499
Pont-de-l’Arche. Malgré HÔPITAL INTERCOMMUNAL Activités hospitalières Louviers
une croissance faible de Source : INSEE - Répertoire BRIDGE
SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORD - 7L’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ ENTRE 1990 ET 1999
pareil productif local ; avec plus de 2 000
Aires urbaines
emplois, l’agglomération de Lou- SCOT Seine-Eure-Forêt de Bord de référence (1)
viers-Val-de-Reuil constitue de loin le Évolution Évolution
Activité économique Effectifs Répartition 1990-1999 Répartition 1990-1999premier pôle pharmaceutique régional
1999 (en %) (en %) (en %) (en %)
(AVENTIS PASTEUR, JANSSEN CILAG, Agriculture, sylviculture, pêche 273 1,1 -40 3,8 -27
FRESENIUS KABI, PHARMACIA, Industries agricoles et alimentaires 518 2,0 4 3,2 -9
Habillement, cuir 232 0,9 -73 0,5 -57COMPTOIR NOUVEAU DE LA
Édition, imprimerie, reproduction 625 2,4 37 0,9 8
PHARMACIE, JOHNSON et JOHNSON).
Pharmacie, parfumerie et entretien 2 076 8,1 65 0,7 45
La construction électrique et électro- Industrie des équipements du foyer 816 3,2 5 1,4 -23
Industrie automobile 716 2,8 15 1,5 -5
nique (fabrication d’équipements indus-
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 16 0,1 -81 0,4 -10
triels ou domestiques, composants), em- Industrie des équipements mécaniques 525 2,0 3 1,8 -3
Industrie des équipements électriques et électroniques 393 1,5 38 1,2 27ployant près de 2 000 personnes, est un
Industrie des produits minéraux 223 0,9 -23 0,6 -25autre secteur de poids (SCHNEIDER,
Industrie textile 76 0,3 46 0,4 -29
Industrie du bois et du papier 528 2,1 3 1,4 -12EADS, CMS France…).
Chimie, caoutchouc, plastiques 944 3,7 4 2,1 -6Les autres activités représentatives
Métallurgie et transformation des métaux 957 3,7 -3 4,0 6
de l’industrie locale sont le “caout- Industrie des composants électriques et électroniques 726 2,8 -61 1,3 -9
Eau, gaz, électricité 52 0,2 -19 0,7 -4chouc-matières plastiques” (VALOIS …),
la métallurgie (MANOIR INDUSTRIES) Total industrie 9 423 36,7 -12 22,0 -11
et le “papier-carton” (M-REAL, qui Construction 1 254 4,9 -10 5,8 -11
Commerce et réparation automobile 387 1,5 10 2,5 2emploie le quart des effectifs nationaux
Commerce de gros, intermédiaires 470 1,8 -25 3,6 1
de la fabrication de pâte à papier). Commerce de détail, réparations 1 828 7,1 30 7,9 6
Cette vocation industrielle très Transports 1 145 4,5 77 3,1 10
Activités financières 225 0,9 -16 2,4 -7marquée se traduit même dans les activi-
Activités immobilières 141 0,5 -16 0,8 -40
tés tertiaires. En effet, les “services opé- Postes et télécommunications 245 1,0 -15 2,0 -6
Conseil et assistance 667 2,6 8 3,0 16rationnels” sont particulièrement déve-
Services opérationnels 2 327 9,1 94 4,4 99
loppés, en réponse aux besoins de
Recherche et développement 84 0,3 n.s. 0,2 n.s.
l’industrie locale ; ils regroupent les acti- Hôtels et restaurants 664 2,6 -1 3,0 21
Activités récréatives, culturelles et sportives 180 0,7 -20 1,1 38vités de maintenance, de nettoyage, de
Services personnels et domestiques 471 1,8 24 2,3 4
gardiennage et d’intérim (environ 2 500 Éducation 1 890 7,4 8 7,5 7
Santé et action sociale 1 590 6,2 53 13,1 35emplois au total).
Administration publique 1 956 7,6 26 10,1 13Au sein du secteur tertiaire, le sec-
Activités associatives et extra-territoriales 461 1,8 196 1,5 50
teur des transports est lui aussi bien dé-
Total tertiaire 14 731 57,3 37 68,4 17veloppé (plus d’un millier d’emplois), cer-
Total 25 681 100,0 11 100,0 6
tainement favorisé par la grande
Source : INSEE - Recensements de la population Unités : nombre, %
accessibilité routière du territoire. Cette (1) voir encadré page 10.
activité a d’ailleurs connu une des crois-
sances les plus fortes sur la dernière dé- Un paysage industriel favorisées pour certaines par les mesu-
cennie. Le reste du secteur tertiaire, en considérablement remodelé res publiques visant à promouvoir le dé-
grande partie constitué de services veloppement économique de la ville nou-
rendus aux particuliers, est peu dévelop- Entre 1962 et 1999, les effectifs du velle de Val-de-Reuil. Mais la zone a
pé pour un ensemble urbain de cette secteur secondaire ont augmenté de également enregistré, sur la même pé-
taille (voir plus loin). 30% environ dans le SCOT (alors qu’ils riode, de très nombreuses défaillances
A côté de cette forte identité indus- ont, en moyenne, stagné dans les aires d’entreprises, réparties dans divers sec-
trielle, le très grand dynamisme de urbaines de référence). Mais c’est teurs mais particulièrement dans les acti-
l’emploi sur longue période constitue un jusqu’au début des années 70 que vités “textile-habillement”, “fabrication de
autre trait marquant du territoire. L’emploi l’essor industriel a été vraiment sensible chaussures” (activités à l’origine très re-
a doublé dans le SCOT depuis 40 ans ; sur le territoire (+50% entre 1962 et présentées dans le secteur de Louviers)
c’est la deuxième plus forte croissance 1975). Depuis lors, les effectifs ont plutôt et “fabrication de piles”.
enregistrée parmi les trente aires urbai- eu tendance à diminuer (-13% entre Le paysage industriel local s’est donc
nes françaises de référence (+34% en 1975 et 1999), malgré une bonne résis- considérablement remodelé ; les activi-
moyenne). Ce grand dynamisme de tance dans les années 80. Certes, beau- tés récentes, sur lesquelles repose
l’emploi sur longue période se traduit coup de nouvelles entreprises industriel- l’image actuelle du territoire, ont presque
bien plus par l’explosion des emplois ter- les se sont installées pendant le dernier compensé les pertes industrielles pas-
tiaires que dans l’évolution des emplois quart de siècle (JANSSEN CILAG, sées. Sur la dernière décennie, les effec-
industriels. VALOIS, EADS, pour ne citer que les ar- tifs du secteur secondaire ont quand
rivées récentes les plus significatives), même reculé de 11% (à l’image de la
8 - SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORDbaisse moyenne observée dans les aires lent à l’extérieur) trouvent dans les pôlesÉVOLUTION SECTORIELLE DES EMPLOIS
ENTRE 1975 ET 1999urbaines de taille comparable). voisins une réponse à leurs besoins pour
Rang du SCOTCe renouvellement de l’industrie certains services. De même, les actifs ré-
SCOT Aires parmi les
locale se traduit maintenant par une pro- Seine-Eure- urbaines de 30 aires sidant dans les pôles urbains voisins et
Forêt de Bord référence (1) urbaines
portion relativement élevée de postes in- travaillant dans le SCOT sont peu(en %) (en %) de référence
dustriels qualifiés (part élevée des consommateurs d’équipements et dePrimaire -68 -56 27
Secondaire -13 -21 6cadres, techniciens et ouvriers qualifiés). services près de leur lieu de travail. Cela
Tertiaire 142 59 1
signifie tout de même que si le SCOT a
Total 33 15 4
gagné un statut incontestable de pôle
Source : INSEE - Recensements de la population
L’explosion des emplois tertiaires économique important malgré sa proxi-(1) voir encadré page 10.
mité avec d’autres pôles d’envergure ré-
Un statut de pôle de servicesLa forte croissance de l’emploi gionale voire nationale, celui-ci ne s’af-
à affirmerrepose donc essentiellement sur le sec- firme pas comme un pôle d’équipements
teur tertiaire. Ses effectifs ont quadruplé et de services d’une importance corres-
Deux hypothèses peuvent être avan-entre 1962 et 1999 (ils ont un peu plus pondant à sa population.
cées pour expliquer ce sous-dimension-que doublé dans l’ensemble des aires ur-
nement relatif des services à labaines comparables au plan national).
population.Entre 1990 et 1999, l’augmentation était 40% de postes d’ouvriers
D’une par t, la commune deencore de +37%, plaçant le SCOT au 2e
Val-de-Reuil, du fait de son statut parti-rang des aires urbaines comparables. La structure des emplois situés dans
culier de ville récente à vocation résiden-Cette forte croissance des services le SCOT est le reflet de l’appareil produc-
tielle, ne constitue pas un pôle d’équipe-est certes à mettre au crédit de l’industrie tif local. Les agriculteurs, les artisans, les
ments et de services aussi développélocale (développement des services aux commerçants et les professions libérales
que ce qu’on attendrait d’une ville “histo-entreprises : maintenance, nettoyage, sont faiblement représentés. Les cadres
rique” de même taille. Mais il faut alorssurveillance, intérim ; et des transports), d’entreprise occupent une place relative-
souligner que Louviers ne compense pasmais pour partie seulement. Les services ment importante (un emploi sur vingt), au
cette situation à l’échelle du SCOT…davantage liés à la population (commer- contraire des cadres de la fonction pu-
D’autre part, la proximité de voisinsces, services publics, santé, action so- blique. De même, parmi les professions
importants (agglomérations de Rouen,ciale, services à la personne…) se sont intermédiaires, les techniciens et agents
Elbeuf et Evreux) limite certainement leseux aussi développés plus rapidement de maîtrise sont très présents (9,5% des
besoins en services “sur place” de la po-qu’ailleurs. Pourtant, on constate ce emplois contre 6% dans les aires urbai-
pulation locale ; beaucoup de résidentsqu’on pourrait appeler un retard structu- nes de référence) alors que les autres
du SCOT (en particulier ceux qui travail-rel dans ce domaine des services à la professions intermédiaires (administrati-
population. En effet, si ceux-ci se déve-
loppent à un rythme élevé depuis plu-
RÉPARTITION DES EMPLOIS PAR CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE EN 1999sieurs décennies, “portés” par la crois-
SCOT Airessance démographique du territoire, ils Rang du SCOTSeine-Eure-Forêt de urbaines de
parmi lessemblent encore sous-dimensionnés Bord référence (1)
30 aires
quand on les rapporte à la population ac- Effectifs Répartition Répartition urbaines de
1999 (en %) (en %) référence
tuelle du SCOT. Dans une même ap-
Agriculteurs exploitants 144 0,6 2,4 29
proche des aires urbaines de référence, Artisans 556 2,2 3,2 29
Commerçants et assimilés 642 2,5 3,0 25le SCOT apparaît très souvent en fin de
Chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus 156 0,6 0,8 25classement et son déficit théorique s’élè-
Professions libérales 229 0,9 1,4 28
Cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques 873 3,4 4,5 27verait à plusieurs milliers d’emplois.
Cadres d’entreprise 1 289 5,0 3,3 2Certes, la faible représentation des servi-
Professions intermédiaires de l’enseignement, de la santé, de la fonction
ces publics (administration, hôpital, sé- publique et assimilés 2 072 8,1 10,6 27
Professions intermédiaires administratives et commerciales d’entreprise 1 321 5,1 5,7 22curité sociale…) n’est pas surprenante
Techniciens 1 514 5,9 3,6 3puisque la comparaison est établie avec
Contremaîtres et agents de maîtrise 921 3,6 2,3 2
Employés de la fonction publique 2 215 8,6 12,1 28des aires urbaines qui, contrairement au
Employés administratifs d’entreprise 1 610 6,3 7,3 25SCOT, contiennent souvent une ville
Employés du commerce 720 2,8 4,1 28
sous-préfecture de département. Mais Personnels des services directs aux particuliers 1 257 4,9 5,7 27
on relève également des déficits d’em- Ouvriers qualifiés 6 090 23,7 16,8 2
Ouvriers non qualifiés 4 001 15,6 12,0 5
plois dans le commerce de détail, les Ouvriers agricoles 71 0,3 1,1 27
banques et assurances, l’action sociale, Total 25 681 100,0 100,0
la santé (hors hôpital), l’éducation… Source : INSEE - Recensement de la population 1999
(1) voir encadré page 10.
SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORD - 9jeunes sont plus particulièrement tou-ACTIVITÉ - CHÔMAGEAIRES URBAINES
chés mais avec les mêmes écarts qu’ob-
DE RÉFÉRENCE
servés ailleurs ; on note même une situa-Le dynamismeLe SCOT, de par sa nature essentielle-
tion plutôt moins défavorable autour dement urbaine et périurbaine, peut être as- de l’emploi
similé à une aire urbaine de 63 000 30 ans.
habitants. Pour mettre en lumière de réel- ne suffit pas à réduire
les particularités de ce territoire, nous
avons choisi de le comparer systémati- le chômage
Un “noyau dur”quement à un ensemble d’aires urbaines
françaises jugées comparables. Celles-ci Entre 1990 et 1999, la population de chômeurs de longue durée
ont été selectionnées dans l’ensemble active résidant dans le SCOT (actifs
des aires urbaines de 40 000 à 80 000 ha-
ayant un emploi et chômeurs) a augmen- Après avoir fortement augmentébitants : parce qu’elles correspondent à
té de 2 000 personnes (+7%). Cette aug-des organisations de territoire trop diffé- dans la première moitié des années 90,
rentes, les aires urbaines comprennant mentation est à la fois due aux apports le nombre de chômeurs avait particuliè-
moins de dix communes, celles dont la
migratoires, au fait que les générations rement diminué (en premier lieu pour lesprincipale commune dépasse 30 000 ha-
en âge de travailler sont plus nombreu-bitants et les “frontalières” ont été enle- jeunes) lors des années de bonne
vées. Trente aires urbaines ont ainsi été ses et à l’augmentation générale du taux conjoncture nationale (-35% entre 1997
retenues. d’activité des femmes. et 2001). Mais le chômage local se ca-
Les expressions utilisées dans le texte :
ractérise encore par une proportion deaires urbaines “comparables”, “de taille
comparable” ou “de référence”, corres- chômeurs de longue durée particulière-
pondent à chaque fois au même référen- Les créations d’emploi profitent ment élevée, et qui surtout ne diminue
tiel des trente aires urbaines.
surtout aux actifs “extérieurs” pas comme ailleurs. Les caractéristiques
de la population locale (part élevée de
Parallèlement à cette hausse de non diplômés, proportion relativementves ou commerciales, ou de la fonction
2 000 actifs résidents, les emplois locali- importante d’immigrés) peuvent être évo-publique, de la santé ou de l’enseigne-
sés dans le SCOT ont augmenté de quées. La présence d’un parc de loge-ment) sont sous-représentées. Ce sont
2 800. Cette augmentation de l’emploi ments sociaux très développé expliqueles ouvriers qui constituent la catégorie
n’a pas empêché le nombre de chô- également la tendance pour le SCOT àprofessionnelle la plus caractéristique de
meurs de s’accroître de 800 environ. Tout concentrer une part importante de per-l’appareil productif local (quatre emplois
se passe donc comme si les 2 800 em- sonnes en difficulté d’insertionsur dix, contre trois sur dix dans les aires
plois créés localement avaient “profité” à professionnelle.urbaines comparables) tandis que les
1 200 actifs habitant le SCOT et à 1 600postes d’employés sont nettement moins
actifs résidant à l’extérieur du SCOT.développés qu’ailleurs.
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE CHÔMEURSCes évolutions peuvent être appré-Plus généralement, les structures
(DEFM CATÉGORIES 1, 2 OU 3)
ciées positivement, comme un élargisse-productives locales laissent relativement
120
ment du “rayonnement” économique dupeu de place à l’emploi non salarié (7%
SCOT. Sous un angle plus défavorable,des emplois) et à l’emploi public (18%).
100on peut surtout y voir une difficulté pourL’emploi salarié du secteur privé repré- Aires urbaines
de référencele territoire à faire profiter ses habitantssente ainsi 75% de l’ensemble des em-
de son attractivité économique. 80plois, contre seulement 62% dans les
Aires urbainesEn effet, le dynamisme de l’emploiaires urbaines de référence. de référence : SCOT
moins de 25 anslocal laisse le chômage à un niveau rela-L’orientation très industrielle du tissu 60
tivement élevé (le taux au début deéconomique local explique par ailleurs le
SCOT : moins de 25 ans
l’année 2003 est un peu supérieur à 10%recours particulièrement élevé au travail
40
dans une estimation proche d’une normetemporaire : près d’un millier d’intérimai- 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
BIT). Comme partout, les femmes et lesres travaillent dans le SCOT. Source : INSEE - ANPE Indice 100 en 1996
La part des femmes dans l’emploi
(44%) est relativement faible. Certes,
ÉVOLUTION DE LA POPULATION ACTIVE ET DE L’EMPLOI ENTRE 1990 ET 1999
elles occupent une place importante
1990 1999 Évolution 1990-1999
dans l’industrie locale (35% dans l’en-
Population active résidant dans le SCOT (1+2) 27 300 29 300 2 000
semble de l’industrie, un emploi sur deux 3 800 4 600 800Dont : Chômeurs (1)
23 500 24 700 1 200Actifs occupés résidant dans le SCOT (2)dans la pharmacie) mais la faible repré-
16 700 16 000 -700Dont : Travaillant dans le SCOT
sentation du secteur tertiaire limite leurs 6 800 8 600 1 800Travaillant hors SCOT (3)
opportunités d’emploi. A l’inverse, la Emplois situés dans le SCOT 23 200 26 000 2 800
6 500 9 900 3 400Dont occupés par les actifs “extérieurs” (4)place des jeunes dans l’économie locale
Solde des navettes domicile-travail (4-3) -300 1 300 1 600est relativement importante : les moins
Source : INSEE - Recensements de la populationde 35 ans occupent 38% des emplois.
10 - SCOT SEINE-EURE-FORÊT DE BORD

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