Obésité et asthme, deux pathologies en développement chez l'enfant, étudiées à travers les bilans de santé scolaire

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Avant l'entrée des enfants à l'école primaire, les médecins et infirmières du ministère de l'Éducation nationale réalisent un bilan de santé. Selon une enquête réalisée en 1999-2000 à partir d'un échantillon de 30 000 élèves ainsi examinés, 14 % des enfants de 6 ans présentent une surcharge pondérale, dont 4 % une obésité et 10 % un surpoids modéré. Les enfants des grandes agglomérations et des zones d'éducation prioritaires (ZEP) sont plus fréquemment en surpoids que ceux habitant des communes rurales. L'asthme touche de façon plus ou moins sévère entre 6 % et 12 % des enfants et davantage les garçons.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Santé 5
Obésité et asthme, deux pathologies
en développement chez l’enfant,
étudiées à travers les bilans
de santé scolaire
Gérard Badeyan, Nathalie Guignon*
Avant l’entrée des enfants à l’école primaire,
les médecins et infirmières du ministère de l’Éducation nationale
réalisent un bilan de santé. Selon une enquête réalisée en 1999-2000
à partir d’un échantillon de 30 000 élèves ainsi examinés,
14 % des enfants de 6 ans présentent une surcharge pondérale,
dont 4 % une obésité et 10 % un surpoids modéré.
Les enfants des grandes agglomérations et des zones d’éducation
prioritaires (ZEP) sont plus fréquemment en surpoids
que ceux habitant des communes rurales.
L’asthme touche de façon plus ou moins sévère entre 6 %
et 12 % des enfants et davantage les garçons.
a santé des jeunes en- statistiques générales (enquêtes peu d’étudier des pathologies
fants était jusqu’à présent déclaratives en population géné- dont la prévalence s’accroît de fa-L surtout connue à travers rale, données hospitalières, affec- çon préoccupante ces dernières
les pathologies les plus graves ou tions de longue durée, données années comme l’asthme et l’obé-
donnant lieu à des épisodes ai- de mortalité de l’Inserm). Or, ces sité. Pour améliorer cette
gus, ainsi qu’à partir des sources sources ne permettent pas ou connaissance, le réseau des
* Nathalie Guignon fait partie de la Drees du ministère des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité et du ministère de la Santé, de la
Famille et des Personnes handicapées, comme Gérard Badeyan au moment de la rédaction de cet article.
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médecins et infirmières de la de « légère » ou « modérée ».L’importance croissante
mission de promotion de la san- Sur le plan clinique, l’obésité sede l’obésité
té, qui réalise des examens de définit comme un excès de grais-
chez les enfants
santé périodiques, a été sollicité ses corporelles stockées dans le
dans le cadre d’un cycle triennal tissu adipeux sous forme de tri-
d’enquêtes en milieu scolaire (en- La surcharge pondérale corres- glycérides. Comme il n’est pas
cadré 1). L’enquête auprès des en- pond à un excès important de possible de mesurer simplement
fants des grandes sections de masse grasse. En cas de sur- la part de ces graisses « dans la
maternelles (encadré 2), dont les charge pondérale sévère, on parle composition corporelle », divers
résultats font l’objet de l’article, d’obésité, sinon elle est qualifiée outils d’évaluation indirecte de la
est la première de ce cycle.
Encadré 1
Enquête sur les bilans
Un cycle triennal d’enquêtes en milieu scolaire
de santé préalables
Il s’agit d’une série d’enquêtes me- La première de ces enquêtes a euà l’entrée à l’école
nées par les médecins et infirmiè- lieu au cours de l’année scolaire
primaire res de la mission de promotion de 1999-2000 auprès d’un échantillon
la santé auprès de trois généra- d’élèves de grande section de ma-
tions d’enfants issus des classes de ternelle, la deuxième, auprès d’un
eDans le cadre des missions du grande section de maternelle, de échantillon d’élèves de classe de 3
ecours moyen 2 année (CM2) et de au dernier trimestre de l’annéeservice de la médecine scolaire
eclasse de 3 , initiée en 1999 par le scolaire 2000-2001. La suivante afigure la réalisation d’un bilan de
ministère de l’Emploi et de la Soli- concerné les classes de CM2 au
santé systématique préalable à
darité (Direction générale de la cours de l’année scolaire
l’entrée des enfants à l’école pri- santé et Drees) et le ministère de 2001-2002. Un nouveau cycle sur
maire. Son objectif est le dépis- l’Éducation nationale, de la Re- trois ans se reproduira à l’iden-
cherche et de la Technologie (Di- tique, à partir de l’année suivante,tage et le signalement aux
rection de l’enseignement scolaire assurant ainsi la production régu-parents d’éventuels problèmes de
et DPD) avec comme partenaire lière de données sur la santé des
santé. L’examen clinique peut l’Institut de veille sanitaire. enfants.
permettre de déceler, en particu-
lier, des troubles de la croissance
ou une pathologie chronique né-
cessitant une prise en charge ou
Encadré 2une surveillance particulière,
dont l’objectif est de permettre à Un échantillon conséquent de 30 000 élèves pour l’enquête
l’enfant de mener avec succès sa 1999-2000 sur les bilans de 6 ans
scolarité. Ainsi, l’Éducation na-
Un échantillon comportant 1 675 enfants examinés avaient entretionale a pris des mesures pour
écoles a été tiré au sort par la Di- 5 ans et 6 ans et demi (âge moyen :faciliter la prise en charge des
rection de la programmation et du 5 ans et 8 mois).
enfants et adolescents atteints de développement (DPD) du minis- Les non-réponses dues à l’ab-
troubles de santé (maladie chro- tère de l’Éducation nationale à sence d’enfants lors de l’examen
partir de la base de sondage des sont très peu nombreuses (5 %).nique, allergie et intolérance ali-
écoles publiques et privées de La taille importante de l’échantil-mentaire) évoluant sur une
France métropolitaine et des Dom. lon et le faible volume des non-ré-
longue période.
Le sondage a été réalisé par tirage ponses conduisent à une faible
aléatoire d’écoles avec une stratifi- incertitude de sondage. À titre
L’enquête prend appui sur les exa- cation par département, l’en- d’illustration, on a estimé que des
semble des élèves des grandes phénomènes tels que la préva-mens réalisés dans le cadre de ce
sections des écoles sélectionnées lence de l’asthme ou celle du sur-bilan auxquels sont ajoutés des
étant ainsi enquêtés. Le question- poids, qui se situent aux
questionnements spécifiques à l’en- naire a été renseigné pour environ alentours de 10 %, sont connus
quête, en fonction de préoccupa- 30 000 élèves, soit 4,5 % des en- à ±0,3 % près. Plus de 95 % des
fants scolarisés dans les écoles pu- enfants avaient leur carnet detions actuelles de santé publique.
bliques et privées en France santé lors de l’examen et 90 %Ainsi, dans cette première enquête,
métropolitaine ou dans les Dom. étaient accompagnés par au
l’accent a t-il été mis sur des affec-
Les enfants ont été vus soit en fin moins un de leurs parents, ce qui
tions dont l’augmentation préoc- de maternelle soit en début de est un facteur de fiabilité des
cupe les acteurs de santé publique cours préparatoire ; ainsi, les données collectées.
telles que l’obésité et l’asthme.
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corpulence sont utilisés dont l’in- nouvelle définition a toutefois été importante d’enfants en surpoids
dice de Quételet. Ce dernier est élaborée par un groupe de travail ne le restera pas une fois adulte,
plus connu sous l’appellation sous l’égide de l’Organisation l’obésité infantile est un facteur
d’ « indice de masse corporelle » mondiale de la santé. Ces seuils prédictif de l’obésité adulte. Il
(IMC ou BMI pour Body Mass ont été établis séparément pour importe de la repérer tôt, tant en
Index) : il correspond au rap- les filles et les garçons. Une ex- raison de ses conséquences sur la
2 2port poids/taille (kg/m ). Les pertise collective de l’Inserm a qualité de vie de l’enfant qu’en
adultes présentant un indice de examiné en détail l’origine et la tant que facteur de risque ulté-
masse corporelle supérieur ou construction de cet indice (fi- rieur (en particulier en ce qui
égal à 25 sont considérés comme gure 1). concerne les maladies cardio-
ayant une surcharge pondérale ; vasculaires).
lorsqu’il est supérieur ou égal à L’indice de masse corporelle s’ac-
30, ils sont considérés comme croît habituellement au cours de Depuis une dizaine d’année, est
obèses. Pour un enfant, le pro- la première année de la vie pour constatée une augmentation de
blème est plus délicat en raison diminuer ensuite jusqu’à 6 ans. À la prévalence du surpoids en gé-
de l’évolution du rapport entre cet âge, il augmente à nouveau, néral et de l’obésité en particu-
son poids et sa taille au cours caractérisant ce que l’on appelle lier. Entre 1991 et 2001, le
de sa croissance. Il est donc né- « le rebond d’adiposité ». Plus pourcentage de personnes de
cessaire de disposer de seuils l’âge au rebond est précoce, plus plus de 18 ans ayant un indice
différents selon l’âge pour définir le risque de devenir obèse est éle- de masse corporelle supérieur à
2le surpoids et l’obésité. Une vé. Même si une proportion 30 kg/m est ainsi passé de7%à
11 % chez les hommes et de
7,6 % à 10,2 % chez les femmes
Figure 1 - Seuils de surcharge pondérale modérée ou sévère d’après les donnes déclarées par
à l’âge de 6 ans les individus. Cette tendance au
surpoids est d’autant plus préoc-
cupante qu’elle concerne des in-
dividus de plus en plus jeunes.
14 % des enfants
de 6 ans présentent
une surcharge pondérale
modérée ou sévère
Lors du bilan de santé, les don-
nées anthropométriques (taille et
poids) de l’enfant sont relevées.
Ainsi a t-on pu appréhender les
problèmes de surcharge pondé-
rale et d’obésité qui peuvent se
manifester dès le plus jeune âge.
Parmi les enfants examinés,
14 % présentaient une surcharge
pondérale dont 4 % une obésité
et 10 % un surpoids modéré. À
l cet âge, les filles sont plus sujet-
tes aux surcharges pondérales
que les garçons : elles comptent
4,4 % d’obèses contre 3,3 % chez
les garçons et 11,5 % d’entre elles
sont en surpoids modéré contre
8,8 % des garçons. La probabilité
de se trouver en surpoids
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apparaît également plus élevée augmente également la probabili- La fréquence des phénomènes de
pour les enfants uniques ou qui té de se trouver en surpoids à six surpoids croît également avec le
n’habitent pas avec des frères et ans : la proportion d’enfants en degré d’urbanisation (figures 2 et 3),
sœurs (12 % de ces enfants se surpoids est en effet de 17,3 % contrairement à ce qui est cons-
trouvant en surpoids modéré parmi les enfants dont le poids taté pour les générations mascu-
et5%en situation d’obésité) de naissance était supérieur à lines antérieures à travers les
et de façon plus générale pour 3 500 grammes contre 12,3 % données de conscription.
les enfants en situation d’aîné. parmi ceux dont le poids de nais-
Un poids de naissance élevé sance était inférieur à ce seuil. Les enfants habitant des agglo-
mérations importantes et parti-
culièrement les petits franciliens
présentent plus fréquemment un
Figure 2 - Proportion d’enfants en surpoids selon le degré surpoids que les enfants issus des
1d’urbanisation communes rurales (respective-
en %
ment 16,6 % de surpoids contre
12,8 % dont 5 % d’obésitéHors Zone
Zone d’éducation prioritaire 3,6 %). Ces données globalesd’éducation prioritaire
semblent donc refléter d’impor-Type de communes
Surpoids SurpoidsSans Sans tantes différences de modes de
Obésité Obésité
surpoids modéré surpoids modéré vie (habitudes alimentaires, acti-
vités physiques) selon le degré
Moins de 50 000 habitants 87,0 8,8 4,3 86,8 10,1 3,1
d’urbanisation. Cette première
Entre 50 000 et 200 000 habitants 81,4 14,0 4,6 88,0 8,8 3,2
enquête ne permet pas de valider
Entre 200 000 et 2 millions d'habitants 83,8 10,9 5,3 86,2 10,0 3,8
les hypothèses quant aux facteurs
Agglomération parisienne 78,9 14,1 7,0 85,3 10,6 4,1
de risques exogènes (en dehors
1. Les communes rurales n’ont pas été intégrées du fait de la quasi-absence de ZEP dans ce type de des facteurs génétiques) de sur-
communes. poids. Les enquêtes futures pré-
Source : « enquête 6 ans (année scolaire 1999-2000) », Drees-DGS-Desco.
voient une interrogation des
parents sur certaines habitudes
de vie : temps passé devant la té-
Figure 3 - Surcharge pondérale selon le sexe des enfants et la lévision ou les jeux vidéo, habitu-
taille de la commune de résidence des alimentaires.
Une analyse « toutes choses éga-
les par ailleurs » confirme les
liens entre le surpoids et le ca-
ractère urbanisé de la commune
de domicile, le fait d’être une
fille ou d’être le premier de la
fratrie.
Les problèmes de
Figure 4 - Proportion d’enfants en surpoids selon surpoids se rencontrent
la scolarisation en ZEP ou non
plus fréquemment
en ZEP
La proportion d’enfants en sur-
charge pondérale est nettement
plus importante en zone d’éduca-
tion prioritaire (ZEP). Elle atteint
ainsi 17,3 % des enfants de 6 ans
contre 13,3 % dans les autres zo-
nes, ceci étant vrai pour la
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surcharge pondérale sévère particulièrement défavorable nutrition et de santé et sur la fa-
comme pour le surpoids modéré pour les ZEP situées dans l’ag- çon dont elles peuvent se tra-
(figure 4). glomération parisienne. L’écart duire au niveau des enfants
entre filles et garçons est le (encadré 3).
Cette différence ne provient pas même en ZEP et hors ZEP, ce
seulement de l’implantation plus qui conduit à une proportion
fréquente des ZEP dans les zo- d’une fille sur cinq en surpoids L’asthme touche
nes urbanisées. Elle subsiste en en ZEP. de façon plus ou moins
effet lorsque l’on réalise la sévère entre 6 % et 12 %
comparaison entre les ZEP et Compte tenu des caractéristi-
des enfants de 6 ans
les autres zones par tranche ques socio-économiques des
d’unité urbaine ou lorsque l’on ZEP, cette différence attire l’at-
effectue une analyse « toutes tention sur les inégalités sociales L’asthme qui physiologiquement
choses égales par ailleurs ». La qui peuvent exister dans le do- se traduit par une hyperactivité
situation apparaît, à cet égard, maine des comportements de bronchique, est une affection
dont les causes sont multiples.
L’allergie respiratoire joue un rôleEncadré 3
important, surtout chez l’enfant.
Les zones d’éducation prioritaire Selon sa sévérité, l’asthme peut
être intermittent, provoqué parLe seul indicateur socio-écono- revanche, la proportion d’élèves en
mique dont on dispose dans l’en- ZEP peut s’élever jusqu’à 20 % certaines circonstances (effort,
quête est l’appartenance de l’école dans les communes de plus de allergie, etc.) ou persistant. Ses
à une zone d’éducation prioritaire 50 000 habitants et plus de 25 %
manifestations recouvrent des
(ZEP). Cet indicateur recouvre en agglomération parisienne. Cer-
réalités très diverses qui peuventbien sûr des réalités différentes au tains phénomènes ou comporte-
niveau des populations concer- ments de santé différant aller de la simple gêne respira-
nées. L’absence d’informations dé- notablement selon le degré d’urba- toire à la crise avec une sen-
taillées sur chacun des élèves nisation, les différences entre ZEP sation d’étouffement. Cette pa-
enquêtés, notamment la profession et non ZEP ont été comparées
thologie peut, lorsqu’elle est sé-des parents, lui donne un caractère pour chaque tranche de taille
vère, porter atteinte à la qualitéinévitablement réducteur. Néan- d’unité urbaine.
moins, le classement d’établisse- Les différences sociales dans la de vie des personnes. Ainsi, trois
ments en ZEP reflète des composition socio-économique de asthmatiques adultes sur dix dé-
différenciations sociales marquées ces zones peuvent être estimées à
clarent être contraints de res-
dans la composition socio-écono- partir des données issues d’un pa-
treindre leurs activités physiquesmique de ces zones. nel de 9 600 élèves de primaire
À la rentrée 1999, 14,7 % des élè- géré par la Direction de la pro- ou professionnelles. Chez l’en-
ves des écoles de métropole grammation et du développement fant, un asthme mal contrôlé
(CP–CM2) étaient scolarisés en du ministère de l’Éducation natio- peut entraîner un absentéisme
ZEP. La part des élèves en ZEP nale. Si l’on considère la CSP de
récurrent et, par suite, un retardvarie de 3,5 % dans l’académie de l’adulte responsable de l’enfant
scolaire. Des traitements sympto-Rennes et 6,4 % dans celles de Poi- (mère ou père selon la situation fa-
tiers et de Limoges à 27,5 % dans miliale), il ne s’agit en ZEP de ca- matiques et de fond efficaces
celle de Paris et 28,2 % dans l’aca- dres et professions intellectuelles existent, mais seraient insuffi-
démie de Créteil. Dans les Dom, ce supérieures que dans 3,7 % des cas
samment prescrits. Ainsi, selon
pourcentage atteint 26,2 %. contre 8,4 % pour les professions
un audit mené auprès de méde-La répartition par sexe des élèves intermédiaires et 56,7 % pour les
est identique en ZEP et hors ZEP ; ouvriers. En dehors des ZEP, ces cins généralistes toulousains, la
leur par âge est aussi proportions sont respectivement gravité de l’asthme serait sous-
très proche, avec un âge moyen su- de 17,5 %, 18,7 % et 34,2 %. Par évaluée chez 12 % des personnes
périeur d’un mois en ZEP. De ce ailleurs, en ZEP, la situation des
et sous traitée dans 16 % des cas.fait, des différences par sexe ou familles est économiquement plus
Une mauvaise observance desâge concernant les indicateurs de difficile : 12,6 % des pères et
santé n’induiront pas d’écarts 13,8 % des mères sont au chômage traitements est également en
entre ZEP et non ZEP. En re- contre 3,4 % et 7,4 % dans les cause, les traitements de fond
vanche, la part des élèves en ZEP autre zones. Cette situation de pré-
sont souvent négligés, les pa-
augmente avec l’urbanisation. Elle carité se trouve accrue lorsque la
tients et leur famille étant insuffi-est très faible en milieu rural, le famille est monoparentale car, en
soutien aux zones en difficulté en ZEP, 16 % des mères élèvent seu- samment ou mal sensibilisés.
milieu rural se faisant par l’inter- les leur(s) enfant(s) contre 9,6 %
médiaire d’autres dispositifs. En hors ZEP. Il semble que la plupart des
asthmatiques contractent leur
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maladie au cours de l’enfance, le cours de la sixième année par la L’asthme affecte davantage les
plus souvent un asthme d’origine mission de promotion de la santé garçons que les filles puisque,
allergique, touchant plus les gar- ne permet pas d’évaluer directe- pour une prévalence globale
çons que les filles. En revanche, ment la sévérité de la pathologie d’asthme diagnostiqué de 6,2 %,
à l’âge adulte, selon l’enquête asthmatique, mais elle permet de les taux sont de 7,4 % pour les
Santé et protection sociale du recenser les asthmes d’ores et garçons et de 4,8 % pour les fil-
Credes, l’asthme concerne davan- déjà diagnostiqués ou traités, en les. Il en est de même pour les
tage les femmes que les hommes. les distinguant des symptômes signes évocateurs d’asthme au
À la puberté, la maladie semble asthmatiques. Les définitions cours des douze derniers mois,
ainsi régresser voire parfois dis- utilisées pour distinguer les qui concernent 7 % des enfants
paraître surtout chez les garçons enfants asthmatiques diagnosti- examinés chez les garçons et
tandis que les filles y deviennent qués (qu’ils soient ou non traités) 5,4 % chez les filles.
plus sujettes que les garçons vers de ceux ayant des signes évoca-
12 ans (respectivement 7,5 % teurs d’asthme ont été établies à L’examen des prévalences de
contre 6,5 %). En 1998, environ partir d’une série de questions l’asthme et des symptômes as-
2 000 décès ayant pour cause issues du questionnaire ISAAC thmatiques selon la taille de
principale l’asthme ont été déplo- (International Study of Asthma l’unité urbaine de résidence fait
rés dont 10 à 20 concernaient and Allergies in Childhood). apparaître des taux dans l’en-
des jeunes de moins de 15 ans. L’enfant a été considéré comme semble légèrement plus élevés
Une augmentation de la fré- asthmatique par le médecin exa- dans les zones les moins urbani-
quence des hospitalisations a minateur lorsque ses parents sées (figure 5), que l’asthme soit
également été observée. Diverses déclaraient que le diagnostic ou non diagnostiqué.
études nationales et internationa- d’asthme avait été prononcé par
les rapportent une augmentation un médecin ou que l’enfant était Les proportions d’élèves pour
de la fréquence de cette patho- traité par broncho-dilatateur ou lesquels l’asthme a été diagnos-
logie ; c’est pourquoi un module corticoïdes inhalés (au cours des tiqué avant l’examen sont pro-
sur l’asthme et les symptômes douze derniers mois). Si l’enfant ches en ZEP (5,9 %) et dans les
asthmatiques a été introduit de avait eu au cours des douze der- autres zones (6,2 %). Les taux
façon systématique dans le cycle niers mois, au moins à trois sont légèrement plus élevés
triennal d’enquêtes en milieu reprises, au moins deux des dans les secteurs les moins
scolaire. symptômes suivants : sifflements urbanisés, et les ZEP étant
ou bronchites sifflantes, gêne essentiellement urbaines, on
Des dispositions particulières vi- nocturne avec difficulté à vider pourrait penser que cette
sant à assurer la prise en charge ses poumons, quinte de toux absence de différence est due à
des enfants et adolescents as- provoquée par l’air froid ou au un effet de structure. Ce résul-
thmatiques et allergiques en mi- petit matin, il était considéré tat reste toutefois vrai lorsque
lieu scolaire ont été récemment comme présentant des symptô- l’on restreint la comparaison
prises par le ministère de l’Édu- mes asthmatiques. aux zones urbaines.
cation nationale. Ces mesures vi-
sent à améliorer l’accès aux
soins d’urgence, faciliter la prise
de médicaments par voie orale,
Figure 5 - Les pathologies asthmatiques chez les enfants de 6 ans,
inhalée et par auto-injection en selon leur sexe et la taille de l’agglomération de résidence
cas d’urgence et permettre aux
enfants souffrant d’allergies ali-
mentaires d’avoir la possibilité
de manger à la cantine scolaire
avec un panier repas. L’objectif
est de permettre à tous les en-
fants de poursuivre une scolarité
normale et d’éviter les situations
discriminatoires.
L’enquête réalisée dans le cadre
des bilans de santé effectués au
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Les proportions d’enfants présen- résultat pourrait cependant nombreux en ZEP, pouvant avoir
tant des signes évocateurs provenir en partie d’un effet de des difficultés à répondre au
d’asthme sont en outre systémati- protocole d’enquête, certains pa- questionnement sur les symptô-
quement inférieurs en ZEP. Ce rents, proportionnellement plus mes.
Pour en savoir plus
Annesi-Maesano I., Charpin et Inserm, « Obésité : Dépistage et tion prioritaires en 1997-98 », Note
al., « Prévalence des maladies aller- prévention chez l’enfant », d’information, n° 98.15.
giques de l’enfant : l’enquête juin 2000.
ISAAC-France, phase ID », BEH,
n° 13/1999. Ministère de l’Éducation natio- Ministère de l’Éducation na-
tionale, de la Recherche et denale, de la Recherche et de la
Cole et coll., British medical jour- Technologie, Repères et références la Technologie, « L’accueil des
nal 2000, 320. statistiques, édition 2000. enfants et adolescents atteints
de troubles de santé évoluant
Com-Ruelle L., Crestin B., Du- sur une longue période dans le
mesnil S., « L’asthme en France Ministère de l’Éducation natio- premier et le second degré »,
selon les stades de sévérité », nale, de la Recherche et de la Circulaire n° 99-181 du 10 no-
Credes, n° 1290, année 2000. Technologie, « Les zones d’éduca- vembre 1999.
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