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L'oeil qui lit

De
236 pages
Il ne suffit pas de voir les images pour leur donner du sens : il importe aussi de les lire. Les significations de l'image articulent quatre logiques. La première est celle de l'art ; la seconde celle de notre confrontation à la matérialité de l'image ; et la troisième est l'expérience du langage de l'image, de sa grammaire, de ses formes, de ses ouvertures... Enfin, devant une image, nous sommes toujours dans une forme d'incertitude sur la multiplicité de ses significations, qui semble sans limites.
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L’œil qui lit
Bernard Lamizet
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Lil qui lit
Esthétique et sémiotique de limage
 
  
 
Collection Eidos dirigée par Michel Costantini & François Soulages  Série RETINA Manuela de Barros, Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage Eric Bonnet (dir.), Le Voyage créateur Éric Bonnet (dir.), Esthétique de lécran. Lieux de limage Michel Gironde (dir.), Les mémoires de la violence François Soulages (dir.), La ville & les arts. A partir de Philippe Cardinali    Série Photographie Philippe Bazin, Face à faces Philippe Bazin, Photographies & Photographes Catherine Couanet, Sexualités & Photographie Benjamin Deroche, Paysages transitoires. Photographie & urbanité Michel Jamet, Photos manquées Michel Jamet, Photos réussies Anne-Lise Large, La brûlure du visible. Photographie & écriture Franck Leblanc, Limage numérisée du visage Panayotis Papadimitropoulos, Le sujet photographique François Soulages (dir.), Photographie & contemporain   François Soulages & Julien Verhaeghe (dir.), Photographie, médias & capitalisme   Marc Tamisier, Sur la photographie contemporaine Marc Tamisier, Texte, art et photographie. La théorisation de la photographie  Christiane Vollaire (dir.), Ecrits sur images. Sur Philippe Bazin  Série Groupe E.I.D.O.S. Michel Costantini (dir.), Ecce Femina Michel Costantini (dir.), L'Afrique, le sens. Représentations, configurations, défigurations Groupe EIDOS, L'image réfléchie. Sémiotique et marketing  Pascal Sanson & Michel Costantini (dir.), Le paysage urbain Marc Tamisier & Michel Costantini  (dir.), Opinion, Information, Rumeur, Propagande. Par ou avec les images  Hors Série Michel Costantini (dir.), Sémiotique du beau Michel Costantini (dir.), La sémiotique visuelle : nouveaux paradigmes Bibliothèque VISIO 1, Biblioteca VISIO 1, Library VISIO 1  Comité scientifique international de lecture Aniko Adam (Université Pázmány Péter, Piliscsaba, Hongrie), Michel Costantini (Université Paris 8, France), Pilar Garcia (Université Bellas Artes de Séville, Espagne), Alberto Olivieri (Université Fédérale de Bahia, Brésil), Panayotis Papadimitropoulos (Université dIoanina, Grèce), Gilles Rouet (Université Matej Bel, Banska Bystrica, Slovaquie), Silvia Solas (Université de La Plata, Argentine), François Soulages (Université Paris 8, France), Rodrigo Zuniga (Université du Chili, Santiago, Chili)    Publié avec le concours de RETINA.International, Recherches Esthétiques & Théorétiques sur les Images Nouvelles & Anciennes , & dECAC, Europe Contemporaine & Art Contemporain .  
     
Bernard Lamizet
 
Lil qui lit
Esthétique et sémiotique de limage                                                                
 
     
Du même auteur  Les lieux de la communication , Liège, Mardaga, 1992  La médiation politique , Paris, L'Harmattan, 1998  Histoire des médias audiovisuels , Paris, Éditions Ellipses, 1999  La médiation culturelle , Paris, L'Harmattan, 1999  Le sens de la ville , Paris, L'Harmattan, 2002  Politique et identité , Lyon, P.U.L., 2002  Sémiotique de lévénement , Londres, Hermes Publishing, 2006  Le langage politique , Paris, Ellipses, 2011  Limaginaire politique , Londres, Hermes Publishing, 2012  Sémantique et concordances , Paris, INALF & Klincksieck (sous la dir. de J.-L. Descamps; D. Coste, B. Lamizet, T. Lewin, M.-A. Mochet éds), 1992  Les langages de la ville , ouvrage collectif, sous la dir. de M. Roncayolo, B. Lamizet et P. Sanson, Marseille, Parenthèses, 1997  Dictionnaire encyclopédique des sciences de l'information et de la communication (ouvrage collectif sous la dir. de B. Lamizet et de A. Silem), Paris, Ellipses, 1997
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@ wanadoo.fr harmattan1@ wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00690-1 EAN : 9978-2-343006901
 
   Ouverture    Lesthétique et la signification
    Sans doute est-il important de définir avec quelque précision le projet auquel répond ce livre avant dengager la réflexion. Nous tenterons ici de répondre à un triple questionnement sur lesthétique, sur lart et sur limage.  Il sagit, dabord, dun questionnement sur la médiation esthétique. Nous avons, à plusieurs reprises, défini le concept de médiation comme ce qui désigne et rend pensable une dialectique entre le singulier et le collectif. À propos de limage et de lesthétique, cette articulation va prendre une dimension particulière que nous allons tenter de repérer, de situer, dans lespace de la réflexion sur linformation et la communication, car cest dans ce champ que limage se voit reconnaître comme un signifiant par ceux qui lélaborent et par ceux qui la lisent. Cette articulation, constitutive de la médiation, entre une dimension singulière de la communication et de léchange symbolique et une dimension collective de linformation et de la diffusion, va nous entraîner à deux ordres de réflexion. Il sagit, dabord, dune réflexion sur la dimension proprement psychique de limage et sur ce quelle peut représenter pour le sujet, et à une autre réflexion, liée à la première. Par ailleurs, il sagit dune réflexion sur la dimension proprement politique de limage, qui est un des médias les plus répandus, mais aussi les plus anciens, et sur ce que limage peut représenter dans lespace public du politique et de la représentation.  Nous souhaitons aussi, dans notre propos, envisager un questionnement sémiotique sur lesthétique et sur limage, une analyse critique des significations quelles engagent. Ce questionnement sera,
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lui aussi, de deux ordres. Il sagit, dabord, dun questionnement sur ce que lon peut appeler la sémiotique du geste de lauteur des images. En effet, élaborer des images, cest mettre en uvre un geste particulier, comparable à celui de lécriture, car ce geste instaure une relation entre un sujet et un espace de représentation, mais différent de lui, car, au lieu de se situer dans la linéarité du temps, il se situe dans la spécularité de lespace. Mais notre questionnement sémiotique consistera aussi dans une réflexion sur les modalités de lénonciation propres à limage, mises en uvre autant dans la lecture de limage et dans son interprétation que dans son élaboration et ce que lon pourrait appeler son écriture . Ce que la sémiotique critique de limage nous permet de mieux comprendre, et sans doute sagit-il, ici encore, de nous situer épistémologiquement dans cette introduction, que lénonciation est un fait complexe, qui se situe dans le champ de limage comme dans celui de lécriture. Lénonciation engage, ainsi, aussi bien, dans une forme de miroir, le sujet de la lecture de limage que le sujet de sa production. Ce qui fonde ici la problématique de lénonciation, cest bien la problématique du miroir engagée par Lacan dans le champ de la psychanalyse, et dont il nous semble important de prendre la mesure dans dautres champs de linformation et de la communication.  Notre projet tente, enfin, de répondre à la question de la façon dont lesthétique et limage contribuent à une approche particulière de lespace public, voire à une redéfinition de ce concept. Nous nécrivons pas ce livre nimporte quand, mais à un moment de lhistoire des médias et de la communication fondé sur une forme de recomposition de cette notion despace public. Élaboré par J. Habermas, en 1962, ce concept entend proposer une réflexion sur ce que lon pourrait appeler la spatialisation du débat public et de largumentation qui fonde les identités politiques. Cest, en effet, dans lespace de la confrontation qui oppose les acteurs politiques les uns aux autres, que leurs identités et leurs appartenances sexpriment dans largumentation et dans lénonciation des projets et des imaginaires qui les animent. Cest pourquoi il est important de prendre la mesure de ces recompositions de lespace public, qui se manifestent, aujourdhui, par trois faits majeurs. Le premier est la confusion des limites entre lespace public et lespace privé, dans une forme dexposition de lintimité aux regards de tous dans une agora , qui, ainsi, cesse dêtre un espace de débat pour devenir un espace dostentation des identités privées. Le second fait qui amène à une
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recomposition de lespace public est une autre confusion : le brouillage des frontières traditionnelles et, ainsi, la redéfinition des identités et des appartenances fondant la géopolitique. Dans le domaine de limage, cela nous amène à redéfinir, en particulier, la limite qui distingue le scriptible et le lisible du visible et de ce que lon pourrait appeler le pictible.  Un troisième fait fonde cette recomposition de lespace public : loubli du temps et de ses contraintes. Cest ainsi que, en particulier en raison des apports de lesthétique numérique et des nouvelles potentialités quelle ouvre à lénonciation, la notion duvre se trouve faire lobjet dune forme de déplacement. Le temps de lénonciation nest plus clos, mais il est sans cesse ouvert, de façon continue, à des reformulations, à des réécritures de limage, à de nouvelles façons de la voir et de la lire.  Pour finir cette « ouverture », nous souhaitons affirmer la situation de notre projet dans le champ des sciences de linformation et de la communication. En effet, le fait que la recherche et la réflexion sont vivantes saffirme, certes, par une forme de déplacement continuel des frontières entre les disciplines et entre les champs épistémologiques. Cependant, sans doute est-il important de préciser que, justement en raison de limportance de la problématique de la médiation dans notre réflexion, nous souhaitons linscrire dans une discipline et un mode de rationalité qui placent au cur de leur projet la réflexion sur le lien entre le singulier et le collectif dans ce que lon peut appeler une articulation entre linstance psychique de linformation et de la communication et leur instance politique. Or les sciences de linformation et de la communication, en plaçant lénonciation et la signification au cur de leur questionnement, engagent pleinement la réflexion et lanalyse critique sur ce point de la relation entre linstance singulière de lénonciation et son instance collective.  Cette ouverture ne serait pas complète sans lexpression de notre reconnaissance envers ceux qui ont permis cette réflexion. La patience de Monique a favorisé son éclosion. Les questionnements de Lucien Mélèse ont permis son approfondissement. La fidélité amicale de François Soulages a permis son accueil au sein d Eidos.  Laide de Franck Leblanc a permis la réalisation du livre. Quils soient remerciés.    
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    Chapitre 1    La sublimation esthétique dans la communication  
Le sublime
 Le sublime est le champ qui se trouve proche des limites, le champ qui définit lespace proche du point au-delà duquel on est dans la transgression des normes et des lois. « Nous nommons sublime, écrit Kant 1 , ce qui est absolument grand » . Sans doute convient-il de lire au pied de la lettre le propos de Kant : le sublime désigne, dans ces conditions, ce qui ne peut être relatif, ce qui échappe à toute comparaison avec lautre, cest-à-dire, en fin de compte, ce qui échappe à toute médiation possible. Lapproche kantienne du sublime est, ainsi, fondée, historiquement, sur la relation à la médiation, à la culture, à la médiation. En effet, au temps où Kant écrit la Critique de la faculté de juger et introduit ce concept dans les dispositifs de la raison critique, lesthétique devient une des dimensions de lespace politique de la médiation culturelle. Cest au dix-huitième siècle que les acteurs politiques élaborent une logique politique de lidentité et de ses expressions, en particulier dans linstitutionnalisation de lart par les musées, alors naissants, par les approches publiques des spectacles et par les premières approches contemporaines des médias et de linformation. Mais, dans le même temps, la signification de lesthétique sinscrit dans une approche philosophique et politique de ce que lon pourrait appeler la médiation transgressive des identités .                      1  KANT (1968), p. 87.
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