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Stéréotypage, stéréotypes

De
184 pages
Que les stéréotypes soient utiles voire indispensables pour le confort de la communication entre membres d'une même communauté culturelle, comme le pensent certains ou qu'il faille les dénoncer, pour d'autres, en raison de leur nocivité intra et intercommunautaire, leur prégnance et leur impact sont tels qu'ils constituent, pour les sciences de l'homme et de la société dans leur ensemble, des objets d'étude dont l'intérêt n'a cessé de se confirmer durant ces dernières années.
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Stéréotypage, stéréotypes: fonctionnements ordinaires et mises en scène
TO-ME5
EXPRESSIONS ARTISTIQUES

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan @wanadoo.fr harmattanl @wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02963-7 EAN : 9782296029637

Stéréotypage, stéréotypes: fonctionnements ordinaires et mises en scène
TOME 5
EXPRESSIONS ARTISTIQUES

Actes du Colloque International de Montpellier
(21, 22 et 23 juin 2006, Université Montpellier III)

Publiés sous la direction de Henri Boyer

Avec la collaboration de
Carmen

Alén Garabato, Ksenija Djordjevié,

Mariana Negru, Eléonore Yasri-Labrique

L'Harmattan

Présentation
Les représentations partagées, qu'elles soient qualifiées de collectives, sociales ou (socio )/inguistiques, manifestent une tendance inéluctable au stéréotypage (ou à la stéréotypie). Les stéréotypes, comme structures socio-cognitives, peuvent donc être considérés comme les produits, toujours disponibles au sein des imaginaires des communautés culturelles, de ce processus de figement représentationnel. Qu'ils soient utiles, voire indispensables pour le confort de la communication entre membres de ces mêmes communautés, comme le pensent certains ou qu'il faille les dénoncer, pour d'autres, en raison de leur nocivité intra et intercommunautaire, il n'en est pas moins vrai que leur prégnance et leur impact sont tels qu'ils constituent, pour les sciences de l'homme et de la société dans leur ensemble, des objets d'étude dont l'intérêt n'a cessé de se confirmer durant ces dernières années, comme en témoignent de nombreux ouvrages, individuels ou collectifs. Le Colloque international de Montpellier: "Stéréotypage, stéréotypes: fonctionnements ordinaires et mises en scène", qui s'est déroulé du 21 au 23 juin 2006 à l'Université PaulValéry, a donné lieu à une riche confrontation des approches du stéréotypage et des stéréotypes produites dans divers champs disciplinaires: les sciences du langage (sociolinguistique, sémiotique, analyse du discours) et la didactologie des langues-cultures; la psychologie sociale, la sociologie et l'ethnologie; la politologie et les sciences de l'information et de la communication ou encore la sociocritique, l'analyse littéraire et l'étude des discours cinématographiques... Aussi, les contributions à ce Colloque rassemblées ici, de par l'hétérogénéité des angles d'attaque, des corpus traités et des préoccupations théoriques et méthodologiques ont permis de mettre parfaitement en évidence, au sein de productions discursives très variées où le stéréotypage est à l'œuvre, les modalités de fonctionnement, discret ou spectaculaire, des stéréotypes et les enjeux de tous ordres dont ils sont investis. Il a fallu gérer une certaine dispersion des objets et des perspectives, bien que la centration sur la problématique visée soit incontestable: nous avons opté dans l'organisation du Colloque pour une distribution en cinq ateliers qui, même imparfaite, permettait d'utiles regroupements. La composition de ces Actes en cinq Tomes reconduit cette distribution. L'exercice n'a pas été toujours aisé et il est évident que certaines communications auraient pu figurer dans une autre section que celle qui a été en définitive choisie. Par ailleurs chacune des trois conférences données en séance plénière s'insère dans l'un des cinq tomes, selon sa dominante. Aussi discutable soit-il, l'édifice nous semble bien présenter les lignes de force de la recherche actuelle sur le stéréotypage/les stéréotypes.

7

Ainsi,
ordinaires

les questionnements spécifiques, concernant aussi bien des fonctionnements

que des mises en scène, prennent place dans l'un des cinq ensembles publiés, dont on trouvera l'intégralité des sommaires dans les pages qui suivent:

- C'est

du vecteur

médiatique

qu'il est question

dans

le Tome

1: Média(tisation)s,

du

stéréotypage et des stéréotypes comme phénomènes communautaires, à propos desquels les médias ont une responsabilité particulière, dans les sociétés médiatisées. - Le stéréotype est lié fonctionnellement à la catégorisation: qu'elle soit groupale, sexuelle, sociale..., intra ou intercommunautaire, qu'elle soit ou non stigmatisante. C'est de la
construction, de la (re)production de l'/des identité(s) que traite le Tome 2: Identité(s). aux traitements du stéréotype dans - Le Tome 3: Education, Ecole, Didactique est consacré

le domaine éducatif et l'enseignement/apprentissage

dans un secteur particulièrement des langues-cultures.

exposé:

celui i:le

- Le stéréotypage concerne aussi les langues, dialectes et autres parlures: les stéréotypes habitent les discours épilinguistiques. Les stéréotypes fonctionnent également, sur le mode

dialogique,dans les interactions,au sein des actes de communication: Tome 4: le
Langue(s), Discours accueille ainsi les interventions traitant de langue, de langage et de communication. - La création artistique (sous ses diverses modalités), si elle n'a pas le même rapport aux stéréotypes que les médias, n'en est pas moins concernée par leur prégnance, la littérature et le cinéma en particulier. Ilen est question dans le Tome 5: Expressions artistiques.

Henri Boyer

8

SOMMAIRES

DES CINQ TOMES

Torne 1: Média(tisation)s H. BOYER: Présentation La campagne de lutte contre la discrimination de 2001 et ses stéréotypes:

C. ADINSI, A. ADINSI' Travail et stéréotypage

V. BELIAKOV: La représentation stéréotypée des autorités: discours médiatiques russes

construction de l'image à travers des

A. BLANCHET: Le cycle figement / défigement d'un stéréotype dans la presse vidéoludique française: le cas du remake V. BONNET: Stéréotypage et éthos dans le commentairesportif: constructionet évolutiond'un genre C. CHABROL: Catégorisation de genre et stéréotypage médiatique: du procès des médias aux processus sociomédiatiques M. CHAUQUE: Mises en opinion médiatisées de la « crise des banlieues en France» : construction et déconstruction discursive de l'image stéréotypée des objets conflictuels (octobre/novembre 2005) V. COPPOLA, O. CAMUS: Le sida dans la presse: du fait à sa représentation C. COURBIERES: Le principe du stéréotypage médiatique de l'image féminine de mode: de La Belle au Bois Dormant à La possibilité d'une Île

F. DAGHMI:

Les images de « l'immigré»dans la presse française

M.R. DAGOSTINO, E. LEBEL: Métaphoresvisuelleset métamorphosedu stéréotype K. DJORDJEVIC: Violence urbaine: lorsque la presse en parle J.P. HONORE: 2002 : le Japon de L'Equipe. Quelques stéréotypes relatifs au Japon et à la Corée dans le discours sportif V. JULLIARD: Stéréotypes médiatiques et nouveaux modèles: étude des représentations femmes politiques dans le cadre de la médiatisation de la loi sur la parité (1998-2005) E. LEBEL, M. LA VALLÉE, M.E.GIRARD, A. DESCHENEAU: un frein ou une ouverture à la connaissance L. LEVENEUR: alouettes
M. LOPEZ

des

Réceptiontélévisuelleet stéréotypage :
le miroir aux

Réflexivité diffuse et représentations

stéréotypée du journaliste:

DIAZ: Stéréotype, reproduction et subversion dans la publicité Publicité et stéréotypes visuels

D. LYSARDO-DIAS:

S. MONTANOLA: niveau

Représentations et stéréotypes dans l'image médiatique des boxeuses de haut
la lesbienne-

E. MOREAU: La représentation des lesbierlnes dans les news magazines français: mère, vers un nouveau stéréotype? S. PAHUD: Stéréotypage des identitéssexuées dans le discours publicitaire

B. PEETERS: Le stéréotypage du tueur en série dans un corpus de faits divers. Le cas de Michel Fourniret

9

M. E. PERROT: Nature communauté minoritaire: S. PERROUTY-PERRET: associés aux fragrances

et fonction des stéréotypes linguistiques l'Évangéline de 1887 à 1930 Odeurs et influence de propre, persuasive de fraîcheur,

dans le discours

de presse

d'une

de douceur...

Stéréotypes

culturels

O. PUL V AR: Le stéréotypage médiatiques E. Y ASRI:

des identités

collectives

minoritaires:

dérives

identitaires

et dérapages

« Une porte qui s'ouvre»

: quand

les journaux

français

mettent

en scène la Turquie...

Torne 2 : Identité(s) S. BAilLY: Sexotypes langagiers et communication G. BUDACH, C. MOISE, A. DUCHENE, M. RICHARDS: Canada: les stéréotypes existent-ils toujours?

Bison, feuilled'érable et fleur de lys du

S. CAllLAUD: Processus de catégorisation croisée chez les jurés

P. CAILLE, P.A. MALLET: La Typage et I ou Stéréotypage

Constructiondu Marocdans l'iconographiedes brochures touristiques:
des représentations sociolinguistiques dans le

S. COTElll: Stéréotypes et autonomisme: étude combat mené pour l'indépendance du Jura (Suisse) C. DA YER: Stéréotypes S. DREYER: F. DUFOUR: et homosexualité: roma,ntiques
})

entre attribution et démarcation

« Les Français Le « Sud»,

: Une représentation sociale du monde chinois qui ne dit pas son nom symbole
sociale de l'enseignant universitaire:

un stéréotype

discursif

E. GOUABAUL

T: Le dauphin; Stéréotype, « contre-stéréotype»,
et Représentation

L. JEANNEAU, N. ROUSSIAU: Stéréotype Influence du thêmata 'Idéal/Réel' A. lACHKAR: Stéréotypes discours 'très' spécifique de pensée

et stéréotypes

de langue:

Réflexion sur le contenu lexical d'un

J.L. LEONARD: Archétypes, guatémaltèque

prototypes,

hypotypes, antétypes

et stéréotypes:

la situation

S. LOSA: le stéréotype comme révélateur identitaire. Analyse d'un discours oral en interaction: le cas d'un entretien sociolinguistique P. MOllNER: Stéréotypes intergroupes masculins vs féminins. Contexte professionnel et domination masculine

A. MORIN: Se démarquer de l' « arabe de service», les candidats issus de l'immigration
maghrébine face à leur stéréotype en politique

N. PEPIN: Stéréotypes en interaction.Elémentsd'une grammairede l'identité
V. PRICOPIE: la « Provocation turque}) Stéréotypes français et roumains su l'Autre de l'Europe B. RAFONI: « Sacrés Français», stéréotype méta-images et discours ordinaire dans une littérature du

J.B. RENARD: Le rôle des portraits contrastés dans la formation des stéréotypes 10

C. SCHURDEVIN-BLAISE: Les représentations de l'Indien dans les manuels scolaires et leurs enjeux dans la construction identitaire nationale du Chilide la fin du XIXe siècle - début du Xxe P. SIBLOT: Implicites d'une stéréotypie de la formation discursive coloniale relative à l'Algérie A. STERGIOU: Stéréotypes et discrimination: le cas des Albanais en Grèce et l'enjeu éducatif M. SUQUET: Les compétences féminines ont-elles un sexe? Stéréotypes et compétences masculines et

T. TREFAULT: Tsiganes et culture tsigane, dénominations, représentations et stéréotypes R-M. VOLLE:
{(

Les stéréotypes sur les Roms en Roumanie des discours médiatiques aux discours ordinaires» : Positiondu sujet et mots des autres

U. WINDISCH: Les représentations sociales ne naissent pas "hors sol" : l'exemple de l'immigration en Suisse
M. ZERV

A: Le rôle des stéréotypes

dans la construction

identitaire : une étude de cas

Torne 3: Education, Ecole, Didactique H. BaYER: Présentation K. AIT DAHMANE:La langue franç~ise en Algérie: Stéréotypes interculturels et apprentissage en contexte bilingue N. AUGER, P. DALLEY,S. ROY: Stéréotypes et stéréotypages de la diversité linguistique en classe de français langue seconde et minoritaire M. BENTO: Stéréotypes de la langue orale dans les ensembles pédagogiques de Français langue étrangère en Europe P. BOURDIER: Stéréotypes et manuels scolaires actuels: l'exemple du cinéma dans l'enseignement du français S. CLERC: La représentation des langues et de la France chez les élèves nouvellement arrivés en France F. DERVIN, E. SUOMELA-SALMI:Rôle des représentations et stéréotypes dans l'apprentissage du français au niveau universitaire J-L. DUFAYS: Stéréotyper, suspendre, rouvrir: le chantier sans fin de la lecture et de l'apprentissage M. EISL: Représentations et stéréotypes à l'œuvre dans la classe de langue: pistes didactiques à l'exemple des regards croisés France-Autriche P. GARDIES: Stéréotypes et interculturalité: pistes pédagogiques G. IOANNITOU: L'impact des stéréotypes sur l'action parentale en ce qui concerne leur politique linguistique et éducative F. ISHIKAWA:Articulation entre la transmission du savoir et le stéréotypage en classe de langue: analyse interactionnelle du stéréotype dans le discours didactique A. JARLEGAN, Y. TAlOUTI, A. FLIELLER:Stéréotypes de sexe, attitudes et performances scolaires des élèves à l'école primaire A. KACPRZAK:Le stéréotype en tant qu'instrument de la propagande

11

B. KERVYN: Les phénomènes de stéréotypie: essai d'outillage pour la didactique de l'écriture E. LEMAIRE: L'enseignement de la culture française aux mineurs étrangers isolés: impacts de la stéréotypie sur la construction identitaire de primo-arrivants en situation d'urgence S. LE ROHELLEC: Mise en scène ethno-sociolinguistique par le conte: quelques cas d'écoles de Madagascar Ch. MORIN-MESSABEL:Logiques scolaires, logiques sexuées à l'école primaire T. NIKOU:L'enseignant de FLE devant un défi: démonter ses stéréotypes vis-à-vis de l'Autre Ch. ROMAIN:L'impact des stéréotypes de la violence urbaine en milieu scolaire J. SAUVAGE: L'image de soi à travers les discours des autres en ITEP

Tome 4:

Langue(s),

Discours

H. BaYER: Présentation S. AL KARJOUSLI:

Stéréotypage, stéréotypes et effacementde la polysémiedans la langue arabe

S. ANQUETIL:Actes de langage indirects et inférences stéréotypiques

H. BaYER: Le stéréotypage ambivalent comme indicateur d'une situation conflictuelle de contact
de langues P. CHARAUDEAU:Les stéréotypes, c'est bien. Les imaginaires, c'est mieux P. DANLER:ilLes Italiens du 20e siècle": relevés de textes politiques sur la base de la sémantique des stéréotypes et de la sémantique des scènes-et-cadres M. DREYFUS: Production et déplacement de stéréotypes en situation d'entretien O. GALA TANU: Pour une approche sémantico-discursive du stéréotypage sémantique théorique et de l'analyse du discours à l'interface de la

I. GONZALEZ REY: Les stéréotypes culturelset linguistiquesdes expressions idiomatiques
S. LESENNE: Stéréotypes et culture écrite: la construction de l'identité de lecteur

J. LONGHI, G. E. SARFATI Canon, doxa, vulgate: enjeux sociodiscursifsdu stéréotypage dans la
dénominationINTERMITTENT
I. MACHADO: La même représentation de la prostituée dans deux discours culturellement différents: étude du stéréotype dans l'optique de l'analyse du discours M. MARGARITa: touristiques De la référence artistique au stéréotype culturel: cartes postales et plaquettes du

M. MATTHEY: Est-ce que vous êtes bilingue? Entretien de recherche et stéréotypage bilinguisme M. PESCHEUX: Stéréotypes sémantiques
d'analyse

et

stéréotypages

discursifs:

mécanismes

polyphoniques

dans des entretiens

de pratique

A.H. RHEAULT:L'utilisation des stéréotypes et des lieux communs dans le discours
épilinguistique : vers une approche argumentative des représentations linguistiques

12

Tome 5: Expressions artistiques

H. BaYER: Présentation un texte
E. ARGAUD: Apprivoiser du XVIe siècle

la différence

par le stéréotypage

: le recours

à la figure

de l'inversion

dans

C. BERTHET-CAHUZAC:

Le stéréotype

dans

la

comédie

madrilène:

l'exemple

de Asignatura

pendiente
K. A. BLANCHON: BRASSART: CHAMPSEIX: Les stéréotypes Les homosexuels La construction dans dans les films le cinéma de fiction français: du Breton stéréotypes malgaches la fin des stéréotypes de Chateaubriand mass-médiatiques à Bécassine dans l'œuvre narrative

J. P.

du stéréotype des

P. DECOCK: de César Aira

Polysémie

et transformation

R. DE MELLO: J. A. DIAZ:

Les stéréotypes

dans

« Enfance» par lui-même: en action:

de Nathalie archétype lecture de

Sarraute contre l'Autre stéréotype dans « Lost in translation» et

Salvador

Dali surréaliste Stéréotypes »

S. K. HONG-MERCIER: {( Stupeur et tremblements L. MULLALY: G. POTOCNJAK: Grillet F. : expression Subversion

des stéréotypes dans d'une les

dans

le cinéma

latino-américain Fano,

actuel Arnaud Petit et Alain Robbe-

Le stéréotype contemporaine terribles

créations

de Michel

pensée

artistique usages

de la perception et formes des stéréotypes dans l'exposition

RIGAT:

Les enfants

de l'art moderne:

d'art
J. SZLAMOWICZ: du jazz en France Construction idéologique dans la promotion culturelle institutionnelle. L'exemple

B. T ABU CE: Le Masque et la Robe: malentendu sur les stéréotypes A. J. TONYE: J. VERDIER: dégradant Le stéréotype La Vamp comme dans

« La Guerre

des Demoiselles

», ou la spectacularisation

d'un

élément

doxique français

dans la littérature des années Trente:

négro-africaine un stéréotype fascinant et

le cinéma

13

Les communications rassemblées dans les cinq Tomes d'Actes ont été présentées au

Colloque international:

Stéréotypage, stéréotypes:
fonctionnements ordinaires et mises en scène Perspectives interdisciplinaires
21, 22 et 23 juin 2006

Montpellier
organisé par l'Atelier de Recherche en Sociolinguistique et d'Etude des Représentations (ARSER,Laboratoire DIPRALANG.EA 739/ Université Montpellier
en collaboration avec l'UMR 8069 CNRS-Paris V, le CREDAM-Paris l'IREC-EA 740-Montpellier III, l'EA 737 -Montpellier III et avec le soutien du Pôle universitaire européen de Montpellier et du Languedoc-Roussillon et du Conseil scientifique de l'Université Paul-Valéry

III),
III

Coordinateur: Henri Boyer (responsable de l'ARSER, co-directeur du Laboratoire DIPRALANG-EA 739/Montpellier III)

Comité

Charaudeau

Simone Bonnafous (Univ. Paris XII), Patrick (Univ. Paris XIII), Jean-François De Pietro (IRDP, Neuchâtel), Pierre Fiala (Univ. Paris XII), Montserrat Lopez (Univ. de Santiago de Compostela), Marinette Matthey (Univ de Grenoble III), Pascal Moliner (Univ. Montpellier III), Marie-Anne Paveau (Univ. De Paris XIII), Bernard Py (Univ. De Neuchâtel), Jean-Bruno Renard (Univ. Montpellier III), MichelLouis Rouquette (Univ. Paris V), Uli Windisch (Univ. De Genève), Geneviève Zarate (INALCO, Paris)
Henri Boyer, Carmen Alén Garabato, Nathalie Ksenija Djordjevié, Patricia Gardies, Jana Ockova,
Delouvée

scientifique.

Comité d'organisation: Auger, Valérie Bonnet,
Rose-Marie

Volle, Sylvain

,

Michel-Louis

Rouquette,

Catherine

Berthet-Cahuzac, Secrétariat:
DIPRALANG-EA

Guy Lochard, Pascal Moliner, Julien Vidal. Alén Garabato,
III)

Carmen

Ksenija

Djordjevié

(ARSER-

739 / Montpellier

14

Apprivoiser la différence par le stéréotypage: le recours à la figure de l'inversion dans un texte du XVIesiècle

Evelyne ARGAUD (Inalco, Paris)

Si le stéréotype «relève d'un processus de catégorisation et de généralisation1», qui permet de distinguer «eux» et «nous», de mettre en regard « le même» et «l'autre», le Traité sur les contradictions & différences de mœurs2 entre Européens et Japonais, écrit par le jésuite portugais Luis Fr6is en 1585, offre un document passionnant à qui s'intéresse aux catégories mises en place par un observateur du XVIesiècle pour percevoir et interpréter une réalité culturelle totalement nouvelle. Cet ouvrage, qui s'inscrivait dans le genre didactique du traité, intéressait à la fois les esprits européens cultivés et curieux, les évangélisateurs et les missionnaires envoyés au Japon, auxquels il fournissait les connaissances pratiques susceptibles de les aider lors du «choc culturel» qu'ils allaient connaÎtre. Il constitue, dans l'Europe du XVIe siècle, un des premiers documents où se met en place la réflexion sur l'altérité et où on peut saisir la démarche de la pensée lorsqu'elle se confronte aux différences culturelles et qu'elle cherche à en donner une représentation. Premiers Européens à pénétrer au Japon vers 1543, les Portugais y resteront jusqu'en 1640. Cette période, faste pour l'évangélisation et appelée le «siècle chrétien», se terminera cependant par de nombreux martyres et par la fermeture du Japon aux étrangers durant plus de deux siècles. Frais a 31 ans lorsqu'il arrive au Japon en mission d'évangélisation; il y résidera plus de 25 ans, acquérant ainsi une connaissance approfondie de la société japonaise dont témoignent de nombreuses lettres et une monumentale Histoire du Japon. Alors que les textes de certains religieux3 (LANZILLOTO, 1548) insistent sur les ressemblances entre Européens et Japonais (les Japonais ont des comportements proches de ceux des Européens, ils peuvent donc être évangélisés), le Traité de Frais ne manifeste aucune intention évangélisatrice et centre son attention sur les contrastes et les disparités

1

AMOSSY R., HERSCHBERG

PIERROT A., (2004), Stéréotypes

et clichés, ColI. 128, Paris, Nathan

Université,

p.27. 2 FROIS Luis, (1585), Traité sur les contradictions de mœurs entre Européens et Japonais, colI. «Magellanepoche», traduction de Xavier de Castro, préface de Claude Lévi-Strauss, Paris, Editions Chandeigne. L'éditionportugaise du Traité(1998) étant épuisée, nous devons le texte portugais à l'aimable
collaboration de l'éditeur français, Michel Chandeigne, auteur de la première édition européenne publiée en 1993, établie d'après les photocopies de l'édition originale parue au Japon en 1955 après trois siècles d'oubli. Nous l'en remercions vivement. 3 Le Traité de Fr6is n'est pas le premier texte écrit sur le Japon. On possède deux documents, plus courts: l'un, daté de 1547, rédigé par le capitaine de navire commerçant Jorge Alvares, et l'autre, une «Information» écrite en 1548 par un père italien Nicolas Lanzillotto. Par ailleurs, le Père Valignano, visiteur des Indes et supérieur de Fr6is, est l'auteur d'un ouvrage Les Jésuites au Japon; Relation missionnaire, (1583), dans lequel les différences et contrastes entre Européens et Japonais et la nécessité pour les missionnaires de s'adapter aux coutumes japonaises constituent des leitmotive frappants.

15

de comportement, à travers une démarche qui part de l'observation empirique et amusée d'une foule d'usages sociaux surprenants pour un esprit européen. Le texte se présente sous forme d'un inventaire détaillé de curiosités, composé de fragments très brefs rassemblés en 14 chapitres consacrés dans l'ordre suivant: -aux êtres humains et à leur aspect extérieur; -à la religion à travers ses lieux et objets de culte; -à divers actes de la vie sociale: se nourrir, se protéger et combattre, se soigner, se loger, se déplacer, s'instruire, se distraire. Un dernier chapitre, sorte de fourre-tout, réunit des observations très diverses. Les fragments qui composent ces 14 chapitres peuvent se regrouper en deux catégories: l'une décrit des comportements à formes non linguistiques, observables par un regard extérieur qui enregistrerait des mouvements, des positions, des couleurs, des objets:
As adagas sao curtas; algumas das suas sao mayores que mea catana.1

L'autre s'intéresse à des comportements linguistiques, par lesquels Européens et Japonais formulent des jugements de valeurs, des choix, des préférences: Antre nos se tern par d[is]formidadeter huma cutil[a]dano rasta; os Japôes se prezao delas, e coma sao malquradas sao ainda mais disformes.2 L'observation menée par Frais se fait ainsi à travers un point de vue culturel, en fonction des valeurs morales et esthétiques qui influencent son activité et qui sont des valeurs relatives aux usages, aux goûts, à la politesse, à la bienséance. Parallélisme et opposition Chacun des fragments du Traité répète la même construction syntaxique: une seule phrase formée de deux propositions en construction asyndétique, dont la première a pour thème les Européens et la seconde les Japonais. L'auteur part du connu (<<nous», «les Européens») pour aller vers le déroutant (( eux» «les Japonais»). La composition de chacun des fragments, d'une régularité absolue, illustre cette démarche de la pensée: la société européenne, familière à l'énonciateur (culture source), lui fournit les points de repère lui permettant d'apprivoiser la société étrangère (culture cible) et de la penser. Il s'agit de mettre en parallèle des situations, des objets, des comportements pour construire des contrastes qui vont jusqu'aux contraires, jusqu'à l'inversion. Ce parallélisme, qui peut prendre diverses formes syntaxiques (répétition, ellipse, utilisation de synonymes, reprise d'un terme à l'aide d'un anaphorique) devient un trait d'écriture systématique qui instaure la symétrie comme constante au cœur de la description des comportements. Cependant, Frais n'innove pas; l'idée de comparer le connu de l'Europe à l'inconnu est présente également dans de nombreuses oeuvres de la Renaissance3. De plus, il inscrit

1 «Nos dagues sont courtes; certaines des leurs sont plus grandes que la moitié d'un catana [sabre].» (VII,5) 2 «Chez nous, c'est une difformité que d'avoir des balafres au visage; les Japonais s'en honorent et, comme elles sont mal soignées, elles en sont plus difformes encore.»(I, 11) 3 VALlGNANOA., (1583), Les Jésuites au Japon...: «...Le Japon est un monde à l'envers de ce qui est courant en Europe...», p.75. L'inversion dans les manières de faire est ressentie comme la traduction sociale de l'inversion spatiale; l'historien jésuite portugais Joao de Lucena, note: «... .il est juste de dire que [les Japonais]

16

son témoignage dans un genre existant et ancien: Lévi-Strauss note qu'Hérodote déjà, au Ve siècle avant notre ère, écrivait que «les Egyptiens se conduisent en toutes choses à l'envers des autres peuples.» 1 C'est à un constat du même genre que se livre Frais, dès lors qu'il construit sa représentation de l'autre à partir d'un procédé récurrent: le contraste comparatif qui cherche à faire entrer toutes les observations dans un même cadre et qui permet de donner une cohérence à toute une série de remarques fondées sur une idée forte: dans de nombreux domaines, les Japonais font exactement le contraire des Européens: Antre nés se veste 0
milhor

vestido em cima e somenos debaxo; os Japoes 0 milhor

debaxo e 0 somento em riba.2

L'inversion devient ainsi la traduction discursive la plus saisissante de la différence
culturelle, reprise au niveau rhétorique par l'antithèse noir/blanc, fréquente dans le Traité: Nés uzamos do preto por dé; e os Japoes do branco.3 Si «la figure de l'antithèse revient à privilégier deux objets [...], à éliminer temporairement tout autre, de manière à faire apparaitre toutes les différences qui les opposent»4; elle comporte également une part d'artifice rhétorique puisque «tout objet peut ainsi selVir d'objet antithétique à un autre»5. Frais a recours à cet artifice dans la mesure où il n'hésite pas, parfois, à opposer et à comparer des situations qui ne sont pas tout à fait opposables:
Antre nés, se hum mata a outro e teve justiça, ou foi por sua defensao, salva-se ; em

Japao, se hum mata, â-de-morreraquelle, e se nao aparese, matao outro por elle.6 L'auteur établit ici une inversion dans les réactions ou les conséquences: là où les uns absolvent, les autres condamnent et de façon particulièrement sévère; si l'on poursuit le raisonnement, on pourrait en déduire que s'opposeraient deux formes de justice que résumeraient les termes indulgence/cruauté, raison/déraison. Or, les situations mises en parallèle ne sont pas tout à fait les mêmes puisque Frais oppose cas particulier (crime en état de légitime défense) et cas général (homicide), hyponyme et hyperonyme en quelque sorte. Il ne fait par ailleurs aucune référence à la notion de responsabilité collective? La symétrie des situations à partir de laquelle s'observent des réactions contraires est relative et imparfaite; certains choix effectués par l'auteur accentuent visiblement les contrastes entre ce qui est familier et ce qui est étranger, élaborant tout au long des chapitres une polarisation de la différence et créant ce que R. Martin appelle, à propos de l'antonymie, un

sont nos antipodes davantage par leurs manières que par le lieu», préface à

l'édition

du Traité, Editions

Chandeigne, p.39. 1 LEVI-STRAUSS C., (199B), Préface au Traité sur les contradictions & différences de mœurs, Paris, colI. «Magellane Poche», Editions Chandeigne, p.9. 2 «Nous portons le meilleur vêtement dessus et le moindre dessous; les Japonais ont le meilleur dessous et le moindre dessus.» (l, 11). 3 «Chez nous, le noir est la couleur du deuil; chez les Japonais, c'est le blanc». (l, 30). 4 MARTINR., (1973), Logique et mécanisme de l'antonymie, Travaux de linguistique et de littérature, X, l, p.41.
5 Ibid.,

p.41.

6 «Chez nous, si un homme en tue un autre, si c'est par légitime défense, il est blanchi par la justice; au Japon, celui qui a tué doit mourir à son tour, et s'il a réussi à fuir, on en tue un autre à sa place.»(XIV, B) 7 VALlGNANOA., op-cit., «Le principe de la responsabilité collective familiale et locale était généralement et officiellement admis.», note 17, p.64.

17

«univers

1 artificielde la disjonction» qui peut gauchir la perception de la réalité décrite.

Cependant, le contraste s'avère être une catégorie de la langue aussi bien qu'une catégorie de la pensée, un filtre cognitif efficace qui introduit de la clarté dans le désordre en ordonnant «la confusion que provoquerait la saisie simultanée de trop nombreux détails»2 et en donnant du sens à ce qui déconcerte. Ce schème logique d'opposition est présenté, dans plusieurs ouvrages, comme une constante, un invariant produit à la fois par le fonctionnement des relations sociales et par celui du langage qui aurait une tendance spontanée à organiser son lexique autour d'oppositions: «.. .Ia représentation du réel sous la forme de relations de contradictions et d'oppositions est suscitée par la forme même des relations interhumaines. Le langage en porte la trace profonde dans son lexique (de nombreux termes fonctionnent par couples de contraires)>>3. Tamba note que l'on a I. tendance à voir dans l'antonymie la «manifestation au niveau lexical d'un principe plus général de dichotomisation, caractéristique de l'activité cognitive humaine »4; Benveniste souligne que «la conscience de soi n'est possible que si elle s'éprouve par contraste»s. Les manifestations discursives de l'inversion

L'inversion peut prendre, dans le texte de Fr6is, la forme d'une simple permutation de termes. Le discours reprend les mêmes vocables en inversant leur ordre d'apparition dans la chaîne syntaxique, il permute deux éléments de même fonction:
N6s fujimos de cais e comemos vaqa; elles fojem da vaqa e comem lindamente os cais por mezinha.6

La permutation des termes peut signaler parfois l'inversion temporelle: ce qui est aboutissement chez les uns est commencement chez les autres, et vice-versa; l'autre fait la même chose que moi mais dans un ordre inverse:
Os nossos mininos aprendem primeiro a 1ere depois a escrever; os de Japao começao primeiro a escrever e depois aprendem a ler.7 La catégorie grammaticale des énoncés antonymiques de la négation est également »8 : «de nature à créer, en discours,

Antre n6s, homens, molheres e meninos tern medo de noyte; em Japao polo contrairo grandes nem peqenos nenhum medo tem.9
L'inversion

se manifeste également dans le recours fréquent à l'antonymie lexicale qui relie

des

termes lexicaux de même catégorie grammaticaledans

une «opposition

1 MARTIN

R., op-cit., p.41.

2 AMOSSY R., op-cit., p.48. 3 DECLERCQ G., (1992), L'Art d'argumenter, Paris, Editions Universitaires (Bruxelles), p.84. 4 TAMBA I., (2005), La Sémantique, coll. «Que sais-je?», n0655, Paris, Presses Universitaires de France. S BENVENISTE E., (1966), Problèmes de linguistique générale, 1, Paris, Gallimard, p. 260. 6 «Nous répugnons aux chiens et mangeons de la vache; eux répugnent à la vache, mais mangent d'abord des chiens en guise de médecines.» 7 «Nos enfants apprennent d'abord apparemment à lire.» (III, 9) 8 MARTIN R., Ibid., p.43. (VI, 41) à lire puis à écrire; ceux du Japon commencent

p. 90.

fort joliment

à écrire, et ensuite

9 «Chez nous, hommes et femmes ont peur de la nuit; au Japon, au contraire, ni les grands ni les petits n'en ont la moindre crainte.» (XIV,13)

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binaire» 1. Cependant, les points de vue des linguistes divergent sur le nombre de relations dichotomiques que doit englober le concept d'antonymie et ils aboutissent à des classements taxinomiques variables selon les auteurs (NIKLAS,2005). On distingue le plus souvent 4 oppositions antonymiques, présentes dans le texte de Fr6is: fondamentalement

1 - Les antonymes contradictoires (TAMBA, 2005), ou antonymes complémentaires non gradables: ces termes entretiennent entre eux un rapport d'exclusion en divisant l'univers du discours en deux sous-ensembles complémentaires; ils se présupposent et s'excluent mutuellement et s'appliquent à des concepts discrets où nier l'un revient à affirmer l'autre (s'il n'est pas mort, il est vivant ); ils se distinguent également par leur absence de gradation et par leur polarité positive ou négative d'ordre logique ou axiologique: oui/non, vrai /faux, vivant/mort. C'est ainsi qu'on trouve dans le Traité de nombreux antonymes contradictoires - homme/femme, assis/debout, avec/sans,
gauche/droit, dedans/dehors, devant/derrière, ouvert/fermé, silence/parole: Antre nos esgrimi-sse sem falar; os Japoes a cada talho ou reves hao de dar hum grito.2

2 - Les antonymes polaires (TAMBA, 2005) ou gradables (NIKLAS,2005); ils désignent
aux extrémités d'une échelle des points de référence entre lesquels on peut intercaler d'autres termes par gradation; ils établissent une opposition entre deux points extrêmes d'une propriété susceptible de degrés mesurables à l'aide d'un système numérique ou par évaluation approximative; ils s'appliquent ainsi aux concepts gradués où nier l'un ne revient pas forcément à affirmer l'autre. Le Traité en donne de nombreux exemples: petit/grand, fin/épais, long/court, haut/bas, large/étroit, clair/sombre, froid/chaud, sucré/salé, cuit/cru, mûr/vert, lent/rapide, beaucoup/peu, plus/moins: As nossas cartas nao podem manifestar os conceytos senao por grande leitura;as de Japao sao brevissimase muitocompendiosas.3 3 - Les antonymes réciproques supposent des unités lexicales désignant la même relation (TAMBA,2005 ; NIKLAS,2005) mais envisagée selon le rôle réciproque de deux protagonistes (vendre/acheter, homme/femme, mari/femme); ce sont des couples de termes qui expriment la même transaction mais ils se distinguent par l'inversion de l'ordre de leurs arguments (sujet et objet, par exemple): Segundo a natureza corrupta, os homens sao os que repudiao as molheres; em Japao, muitasvezes as molheressao as que repudiaoos homens.4

L'inversion dans l'ordre des arguments suggère l'inversion des rôles; les antonymes
réciproques (en particulier homme/femme) recoupent dans le Traité les usages sexués, la
répartition des tâches et les rapports entre les sexes.

1

T AMBA

I. Ibid.,

p.go.

2 «Nous croisons le fer sans parler; les Japonais, à chaque coup porté ou esquivé, doivent pousser un cri.»(VII, 51) 3 « Nos lettres ne peuvent exprimer de concepts que par un long développement; celles du Japon sont très brèves et concrètes. » (X, 14) 4 «Chez nous, selon leur naturel corrompu, ce sont les hommes qui répudient leurs épouses; au Japon, ce sont souvent les femmes qui répudient les hommes.»(II, 32). D'après d'autres témoignages (Alvares, Lanzillotto), ce sont les hommes seulement qui répudient les femmes.

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- Les antonymes inverses (TAMBA, 2005) sont des paires de lexèmes direction spatio-temporelle de sens opposé (avancer/reculer, avant/après, peuvent dénoter une inversion sur le plan temporel:
4
meza emtao começa a vir 0 vinho.1

indiquant une début/fin); ils

Antre nés logo depois do principio se começa a beber; os Japôes, quasi no cabo da Ou une activité dont on ne considère pas le déroulement mais l'aboutissement positif ou négatif, (habiller/déshabiller):
Antre nés se despedem as frechas estando 0 que as tira vestido; com arco a-de despir meo qimao pera ficar com hum braço nu.2 em Japao quem tira

L'inversion spatiale prend des formes nombreuses -l'utilisation du corps (assis/debout,
Antre nés se lava a roupa

dans le Traité; elle affecte: gauche /droit):
corn as maos; em Japao

pieds/mains,
esfregando-a

a lavao pizando-a

aos

couces com os pees.3

-la situation dans l'espace à travers l'inversion de positionsur l'axe de l'horizontalité:
devant/derrière, à gauche/à
Em Europa as molheres diante.4

droite:
diante e as molheres detras; em Japao os homens detras e

vao os homens

-à travers l'inversion de position sur l'axe de la verticalité: «Nés temos os sinos em torres muito altas; elles em baixo muito perto do chao, que Ihe chegao com a mao.» 5 -à travers l'inversion de position par rapport à une surface ou un volume (dedans/dehors) [As molheres] de Europa lavao em suas cazas os cabelos e cabeça; as japoas em
banhos publicos onde ha partiqulares lavatorios pera os cabelos.6

:

-à travers l'inversion de direction de mouvement: Onde as derradeiras folhasdos nossos livrosse acabao; aHcomeçao os seus.7
L'inversion touche également la notion de quantité (beaucoup/peu,
e solenidades;

avec/sans):
em Japao

Ho nosso baptismo hé com muitas sirimonias livro na cabeça pera ficar daqela ceita.8

basta pôr hum

1 «Nous buvons dès le commencement du repas; au Japon, ce n'est qu'à la fin que l'on apporte du vin.» (VI, 35) 2 «Chez nous, l'archer est habillé quand il lâche sa flèche; au Japon, il doit se dévêtir d'une moitié de qimao [kimono] pour laisser un bras nu.» (VII,26). 3 «Nous lavons nos vêtements en. les frottant avec nos mains; eux le font en les foulant avec les pieds.» (1,49) 4 «En Europe, les hommes vont devant et les femmes derrière; au Japon, les hommes vont derrière et les femmes devant.» (11,29) 5 «Nos cloches sont situées en haut des tours; les leurs sont si basses et si proches du sol qu'on peut les toucher de la main.»(V, 9) 6 «Celles d'Europe se lavent chez elles les cheveux et la tête; les Japonaises le font en des bains publics où il y a des cuvettes réservées aux cheveux.»(II, 9) 7 «Là où s'achèvent les dernières pages de nos livres, commencent les leurs.» (X, 4) 8 «Notre baptême se fait avec mille cérémonies et solennités; au Japon, il suffit de poser un livre sur sa tête pour appartenir à une secte,»(V, 26)

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