La création d'entreprises au féminin

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Les Lorraines sont peu nombreuses à créer leur entreprise. Elles privilégient plus souvent que les hommes les petits projets, avec dans quelques cas, peu de moyens financiers. Elles s'installent plus généralement dans le commerce ou les services aux particuliers.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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4 Juin 2003  2
La création d’entreprises au féminin
Les Lorraines sont peu nombreuses à créer leur entreprise. Elles privilégient plus souvent que les hommes des petits projets, avec dans quelques cas peu de moyens financiers. Elles s’installent plus souvent dans le commerce ou les services aux particuliers. Toutefois, les différences restent souvent faibles entre créateurs et créatrices. Elles expliquent cependant le taux de survie plus faible des entreprises créées par une femme.
es femmes sont moins souventminin plus faible qu’ailleurs peuvent créatrices d’entreprises que lesexpliquer cette relative absence hommes. En Lorraine, elles nedes Lorraines dans la création, Lltieonnssemenregistrées en 1998, alors sont à l’origine que d’un peu plusc o m m e ,p a re x e m p l e ,e n d’un quart (27%, contre 30% pourFrancheComté. ble de la France) des créa qu’elles représentent 43% de l’em ploi total en 1999. A la même date, la part des femmes parmi les employeurs et indépendants Le secteur d’activité de la nouvelle (non salariés) n’est que de 28 %. entreprise distingue également les De fait, en 1998, on compte créatrices des créateurs. Les moins de 500 créatrices en Lor choix reflètent les différences qui raine. La région se classe parmi existent par ailleurs dans le monde celles où la part des femmes dans des salariés. Les femmes investis la création d’entreprise est la plus sent dans le secteur du commerce faible, avec la FrancheComté et (40% des créations contre 28% pour l’IledeFrance. La proportion plus les hommes)ainsi que les services importante de créations dans le aux particuliers (29% contre 14%) domaine industriel et la construc et les activités d’éducation, de san tion, secteur où la présence fémi té et d’action sociale (7% contre nine est traditionnellement plus 3%). Au contraire, elles sont moins limité, ainsi que le taux d’activité fé nombreuses dans les services aux entreprises (8% contre 13%) et dans le secteur de la construction MOINS DE CRÉATRICES EN LORRAINE qui reste très masculin (5% contre Part des femmes en % 23%). Aun plus grand niveau de détail, ce sont les activités de coif Créateurs fure, de commerce de détail d’ha FranceLorraine billement et de restauration de Employeurs + indépendants type traditionnel qui sont les plus Populationfréquentes. Les auxiliaires médi active caux (infirmières, kinésithérapeu tes,...), les débits de boissons et Population les autres activités de services 0 1020 3040 50 60% personnels (le toilettage d’animaux, la Source : Insee  Enquête SINE 1998 voyance, l’astrologie et les agences ma Recensement de la population 1999 trimoniales…) sont également bien
LESCRÉATRICESPRIVILÉGIENT LE COMMERCE ET LES SERVICES AUX PARTICULIERS Répartition des femmes et des hommes créateurs suivant le secteur d’activité Commerce
Services aux particuliers
Services aux entreprises
Education, santé, action sociale
Industries hors IAA
Construction
IAA
Transport
Activités immobilières
30 0 1020 Source : Insee  Enquête SINE 1998
représentés. Ces tinguent peu de peut observer au
activités se dis celles que l’on niveau national.
Reflet de la fréquence des créa tions dans le commerce et les ser vices aux particuliers, la clientèle des entreprises créées par des femmes est plus souvent locale (65,5%)que pour les créations masculines (46%). Cette tendance se renforce au cours du temps. Trois ans après la création, 69% des entreprises déclarent avoir une clientèle de proximité. D’une part, les entreprises qui avaient des ambitions nationales ou inter nationales ont plus souvent cessé leur activité que les autres. D’autre part, la moitié des entreprises (vi vantes en 2001) qui misaient sur une clientèle régionale en 1998 déclarent une clientèle locale en 2001. Le mouvement inverse est également observé : 16% des en treprises qui «se pensaient loca les» en 1998 ont élargi leur champ d’action en 2001.
Les créatrices présentent égale ment un profil par âge très mar qué. Alors que les hommes créent souvent une entreprise entre 30 et 34 ans, il semble exister deux profils distincts de créatrices. Cer taines créent leur entreprise assez
Femmes Hommes
% 40
Une clientèle locale
jeunes, mais il existe aussi une forte population de créatrices de plus de 50 ans. Les créations de salons de coiffure se font alors que la créatrice est âgée de 20 à 35 ans. La tranche d’age 2529 ans domine dans les installations des auxiliaires médicaux et les acti vités juridiques. Les créations de commerces de détail ont lieu qua siment à tous les âges. Cepen dant, elles arrivent largement en tête chez les créatrices de plus de 50 ans. C’est également l’âge où l’on observe le plus d’ouvertures de débits de boissons et de commer ces alimentaires. C’est aussi pour cette tranche d’âge que la propor tion de reprises d’entreprises exis tantes est la plus forte.
Les qualifications préalables sont également le reflet des différences existant dans le monde du travail. Les femmes créatrices étaient, avant la création, le plus souvent employées (38% contre 22% pour les hommes) ou sans activité (16%
contre 4%). Contrairement à ce que l’on peut observer au niveau national, les créatrices lorraines ne sont pas beaucoup plus diplô mées que les créateurs. La même proportion d’hommes que de fem mes est titulaire d’un diplôme de niveau bac ou plus. Pour l’en semble de la France, l’écart est nettement plus prononcé en faveur des créatrices. En revanche, les Lorraines sont plus souvent que les Lorrains titulaires d’un BEPC ou du certificat d’études, et moins souvent sans aucun diplôme.
Prés d’un quart des créatrices o n td é m a r r éa v e cm o i n sd e 1 500 euros (d e s1 5 %c o n t r e hommes). Tous les secteurs d’ac tivités sont concernés par ces petites créations. Pour plus de la moitié d’entre elles, les fem mes s’installent à domicile. On y retrouve fréquemment les auxi
UNE FORTE PROPORTION DECRÉATRICESDEPLUS DE 50 ANS Répartition des femmes et des hommes créateurs suivant l’âge 25 %
20
15
10
5
hommes femmes
0  de 25 ans25  2940  4445  4950 et plus 30  3435  39 Source : Insee  Enquête SINE 1998
PEUDE CRÉATRICESSANS DIPLÔME Proportion de créateurs lorrains selon le diplôme
sans diplôme
CEP, BEPC
CAP BEP
Bac et plus
femmes Lorraine hommes Lorraine
0 5 1015 20 25 30 35 40 45% Source : Insee  Enquête SINE 1998
DESENTREPRISESPLUSPETITES
Nombre d’emplois en 2001 en Lorraine dans les créations 1998
10 emplois et plus
6 à 9 emplois
3 à 5 emplois
1 à 2 emplois
0
10
femmes hommes
20 40 30 5060 70%
Source : Insee  Enquête SINE 1998
liaires médicaux, mais aussi des activités de commerce de détail (quelquefois sur les marchés). Les créatrices de très petites entre prises sont clairement parta g é e se nd e u xp o p u l a t i o n s distinctes. Soit elles ont exercé u n ea c t i v i t ép r o c h ea v a n tl a création, soit elles étaient sans activité. Les femmes sont également un peu plus nombreuses que les hom mes à créer leur entreprise, avec des moyens assez importants, de 37 500 à 75 000. Il s’agit de créations ou de reprises de res taurants traditionnels et de maga sins de commerce de détail divers. Les projets les plus importants, qui nécessitent des moyens finan ciers de plus de 75 000, sont en revanche sousreprésentés par rapport aux créations masculines. Ce sont souvent des reprises ou des créations d’entreprises indus trielles, domaine où les femmes sont moins présentes. Comme pour l’ensemble des créations, les moyens au démarrage sont un fac
teur important de la survie de l’en treprise, quelles que soient les autres caractéristiques de la créa tion. Ainsi 42% des entreprises créées avec moins de 1 500ont cessé leur activité trois ans plus tard, contre «seulement» 25% de celles créées avec 37 500 à 75 000 euros.
Les sources de financement sont globalement similaires pour les créatrices et les créateurs. Un peu plus d’un quart d’entre elles ont recours aux emprunts, qu’ils soient bancaires ou autres, et aux apports en capital d’organismes de fonds propres. En revanche, elles ne sont que 25% à avoir recours à leurs ressources personnelles contre 30% des créateurs. Enfin, seules 10% d’entre elles bénéfi cient d’apport en capital d’autres sociétés, contre 27% des créa teurs. Cette dernière possibilité de financement ne concerne d’ailleurs que les sociétés, qui sont moins nombreuses pour les créations fé minines. Les femmes bénéficient souvent du soutien de leur conjoint
Le goût d’entreprendre comme motivation première, mais moins que les hommes
Les motivations qui poussent les créatrices sont globalement similaires à celles des hommes. En tête viennent le goût d’entreprendre (51%) et l’opportunité de le faire (42%). Les femmes sont cependant plus sensibles à ce second aspect que les hom mes, et moins au premier. De même, elles créent moins souvent leur entreprise sur une idée nouvelle (11% contre 15%). Comme pour les hommes, un peu moins d‘un quart d’entre elles ont choisi de créer leur entreprise pour sortir du chômage et 7% se sont vues contraintes de le faire pour la même raison. Ainsi, 38% (réponses multi ples possibles) des créatrices créent leur entreprise suite à un héritage ou une dona tion (26% des hommes) et la même proportion reprend une locationgérance (25% des hommes). Elles sont également nombreuses à indiquer un rachat (33%contre 25% des hommes). Les créations nouvelles sont en revanche plus rares (22% contre 39%).
Moins de conseils
pour la création d’entreprise. Elles sont ainsi 30% à indiquer mettre en place leur projet avec leur conjoint, contre 22% pour les hommes. Elles bénéficient par ail leurs plus souvent que les hom mes du revenu de leur conjoint (42% contre 28%) en complément de celui de leur activité.
Plus d’un quart des créatrices, la même proportion que pour les hommes, bénéficient de subven tions. En ce qui concerne les aides publiques, 36% des créatrices in diquent bénéficier d’un apport en nature, contre 26% des hommes. En revanche, elles bénéficient un peu moins souvent de subventions locales ou d’exonérations fiscales.
La prise de conseils joue un rôle non négligeable dans la survie de l’entreprise. Les femmes sont lé gèrement moins nombreuses que les hommes à avoir pris des conseils avant la création. Il en est de même pour le suivi de forma tion avant la création. Les créatri ces ont moins souvent que les hommes prospecté la clientèle avant leur installation. Elles ne sont que 27% à l’avoir fait contre 40% pour les hommes. De même 55% des femmes, contre 62% des hommes, ont réalisé une étude fi nancière. Il s’agit là d’un effet lié à la taille de l’entreprise. Pour les gros projets de plus de 15 000 e u r o s ,l e sf e m m e so n te n moyenne plus souvent recours à ce type d’étude.
Le chiffre d’affaires des entreprises créées par des femmes est en moyenne plus faible que celui des entreprises créées par les hommes. Trois ans après la création, les fem mes indiquent plus souvent un chiffre d’affaires en légère augmen tation ou en stabilité. A contrario, il est moins souvent en forte augmen tation (12% contre 17%). Les carac téristiques des entreprises créées expliquent vraisemblablement ces différences. Globalement les fem mes interrogées en 2001 se décla rent pour plus de la moitié satisfaites par les résultats finan ciers. Au reste, les femmes interro
Savoir plus :
Tableau de Bord 2002 de la créa tion d’entreprise en Lorraine  Avril 2003 «30% de femmes parmi les créa teurs d’entreprises» Insee première n° 887  mars 2003 «Jeunes, diplômés et créateurs d’entreprise» Économie Lorraine n° 224  janvier 2003 «Les créateurs lorrains, plus jeunes et peu présents dans les services» Économie Lorraine n° 224  janvier 2003  «Les femmes en Lorraine»  Insee, DRTEFP, DRDFE  2002
Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Insee Institut National de la Statistique et desÉtudesÉconomique Direction Régionale de Lorraine 15 rue du Général Hulot CS 54229 54042 NANCY CEDEX Tél : 03 83 91 85 85 Fax : 03 83 40 45 61 www.insee.fr/lorraine
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François MULLER Président de l’IDIL VicePrésident du Conseil Régional de Lorraine
gées au démarrage prévoyaient plus souvent que les hommes de mainte nir l’activité (à horizon de 6 mois), et non de la développer. Trois ans plus tard, en 2001, le point de vue des créatrices sur l’avenir reste moins ambitieux ou plus réaliste. Elles n’étaient que 28% (contre 32% pour les hommes) à penser dévelop per leur entreprise et 48% à vouloir maintenir l‘équilibre (contre 43%).
Ainsi, un tiers des entreprises créées par des femmes indiquent ne pas avoir effectué d’investisse ments, contre un quart pour celles créées par des hommes. Les achats de matériels nécessaires à la production (de biens ou de servi ces) ne concernent ainsi que 35% des entreprises «féminines» contre 42% des «masculines». L’achat de matériel bureautique est égale ment moins fréquent (25% contre 31%) ainsi que les achats de véhi cule (15% contre 28%). En re vanche les agencements de locaux sont aussi courants (17%).
Les entreprises créées par les femmes sont souvent un peu moins pérennes que celles créées par les hommes. En 2001, trois ans après la création, seules 64% des entreprises créées par des femmes sont toujours actives (63% en France), contre 69% des créations masculines. Ces résul tats sont le reflet des différences au démarrage de l’entreprise : secteur d’activité, qualifications, expérience …
Les résultats présentés ici sont is sus de l’enquête SINE (Système d’Information sur les Nouvelles Entrepri ses). SINE est un dispositif perma nent d’observation des jeunes entreprises. Il a pour objectif de suivre pendant cinq ans les entrepri ses nées une même année. Les en treprises de cette étude sont celles de la génération 1998.
Il s’agit d’une enquête nationale par échantillon. En Lorraine, toutes les entreprises créées en 1998 ont été
Les entreprises ayant survécu indi quent cependant avoir rencontré moins de problèmes que celles créées par les hommes. Plus de la moitié (56%) indiquent ne pas avoir rencontré de problème particulier, contre 45% des hommes. Les dif ficultés financières, les plus sou vent citées, concernent ainsi 23% des entreprises féminines contre 28% des masculines.
Les différences de tailles des en treprises créées par les femmes et les hommes sont faibles au dé marrage, mais elles s’accentuent avec le temps. Ainsi, en 2001, 64% des entreprises créées par des femmes comptent un ou deux emplois, alors que ce n’est le cas que de 57% des entreprises mas culines, où les effectifs sont sou v e n tp l u sn o m b r e u x .L e s entreprises «féminines» créent moins d’emploi. On observe ainsi une croissance de l’emploi de +38% entre septembre 1998 et septembre 2001 (période faste pour l’emploi) dans les entreprises pé rennes créées par des hommes, contre seulement 13% dans celles créées par des femmes.
Trois ans après la création, à l’heure du bilan, les créatrices dont l’entreprise a survécu se montrent cependant assez optimis tes. Elles sont 43% (46% pour les hommes) à éprouver beaucoup de satisfaction en ce qui concerne la création de leur entreprise et 48% à en éprouver un peu (contre 47%). Seules 9 % indiquent n’en éprouver aucune.
Laurent AUZET
interrogées. L’IDIL a en effet financé une extension de l’échantillon afin de permettre une exploitation régionale fine des résultats.
Le champ retenu pour cette étude ne comprend pas les transforma tions d’entreprises individuelles en société, ni les filiales, pour lesquel les le créateur n’est pas un individu mais une autre société. Cette étude porte sur les entreprises créées par des femmes. Le dirigeant peut être différent du créateur.
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