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Penser en images

De
184 pages
Le propos de l'auteur étant lié à l'idée que même le plus abstrait des concepts peut être traité par l'image et que, autant que les mots, le tableau, la peinture, la représentation plastique peuvent être signifiants et démontrer ainsi la force de la peinture.
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Henriette Bessis
Penser en images
La force de la peinture
Les conférences présentées ici proviennent de colloques divers
sur des thèmes différents, comme l’espace, la mythologie, le
romantisme, dans des lieux aussi caractéristiques que Cerisy-la- Penser
Salle, les universités de Vérone, de Grenoble ou de Toulouse, ainsi
que dans des périodes plus ou moins proches dans le temps. Le
propos de l’auteur étant lié à l’idée que même le plus abstrait des en images
concepts peut être traité par l’image et que, autant que les mots,
le tableau, la peinture, la représentation plastique peuvent être
signifants et démontrer ainsi la force de la peinture. La force de la peinture
Henriette Bessis, après un mémoire à l’École du Louvre sur l’atelier
de Delacroix, a été chargée de mission pour la réouverture du musée
Delacroix, à Paris. Elle a présenté, à la Sorbonne, un doctorat portant
sur une Correspondance inédite d’Adolphe Thiers et de la duchesse
Colonna (connue par son pseudonyme de sculpteur : Marcello). Elle
s’est intéressée à des écrivains tels que George Sand et Jules Vallès,
dans leurs rapports à l’art. Elle a également fait partie d’un groupe de
psychanalystes passionnés d’art, toujours sous son étiquette d’ historienne
de l’art, à laquelle elle est très attachée.
Illustration de couverture : Agathe Vaito, collection personnelle de l’auteur
ISBN : 978-2-343-05057-7
19 €
Penser en images Henriette Bessis








Penser en images







Henriette Bessis











Penser en images
La force de la peinture































































































Mémoires, Visages, Fantasmes
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George Sand, questions d’art et de littérature
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Delacroix, tout l’œuvre peint?? ???
Le Romantisme dans la peinture française (1820-1870)
Psychanalyse des arts de l’image
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Marcello sculpteur
.













































































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05057-7
EAN : 9782343050577

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C’est à mes enfants et à mes petites-filles que j’ai pensé
en réunissant ces divers textes publiés ici.
Voilà la raison principale pour laquelle je leur dédie,
à l’aube de mes quatre-vingt-douze ans,
ce recueil de quelques-uns des travaux qui m’ont apporté
tant de passion pendant la recherche et tant de plaisir,
et parfois tant d’angoisse à les exposer publiquement. Introduction


« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte, je
ne demande rien au spectateur, je lui
propose une peinture : il en est le libre et
nécessaire interprète. »
Pierre Soulages

« Un tableau ne vit que par celui qui le
regarde. »
Picasso

Réunir des textes aussi divers peut paraître une gageure et
inquiéter peut-être un lecteur aussi bien par leur diversité que
par leur ressemblance. Il me faut donc avant toute chose m’en
expliquer.
Ces articles divers sont le résultat d’un travail passionnant et
passionné. Ils ont été publiés dans des recueils collectifs ;
chacun d’eux est bien distinct, autant par son thème que par le
public auquel je m’adressais : des littéraires la plupart du temps,
des philosophes ou encore des psychanalystes, mais jamais des
historiens d’art.
C’est là justement que je vais devoir expliciter non pas ma
« méthode », un mot beaucoup trop scientifique, je dirais plutôt
ma « position » qui n’a jamais été élaborée ; elle fut spontanée,
puis éprouvée, ressentie enfin comme naturelle, personnelle et
peut-être quelque peu différente de celle de l’enseignement ou
de l’écriture d’un article à propos d’un artiste ou d’une œuvre
précise. Je me suis, cependant, toujours comportée en
historienne de l’art qui a enseigné à l’université.
C’est pourquoi je voudrais tout d’abord évoquer l’historien
d’art traditionnel, méthodique, armé de son savoir et de son rôle
d’enseignant. Son approche est tout autre que celle présentée
dans les différents textes ici proposés, ce qui est tout à fait
compréhensible puisque le but est différent.
L’historien, qu’il enseigne ou qu’il étudie une œuvre donnée,
va tout d’abord la situer dans son temps, rechercher les
9 « influences » qu’il va discuter, comparer, laisser parfois son
imagination vagabonder ; il évoquera ensuite l’importance de la
date de l’œuvre, pour la situer dans l’Histoire et souvent dans
l’histoire de la peinture, également préciser si l’œuvre répondait
à une commande de l’État ou à celle d’un mécène, ou bien si
elle était tout simplement le résultat de l’imaginaire propre au
peintre en question ; ensuite les mesures de la toile ainsi que le
lieu de sa conservation, seront bien indiqués ; vient alors une
autre interrogation importante devant l’œuvre pour, en une
constatation objective, reconnaître si l’iconographie est
appropriée ou non au sujet ; l’historien va s’interroger ensuite pour
savoir si l’artiste est resté dans la tradition ou s’il l’a
transgressée il va alors accorder une grande importance à la
technique du peintre en la comparant soit à celle du passé soit à
celle de ses contemporains ou encore souligner sa spécificité ou
sa « modernité ».
De plus et c’est fort important, la réception de l’œuvre dans
son temps est loin d’être négligée ; on consulte alors les
critiques contemporains parmi lesquels les poètes sont les plus
parfaits « passeurs », ceux qui font le mieux résonner la
peinture.
Mais là encore on trouve différentes réceptions de l’œuvre,
selon qu’il s’agisse d’une commande ou d’une œuvre née du
désir, du plaisir de l’artiste et, bien entendu de sa liberté, cela se
conçoit aisément.
Il me faut aussi faire mention des théoriciens de l’art, très
importants à mon sens, qui ont eu et ont toujours une grande
influence pour la perception voire même pour la compréhension
de l’œuvre d’art.
La France, l’Italie, l’Angleterre, les États-Unis comptent de
nombreux chefs de file ainsi que des suiveurs qui ont écrit des
ouvrages remarquables et souvent très différents selon les
présupposés de l’auteur en question. Mais là je n’en dirai pas plus,
car c’est un tout autre problème que je n’ai pas à aborder ici.

Je reviendrai plutôt vers le résultat de mon travail que je
présente ici en quelques exemples, traités, bien entendu, en
historienne de l’art.
10 J’ai dit plus haut qu’il n’est pas le fruit d’une réflexion
systématique mais bien celui d’une spontanéité toute
personnelle où le thème imposé se traduit pour moi en représentation
plastique comme un éclairage, une avancée par l’image, vers le
concept proposé. Position facile, peut-être, mais qui m’a
beaucoup apporté : la prépondérance de l’image, image vue,
étudiée, par mon propre regard fait d’attention extrême, au
moindre détail, accompagné, bien évidemment des
connaissances acquises, auxquelles se sont ajoutées mes préférences,
ma sensibilité, des a priori peut-être et, pourquoi ne pas
l’avouer, ma passion pour la peinture en général. Tout cela sans
oublier que je regarde une œuvre d’art dans le but d’illustrer un
concept, une idée, un thème, autour duquel se sont réunis des
participants concentrés sur le même sujet.

Ce regard fut attentif à la technique de l’artiste et tout
particulièrement à sa touche, qui est ce geste si particulier et si
personnel pour « attaquer » la toile ou tout autre support, et qui,
edès le XIX siècle va contribuer à transformer l’espace plastique
et « à donner à la peinture, un accent que le fondu des teintes
ne peut produire » (Eugène Delacroix). Ce regard, le mien
donc, est toujours sensible à la mise en place de la composition
(en photographie ou au cinéma on parlerait de cadrage),
indispensable à la traduction d’un sujet donné pour lui rendre toute
son éloquence, ou son silence, ou encore sa complexité ou sa
simplicité, voire même sa linéarité dans la mise en scène, car
« Un tableau ne vit que par celui qui le regarde » (Picasso).
Regard, encore, tourné vers la lumière dont le rôle est grand,
non seulement dans la composition elle-même mais aussi dans
le rendu d’un détail comme dans celui de l’ensemble,
collaborant ainsi « aux fins esthétiques les plus hautes en faisant
naître des états d’âme particuliers » (Goethe).
La lumière ainsi que la couleur jouent un rôle fondamental
dans toute œuvre picturale et ici il me faut citer la célèbre
formule de Cézanne : « Quand la couleur est à sa gloire, la
forme est à sa plénitude. »
La forme, la maniera, si chère à Alberti, notre premier
historien d’art, s’expose, pour sa part, soit par une économie de
11 moyens, soit par une profusion de détails, et fait naître en nous,
la compréhension, l’émotion, des fantasmes peut être.
Souvenons-nous de Diderot qui aimait tant les peintres et la
peinture (ne fut il pas l’un de nos premiers « salonniers » ?)
mais qui toujours adjurait l’artiste ainsi « étonne moi, déchire
moi, fais moi tressaillir, pleurer, frémir, m’indigner. »
Phrase qui m’a toujours été présente et qui, peut-être, a
influencé ma « manière » de réfléchir en image. Car tout est dit
dans ces quelques mots de Diderot, résumant ce problème si
important de la réception de la représentation plastique qui, dit
Courbet, doit « penser et faire penser » ; elle doit également
proclame Delacroix, « être une fête pour l’œil » ou selon
Schelling, « un univers en habit de fête ». Quant à Max Ernst il
affirme, lui, que « le rôle du peintre est de cerner et de projeter
ce qui se voit en lui ». Ce à quoi Merleau-Ponty surajoute que
l’artiste « donne existence visible à ce que la vision profane
(donc moi qui ne suis pas une artiste) croit invisible ».
Toutes ces citations ont toujours été pour moi une évidence
et m’ont constamment accompagnée, et je les ai souvent
convoquées.
Elles m’ont autorisée à donner libre cours à mon imaginaire,
à mon ressenti personnel et m’ont ainsi autorisée à transmettre
aussi bien le contenu manifeste que le contenu latent et, en toute
liberté interprétative, de me laisser prendre au seul plaisir des
yeux et sans déroger au sujet imposé, aller jusqu’à la délectation
due à ce mariage entre le concept et sa « représentation » par
l’image.
Jamais je n’ai songé à faire véritablement de la « pure »
histoire de l’art ni de la philosophie ni de la psychanalyse mais
peut-être ai-je été quelque peu touche à tout. Partir de cette
sensibilité à l’œuvre d’art pour créer un lien avec, comme je l’ai
déjà dit, un concept, une idée, voire un mythe m’a toujours
ramenée à Léonard de Vinci qui affirmait que la peinture était
« cosa mentale ».
Quant à l’inventeur de l’iconologie, Cesare Ripa, il soutenait
que nous avions la faculté de l’interpréter.
Pour le romantique Delacroix, la peinture établissait « un
pont mystérieux entre l’âme du peintre et celle du spectateur ».
12 Ainsi se crée la relation à l’œuvre d’art, à cette « écriture
figurée » (Panofsky) ou encore à cette « chose muette »
(Poussin) qui ne cesse constamment de m’interpeller et de me
plaire pour ne pas dire de toujours m’enchanter. Et ce, en dépit
de la combien célèbre, et tout à fait exacte définition de
Maurice Denis « se rappeler qu’un tableau, avant d’être un
cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote,
est une surface plane, couverte de couleurs en un certain ordre
assemblées ».
Voilà une définition qui est l’évidence même.

Elle n’enlève cependant rien à la puissance de l’image.
ePuissance incontestable dans notre XXI siècle où les progrès
techniques lui confèrent, par l’entremise de la photographie, du
cinéma de la télévision une place majeure. Mais la révolution la
plus importante est due aux ordinateurs et aux divers appareils
informatiques désormais indispensables, témoins fidèles de
l’actualité, véridique et/ou trompeuse, précieux parfois,
irrécusables ou corrompus, mais désormais partie constitutive de
notre vie quotidienne. De plus, par rapport à mon intérêt
principal, sont à notre portée pratiquement toutes les œuvres
d’art conservées dans les musées du monde ainsi que toutes les
expositions temporaires : source inépuisable de plaisir et de
nouveau savoir ainsi popularisé par l’image chez soi.
L’image, ici étudiée, qu’elle soit une représentation plastique,
un tableau, une sculpture (comme ici dans l’un de mes articles
par exemple), se situe, bien entendu, autrement dans ce registre,
si particulier, dont j’ai tenté d’expliquer l’importance.