Le Leica M9
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Description


90 objectifs présentés et testés
Bien plus qu'un simple manuel sur le M9, cet ouvrage est une immersion dans l'univers Leica. S'il met l'accent sur les caractéristiques de ce premier boîtier télémétrique numérique 24 x 36 à capteur d


90 objectifs présentés et testés



Bien plus qu'un simple manuel sur le M9, cet ouvrage est une immersion dans l'univers Leica. S'il met l'accent sur les caractéristiques de ce premier boîtier télémétrique numérique 24 x 36 à capteur de haute définition et au rendu d'image si particulier, il retrace aussi l'historique de la marque et de ses évolutions technologiques.



Un livre à mettre dans toutes les mains des amoureux des Leica, qu'ils aient la chance de posséder un M9 ou pas...




  • Leica, un système séculaire


    • L'invention du 24 x 36 télémétrique


    • La création du système M


    • Les Leica M numériques




  • Leica, un système mythique


    • Les atouts du système M


    • Limites du système M


    • Tout photographier au Leica M ?




  • Les particularités du M9


    • Construction et ergonomie


    • Capteur et conversion numérique


    • Accessoires et options




  • Configuration et réglages conseillés


    • Réglages de prise de vue


    • Qualité d'image


    • Style d'image


    • Fonctions supplémentaires




  • Fichiers et logiciels


    • Sauvegarde et archivage


    • Le traitement des fichiers JPEG


    • Le traitement des fichiers DNG


    • Tirages d'exposition




  • Performances et essais du Leica M9


    • Les performances du capteur


    • Les mesures de piqué des objectifs


    • Les défauts optiques




  • 90 tests d'objectifs


    • Très grands-angles : de 12 à 21 mm


      • Voigtländer Wide Héliar 12 mm f/5,6


      • Zeiss Distagon 18 mm f/4


      • Zeiss C Biogon 21 mm f/4,5


      • Leica Super Angulon 21 mm f/4 (1958)


      • Voigtländer Color Skopar 21 mm f/4


      • Leica Super Angulon 21 mm f/3,4 (1963)


      • Leica Elmarit-M 21 mm f/2,8 (1980)


      • Leica Summilux 21 mm f/1,4 ASPH (2008)




    • Grands-angles : de 24 à 28 mm


      • Leica M-Elmar 24 mm f/3,8 ASPH (2008)


      • Leica Elmarit 24 mm f/2,8 ASPH (1997)


      • Leica Summilux 24 mm f/1,4 ASPH (2008)


      • Voigtländer Color Skopar 25 mm f/4


      • Zeiss Biogon 25 mm f/2,8


      • Leica Hektor 28 mm f/6,3 (1935)


      • Konica M-Hexanon 28 mm f/2,8


      • Leica Elmarit 28 mm f/2,8 (1965)


      • Leica Elmarit-M 28 mm f/2,8 (1992)


      • Leica Elmarit-M 28 mm f/2,8 ASPH (2006)


      • Ricoh GR 28 mm f/2,8


      • Zeiss Biogon 28 mm f/2,8


      • Leica Summicron 28 mm f/2 ASPH (2000)


      • Voigtländer Ultron 28 mm f/2


      • Voigtländer Ultron 28 mm f/1,9




    • Cadrages naturels : de 35 à 60 mm


      • Leica Summaron 35 mm f/3,5 (1948)


      • Leica Summaron 35 mm f/2,8 (1958)


      • Zeiss Biogon 35 mm f/2,8


      • Leica Summarit 35 mm f/2,5 (2007)


      • Voigländer Color Skopar 35 mm f/2,5


      • Konica M-Hexanon 35 mm f/2


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1958)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1971)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 (1979)


      • Leica Summicron 35 mm f/2 ASPH (1997)


      • Zeiss Biogon 35 mm f/2


      • Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 (1961)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 aspherical (1989)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 ASPH (1994)


      • Leica Summmilux 35 mm f/1,4 ASPH Ti (1996)


      • Voigländer Nokton 35 mm f/1,2


      • Leica Elmarit-C 40 mm f/2,8 (1973)


      • Leica Summicron-C 40 mm f/2 (1973)


      • Voigländer Nokton 40 mm f/1,4


      • Leica Elmar 50 mm f/3,5 (1932)


      • Leica Elmar 50 mm f/2,8 (1994)


      • Leica Summarit 50 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Summar 50 mm f/2 (1932)


      • Leica Summitar 50 mm f/2 (1939)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1954)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1956)


      • Leica Summicron 50 mm f/2 (1979)


      • Voigtländer Heliar 50 mm f/2


      • Zeiss Planar 50 mm f/2


      • Zorki Jupiter-8 50 mm f/2


      • Leica Summarit 50 mm f/1,5 (1949)


      • Voigtländer Nokton 50 mm f/1,5


      • Zeiss Sonnar 50 mm f/1,5


      • Leica Summilux 50 mm f/1,4 (1962)


      • Leica Summilux 50 mm f/1,4 ASPH (2004)


      • Canon 50 mm f/1,2


      • Leica Noctilux 50 mm f/1,2 (1966)


      • Voigtländer Nokton 50 mm f/1,1


      • Leica Noctilux 50 mm f/1 (1994)


      • Leica Noctilux 50 mm f/0,95 (2008)


      • Konica Hexanon 60 mm f/1,2




    • Moyennes focales : de 65 à 135 mm


      • Leica Elmar 65 mm f/3,5 (1960)


      • Leica Hektor 73 mm f/1,9 (1932)


      • Voigtländer Color-Héliar 75 mm f/2,5


      • Leica Summarit 75 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Apo-Summicron ASPH 75 mm f/2 (2005)


      • Leica Summilux 75 mm f/1,4 (1980)


      • Zeiss Tele Tessar 85 mm f/4


      • Leica Elmar 90 mm f/4 (1954)


      • Leica Elmar 90 mm f/4 (1964)


      • Leica Elmar-C 90 mm f/4 (1973)


      • Leica Macro-Elmar 90 mm f/4 (2002)


      • Konica M-Hexanon 90 mm f/2,8


      • Leica Elmarit 90 mm f/2,8 (1959)


      • Leica Tele Elmarit 90 mm f/2,8 (1973)


      • Leica M-Elmarit 90 mm f/2,8 (1990)


      • Leica Summarit 90 mm f/2,5 (2007)


      • Leica Thambar 90 mm f/2,2 (1935)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1957)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1970)


      • Leica Summicron 90 mm f/2 (1980)


      • Leica Apo-Summicron ASPH 90 mm f/2 (1998)


      • Leica Elmar 105 mm f/6,3 (1932)


      • Leica Tele Elmar 135 mm f/4 (1959)




    • Multifocales


      • Leica Tri Elmar 16-18-21 mm f/4 (2006)


      • Leica Tri Elmar 28-35-50 mm f/4 (1998)





Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 juillet 2010
Nombre de lectures 171
EAN13 9782212416336
Langue Français
Poids de l'ouvrage 34 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0202€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

user 183 at Fri Jul 08 17:31:41 +0200 2011
Sommaire
E-books publiés aux éditions Eyrolles et VM
Livres papier publiés aux éditions Eyrolles et VM
Techniques de la photo – Prise de vue
Boîtiers
Traitement de l’image numérique
Crédits photos
Avant-propos
Remerciements
Adresses utiles
Chapitre 1. LEICA, un système séculaire
L’invention du 24 × 36 télémétrique
Le format inventé par Oskar Barnack
Les premiers appareils Leica
Télémètre couplé et optiques interchangeables
Un vrai système dès l’origine
La guerre des clones
La création du système M
Les premiers modèles : M3, M2 et M4
Les modèles spéciaux : M1, MD et MP
Les reflex prennent le dessus
Leica M5 et CL : une fin de règne ?
Le renouveau des M argentiques : M4-2 et P, M6, M7, MP
Les Leica M numériques
Le M8 et ses péchés de jeunesse
La maturité du M8-2
Le M9 et la révolution du 24 × 36 numérique
Une compatibilité exemplaire
Chapitre 2. LEICA, un système mythique
Les atouts du système M
L’instant décisif et la réactivité
Viseur et précision du télémètre
Silence et discrétion du Leica
L’appareil de la rue et du spectacle
Limites du système M
Longues focales et grande luminosité
Limites de précision du cadrage
La nécessité de réfléchir à l’exposition
Tout photographier au Leica M ?
Apprendre les focales fixes
Voir autrement le sujet
Privilégier cadrage et lumière
Éviter certains sujets… sauf inventivité
Chapitre 3. Les particularités du M9
Construction et ergonomie
Robustesse et construction monobloc
Ergonomie très simple
Visée et cadres de visée
Mesure de la lumière
Alimentation et batterie
Capteur et conversion numérique
Définition et filtrage
Absence de filtre anti-aliasing
Conversion du signal
Accessoires et options
Prise en main
Protection de l’appareil
Viseurs supplémentaires
Autres accessoires
Système de flash
Chapitre 4. Configuration et réglages conseillés
Réglages de prise de vue
Manuel ou automatique ?
Mesure de la lumière
Correction d’exposition
Bracketing d’exposition
ISO automatiques
Cadence de prise de vue
Modes de déclenchement
Pose longue et retardateur
Qualité d’image
DNG et JPEG, qualité des fichiers
Définition des photos
Modes couleur
Balance des blancs
Style d’image
Netteté
Saturation
Contraste
Personnalisation des photos
Fonctions supplémentaires
Choix des objectifs
Réglages du flash
Mode instantané
Gestion des images sur la carte
Nettoyage du capteur
Chapitre 5. Fichiers et logiciels
Sauvegarde et archivage
Choisir ses cartes SD
Quel ordinateur pour les photos ?
Transfert direct des fichiers
Utilisation d’un lecteur de cartes
Généraliser la double sauvegarde
Le traitement des fichiers JPEG
Équilibre global
Réduction du bruit
Retouche des défauts apparents
Accentuation et netteté
Agrandissements à partir des JPEG
Les images sur Internet
Le traitement des fichiers DNG
Flux de travail sur un DNG
Utilisation de Lightroom
L’alternative Capture One
Les autres logiciels conseillés
Réduction du bruit
Le style argentique
Tirages d’exposition
Imprimantes et papiers d’art
Réaliser des agrandissements argentiques
Chapitre 6. Performances et essais du Leica M9
Les performances du capteur
Le protocole de mesure DxO Mark
Bruit numérique
Traitement du bruit selon le logiciel
Dynamique entre les ombres et les lumières
Dynamique des couleurs
Fidélité des couleurs
Les mesures de piqué des objectifs
Le protocole de mesure DxO Analyzer
L’importance du piqué selon la zone de l’image
La note selon le format de sortie
La variabilité du piqué selon le logiciel
Piqué, finesse, contraste et nimbé
Quel piqué par rapport à l’argentique ?
Le focus shift, mythe ou réalité ?
Des résultats réels toujours meilleurs que sur la mire ?
Les défauts optiques
Le vignetage et sa correction
La distorsion
Les aberrations chromatiques
Les franges violettes et la décoloration des noirs
Le moiré
Chapitre 7. Tests d’objectifs
Présentation des fiches
Présentation de l’objectif
Note globale
Figures et histogramme
Sommaire des fiches
Classement des optiques
Sommaire des fiches et notation
Très grands-angles : de 12 à 21 mm
Voigtländer W‐Heliar 12 mm f/5,6
Zeiss Distagon 18 mm f/4
Zeiss C Biogon 21 mm f/4,5
Leica Super Angulon 21 mm f/4 1958
Voigtländer C-Skopar 21 mm f/4
Leica Super Angulon 21 mm f/3,4 1963
Leica Elmarit-M 21 mm f/2,8 1980
Leica Summilux 21 mm f/1,4 ASPH 2008
Grands-angles : de 24 à 28 mm
Leica Elmar-M 24 mm f/3,8 ASPH 2008
Leica Elmarit 24 mm f/2,8 ASPH 1997
Leica Summilux 24 mm f/1,4 ASPH 2008
Voigtländer C-Skopar 25 mm f/4
Zeiss Biogon 25 mm f/2,8
Leica Hektor 28 mm f/6,3 1935
Konica M-Hexanon 28 mm f/2,8
Leica Elmarit 28 mm f/2,8 1965
Leica Elmarit‐M 28 mm f/2,8 1992
Leica Elmarit-M ASPH 28 mm f/2,8 2006
Ricoh GR 28 mm f/2,8
Zeiss Biogon 28 mm f/2,8
Leica Summicron 28 mm f/2 ASPH 2000
Voigtländer Ultron 28 mm f/2
Voigtländer Ultron 28 mm f/1,9
Cadrages naturels : de 35 à 60 mm
Leica Summaron 35 mm f/3,5 1948
Leica Summaron 35 mm f/2,8 1958
Zeiss Biogon 35 mm f/2,8
Leica Summarit 35 mm f/2,5 2007
Voigtländer C-Skopar 35 mm f/2,5
Konica M-Hexanon 35 mm f/2
Leica Summicron 35 mm f/2 (I) 1958
Leica Summicron 35 mm f/2 (III) 1971
Leica Summicron 35 mm f/2 (IV) 1979
Leica Summicron 35 mm f/2 ASPH 1997
Zeiss Biogon 35 mm f/2
Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7
Leica Summilux 35 mm f/1,4 1961
Leica Summilux 35 mm f/1,4 aspherical 1989
Leica Summilux 35 mm f/1,4 ASPH 1994
Leica Summilux 35 mm f/1,4 ASPH 1996 (Ti)
Voigtländer Nokton 35 mm f/1,2
Leica Elmarit-C 40 mm f/2,8 1973
Leica Summicron‐C 40 mm f/2 1973
Voigtländer Nokton 40 mm f/1,4
Leica Elmar 50 mm f/3,5 1932
Leica Elmar 50 mm f/2,8 1994
Leica Summarit 50 mm f/2,5 2007
Leica Summar 50 mm f/2 1933
Leica Summitar 50 mm f/2 1939
Leica Summicron 50 mm f/2 1954
Leica Summicron 50 mm 1956
Leica Summicron 50 mm f/2 1979
Voigtländer Heliar 50 mm f/2
Zeiss Planar 50 mm f/2
Zorki Jupiter‐8 50 mm f/2
Leica Summarit 50 mm f/1,5 1949
Voigtländer Nokton 50 mm f/1,5
Zeiss Sonnar 50 mm f/1,5
Leica Summilux 50 mm f/1,4 1962
Leica Summilux 50 mm f/1,4 ASPH 2004
Canon 50 mm f/1,2
Leica Noctilux 50 mm f/1,2 1966
Voigtländer Nokton 50 mm f/1,1
Leica Noctilux 50 mm f/1 1994
Leica Noctilux 50 mm f/0,95 2008
Konica Hexanon 60 mm f/1,2
Moyennes focales : de 65 à 135 mm
Leica Elmar 65 mm f/3,5 1960
Leica Hektor 73 mm f/1,9 1932
Voigtländer C-Heliar 75 mm f/2,5
Leica Summarit 75 mm f/2,5 2007
Leica Apo‐Summicron 75 mm f/2 2005
Leica Summilux 75 mm f/1,4 1980
Zeiss Tele-Tessar 85 mm f/4
Leica Elmar 90 mm f/4 1954
Leica Elmar 90 mm f/4 1964
Leica Elmar-C 90 mm f/4 1973
Leica Macro-Elmar 90 mm f/4 2002
Konica M-Hexanon 90 mm f/2,8
Leica Elmarit 90 mm f/2,8 1959
Leica Tele Elmarit 90 mm f/2,8 1973
Leica M Elmarit 90 mm f/2,8 1990
Leica Summarit 90 mm f/2,5 2007
Leica Thambar 90 mm f/2,2 1935
Leica Summicron 90 mm f/2 1957
Leica Summicron 90 mm f/2 1980
Leica Apo-Summicron 90 mm f/2 1998
Leica Elmar 105 mm f/6,3 1932
Leica Tele Elmar 135 mm f/4 1959
Multifocales
Leica Tri-Elmar 16-18-21 mm f/4 2006
Leica Tri-Elmar 28-35-50 mm f/4 1998
user 183 at Fri Jul 08 17:31:41 +0200 2011



Avant-propos
Quand j’ai eu envie d’écrire un livre test sur le Leica M9, j’étais sous le choc de sa présentation du 9 septembre 2009 : c’était le premier télémétrique numérique 24 × 36 à capteur de haute définition, or la plupart des experts – dont, je l’avoue, moi-même – estimaient que la mission était quasiment irréalisable, du fait du court tirage mécanique de la monture qui allait rendre les rayons lumineux trop obliques sur les côtés du capteur.
Il est vrai que des marques prestigieuses qui avaient lancé les reflex numériques de ce format obtenaient souvent des résultats très mitigés en courtes focales, alors même que la distance entre l’arrière de la monture était proche de 45 mm, contre moins de 30 mm pour un Leica. La sortie du M8 avec un capteur induisant un recadrage de coefficient ×1,3 renforçait cette présomption, et le nouveau boîtier a été accueilli avec un certain scepticisme.
Pourtant, de bonnes raisons nous ont incités à partager l’enthousiasme des dirigeants de la marque dès que les premiers tests de pré-série ont montré que la qualité optique des modèles Leica légendaires s’exprimait bien sur le nouveau capteur, avec un rendu d’image très particulier. J’ai entrepris des premières mesures avec quelques amis, et la démonstration fut faite après quelques heures que cet appareil pourrait aussi bien se comporter avec des formules optiques très récentes qu’avec quelques modèles anciens qui figuraient dans ma propre collection – au rayon « nostalgie » davantage que « pratique quotidienne » !
D’où le projet de ce livre, qui a pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que des passionnés me confiaient des pièces rares à mesurer, en même temps que je multipliais les essais et découvrais les logiciels à conseiller aux usagers du M9. Cette immersion dans l’univers Leica était comme la renaissance d’une vieille histoire d’amour, car j’ai appris le reportage social et de spectacle dans les années 1970, en me servant tantôt de Leica M et tantôt de reflex Pentax, et je n’ai ensuite qu’épisodiquement utilisé ces matériels, étant plutôt de culture reflex et adepte de longues focales. Je me suis remis au M2 et M6 à la fin de années 1990, mais le M8 ne m’avait pas convaincu, tandis que le M9 me fit plutôt l’effet d’un coup de foudre ! Ce n’est pas pour autant qu’il faudrait manquer d’objectivité, vous en jugerez à la lecture, mais pour moi ce boîtier signe une véritable entrée dans le xxie siècle pour ce système que certains jugeaient déjà démodé quand j’apprenais à m’en servir – mais qui offre tellement d’attraits qu’on n’arrive jamais à l’oublier, de la même façon qu’une optique assemblée il y a plus de 75 ans peut se rappeler à votre souvenir en donnant des images uniques sur un capteur numérique !
Jean-Marie Sepulchre
30 mai 2010
user 183 at Fri Jul 08 17:31:41 +0200 2011



Remerciements
Je tiens à remercier les Éditions Eyrolles, spécialement Stéphanie Poisson, responsable éditoriale du département Graphisme-Photo, et Éric Sulpice, directeur éditorial, pour m’avoir fait confiance pour ce projet difficile qui a consisté à appréhender les particularités du Leica M9 et de la multiplicité des objectifs compatibles. Toute l’équipe qui a aidé à la réalisation de cet ouvrage (l’équipe de Sophie Hincelin à l’éditorial, Cécile Arbez-Carme à la fabrication, Véronique Dürr pour sa relecture) a droit à toute ma gratitude.
Je dois une grande reconnaissance à Leica Camera France, et en particulier à Jean-Pierre Hamadache pour le prêt des optiques Leica les plus précieuses et récentes. Je remercie Didier Mercadal, distributeur de Zeiss, et Marc Rabuteau, distributeur de Voigtländer, pour les essais d’objectifs récents de ces marques compatibles avec le M9.
DxO Labs, et notamment Cyrille de la Chesnais, Nicolas Touchard, Hervé Hornung et Hervé Macudzinski, ont accompagné au mieux ce projet et mis à disposition leur laboratoire pour certaines mesures délicates sur les optiques, tout en me communiquant le détail des analyses de leur site DxO Mark.
Jamais ce projet n’aurait pu se réaliser sans la mobilisation de nombreux leicaïstes passionnés, membres des forums Summilux.net et Chassimage.com, qui m’ont fait confiance et m’ont prêté des optiques onéreuses – et pour certaines fort rares –, avec une mention toute particulière pour Pascal Meheut qui a accepté de se séparer pendant de longues semaines de son précieux M9.
Je remercie également le magasin Photo Suffren, J.-C. Braconi pour ses photos techniques et les sites Internet animés par des passionnés de l’histoire de Leica, comme Erwin Puts, Ken Rockwell, Stephen Gandy, sans oublier la mine d’informations en français figurant dans la documentation mise en ligne par Summilux.net. Le site malais Mir Photography est aussi une ressource très utile.
Enfin, je dois rendre un hommage particulier à mon épouse et à ma famille qui, depuis que cette ligne d’ouvrages techniques en téléchargement a été lancée par Eyrolles, continuent d’endurer pendant des périodes de plus en plus longues la présence de matériel de mesure au beau milieu de notre salon, et qui ont subi l’usage obligatoire de matériel Leica durant les périodes de vacances !
Adresses utiles
Les sites Internet des partenaires précédemment remerciés, ainsi que ceux dont la documentation est très utile et précieuse, figurent dans la liste ci-dessous.
Leica France : http://fr.leica-camera.com/home/
Revendeurs agréés Leica : http://fr.leica-camera.com/service/dealer_locator/fr/index.html
Zeiss (distributeur) : http://www.phot-et-us.fr/public/?page=presentation
Voigtländer (distributeur) : http://www.technicinephot.fr/site_institutionnel/Default.aspx
Site Summilux, la référence francophone pour les leicaïstes : http://www.summilux.net/
Forum Chassimages, espace de dialogue dédié à Leica : http://www.chassimages.com/forum/index.php?board=66.0
Site d’Erwin Puts, sans doute le meilleur spécialiste de la marque : http://www.imx.nl/photo/index.html
Site de Ken Rockwell, fan au jugement parfois un peu abrupt : http://www.kenrockwell.com/leica/index.htm
Site de Stephen Gandy, vente et historique de nombreux produits : http://www.cameraquest.com/index.htm
Site Mir, rubrique Leica : http://www.mir.com.my/rb/photography/companies/Leica/index.htm
La liste de toutes les optiques 39 mm à vis (de quoi produire un tome 2 à cet ouvrage) : http://www.camerapedia.org/wiki/Acall_39mm_screw_lenses
Copies et appareils inspirés par le Leica : http://corsopolaris.net/supercameras/LeicaCopy/newpage.html
Vente de Leica, neuf et occasion, maintenance et réparations : http://www.photosuffren.com/
Réparation et remise à neuf d’objectifs anciens : http://www.nicorep.fr/
Sites de l’auteur : http://www.pictchallenge-archives.net/
(pages collection Leica) : http://www.pictchallenge-archives.net/COLLECT/collecLaica1.html
(blog d’actualité) : http://pictchallenge.blogspot.com/
user 183 at Fri Jul 08 17:31:41 +0200 2011



Chapitre 1
LEICA, un système séculaire
Les grandes idées qui réussissent provoquent de nombreuses demandes de reconnaissance de paternité, mais force est de reconnaître qu’au moment de sa création, le format photographique proposant des images de 24 × 36 mm sur un film de cinéma de 35 mm de large ne suscitait pas un enthousiasme débordant. Des historiens et chercheurs de matériel rare ont bien tenté de démontrer que le premier appareil de ce format était américain et œuvre d’un certain George P. Smith en 1912, mais on n’a retrouvé ni de succès d’estime ni d’attestation commerciale de cette invention. On parle effectivement sur les forums d’un appareil Simplex commercialisé en 1914, mais il s’agirait d’un 18 × 24 mm (le format de base du cinéma), tout comme d’autres modèles tels le Cent vues, le Phototank, le Touriste multiple, le Minigraph…
Toujours est-il qu’il y a un siècle, Oskar Barnack (1879-1936), venu de chez Carl Zeiss, est nommé en 1911 directeur du département Développement des usines d’optiques Leitz et commence ses recherches sur l’utilisation photographique du film de cinéma 35 mm. Désireux d’étalonner les films de cinéma par des prises de vue de tests que nous nommerions aujourd’hui bracketing, Barnack a l’idée d’un petit appareil destiné à prendre des vues fixes pouvant être développées rapidement afin que l’opérateur de cinéma soit renseigné sur les qualités de la pellicule. Mais il est également dit qu’appréciant l’escalade et les longues promenades, mais de santé fragile, Barnack souhaite disposer d’un appareil photo léger mais de haute qualité. Après avoir constaté qu’un photogramme de 18 × 24 mm exposé avec un bon objectif est capable de procurer une épreuve satisfaisante au format carte postale, l’idée se fait jour qu’en exposant le film sur la surface de deux images cinéma, on obtiendrait alors un beau niveau de qualité.



Figure 1-1
Le premier prototype de 1913
Il est possible que ces deux idées aient germé simultanément, mais également que Barnack ait connu l’existence de modèles encombrants et maladroits développés dans d’autres pays. Il met au point un petit appareil très simple (figure 1-1), construit en au moins deux exemplaires et breveté en 1914. Il se livre à des essais de ce qui semble demeurer alors un hobby personnel, en trouvant d’emblée un usage de reportage (figure 1-2) à son petit appareil doté d’un objectif de focale proche de la diagonale du format (43 mm). Le déclenchement de la première guerre mondiale va quelque peu différer le développement du procédé.



Figure 1-2
En 1914, Oskar Barnack prend sa première photo aérienne depuis la nacelle d’un Zeppelin avec son premier prototype.

L’invention du 24 × 36 télémétrique
Avant d’être un système complet, le premier Leica (pour LEitz CAmera) est d’abord ce que nous nommerions aujourd’hui un petit compact, confronté à un marché de plus en plus dominé par les pellicules souples en marché amateur, mais encore réservé aux plaques de verre pour les appareils professionnels. C’est en 1923 qu’Ernst Leitz (figure 1-3) donne le feu vert pour la fabrication d’une première série d’appareils destinés à éprouver le marché. Le professeur Max Berek, chargé des études d’optiques met au point l’objectif de 50 mm de focale (figure 1-4), tandis qu’Oskar Barnack, de formation ingénieur mécanicien, élabore le rideau et l’armement, encore un peu sommaire puisqu’il faut mettre un bouchon sur l’objectif après chaque déclenchement !







Figure 1-3
Ernst LEITZ



Figure 1-4
En haut Oskar BARNACK, en bas Max BEREK
Les premiers essais ne suscitent pas l’enthousiasme des photographes, mais cependant le directeur est convaincu et va décider de la commercialisation. Selon les archives de la marque, après une réunion houleuse où les avis étaient fort partagés, il déclara : « Il faut maintenant en finir. Je décide que l’appareil de Barnack sera fabriqué ! ».

Le format inventé par Oskar Barnack
Le premier LEICA commercialisé est présenté à la foire de Leipzig en 1925, accompagné d’une publicité pour le moins accrocheuse (figure 1-5) : c’est rien moins qu’une révolution dans la photographie qui est annoncée, avec un petit appareil capable de fournir des photos de qualité de 10 × 15 cm, voire plus grâce à l’agrandisseur proposé en option. La projection de diapositives est promue par la vente d’un appareil spécial. En résumé, l’appareil est universel, convient aux voyageurs, aux photographes modernes… même si la première version ne propose qu’un objectif de 50 mm de focale, doté d’un nom toujours célèbre aujourd’hui : l’Elmar ouvert à f/3,5.



Figure 1-5
Première publicité LEICA en 1925
Les témoignages rapportent qu’Oskar Barnack, qui crayonne ses idées sur des petits blocs de papier (figure 1-6), reste conscient que beaucoup de choses restent à inventer pour que le système devienne vraiment universel. Néanmoins, l’appareil commence à bien se vendre et à susciter une querelle de format dont les forums Internet modernes n’ont pas la primeur.



Figure 1-6
Carnets de croquis d’Oskar Barnack
Nul ne pense à l’époque que le format 24 × 36 est destiné à s’imposer au cours des 30 ans qui vont suivre, et personne chez Leitz n’aurait eu la prétention de dire que l’invention de Barnack était le « plein format » naturel, le full frame comme l’écrivent les spécialistes en mercatique du reflex numérique d’aujourd’hui !
Au contraire, Leitz vante les qualités du petit format par rapport au moyens et grands formats dominants à l’époque, avec force arguments rationnels et brochures destinés à faire prendre conscience aux photographes qu’un minuscule négatif peut produire de grandes photos (figure 1-7).



Figure 1-7
Brochure argumentaire en faveur du petit format
Toute la démonstration s’appuie sur le fait que l’agrandissement obtenu avec le Leica vaut bien le tirage par contact de la plaque de verre 9 × 12 cm, mais qu’en plus, le matériel est léger, pratique, apte à photographier les sujets peu lumineux comme les spectacles, sachant que les films les plus rapides de l’époque devaient approcher nos 50 ISO !
Ce serait un bel hommage de renommer le « plein format » 24 × 36 du nom de son inventeur, le « BF » pour Barnack Format. Mais à la fin des années 1920, les pionniers de chez Leitz auraient-ils pu imaginer que monté sur un numérique « BF » de 18 millions de pixels de la marque, leur Elmar conçu pour le 10 × 15 cm serait capable d’un piqué suffisant pour un agrandissement de 50 × 75 voire 60 × 90 cm, ce que nos tests sur des optiques de 1933 ont démontré…

Les premiers appareils Leica
Afin d’obtenir des agrandissements de qualité, il était nécessaire de disposer de films à grain fin, l’un des plus réputés à l’époque étant le Perutz de sensibilité 7 DIN, soit environ 4 ou 5 ISO actuels, bien que les normes sensitométriques aient changé. Et pour devenir universel, encore fallait-il que le Leica permette de changer d’objectif, afin de disposer d’angles larges ou de longues focales pour réaliser confortablement reportages et portraits.
En 1930 est présenté le Leica I modèle C, doté d’une monture à vis d’un diamètre de 39 mm permettant de monter un 35 et un 135 mm. La demande était créée : plus de 30 000 exemplaires du nouveau petit format avaient déjà été commercialisés, et la qualité d’usinage de haute précision des usines Leitz était déjà établie grâce à leur expérience, notamment en microscopie.




Figure 1-8
Première série de Leica à objectifs interchangeables avec télémètre accessoire



Figure 1-9
Leica II, premier modèle à télémètre couplé intégré
Dès cette période, un accessoire paraît indispensable à beaucoup de photographes. Ces derniers s’aperçoivent qu’un réglage précis de la distance est indispensable pour obtenir la meilleure qualité d’un agrandissement. Le télémètre permet par un jeu de miroir de faire coïncider des portions d’image selon la distance choisie, et celle-ci est ensuite reportée sur la bague de l’optique (figure 1-8).
Le télémètre est une invention déjà ancienne, développée à partir du XVIIIe siècle, très utilisée par les forces armées pour déterminer la distance séparant une arme d’une cible, mais Leica va réaliser un coup de génie en l’intégrant au modèle II dit « Couplex », car la reconnaissance de la distance est directement commandée par la rotation de la bague de mise au point de chacun des objectifs interchangeables et standardisés.

Télémètre couplé et optiques interchangeables
C’est en 1932 qu’est présenté le Leica II (figure 1-9) à télémètre couplé et mise au point automatique : en effet, il suffit de tourner la bague des distances jusqu’à voir des lignes coïncider dans la fenêtre du télémètre pour savoir que la photo sera nette. Certes, l’œil doit un peu se déplacer entre le cadre de visée et le cadre de mise au point situés en deux fenêtres distinctes, mais le mouvement peut être rapide et instinctif, beaucoup plus que lorsqu’il fallait reporter sur la bague des distances la position lue sur la molette du télémètre séparé.

Un vrai système dès l’origine
Parcourir aujourd’hui les 96 pages du catalogue général Leica de 1933, l’année de présentation du célèbre Leica III (figure 1-14) qui offre désormais les vitesses lentes (obturateur textile très silencieux, de 1 s à 1/500) donne une idée des efforts que Leitz avait déployé pour proposer un système vraiment universel pour la photographie : le leicaïste dispose de neuf objectifs différents (figure 1-10), de viseurs spéciaux (universel, iconomètre, de côté, de dessus…) et de véritables kits prêts à l’emploi s’il remplit les écrins en cuir (figure 1-11) avec tout le matériel qu’ils peuvent contenir.



Figure 1-10
Gamme optique de base en 1933



Figure 1-11
Les écrins en cuir permettent de transporter un équipement très complet.



Figure 1-12
Développeuse rotative et projecteur de diapositives
Le photographe peut également acheter tout le matériel nécessaire pour développer et projeter ses photos (figure 1-12), de même que les équipements périphériques pour la reproduction d’objets et l’agrandissement d’épreuves (figure 1-13). La macro-photographie au rapport 1 : 1 est également possible, tout comme la stéréo-photographie. Seule manque encore à l’appel la téléphotographie lointaine, qui n’est possible en 1933 qu’avec la focale de 200 mm couplée à la première chambre à miroir Visoflex.



Figure 1-13
Agrandisseur et banc de reproduction



Figure 1-14
Leica III, premier modèle à vitesses lentes



Figure HT1
De 1913 à 1980, évolution du style des Leica

La guerre des clones
Il n’est pas abusif de parler de révolution dans la photographie, comme Leica le fait dans sa publicité en 1925, quand on réussit à commercialiser en 1938 plusieurs dizaines de milliers d’appareils par an – environ 45 000 – et ce succès ne sera interrompu que par la seconde guerre mondiale. Mais la plus grande révolution vient sans doute dans le fait que la plupart des concurrents s’engouffrent à bride abattue dans l’aventure du petit format, d’autant que les premières diapositives couleur sont commercialisées en 1935 avec la Kodachrome (10 ISO) puis l’Agfacolor en 1937. Le très grand groupe Zeiss Ikon réplique au Leica par son Contax télémétrique, Ihagée présente le premier reflex à visée par miroir pour 24 × 36, mais en réalité, le déferlement des copies plus ou moins fidèles ou inspirées du Leica devra attendre la fin des années 1940, avec l’essor de l’industrie optique soviétique (FED et ZORKI, produits eux en centaines de milliers d’exemplaires) et l’émergence de l’industrie japonaise, avec des marques comme Yashica, Minolta, Canon (qui sort des appareils qui sont de vraies copies – figure 1-17) et Nikon (qui s’inspire plutôt du Contax).
Certains sites Internet recensent bien les copies soviétiques (par exemple l’excellent site français http://www.collection-appareils.fr/fed/html/fed_1_nkvd.php et http://www.collection-appareils.fr/krasno/html/zorki_1C.php ) mais également l’évolution des Contax, Canon ou autres classés par marques. De plus, il existe des sites spécialisés (figure 1-15) dans les copies de Leica ( http://corsopolaris.net/supercameras/LeicaCopy/newpage.html ) où l’on découvre des dizaines de marques inconnues qui ont tenté leur chance dans l’inspiration… ou la contrefaçon.



Figure 1-15
Un assortiment d’appareils copiés sur le Leica, ou dérivés du même concept : certains sont plus recherchés que les originaux !




Figure 1-16
Si l’on veut vous vendre un Leica en or peu cher, il s’agit toujours d’un faux !



Figure 1-17
Jouez au jeu des différences…
Il est bon de savoir que 95 % des Leica dits « historiques » de la seconde guerre mondiale ou spéciaux plaqués soi-disant or que l’on trouve sur des sites de vente en ligne sont des faux parfois grossiers (figure 1-16), parfois subtils, par regravure ou maquillage de modèles soviétiques. Mais le collectionneur sera content d’apprendre que certaines copies ont été produites en si peu d’exemplaires que leur prix est beaucoup plus élevé que ceux des Leica contemporains en état équivalent : c’est le cas, par exemple, du Red Flag chinois du début des années 1970 ou du Foca URC des années 1960. On trouve même des copies russes de copies chinoises, les Shangai étant beaucoup plus cotés que les Zorki !




Figure 1-18
Montage manuel des optiques, documentation de 1952



Figure 1-19
Système de visée reflex sur un Leica III à vis

La création du système M
Au début des années 1950, cerné par les nouvelles marques qui veulent se faire une place sur le marché, Leica ne peut plus communiquer uniquement sur la perfection de la fabrication manuelle (figure 1-18) ou sur les perfectionnements apportés à son système à vis (figure 1-19) : la marque se doit d’innover, notamment en intégrant la fenêtre du télémètre à l’intérieur même du viseur, ce qui est un perfectionnement très pratique que beaucoup de concurrents offrent déjà. Le Leica M3 de 1954 (figure 1-20) offre un très grand viseur avec télémètre intégré, correction de parallaxe et sélection automatique de trois cadres de visée (d’où son nom !) selon l’objectif monté sur l’appareil. Il conserve le système d’obturateur à rideau textile des séries III, procurant des vitesses rapides jusqu’au 1/1 000, tout en restant doux et silencieux.



Figure 1-20
Le Leica M3 et son viseur avec le cadre de 50 mm

Les premiers modèles : M3, M2 et M4
Le Leica M3 est rapidement un succès (plus de 200 000 seront livrés), d’autant que la nouvelle monture à baïonnette est parfaitement compatible avec tous les objectifs à vis précédents, du fait d’un tirage mécanique de 27,8 mm contre 28,8 mm pour un Leica à monture 39 mm : il suffit de combler le millimètre d’écart par une petite bague mixte vis/baïonnette pour que le nouveau modèle puisse utiliser tous les objectifs à couplage de télémètre produits depuis 1932. Cette compatibilité est d’ailleurs préservée jusqu’au M9, objet de cet ouvrage.
La numérotation des Leica M surprend, car dans l’ordre, le M3 précède le M2 et le M4, et l’on verra que le M1 s’intercale entre eux. D’ailleurs, Leica fait cavalier seul un certain temps avec le M3, tout en poursuivant la commercialisation des modèles à vis (figure 1-21) car certains clients sont allergiques à la nouveauté. Mais la plupart des grands noms du photoreportage, tels les ténors de l’agence Magnum, s’y rallient.



Figure 1-21
Publicité de Noël 1956 dans la presse américaine
La concurrence a diminué, car peu de marques suivent cette montée en gamme du télémètre : si Canon et Zeiss (figure 1-22) persistent dans une offre haut de gamme, seul un nouveau venu de la fin des années 1940, qui avait fait ses gammes avec des modèles 24 × 32 puis 24 × 34 est alors devenu un concurrent sérieux en équipant des photographes de presse américains pendant la guerre de Corée : il s’agit de Nikon qui en moins de dix ans (figure 1-23) va devenir une référence de poids sur le marché professionnel du reportage.



Figure 1-22
Modèles Canon et Zeiss Ikon de 1956 dans la presse américaine



Figure 1-23
Un des premiers télémétriques Nikon, mais la menace va se préciser.
Leica élargit sa gamme en 1958 avec le M2 (figure 1-24) de construction simplifiée, avec un viseur de grossissement plus faible qui va paradoxalement faire son succès : en effet, le grossissement de 0,91× du M3 oblige à utiliser un correcteur de visée pour les optiques de 35 mm, angle que beaucoup de photographes trouvent naturel avec un télémétrique. Le M2 ne grossit plus que de 0,72× mais est parfaitement à l’aise avec les objectifs de 35 mm, et il dispose de cadres de visée pour les focales de 35, 50 et 90 mm… la base du reportage de rue en quelque sorte.



Figure 1-24
Leica M2




Figure 1-25
Leica M4



Figure 1-26
Chargement rapide du film sur le Leica M4, même avec des gants !
Leica interrompt la fabrication de ces deux modèles en 1967 et présente le M4 (figure 1-25) qui est censé devenir le boîtier unique, en offrant des cadres de visée de 35 à 135 mm. Le design est revu avec l’intégration d’une manivelle de rembobinage intégrée et le levier d’armement est articulé et gainé de plastique, une révolution qui pourrait susciter des grondements dans le courrier des lecteurs de la presse photo !
Mais c’est surtout le système de chargement rapide du film (figure 1-26) qui va intéresser le reporter, tandis que Leica communique beaucoup sur le fait que le M4 est un système photographique à part entière (figure 1-27). En effet, la chambre Visoflex (figure 1-28) permet de disposer aussi bien d’un système macro que de super-téléobjectifs de sport et chasse photo jusqu’à 560 mm de focale (figure 1-29).



Figure 1-27
Système photographique M



Figure 1-28
Principe du viseur Visoflex



Figure 1-29
Optiques compatibles avec le viseur reflex Visoflex

Déjà démodé ? Écrits d’époque…
En 1968, le journal PHOTO essaie le Leica M4 et trouve la marque bien conservatrice : « La sortie de ce nouveau modèle est un évènement, mais Leitz n’a pas cherché à bouleverser quoi que ce soit. D’ailleurs, il semble bien que depuis quarante ans, on n’aime plus beaucoup les bouleversements dans la vieille et prestigieuse maison de Wetzlar. Il y a quarante ans, on avait tout simplement inventé le procédé Leica et le 24 × 36 par la même occasion… ». Bref, le M4 qui a toujours le même aspect n’a pas encore de cellule interne, sans doute parce qu’il aurait fallu modifier le capot, ce qui n’aurait pas plus aux leicaïstes dont « 20 % sont des obsédés qui ne photographient que des mires […], la plupart sont doux mais on rencontre tout de même 2 % de schizophrènes assez dangereux […], 4 % ont acheté leur appareil dans les années 1930 et pensent que depuis, rien de mieux n’a été fait, 12 % sont des snobs qui croient que c’est le plus cher… ». Heureusement qu’il restait environ 60 % de photographes « conscients, organisés et sans problèmes particuliers mais tout aussi têtus », tous ceux cités devant faire un triomphe au M4. C’était donc il y a 42 ans, et l’auteur avait oublié de signer son article !

Les modèles spéciaux : M1, MD et MP
En voulant couvrir toute la gamme d’utilisation, Leica avait également présenté des versions spéciales comme le M1 sans télémètre et les MD, totalement dépourvus de viseur (figure 1-30). Des fans se servent encore aujourd’hui de tels appareils, par exemple avec des ultra grands-angles sans couplage télémétrique et des viseurs externes. Le MP, quant à lui, était un M3 de série limitée doté d’un armement rapide Leicavit par une gâchette située sous la semelle. Un tel modèle vaut très cher en collection aujourd’hui.



Figure 1-30
En haut, Leica M1 sans télémètre ; en bas, Leica MD totalement dépourvu de viseur.

Les reflex prennent le dessus
En même temps qu’il concentre sa gamme sur le seul M4, Leitz déploie beaucoup d’efforts pour promouvoir à partir de 1964 son modèle reflex à miroir : le Leicaflex (figure 1-31) très bien construit et doté d’une très belle gamme optique. Le reflex mono-objectif existait depuis 1936 et avait commencé à beaucoup intéresser les photographes depuis le milieu des années 1950, mais c’est Nikon qui a bouleversé le marché des reporters avec son modèle F. Cet appareil qui va vite passionner aussi l’amateur averti, est dérivé en 1959 d’un haut de gamme télémétrique SP qui n’a jamais supplanté le Leica M. Le Nikon F (figure 1-32) fait rapidement l’unanimité grâce à ses qualités (visée toujours à pleine ouverture, viseurs interchangeables, objectifs de haute définition). De fait, tous les constructeurs s’engouffrent sur le créneau du reflex du haut de gamme, au point qu’au milieu des années 1970, à l’exception des modèles soviétiques peu distribués au-delà du rideau de fer et souvent très rustiques, seul reste le Leica M pour défendre le concept du télémétrique.





Figure 1-31
Leicaflex reflex version SL



Figure 1-32
Succédant au télémétrique SP, le reflex Nikon F a bouleversé le marché du reportage au début des années 1960.
La marque semble d’ailleurs se décourager, puisqu’une publicité d’époque voudrait faire passer le flambeau de génération en génération, les jeunes choisissant naturellement le reflex (figure 1-33).



Figure 1-33
Publicité de 1979 : le télémètre pour les anciens ?
L’effort de Leica en direction des reflex semble porter ses fruits, car les ventes décollent dans ce segment. Cela incite la marque à gagner en productivité en délocalisant au Portugal une partie de la fabrication et à conclure des accords avec Minolta au Japon pour la construction sur un châssis commun de certains modèles reflex de la série R. Cette gamme R va évoluer jusqu’au R9 produit de 2002 à 2009 (soit une présence commerciale de 45 ans sur le créneau des reflex 24 × 36). Le premier Leica numérique à objectifs interchangeables sera justement basé sur les séries R8 et R9 pour lesquels seront proposés des dos adaptables à capteur Kodak, mais l’opinion ne retiendra de Leica que le prestige de la marque et le système télémétrique qui a pourtant failli mourir à l’époque du reflex.

Leica M5 et CL : une fin de règne ?
Certains journaux trouvaient déjà le M4 bien démodé, et quand Leica présente son successeur le M5 et une déclinaison démocratique développée avec Minolta, le CL, les avis sont encore mitigés.



Figure 1-34
Leicaflex en version noire motorisée et chromée
Le Leica M5 (figure 1-35) comporte une cellule intégrée très précise, avec un affichage de la vitesse dans le viseur et un réglage de la lumière sans quitter la scène des yeux (figure 1-36). Mais son rembobinage de film sous la semelle et sa carrosserie plus enveloppante suscitent des critiques. Le fait que la cellule soit mobile, située sur un bras articulé, fait redouter une faiblesse à la fois en fiabilité (ce qui sera parfois démontré) et en réactivité, ce qui est crainte plus infondée, car le M5 reste l’un des Leica télémétriques les plus doux et réactifs. En tout état de cause, les ventes stagnent et le M5 sera produit en trois fois moins d’exemplaires que le M4 et six fois moins que le M3. Tandis que le marché de la photo explose dans les années 1970 et que les constructeurs japonais comptent en millions d’exemplaires, moins de 35 000 M5 sont vendus.




Figure 1-35
Le Leica M5 propose un changement de style mal accueilli par la clientèle.



Figure 1-37
Leica CL compact, développé en commun avec Minolta



Figure 1-36
Jamais Leica n’avait proposé un système de réglage de l’exposition si intuitif que sur le M5, et jamais plus il ne le proposera sur un autre modèle.
Le Leica CL (figure 1-37) sera produit deux fois plus, mais il reste considéré à l’époque comme un modèle moins sérieux, avec son télémètre de plus faible base et son assemblage au Japon ; la version japonaise Minolta CLE à automatisme priorité ouverture semble alors plus pratique d’usage.
Au milieu des années 1970, la production va cesser, les ventes sont en berne et dans son ensemble, l’industrie photographique ouest-allemande est au plus mal : Zeiss Ikon arrête la production et concède la marque Contax à un groupe japonais, Rollei tente de se délocaliser à Singapour, et Leica tranche dans le vif en supprimant la ligne des télémétriques et en ne conservant que la gamme reflex. Les M4, M5 et CL sont discontinués en 1975.

Le renouveau des M argentiques : M4-2 et P, M6, M7, MP
C’est il y a 35 ans que semblent mourir les Leica M mais que renaît une belle et grande histoire d’amour entre le télémétrique Leica et les photographes, principalement, selon les historiens de la marque, sous l’influence de Walter Kluck. Ce dernier, Pdg de la filiale Leitz Canada mise en place en 1952, est certain qu’il reste une clientèle pour les Leica télémétriques : si ces derniers ne sont plus rentables à produire à Wetzlar, il est certain qu’il peut en abaisser le coût au Canada. Il réussit à convaincre le conseil d’administration du siège de tenter l’expérience, prospecte lui-même les revendeurs importants dans le monde, engrange les commandes et relance en 1976 la production d’un Leica M4 version 2. Le M4-2 (figure 1-38) est simplifié, sans retardateur par exemple, mais il gagne la possibilité d’être accouplé à un moteur d’avancement du film, et le pari va être gagné. De petits lots de M4-2 sont commercialisés dès 1977, puis une version mieux finie, le M4-P (figure 1-39) à viseur intégrant le cadre du 28 mm est présentée en 1981 et fabriquée jusqu’en 1987.




Figure 1-38
Les temps sont durs : le M4-2 revit, mais le catalogue est pauvre par rapport aux belles brochures couleur des années précédentes !



Figure 1-39
Avec le M4P, le Leica M regagne ses lettres de noblesse.
En 1984, le M4-P se voit renforcé par le M6 (figure 1-40) quasi identique avec des cadres de visée de 28 à 135 mm, mais surtout avec une cellule photoélectrique interne qui opère une mesure très centrée (quasiment spot) par réflexion d’un rond blanc sur le rideau de l’obturateur (figure 1-41). Cette version sera produite pendant 15 ans à environ 10 000 exemplaires par an : une petite série soignée qui augmente les coûts, mais la survie du système est assurée.




Figure 1-40
Leica M6, extrait du catalogue : la présentation des brochures est à nouveau somptueuse.



Figure 1-41
Coupe du Leica M6 avec la plage de mesure de la cellule



Figure 1-42
Variantes de présentation et de couleurs du Leica M6
Dès les années 1980, des séries limitées sont produites, telles les M4-2 plaqué or pour commémorer le centenaire de la naissance d’Oskar Barnack. Mais à la fin du siècle et au début des années 2000, les séries de collection se multiplient autour du M6, causant parfois des aigreurs aux photographes attachés au M qui craignent de voir leur appareil fétiche se transformer en objet de luxe ou de mode.

Déjà démodé ? Écrits d’époque… (suite)
Lors de la sortie du M4-2, la revue américaine MODERN PHOTOGRAPHY (adaptation en français dans l’ouvrage Photo-Index 1979-1980) note que : « Plus incroyable est le fait que l’appareil […] est virtuellement une copie conforme du Leica M3 qui apparût à la Photokina de 1954. Cet incroyable record de longévité est-il attribuable au conservatisme renommé de E. Leitz Wetzlar ? […] Dans un sens, ce qui est partiellement responsable de l’arrêt des deux Leica à cellule derrière l’objectif n’est pas un retard technique, mais bien plus l’ombre omniprésente du classique M4 sans posemètre […]. Maintenant que les autres non reflex Leica ont disparu, ainsi que la compétition d’autrefois avec d’autres grands appareils tels que les Nikon SP, Canon 7S et le Contax, le Leica M4-2 est plus que jamais dans une classe à lui tout seul. »
Cette réaction compréhensible n’est cependant guère justifiée, car dans une période où Leica se porte mal, de réorganisation en restructuration capitalistique, et change plusieurs fois d’actionnaires, maintenir des flux financiers et une production en flattant le goût des consommateurs les plus solvables n’a pas pour conséquence de priver les photographes de base de leur outil.
Au demeurant, comparés aux tarifs de l’horlogerie de luxe qui renaît dans cette période, les appareils photos semblent par contraste de prix assez démocratiques !
Parmi ces séries spéciales, le M6J de 1994 (40 ans de la série M) reprend exactement l’esthétique du M3 (figure 1-43), le M6 plaqué or commémore le règne du roi de Thaïlande, et cette tradition va se poursuivre sur les séries suivantes.




Figure 1-43
Le Leica M6J adopte le style du M3, à l’exception de la manivelle de rembobinage du film.



Figure 1-44
Leica M6-TTL
Le modèle évolue ensuite, et en 1998, le M6-TTL (figure 1-44) intègre un contrôle automatique de l’éclairage au flash et la possibilité de commander un viseur à plus fort grossissement (0,85× au lieu du 0,72× traditionnel), mais le réglage de la vitesse et de l’ouverture restent manuels. Une sorte de révolution intervient en 2002 avec l’apparition sur le M7 (figure 1-45) de l’automatisme à priorité ouverture. Ce système existait sur les Nikon et les Pentax depuis 1972, et avait été intégré au Leica R3 reflex en 1976 : il semblait très simple à mettre en œuvre sur un télémétrique qui n’a pas besoin d’être à pleine ouverture pour opérer la visée. L’obturateur du M7 gagne un pilotage électronique, mais reste un modèle traditionnel à rideau textile. Certains leicaïstes semblent réticents au système de mesure automatique et à la mémorisation, mais le M7 est aussi semi-automatique sur demande ! Néanmoins, Leica va terminer la série argentique avec le MP (figure 1-46) présenté en 2002.




Figure 1-45
Leica M7



Figure 1-46
Leica MP
Le Leica MP est tout simplement un M6-TTL carrossé à la mode du M6J avec un style de M3, abandonnant au passage la manivelle inclinée du M4 pour le bouton des M2 et M3, ce qui se révèle peu pratique. Ce retour en arrière est critique, d’où l’offre d’une manivelle… en option (figure 1-47) !



Figure 1-47
Péché à moitié pardonné ? Une manivelle en option pour le Leica MP.
Trois types de viseur sont proposés, les deux choix disponibles sur le M6-TTL étant complétés par un 0,58× destiné aux grands-angles. Des séries spéciales ont été commercialisées, telle celle en gris martelé destinée en 2003 aux membres de la Leica Historical Society of America (figure 1-48) ou encore une version en titane sortie en 2004 pour les 50 ans du système M.




Figure 1-48
Leica MP édition LHSA



Figure 1-49
Leica M7 à la carte : les choix personnels de l’auteur !
Le programme « Leica à la carte » constitue aujourd’hui en quelque sorte l’apothéose du système M argentique. En effet, il permet, depuis son ordinateur, de personnaliser son exemplaire MP ou M7, notamment en donnant à ce dernier un style proche du M6J resté le plus classique des séries spéciales (figure 1-49). Mais des séries spéciales restent proposées à intervalle régulier, comme le M7 Hermès de 2009 (figure 1-50).



Figure 1-50
Leica M7 édition Hermès

Les Leica M numériques
Le Leica M8 (figure 1-51) a été présenté en 2006 et a tout de suite suscité à la fois un grand intérêt et des interrogations. Son capteur de 10 millions de pixels, comme la plupart de ceux des concurrents de l’époque, induisait un recadrage avec un facteur de 1,25× par rapport à une diapositive 24 × 36 sous cache (1,33× sur le format complet), d’où le fait que l’on perdait ses habitudes de cadrage avec les optiques. Sa construction souleva tout de suite quelques critiques, comme la vulnérabilité de l’écran arrière aux rayures, tandis qu’en termes de qualité technique des images, notamment pour sa capacité à faire ressortir les détails, il dépassait déjà sans difficulté les Leica argentiques.



Figure 1-51
Leica M8

Le M8 et ses péchés de jeunesse
Le Leica M8 est en quelque sorte un M7 numérique, doté de l’automatisme priorité diaphragme. La marque a fait le choix d’un obturateur métallique montant jusqu’à 1/8 000, mais vite jugé trop bruyant par les habitués du M argentique. De plus, un point technique passé assez inaperçu des premiers testeurs a donné naissance à une polémique : de façon étrange, ce modèle traduisait par des magentas les noirs des tissus (décors, costumes) quand ces matières étaient éclairées par des sources très chargées en infrarouge.
Or, ce type de défaut ne semblait se produire – uniquement dans ces circonstances assez rares – qu’avec le Leica M8. Il découlait du fait que le dispositif adopté par Leica, dans le but avoué de permettre le piqué maximal, non seulement ne comportait pas de filtre anti-moiré, mais encore était très peu filtré (certains ont pensé « pas du tout ») en infrarouge quand tous les capteurs concurrents étaient filtrés par un système de coupure anti-infrarouge.
Leica réagit aux critiques fin 2006 en offrant gratuitement à chaque acheteur de M8 deux filtres anti-infrarouge à visser sur les optiques. Mais cette manœuvre est parfois assez fastidieuse, et garder le filtre en permanence peut induire des reflets parasites non désirés.
Afin de satisfaire sa clientèle, Leica, tout en terminant la production du M8 par des séries spéciales (figure 1-52), proposa un programme de mise à jour pour l’obturateur, un nouvel écran arrière plus résistant, des nouveaux cadres de visée plus précis, etc.




Figure 1-52
Édition spéciale du Leica M8 en blanc



Figure 1-53
Leica M8-2 noir avec sa pastille noire (très recherchée)

La maturité du M8-2
La version M8-2 est présentée en 2008 (figure 1-53). Contrairement au M4-2, elle reste simplement notée M8 en façade, mais se distingue par une pastille Leica noire. Ce modèle comporte principalement un verre saphir inrayable pour l’écran, un obturateur moins rapide (1/4 000 s) mais plus silencieux avec une position de réarmement différé, de nouveaux cadres de visée, mais n’adopte hélas pas de filtrage infrarouge interne. Cette version plus aboutie est néanmoins un excellent choix sur le marché de l’occasion, quand l’écart de prix n’est pas considérable avec le modèle d’origine.
Un M8 peut parfaitement servir de très bon boîtier de secours à un M9, surtout si on l’affecte au noir et blanc qui naturellement traduit moins les dérives de couleur liées à l’infrarouge.

Le M9 et la révolution du 24 × 36 numérique
Présenté en grande pompe à la date symbolique du 9 septembre 2009, le M9 (figure 1-54) est une évolution inespérée du M8, doté d’un capteur « Barnack Format » de 24 × 36 mm avec une définition de 18 millions de pixels. Le style est quasi inchangé : un petit décrochement sur le capot évoque les M2 ou M3, mais a hélas conduit à supprimer le compteur de vues du M8 ; l’écran arrière est ordinaire, mais l’appareil dispose d’un obturateur plus silencieux, dérivé de celui du M8-2.



Figure 1-54
Leica M9
Désormais, le capteur toujours dépourvu de filtre anti-moiré pour garantir un piqué maximal, est doté d’un filtre anti-infrarouge efficace et très peu destructeur de netteté, ce qui permet d’abandonner avec soulagement les filtres externes aux reflets rougeoyants.
Le viseur adopte un grossissement de 0,68× propice aux grands-angles, et des loupes sont disponibles en option pour les plus longues focales, en attendant un éventuel programme « M9 à la carte » qui obtiendrait, soyons-en certains, un très grand succès !

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