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Éducation et Santé

De
243 pages
À partir des contributions de chercheurs de différentes disciplines, cet ouvrage propose une réflexion inédite sur les enjeux sociaux et scientifiques soulevés, enŠFrance comme à l'étranger, par les nouvelles problématiques de santé en éducation et en formation mais également sur l'impact des enjeux éducatifs dans les questions de santé. Les racines historiques et philosophiques de l'union entre santé et éducation ne sont pas oubliées.
Voir plus Voir moins

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Savoir
Éducation Sous la direction de
et Santé Séverine Parayre et Alexandre Klein
& FormationÀ partir des contributions de chercheurs
de différentes disciplines, cet ouvrage
propose une réflexion inédite sur les
enjeux sociaux et scientifiques soulevés, en
France comme à l’étranger, par les nouvelles
problématiques de santé en éducation et en formation
mais également sur l’impact des enjeux éducatifs dans
les questions de santé.
En abordant tant les racines historiques et philosophiques
de l’union entre la santé et l’éducation que les savoirs et
pratiques pédagogiques mis en jeu dans ce domaine, les
acteurs professionnels impliqués ou les méthodes qui
y sont utilisées, il dresse un portrait d’ensemble de ce
champ de recherche et de pratiques aujourd’hui en pleine Éducation
expansion.
Cet ouvrage s’adresse donc aussi bien aux chercheurs
et aux professionnels intéressés par les interactions de et Santé
l’éducation et de la santé qu’au grand public qui reste
aujourd’hui le premier destinataire des dispositifs mis en
place sous cette bannière.
Des pratiques aux savoirs
Préface de Georges Vigarello
Savoir
& Formation
ISBN : 978-2-343-03957-2
25 euros
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Sous la direction de
Éducation et Santé
Séverine Parayre et Alexandre Klein

ÉducationetSanté
Despratiquesauxsavoirs






Savoir et Formation
Collection créé par Jacky Beillerot (1939-2004),
Dominique Fablet (1953-2013) et Michel Gault,
dirigée par Paul Durning

À la croisée de l'économique, du social et du culturel, des acquis du passé et
des investissements qui engagent l'avenir, la formation s'impose désormais
comme passage obligé, tant pour la survie et le développement des sociétés,
que pour l'accomplissement des individus.
La formation articule savoir et savoir-faire, elle conjugue l'appropriation des
connaissances et des pratiques à des fins professionnelles, sociales,
personnelles et l'exploration des thèses et des valeurs qui les sous-tendent, du
sens à leur assigner.
La collection Savoir et Formation veut contribuer à l'information et à la
réflexion sur ces aspects majeurs.

Dernières parutions

Jean CHAMI et Chantal HUMBERT, Dispositifs d’analyse des pratiques et
d’intervention. Approches théoriques et cliniques du concept de dispositif,
2014.
Jean-Luc PRADES, Figures de la psychosociologie. De la critique de Taylor à
l’actepouvoir de Gérard Mendel, 2014.
Maxime DELALOY et Michel FOUDRIAT, Les chefs de service en action
sociale. Discours normatifs, constructions individuelles et contextuelles, 2014.
Elisabeth LUISIN-PAGNOD, Monique SOULARD-PECHBERTY, Frédéric DURIEZ
(dir.), Protéger les personnes vulnérables. Regards croisés sur la profession
de mandataire judiciaire à la protection des majeurs, 2014.
deYves GUERRE, Jouer le conflit. Pratiques de Théâtre d’Intervention (2
édition revue et augmentée), 2014.
Yves GUERRE, Vers l’âge d’or de l’éducation populaire. Le peuple éducateur,
2014.
Michèle GUIGUE (dir.), Les déchirements des institutions éducatives. Jeux
d’acteurs face au décrochage scolaire, 2013.
Gérard BOUDESSEUL (dir.), Du décrochage à la réussite scolaire. Expériences
françaises et internationales, 2013.
Jacques BEZIAT (dir.), Analyse de pratiques et réflexivité. Regards sur la
formation, la recherche et l’intervention socio-éducative, 2013.
Alain VERGNIOUX (coord.), Traité d’ingénierie de la formation.
Problématiques, orientations, méthodes, 2013/
Valérie BARRY, Claude BEDOUIN, Eric BERNAD, Véronique FORTUN,
Dispositifs de formation pour une école inclusive. Accompagner des
formations pédagogiques, 2013.
Ruth Canter KOHN, Pour une démarche clinique engagée, 2013. SOUSLACOORDINATIONDE

SéverineParayreetAlexandreKlein

AVECLACOLLABORATIONDE

CyrilCrozetetCarineSimar




ÉducationetSanté
Despratiquesauxsavoirs






Ouvrages des mêmes auteurs

DESCARPENTRIES Jacqueline, KLEIN Alexandre et PARAYRE Séverine
(coord.) (2010). Santé et Éducation, n°3 Recherches & Éducations.
Nancy : Société Binet-Simon.
KLEIN Alexandre (dir.) (2010). Les sensations de santé.
Nancy : Presses universitaires de Nancy.
KLEIN Alexandre (éd.) (2008). Correspondance d’Alfred Binet.
Jean Larguier des Bancels. Nancy : Presses universitaires de Nancy.
KLEIN Alexandre (éd.) (2012). Correspondance d’Alfred Binet.
Vol. 2 : L’émergence de la psychologie scientifique (1884-1911).
Nancy : Presses universitaires de Nancy.
KLEIN Alexandre et PARAYRE Séverine (dir.) (2014).
Une histoire des pratiques de santé (XVIIIe-XXe siècles)
État des lieux, comparatif et méthodologies des recherches francophones.
Québec : Presses de l’Université Laval, à paraître.
PARAYRE Séverine (2011). L’hygiène à l’école, une alliance de la santé
et de l’éducation (XVIIIe-XIXe siècles).
Saint-Étienne : Presses universitaires de Saint-Étienne.








































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03957-2
EAN : 9782343039572 Remerciements
Cet ouvrage est issu d’un long travail collectif de recherche initié lors du
congrès de l’AREF 2010 (Actualités de la Recherche en Éducation et en
Formation). Les quatre symposia organisés à cette occasion, au fondement
de cette publication, s’inscrivaient dans la continuité de rassemblements
réguliers mis en place depuis 2004.
Nous tenons donc à remercier, en premier lieu, celles et ceux qui les ont
initiés et qui nous ont ensuite fait confiance pour mener à bien les
conférences et ateliers de 2010. Merci donc à Dominique Berger, Jacqueline
Descarpentries, Chantal Eymard, Rémi Gagnayre, Didier Jourdan et
Emmanuel Triby. Nous n’aurions pu organiser un tel ouvrage sans la
détermination de ces pairs – pères et mères fondateurs – à créer un nouveau
champ de recherche en sciences de l’éducation, prenant en compte les
problématiques de santé au sein de l’éducation. Il nous faut donc également
adresser nos remerciements à ceux qui ont ouvert brillamment la voie et qui
nous ont ensuite accompagnés par leur inspiration, leurs conseils et présence
à nos côtés : Guy Avanzini, Jean-François d’Ivernois, Didier Nourrisson et
bien sûr Georges Vigarello qui nous a en plus fait l’honneur de sa préface.
Cet ouvrage n’aurait jamais vu le jour sans les travaux des auteurs
participants, nous les remercions pour leur contribution et pour nous avoir
fait confiance depuis les premières heures, sans faiblir. Nous sommes
également très reconnaissants à nos deux collègues, Marianne Cloutier et
Alain Schmitt, pour leur aide patiente à la relecture des épreuves de cet
ouvrage.

Nos remerciements vont également à Dominique Fablet, directeur de
cette collection, qui accepta la publication du présent ouvrage avant sa
disparition, mais n’aura malheureusement pu en voir l’aboutissement. Nous
sommes donc aussi très reconnaissants à Paul Durning pour l’accueil
favorable qu’il a réservé à notre projet.

Les coordinateurs et les collaborateurs remercient enfin leurs laboratoires
de recherche respectifs pour leur avoir permis, par un soutien financier et/ou
administratif, de mener à bien et à terme leur recherche et l’organisation des
symposia « Éducation et santé » lors de l’AREF de 2010 :
- Pour Séverine Parayre, le Centre Edgar Morin (Ancien Centre d’Études
Transdisciplinaires, Sociologie, Anthropologie, Histoire – Cetsah),
Équipe de l’iiAC, unité de recherche de l’EHESS associée au CNRS
(UMR 8177).
- Pour Alexandre Klein, le Laboratoire d’Histoire des Sciences et de
Philosophie Archives H. Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de
Lorraine).
- Pour Cyril Crozet, le Laboratoire de pédagogie de la santé EA 3412 de
l’Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité
(http://www.univparis13.fr/lps/).
- Pour Carine Simar, l’université Claude Bernard Lyon 1- Laboratoire
Activité Connaissances Transmission et éducation (ACTé – EA4281)
sous la direction du Pr Toczek et le réseau des Universités pour
l’Éducation à la Santé (UNIRéS) sous la responsabilité de David Authier.
Sommaire


PREFACE ........................................................................................................ 11
Georges Vigarello


INTRODUCTION ............................................................................................. 15
ÉDUCATION ET SANTE : ETAT DES LIEUX DES SAVOIRS
Séverine Parayre et Alexandre Klein


PARTIE I ........................................................................................................ 25
L’EDUCATION ET LA SANTE : UNE ASSOCIATION COMPLEXE

Éducation à la santé : défi pour les sciences de l’éducation ? ...................... 27
Guy Avanzini

La médecine du peuple du Dr Tissot. Éducation, santé et société au Siècle
des Lumières ................................................................................................. 35
Alexandre Klein

L’alliance de l’éducation et de la santé à l’école : une histoire ancienne et
e etourmentée (XVIII -XX siècles) .................................................................. 59
Séverine Parayre et Didier Nourrisson


PARTIE II ...................................................................................................... 71
L’EDUCATION ET LA SANTE A L’ECOLE : SAVOIRS ET PEDAGOGIES
NOUVELLES

Les sanitaires scolaires : ethnographie d’un espace problématique ............. 73
Elvire Gaime

La pédagogie de l’intégration pour une éducation à la santé plus efficace.
Analyse des conceptions d’élèves libanais sur la santé ................................ 85
Odile Saab, Dominique Berger, Fadi El Hage



9 PARTIE III .................................................................................................... 103
LES PROFESSIONNELS ET LA SANTE : PRATIQUES ET FORMATIONS

Infirmiers scolaires et éducation à la santé : pratiques et conceptions du
métier .......................................................................................................... 105
Dominique Berger et Mabrouk Nekaa

Les étudiants infirmiers en action et l’intelligence du geste en question.
L’exemple de l’hygiène et de l’asepsie ....................................................... 125
Jeanne Guiet-Silvain

La santé des professeurs d’EPS en Auvergne : interrogations sur le métier
.................................................................................................................... 139
Jacques Fiard, Fabien Coutarel, Christine Mardon et Michel Récopé

Stress et bien-être chez les directions d’école au Québec .......................... 151
Emmanuel Poirel et Frédéric Yvon


PARTIE IV ................................................................................................... 165
METHODES DE RECHERCHE EN EDUCATION ET SANTE

Impact de la formation sur les pratiques déclarées des enseignants en
éducation à la santé. Méthode et résultats préliminaires ............................ 167
Marie-Renée Guével, Jeanine Pommier et Didier Jourdan

L’éducation à la santé aux prises avec le régime d’activités ...................... 183
Emmanuel Triby

Interactions entre les chercheurs en sciences de l’éducation et un centre
d’accueil et de soins pour les personnes toxicomanes ................................ 199
Chantal Eymard et Odile Thuilier

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE ....................................................................... 217

LES AUTEURS .............................................................. 225

TABLE DES MATIERES ................................................................................. 231

10





PRÉFACE
GEORGES VIGARELLO
Membre de l’Institut universitaire de France

Le présent ouvrage est issu d’échanges ayant eu lieu depuis plusieurs
années entre chercheurs en sciences de l’éducation sur le thème de la santé.
Le résultat est aussi riche qu’original, comme le montrent les textes qui
suivent. Il permet de multiplier les objets d’étude, les angles d’approche, les
suggestions pratiques. Les conséquences en sont innombrables. Elles
confirment d’abord l’évidence selon laquelle l’éducation perd totalement son
sens si la santé ne demeure pas une de ses préoccupations constantes. Ce qui
suppose la diffusion de connaissances « scolaires » spécifiques, celle de
savoirs ne se limitant pas aux simples règles d’hygiène, mais s’étendant bien
au-delà, favorisant l’écoute du corps, par exemple, la connaissance d’indices
suggérant ses dysfonctionnements possibles, celle de ses seuils d’alerte, de
leur modalité, de leur diversité. Ces savoirs doivent favoriser tout autant la
sensibilité à l’environnement, la connaissance des indices suggérant ses
déséquilibres possibles, ses risques, ses dangers. Ce qui mobilise alors des
repères allant du corps individuel, à ses implications ou résonances
collectives, à ses entours aussi, fussent-ils les plus éloignés. Autant
d’exigences nouvelles qui se sont accrues avec l’affinement constant des
normes corporelles, comme avec l’affinement constant des pratiques
préventives. Cette diffusion de connaissances largement « révolutionnées »
aujourd’hui, conduit, de surcroît, à des conséquences institutionnelles
souvent insoupçonnées. Un « enseignement » portant sur l’éducation à la
santé n’existe pas aujourd’hui dans les écoles de France. Il est pourtant à
penser, à structurer, à développer, comme cela existe dans d’autres pays. Il
ne saurait se limiter aux manifestations présentes quelquefois aujourd’hui,
interventions épisodiques et dispersées, réalisées dans un cadre discret,
furtif, quasi « périscolaires ». Cet enseignement doit exister dans l’école
avec ses programmes, ses spécialistes, ses finalités. Un immense
investissement est ici à prévoir, en inventivité comme en
institutionnalisation, pour répondre aux exigences sanitaires autant
qu’éducationnelles auxquelles doit satisfaire un grand état.
Le s travaux de chercheurs en sciences de l’éducation présentés dans ce
même livre montrent encore que l’éducation à la santé s’étend bien au-delà
de l’école. Elle peut par exemple concerner les patients, ceux dont le
handicap oblige à des pratiques d’entretien quotidiennes, gestes assurés par
ces mêmes patients. D’où un champ de préoccupation immense, ouvert
depuis quelques années, nécessitant la rationalisation de ces gestes autant
que la formation des acteurs censés les enseigner. Ce sont les maladies
chroniques, leur gestion totalement inédite, leur environnement technique,
leur durée, qui ont donné sens à ce qui s’est appelé « l’éducation du
patient ». L’asthmatique, le diabétique, l’ « insuffisant » rénal, entre autres,
13 peuvent aujourd’hui recourir à des « procédés » mis entre leurs propres
mains, tous importants, tous décisifs, parce que susceptibles d’entretenir leur
équilibre biologique. La conséquence majeure est que de tels patients
peuvent recouvrer une activité quasi normale. La conséquence seconde est
qu’ils doivent eux-mêmes être formés, guidés pour donner toute assurance à
ces gestes « délicats » et quotidiens censés les « préserver ». Ce qui, faut-il le
redire, appelle une démarche éducative largement repensée, diverse,
hiérarchisée.
Reste, à l’évidence, dans ces initiatives d’éducation à la santé, l’existence
d’un champ aussi vaste que fondamental : la rationalisation d’attitudes ou de
gestes préventifs diffusés auprès de la population. Démarche présente sans
aucun doute depuis longtemps en France, ayant même son histoire propre,
mais qui doit à l’avenir impliquer, plus et mieux, un vaste travail de
concertation entre les instances les plus diverses. Elle doit, en particulier,
croiser les initiatives ministérielles : celles des ministères de la santé, du
sport, de l’éducation, de l’enseignement supérieur. Elle doit confronter
toujours davantage aussi, administratifs, industriels, chercheurs, décideurs.
Elle doit impulser des campagnes fondées sur une communication aussi
rationnelle que réfléchie. Les chercheurs de plusieurs horizons doivent y être
associés. Comme doivent y être associés les représentants des
consommateurs, ceux des malades, ceux des soignants. Rien de plus
contestable, chacun le sait, que la diffusion d’inquiétudes inutiles, rien de
plus dangereux que la diffusion d’informations anachroniques ou inadaptées.
La sensibilisation des populations, dont l’exigence a grandi avec une société
en attente croissante d’information, doit mettre en acte une politique de santé
où s’imposent en maîtres mots « précision » et « pédagogie ».
Les travaux présentés dans ce livre ont enfin la qualité rare de croiser
plusieurs types de savoirs, de la médecine à la sociologie, de l’histoire à
l’anthropologie. Ils montrent que l’éducation à la santé n’est pas seulement
faite de connaissances opérationnelles ou chiffrées, elle suppose aussi une
culture, une sensibilité étendue donnant à chaque geste son indispensable
profondeur.



14





INTRODUCTION
Éducation et santé : état des lieux des savoirs

SÉVERINE PARAYRE ET ALEXANDRE KLEIN

Depuis 2004, les congrès de l’Actualité de la Recherche en Éducation et
Formation (AREF) ont accueilli des symposia consacrés aux recherches sur
l’éducation et la santé. Tous les trois ans, des chercheurs de différentes
disciplines se sont rassemblés en vue de valoriser et de questionner les
recherches et pratiques relatives aux questions éducatives en santé. D’un
symposium à Paris en 2004, à trois symposia respectivement dirigés par
Jacqueline Descarpentries, Dominique Berger et Emmanuel Triby en 2007 à
Strasbourg, nous avons finalement atteint en 2010 à Genève le record de
quatre symposia, accueillant plus de 50 chercheurs souhaitant réfléchir à
l’avancée des recherches en éducation et santé, et tenter de construire une
assise épistémologique à ce champ de recherche en pleine expansion.
Cet ouvrage collectif est le résultat de cette dernière série de symposia,
tout en étant, à l’image de la manifestation qui l’a engendré, le fruit des
rencontres successives de l’AREF. Sans reprendre exactement les
1communications présentées à Genève en 2010 , il présente une synthèse des
thématiques abordées, des réflexions partagées, des études présentées à
l’occasion de cette rencontre, tout en s’enrichissant de recherches nouvelles
menées depuis. Son but est de mettre en lumière les travaux, les outils, les
perspectives de recherches et les postures méthodologiques qui composent et
organisent aujourd’hui ce domaine d’expertise, pour dessiner tant les
contours et contenus de la recherche en sciences humaines et sociales sur
l’éducation en santé que les conditions qui présideraient à la constitution de
la santé comme un champ de recherche officiel en sciences de l’éducation. Il
vise donc moins à présenter un descriptif exhaustif des travaux actuels qu’à
fournir un état des lieux et une cartographie d’un champ de recherche


1 Qui sont toutes accessibles en ligne :
Première partie : formation et pratiques (responsable : Carine Simar)

https://plone2.unige.ch/aref2010/symposiums-longs/coordinateurs-en-s/education-et-sante1ere-partie-formations-et-pratiques
Deuxième partie : méthodes et épistémologies (responsable : Alexandre Klein)

https://plone2.unige.ch/aref2010/symposiums-longs/coordinateurs-en-k/education-et-sante2eme-partie-methodes-et-epistemologies
Troisième partie : outils et évaluation (responsable : Cyril Crozet)

https://plone2.unige.ch/aref2010/symposiums-longs/coordinateurs-en-c/education-et-sante3eme-partie-outils-et-evaluation
Quatrième partie : représentations des acteurs (responsable : Séverine Parayre)

https://plone2.unige.ch/aref2010/symposiums-longs/coordinateurs-en-p/education-et-sante4eme-partie-representations-des-acteurs
17 émergent, et intrinsèquement divers que ce soit en termes de disciplines,
d’approches, de traditions ou de méthodes.

La santé et l’éducation sont des concepts proprement anthropologiques,
c’est-à-dire relatifs à des considérations sur la nature même de l’Homme, et
de fait en lien avec l’ensemble des différentes dimensions de la vie humaine.
C’est pour cette raison qu’ils débordent constamment les frontières de leur
propre définition et épuisent souvent les tentatives d’objectivation qui s’y
appliquent. Mais surtout, du fait de cette position nodale, à la croisée des
influences et des domaines, ces notions interpellent et rassemblent des
chercheurs de tous horizons, qu’ils soient médecins, infirmiers, chercheurs
en santé publique, historiens, philosophes, sociologues, statisticiens,
chercheurs en sciences de l’éducation ou psychologues. Leur combinaison
impose donc déjà la rencontre de deux univers pluriels, éminemment
pluridisciplinaires et donc nécessairement complexes ; d’autant plus que les
deux notions sont intrinsèquement liées et qu’elles interagissent l’une avec
l’autre en s’influençant et se transformant mutuellement. Poser la question
de l’éducation à la santé conduit donc à s’inscrire d’emblée au cœur d’une
problématique délicate parce que multiforme ; cela revient à engager un
effort singulier de problématisation.
L’éducation à la santé, si l’on entend sous ce vocable une démarche de
transmission de savoirs et de pratiques visant au maintien, au retour ou à
l’amélioration de la santé, est une activité humaine fondamentale, précédant
même la fondation d’une discipline médicale à proprement parler. Avant
même que ne « naisse » la médecine occidentale, les préceptes de santé se
transmettaient déjà au sein des familles, des communautés et des cultures.
Même si, par la suite, cette éducation s’est inscrite dans le champ du
médical, qui y trouva un appui de poids à sa volonté d’autonomisation et de
conquête de l’opinion publique, elle reste un domaine qui excède la
médecine comme discipline, science ou profession. Elle est une unité
anthropologique fondamentale à laquelle se rattache finalement toute
démarche de soins, médicale ou non.
Rien d’étonnant à ce qu’elle se soit trouvée au cœur de la critique du
pouvoir et de l’hégémonie médicale qui s’opéra en France (et plus largement
dans le monde occidental) au cours des années 1960-1970. Pour affirmer une
nouvelle conception de la santé, pour faire exister de nouvelles pratiques de
soins, une nouvelle hiérarchie de la relation soignant-soigné, l’éducation
populaire à la santé fut le recours principal des communautés, pour
transmettre et ainsi faire exister une autre médecine et une autre santé. Ce
mouvement de révolte des usagers de santé, parce qu’il s’inscrivait dans un
ensemble plus vaste de critique sociale, politique, mais également
scientifique, qui un an avant mai 1968 avait vu naître les sciences de
l’éducation, ne devait pas manquer d’attirer l’attention de cette nouvelle
discipline aux ambitions épistémologiques révolutionnaires. Dès la fin des
18 années 1970, deux chercheurs en sciences de l’éducation, le premier
historien, Georges Vigarello, et le second médecin, Jean-François d’Ivernois,
participèrent à l’engagement des recherches en sciences de l’éducation dans
un changement de paradigme autour des questions de santé. Vigarello soutint
en 1977 à l’université Paris V une thèse de doctorat intitulée Le corps
2redressé, culture et pédagogie qu’il publia l’année suivante sous le titre Le
corps redressé, histoire d’un pouvoir pédagogique (Paris, Delarge). Il fit
ensuite paraître en 1993 un ouvrage de référence sur l’histoire des pratiques
de santé, Le sain et le malsain, qui abordait l’implication des
gouvernements, des institutions et des acteurs dans les nouveaux savoirs et
pratiques de santé. Puis, quatre ans plus tard, il rédigea un article au titre
aussi révélateur qu’évocateur « L’éducation pour la santé : une nouvelle
attente scolaire » (Esprit, 1997, p. 72-82). Jean-François d’Ivernois soutint
pour sa part en 1981, à l’Université Paris XIII, une thèse de doctorat intitulée
Docimologie et planification pédagogique en sciences de la santé :
évaluation et contribution au développement pédagogique dans une faculté
expérimentale de médecine. Il devint ensuite l’initiateur en France de
l’éducation thérapeutique et d’études centrées sur les capacités du patient à
apprendre à se soigner par lui-même, en publiant, en 1995, avec Rémi
Gagnayre, Apprendre à éduquer le patient : approche thérapeutique. La voie
était ainsi ouverte, par ces deux chercheurs appartenant aux sciences de
l’éducation, au renouvellement des questionnements sur le rapprochement
entre éducation et santé. Ils avaient pu démontrer l’existence d’une alliance
ancienne, aussi complexe qu’essentielle, entre les deux domaines (de
l’éducation et de la santé) et ainsi valoriser la richesse de ce nouveau champ
d’analyse (l’éducation à la santé), tant pour l’évolution de la recherche et de
la réflexion que pour l’efficience des futures actions de prévention à mener.
Depuis, les travaux se sont multipliés et diversifiés, étudiant tant l’impact
de l’éducation et de la formation sur les problématiques de santé que
l’influence de l’objet « santé » sur les modèles et les pratiques d’éducation
ou de formation. Tout en devenant les sujets d’étude de chercheurs de tous
horizons disciplinaires, ces différentes interactions entre éducation et santé
continuent, d’un point de vue épistémologique, des objets pour les sciences
de l’éducation. La nature double, ou trouble, de ces dernières, qui sont à la
fois un ensemble disciplinaire propre et une collection de disciplines
abordant des objets communs, a permis jusqu’alors de maintenir un certain
statu quo. Mais il était devenu nécessaire de réaffirmer l’attachement
profond des sciences de l’éducation, dans leur unité comme dans leur
diversité, aux questions d’éducation en matière santé. C’est pour cette raison


2 Dirigée par Georges Snyders et soutenue devant un jury composé de V. Isambert-Jamati,
M. Bernard, G. Canguilhem, F. Dagognet, J. Ulmann.
19 que nous avons décidé de publier cet ouvrage, et que la collection Savoir et
Formation de l’Harmattan initiée par Jacky Beillerot et Dominique Fablet,
puis reprise par Paul Durning, tous trois chercheurs emblématiques de la
discipline, s’y prêtait particulièrement.
L’un des objectifs premiers de ce collectif est en effet de se départir de
ces débats qui divisent des travaux à visée pourtant complémentaires, afin
d’affirmer l’unité d’un champ de recherche qui, même s’il reste à définir, à
délimiter et à organiser, n’en reste pas moins – la tenue de rencontres
thématiques régulières en sont la preuve – un domaine unifié dans la
pratique de la recherche. De ce point de vue, nous souhaitions dépasser, sans
pour autant nous interdire de l’interroger, le vieux débat, qui anima un temps
ce champ de recherche, entre « l’éducation à la santé » et « l’éducation pour
la santé ». Aujourd’hui, si le vocable d’« éducation à » demeure davantage
employé dans les lieux scolaires et celui d’« éducation pour » dans les lieux
de la santé, et si certains ont même proposé le troisième terme d’« éducation
en santé » pour tenter l’unification, il n’empêche que tous les chercheurs,
praticiens et usagers sont unis, au-delà des questions de vocabulaire, par un
objectif et une perspective communs. Ils essayent tous de travailler en
reconsidérant d’abord la place du sujet, et en la mettant en valeur, tout
faisant de leur mieux pour prendre en compte et en charge la personne
comme un « acteur » de sa santé, capable de devenir responsable de ses
choix et de ses actes en connaissance de cause, en accord avec l’évolution
des paradigmes de la santé et de l’éducation.
Se préoccuper aujourd’hui d’éducation et de santé amène donc à
parcourir des lieux et des domaines variés, allant de la médecine à
l’éducation, que ce soit dans les écoles, les hôpitaux, les mairies, les
associations ou les familles, etc.. Mais, cela doit également nous conduire à
interroger des époques passées afin de problématiser autant qu’il est possible
les principes du soin, du bien-être, du vivre-ensemble ou du respect de
l’environnement et des autres qui sont aujourd’hui promus dans ces deux
domaines (l’éducation et la santé). Dans les deux cas, cela implique de
comprendre la santé dans une acceptation globale, aujourd’hui dite
biopsycho-sociale, et de l’envisager comme une composante à part entière de
l’éducation, tandis que l’éducation devient dans le même mouvement un
élément de la santé. Dans cette acception globale s’insèrent également les
études sur les maladies, les malades et leur éducation qui trouvent
aujourd’hui, sous le vocable d’éducation thérapeutique, une attention sociale
et politique de premier ordre. Certaines questions que nous pensions
révolues et résolues, telles que la propreté corporelle ou l’hygiène à l’école,
se révèlent toujours d’actualité, ainsi que nous aurons l’occasion de le voir
dans ce volume. D’autres problèmes ressurgissent également suivant les
préoccupations de notre société, que ce soit celui de l’alimentation, de la
protection contre les épidémies, ou encore des addictions. D’autres restent,
au contraire, toujours en retrait, dans l’ombre de la morale, de l’idéologie ou
20 de considérations économiques, comme l’éducation à la sexualité ou la
redéfinition des rythmes scolaires. Enfin, certaines interrogations nouvelles
voient le jour et demandent à être développées et prises en charge, à l’image
des réflexions sur l’impact des nouvelles technologies sur la santé, ou bien la
question de la santé des enseignants (à laquelle deux études de ce volume se
consacrent). À ces problèmes de différentes formes répondent enfin des
méthodes de recherche particulières qui se transmettent, se réinventent ou
s’adaptent, mais qui questionnent toujours l’unité du champ de recherche
comme le rôle spécifique du chercheur en éducation et santé.

Depuis les années 1970, nombreux sont ceux qui se sont penchés sur ces
problématiques, fournissant un travail considérable et installant des
méthodes innovantes, dont, pour n’en citer que quelques-uns, Georges
Vigarello et Didier Nourrisson, Jean-François d’Ivernois et Rémi Gagnayre,
Michel Vial et Chantal Eymard, Catherine Tourette-Turgis, Didier Jourdan
et Dominique Berger, Jacqueline Descarpentries et Emmanuel Triby. Ces
chercheurs travaillent aujourd’hui avec la nouvelle génération pour poser les
fondements épistémologiques d’une association, encore jeune en termes de
recherche et de domaine disciplinaire, celle de l’éducation et de la santé. Ils
sont donc naturellement présents, directement ou indirectement, dans ce
volume.
La visée du présent ouvrage, comme des manifestations qui en furent la
source, est d’offrir un espace de travail commun permettant aux doctorants,
jeunes docteurs, maîtres de conférences, professeurs d’université ou
éducateurs en santé de terrain, d’œuvrer ensemble, au-delà de leur différence
disciplinaire et/ou statutaire, à construire des bases solides de recherche à ce
domaine à la pluridisciplinarité assumée et à l’avenir prometteur qu’est
l’éducation en santé. Le regard proposé se devait également de dépasser le
seul territoire français, parce que les problématiques en éducation et santé ne
relèvent pas d’un seul pays ni d’une seule culture et société et ne sont pas
seulement étudiées par une seule nationalité de chercheurs. Les chercheurs
québécois, méditerranéens, européens pour ne citer qu’eux, travaillent
également à développer des réflexions et des méthodes communes et
trouvent donc légitiment leur place dans ce collectif. Peu importe sa
provenance géographique, disciplinaire, ou épistémologique, chaque
contributeur s’est confronté, pour le présent ouvrage, à l’expertise
scientifique et collective, en retravaillant minutieusement le texte de son
intervention genevoise, voire souvent en fournissant un article nouveau issu
d’une recherche différente ou plus récente. Ce regroupement de textes
inédits vise ainsi à établir, autour d’une thématique commune et d’une
ambition collective, des repères historiques, pédagogiques, pratiques et
méthodologiques, pour un champ de recherche – celui d’éducation et santé –
qui s’affirme ainsi unitaire et unifié.
21 Les quatre parties de l’ouvrage, organisées autour de l’établissement de
ces repères, ont pour objectif d’offrir une vue synthétique du champ traité
tout en instaurant des sections thématiques aptes à organiser
épistémologiquement son contenu.
La première partie de l’ouvrage revient sur la difficile association
pratique et théorique de l’éducation et de la santé. Loin d’être évidente ou
naturelle, la combinaison des deux perspectives fut en effet longue et
complexe. Guy Avanzini, professeur émérite en sciences de l’éducation
faisant partie des fondateurs de la discipline, s’interroge tout d’abord sur le
sens et la portée de la notion même d’« éducation à la santé ». Il situe ainsi
un triple problème, pédagogique, anthropologique et épistémologique,
attaché à l’ambition de rapprochement des deux domaines de l’éducation et
de la santé, et nous rappelle à notre devoir de prudence et de rigueur. Le
philosophe et historien des sciences Alexandre Klein met en perspective ces
difficultés en présentant l’exemple de la médecine du peuple développée par
le médecin des Lumières Samuel-Auguste Tissot. Il démontre l’originalité de
la proposition d’association entre éducation et santé réalisée par le praticien
vaudois, notamment à l’égard des problématiques sociopolitiques et
épistémologiques rencontrées par l’éducation à la santé contemporaine. Les
modalités selon lesquelles cette dernière a pu prendre forme sont finalement
détaillées par l’historienne et chercheure en sciences de l’éducation Séverine
Parayre qui avec l’historien Didier Nourrisson résume deux siècles d’une
histoire tourmentée et encore peu connue, traversée par de nombreux enjeux
politiques, démographiques et géographiques, biomédicaux, pédagogiques,
socio-culturels et religieux. Tous démontrent ainsi l’importance de resituer
cette alliance ancienne de l’éducation et de la santé dans un contexte plus
général pour mieux en comprendre et en appréhender les fondements
théoriques et pratiques, les enjeux sociopolitiques, ainsi que leurs évolutions.
La seconde partie se consacre au territoire de l’école et aux démarches
éducatives et pédagogiques mises en place face aux questions de santé.
L’anthropologue et sociologue Elvire Gaime et la chercheure en sciences de
l’éducation Odile Saab interrogent les savoirs et pédagogies nouvelles en
éducation à la santé, respectivement en France et au Liban. Elvire Gaime
questionne à nouveau frais les pratiques d’hygiène et les usages des
sanitaires à l’école, montrant les difficultés qui subsistent pour développer
des comportements de santé dès le plus jeune âge. Odile Saab et ses deux
codirecteurs, Dominique Berger et Fadi El Hage, nous plongent ensuite dans
l’enseignement de l’éducation à la santé au Liban, opérant un enrichissant
parallèle avec la France et un enseignement toujours présent dans les cours
théoriques de sciences de la vie. Leur recherche révèle la nécessité de
changer l’approche pédagogique au Liban, davantage tournée vers une
démarche psychosociale, et propose une pédagogie originale de l’intégration,
c’est-à-dire non basée exclusivement sur les contenus mais composée de
ressources que l’élève peut réinvestir dans des situations complexes.
22 La troisième partie se préoccupe des pratiques et de la formation des
professionnels de l’éducation en santé. Ce sont d’abord les représentations et
pratiques des infirmiers scolaires qui sont questionnées par Dominique
Berger et Mabrouk Nekaa, puis celles des étudiants infirmiers qu’investigue
Jeanne Guiet-Silvain. Les trois chercheurs en sciences de l’éducation, tout en
recourant à des méthodologies différentes, insistent tous sur l’importance
qu’il y a à « éduquer ces éducateurs », et sur l’importance de leur
reconnaissance comme éducateurs à la santé, que ce soit vis-à-vis de leur
identité professionnelle ou des enjeux de santé publique auxquels ils font
face (et doivent répondre). Suivent deux contributions sur la santé des
professionnels de l’éducation qui témoignent de l’impact de cette dimension,
encore peu prise en compte, sur la santé globale d’un établissement et de ses
habitants. Les chercheurs suisse et québécois, Emmanuel Poirel et Frédéric
Yvon, en travaillant sur le stress des directeurs et directrices d’école,
redéfinissent entièrement le concept de normalité en santé au travail, afin de
participer à la reconnaissance de la souffrance de ces personnels. Une équipe
de chercheurs en sciences de l’éducation de Clermont-Ferrand, composée de
Jacques Fiard, Fabien Coutarel, Céline Mardon et Michel Récopé, présente
ensuite une enquête sur la santé des professeurs d’EPS dans la région
Auvergne. Bien loin de se maintenir en santé par le sport, ils démontrent que
l’enseignant d’EPS se trouve contraint dans sa santé par l’organisation même
de sa charge de travail, conduisant donc à l’existence d’éducateurs censés
promouvoir la santé auprès des élèves et se retrouvant pourtant dans une
position de souffrants.
La quatrième et dernière partie se concentre enfin sur les méthodologies
de recherche. Marie-René Guével, Jeanine Pommier et Didier Jourdan, tous
trois chercheurs en sciences de l’éducation spécialistes de l’éducation à la
santé en milieu scolaire, mettent tout d’abord en lumière la nécessité de
valoriser des méthodes mixtes, en vue d’approfondir et de renforcer la
pertinence des études d’éducation à la santé. À travers un projet d’enquêtes
et de recherches actions nommé ICAPS (Intervention auprès de collégiens
pour l’activité physique et contre la sédentarité), Emmanuel Triby,
professeur en sciences de l’éducation, expose ensuite l’intérêt du
développement du concept de régime d’activités, en démontrant sa
pertinence heuristique pour saisir la dynamique des actions et des effets des
activités physiques engagées auprès des adolescents de plus en plus
sédentaires. Pour terminer, Chantal Eymard et Odile Thuilier abordent la
difficile question de leur place de chercheures en sciences de l’éducation
dans le centre pour toxicomanes qui est leur terrain d’enquête, en
interrogeant notamment les relations développées avec les professionnels
présents et le rôle de la réflexivité impliquée dans une telle démarche. Leur
étude permet de rappeler que les acteurs de terrain sont capables de
s’approprier une démarche scientifique, afin de mieux évaluer leurs
pratiques et leurs connaissances pour ensuite participer pleinement à la
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