Une progression modérée du nombre d'établissements en Bretagne (Octant n° 100)

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Entre 1993 et 2002, le nombre d'établissements du champ de l'industrie, du commerce et des services a moins augmenté en Bretagne que dans l'ensemble du pays. C'est plus la taille des structures qui s'accroît. Avec la bonne tenue de l'industrie et l'essor des services, la structure de l'appareil productif breton se rapproche de la moyenne nationale. Son développement est favorisé à l'est et au sud de la région par la croissance des services, auprès des entreprises comme des particuliers.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Entreprises
Une progression modérée
du nombre d’établissements
en Bretagne
Entre 1993 et 2002, le nombre d’établissements du champ
de l’industrie, du commerce et des services a moins
augmenté en Bretagne que dans l’ensemble du pays.
C’est plus la taille des structures qui s’accroît.
Avec la bonne tenue de l’industrie et l’essor des services,
la structure de l’appareil productif breton se rapproche
de la moyenne nationale. Son développement est favorisé
à l’est et au sud de la région par la croissance des services,
auprès des entreprises comme des particuliers.
ur le champ de l’industrie, du com- Progression de 7 % 10 % d'établissements supplémen-Smerce et des services (ICS), l’appa- taires, la part du tertiaire dépasse désor-dans le tertiaire
reil productif breton se développe mais les trois quarts. Les établissements
moins qu'au niveau national : de 1993 commerciaux restent les plus nombreux
à 2002, le nombre total d'établisse- La variation du stock d'établissements en Bretagne comme France entière : ils
ments a augmenté de 4,4 % contre représentent toujours plus d’un établis-est très différente selon les secteurs
6,3 % dans l’ensemble du pays. Cepen- d'activité. Dans le tertiaire, la progres- sement sur quatre. C’est pourtant dans
dant cet écart s'explique surtout par ce secteur que leur nombre a le plus di-sion est de 7,2 % aussi bien en Bretagne
l'importance et le dynamisme de la ré- que dans le reste de la province et le minué. Au plan national, le secteur des
gion Île-de-France. Le nombre d'éta- transports a également perdu des éta-secteur représente en 2002 près des
blissements n’a progressé que de 4,3 % trois quarts des établissements. Malgré blissements. En revanche, le nombre
dans l’ensemble des régions de d’établissements a augmenté dans tou-cette progression, l’écart se creuse légè-
province. rement avec l’Île-de-France où, avec tes les activités de service en Bretagne.
Octant n° 100 - janvier 2005 39Entreprises
Part des établissements selon le secteur d’activité en Bretagne et en France Baisse de 3 % dans l’industrie
Bretagne Province France
Le nombre d'établissements du secteur2002 1993 2002 2002
secondaire, hors énergie, est en baisse
Agroalimentaire 3,9 4,3 3,2 2,7 au niveau national comme au niveau
Biens de consommation 2,4 2,5 2,5 3,0 régional. Avec 3 % d'établissements de
Automobile 0,1 0,1 0,1 0,1 moins en 10 ans, la Bretagne subit tou-
tefois une érosion une fois et demiBiens d'équipement 2,0 2,0 1,9 1,7
moins forte qu'en France. La région seBiens intermédiaires 2,4 2,7 3,1 2,7
distingue particulièrement dans trois
Énergie 0,3 0,2 0,4 0,4
secteurs : alors que dans l’ensemble du
Construction 14,4 15,7 13,0 12,0 pays, la baisse touche toutes les activi-
Commerce 26,6 28,8 27,6 27,1 tés industrielles et la construction, le
Transports 3,5 3,7 3,6 4,0 nombre d'établissements bretons rele-
Activités immobilières 2,0 1,5 2,6 2,9 vant des biens d’équipements, des biens
de consommation et de l’automobile aServices aux entreprises 12,0 9,2 13,6 16,4
augmenté entre 1993 et 2002.Services aux particuliers 17,4 18,2 15,8 15,2
Education, santé 13,0 11,1 12,6 11,8
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Une structure désormais
Source : Insee, Sirene proche du schéma national
Au final, la structure du tissu des établis-
sements ICS s'est un peu déformée en
10 ans. Elle se rapproche progressive-
ment de la structure nationale. Néan-
moins la Bretagne se distingue toujours
par une présence plus forte des secteurs
de la construction, des services aux par-
ticuliers, de l'éducation-santé et de
l'agroalimentaire. L'écart se réduit ce-
pendant pour les deux premiers. A l'in-
verse, le secteur des services aux entre-
prises accroît son retard sur le niveau
national.
Stock d’établissements par secteur en Bretagne
Les activités immobilières :
Commerce un secteur dynamique
Services aux particuliers
L’évolution du stock d'établissementsConstruction
des différents secteurs ne suffit pas à
rendre compte de toute la dynamiqueÉducation, santé
du tissu d'entreprises. Ce solde résulte
Services aux entreprises en effet de créations et disparitions plus
ou moins nombreuses selon les secteurs
Agroalimentaire d’activité. En Bretagne, plus de 14 %stock début 2002
des établissements tournés vers l’activi-
Transports stock début 1993
té immobilière disparaissent chaque
année. Pour autant, ces cessations ne
Biens intermédiaires
sont pas dues à un déclin de l’activité
car elles sont plus que compensées parBiens de consommation
les créations : plus de 16 % par an en
moyenne. Avec les activités de servicesBiens d'équipement
et de commerce, elles font partie des
Activités immobilières secteurs où les taux d’entrée sont les
plus élevés. A l’opposé dans les secteurs
Énergie de l’automobile et de l’énergie, plus de
95 % des établissements subsistent
Automobile d’une année sur l’autre.
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 35 000
Source : Insee, Sirene
40 Octant n° 100 - janvier 2005Entreprises
Un tissu d’établissements Taux annuel moyen d'entrée et de sortie par secteur en Bretagne (en %)
plus stable que France entière
16
Activités immobilièresL’appareil productif se révèle néan-
Biens de consommation14
Commercemoins plus stable en Bretagne qu’au ni-
Services
Transports auxveau national. La santé est le seul sec-
particuliers Services12 Constructionteur où les taux d’entrée et de sortie sont aux
EnsembleBiens d'équipement entreprises
plus élevés qu’en France.
Biens10 intermédiaires
Agroalimentaire
Éducation, santéLa structure économique de l’appareil
8productif influe sur son dynamisme ou
sa stabilité.C’est l’effet structurel : les
régions davantage orientées vers les 6
services, où le taux de rotation des éta- Automobile
blissements est plus élevé,présenteront 4 Énergie
des taux d’entrée et de sortie plus forts
qu’une région industrielle ; cela joue
2
aussi sur la variation du stock d’établis-
sements. Si on élimine cet effet, on peut
0
alors mesurer le dynamisme propre de
46 8 10 12 14 16 18la région, que l’on appellera effet
géographique. Taux d’entrée
Source : Insee, SireneIsoler ces deux effets permet donc de
décomposer l’évolution du tissu pro-
ductif. Au final, c’est davantage l’effet Lecture : dans le secteur de l’énergie, environ 7 % des établissements sont créés chaque annéeen
moyenne ; de même, 3 % cessent leur activité.géographique que la structure écono-
mique des régions qui explique l’évolu-
tion du stock d’établissements. L'Île-
de-France a cependant un effet structu-
rel important alors que l’effet géogra-
phique est nul. Pour la province, l'effet
géographique est fort dans les régions
du sud (Provence-Alpes-Côte d'Azur,
Corse, Languedoc-Roussillon, Midi-Py-
rénées et Aquitaine), ainsi que dans les
départements et territoires d’Outre-mer.
L'Alsace et les Pays de la Loire connais- Évolution du nombre d'établissements bretons
sent aussi un dynamisme particulier par zone d’emploi entre 1993 et 2002
tandis que la Bretagne ne présente pas
d’effet géographique significatif.
20
Des structures plus grandes 15
Vannes Rennes
En Bretagne, alors que la progression du Auray10
Vitrénombre d’établissements est de 4,4 %
Saint-Maloentre 1993 et 2002 (+ 5 000), celle de LannionRedonl’emploi s’établit à 20 %. La région est Évolution Bretagne = 4,4 %5
Saint-BrieucDinanainsi l'une des trois plus dynamiques,
Brestaprès les Pays de la Loire et le Guingamp
Ploërmel0Languedoc-Roussillon. Lorient
QuimperMorlaix
Fougères
C’est donc l'augmentation du nombre Pontivy-Loudéac
-5de salariés par établissement plus que la
hausse du nombre d'établissements qui Carhaix
est la cause de ce dynamisme. Ainsi,
-10
alors que la taille moyenne des établis-
0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000sements est stable à 4,9 salariésauni-
Nombre d’établissementsveau national, elle a progressé de 4,3 à
4,9 dans la région. Cette augmentation
Source : Insee, Sirene
explique les trois quarts de la croissance
de l'emploi dans les établissements du
champ ICS, contre à peine un tiers Lecture : en 2002, la zone d’emploi de Rennes comptait environ 22 000 établissements, soit 13 %
France entière (le dernier quart étant dû de plus qu’en 1993.
Octant n° 100 - janvier 2005 41
Évolution (%)
Taux de sortieEntreprises
Part des établissements présents à la hausse du nombre d'entreprises). En à celui des sorties (16,3 % contre
d’une année sur l’autre*, en Bretagne Poitou-Charentes, la proportion est en- 14,7 %). C’est plus le dynamisme liéà
core plus forte puisque neuf nouveaux sa position géographique que sa struc-
% emplois sur dix s’expliquent par l’ac- ture économique qui joue dans ce
croissement de la taille des structures développement.Agroalimentaire 90,1
productives.
Biens de consommation 86,5
La zone d’emploi de Rennes, concen-
Automobile 95,3 trant déjà sur son territoire un établisse-
Biens d'équipement 88,7 ment breton sur cinq, continue son es-Une forte hausse
Biens intermédiaires 89,9 sor et talonne la zone de Vannes avecdans la zone de Vannes
un stock d’établissements en hausse deÉnergie 96,8
13 %. Cette progression résulte autantConstruction 88,4
Le nombre total des établissements du de la structure de son appareil productif
Commerce 86,9 champ ICS n’a pas évolué de la même que de tous les autres facteurs entrant
Transports 87,3 façon sur l’ensemble du territoire. Sept dans l’effet géographique (proximité de
Activités immobilières 85,9 zones d’emploi affichent une progres- la capitale régionale, attractivité de la
sion supérieure à la moyenne bretonne, zone…). En effet, ce territoire se carac-Services aux entreprises 87,3
dont quatre sont situées en Ille-et- térise par un fort développement dansServices aux particuliers 87,3
Vilaine. deux secteurs : celui de l’éducation-
Éducation, santé 90,1
santé,où le nombre d’établissements a
Ensemble 88,0 C’est dans la zone d’emploi de Vannes augmenté de 30 %, et celui des services
que la progression est la plus forte avec aux entreprises qui s’est accrû de moi-
* Taux de stabilité annuel moyen
15,6 % d’établissements supplémentai- tié. En termes d’établissements, la part
Source : Insee, Sirene
res entre 1993 et 2002 (dont 43 % dans de ce dernier secteur passe ainsi à 17 %
les services aux entreprises). Le taux an- et se place en deuxième position der-
nuel moyen d’entrée y est très supérieur rière le commerce.
Méthodologie
Le champ ICS est le champ économique utilisé pour la statis- Les études descriptives font apparaître de nettes divergences
tique courante d'entreprise. Il couvre les activités économi- entre les zones géographiques pour l’ensemble des indica-
ques marchandes des secteurs de l'industrie, de la construc- teurs démographiques. Taux de création, taux de cessation…
tion, du commerce et des services, à l'exclusion des activités la valeur de ces indicateurs diffère fortement selon les territoi-
financières. L'agriculture est également exclue. res. A quoi sont dus ces écarts ? Un fort taux de création est-il
synonyme d’un plus fort dynamisme local ? S’explique-t-il au
On définit pour un secteur d'activité et pour une année contraire par un tissu sectoriel plus favorable à la rotation des
donnée les indicateurs suivants, basés sur les comptages établissements ?
d’établissements (l’indice i correspond au secteur d'activité et
l’indice t à l’année d’étude) : L’analyse structurelle-résiduelle permet de décomposer les
écarts entre zones géographiques en deux principaux effets :
Nombre total d’établissements du secteur i au début de un effet structurel prenant en compte la structure écono-
l’année t : NT (t) mique, en termes de secteurs d’activité, qui diffère entre les
i
zones et un effet résiduel ou géographique, lié aux caractéris-
Nombre d’établissements créés ou entrant dans le tiques de la zone, en termes de dynamisme local. L'analyse
champ ICS au cours de l’année t : NE (t)
i compare les effets pour chaque zone, par rapport à la structure
régionale (où effet structurel = effet résiduel = 0) ; elle permet Nombre d’é ayant disparu ou sortant du
d’apporter une réponse aux questions suivantes :champ ICS au cours de l’année t : NS (t)
i
- Les différences constatées entre les zones s’expliquent-ellesOn définit alors les taux suivants pour l’année t :
par des structures sectorielles différentes de leur système pro-
ductif ou par une plus grande vitalité de certaines zones ? Taux d’entrée (de création) des établissements :
NE()tiTE()t = - Comment se décomposent les différences de taux d’entréeet
i NT()t
i de sortie des établissements entre territoires : composante sec-
torielle et composante purement géographique ?
Taux de sortie (de cessation) des établissements :
NS()t
i Pour une description plus détailléedel’analyse géographiqueTS()t =i
NT()t – structurelle et une présentation des hypothèses de calcul, oni
peut se référer au livre d’Hubert Jayet ; Analyse Spatiale Quan-
Taux de stabilité des établissements : titative : une introduction, Paris : Economica, 1993.
TST (t) = 1 - TS (t)i i
42 Octant n° 100 - janvier 2005Entreprises
La structure économique du territoire de leur activitéétant moins favorable.
brestois contribue positivement à l’aug- Les zones de Vitré et Redon bénéficient Pour en savoir plus
mentation du nombre d’établissements indirectement de la position dominante
grâce notamment aux secteurs de l’édu- du bassin rennais. Des entreprises en constant renou-
cation-santé (+15 %) et celui des servi- vellement/ Denis Quenelle et Be-
ces aux entreprises (+26 %). Ces sec- Pontivy-Loudéac, Fougères, Morlaix et noît Mulkay, Insee, Direction régio-
teurs représentent maintenant à eux Carhaix voient baisser le nombre d’éta- nale de Midi-Pyrénées, in 6 pages
deux plus d’un établissement sur quatre blissements dans leur zone. La baisse va N° 69 - décembre 2003 ;
dans la zone. de 2 % pour Fougères à 8,3 % pour Car- Démographie des établissements :
haix. C’est autant leur situation géogra- un fort renouvellement, mais un
phique que leur structure économique impact plus limité sur l’emploi/
qui contribuent à cette réduction, pourDe bons résultats Laurent Auzet ; Insee, Direction
ces territoires peu attractifs. Le nombre régionale de Lorraine, in Economiedans les zones touristiques
d’établissements dans les secteurs du lorraine : magazine d’information
commerce, des services aux particu- économique et sociale ; N° 2 -
Sur le littoral nord, la zone de liers, de la construction, de l’agroali- février 2004.
Saint-Malo est attractive et son stock mentaire, des biens de consommation
d’établissements progresse dans les mê- est en diminution sensible. Comme ail-
mes secteurs que Rennes : services aux leurs, dans les secteurs des services aux
entreprises (+ 40 %) et éducation-santé entreprises et de l’éducation-santé,le
(+ 18 %). Sur le territoire d’Auray, autre stock d’établissements s’accroît.
pôle touristique de la région, le nombre
d’établissements n’augmente que dans
les secteurs des services aux particuliers
et des activités immobilières. Les zones
d’emploi de Vitré, Redon et Lannion
doivent également leur progression à Serge LE GUEN
leur situation géographique, la structure Mickaël RAMONET
Octant n° 100 - janvier 2005 43

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