Ma Guyane encore

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Après l’édition de « Ma Guyane » j’ai fait mes fonds de tiroir et découvert tout un fatras de notes éparpillées, un clin d’œil du présent au Collège de France m’a donné le départ pour ce petit plus en désordre chronologique

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Ma Guyane encore
Je me retrouve !


Ma fille Myriam faisant connaissance avec les palétuviers
de Sinnamary en 1974 !
Après l’édition de « Ma Guyane » j’ai fait mes fonds de tiroir et
découvert tout un fatras de notes éparpillées, un clin d’œil du
présent au Collège de France m’a donné le départ pour ce petit
plus en désordre chronologique….On raconte que les soirs de 31 Décembre, dans la baie de
Valparaiso (la bien nommée vallée du paradis), les bateaux
forment une chaîne qui ferme la baie et répondent aux
feux d’artifices lancés du port par leurs propres
illuminations.
Ainsi s’exprimait ce soir de Noël 2006 notre amie Andréa
Ortiz Cavalier, artiste peintre chilienne avec laquelle nous
dînions en compagnie de son mari François, ses enfants
Pablo et Soledad, sa mère Violetta …..Je répondis en citant
Baudelaire, un poème que je révère depuis toujours :
l’invitation au voyage
Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! Que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
Un matin nous partons le cerveau plein de flammes
Le cœur gros de rancunes et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :
Et les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Charles Baudelaire .Nous serons, je l’espère avec elle l’année prochaine à
Valparaiso.
Le Maroni n’est qu’un prétexte, une illusion de frontière
européenne (de l’avis même de Patrick, un voisin des
Cavaliers, chef de la PAF locale (police des frontières) avec
qui nous avons eu une conversation fort amicale et
instructive, cet homme ayant « exercé son art » à la
caserne Waldeck Rousseau de Nantes, avant Djibouti puis
Bamako, Il connaît fort bien Couëron qui m’a vu naître ainsi
qu’Orvault et ma jeunesse…..
La Guyane, pour moi qui commençait à me languir
sérieusement dans un « placard » doré, a été une invitation
au voyage. Pas celui que l’on fait à 20 ans où l’on croque la
vie, mais celui que l’on fait après 60 ans où on la déguste ….
Le 29 Décembre 2005, j’ai levé l’ancre, le voyage se
poursuit avec ses bons et ses mauvais jours, j’ai oublié
l’ennui, j’ai pris le recul qui s’imposait par rapport à ma
famille, je ne suis pas en exil, je vis au jour le jour dans la
forêt puissante, de littérature : on a le temps de lire à
Apatou, les romans de Goethe découverts chez mon ami
François Cavalier m’attendent patiemment), de musique :
ma flûte et Haydn sont disponibles chaque jour ) ,
d’astronomie ( le ciel austral ) , ……..et d’un peu de ce que
sont ici les autres …... La PMI me donne un logement, un
salaire et un cadre de vie, je sauve les apparences en
flattant mon mécène sans me faire son esclave ! Nous avons
développé selon les affinités un nouveau réseau de relations
sociales (sans renier les vieux amis….)
Bon, tout cela est bel et bien, mais le quotidien n’est pas
toujours idyllique à Apatou, surtout pour Nicole qui le partage avec moi. Je m’adapte assez bien à tout, mais je
pense que dans quelque mois il sera sage de changer de
crèche, Mana sur la côte, avec sa population plus
composite : Amérindienne , Hmong , Créole et Bushinengué
,m’évitera la tentation de verser pour la première fois de
ma vie dans un certain racisme (les relations avec les noirs
véritablement africains chez eux en Afrique sont
infiniment plus faciles qu’avec certains Bushinengés chez
« nous » !) ou d’être responsable d’une « bavure » à
l’encontre des grands ados qui viennent sous ma fenêtre me
provoquer en jouant au foot dans la boue d’une cuvette
dont je m’efforce de les chasser depuis des mois …..Nous
avons frôlé l’incident plusieurs fois. De toute façon ma
pratique du « sranan tongo », créole anglo-hispano-
hollandais, lingua franca du fleuve et du Surinam sera alors
suffisante pour moi, j’aurai fait après 18 mois le tour de ce
que je cherchais, dans cette escale fluviale Amazonienne.
….
Un Amazonien de cœur !


Vendredi matin, j’étais dans un de ces hameaux, ces
kampoes qui s’égrènent au fil du courant sur le Maroni : à
Niu Kampoe ce jour-là, après un petit tour de
reconnaissance dans le village, je me suis glissé entre les
cases posées en désordre sur un sol de terre battue soigneusement balayé chaque matin, pour saluer les uns et
les autres : « fa a e go ? e weeki ? siibi bom ? »
Comment ça va, bien réveillé, bien dormi », histoire de
montrer que je suis là. Une fois installé comme d’habitude
sous une case sur pilotis après avoir délicatement déplacé
du linge qui séchait et de la vaisselle éparpillée…..ils sont
arrivés progressivement, adultes de tous âges, enfants,
bébés dans les bras de leur mère ou de leur grande sœur,
des carnets de santé de tous délabrements se sont
accumulés sur la table …..La difficulté est souvent de savoir
à qui on a affaire, la date de naissance est déjà un indice
fondamental ! Un cercle de famille calme et paisible se
forme autour de nous, on bavarde, le verbe haut comme à
l’habitude, j’ai ma leçon gratuite de langue du fleuve, les
enfants se préparent à taquiner grands et petits qui
montreront le moindre signe de frayeur devant la seringue


Ce jour-là au beau milieu du « spectacle » en relevant une
minute la tête pour me reposer comme je le fait
régulièrement, j’ai eu comme un flash, une révélation sous une forme émotionnelle difficilement traduisible en mots.
Plusieurs jours après, j’ai pu commencer à mettre en forme
une idée que je vais essayer maintenant de développer :
Au départ, une certitude s’est imposée instantanément : Je
ne suis pas, ici et maintenant pour faire quelque chose pour
eux. Ils ne sont pas là non plus pour faire quelque chose
pour moi ! Nous somme au centre d’un échange qui dépasse
notre entendement habituel ; ce que nous voyons et
entendons c’est uniquement l’arbre qui cache la forêt
(j’imaginais l’immense forêt amazonienne à quelque
centaines de mètres derrière moi qui se poursuivais vers le
sud jusqu’à la cordillère des Andes à plus de 5000 km) ……et
toute l’histoire de l’humanité est ainsi faite
Il m’est venue l’image d’une porte ou mieux d’une lucarne,
que l’entité qui devient temporairement pour une
représentation au monde notre être sensible ouvre au
moment du premier inspir, et referme au dernier…J’aime à
imaginer une théorie de la lucarne, un scénario où tout à sa
place, tout est pour le mieux pour des raisons qui sont
derrière cette porte, ce qui ne veut pas dire que rien n’a
d’importance, mais seulement que tout est justifié quelque
part. Je repense à cette phrase de l’abbé Pierre : « La vie,
c’est un peu de temps donné à des libertés pour apprendre
à aimer, pour la rencontre de l’éternel amour dans le
toujours de l’au-delà du temps…. » Il reste en effet pour
nous dans cette configuration une liberté évidente et
absolue, ne serait que celle de jouer, éventuellement, le
mieux possible, notre rôle dans ce théâtre, avec les outils
que la nature nous a donné. Le peu de temps qui nous est donné, c’est notre moi dans
l’entrebâillement de la porte pendant la durée de la pièce.
Mais avant et après, si cette notion a encore un sens, c’est
tout ce que nous cherchons à conscientiser sous la notion
d’éternité, ce qui n’a pas d’avant ni d’après, pas de
commencement ni de fin, c’est le toujours de l’au-delà du
temps de l’Abbé Pierre.
Ici, on comprend très vite que notre langage façonné par la
scène sur laquelle il évolue est totalement impuissant à
décrire ces concepts, il faut le dépasser au risque de
couper la communication avec les autres personnages du
théâtre de ce monde. Nous sommes décidemment seul à
entrouvrir la lucarne et à la refermer lorsque la comédie
est finie.
Je dirai simplement qu’il me semble avoir trouvé là une voie
de recherche intéressante, je vais essayer de progresser
un peu dans cette direction comme on le fait dans la forêt
qui m’entoure, tous les sens éveillés, avec lenteur, calme, et
confiance. Les poètes savent apprivoiser les mots pour
l’indicible : « Les parfums, les couleurs et les sons se
répondent comme de longs échos qui de loin se confondent
dans une ténébreuse et profonde unité ».
On peut imaginer notre univers individuel comme une
sorte de sphère, mystérieuse familière, dans laquelle nous
sommes rentrés dès le premier inspir, comme nous, en
expansion proportionnelle à notre développement dans tous
les domaines, vers le centre de laquelle nous avançons au
cours de notre vie. Dans cette même sphère, là-bas, en
face de nous, se dessine progressivement l'image de notre
double, celui qui vient à notre rencontre, le commencement et la fin, l’alpha et l’oméga, l’être de la rencontre ultime du
dernier inspir, au centre de la sphère.



Je me plais à imaginer que des échanges entre notre moi
conscient et ce double se forment dès le début, je pense
aux rêves: « le rêve est la réalité d’un seul, la réalité est la
folie de tous ». Et si de la qualité de ce rapport dépendait
la qualité de notre équilibre global ? J’imagine un peu ce
double comme mon exact complément, l’entité qui associée
à moi donnera la perfection totale, la fin du déséquilibre,
de l’instabilité, de la recherche, et donc l’annihilation de ma
personne, ici et maintenant et par cette « main tendue » le
passage à autre chose. Est-ce mon ange gardien, mon
antithèse, je n’en sais rien, mais je sais que son approche
inéluctable est pour moi et pour chacun de nous la plus
puissante source d’énergie vitale que l’on puisse imaginer.
Alors, bien sûr, pendant cette marche vers le centre de
notre sphère le plan de l’individu dans sa réalité absolue, est en permanence traversé par les rencontres multiples de
notre vie, comme d’infinies sections diamétrales, mais
chaque « binôme » institué au premier inspir a sa propre
démarche à accomplir, tout homme est, dans cette optique
une histoire individuelle, sacré, porteuse d’un projet qui
dépasse sa basique perception matérielle .
C’est une intuition qui m’est venue comme ça, une piste de
réflexion que je trouve intéressante, car elle me permet
d’imaginer un modèle dynamique d’évolution pour un homme
au cours de son existence terrestre. Au fait, dans le
« Notre père » le dialogue qu’un certain Jésus proposait il y
a 2000 ans à chaque homme individuellement, n’y a-t-il pas
une sorte, de marchandage entre l’homme que Jésus était
,que nous sommes comme lui, et une autre entité, « pas de
ce monde » qu’il nous proposait d’appeler comme lui, mon
père !
Je me plais aussi à rapprocher ceci de ce qu’écrit une
certaine martine Laffon qui se dit « philosophe » et a fait
un gros travail universitaire sur le thème « génétique et
spiritualité », directrice de collection aux éditions du
Seuil :
-« Parfois quelqu’un tombe malade parce que quelque
chose s’est échappé, s’est écoulé de lui à son insu. Il a
perdu ses forces vives. Son énergie, son esprit ou son
âme se sont éloignés de son centre vital, laissant un
vide propice aux maladies. Tout l’art de celui qui guérit
consiste à rappeler, à restituer ce qui a été
dérobé….. » .
Les troubles relationnels au sein du binôme dont je parlais
plus haut font ils partie des désordres pris en charge par
le thérapeute ? La réponse à cette question est peut-être un des aspects de l’alpha et l’oméga gravé sur les portails
de nos églises…….

Dear Mister Prim Ritoe, Paramaribo10/21/07
I expected my new appointment in Mana making easier for me to
travel to Surinam! I must consider it’s not right! I use to spend more time
walking around in the country, I become a fan of ornithology, and.....I need
more time working on six different places. Mana, Charvein, Javouhey,
Awala! Saut Sabbas. Nevertheless, I shall be in the “Apoema tapu
gezondheid zentrum” on November 28, 29 to work again with the same
team, to vaccinate all people living on both sides of the borders in this
franco–Surinamese archipelago.
I am quite allowed to do this by the “Conseil Général” because nobody
else is actually able to do this job on the median Maroni (neither the Red
Cross, neither the Cayenne Hospital).
So, I must ask you for telling this news (lolo a boskopu!) to people
living in Apoema tabiki kondre and to the team working in Apoema tapu
poli gezondheid zentrum..

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