Approches socioculturelles de l'enseignement en Afrique subsaharienne

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Cet ouvrage, après avoir analysé l'historique de l'enseignement en RDC, identifie certains obstacles au niveau de la formation intellectuelle des formateurs : la sous-qualification des instructeurs à l'enseignement élémentaire, le manque de structures de formation continue et surtout les conditions dans lesquelles cette dernière est faite. L'auteur propose certaines orientations de travail didactique, avec des exemples à l'appui, pour répondre à ce problème d'efficacité.
Publié le : samedi 1 mai 2010
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EAN13 : 9782296256262
Nombre de pages : 181
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Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François MangaAkoa

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DanielleDIBLÉ,Amadou HampâtéBâ.L’espaceinitiatique,
2010.

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© L’Harmattan,2010
5-7,rue del’Ecolepolytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN:978-2-296-11855-3
EAN:9782296118553

« La contextualisationdes structures institutionnelles
d’enseignementestun préalable audéveloppement
des paysd’Afriquesubsaharienne »
A.MopondiBendekoMbumbu

U,?;uC?Uu,

L’idée d’écrire cet ouvragem’estvenue aprèsuneréflexion sur
l’enseignementdes mathématiquesenAfrique,particulièrementenAfrique
subsaharienne.
Touta commencélorsd’uncoursd’été de didactique des mathématiques par
unerencontre avecun professeurdemathématiquesd’un lycéeparisien.
Cetenseignanta constatéquelesétudiantsafricainsformésenFrance en
didactique des mathématiques n’en tiraient pas suffisamment profit.Diverses
raisons pouvaientêtre avancées: en plusdesdifficultésd’adaptation,il leur
fallaitassimiler lathéorie et maîtriser l’ingénierie delarecherche dansun
contextequi neleurétait pasfamilier.Leprofesseura doncpris l’initiative
de contacterceuxoucelles qu’il rencontrait pour les sensibiliseret lesaider,
dans lamesure deses moyens, às’organiseren réseau.
C’estdanscetteperspectivequeleprofesseuret moiavonsanimé en
République Populaire du CongocourammentappeléeCongo-Brazzaville en
1998un séminaire de formationd’enseignantsdes mathématiquesauquel ont
participéunevingtaine de formateurs, d’enseignantsetd’inspecteurs.Ala
suite de ceséminaire,ontété envisagéesdesactionsdans le cadre d’un
programme de coopérationentrel’IREMdeParis 7etunestructure à créerà
Brazzaville.
Cependant,laseuleréalisationeffective a étél’organisationd’un stage de
trois moisen2001dans le cadre del’IREMdeParis 7 pourun inspecteur.
Malgréle désir manifestépardes participantsetdes responsablesdu
séminaire,lesconditionsd’unemise en œuvre effective de ceprogramme de
coopération n’ont puencore à cejourêtreréunies.
Loindenousdécourager,nosdifférentesactivitésàl’IREMdeParis 7 qui
nous rassemblaient ontfavoriséla créationd’ungroupe deréflexion.Deux
autresAfricains,originairesduCongo-Brazzaville,ont rejoint l’équipe.
C’estainsi qu’àl’IREMdeParis 7en mai2004 est néungroupesous la
dénominationde «Groupe deRéflexion sur l’Enseignementdes
MathématiquesenAfriqueSubsaharienne(GREMA)».

Le groupes’estfixé commeobjectifs:
1. pratiquerune collaborationentre desformateursfrançaisetafricainsafin
de :

- contribueràla formationdesenseignantsdemathématiquesenAfrique,
- mettre en place des projetsderecherche auseind’équipesexistantes ouà
créerenAfrique.
2.analyser les programmesenfonctiondesbesoinsdes paysconcernés par
la collaborationenvisagée.
Ces objectifs ontdes raisonsd’exister.Ilyaun souci manifeste de donner
lesélémentsderéponse à certainsaspectsduproblème d’enseignementet
d’apprentissage dansces paysd’Afrique.Sans négliger l’importance de ce
quiestenvisagé,je veuxpousser laréflexionenessayantdeposer le
problèmedans sa globalité.L’idée estdemettre enévidence des problèmes
fondamentauxpourune démarchelogique dans l’actionetefficace dans la
duréesans laquelletoute actiondebonnevolonté estvouée àl’échec.

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Partantdela définitiondel’école commeprojet social qui permetde
répondre auxbesoinsdelasociété,nous pouvonsdireque chaquesociété,
organisée enclans,tribus, collectivités oupays, aprisconscience dela
nécessité del’école.Plusieursdénominations ontété donnéesà cette
institution qu’est l’école.Certaines sociétés parlentd’initiation,sous toutes
sesformes (préparationàlavie de couple, dela collectivité,préparationàla
continuité d’une activité duclancommela forge…) ;d’autres parlentde
l’école en termesdeniveauxde formation (primaire,secondaire,supérieur).
L’initiation insistesur la continuité d’unestructure existante.Lesouci
principalest lasauvegarde dela culturequifaitvivrela communautéjusqu’à
cejour.Sans perdre devuel’aspect privilégié del’initiation,l’école des
structuresàplusieurs niveauxsoulignelaperformance,laqualité,la
productivité.
Je constatequeles sociétésafricaines,non seulement privilégient l’initiation,
maisaussi sontdéstabilisées par l’école àplusieurs niveaux.Leprogramme
de cette dernière a étémisen placepour subvenirauxbesoinsd’autres
sociétés quelesafricaines.Cequiest très préoccupant,pour nepasdire
grave, c’est qu’il n’yapaseuremise en question poussée de ces nouvelles
structures.Etc’estdanscesens queles responsables politiquesafricainsfont
desvœux,mais lescadreset techniciensafricains nesont pasencore en
mesure derépondre convenablementàleursattentes.
Jesuisconvaincuquetoutes lesaidesextérieures,notamment sousforme de
coopération,resteront sans succès tant que denouvelles structures neseront
pasdéfinies.Enfinde compte, cesont les individus quibénéficierontdes
résultats.C’est plutôt normal quelasociétésoit le grand bénéficiaire, car

8

c’estdela stabilité delasociétéque dépendl’évolutiondes individuset non
l’inverse.
Jene cherchepasdes polémiques en soulevant ces différents aspects.Je
veux simplementdire que dans toute coopération, notammentdans
l’enseignementetdans larecherche,lesAfricains n’auront pasde choixà
faireparmi les propositionsfaites oudesdemandes précisesà formuler tant
que leurs projets neseront pasdéfinis pour lesbesoinsdeleurs sociétés.Ce
qui seraproposéleur sembleratoujours intéressant.Le grand danger sera de
privilégier les intérêtségoïstes.
Pour reveniràl’enseignementdes mathématiques,notammentautravail
d’HarmonisationdesProgrammesdeMathématiquesdans les pays
francophonesd’Afrique etdel’océan indien (HPM)fait par le groupe,les
autorités politiquesafricainesexpriment leursattentes lorsdesdifférentes
ème
rencontresdugroupe.En parcourant lesactesdu10Séminaire desuivide
er
l’HPMdeBanguidu 27 maiau1 juin2002,on peut lire cecidans le
discoursd’ouverture duministre del’Education nationale : «… Dixans de
réflexion partagée, dixans de concertation sous-régionale et inter-africaine,
dixans de rencontres, d’échangesetdetravauxentremathématiciens,
experts,pédagoguesetéditeursfrancophones,africainsetfrançais ont
ème
aboutiauxrésultatsexemplaires quele10anniversairevientde
sanctionner.Est-il nécessaire delesénumérer ici ?L’élaborationd’une
pédagogie contextualisée, adaptée aux besoinsetauxressourcesdu
continent…».
Dans sondiscoursd’ouverture,M.M.J.L.LeBras,Chef duService de
Coopérationetd’ActionCulturelle, exprimel’idée d’unchangementd’esprit
dela coopération lorsqu’il parle depassage d’une coopérationde
substitutionàune coopération sur projet, fondéesur laresponsabilisation
pleine etentière desacteurs nationaux.Je conçois malcomment ils peuvent
assumer leur responsabilitésansavoirde comptesàrendre àleurs
communautés respectives.
Jesignalequ’undébatentre acteurs nationauxa eulieusur laproblématique
delarecherche des programmesHPM.L’interventionduBurkinabéKeïta
Soumaïlasur larelecture duprogrammeHPMaupremiercycle de
l’enseignement secondaireyfaitallusion.Il parle denombreuxdébats sur le
1
sujetauseinduPRAPduBurkinaFaso qui ont suscité demultiples
questionsdont les onzeprincipales sont mentionnéesdans le documentdu
Sénégal quejen’ai malheureusement pas trouvé dans lesactes.Cependant,
l’interventiondeM.GodonouFrançois,unBéninois,sur letoilettage des
er
programmesdu1cycle d’enseignement secondaire,me faitdirequeles

1
Pôle deRecherche etd’AnimationPédagogiques.

9

acteursnationauxrejoignent mes préoccupations.Ils sont préoccupés par la
questiond’adéquationentrela formationdescitoyenset les réponsesaux
besoinsdelasociété :
«… Plusieurs questions ont faitl’objetdedébats trèsfructueuxnotamment:
-Les nouveauxprogrammesd’études pour répondre àquelles
problématiques ?
-Les nouveauxprogrammesd’études pour préparer quel type de citoyen ?
-Quelle conceptiondel’apprentissagepourassureravec efficacitéla
préparationducitoyen ?
-Quelles stratégies privilégier pour mettre en œuvre avec efficacitéunetelle
conceptiondel’apprentissage?
-Quelcontenude formation pour mettre en œuvre efficacementunetelle
conceptiondel’apprentissage?
Les réponsesà ces interrogationsconstituent le fondementdel’approche, le
fondement dont les détails neseront pasdonnés ici… ».
Généralement,sur lescouverturesdes
manuelsdelaCollectionInterAfricaine deMathématiques (CIAM),ilestécrit: «…Cette collectiona
pour objel’ctifs :harmonisationdelapédagogie des mathématiqueset la
mise àla dispositiondesélèvesetdesenseignantsafricainsdes manuelsde
qualité, tenantcompte dumilieusocioculturelafricainen tant quesupportet
véhiculeprivilégiésdesconcepts mathématiques…».
Deuxpoints mesemblent importantsàtravailler pour tenircompte dumilieu
socioculturelafricaincommesupportetvéhiculeprivilégiés:
- lesStructuresd’enseignementà définir
- lesDidactiquesdesdisciplinesdont les recherches sontà approfondir.
Les structuresd’enseignement ont l’intérêtd’offrirà ceuxqui nesont pasde
laprofession mais qui s’yintéressent l’opportunité de changerdeprofession.
Eneffet l’artisanatafricain nécessite ces structures pour permettre à des
personnescompétentes, de divers milieuxsociaux, des’épanouiretde
concurrencer les meilleursdumonde.
L’implicite doitcéder saplace àl’explicite dans l’actiondel’artisan.Ce
dernierdoitêtre capable d’expliquer le choix desonactionenfonctiondes
possibilités qui lui sont offertes.Lapréoccupation première dutravaildes
structuresd’enseignementdoitêtrel’intégrationdel’école dite d’initiation
dans l’école dite àniveauxavec commeobjectifprincipal laperfection,la
qualité,laproductivité.
Et selon les pays,tous lesdomainesd’activités permettantauxcitoyensde
s’épanouirdoiventavoirdes structuresappropriées tels lapêche,l’élevage,
l’agriculture,lesport, etc.

10

Sans occulter l’aspectuniverseldelascience,ilestdifficileparexemple,
dans l’artisanat sénégalais, de formerdesartisans sansutiliseren priorité des
outils sénégalais.L’apportextérieurdevraitêtre uncomplément pourune
meilleurequalité,une nouveauté,une création dans la formation.
Cesontces outilsqui serviront d’objetsd’étudesàlaDidactique dans les
nouvelles structures.Ilsvontêtretravaillés pour servirdesituations
d’apprentissage.
Commel’essentielde cesélémentsvientdumilieusociocultureldes
apprenants,ils pourrontainsi s’exprimeretéventuellement provoquerdes
débatsenclasse.Atraversce débat,Letravaildel’enseignant sera deleur
inculquer les notions nécessaires pour leurformation.
LaDidactiquese devra donc detravailler les situationset processus
d’apprentissagepour meneràbien la formationenvisagée.Elletravaillera en
prioritélaméthodologie d’exploitationde ces situations (analyse apriori)et
leprocessusdetransfertdel’essentieldelaresponsabilité del’apprentissage
àl’apprenant (dévolutiondel’apprentissage).
Les travauxqui serontfaitsdans lesdeuxdirectionsdonnerontdeséléments
deréponse auxbesoinsdelasociété et les responsables politiquesvont les
géreravec certitude.Lescadresformés serontutilisésefficacement ;les
besoinsde formation, d’équipement, de coopération serontexprimésen
termes précis.Lesdifférentescoopérations pourront, dansces nouvelles
structures, apporterune aide efficace dans letemps pour lanation tout
entière.Jepense àla chaire
del’UNESCOendirectiondel’Afrique,particulièrementenScience del’Education,optionDidactique desDisciplineset
Evaluation.Jepense aussiàtoute coopérationentreinstitutions
d’enseignement supérieuretuniversitaire.
Letriplet structures redéfinies, coopérationentreinstitutionsd’enseignement
supérieuretuniversitaire etchaire del’UNESCOmesemble crédiblepour
un travailefficace dans la directionainsidéfinie.
Les questions soulevées par lesacteurs nationauxsont révélatricesde
l’existence des problèmesàidentifier pourdonnerdes réponsesefficacesaux
besoinsde ces pays.Ilfautbien sûrchercheràles identifier mais surtoutà
lesclasser par ordre depriorité.
Cetteidée d’ordre deprioritésupposeuneimplicationdans les solutionsà
trouver sans laquelletoute actionentrepriseresteratemporaire etde ce fait
inefficace.
Pour moi,les solutionsdel’approchesocioculturelle et les questionsdes
acteurs nationauxsetrouventdans la définitiondes
structuresd’enseignementet l’approfondissementdelarecherche endidactique.

11

Il mesemblequela formationd’uncitoyen passe d’abordpar la définition
des structuresetdescontenus lui permettantdetrouver ses repèresdans la
société.
Les structuresde formation misesen placeparcertains pays scandinaves
pour initier les immigrésàla culture dupaysd’accueil ontjustementcet
objectif deleurdonnerunevision philosophique communepourune action
efficace dans l’intérêtdetous.
Dans laperspective dela coopérationavec des pays qui sontdisposésànous
aider oudelaréalisationdes projetsderechercheproposés pardes
organismes internationauxtels quel’UNESCO, cequiestattendudesacteurs
africainsest,mesemble-t-il,la définition pareux-mêmesdes structures
susceptiblesd’aider leurs paysàse développer.C’est pour moi l’apport
importantdesAfricainsdansceséchanges.Si jepeuxmepermettreune
comparaison,je dirais quel’Europeoccidentale avaitdéfini ses structures
après laDeuxièmeGuerremondiale et quelePlanMarchala fourni les
moyensfinanciers nécessairesàleur réalisation.
Quantauxméthodesàutiliser pouraffiner letravail structureletde
formationdescitoyens,les sciencesdel’éducation, auxquelles s’ajoutent les
didactiquesdesdisciplines,offrentdeschoixenfonctiondes objectifsvisés.
Mais si onveut privilégier l’approchesocioculturelle,les méthodes
didactiques meparaissent les mieuxindiquées.Dans les mathématiquesen
particulier, elles proposentdepuissants instrumentsdetravail, comme
l’analyse aprioridans l’ingénierie didactique.Ces instruments sont plutôt
conseillésdans la constructiondes structures.Leurutilisationdans les
pratiques professionnellesde formationdevrait se faire avecletemps.
C’estdanscetalleret retourentrela consolidationdes structures,quiestun
travailderecherche, et les pratiques professionnelles queleprocessusde
constructiondelalangue d’unesociététrouvesaplace.Lalanguesera
construite enfonctiondesbesoins.Commedans toutelanguevivante,ily
aura desdéformations, descréationsetdesempruntsà des languesdans
lesquelles les sciences sontexprimées,toutcela dansunelogique etune
cohérenceinternesàla discipline.

12

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Les problèmesdela formationdesenseignantsenRDCsesont posésdès
l’indépendance.Lemanque d’enseignants desniveauxsecondaire et
supérieuranécessité des solutionsd’urgencepourcombler levide créépar
l’absence destructureset lesbesoins nouveaux.C’estainsiquel’Étata fait
appelà des nationaux, des missionnairesetdescoopérants qui n’avaient pas
nécessairement la qualification exigéepourexercer lemétierd’enseignant.
Les responsablesduministère del’Éducation nationale, commeles
politiques, établissentaujourd’huiunconstatalarmantde ces solutions
d’urgence :tous soulignent l’inefficacité dela formation reçuepar les
enseignantsen tant queréponse auxproblèmesdelasociété congolaise.
Pour mieuxnous situer,nousdonnerons quelques jalonsdel’histoire de
l’enseignementenRDCdepuis soncommencementen 1906 jusqu’à cejour,
3
puis nousanalyserons l’article deM.Ekwa(1967)etensuitenous
évoquerons le constatdelaConférenceNationaleSouverainetenuependant
lesderniers momentsdurégime dumaréchalMobutu.
Nousavons subdivisél’histoire delaRDCen trois périodes
pourcomprendrelasituationactuelle auregard deschoixfaitsauxdifférentesétapes:
1906-1950,1950-1970,1970-2009.Pourchacune detrois périodes,nous
feronsun inventaire des objectifsdel’enseignementetdela formationdes
enseignantsainsi que des réalisations.
Nousanalyserons les situationsauxdifférentesétapeset nous pourronsainsi
mieuxconnaîtrel’origine des problèmesactuels.Nous pourronsensuite,
grâce à des observationsdetype didactique,spécialementdela didactique
des mathématiques, faire émerger quelquesélémentsd’analysequi
permettraientd’envisagerune formation plusefficace desenseignants.

2
CommunicationaucolloqueEspaceMathématiqueFrancophone,Dakar06au10avril
2009.
3
Souventappelé «l’abbéEkwa», en tant quereligieuxcatholique.

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Uť"5kÇWg5f4Q wQHxQ¯kQ5g¯Q®Q¯Ç Ť SBWHQk QÇ Wg®eÇ5W¯k
L’enseignementcommence en 1906 avec lasignature de laConvention du
26 mai 190le6 entreSaint-Siège apostolique et le gouvernementdel’Etat
4
IndépendantduCongo .Ila commemission première derépondre auxdésirs
d’évangélisationdes missionnaires,notammentdes missionnaires
catholiques, etauxbesoinsdelaBelgique de formerdescadresd’exécution
auservice del’économie etdel’administration territoriale.
Les intentionsde ces objectifs sontbienannoncéesdans l’introductiondela
Conventiondu 26 mai 1906:
« LeSaint-Siège apostolique, soucieuxdefavoriser la diffusion méthodique
ducatholicisme au Congo, et le gouvernement de l’EtatIndépendant,
appréciant lapartconsidérable des missionnairescatholiquesdans son
œuvre civilisatrice del’Afrique centrale, se sont entendus entre euxetavec
les représentantsdemissionscatholiquesau Congo, envue d’assurer
davantagelaréalisationdeleurs intentions respectives.
Aceteffet, les soussignésSonExc.MgrVico… Nonceapostolique….
DûmentautoriséparS.M.LéopoldII, RoiSouveraindel’EtatIndépendant,
sont convenus des dispositions suivantes: …»
L’évolutiondusystème de1906 peutainsiêtrerépartie dans les trois
périodes:période de «la conventiondu 26 mai 1906»,1906-1950,période
des«mouvementsd’indépendance »,1950-1970,période dela «remise en
questiondusystème de1906»,1970-2009.
Signalonsaupassageque, danscesystème de1906,l’enseignementestfait
enfrançaisàune exception près:laBible est traduite danschaquelangue
locale dansunbutd’évangélisation.

Uť 8Sg5WwQ wQ He W¯?Q¯Ç5W¯ w4 V[®e5U^T[Ţ e¯¯SQkU^T[ųU^ZT
C’est lapériode delamise en place dusystèmeofficialisépar laConvention,
notammentdans sa disposition n°6:
«Les missionnaires s’engagentàremplir pour l’Etatet moyennant
indemnitéles travauxspéciauxd’ordrescientifique entrantdans leurcompétence

4
Propriétéprivée duroiLéopoldII(1897-1908),quiestdevenuesuccessivementCongo
Belge(1908-1960),République duCongo (1960-1964),République Démocratique duCongo
(1964-1971),République duZaïre(1971-1997),République Démocratique duCongodepuis
1997.

14

personnelle, tels que reconnaissances ouétudesgéographiques,
ethnologiques, linguistiques, etc.».
Lesmissionnaires mettentalorsen placeun système d’enseignementavec
différents typesd’écoles: elles sont regroupées pour l’alphabétisation oula
formation, enfonctiondesbesoinsexprimés.Lesécolesdestinéesà
l’alphabétisation sontdepréférenceliéesàlamissiond’évangélisationalors
quelesécolesdestinéesàla formation sont
liéesauxbesoinsdugouvernementdel’EtatIndépendantduCongo.

H¼eASÇ5keÇ5W¯
Plusieurs typesd’Ecolesontenvisagés pourconcrétiser l’objectif
d’alphabétisation:l’Ecole devillage,l’Ecole depostesecondaire,l’Ecole de
station,l’Ecolenormale élémentaire,l’Ecolenormale et l’Ecoleménagère.

; QBWHQ wQ?5HHe'Q
L’École devillage dessertunvillageimportant ou ungroupe devillages.
L’instituteurydonnelescoursdelapremière année duprimairepour tous
les indigènesdésireuxdes’instruire.Certainsenfants mieuxdouésvont
ensuite directementàl’Ecole destation.D’autres sontadmisàl’Ecole de
postesecondaire.Les moinsaptes restentau villageoùl’instituteur s’efforce
delesfairelire, écrire etcalculer lemieuxpossible, et surtoutdeleur trouver
dutravail.

; QBWHQ wQ¼WkÇQkQBW¯we5gQ
L’École depostesecondaire accueillelesélèves sortantd’ungroupe
d’Écolesdevillage.Autant quepossible,les instituteursde ceposte,sous la
conduite d’un instituteurancien,mènent lesélèves jusqu’en5ème année de
l’enseignement primaire agricole.
Toutefois,lesécoliers présuméscapablesd’études pluscomplètes sont
envoyés, après la deuxième année duprimaire, àl’École destation.

; QBWHQ wQkÇeÇ5W¯
L’Ecole destationest située dans lalocalitéoùrésident les missionnaires:
elle comprenduncourscompletd’écoleprimairepour lesélèves
sélectionnés.Lesécoliers jugéscapablesd’études moyennes sontdirigés, dès
le débutdela 4e année duprimaire,sur les«préparatoires spéciales».

15

; QBWHQ,Wg®eHQQHS®Q¯Çe5gQ
L’Écolenormale élémentaire(deuxans post-primaires), appeléeÉcole
d’ApprentissagePédagogique(EAP), fonctionne dans quelques stations et
prépare lesmaîtres pour lesclasses inférieures.

; QBWHQ ¯Wg®eHQ
L’Écolenormale(trois ouquatre ans post-primaires)délivrele brevet
d’instituteurauxélèves quicomplètent leurformationet sont initiésàla
pédagogiepourenseignerdans lesclasses terminalesdel’enseignement
ème
primaire(4ème, 5ème et 6duprimaires).

; QBWHQ ®S¯e'RgQ
L’Ecoleménagère avulejourdanscertaines stations pourdonneraux
jeunesfillesdupaysun précieuxcomplémentde formation.Enfinde
formation, ces jeunesfilles sontappeléesàuneviereligieuseoutrouventdu
travaildans l’enseignement (institutrice), dans les structures médicales
(infirmière), dans lesfoyers (assistantesociale).

Wg®eÇ5W¯k

; Wg®eÇ5W¯ wQk e'Q¯Çk ew®5¯5kÇgeÇ5k
La formationdesagentsadministratifsestfaite dans lesécoles moyenneset
dans lesécolesde greffiers.L’écolemoyenne(quatre ans)délivreunbrevet
qui permetautitulaire d’occuper lesfonctionsd’employé debureaucomme
secrétairesténo-dactylographe, de commis, de clerc, de comptable etc.
L’école desgreffiers (deuxans)formelesgreffiersdetribunalet les
secrétairescommunaux.Lescandidats, duniveauprimaire,yontaccès par
unexamend’admission.

; Wg®eÇ5W¯ wQk e'Q¯Çk wQk ®SÇ5Qgk
Pourconstruirelesbâtimentset les moyensde communication (routes,
cheminsde fer, etc.),l’administrationcoloniale et les missionnaires onteu
besoindeformerdes maçons, descharpentiers, des menuisiers, des
cantonniers, etc.Les missionnaireset les sociétés privées ontdonc créé des
Ecolesdemétiers manuelscommelesEcoles professionnelles (quatre ans)
orientéesvers lamenuiserie,lamaçonnerie,la charpenterie,la construction,
lamécanique,laplomberie, etc.

16

; Wg®eÇ5W¯e4¯5?Qe45¯ÇQg¯eÇ5W¯eH wQk e4F5H5e5gQk e'g5BWHQkŢ®5¯5Qgk QÇ
®Sw5Be4F¼W4g wQk ge5kW¯k BW®®QgB5eHQk
L’ÉtatIndépendant du Congo devaitaugmenter saproductivitépour
consolider lapuissance delamétropole auniveauinternational.Pourcela,
descadres moyenscompétentsassurantun niveauélevé deproduction
devaientêtre formés.Les missionnaires ontalorscréé desEcolesde
moniteursagricoles.Ilena été demêmedans le domaineminier oùles
ingénieursvenaientdelamétropole et travaillaientaveclesagents initiésau
travaildes mines.Ces mineursavaientété formésdansdes structures mises
en place dans les lieuxd’exploitationde ces minerais ouenvoyésen stage en
métropole.Nousciterons parexemplel’École agricole,l’École des mines,
lesEcolesde formationdescheminots,soudeurs, chauffeurs,machinistes,
forgerons.
Pouraugmenter
saproduction,l’administrationavaitbesoind’unemaind’œuvre enbonnesanté.Elle a alors misen place des structures
paramédicales permettantdesuivreles populations,notammentdans le cas
desépidémies les plus ravageuses, en l’occurrencelamalaria,le choléra,la
maladie dusommeil, etc.Ona, ainsi, dans les plantationsetdans les
missionscomme dans lesvilles proches, créé deshôpitauxetdes structures
de formation paramédicale.DesInstitutsd’enseignement médical ontété
créés pourformerdes infirmiers, aides-infirmiers,sages-femmesetassistants
médicauxqui,tous,ontété encadrés pardes médecinsvenusdela
métropole.

; Wg®eÇ5W¯ wQk gQH5'5Q4FŢ¼gxÇgQk QÇ gRgQk
Les religieux,prêtresetfrères ontété formésdansdeuxécoles,quiformaient
ungroupescolaireprivilégié,lePetit séminaire et lePostulatdesfrères
indigènes.

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1.Il importe d’observer le fait que, àl’exceptiondes séminaires oùla
formationétaitdeniveau universitaire,la formationdans lesautres
domainesétait professionnelle.Cette dernièreprivilégiait lamaîtrise
d’un savoir-fairepar rapportàl’appropriationetàla gestiondes notions
enseignées.
2.Lerapportauxsavoirsenseignésest réduitàlamémorisationetàla
reproduction:onapprendparcœur pour reproduire–unerelationest
établie entrelamaîtrise delalangue d’enseignement (français)et les
compétencesdel’apprenant.Cepréjugérendtrèsdifficilele débatdans

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la classe conduisant à l’apprentissage d’un savoirenseigné et faitdu
savoir-faireleseulcritère d’évaluation des compétences.
3.Latraductiondela Bibledans les langues locales, en particulierdans
les quatre langues nationales (lingala,kikongo,tshiluba,swahili), a créé
desconditionsde formationfavorablesàl’évangélisation.Elle estune
desexplicationsdusuccèsdela célébrationeucharistique en langues
nationales.
L’enseignementdes sciencesdans les langues nationales,les
mathématiquesen particulier, s’est arrêtéauniveau primaire.
4.L’évangélisationa faitdela formationdesenseignantsunepriorité
pour les missionnaires.Danscette formation,les méthodes
d’enseignementavaientuneplaceprépondérante.C’est le cas
aujourd’huidans leshumanités pédagogiques oùsontformés les
enseignantsduprimaire.

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Lapériode des mouvementsd'indépendance,l’indépendance ayantété
acquisele30juin 1960, est marquée d'uncôtépar les pressions
internationales pour l'améliorationdesconditionsdevie desautochtones, et
del'autre côtépar lavolonté de ceux-cideprendre enchargela gestionde
leur pays.Tousces mouvements ontconduitàl'améliorationduniveaude
formationdescadres.
Leshumanitéscomplètesvoient lejouretunembryond'enseignement
supérieuretuniversitairesemeten place.

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LesHumanités sontcrééesdans lesécoles libres,lesécolesconventionnées
et lesécoles laïques.
• Écoles libres,propriétésdes missions oudes sociétés privées.
•Écoles conventionnées,créées sur l’initiative des missionnaires mais prises
enchargepar l’Etat.
• Écoles laïques: écoles officielles par oppositionauxécolesconventionnées
des missionnaires.

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Commestructuresd’enseignement supérieuretuniversitairenous pouvons
citer:
•Fondation Médicale del’Université deLouvainauCongo(FOMULAC),
créée en 1925,quia développél’enseignement médicaldans lepays.

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