Attractivité économique : forces et faiblesses de la Franche-Comté

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Entre 2001 et 2004, la Franche-Comté est à la 20e place des régions métropolitaines pour son attractivité économique au sein d'un Grand-Est globalement peu attractif. Que ce soit en termes de créations d'établissements ou de créations d'emplois, les performances de la région sont en retrait de ses homologues de métropole. Bien que la région ne soit pas dépourvue d'atouts, elle souffre de sa faible densité tant démographique qu'économique. Ce phénomène est renforcé par une image globalement moins favorable aux régions du Grand-Est, présentées comme encore très industrielles et en déclin, face à celles du Sud et de l'Ouest aux économies plus diversifiées. Un faible taux d'encadrement, un secteur tertiaire peu développé bien qu'en forte progression et un marché de l'emploi réduit limitent les débouchés pour les diplômés du supérieur. La Franche-Comté apparaît, en revanche, comme l'une des régions les moins fragiles socialement. Elle dispose également de revenus plus élevés que la moyenne nationale et produit un effort de recherche important.
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INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007

nº 98
septembre 2007
ATTRACTiViTÉ ÉCONOMiQUE :
eEntre 200 et 2004, la Franche-Comté est à la 20 place des régions
métropolitaines pour son attractivité économique au sein d’un Grand-Est
globalement peu attractif. Que ce soient en termes de créations
d’établissements ou de créations d’emplois, les performances de la région
sont en retrait de ses homologues de métropole. Bien que la région
ne soit pas dépourvue d’atouts, elle souffre de sa faible densité tant
démographique qu’économique. Ce phénomène est renforcé par une
image globalement moins favorable aux régions du Grand-Est, présentées
comme encore très industrielles et en déclin, face à celles du Sud et de
l’Ouest aux économies plus diversifiées. Un faible taux d’encadrement,
un secteur tertiaire peu développé bien qu’en forte progression et un marché
de l’emploi réduit limitent les débouchés pour les diplômés du supérieur.
La Franche-Comté apparaît, en revanche, comme l’une des régions les moins
fragiles socialement. Elle dispose également de revenus plus élevés que la
moyenne nationale et produit un effort de recherche important.
La Franche-Comté compte au Qu’elle soit regardée à travers déficit persistant avec les autres
nombre des régions de faible sa situation démographique, régions de métropole, signe
notoriété qui disposent de peu économique ou touristique, de la faible attractivité de la
d’attraits visibles pour attirer les la Franche-Comté apparaît région. Ce déficit est compensé
investisseurs économiques. comme une région peu attractive par un excédent apparent avec
Pour remédier à cette situation, [1]. Depuis 1975, la croissance les DOM et l’étranger. À l’instar
de nombreuses initiatives sont de la population régionale re- des autres régions du Grand-Est
prises par les acteurs publics pose uniquement sur le solde (Bourgogne, Alsace, Champa-
et privés francs-comtois, telles naturel. Le déficit migratoire a gne-Ardenne et Lorraine), la
que l’adoption d’un Schéma atteint son maximum entre 1982 Franche-Comté présente un
Régional de Développement et 1990 avec la perte de 3 600 déficit d’attractivité, notamment
Économique et la création de habitants par an. Ce déficit par rapport aux régions du Sud
pôles de compétitivité enga- s’est réduit de moitié durant les et de l’Ouest de la métropole.
geant des moyens destinés à la années 90. Depuis 1999, les La région pâtit d’un position-
recherche, au développement et arrivées sont aussi nombreuses nement géographique peu fa-www.insee.fr
insee-contact@insee.fr à l’innovation dans les entrepri- que les départs. Cette amélio- vorable, enserrée entre des
0 825 889 452 (0,15 /mn) ses et les laboratoires. ration masque néanmoins un voisines plus visibles, Rhône-Al-
ESS079618 Prix : 2,50 INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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pes par son poids économique, microtechniques, le découpage-
Comment mesurer la performance des territoires la Bourgogne par sa taille et emboutissage, la lunetterie,
en matière d’attractivité économique ? esa proximité géographique l’horlogerie et le jouet et la 3
avec l’Île-de-France et l’Al- région pour la construction L’attractivité économique d’une région se définit comme sa capacité à
sace par son rôle institutionnel automobile et le traitement de attirer des entreprises et à créer des emplois, mais aussi, dans une optique
européen. Partageant la plus surfaces.plus défensive, à les retenir. Ainsi, un territoire qui bénéficie de créations
d’établissements ou d’emplois supérieures à la moyenne des régions longue frontière avec la Suisse, Forte de ses savoir-faire indus-
métropolitaines se distinguera par une forte attractivité. elle est adossée aux cantons de triels spécifiques, l’économie
Une entreprise qui souhaite investir peut soit renforcer le potentiel d’un de ses
l’Arc jurassien suisse qui souf- franc-comtoise se caractérise par
établissements en augmentant sa capacité de production et ses effectifs, soit
frent, vis-à-vis de leur territoire le poids de son industrie (environ créer une unité de production entièrement nouvelle. Le choix de la localisation
de cette nouvelle unité dépend en partie de l’attractivité de chacun des sites national, du même déficit en un quart des emplois salariés et
potentiels. La décision finale peut tendre à renforcer le développement de la termes d’image et de visibilité. de la valeur ajoutée régionale).
région finalement retenue. Se pose alors la question d’évaluer l’attractivité La Suisse contribue cependant Celle-ci apparaît comme la plus
économiques des régions françaises à des fins comparatives.
fortement à la vitalité d’une spécialisée des régions métropo-
La méthode développée ici vise à apprécier l’attractivité économique de la partie de la Franche-Comté par litaines, les trois secteurs domi-
région selon quatre composantes mesurées par des taux annuels moyens l’intermédiaire, d’une part, des nants (construction automobile,
calculés sur la période 2001 à 2004 : revenus versés aux travailleurs services industriels du travail des
Le taux de création d’établissements sièges est défini comme (1)frontaliers, plus élevés que ceux métaux , transformation des
la moyenne annuelle du nombre d’établissements sièges d’entreprises
pratiqués dans la région, et par matières plastiques) regroupant créés ex nihilo ou transférés dans la zone, entre début 2001 et fin 2004,
errapportée au stock d’établissements du 1 janvier 2001. l’apport, d’autre part, de la un tiers des effectifs industriels.
2 Le taux de création d’établissements secondaires est défini comme consommation de la clientèle Cette particularité, reposant sur
la moyenne annuelle du nombre d’établissements secondaires créés ex suisse dans les commerces de la présence de grands groupes
nihilo ou transférés dans la zone, entre le début 2001 et la fin 2004,
er la bande frontalière. nationaux ou internationaux, janvier 2001.
Dotée de la plus faible popula- constitue une richesse pour la Les établissements secondaires sont des établissements non sièges qui
dépendent donc d’un établissement centre de décision. tion des régions métropolitaines Franche-Comté. Elle pourrait
3 Le taux d’emplois créés dans les établissements nouveaux est défini (1,9% de la population de mé- aussi être source de fragilité
comme la moyenne annuelle des emplois générés par les établissements
tropole) après le avec l’arrivée de créés ou entrant dans la zone entre début 2001 et fin 2004, rapportée La spécialisation Limousin et la Cor- mutations indus-à l’emploi moyen. industrielle de erL’emploi moyen est mesuré sur l’ensemble de la période du 1 janvier se et d’agglomé- trielles. En effet, si
la région : à la fois er2001 au 1 janvier 2005, alors que l’emploi dans les créations est mesuré rations de tailles des adaptations une force au terme de l’année de la création de l’établissement. très modestes, la ou restructurations et une faiblesse4 Le taux de croissance de l’emploi dans les établissements existants
Franche-Comté se manifestaient et en croissance d’effectif est la moyenne annuelle de l’accroissement
est confrontée à un problème dans certains secteurs dominants, de l’emploi dans ces établissements entre 2001 et 2004 rapportée à
l’emploi moyen. de densité tant démographique les conséquences seraient inévita-
qu’économique. Son territoire blement plus marquées que dans
Un indicateur synthétique, résultante des quatre composantes, permet
regroupe, en effet, 1,6% des une économie plus diversifiée. alors de comparer les régions entre elles. Il est le résultat d’une Analyse
établissements et 1,7% des em- À l’inverse, la Franche-Comté en Composantes Principales (ACP) sur les quatre composantes et résume
l’information fournie par celles-ci. L’attractivité des régions est mesurée par plois présents dans les régions reste en retrait pour certaines
leurs coordonnées sur le premier axe de l’ACP, apportant l’information la métropolitaines, soit moins que activités porteuses au plan na-
plus significative.
son poids démographique. tional et international, telles que
Lorsque la composante a évolué plus favorablement que la moyenne
l’électronique, l’informatique, nationale au cours de la période envisagée, la coordonnée a une valeur
La Franche-Comté bénéficie les télécommunications ou les positive ; elle est négative dans le cas contraire.
Cette transformation rend additives les quatre composantes permettant de d’atouts économiques, essen- biotechnologies.
mesurer leur poids dans l’indicateur synthétique d’attractivité. Elle renseigne tiellement industriels, qui sont La moindre présence du secteur
sur les éléments qui expliquent le plus le niveau d’attractivité ainsi obtenu.
autant de particularités régiona- tertiaire, au regard d’autres Les constats et les éléments d’explication établis sur la base de cet étalon de
les : industrie automobile à So- régions moins industrielles, pé-mesure commun portent sur la place de la région dans l’ensemble des régions
métropolitaines et plus spécifiquement dans celles du Grand-Est. chaux-Montbéliard, industrie de nalise la création d’entreprises
L’analyse est basée sur sur les établissements exerçant une activité économique l’énergie et du ferroviaire (TGV) et d’emplois dans la région.
dans les secteurs marchands de l’industrie, de la construction, du commerce à Belfort et Ornans, industrie
et des services (champ I.C.S.). Pour ces activités relevant de l’économie
des microtechniques fondée sur marchande, un arbitrage territorial peut avoir lieu au moment du démarrage
un riche passé horloger dans le de l’activité.
(1) tels que mécanique Les créations sont calculées sans tenir compte des disparitions des Doubs. Au palmarès des régions
générale, découpage, établissements et des emplois. On cherche à mesurer les nouvelles activités françaises, la Franche-Comté
emboutissage, traitement locales, signe d’un dynamisme particulier du territoire, sans préjuger de èreest la 1 région en termes et revêtement des métaux, leur pérennité.
décolletage.du poids des emplois dans les INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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eManquant d’emplois tertiaires situe au 19 rang, la Bourgo-
et d’emplois qualifiés dans un gne, la Lorraine et l’Alsace étant
marché du travail de faible légèrement mieux placées. Les
volume, la Franche-Comté subit différences entre les régions
(2) le départ de nombreux jeunes sont néanmoins parfois ténues
(actifs ou étudiants) et son taux et les positionnements restent
(3)d’encadrement est plus faible indicatifs. Les principales diffé-
que dans les autres régions de rences résident dans la réparti-
province. Les importants départs tion des facteurs favorables ou
à la retraite à venir pourraient non à l’attractivité.
limiter encore le volume local de En Franche-Comté, les quatre
main-d’œuvre et compliquer la composantes de l’indice contri-
tâche des entreprises pour trou- buent négativement à l’attracti-
ver certaines qualifications. vité. Il en est de même pour les
Le développement des emplois autres régions du Grand-Est, à
(4)métropolitains supérieurs , l’exception de l’Alsace qui se
qui ont la particularité de mobi- distingue par une contribution
liser des compétences de haut positive de la création d’établis-
niveau et d’être un moteur pour sements sièges.
l’économie régionale, pourrait Entre 2001 et 2004, la Franche- taux de créations d’établisse-
een être affecté. Comté est la région de métropole ments sièges et à la 16 pour
En effet, si la Fran- où l’emploi créé par celui des seuls établissements Des régions
che-Comté retient les établissements secondaires. Entre 2001 et du Grand-Est
assez bien ses habi- existants ayant ga- 2004, 17 200 créations d’éta-peu attractives
tants et ses entrepri- gné des effectifs a blissements ont été enregistrées
ses, elle connaît des difficultés le moins progressé, notamment dans la région générant 23 700
à en attirer, ainsi que l’a fait dans la construction et le com- emplois. Ces créations d’éta-
ressortir un premier bilan de merce. Parmi les régions du blissements sont proportion-
l’attractivité de la région [1]. Grand-Est, seule la Bourgogne nellement moins nombreuses
présente une situation nettement qu’au niveau national avec un
Sur la base d’un indicateur syn- plus favorable. nombre d’emplois créés par
thétique construit sur la période L’influence des trois autres autres établissement plus faible ([1],
2001-2004 (cf. encadré), la composantes de l’attractivité est partie Établissements).
Franche-Comté se situe, selon moins importante. La région se Les moindres performances de
e ecet indicateur, en 20 position situe à la 17 position pour le la Franche-Comté en matière
des régions métropolitaines
juste devant le Limousin et
l’Auvergne. Le Grand-Est appa-
raît globalement peu attractif.
La Champagne-Ardenne se
(2) Cf. « INSEE Franche-Comté
- Essentiel n°94 - décembre 2006 »
(3) Nombre d’emplois de cadres
et professions intellectuelles
supérieures rapportés à
l’ensemble des postes en %
Source : Déclarations Annuelles
de Données Sociales (DADS)
(4) Il s’agit de 11 fonctions
identifiées par le biais d’une grille
élaborée par l’INSEE en 1994
dont le contenu décisionnel est
élevé ou qui contribue à l’image
de la ville où elles sont exercées.INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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que dans les autres régions, Des moteurs d’attractivité moins performants qu’en moyenne en province
ils apparaissent plus solides et Taux moyens en % sur la période 2001-2004
mieux préparés [2]. Créations pures Création d’emplois
Créations pures Création d’emplois et transferts entrants dans les établissements Plus fréquemment qu’ailleurs, et transferts entrants dans les nouveaux
d’établissements existants en croissance Région le créateur d’entreprise a, en d’établissements sièges établissements
secondaires d’effectif
Franche-Comté, exercé une
Valeur Rang Valeur Rang Valeur Rang Valeur Rang
activité professionnelle avant Franche-Comté 8,4 7 ,9 6 2,5 7 7,3 22
Alsace 10,1 7 2,0 13 2,6 13 7,4 21 de lancer son entreprise. Les
Bourgogne 8,0 20 1,8 18 2,9 9 8,2 13
Champagne Ardenne 8,2 18 2,0 14 2,4 20 7,6 20 futurs chefs d’entreprises sont
Lorraine 9,2 10 2,1 11 2,8 10 7,7 15
en moyenne plus souvent Province 10,1 2,3 3,1 8,8
France métropolitaine 0,5 2,2 3,6 9,2 titulaires d’un diplôme tech-
Source : INSEE - Sirene, DADS
nique (notamment des CAP
de créations d’établissements Côte d’Azur en premier lieu), ou des BEP), ce qui semble
s’expliquent en partie par de l’Île-de-France et les régions qui être une meilleure garantie
faibles transferts d’établissements lui sont limitrophes bénéficient de survie dans de nombreuses
en provenance des autres régions. de l’essentiel des transferts. La activités que la possession
région parisienne est également d’un diplôme d’enseignement
Des entreprises
à l’origine de très nombreux général. Par ailleurs, 36%
plus pérennes
départs. des entreprises de la région
en Franche-Comté
Pour autant, les établissements disposent d’aides publiques
Sur le territoire métropolitain, les comtois créés ex nihilo en lors de leur démarrage contre
régions plus attractives (Langue- 1998 ont une durée de vie 25% au niveau national. Cet
doc-Roussillon, Provence-Alpes- plus longue : cinq ans après apport favorise la survie des
leur création, 56% d’entre elles entreprises industrielles ou
e continuent leur activité contre de la construction qui doivent La Franche-Comté au 4 rang selon le taux de
49% au niveau national. La souvent mobiliser des moyens survie à cinq ans des entreprises créées en 1998
erégion se place en 4 position importants dans leurs premiè-Région Taux de survie (en %) Rang
selon ce critère, en tête des res années d’existence.Franche-Comté 55,9 4
Alsace 54,5 8 régions du Grand-Est. Toutefois, Bourgogne 54,2 9
Champagne Ardenne 50,4 14 si les projets d’implantations Entre 997 et 2004,
Lorraine 49,8 16
en Franche-Comté sont re- l’attractivité France métropolitaine 48,5
Source : INSEE - Enquête SINE (Système d’Information sur les Nouvelles Entreprises) lativement moins nombreux de la Franche-Comté
ne s’est pas améliorée
Franche-Comté : la région de métropole Entre les périodes 1997-2001
où le tertiaire marchand est le moins développé et 2001-2004, la hiérarchie des
Rang en termes d’attractivité économique et poids du secteur tertiaire régions vis-à-vis de l’attractivité
Poids du secteur tertiaire au Indicateur synthétique d’attractivité économique a légèrement évo-sein des emplois du secteur
Rang des régions lué. La Franche-Comté recule concurrentiel (en %)Région Évolution
Évolution du rang d’une place, tout comme l’Al-1997-2001 2001-2004 2004 1997-2004 sace. La Bourgogne est passée
Poitou-Charentes 15 10 +5 59,8 2,8 e edu 20 au 16 rang à l’inverse Bourgogne 20 16 +4 58,3 3,7
Centre 17 14 +3 58,3 4,7 de Champagne-Ardenne qui
Bretagne 11 9 +2 60,4 3,1
perd cinq places. La Lorraine Languedoc-Roussillon 3 1 +2 71,3 2,6
Rhône-Alpes 7 6 +1 60,3 4,7 conserve son rang. Entre ces
Auvergne 22 22 0 56,7 4,7
Limousin 21 21 0 59,6 4,0 deux périodes, les composantes
Basse-Normandie 18 18 0 58,2 4,6 de l’attractivité se sont modifiées Lorraine 12 12 0 57,6 5,7
Pays-de-la-Loire 8 8 0 57,1 4,0 dans chacune d’elles. Au niveau
Midi-Pyrénées 5 5 0 64,5 3,4
national, les régions les plus Aquitaine 4 4 0 66,5 2,6
Provence-Alpes-Côte-d’Azur 2 2 0 73,2 2,6 tertiarisées ont mieux résisté
Franche-Comté 9 20 – 50,4 6,2
au retournement conjoncturel Haute-Normandie 16 17 – 1 57,7 4,3
Alsace 10 11 – 1 58,0 5,2 de 2001.
Corse 6 7 – 1 71,8 1,0
En Franche-Comté, entre 1997 Picardie 13 15 – 2 56,4 5,6
Île-de-France 1 3 – 2 77,1 5,4 et 2001, la faiblesse des créa-
Nord-Pas-de-Calais 9 13 – 4 61,5 5,8
Champagne-Ardenne 14 19 – 5 56,9 4,4 tions d’établissements secondai-
Source : INSEEINSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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res contribuait le plus fortement perd également de la vigueur et
au déficit d’attractivité de la l’écart à la moyenne nationale
région. Entre 2001 et 2004, le devient plus défavorable. Entre
volume de ces créations est mul- les deux périodes, l’emploi dans
tiplié par sept (780 en moyenne les établissements existants en
annuelle), tout en restant en croissance d’effectif, qui pro-
deçà du niveau national. gressait déjà lentement, ralentit
La contribution à l’attractivité encore légèrement.
des créations d’établissements En Lorraine, la situation devient
sièges reste quasiment inchan- moins défavorable entre 2001
gée entre les deux périodes, et 2004 qu’entre 1997 et 2001,
témoignant de la difficulté récur- en ce qui concerne les évolutions
rente de la région à attirer des de l’emploi dans les établisse-
centres de décision. Cependant, ments nouveaux ou existants
la situation de la Franche-Comté et la création d’établissements
est sur ce point plus favorable sièges. La situation se détériore
que celle de la Bourgogne et de au contraire pour la création
Champagne-Ardenne au sein d’établissements secondaires :
du Grand-Est. de positive, la contribution de
ment qu’au niveau national, de facteurs structurels que Entre 1997 et 2001, l’emploi cette composante devient légè-
franc-comtois progresse de rement négative. un établissement unique et des évolutions conjoncturelles
12,9% contre 14,0% en moyen- Sur la même période, si la un seul emploi généralement auxquelles elle est confrontée.
ne nationale ; la Franche-Comté Bourgogne enregistre un faible occupé par l’entrepreneur. Parmi les facteurs structurels
eoccupe le 14 rang durant cette dynamisme des créations d’éta- Entre 2001 et 2004, le rythme ayant l’impact le plus mar-
de création des qué, on peut citer le profil période. Les créations d’emplois blissements, ses Régions
dans les établissements existants performances établissements de la population (part de la du Grand-Est :
sont, en Franche-Comté, légè- se sont en re- diminue forte- population urbaine, poids des un profil économique
rement en retrait par rapport vanche amélio- ment, entraî- différents groupes d’âges, taux comparable
au niveau national. Leur contri- rées en matière nant une baisse d’activité…) et son évolution
des créations d’emploi dans les (liée au solde naturel et au bution à l’attractivité, qui était d’emplois créés, aussi bien par
légèrement défavorable entre les établissements nouveaux que nouveaux établissements. Le re- solde migratoire), la structure
(5)1997 et 2001, pèse plus forte- les établissements existants en tournement est particulièrement et les performances du sec-
ment entre 2001 et 2004. croissance d’effectif. Le rythme marqué pour les établissements teur productif, la dotation du
Au sein du Grand-Est, l’Alsace de création d’emplois se rap- secondaires : leur contribution à territoire en infrastructures de
l’attractivité de la région devient communication, la qualifica-a aussi vu ses performances proche ainsi de la moyenne
relatives s’amoindrir, marque nationale, permettant à la ré- fortement négative. tion de la main-d’œuvre ainsi
d’une moindre attractivité entre gion de progresser en termes que l’importance quantitative
les deux périodes. Cette région d’attractivité. Une région at- de l’enseigne-Moindre polarisation
voit apparaître proportionnel- Dans une certaine mesure, la tractive détient- ment supérieur des actifs et des
elle alors des ou des activités lement moins de sièges d’en- baisse démographique enregis- emplois dans
treprises entre 2001 et 2004 trée sur une partie du territoire atouts particu- de recherche.le Grand-Est
qu’entre 1997 et 2001. Le taux champenois a pesé sur le dyna- liers pour expli- Ces facteurs ne
de créations reste cependant un misme du tissu productif. Entre quer sa situation ? En d’autres sont pas répartis uniformément
des plus élevés de métropole et 1997 et 2001, la création d’éta- termes, existe-t-il un lien entre entre les régions. Ils peuvent
l’attractivité économique d’une être mesurés par de nombreux la contribution à son attractivité blissements secondaires était
reste positive. La création d’éta- plus vive qu’au niveau national, région et l’environnement indicateurs dont la combinaison
blissements secondaires, qui ce qui avait un impact positif sur dans lequel évoluent ses en- permet de caractériser la polari-
était vive entre 1997 et 2001, l’attractivité de la région. Mais treprises. sation des activités économiques,
devient moins dynamique qu’au ce dynamisme ne s’est pas ac- L’attractivité économique d’une la tertiarisation du tissu productif
région dépend beaucoup plus local et la fragilité sociale.niveau national entre 2001 et compagné par de nombreuses
2004. Cette composante de l’at- créations d’emplois dans les
tractivité devient négative après nouveaux établissements. En
2001. Compte-tenu de ces Champagne-Ardenne, les créa-
(5) telles que taux de valeur ajoutée, taux d’exportation, taux
évolutions, l’emploi créé dans tions d’entreprises comptent de marge, taux d’investissement, indices de concentration et de
les nouveaux établissements au démarrage, plus fréquem- spécialisation, taux de dépendance …INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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Franche-Comté et Bourgogne : deux régions peu urbanisées
Part de la population, des effectifs et des rémunérations (en %) dans les pôles urbains
Franche- Champagne- France
Alsace Lorraine Bourgogne Grand-Est Province
Comté Ardenne métropolitaine
Effectif salarié 64,1 71,5 71,5 61,0 67,7 67,8 70,8 76,4
Rémunération 67,2 73,2 73,5 64,3 69,6 70,2 73,2 79,7
Population 43,5 56,1 55,7 41,5 48,5 50,1 54,7 61,0
Source : INSEE - Recensement de la population 1999, Connaissance Locale de l’Appareil Productif (CLAP) 2004
Le premier critère représente cause de la faiblesse de son La Franche-Comté apparaît du bois et du papier, l’industrie
la polarisation des activités qui armature urbaine. À l’inverse, comme la région la plus in- textile, l’industrie des produits
prend en compte la concen- la polarisation plus marquée de dustrielle de France. Le poids minéraux et la production de
tration sur un territoire des l’Alsace joue positivement sur de l’industrie est également combustibles et carburants.
son attractivité. important en Champagne-Ar- Paradoxalement, malgré cette populations, des L’industrie reste
activités et des em- denne et en Lorraine. L’Alsace structure d’activités, une forte très présente dans
plois pour y créer Le second critère et la Bourgogne bénéficient, exposition à l’international et le Grand-Est
un pôle important concerne la ter- pour leur part d’économies plus un euro cher, les exportations
favorisant les synergies fondées tiarisation du tissu économique. diversifiées. Bien qu’assez forte- comtoises continuent de se
Les zones tertiaires sont caracté- ment industrielle, la Lorraine a développer. Cette progression notamment sur un réservoir
local de main d’œuvre qua- risées par une faible proportion conservé de 1997 à 2004 un marque le positionnement actif
lifiée et spécialisée, des liens d’ouvriers, une part importante niveau d’attractivité supérieur à dans les pays émergents des
privilégiés entre les entreprises de travailleurs indépendants celui de la Franche-Comté. Son entreprises comtoises qui sont
et leurs fournisseurs et des et la présence marquée d’en- économie comporte notamment de plus en plus nombreuses
treprises de petite taille. Les une proportion plus importante à se tourner vers les marchés échanges d’informations et de
(6)connaissances. Toutefois, les zones à caractère plus industriel d’activités de services aux en- extérieurs . Toutefois, comme
effets positifs de cette agglomé- présentent les caractéristiques treprises. au niveau national, une partie
ration s’accompagnent souvent inverses. La préservation des atouts in- de la hausse des exportations
d’effets inverses, qui tendent à Plus le tissu économique d’un dustriels de la Franche-Comté provient néanmoins du dé-
territoire est diversifié, moins reste toutefois l’un des défis à veloppement des groupes à augmenter la dispersion des
activités : prix du foncier et de il est exposé aux fluctuations relever pour la région, si on l’international, qui contribuent
l’immobilier, saturation des conjoncturelles. La présence considère le profond boulever- par une augmentation des
réseaux, concurrence sur le marquée de l’industrie n’est sement des lieux et conditions échanges intra-groupe à la
marché local. cependant pas en soi un han- de production qui s’opère au hausse des exportations.
dicap. Elle est de moins en niveau mondial, avec des délo- Généralement, les régions attrac-En 2004, au niveau national,
les pôles urbains concentrent moins un ensemble homogène. calisations vers des pays à bas tives semblent plutôt polarisées
76% des emplois et 80% des Une partie, s’apparentant à coûts. L’industrie du jouet est et plutôt tertiaires. Six des sept
salaires versés, alors que des industries de main-d’œu- particulièrement touchée par ce régions les plus attractives comp-
ceux-ci ne regroupent que vre ou produisant des biens phénomène. Cette concurrence tent au moins 65% d’emplois
relativement standardisés, est peut être également le fait de tertiaires dans leur économie 61% de la population. Les
rémunérations moyennes par soumise aux lois de la mon- pays développés, notamment concurrentielle ; Rhône-Alpes
eposte de travail, plus élevées dialisation. Une proportion non européens, comme c’est le cas qui est 6 au classement de l’at-
qu’ailleurs, correspondent négligeable d’autres industries pour l’automobile ou la lunet- tractivité en a 60%. En Franche-
à une proportion plus forte emploient des technologies de terie. La Franche-Comté est la Comté, malgré une progression
pointe, ont une forte présence région qui compte proportion- de 6,2 points en sept ans, les d’emplois qualifiés. En Fran-
che-Comté, les pôles urbains internationale et concourent nellement le plus d’emplois effectifs de ce secteur ne repré-
regroupent 64% des emplois, au développement de services (14,3% contre 6,4% au niveau sentent qu’à peine plus de 50%
67% des rémunérations pour externalisés et de prestations national) dans les secteurs des emplois fin 2004.
44% de la population régio- de services spécialisées. Le ca- potentiellement fragiles que
ractère industriel d’une région sont l’industrie automobile, Le troisième critère décrit la nale.
Comme les autres régions du peut ainsi être relativisé ou au l’habillement et cuir, l’industrie fragilité sociale des régions. La
Grand-Est à l’exception de contraire conforté par le poids
l’Alsace, la Franche-Comté des services aux entreprises
apparaît comme une région situés sur son territoire ou à (6) INSEE Franche-Comté Dossier n°19 « L’Année Économique
proximité. et Sociale 2006 - Commerce Extérieur » - juin 2007peu polarisée, notamment à INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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prise en compte simultanée de attractives, le Languedoc-Rous- proposés et leurs spécificités. prépondérants : la densité éco-
quelques indicateurs permet sillon et Provence-Alpes-Côte Cela pose le problème de l’adé- nomique (nombre d’emplois au
2d’appréhender la fragilité socia- d’Azur présentent une forte quation de la main-d’œuvre km ) et le potentiel marchand
le d’un territoire : la proportion fragilité sociale, ce qui n’est pas nouvelle aux caractéristiques (mesuré par le revenu fiscal
de la population vivant dans une le cas de l’Île-de-France. du marché de l’emploi local médian). Ces deux facteurs
Zone Franche Ur- Certains de ces et, indirectement, du caractère soulignent la dynamique liée aux
Moindre
baine, la propor- indicateurs étant durable de l’attractivité. effets d’agglomération portant
fragilité sociale
tion de personnes plus sensibles sur les activités et l’emploi et le
en Franche-Comté
à bas revenus, les aux variations Parmi les facteurs d’attractivité pouvoir d’achat potentiel des et en Alsace
évolutions du taux conjoncturelles, qui jouent dans le choix d’ins- habitants de la zone.
de chômage, de la population la concordance entre plusieurs tallation d’une entreprise sur un Si l’on s’intéresse aux facteurs
et de l’emploi. éléments est nécessaire pour territoire, figurent son potentiel favorisant l’évolution de l’em-
Comparée aux autres régions, appréhender la fragilité so- marchand, sa densité écono- ploi, autre composante de l’at-
la Franche-Comté apparaît ciale d’une région. Un taux de mique, sa dotation tractivité, on doit
Deux atouts :peu fragile socialement, ce qui, chômage faible peut être dû à en infrastructures également prendre
revenu fiscal
du point de vue de l’attractivité la bonne santé économique du (routes, couver- en compte la part
médian élevé et
économique, peu être perçu territoire mais il peut aussi être ture haut débit,…), des diplômés du effort de recherche
comme un atout. La Champa- lié à de nombreux mouvements l’importance de la supérieur et celle important
gne-Ardenne et la Lorraine se d’actifs vers un pôle d’emploi recherche et déve- des étudiants dans
classent parmi les régions où la dynamique situé en dehors du loppement, le niveau de qua- la population.
fragilité sociale est importante, territoire. Par ailleurs, une forte lification de la main d’œuvre Le revenu fiscal médian place
ela Bourgogne se classant en attractivité sur la main d’œuvre et la présence d’établissements la Franche-Comté au 9 rang
position médiane. Néanmoins, extérieure peut entraîner des d’enseignement supérieur. national. Il est supérieur à la
l’attractivité d’une région ne déséquilibres, si la dynamique Pour expliquer le niveau du taux moyenne de province. Les re-
préjuge pas de sa fragilité so- migratoire devient excessive de création d’établissements, venus issus du travail frontalier
ciale. En effet, parmi les régions pour les volumes d’emplois deux déterminants paraissent expliquent en partie cette situa-INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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Une proportion moindre de bas revenus qu’en moyenne en métropole
Part de la population Évolution Évolution de la popula- Évolution du taux de
Part de la population
résidant en de la population tion due aux migrations chômage au sens du BIT
à bas revenus
Zone Franche Urbaine entre 1990 et 1999 entre 1990 et 1999 entre 2001 et 2003
Taux (%) Rang Taux (%) Rang Taux (%) Rang Taux (%) Rang Points Rang
Franche-Comté 8,7 17 2,5 8 +1,9 16 – 0,16 17 +1,9 3*
Alsace 7,9 20 2,0 12 +6,8 2 +0,26 8 +2,2 1*
Bourgogne 8,8 16 0,7 19 +0,2 19 – 0,03 14 +1,1 7
Champagne Ardenne 11,0 7 5,2 1 – 0,3 20 – 0,38 20 +0,9 9
Lorraine 9,5 13 2,2 10 +0,3 18 – 0,31 19 +1,6 5
Province 10,5 - 2,1 - +3,7 - +0,14 - +0,7 -
France métropolitaine 10,3 - 2,5 - +3,6 - +0,02 - +1,0 -
Source : INSEE - Recensement de la population 1999, CAF 2002
* entre 2001 et 2003, l’Alsace et la Franche-Comté sont deux régions qui ont connu une forte progression de leur taux de chômage. Celui-ci reste
cependant en deçà du niveau national (respectivement 7,6% et 8,3% pour une moyenne de 9,8% fin 2003).
tion favorable. C’est également tants. Elle est la mieux placée dans les derniers rangs. La Fran-d’euros investis, la Franche-
le cas en Alsace, en deuxième des régions du Grand-Est selon che-Comté paraît également Comté représente 2,9% des
position pour le revenu médian, dépenses de R&D de province ; ce critère. pénalisée par la faible taille du
où de nombreux frontaliers 86% de ce montant est mobilisé La densité économique est plus marché de l’emploi : en mai
travaillent en Allemagne ou en par le secteur privé, notamment faible en Franche-Comté qu’en 2007, la région propose 5 200
Suisse. En Lorraine, le travail province, limitant offres d’emplois, tous types dans les activités
Deux handicaps :frontalier semble influer plus fai- ainsi les effets confondus, soit 1,7% des offres industrielles au pre-
peu de formations blement sur le revenu médian. mier rang desquel- d’agglomération de métropole.
supérieures
En 2003, la Franche-Comté les figure l’industrie des activités et de Avec 32 700 étudiants, la Fran-
spécifiques ea consacré 2,1% de son PIB automobile. l’emploi. Dans le che-Comté se situe au 15 et faible taux
aux activités de recherche et Grand-Est, l’Alsace rang des régions quant à leur Avec 5 800 em- d’encadrement
développement, soit plus que bénéficie d’une très proportion dans la population. plois, dont 2 800
la moyenne des régions de de chercheurs, la région occupe forte densité économique (deux Dotée d’une offre de formation
eprovince (1,7%) et se classe ainsi également la 5 place des ré- fois plus élevée qu’en métro- conforme à sa taille, de nom-
een 5 position des régions mé- gions métropolitaines pour leur pole), tandis que la Bourgogne breux étudiants ont tendance
tropolitaines. Avec 530 millions et Champagne-Ardenne figurent à quitter la région à partir du part en R&D pour 1 000 habi-INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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deuxième cycle universitaire par la moindre présence de
Trois axes pour différencier les régions
pour poursuivre leur cursus en sièges sociaux. Cette faiblesse
majorité en Rhône-Alpes, en limite les débouchés pour les On dispose de 192 indicateurs permettant de caractériser les régions
Alsace ou en région parisienne. diplômés du supérieur. et zones d’emploi de France métropolitaine à travers les thèmes
Le faible nombre de formations Par ailleurs, la relative faiblesse suivants : données économiques, structure productive, emploi-revenu,
« rares », c’est-à-dire offertes de l’emploi tertiaire proposé en formation-qualifications, recherche et développement, infrastructures,
par une seule académie, dispen- Franche-Comté peut conduire fiscalité locale.
Ces variables ont souvent un lien entre elles : par exemple, densité sées notamment en troisième certains jeunes à se positionner,
économique, nombre d’emplois et densité de population fournissent cycle, ne favorise pas l’arrivée dès le début de leurs études
une indication relativement cohérente sur la taille de la zone. Une d’étudiants non francs-comtois. supérieures, dans des régions où
fois ces liens identifiés, 47 variables caractéristiques des régions sont En revanche, la région dispose ils pourraient plus aisément trou-
retenues. L’Analyse en Composantes Principales réalisée à partir de
d’une offre relativement diver- ver un travail dans ce secteur.
variables fait apparaître trois axes qui résument chacun une partie de
sifiée en matière d’écoles d’in- Bien qu’ayant amélioré sa cou- l’information apportée par ces 47 variables. La position des régions
génieurs, cohérente avec le tissu verture par le haut débit et au regard de chaque axe permet d’établir des ressemblances ou des
industriel local. Elle bénéficie, rejoint ainsi la moyenne na- différences.
comme Champagne-Ardenne, tionale en 2005, la Franche-
de la présence de l’une des trois Comté connaît encore, à l’instar Une démarche qui permet de fournir un constat
au niveau régional et à celui de la zone d’emploiUniversités de Technologie, avec d’autres régions, des difficultés
des formations orientées vers sur une partie de son territoire,
Les coordonnées des régions sont calculées en prenant la moyenne les techniques productives et que ce soit du fait d’une faible
des des zones d’emploi de la région, pondérées par le l’informatique. densité de population ou de
nombre d’emploi. Les résultats de l’Analyse en Composantes Principales
En 1999, la population com- problèmes topographiques. Par
(ACP) permettent de connaître les variables qui contribuent le plus à
toise compte 14,5% de diplô- ailleurs, les technologies du très leur positionnement et d’expliciter ainsi les atouts et les faiblesses des
més du supérieur, un point haut débit, actuel enjeu pour les différentes régions.
en dessous de la moyenne de entreprises, ne semblent avoir Les résultats par zone d’emploi feront l’objet d’une publication
eprovince et se classe au 9 rang vocation à se développer qu’au ultérieure.
des régions métropolitaines sein des zones les plus denses
selon ce critère. Il s’agit néan- de métropole.
moins du meilleur résultat des
régions du Grand-Est, après Les différences d’attractivité industriels. Ainsi les régions ces distinctes : un effet structurel
l’Alsace (16,9%). La région se observées entre régions sont- spécialisées dans les activités qui reflète la structure productive
eclasse au 13 rang des régions elles dues aux caractéristiques tertiaires ont structurellement locale et un effet géographique
de province, selon la part des propres des territoires ou à leur des taux de créations d’éta- qui regroupe l’ensemble des
postes d’encadrement (6,6% structure d’activités ? Les taux blissements ou autres facteurs in-Un positionnement
contre 7,9% en province). Dans de créations d’établissements d’emplois élevés fluant sur l’attrac-géographique
le Grand-Est, la Franche-Comté et d’emplois sont très variables et vont paraître tivité (cf. encadré). peu favorable
occupe la deuxième place der- selon les secteurs d’activité : plus attractives Il peut s’agir de la
rière l’Alsace qui compte 8,6% les créations d’établissements que les régions moins diver- position de la région en France,
de cadres dans ses entreprises. sont plus nombreuses dans sifiées. de sa taille, de son image ou
La faiblesse de l’encadrement les services et dans le com- L’attractivité d’une région peut de tout autre élément (climat,
s’explique, en grande partie, merce que dans les secteurs être décomposée en deux sour- ensoleillement,…).
Une moindre densité économique en Franche-Comté,
mais un revenu médian supérieur à la moyenne de province
Revenu fiscal médian par Densité économique Part des Part de la population
Nombre d’étudiants Effectifs de Recherche 2unité de consommation (emplois/km ) diplômés du couverte par le haut
2003 - Développement 2003
(euros) 2005 2000 supérieur 1999 débit 2005
Rang Rang
Valeur Rang Valeur Rang % Rang % Rang Valeur pour 1000 Valeur pour 1000
habitants habitants
Franche-Comté 6 006 9 5 2 4,5 9 93,0 2 32 655 5 5 844 5
Alsace 17 852 2 50 3 16,9 5 98,5 3 65 696 6 8 098 8
Bourgogne 15 927 11 11 18 13,1 17 90,3 18 39 465 19 4 504 15
Champagne Ardenne 15 542 16 10 19 12,6 22 92,5 15 38 732 14 2 815 20
Lorraine 15 588 14 19 9 13,9 12 95,7 7 73 383 10 6 879 13
Province 15 864 18 15,4 - 1 592 218 220 400
France métropolitaine 6 357 23 7,7 93,2 2 87 445 335 000
Sources : INSEE, DGI, Observatoire Régional des Télécommunications, ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la RechercheINSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 98 - septembre 2007
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Le développement de
l’Arc jurassien suisse y sont supérieurs ainsi que le temps de travail. Travailleurs
concurrence-t-il francs-comtois comme entreprises suisses y trouvent leur
celui de la compte dans la mesure où ces dernières manquent de main-
Franche-Comté ? d’œuvre compte-tenu d’un haut niveau d’activité et d’un déficit
démographique marqué.
La partie frontalière du territoire franc-comtois bénéficie
de la proximité de la Suisse, à travers l’emploi proposé à La progression des échanges frontaliers entre la Franche-Comté
ses habitants et à l’apport financier non négligeable qu’il et la Suisse est favorisée par l’Accord de Libre Circulation des
représente. Le commerce comtois de la zone frontalière profite Personnes qui, depuis 2002, libéralise, pour les ressortissants
également, malgré un euro qui tend à s’apprécier de façon européens, l’accès au marché du travail suisse tout en
régulière, de la proximité de la clientèle suisse lui offrant à permettant aux entreprises suisses une accessibilité au marché
la fois un choix plus vaste et des conditions satisfaisantes communautaire pour leurs marchandises.
de prix. Les alentours de Pontarlier, dotés d’une densité
commerciale comparable à celle d’une agglomération de Pour les entreprises de Franche-Comté, l’attractivité
100 000 habitants, en sont un exemple. Tous ces éléments exercée par la Suisse pose deux questions :
seraient potentiellement favorables à l’attractivité des bassins l Comment maintenir dans leur emploi des personnels qui
d’emplois situés le long de la frontière suisse. peuvent obtenir des conditions de rémunération supérieures
quelques kilomètres plus loin et faire face à un turn-over élevé
Pour autant, la Suisse emploie une part importante de la qui pourrait désorganiser la production ?
population active franc-comtoise dans des qualifications et l Quel intérêt y a-t-il à s’implanter dans les zones d’emploi
des secteurs d’activités communs aux deux territoires. Le frontalières alors qu’existent à peu de distance des concurrents,
nombre de frontaliers est passé de 10 800 fin juin 1995 à une réglementation qui semble plus favorable et une volonté
17 900 fin juin 2006. Les rémunérations versées en Suisse sont marquée d’accueillir les nouvelles implantations par une
plus élevées que dans la région ; les taux de salaire horaire politique active de promotion économique ?
Sur la période 2001-2004, en tion observé et le taux attendu est aux particuliers, le différentiel La Franche-Comté enregistre
Franche-Comté, le taux de créa- le plus grand. On peut y voir l’at- avec le niveau national est moins un effet géographique négatif
tion d’établissements est, tous traction de la région parisienne marqué. pour les créations d’établis-
secteurs confondus, de 10,5%. et des problèmes de vitalité de Entre 2001 et 2004, l’emploi sements dans les services aux
Le taux qu’on aurait observé (« certaines parties de la région en dans l’ensemble des établisse- entreprises mais aussi un effet
taux attendu ») pour la région si déprise démographique. ments francs-comtois (nouveaux positif pour les créations d’em-
ses différents secteurs s’étaient La décomposition sectorielle ou en croissance d’effectif) a crû plois. Pour les autres secteurs,
comportés comme au niveau de l’effet géogra- de 9,9%. Le taux l’effet est négatif pour les taux
Créations national serait de 12,2%, soit phique met en de créations d’em- de créations d’établissements
d’établissements : un effet géographique négatif évidence un dé- plois attendu étant et les taux de créations d’em-
moindre dynamisme
de 1,7 point. ficit de créations de 10,7%, l’effet plois dans les établissements dans le commerce
Seules, cinq régions bénéficient d’établissements géographique, de nouveaux comme dans ceux et la construction
d’un effet géographique positif : dans le commer- – 0,9 point, est en croissance d’effectif.
marqué pour le Languedoc- ce et la construction. Dans ces plus réduit que pour le critère Par rapport à la période 1997-
Roussillon et Provence-Alpes- activités, les implantations se précédent. Selon ce critère, la 2001, l’effet géographique
eCôte d’Azur, plus léger pour développent moins vite en Fran- Franche-Comté se place au 11 est moins défavorable en
l’Île-de-France, l’Aquitaine et che-Comté qu’au plan national. rang national devant les autres Franche-Comté sur la période
Midi-Pyrénées. Les créations Dans l’industrie et les services régions du Grand-Est. récente, qu’il s’agisse de la
d’établissements dans l’ensem-
ble des secteurs y sont plus fortes La perte d’attractivité liée au positionnement géographique est plus
qu’au niveau national. faible en Alsace que dans les autres régions du Grand-Est
L’effet géographique est très Décomposition sectorielle de l’effet géographique relatif à la création d’établissements - période 2001-2004
dont :faiblement négatif pour l’Alsace.
Effet Transports Régions Services aux Services aux Il est plus pénalisant pour la Lor- géographique Industrie BTP Commerce et Activités
entreprises particuliersimmobilièresraine et davantage encore pour
Franche-Comté – ,74 – 0,23 – 0,46 – 0,67 +0,06 – 0,35 – 0,09
la Franche-Comté. Mais, dans le Alsace – 0,35 – 0,11 – 0,23 – 0,06 +0,04 +0,03 – 0,01
Bourgogne – 2,51 – 0,20 – 0,84 – 0,72 – 0,08 – 0,35 – 0,32Grand-Est, c’est en Bourgogne
Champagne-Ardenne – 2,11 – 0,17 – 0,54 – 0,56 – 0,54 – 0,21
que l’écart entre le taux de créa- Lorraine – 0,88 – 0,12 +0,03 – 0,41 – 0,04 – 0,25 – 0,09
Source : INSEE

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