Pérennité des entreprises créées en 1998 : les moyens et l'expérience favorisent la longévité

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En Bourgogne, des 1 400 entreprises créées au 1er semestre 1998, un peu moins de mille ont soufflé leur troisième bougie, soit un taux de survie de 69 %, 6 points plus élevé que la moyenne métropolitaine. Les caractéristiques du projet d'entreprise sont plus déterminantes que le profil du créateur : le volume des moyens mis en oeuvre est un facteur-clé de réussite. L'expérience du créateur joue aussi un rôle positif. En 3 ans, les entreprises pérennes ont créé 450 emplois supplémentaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N°106-Novembre2003-2,20eurosBOURGOGNE
Pérennité des entreprises créées en 1998 :
les moyens et l’expérience favorisent la longévité
er
En Bourgogne, des 1 400 entreprises créées au 1 semestre 1998, un peu moins de mille
ont soufflé leur troisième bougie, soit un taux de survie de 69 %, 6 points plus élevé
que la moyenne métropolitaine. Les caractéristiques du projet d’entreprise sont plus
déterminantes que le profil du créateur : le volume des moyens mis en oeuvre est un facteur-clé
de réussite. L’expérience du créateur joue aussi un rôle positif.
En 3 ans, les entreprises pérennes ont créé 450 emplois supplémentaires.
er Bourgogne : des créations d’entreprises moins fréquentes mais plus durablesu cours du 1 semestre 1998,A1 407 entreprises (hors filiale) ont
vu le jour en Bourgogne. Sur ces entre- Taux de création Taux de survie
annuel moyen à 3 ansprises, 977 sont toujours actives 3 ans
1998-2001 (en %) (en %)
après, soit 69 %. La première année
d’existence est la plus délicate : 13 % Auvergne 9,0 73,5
des entreprises n’en atteignent pas le Pays de la Loire 10,9 71,5
terme. Mais les seconde et troisième Limousin 8,6 70,8
années sont à peine moins difficiles, Centre 9,6 69,8
puisqu’elles en voient disparaître 18 %. Franche-Comté 9,7 69,6
Avec 69 % de pérennité à 3 ans, Alsace 10,4 69,6
e
la Bourgogne se classe au 7 rang des
Bourgogne 9,0 69,4
régions métropolitaines : son taux de
Basse-Normandie 10,2 69,4
réussite est supérieur de près de
Bretagne 10,7 69,0
6 points à la moyenne métropolitaine.
Poitou-Charentes 10,2 68,9
Mais ce bon classement s’accompagne
Picardie 9,9 68,4d’un moindre dynamisme dans la créa-
Haute-Normandie 10,1 68,0tion d’entreprise. Avec 4 900 créations
Lorraine 10,5 67,3par an entre 1998 et 2001 pour un parc
Aquitaine 11,7 67,2d’environ 54 000 entreprises sur la
Midi-Pyrénées 11,2 66,9même période, soit un taux de création
e Corse 13,8 66,7de 9 %, la Bourgogne se classe 20
Champagne-Ardenne 9,5 66,7des 22 régions métropolitaines. Pour le
Rhône-Alpes 10,9 65,7renouvellement du tissu économique
et la longévité de ces jeunes entrepri- Nord - Pas-de-Calais 10,2 64,0
ses, elle est proche des régions Languedoc-Roussillon 15,2 59,8
Centre, Franche-Comté et Limousin. Île-de-France 11,4 58,4
A l’opposé, les régions Languedoc-Rous- Provence-Alpes-Côte d'Azur 13,5 57,3
sillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur ont France métropolitaine 11,2 63,7
des taux de création élevés, mais des
Source : INSEE - Enquête SINE 1998, vagues 1998 et 2001 et Sirène.
taux de pérennité plus faibles.
DéfinitionsPar ailleurs, les entreprises de 1998
sont proportionnellement plus nom- Taux de création annuel moyen 1998-2001 : rapport entre le nombre annuel moyen d'entre-
prises créées ou reprises au cours des années 1998 à 2001 au stock annuel moyen d’entreprisesbreuses à être toujours actives trois
existantes sur la période.ans après leur création que celles
Taux de survie à 3 ans : rapport entre le nombre d’entreprises créées ou reprises au premiercréées en 1994 (panel précédent de
semestre 1998 et qui ont atteint leur troisième anniversaire à l’ensemble des entreprises créées
l’enquête). Leur nombre de départ est
ou reprises au premier semestre 1998.INSEE BOURGOGNE N°106-Novembre2003-2,20euros
moins important (1 865 entreprises celles du créateur, ce sont les carac- services ont à peu près les mêmes
er
nouvelles au 1 semestre 1994) et elles téristiques du projet d’entreprise qui chances de réussite, celles de l’indus-
ont bénéficié d’une conjoncture écono- comptent. La clé de longévité se trouve trie ou de la construction ont 1,8 fois
mique plus favorable avec notamment d’abord dans les moyens consacrés plus de chance d’être actives trois ans
une croissance économique soutenue au lancement du projet. Le montant du après leur création que les autres.
en 2000. capital de départ est un premier indi- En termes de survie, reprendre une
Sur 100 entreprises créées en Bour- cateur. entreprise existante est également plus
gogne en 1998, 30 sont des reprises, A profil identique (même secteur sûr que de la créer de toutes pièces et
41 s’inscrivent dans le secteur des ser- d'activité, mêmes moyens financiers, les sociétés résistent mieux que les
vices contre 33 dans le commerce et même âge du créateur...), les entre- entreprises individuelles : dans chacun
seulement 25 dans l’industrie ou la prises dans lesquelles ont été investis des cas, les chances de réussir sont
construction. Plus des deux tiers sont plus de 76 225€ (7 % des jeunes entre- multipliées par 1,5 environ. Enfin, en
des entreprises individuelles. Concer- prises) ont 4,3 fois plus de chances de Bourgogne, si la création d’entreprise
nant le profil des créateurs, 31 % sont rester active 3 ans après leur création est plus dynamique en milieu urbain
des femmes, 26 % ont moins de 30 ans, que celles dont le capital de départ est qu’en milieu rural, à l’inverse, les entre-
30 % sont d’anciens employés et 48 % inférieur à 15 245 €. Mais les entre- prises implantées dans l’espace à domi-
étaient sans emploi ou inactifs juste prises au capital de départ plus élevé nante rurale ont de plus grandes chances
avant la création. (supérieur à 15 245€) ont eu plus de survie que celles de l’urbain.
souvent recours à l’emprunt bancaire
que les autres entreprises (au capitalLongévité plus grande L’expérience joue
inférieur à 15 245€) : 72 % contre 28 %.
un rôle favorableavec un projet solide Le secteur d’activité est aussi un
facteur déterminant dans la pérennité
Pourquoi un créateur a-t-il réussi à de l’entreprise. Si, à profil identique, Le profil du créateur joue lui aussi sur
pérenniser son entreprise ? Plus que les entreprises du commerce et des le succès de l’entreprise. L’expérience
Des moyens financiers élevés assurent une meilleure longévité
Critères entreprise Chances de survie Critères créateur Chances de survie
Moyens financiers Age
Inférieur à 15 245€ 1,0 Moins de 30 ans 0,7
Entre 15 245 et 76 225€ 1,8 De 30 à 39 ans 1,0
Supérieur à 76 225€ 4,3 De 40 à 49 ans 1,6
50 ans et plus 1,0
Secteur d’activité
Industrie-construction 1,8 Activité antérieure à la création
Commerce 1,0 En activité 1,0
Services 1,0 Sans activité ou chômeur 0,6
Type de création Diplôme le plus élevé
Reprise 1,7 Peu ou pas de diplôme 0,7
Création pure 1,0 Diplôme professionnel 1,0
Diplôme général 1,0
Forme juridique
Expériences antérieures à la créationEntreprise individuelle 1,0
Dans la même activitéSociété 1,5
ou une activité proche 1,4
Activité totalement différente 1,0Implantation dans l'espace à dominante
Compétences multiples 1,0Urbaine 1,0
Rurale 1,5
Source : INSEE - Enquête SINE 1998, vagues 1998 et 2001.
Note de lecture : L’interaction des différents facteurs sur la durée de vie des entreprises rend difficile la mesure de l’influence de chacun d’entre eux.
Une approche a été mise en œuvre à l’aide d’un modèle de régression logistique (LOGIT), pour mesurer l’effet de telle ou telle variable sur la survie
de l'entreprise en contrôlant celui des autres variables. Pour chaque caractéristique, la chance de survie est étudiée par rapport à une situation de
référence (en italique dans le tableau). Ainsi, “le créateur de référence” est âgé de 30 à 39 ans, il a créé son entreprise dans le secteur du commerce, etc.
Plus le coefficient est élevé (supérieur à 1), plus la probabilité est forte que l’entreprise atteigne son troisième anniversaire ; plus il est faible (inférieur à 1),
plus la probabilité est faible qu'elle atteigne son troisième anniversaire. Une valeur de 1 signifie que la modalité n’a pas d’influence ou une influence
non significative par rapport à la situation de référence.
© INSEE Bourgogne - 2003 - Pérennité des entreprises créées en 1998 2INSEE BOURGOGNE N°106-Novembre2003-2,20euros
déjà acquise favorise la longévité de la Emploi : le dynamisme des entreprises qui survivent
jeune entreprise. En effet, les nouveaux compense en grande partie les pertes de celles qui ont disparu
entrepreneurs âgés de 40 à 49 ans ont
1,6 fois plus de chance de pérenniser
3 000
leur entreprise que la génération des Nouvelles entreprises de 1998 disparues au 30/09/2001 de 1998 encore actives au 30/09/200130-39 ans. A l’inverse, les jeunes créa-
2 500teurs de moins de 30 ans ont plus de
difficultés à maintenir leur entreprise.
2 000A profil de création identique, les
créateurs sans activité (étudiant, fem-
me au foyer, etc.) ou chômeurs anté- 1 500
rieurement à la création ont 0,6 fois
moins de chances de pérenniser leur 1 000
entreprise. Pour les créateurs actifs
juste avant la création, les taux de
500
réussite sont encore meilleurs lorsque
l’activité exercée précédemment est
0proche de celle de la création. Emploi Emploi Emploi Emploi Emploi Emploi
au au au au au auUn autre élément d’expérience est
30/09/1998 30/09/2001 30/09/1998 30/09/2001 30/09/1998 30/09/2001
la possession ou non d’un diplôme.
Ensemble Création pure Reprise
Ne pas avoir de diplôme ou seulement
Source : INSEE - Enquête SINE 1998, vagues 1998 et 2001.le CEP (Certificat d’Études Primaires)
ou le BEPC (Brevet Premier
DéfinitionsCycle ou Brevet des Collèges), soit un
quart des nouveaux créateurs, amoin-
Créations pures : entreprises juridiquement et économiquement nouvelles.
drit les chances de survie de l’entre- par reprise : entreprises nouvelles mais dont les moyens de production
prise. En revanche, les créateurs ayant
ont été repris totalement ou partiellement à une entreprise qui existait déjà.
un diplôme professionnel obtiennent
Emplois salariés : dirigeants salariés, emplois à temps plein ou partiel, à contrat à durée
des résultats identiques à ceux ayant indéterminée ou déterminée. Sont exclus les apprentis, stagiaires et contrats de qualification,…
un diplôme général.
Emplois non salariés : dirigeants non salariés, conjoints collaborateurs et aides familiaux.
Une entreprise peut regrouper plusieurs personnes non salariées. A l’inverse, elle peut n’en avoir
aucune si le dirigeant est salarié.Emploi : dynamisme
des créations pures
créateur (cadre, employé, etc.) n’in- 700 emplois, non salariés pour la plu-
Certains facteurs n’ont pas d’in- fluent pas dans la réussite d’un projet. part, entre autres celui de leur dirigeant.
fluence ou une influence non significa- Les 1 407 entreprises créées au Les créations pures qui ont résisté
er
1 semestre 1998 comptaient près de se sont montrées les plus dynamiques :tive sur la longévité d’une jeune
2 700 emplois dont 1 469 non salariés, elles passent de 1 072 à 1 462 emplois.entreprise. A profil identique, les entre-
correspondant le plus souvent au Quant aux reprises, elles ont pérenniséprises ayant obtenu au moins une aide
poste du créateur d’entreprise. environ un millier d'emplois.publique sous la forme d’exonérations
ou de subventions ont les mêmes Trois ans plus tard, les 931 entre-
chances de réussite que celles qui n’en prises toujours actives représentent un
Fabrice Loones (INSEE).ont pas obtenu, encore que l'on puisse peu plus de 2 400 emplois. Elles ont
se demander si celles qui ont été aidées créé 450 emplois supplémentaires,
seraient encore actives sans cette aide. salariés surtout.
Enfin, toujours à profil identique, le De leur côté, les entreprises disparues
sexe et la qualification préalable du ont entraîné la suppression de plus de
Méthodologie
Une enquête pour suivre la vie des entreprises
Le Système d’Information sur les Nouvelles Entreprises (SINE) a pour objectif de suivre pendant cinq ans les entreprises nées une même année,
par le biais de trois enquêtes directes par voie postale. La première intervient dès les premiers mois de la création, la seconde après trois ans d’activité
et la troisième cinq ans après la naissance. Cette étude utilise les résultats des deux premières interrogations réalisées en septembre 1998 et en
septembre 2001 auprès d’un échantillon d’entreprises créées ou reprises au premier semestre 1998. Ces entreprises font partie des secteurs de
l’industrie, de la construction, du commerce et des services, à l’exclusion des activités financières et de l’agriculture.
La cessation juridique de l’entreprise ne signifie pas toujours sa disparition. Une part des entreprises créées survivra sous une nouvelle forme ou avec un
nouvel entrepreneur.
© INSEE Bourgogne - 2003 - Pérennité des entreprises créées en 1998 3INSEE BOURGOGNE N°106-Novembre2003-2,20euros
L’artisanat : de meilleurs résultats dans le secteur alimentaire et le bâtiment
erAu 1 semestre 1998, 534 nouvelles entreprises artisanales ont vu le jour, soit 38 % des nouvelles entreprises (l’artisanat
représente 41 % des entreprises existantes). Par rapport aux entreprises non artisanales, ces entités s’implantent davantage en
milieu rural (35 % contre 28 %), sont davantage des entreprises individuelles (71 % contre 65 %), des créations ex-nihilo
(73 % contre 68 %) et elles obtiennent plus souvent au moins une aide publique (51 % 25 %). 43 % de ces nouvelles
entreprises se créent dans le secteur de la construction. 38 % des créateurs d’entreprises artisanales sont des ouvriers et 60 %
ont un diplôme professionnel (CAP, BEP ou un baccalauréat technique ou professionnelle) contre respectivement 8 % et 37 %
pour les entreprises non artisanales.
Taux de survie des entreprises artisanales suivant leur activité
Entreprises Nombre Taux
créées d’entreprises de survie
er
au 1 semestre pérennes à 3 ans
1998 3 ans après (en %)
Entreprises non artisanales 873 566 65 artisanales 534 411 77
dont Bâtiment 229 179 78
Transport, réparation
150 103 69
et autres services
Secteur alimentaire 76 63 83
Source : INSEE - Enquête SINE 1998, vagues 1998 et 2001.
Cette plus grande longévité s'explique par le fait que les entreprises artisanales créées sont davantage constituées de
reprises, orientées vers le secteur de l'alimentaire ou le bâtiment, mieux implantées dans l'espace rural et bénéficiant de moyens
financiers plus importants, autant de facteurs favorables à la pérennité. A profil de création identique, la différence de survie
est nulle.
Au 30 septembre 1998, 1 151 emplois dont 565 salariés ont été créés par les jeunes entreprises artisanales, soit 43 % de
l’emploi total créé par l’ensemble des nouvelles entreprises et 46 % en emplois salariés. Entre le 30 septembre 1998 et 2001,
l’emploi stagne dans les entreprises artisanales, mais celles qui sont toujours actives au 30 septembre ont contribué pour moitié
à la hausse de l’emploi (228 emplois supplémentaires sur les 453 créés au total).
INSEE - BOURGOGNEPOUR EN SAVOIR PLUS
2, rue Hoche - BP 1509
- Nouvelles entreprises de Bourgogne : la génération 1998, 3 ans après- 21035 Dijon Cedex
INSEE Bourgogne Dimensions Résultats Statistiques n°41 - novembre 2003 - Tél : 03 80 40 67 67
à paraître. Fax : 03 80 40 68 00
Directrice de la publication : Véronique Moyne- Les créateurs d’entreprises en 2002 : un créateur sur trois était au chômage
Chef du Service Études et Diffusion :au moment de la création - INSEE Première n°928 - octobre 2003.
Christian Bonsacquet-L’impact sur l’emploi des créations d’entreprises - INSEE Première n°917 -
Rédactrice en chef : Christine Ricciaoût 2003.
Maquette PAO : Sylvie Renaud
- Entreprises créées en 1998 : 69 % d’entre elles toujours actives 3 ans après Abonnement :
- INSEE Bourgogne Dimensions Résultats Statistiques n°39 - avril 2003. 8 numéros par an + Bilan économique
- 30 % de femmes parmi les créateurs d’entreprises - INSEE Première n°887 - et social annuel : 22 euros abonnement France
mars 2003. 27 euros abonnement étranger
2,20 euros le numéro- Jeunes entreprises : des chances de survie inégales - INSEE Bourgogne
Impression : AZ Média - ChenôveDimensions n°80 - mars 2001.
Dépôt légal : à parution
ISSN 1246-483 X
Les INSEE Première, les INSEE Bourgogne Dimensions et les notes de Code Sage D0310616
conjoncture figurent dès parution sur le site internet de l’INSEE : www.insee.fr.  INSEE 2003
© INSEE Bourgogne - 2003 - Pérennité des entreprises créées en 1998 4

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