Le Leica M9

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90 objectifs présentés et testés
Bien plus qu'un simple manuel sur le M9, cet ouvrage est une immersion dans l'univers Leica. S'il met l'accent sur les caractéristiques de ce premier boîtier télémétrique numérique 24 x 36 à capteur d


90 objectifs présentés et testés



Bien plus qu'un simple manuel sur le M9, cet ouvrage est une immersion dans l'univers Leica. S'il met l'accent sur les caractéristiques de ce premier boîtier télémétrique numérique 24 x 36 à capteur de haute définition et au rendu d'image si particulier, il retrace aussi l'historique de la marque et de ses évolutions technologiques.



Un livre à mettre dans toutes les mains des amoureux des Leica, qu'ils aient la chance de posséder un M9 ou pas...




  • Leica, un système séculaire


    • L'invention du 24 x 36 télémétrique


    • La création du système M


    • Les Leica M numériques




  • Leica, un système mythique


    • Les atouts du système M


    • Limites du système M


    • Tout photographier au Leica M ?




  • Les particularités du M9


    • Construction et ergonomie


    • Capteur et conversion numérique


    • Accessoires et options




  • Configuration et réglages conseillés


    • Réglages de prise de vue


    • Qualité d'image


    • Style d'image


    • Fonctions supplémentaires




  • Fichiers et logiciels


    • Sauvegarde et archivage


    • Le traitement des fichiers JPEG


    • Le traitement des fichiers DNG


    • Tirages d'exposition




  • Performances et essais du Leica M9


    • Les performances du capteur


    • Les mesures de piqué des objectifs


    • Les défauts optiques




  • 90 tests d'objectifs


    • Très grands-angles : de 12 à 21 mm


      • Voigtländer Wide Héliar 12 mm f/5,6


      • Zeiss Distagon 18 mm f/4


      • Zeiss C Biogon 21 mm f/4,5


      • Leica Super Angulon 21 mm f/4 (1958)


      • Voigtländer Color Skopar 21 mm f/4


      • Leica Super Angulon 21 mm f/3,4 (1963)


      • Leica Elmarit-M 21 mm f/2,8 (1980)


      • Leica Summilux 21 mm f/1,4 ASPH (2008)




    • Grands-angles : de 24 à 28 mm


      • Leica M-Elmar 24 mm f/3,8 ASPH (2008)


      • Leica Elmarit 24 mm f/2,8 ASPH (1997)


      • Leica Summilux 24 mm f/1,4 ASPH (2008)


      • Voigtländer Color Skopar 25 mm f/4


      • Zeiss Biogon 25 mm f/2,8


      • Leica Hektor 28 mm f/6,3 (1935)


      • Konica M-Hexanon 28 mm f/2,8


      • Leica Elmarit 28 mm f/2,8 (1965)


      • Leica Elmarit-M 28 mm f/2,8 (1992)


      • Leica Elmarit-M 28 mm f/2,8 ASPH (2006)


      • Ricoh GR 28 mm f/2,8


      • Zeiss Biogon 28 mm f/2,8


      • Leica Summicron 28 mm f/2 ASPH (2000)


      • Voigtländer Ultron 28 mm f/2


      • Voigtländer Ultron 28 mm f/1,9




    • Cadrages naturels : de 35 à 60 mm


      • Leica Summaron 35 mm f/3,5 (1948)


      • Leica Summaron 35 mm f/2,8 (1958)


      • Zeiss Biogon 35 mm f/2,8


      • Leica Summarit 35 mm f/2,5 (2007)


      • Voigländer Color Skopar 35 mm f/2,5


      • Konica M-Hexanon 35 mm f/2


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1958)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1971)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1979)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 ASPH (1997)


      • Zeiss Biogon 35 mm f/2


      • Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 (1961)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 aspherical (1989)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 ASPH (1994)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 ASPH Ti (1996)


      • Voigländer Nokton 35 mm f/1,2


      • Leica Elmarit-C 40 mm f/2,8 (1973)


      • Leica Summicron-C 40 mm f/2 (1973)


      • Voigländer Nokton 40 mm f/1,4


      • Leica Elmar 50 mm f/3,5 (1932)


      • Leica Elmar 50 mm f/2,8 (1994)


      • Leica Summarit 50 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Summar 50 mm f/2 (1932)


      • Leica Summitar 50 mm f/2 (1939)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1954)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1956)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1979)


      • Voigtländer Heliar 50 mm f/2


      • Zeiss Planar 50 mm f/2


      • Zorki Jupiter-8 50 mm f/2


      • Leica Summarit 50 mm f/1,5 (1949)


      • Voigtländer Nokton 50 mm f/1,5


      • Zeiss Sonnar 50 mm f/1,5


      • Leica Summilux 50 mm f/1,4 (1962)


      • Leica Summilux 50 mm f/1,4 ASPH (2004)


      • Canon 50 mm f/1,2


      • Leica Noctilux 50 mm f/1,2 (1966)


      • Voigtländer Nokton 50 mm f/1,1


      • Leica Noctilux 50 mm f/1 (1994)


      • Leica Noctilux 50 mm f/0,95 (2008)


      • Konica Hexanon 60 mm f/1,2




    • Moyennes focales : de 65 à 135 mm


      • Leica Elmar 65 mm f/3,5 (1960)


      • Leica Hektor 73 mm f/1,9 (1932)


      • Voigtländer Color-Héliar 75 mm f/2,5


      • Leica Summarit 75 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Apo-Summicron ASPH 75 mm f/2 (2005)


      • Leica Summilux 75 mm f/1,4 (1980)


      • Zeiss Tele Tessar 85 mm f/4


      • Leica Elmar 90 mm f/4 (1954)


      • Leica Elmar 90 mm f/4 (1964)


      • Leica Elmar-C 90 mm f/4 (1973)


      • Leica Macro-Elmar 90 mm f/4 (2002)


      • Konica M-Hexanon 90 mm f/2,8


      • Leica Elmarit 90 mm f/2,8 (1959)


      • Leica Tele Elmarit 90 mm f/2,8 (1973)


      • Leica M-Elmarit 90 mm f/2,8 (1990)


      • Leica Summarit 90 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Thambar 90 mm f/2,2 (1935)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1957)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1970)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1980)


      • Leica Apo-Summicron ASPH 90 mm f/2 (1998)


      • Leica Elmar 105 mm f/6,3 (1932)


      • Leica Tele Elmar 135 mm f/4 (1959)




    • Multifocales


      • Leica Tri Elmar 16-18-21 mm f/4 (2006)


      • Leica Tri Elmar 28-35-50 mm f/4 (1998)





Publié le : jeudi 22 juillet 2010
Lecture(s) : 113
EAN13 : 9782212416336
Nombre de pages : 169
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SommaireAvant-proposRemerciements
Adresses utilesChapitre 1
LEICA, un système séculaire
Les grandes idées qui réussissent provoquent de nombreuses demandes
de reconnaissance de paternité, mais force est de reconnaître qu’au
moment de sa création, le format photographique proposant des images
de 24 × 36 mm sur un film de cinéma de 35 mm de large ne suscitait pas
un enthousiasme débordant. Des historiens et chercheurs de matériel rare
ont bien tenté de démontrer que le premier appareil de ce format était
américain et œuvre d’un certain George P. Smith en 1912, mais on n’a
retrouvé ni de succès d’estime ni d’attestation commerciale de cette
invention. On parle effectivement sur les forums d’un appareil Simplex
commercialisé en 1914, mais il s’agirait d’un 18 × 24 mm (le format de
base du cinéma), tout comme d’autres modèles tels le Cent vues, le
Phototank, le Touriste multiple, le Minigraph…
Toujours est-il qu’il y a un siècle, Oskar Barnack (1879-1936), venu de
chez Carl Zeiss, est nommé en 1911 directeur du département
Développement des usines d’optiques Leitz et commence ses recherches
sur l’utilisation photographique du film de cinéma 35 mm. Désireux
d’étalonner les films de cinéma par des prises de vue de tests que nous
nommerions aujourd’hui bracketing, Barnack a l’idée d’un petit appareil
destiné à prendre des vues fixes pouvant être développées rapidement
afin que l’opérateur de cinéma soit renseigné sur les qualités de la
pellicule. Mais il est également dit qu’appréciant l’escalade et les longues
promenades, mais de santé fragile, Barnack souhaite disposer d’un
appareil photo léger mais de haute qualité. Après avoir constaté qu’un
photogramme de 18 × 24 mm exposé avec un bon objectif est capable de
procurer une épreuve satisfaisante au format carte postale, l’idée se fait
jour qu’en exposant le film sur la surface de deux images cinéma, on
obtiendrait alors un beau niveau de qualité.
Figure 1-1
Le premier prototype de 1913
Il est possible que ces deux idées aient germé simultanément, mais
également que Barnack ait connu l’existence de modèles encombrants et
maladroits développés dans d’autres pays. Il met au point un petit appareil
très simple (figure 1-1), construit en au moins deux exemplaires et breveté
en 1914. Il se livre à des essais de ce qui semble demeurer alors un
hobby personnel, en trouvant d’emblée un usage de reportage (figure 1-2)
à son petit appareil doté d’un objectif de focale proche de la diagonale du
format (43 mm). Le déclenchement de la première guerre mondiale va
quelque peu différer le développement du procédé.
Figure 1-2
En 1914, Oskar Barnack prend sa première photo aérienne depuis la
nacelle d’un Zeppelin avec son premier prototype.
L’invention du 24 × 36 télémétrique
Avant d’être un système complet, le premier Leica (pour LEitz CAmera)
est d’abord ce que nous nommerions aujourd’hui un petit compact,
confronté à un marché de plus en plus dominé par les pellicules souples en
marché amateur, mais encore réservé aux plaques de verre pour les
appareils professionnels. C’est en 1923 qu’Ernst Leitz (figure 1-3) donne
le feu vert pour la fabrication d’une première série d’appareils destinés à
éprouver le marché. Le professeur Max Berek, chargé des études
d’optiques met au point l’objectif de 50 mm de focale (figure 1-4), tandis
qu’Oskar Barnack, de formation ingénieur mécanicien, élabore le rideau et
l’armement, encore un peu sommaire puisqu’il faut mettre un bouchon sur
l’objectif après chaque déclenchement !



Figure 1-3
Ernst LEITZFigure 1-4
En haut Oskar BARNACK, en bas Max BEREK
Les premiers essais ne suscitent pas l’enthousiasme des photographes,
mais cependant le directeur est convaincu et va décider de la
commercialisation. Selon les archives de la marque, après une réunion
houleuse où les avis étaient fort partagés, il déclara : « Il faut maintenant
en finir. Je décide que l’appareil de Barnack sera fabriqué ! ».
Le format inventé par Oskar Barnack
Le premier LEICA commercialisé est présenté à la foire de Leipzig
en 1925, accompagné d’une publicité pour le moins accrocheuse (figure 1-
5) : c’est rien moins qu’une révolution dans la photographie qui est
annoncée, avec un petit appareil capable de fournir des photos de qualité
de 10 × 15 cm, voire plus grâce à l’agrandisseur proposé en option. La
projection de diapositives est promue par la vente d’un appareil spécial.
En résumé, l’appareil est universel, convient aux voyageurs, aux
photographes modernes… même si la première version ne propose qu’un
objectif de 50 mm de focale, doté d’un nom toujours célèbre aujourd’hui :
l’Elmar ouvert à f/3,5.
Figure 1-5
Première publicité LEICA en 1925
Les témoignages rapportent qu’Oskar Barnack, qui crayonne ses idées
sur des petits blocs de papier (figure 1-6), reste conscient que beaucoup
de choses restent à inventer pour que le système devienne vraiment
universel. Néanmoins, l’appareil commence à bien se vendre et à susciter
une querelle de format dont les forums Internet modernes n’ont pas la
primeur.
Figure 1-6
Carnets de croquis d’Oskar Barnack
Nul ne pense à l’époque que le format 24 × 36 est destiné à s’imposer au
cours des 30 ans qui vont suivre, et personne chez Leitz n’aurait eu la
prétention de dire que l’invention de Barnack était le « plein format »
naturel, le full frame comme l’écrivent les spécialistes en mercatique du
reflex numérique d’aujourd’hui !
Au contraire, Leitz vante les qualités du petit format par rapport au
moyens et grands formats dominants à l’époque, avec force arguments
rationnels et brochures destinés à faire prendre conscience aux
photographes qu’un minuscule négatif peut produire de grandes photos
(figure 1-7).
Figure 1-7
Brochure argumentaire en faveur du petit format
Toute la démonstration s’appuie sur le fait que l’agrandissement obtenu
avec le Leica vaut bien le tirage par contact de la plaque de verre
9 × 12 cm, mais qu’en plus, le matériel est léger, pratique, apte à
photographier les sujets peu lumineux comme les spectacles, sachant que
les films les plus rapides de l’époque devaient approcher nos 50 ISO !
Ce serait un bel hommage de renommer le « plein format » 24 × 36 du
nom de son inventeur, le « BF » pour Barnack Format. Mais à la fin des
années 1920, les pionniers de chez Leitz auraient-ils pu imaginer que
monté sur un numérique « BF » de 18 millions de pixels de la marque, leur
Elmar conçu pour le 10 × 15 cm serait capable d’un piqué suffisant pour
un agrandissement de 50 × 75 voire 60 × 90 cm, ce que nos tests sur des
optiques de 1933 ont démontré…
Les premiers appareils Leica
Afin d’obtenir des agrandissements de qualité, il était nécessaire de
disposer de films à grain fin, l’un des plus réputés à l’époque étant le
Perutz de sensibilité 7 DIN, soit environ 4 ou 5 ISO actuels, bien que les
normes sensitométriques aient changé. Et pour devenir universel, encore
fallait-il que le Leica permette de changer d’objectif, afin de disposer
d’angles larges ou de longues focales pour réaliser confortablementreportages et portraits.
En 1930 est présenté le Leica I modèle C, doté d’une monture à vis d’un
diamètre de 39 mm permettant de monter un 35 et un 135 mm. La
demande était créée : plus de 30 000 exemplaires du nouveau petit format
avaient déjà été commercialisés, et la qualité d’usinage de haute précision
des usines Leitz était déjà établie grâce à leur expérience, notamment en
microscopie.
Figure 1-8
Première série de Leica à objectifs interchangeables avec télémètre
accessoire
Figure 1-9
Leica II, premier modèle à télémètre couplé intégré
Dès cette période, un accessoire paraît indispensable à beaucoup de
photographes. Ces derniers s’aperçoivent qu’un réglage précis de la
distance est indispensable pour obtenir la meilleure qualité d’un
agrandissement. Le télémètre permet par un jeu de miroir de faire
coïncider des portions d’image selon la distance choisie, et celle-ci est
ensuite reportée sur la bague de l’optique (figure 1-8).
Le télémètre est une invention déjà ancienne, développée à partir du
XVIIIe siècle, très utilisée par les forces armées pour déterminer la
distance séparant une arme d’une cible, mais Leica va réaliser un coup de
génie en l’intégrant au modèle II dit « Couplex », car la reconnaissance de
la distance est directement commandée par la rotation de la bague de
mise au point de chacun des objectifs interchangeables et standardisés.
Télémètre couplé et optiques interchangeables
C’est en 1932 qu’est présenté le Leica II (figure 1-9) à télémètre couplé et
mise au point automatique : en effet, il suffit de tourner la bague des
distances jusqu’à voir des lignes coïncider dans la fenêtre du télémètre
pour savoir que la photo sera nette. Certes, l’œil doit un peu se déplacer
entre le cadre de visée et le cadre de mise au point situés en deux
fenêtres distinctes, mais le mouvement peut être rapide et instinctif,
beaucoup plus que lorsqu’il fallait reporter sur la bague des distances la
position lue sur la molette du télémètre séparé.
Un vrai système dès l’origine
Parcourir aujourd’hui les 96 pages du catalogue général Leica de 1933,
l’année de présentation du célèbre Leica III (figure 1-14) qui offre
désormais les vitesses lentes (obturateur textile très silencieux, de 1 s
à 1/500) donne une idée des efforts que Leitz avait déployé pour proposer
un système vraiment universel pour la photographie : le leicaïste dispose
de neuf objectifs différents (figure 1-10), de viseurs spéciaux (universel,
iconomètre, de côté, de dessus…) et de véritables kits prêts à l’emploi s’il
remplit les écrins en cuir (figure 1-11) avec tout le matériel qu’ils peuvent
contenir.
Figure 1-10
Gamme optique de base en 1933
Figure 1-11
Les écrins en cuir permettent de transporter un équipement très complet.Figure 1-12
Développeuse rotative et projecteur de diapositives
Le photographe peut également acheter tout le matériel nécessaire pour
développer et projeter ses photos (figure 1-12), de même que les
équipements périphériques pour la reproduction d’objets et
l’agrandissement d’épreuves (figure 1-13). La macro-photographie au
rapport 1 : 1 est également possible, tout comme la stéréo-photographie.
Seule manque encore à l’appel la téléphotographie lointaine, qui n’est
possible en 1933 qu’avec la focale de 200 mm couplée à la première
chambre à miroir Visoflex.
Figure 1-13
Agrandisseur et banc de reproduction
Figure 1-14
Leica III, premier modèle à vitesses lentes
Figure HT1
De 1913 à 1980, évolution du style des Leica
La guerre des clones
Il n’est pas abusif de parler de révolution dans la photographie, comme
Leica le fait dans sa publicité en 1925, quand on réussit à commercialiser
en 1938 plusieurs dizaines de milliers d’appareils par an – environ
45 000 – et ce succès ne sera interrompu que par la seconde guerre
mondiale. Mais la plus grande révolution vient sans doute dans le fait que
la plupart des concurrents s’engouffrent à bride abattue dans l’aventure du
petit format, d’autant que les premières diapositives couleur sont
commercialisées en 1935 avec la Kodachrome (10 ISO) puis l’Agfacolor
en 1937. Le très grand groupe Zeiss Ikon réplique au Leica par son
Contax télémétrique, Ihagée présente le premier reflex à visée par miroir
pour 24 × 36, mais en réalité, le déferlement des copies plus ou moins
fidèles ou inspirées du Leica devra attendre la fin des années 1940, avec
l’essor de l’industrie optique soviétique (FED et ZORKI, produits eux en
centaines de milliers d’exemplaires) et l’émergence de l’industrie
japonaise, avec des marques comme Yashica, Minolta, Canon (qui sort
des appareils qui sont de vraies copies – figure 1-17) et Nikon (qui
s’inspire plutôt du Contax).
Certains sites Internet recensent bien les copies soviétiques (par exemple
l’excellent site français http://www.collection-
appareils.fr/fed/html/fed_1_nkvd.php et http://www.collection-
appareils.fr/krasno/html/zorki_1C.php) mais également l’évolution des
Contax, Canon ou autres classés par marques. De plus, il existe des sites
spécialisés (figure 1-15) dans les copies de Leica
(http://corsopolaris.net/supercameras/LeicaCopy/newpage.html) où l’on
découvre des dizaines de marques inconnues qui ont tenté leur chance
dans l’inspiration… ou la contrefaçon.Figure 1-15
Un assortiment d’appareils copiés sur le Leica, ou dérivés du même
concept : certains sont plus recherchés que les originaux !
Figure 1-16
Si l’on veut vous vendre un Leica en or peu cher, il s’agit toujours d’un
faux !
Figure 1-17
Jouez au jeu des différences…
Il est bon de savoir que 95 % des Leica dits « historiques » de la seconde
guerre mondiale ou spéciaux plaqués soi-disant or que l’on trouve sur des
sites de vente en ligne sont des faux parfois grossiers (figure 1-16),
parfois subtils, par regravure ou maquillage de modèles soviétiques. Mais
le collectionneur sera content d’apprendre que certaines copies ont été
produites en si peu d’exemplaires que leur prix est beaucoup plus élevé
que ceux des Leica contemporains en état équivalent : c’est le cas, par
exemple, du Red Flag chinois du début des années 1970 ou du Foca URC
des années 1960. On trouve même des copies russes de copies
chinoises, les Shangai étant beaucoup plus cotés que les Zorki !
Figure 1-18
Montage manuel des optiques, documentation de 1952Figure 1-19
Système de visée reflex sur un Leica III à vis
La création du système M
Au début des années 1950, cerné par les nouvelles marques qui veulent
se faire une place sur le marché, Leica ne peut plus communiquer
uniquement sur la perfection de la fabrication manuelle (figure 1-18) ou sur
les perfectionnements apportés à son système à vis (figure 1-19) : la
marque se doit d’innover, notamment en intégrant la fenêtre du télémètre
à l’intérieur même du viseur, ce qui est un perfectionnement très pratique
que beaucoup de concurrents offrent déjà. Le Leica M3 de 1954 (figure 1-
20) offre un très grand viseur avec télémètre intégré, correction de
parallaxe et sélection automatique de trois cadres de visée (d’où son
nom !) selon l’objectif monté sur l’appareil. Il conserve le système
d’obturateur à rideau textile des séries III, procurant des vitesses rapides
jusqu’au 1/1 000, tout en restant doux et silencieux.
Figure 1-20
Le Leica M3 et son viseur avec le cadre de 50 mm
Les premiers modèles : M3, M2 et M4
Le Leica M3 est rapidement un succès (plus de 200 000 seront livrés),
d’autant que la nouvelle monture à baïonnette est parfaitement compatible
avec tous les objectifs à vis précédents, du fait d’un tirage mécanique de
27,8 mm contre 28,8 mm pour un Leica à monture 39 mm : il suffit de
combler le millimètre d’écart par une petite bague mixte vis/baïonnette
pour que le nouveau modèle puisse utiliser tous les objectifs à couplage de
télémètre produits depuis 1932. Cette compatibilité est d’ailleurs
préservée jusqu’au M9, objet de cet ouvrage.
La numérotation des Leica M surprend, car dans l’ordre, le M3 précède
le M2 et le M4, et l’on verra que le M1 s’intercale entre eux. D’ailleurs,
Leica fait cavalier seul un certain temps avec le M3, tout en poursuivant la
commercialisation des modèles à vis (figure 1-21) car certains clients sont
allergiques à la nouveauté. Mais la plupart des grands noms du
photoreportage, tels les ténors de l’agence Magnum, s’y rallient.
Figure 1-21
Publicité de Noël 1956 dans la presse américaine
La concurrence a diminué, car peu de marques suivent cette montée en
gamme du télémètre : si Canon et Zeiss (figure 1-22) persistent dans une
offre haut de gamme, seul un nouveau venu de la fin des années 1940, qui
avait fait ses gammes avec des modèles 24 × 32 puis 24 × 34 est alors
devenu un concurrent sérieux en équipant des photographes de presse
américains pendant la guerre de Corée : il s’agit de Nikon qui en moins de
dix ans (figure 1-23) va devenir une référence de poids sur le marché
professionnel du reportage.Figure 1-22
Modèles Canon et Zeiss Ikon de 1956 dans la presse américaine
Figure 1-23
Un des premiers télémétriques Nikon, mais la menace va se préciser.
Leica élargit sa gamme en 1958 avec le M2 (figure 1-24) de construction
simplifiée, avec un viseur de grossissement plus faible qui va
paradoxalement faire son succès : en effet, le grossissement de 0,91×
du M3 oblige à utiliser un correcteur de visée pour les optiques de 35 mm,
angle que beaucoup de photographes trouvent naturel avec un
télémétrique. Le M2 ne grossit plus que de 0,72× mais est parfaitement à
l’aise avec les objectifs de 35 mm, et il dispose de cadres de visée pour
les focales de 35, 50 et 90 mm… la base du reportage de rue en quelque
sorte.
Figure 1-24
Leica M2Figure 1-25
Leica M4
Figure 1-26
Chargement rapide du film sur le Leica M4, même avec des gants !
Leica interrompt la fabrication de ces deux modèles en 1967 et présente
le M4 (figure 1-25) qui est censé devenir le boîtier unique, en offrant des
cadres de visée de 35 à 135 mm. Le design est revu avec l’intégration
d’une manivelle de rembobinage intégrée et le levier d’armement est
articulé et gainé de plastique, une révolution qui pourrait susciter des
grondements dans le courrier des lecteurs de la presse photo !
Mais c’est surtout le système de chargement rapide du film (figure 1-26)
qui va intéresser le reporter, tandis que Leica communique beaucoup sur
le fait que le M4 est un système photographique à part entière (figure 1-
27). En effet, la chambre Visoflex (figure 1-28) permet de disposer aussi
bien d’un système macro que de super-téléobjectifs de sport et chasse
photo jusqu’à 560 mm de focale (figure 1-29).
Figure 1-27
Système photographique M
Figure 1-28
Principe du viseur Visoflex
Figure 1-29
Optiques compatibles avec le viseur reflex Visoflex
Déjà démodé ? Écrits d’époque…
En 1968, le journal PHOTO essaie le Leica M4 et trouve la marque bien
conservatrice : « La sortie de ce nouveau modèle est un évènement, mais
Leitz n’a pas cherché à bouleverser quoi que ce soit. D’ailleurs, il semble
bien que depuis quarante ans, on n’aime plus beaucoup les
bouleversements dans la vieille et prestigieuse maison de Wetzlar. Il y a
quarante ans, on avait tout simplement inventé le procédé Leica et le
24 × 36 par la même occasion… ». Bref, le M4 qui a toujours le même
aspect n’a pas encore de cellule interne, sans doute parce qu’il aurait fallu
modifier le capot, ce qui n’aurait pas plus aux leicaïstes dont « 20 % sont
des obsédés qui ne photographient que des mires […], la plupart sont
doux mais on rencontre tout de même 2 % de schizophrènes assezdangereux […], 4 % ont acheté leur appareil dans les années 1930 et
pensent que depuis, rien de mieux n’a été fait, 12 % sont des snobs qui
croient que c’est le plus cher… ». Heureusement qu’il restait environ 60 %
de photographes « conscients, organisés et sans problèmes particuliers
mais tout aussi têtus », tous ceux cités devant faire un triomphe au M4.
C’était donc il y a 42 ans, et l’auteur avait oublié de signer son article !
Les modèles spéciaux : M1, MD et MP
En voulant couvrir toute la gamme d’utilisation, Leica avait également
présenté des versions spéciales comme le M1 sans télémètre et les MD,
totalement dépourvus de viseur (figure 1-30). Des fans se servent encore
aujourd’hui de tels appareils, par exemple avec des ultra grands-angles
sans couplage télémétrique et des viseurs externes. Le MP, quant à lui,
était un M3 de série limitée doté d’un armement rapide Leicavit par une
gâchette située sous la semelle. Un tel modèle vaut très cher en collection
aujourd’hui.
Figure 1-30
En haut, Leica M1 sans télémètre ; en bas, Leica MD totalement dépourvu
de viseur.
Les reflex prennent le dessus
En même temps qu’il concentre sa gamme sur le seul M4, Leitz déploie
beaucoup d’efforts pour promouvoir à partir de 1964 son modèle reflex à
miroir : le Leicaflex (figure 1-31) très bien construit et doté d’une très belle
gamme optique. Le reflex mono-objectif existait depuis 1936 et avait
commencé à beaucoup intéresser les photographes depuis le milieu des
années 1950, mais c’est Nikon qui a bouleversé le marché des reporters
avec son modèle F. Cet appareil qui va vite passionner aussi l’amateur
averti, est dérivé en 1959 d’un haut de gamme télémétrique SP qui n’a
jamais supplanté le Leica M. Le Nikon F (figure 1-32) fait rapidement
l’unanimité grâce à ses qualités (visée toujours à pleine ouverture, viseurs
interchangeables, objectifs de haute définition). De fait, tous les
constructeurs s’engouffrent sur le créneau du reflex du haut de gamme, au
point qu’au milieu des années 1970, à l’exception des modèles soviétiques
peu distribués au-delà du rideau de fer et souvent très rustiques, seul
reste le Leica M pour défendre le concept du télémétrique.

Figure 1-31
Leicaflex reflex version SL
Figure 1-32
Succédant au télémétrique SP, le reflex Nikon F a bouleversé le marché
du reportage au début des années 1960.
La marque semble d’ailleurs se décourager, puisqu’une publicité d’époque
voudrait faire passer le flambeau de génération en génération, les jeunes
choisissant naturellement le reflex (figure 1-33).Figure 1-33
Publicité de 1979 : le télémètre pour les anciens ?
L’effort de Leica en direction des reflex semble porter ses fruits, car les
ventes décollent dans ce segment. Cela incite la marque à gagner en
productivité en délocalisant au Portugal une partie de la fabrication et à
conclure des accords avec Minolta au Japon pour la construction sur un
châssis commun de certains modèles reflex de la série R. Cette gamme R
va évoluer jusqu’au R9 produit de 2002 à 2009 (soit une présence
commerciale de 45 ans sur le créneau des reflex 24 × 36). Le premier
Leica numérique à objectifs interchangeables sera justement basé sur les
séries R8 et R9 pour lesquels seront proposés des dos adaptables à
capteur Kodak, mais l’opinion ne retiendra de Leica que le prestige de la
marque et le système télémétrique qui a pourtant failli mourir à l’époque du
reflex.
Leica M5 et CL : une fin de règne ?
Certains journaux trouvaient déjà le M4 bien démodé, et quand Leica
présente son successeur le M5 et une déclinaison démocratique
développée avec Minolta, le CL, les avis sont encore mitigés.
Figure 1-34
Leicaflex en version noire motorisée et chromée
Le Leica M5 (figure 1-35) comporte une cellule intégrée très précise, avec
un affichage de la vitesse dans le viseur et un réglage de la lumière sans
quitter la scène des yeux (figure 1-36). Mais son rembobinage de film
sous la semelle et sa carrosserie plus enveloppante suscitent des
critiques. Le fait que la cellule soit mobile, située sur un bras articulé, fait
redouter une faiblesse à la fois en fiabilité (ce qui sera parfois démontré)
et en réactivité, ce qui est crainte plus infondée, car le M5 reste l’un des
Leica télémétriques les plus doux et réactifs. En tout état de cause, les
ventes stagnent et le M5 sera produit en trois fois moins d’exemplaires
que le M4 et six fois moins que le M3. Tandis que le marché de la photo
explose dans les années 1970 et que les constructeurs japonais comptent
en millions d’exemplaires, moins de 35 000 M5 sont vendus.

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