Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 15,75 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de

De
241 pages
Les auteurs de ce livre sont soucieux d'apporter des réponses aux préoccupations réelles ainsi qu'aux difficultés de toute nature auxquelles sont confrontes ceux qui ont à faire un travail d'étude et de recherche, un mémoire ou une thèse. Cet ouvrage permet de résoudre les problèmes intellectuels, conceptuels, méthodologiques et formels qui se posent concrètement dans la réalisation d'un travail de thèse ou de mémoire.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

MÉTHODOLOGIE ET GUIDE PRATIQUE DU MÉMOIRE DE RECHERCHE ET DE LA THÈSE DE DOCTORAT

© L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-03276-7 EAN : 9782296032767

Pierre ’DA

MÉTHODOLOGIE ET GUIDE PRATIQUE DU MÉMOIRE DE RECHERCHE ET DE LA THÈSE DE DOCTORAT
en Lettres, Arts, Sciences humaines et Sociales :
Informations, normes et recommandations universitaires, techniques et pratiques actuelles

L’Harmattan

Aux étudiants, aux jeunes chercheurs, aux enseignants, …pour des thèses et des mémoires de qualité !

SOMMAIRE
Pages I TRODUCTIO
………………………......................................................................…………

11

PREMIÈRE PARTIE :

ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE U IVERSITAIRE........................................................... 17

Chapitre 1 : LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE : UNE RECHERCHE SCIENTIFIQUE................................................................................................. 21 Chapitre 2 : LE SUJET DE RECHERCHE/LE PROJET DE RECHERCHE / LE PROJET DE THÈSE............................................................................... 27 Chapitre 3 : PHASES ET ÉTAPES DE RÉALISATION D'UNE THÈSE OU D'UN MEMOIRE.................................................................................... 37 Chapitre 4 : LA MAITRISE ET LE MEMOIRE DE RECHERCHE........... 51 Chapitre 5 : LA PREMIÈRE ANNEE DES ÉTUDES DE 3e CYCLE : LE DESS / LE DEA / LE MASTER........................................................ 61 Chapitre 6 : LE DOCTORAT............................................................................................... 73 Chapitre 7 : LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE.............................................. 95 Chapitre 8 : CONSTRUCTION DE BASE DE L'ETUDE : LES 7 PILIERS FONDAMENTAUX........................................................................................ 103 DEUXIÈME PARTIE : RÉDACTIO ET PRÉSE TATIO FORMELLE DES RUBRIQUES DE LA THÈSE OU DU MEMOIRE........................................................ 119 Chapitre 1 : LES ÉLÉMENTS PARATEXTUELS : COUVERTURES ET PAGES LIMINAIRES ………………………………………………. 123 Chapitre 2 : LE CORPS DE L'ÉTUDE OU DE LA THÈSE.............................. 139 Chapitre 3 : OUTILS ET ÉLÉMENTS D'INFORMATION ET DE RÉFÉRENCE.................................................................................................................. 147 Chapitre 4 : LA PRÉSENTATION DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES............................................................................................................................. 153

9

TROISIÈME

PARTIE

:

LA SOUTE A CE DE THÈSE OU DE MEMOIRE.................................................. 177

Chapitre 1 : INFORMATIONS DIVERSES SUR LA SOUTENANCE........ 181 Chapitre 2 : L'ORGANISATION DE LA SOUTENANCE................................ 189 CO CLUSIO A
.................................................................................................................................

199

EXES TECH IQUES........................................................................................................ 201

BIBLIOGRAPHIE.......................................................................................................................... 233 TABLE DES MATIÈRES............................................................................................................ 237

10

I TRODUCTIO Aujourd’hui, les livres de méthodologie de la recherche et les guides de rédaction et de présentation d’un travail d’étude et de recherche comme le mémoire ou la thèse de doctorat ne manquent pas dans les milieux universitaires. Ils sont nombreux et variés1 ; ils ont beaucoup de mérite et rendent service à beaucoup d’étudiants et chercheurs. Mais, dans l’intérêt même de la recherche et de son évolution, il faut encore d’autres livres avec des approches nouvelles pour compléter et enrichir ceux qui existent déjà ; il en faut peut-être même selon les domaines et les exigences disciplinaires malgré le souci d’uniformisation et les efforts d’harmonisation des règles et normes universitaires. Dans le système universitaire français, jusque-là, il n’y avait pas d’enseignements spécifiques, ni de diplômes de méthodologie de la recherche, ni non plus de titre ou grade de docteur dans ce domaine. La plupart des auteurs des livres publiés en la matière sont des enseignants courageux et dévoués, qui ont mis à la disposition de la communauté universitaire de nombreuses années d’expériences pédagogiques acquises, pour ainsi dire, sur le tas, en animant des séminaires de recherche ou en assurant un enseignement de méthodologie conçu par eux-mêmes. Bons pédagogiques, ils sont devenus des ‘‘spécialistes’’ de méthodologie de la recherche par la force des choses en donnant des cours, en dirigeant les travaux de mémoire et de thèse, en cherchant des voies et moyens pour répondre aux sollicitations des étudiants et aux préoccupations des jeunes chercheurs. Si, dans l’ensemble, ces ouvrages de méthodologie de la recherche, ces livres sur l’art et les méthodes du mémoire et de la thèse, ces guides de
1. Cf. la bibliographie, pp. 233-2336

11

rédaction et de présentation d’un travail d’étude et de recherche universitaire sont bien faits et fort utiles pour beaucoup d’étudiants de toutes les disciplines, il reste qu’ils ne répondent pas toujours aux besoins réels et aux situations particulières des uns et des autres, selon les domaines. Ils s’avèrent parfois peu pratiques à l’usage et souvent trop théoriques en réalité. On y trouve en effet de savants exposés sur la recherche scientifique ou l’esprit scientifique, des descriptions des méthodes et techniques de recherche, des considérations d’ordre méthodologique, des développements sur le cadrage du sujet, sur la construction d’une problématique, des modèles d’analyse, des méthodes de collecte et d’analyse des données, des méthodes critiques pour l’analyse littéraire, etc. Ces brillants exposés et les mises au point magistraux sont intéressants et sans doute nécessaires, mais n’apportent pas toujours de réponses satisfaisantes, de solutions concrètes aux problèmes immédiats des jeunes chercheurs de Lettres et Sciences humaines, par exemple. Ceux-ci, semblet-il, ont beaucoup plus besoin d’informations pratiques, d’orientations méthodologiques claires, de directives précises, de prescriptions techniques de rédaction, bref d’un guide méthodologique efficace sur lequel s’appuyer pour faire leur recherche et pour écrire leur mémoire ou leur thèse. On l’oublie bien souvent, il y a des universités et des grandes écoles (surtout en Afrique) où les étudiants, les jeunes chercheurs ou les doctorants n’appartiennent pas à une équipe de recherche ou à une école doctorale et ne bénéficient pas d’un enseignement d’initiation à la recherche, ni d’un séminaire de recherche, ni d’un véritable cours sur les méthodes de recherche, sur les approches ou les méthodes critiques d’analyse des textes, ni même sur la rédaction d’un mémoire ou d’une thèse. Bref, il n’existe pas d’enseignements théoriques et méthodologiques en tant que tels, et les étudiants, livrés à eux-mêmes, se contentent des quelques conseils de leurs maîtres ou des rares manuels de méthodologie, qui, par bonheur, leur tombent sous la main. Dans ces universités et grandes écoles, malgré les efforts remarquables et le courage étonnant des étudiants, la qualité des travaux scientifiques souffre parfois de l’insuffisance de la formation à la recherche, du manque d’enseignement méthodologique approprié, du manque de formation spécifique à l’élaboration, à la rédaction et la présentation d’un mémoire ou d’une thèse, toutes formations susceptibles de les aider au mieux et de guider leurs pas sur ce chemin tortueux, laborieux, harassant et désespérant par moments, qui les conduit depuis les premiers élans ardents jusqu’à l’achèvement du travail et à sa soutenance. 12

De plus, les jeunes chercheurs ne sont pas aidés dans leur travail avec les nuances, les divergences et parfois même les différences d’une université à l’autre, d’une UFR/Faculté à l’autre, voire à l’intérieur d’une même UFR, au plan de la nature et de la conception même du travail de recherche, de son organisation, de sa rédaction et de sa réalisation. Ainsi, en Lettres, Littératures, Arts et Sciences humaines, les disciplines ou les matières sont diverses et même différentes les unes des autres, les modèles d’analyse, les méthodes critiques d’approche ou d’analyse des textes sont variées et différentes ; de même les modèles et les guides de rédaction et de présentation des travaux effectués varient selon les disciplines, les départements ou filières, selon la nature de la recherche, le niveau et les exigences de l’étude et même selon aussi les encadreurs ou directeurs de recherche. De fait, les directeurs de recherche sont eux-mêmes confrontés aussi à des contraintes administratives et scientifiques ou s’en tiennent souvent aux pratiques de leur université ou de leur Faculté/UFR ou encore aux traditions disciplinaires établies. C’est pourquoi il est difficile voire impossible d’avoir un livre unique de méthodologie, valable pour tous les domaines et pour toutes les disciplines. C’est pourquoi aussi il est hors de propos de remettre en question les particularismes, les préférences, des usages respectables existants ; mais, en tout état de cause et malgré les contradictions ou les divergences (et peutêtre à cause de cela), certaines exigences doivent s’imposer à tous et les règles institutionnelles ainsi que les normes académiques concernant l’organisation, la confection, la rédaction et la présentation d’un T.E.R. doivent être appliquées autant que possible. Ces prescriptions ou ces dispositions réglementaires sont de différentes natures : administratives, intellectuelles, méthodologiques, formelles. Leur connaissance permet aux étudiants de mener à bien leurs travaux depuis la conception jusqu’à la soutenance. C’est en pensant aux soucis et aux questions des jeunes chercheurs, aux difficultés de toutes sortes qu’ils rencontrent dans la pratique, aux problèmes effectifs de méthodologie qui se posent à eux et auxquels ils sont confrontés dans la préparation, la conception, la rédaction, la présentation et la soutenance de leurs mémoires ou de leurs thèses ; c’est eu égard aussi aux défauts relevés, aux reproches et critiques faits par les membres de jury lors des soutenances que j’ai conçu et écrit ce livre. Cet autre livre de méthodologie du mémoire et de la thèse qui, espérons-le, répondra aux préoccupations et aux attentes des uns et des autres. 13

Assurant, depuis de nombreuses années, le cours de méthodologie de la recherche en Maîtrise de Lettres modernes, puis en DEA au niveau de toute l’UFR de Langues, Littératures et Civilisations, responsable du DEA et de la formation doctorale, directeur de mémoires et de thèses, président de jurys de soutenance, j’ai acquis, sans fausse modestie, une certaine expérience en la matière, dont je voudrais faire profiter les étudiants, les jeunes chercheurs et aussi des collègues enseignants. C’est d’abord aux étudiants, aux jeunes chercheurs, souvent démunis, désemparés, laissés à eux-mêmes, que ce livre est destiné. Ils y trouveront des informations générales, utiles et pratiques et des réponses concrètes à leurs préoccupations et besoins. Ce livre d’adresse ensuite aux collègues enseignants et à tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, dirigent des travaux de mémoire et de thèse ou participent à des jurys de soutenance. Il est bon d’avoir des repères communs, les mêmes règles et normes universitaires de référence, d’avoir des prescriptions consensuelles de rédaction et de présentation des travaux d’étude et de recherche pour parler sinon le même langage du moins traduire, avec des mots différents et en dépit des préférences de chacun, les mêmes principes et les mêmes exigences pour un travail de recherche universitaire comme le mémoire ou la thèse de doctorat. C’est de façon délibérée que mon livre ne s’attarde pas aux méthodes et techniques de recherche, qui sont sensiblement variables voire différentes d’une discipline à l’autre, et qui, par ailleurs sont souvent bien exposés dans des manuels disponibles.2 L’intérêt de ce livre est avant tout d’apporter des réponses ou des éléments de réponse aux besoins concrets et immédiats des jeunes chercheurs, de traiter de tous les aspects des problèmes méthodologiques auxquels ils sont souvent confrontés et qui bloquent parfois leur progression. L’objectif est donc clair ; il est par-dessus tout didactique et pragmatique : informer, expliquer, exposer, au fur et à mesure et à l’occasion, les dispositions réglementaires, les normes, les prescriptions et les techniques actuelles d’élaboration, de réalisation d’un mémoire ou d’une thèse.

2. Cf. par exemple : 1- Marie-Fabienne FORTIN, 1996, Le processus de la recherche. De la conception à la réalisation. Québec, Décarie Editeur. 2- Russel A. JONES, 1996, Méthodes de recherche en Sciences humaines (2e éd.), Bruxelles, De Boeck. 3- R. QUIVY, L. VAN CAMPENHOUDT, 2001, Manuel de recherche en sciences sociales (2e éd.), Paris, Dunod.

14

Si ce livre n’a pas la prétention de proposer ici un cadre normatif qui s’impose à tous les chercheurs et a priori aux étudiants de Maîtrise et aux doctorants, il a l’ambition d’être un guide, une référence indispensable pour toutes les questions relatives à un travail d’étude et de recherche universitaire. Dans cette perspective, la première partie fournit toutes les indications et les informations sur la recherche elle-même, sur les cours et les séminaires de Maîtrise, de DEA/Master, de doctorat, sur les travaux de recherche universitaire dont le mémoire et la thèse. La deuxième partie, plus pratique, est consacrée à la conception, à la rédaction et la réalisation concrète d’un mémoire ou d’une thèse. La troisième partie aborde tous les problèmes relatifs à la soutenance. Ce livre se présente comme un outil pédagogique, un guide pratique pour des jeunes chercheurs et un vademecum ou un ouvrage de référence pour les enseignants. J’espère que chacun y trouvera son compte ! Ce serait ma joie et la récompense de toute la peine que je me suis donnée pour l’écrire !

15

PREMIÈRE PARTIE : ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE U IVERSITAIRE

Dans l’enseignement supérieur et plus particulièrement dans les grandes écoles, beaucoup de formations se terminent et s’évaluent par un mémoire dit mémoire de fin d’études ou de fin de cycle. Dans les universités et notamment dans les Facultés ou UFR de Lettres et Sciences humaines, il existe généralement trois types de travaux académiques de recherche : le mémoire de Maîtrise qui sanctionne la fin du 2e cycle, le mémoire de DEA ou de Master qui sanctionne la 1ère année du 3e cycle ou des études doctorales, et enfin la thèse de doctorat qui couronne toute la formation doctorale qui dure 3 à 4 ans. La rédaction de ces travaux universitaires de recherche non seulement répond à des normes et à des dispositions réglementaires mais suppose un grand effort de réflexion, d’analyse, une activité effective de recherche ; bref, il s’agit d’un travail scientifique qui est l’aboutissement heureux d’une investigation minutieuse et méthodique, d’une étude systématique et approfondie. La première partie de ce livre aborde, à travers les différents chapitres, les principaux aspects de la recherche ainsi que les études et les travaux universitaires.

19

CHAPITRE 1 LA RECHERCHE U IVERSITAIRE, U E RECHERCHE SCIE TIFIQUE Puisque les mémoires de Maîtrise, de DEA ou de Master, comme la thèse de doctorat, sont des travaux de recherche universitaire, des études à caractère scientifique, il importe de définir ce qu’est précisément la recherche scientifique. Pour comprendre cette notion de recherche scientifique et mieux apprécier sa valeur heuristique, il convient de rappeler les autres sources, moyens ou méthodes d’acquisition des connaissances que sont par exemple l’intuition, l’expérience personnelle, la tradition, la déduction ou le raisonnement logique. L’intuition naturelle est une forme de connaissance spontanée, de certitude immédiate sans recours au raisonnement, à l’expérimentation ou à des références préalables. Si la pensée intuitive aide beaucoup, notamment dans la créativité et dans les œuvres artistiques et littéraires, elle demeure un moyen peu satisfaisant pour la recherche universitaire parce que non toujours fiable, parce que parfois sujette à illusion et donc à caution. L’expérience personnelle, avec ses observations et ses tâtonnements, ses essais et ses erreurs, est aussi un autre moyen de connaissance. Mais ces expériences personnelles, parce que non systématiques, parce que sujettes à erreurs, ne peuvent être considérées en elles-mêmes comme une méthode sûre, efficace d’acquisition des connaissances, même si elles sont utiles à la recherche scientifique. De même, les traditions séculaires reposant sur des observations empiriques, des faits répétés, peuvent avoir une certaine valeur en tant que source de connaissance, mais ne peuvent être utilisées comme une méthode scientifique indéniable d’acquisition de la connaissance. 21

La déduction ou le raisonnement logique qui combine à la fois l’observation, l’expérience, des connaissances assimilées, des facultés intellectuelles et le processus de pensée, est également un bon moyen d’acquisition. Ainsi, par des calculs savants et méthodiques, on a pu obtenir certains résultats, on a pu montrer par exemple l’existence de tel ou tel astre lointain et invisible à l’œil nu. Mais ni le raisonnement inductif ni le raisonnement déductif ne peuvent constituer une base solide et irréfutable de connaissance scientifique comme la recherche scientifique. De toutes les méthodes d’acquisition des connaissances passées en revue ici, aucune ne permet de mener effectivement à bien un travail d’étude et de recherche universitaire de l’envergure d’un mémoire ou d’une thèse de doctorat et d’aboutir à des résultats probants et incontestables. En effet, ce type de recherche suppose une démarche heuristique systématique et rigoureuse, rationnelle et minutieuse, bref une recherche scientifique. Celleci est par-dessus tout un processus méticuleux, cohérent, méthodique, comportant un ensemble d’activités intellectuelles et expérimentales, des efforts d’investigation fouillée pour découvrir ce qui est caché, pour comprendre et expliquer un fait ou un phénomène constaté. La recherche scientifique, en d’autres termes, consiste en un travail de recherche patiente, de prospection laborieuse, d’analyse systématique et perspicace des données observables et vérifiables pour apporter une réponse ou des éléments de réponse à un problème donné, à une question qui se pose. Ce sont là, il faut le souligner encore, les caractéristiques spécifiques de la recherche scientifique. C’est en cela qu’elle se distingue des autres moyens, sources ou méthodes d’acquisition des connaissances et les surpasse toutes. Ainsi conçue, la recherche scientifique, selon Paul N’DA « a pour finalité de découvrir l’inconnu, de traquer la vérité cachée afin de faire sortir quelques évidences ».3 En effet « les parcelles de vérité se dissimulent sous les objets, les faits, les comportements et attitudes, les évènements, les phénomènes, les pratiques sociales, etc. »4 Par conséquent, le processus de recherche ou la démarche scientifique permet normalement d’avoir des données sûres, des analyses fondées sur des bases scientifiques solides, d’obtenir des résultats fiables, vérifiables et

3. Paul N'DA, 2006, Méthodologie de la recherche. De la problématique à la discussion des résultats, Abidjan. Editions universitaires de Côte d'Ivoire (EDUCI), p.16. 4. Ibidem, p.16.

22

indéniables ; elle permet aussi de générer et d’acquérir de nouvelles connaissances et de faire progresser la science grâce aux apports nouveaux et à des contributions originales. Dans la recherche scientifique, on distingue généralement deux types de recherche : la recherche fondamentale et la recherche appliquée. La recherche appliquée est celle qui est faite dans un but déterminé et pratique, visant des résultats concrets, utilisables dans la société et par la communauté, ou pour résoudre des problèmes qui se posent, ou encore pour améliorer les conditions de vie. C’est le cas par exemple des recherches sur l’huile de palme, sur le riz, des recherches sur le paludisme, sur le sida, des recherches sur les lasers chirurgicaux, des recherches dans les domaines technologiques tels que les NTIC ou les TIC (comme on dit aujourd’hui) ou les puces à ADN, etc. La recherche fondamentale au contraire est, pour ainsi dire, faite pour elle-même, sans but pratique spécifique et intéressé. Selon Alain Guénoche « C’est l’activité intellectuelle qui est développée pour comprendre. Comprendre le fonctionnement de la cellule, de l’organisme, de l’individu, de l’espèce, de la société, de l’environnement, du vivant, de l’univers, sans oublier les domaines qui ne relèvent pas de l’observable comme les mathématiques ou la philosophie ».5 Il précise que « la recherche fondamentale, c’est celle qui essaie de répondre aux questions naturelles, le fonctionnement de l’univers, la stabilité du système solaire, la composition de la matière, l’origine de la vie, l’évolution des espèces, l’influence de l’homme sur l’environnement, le fonctionnement de la mémoire, la perception sensorielle etc. »6 En somme, la recherche fondamentale, c’est la recherche de connaissances nouvelles et de champs d’investigation nouveaux sans visée utilitaire, économique ou sociale. La recherche par exemple de planètes dans l’univers n’a, pourrait-on dire, aucune utilité immédiate réelle, mais permet au moins — et c’est cela sa finalité — de comprendre comment les planètes se forment et disparaissent. De même une recherche mathématique, une recherche théologique sur la Trinité ou l’eschatologie tout comme une recherche sur la métaphysique chez Platon ou sur l’esthétique dans une œuvre d’art ou de littérature sont des recherches fondamentales importantes même si elles ne paraissent pas d’utilité pratique.
5. Alain GUENOCHE, responsable de l'équipe de Méthodes mathématiques pour le Génomique de l'Institut de Mathématique du Luminy à Marseille. Source : www.recherche-endurger apine.org 6. Ibidem.

23

Il faut donc admettre que la recherche fondamentale, en tant que préoccupation ou désir de l’homme de savoir et de connaître, de comprendre l’homme et la société, l’univers qui l’environne, se confond de plus en plus avec la recherche appliquée, finalisée. En effet, il arrive qu’une recherche fondamentale aboutisse un jour à une découverte concrète et soit utilisée au quotidien pour le bien de l’homme et au bénéfice de la société. C’est le cas de la découverte de la pénicilline par Fleming pour traiter les maladies contagieuses. On se rappelle aussi tout l’intérêt des travaux de recherche de Louis Pasteur et le grand progrès médical réalisé avec la microbiologie qu’il avait créée. On doit donc se garder de dissocier et d’opposer mécaniquement la recherche fondamentale et la recherche appliquée, les deux allant plutôt de pair. Ainsi, à côté de la recherche concrète, utilisable, doit se développer aussi la recherche fondamentale qui alimente et féconde la première. Il faut le savoir, il ne peut y avoir de recherche appliquée valable sans recherche fondamentale ! Il n’y aurait pas de lasers chirurgicaux si l’on avait pas essayé de comprendre la nature de la lumière ; de même il n’y aurait pas de puces à l’ADN sans le décryptage des séquences biologiques. En tout état de cause, la recherche, qui est une démarche rationnelle et systématique d’acquisition de connaissance, conduit à des découvertes et au progrès de l’humanité. C’est là l’objectif et la raison essentielle des recherches à l’université. Il n’y a pas d’enseignement supérieur valable sans recherche de qualité ! La recherche comme l’enseignement sont les deux mamelles de la formation universitaire ; sources fécondes et fertilisantes, tous les deux s’avèrent indispensables et nécessairement complémentaires. Ce sont des investissements coûteux, qui, tout compte fait, ne sont jamais perdus : leur rentabilité se mesure non seulement au nombre mais surtout à la qualité des hommes formés. Dans ce travail de recherche scientifique, il convient de dire clairement que ce qui importe le plus et avant tout, ce n’est pas d’abord les résultats obtenus, mais les questions pertinentes pour se donner les moyens et les meilleures chances de parvenir au but, c’est-à-dire trouver ou découvrir ce qu’on cherche. A ce propos, le grand savant Einstein disait, non sans humour, que la science est bien moins dans la réponse que dans les questions que l’on se pose. De son côté, et dans le même ordre d’idée, Gaston Bachelard a dit que « quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on ne sait pas ce que l’on trouve ». C’est dire toute l’importance de la question de recherche ou des problèmes auxquels l’étude cherche à apporter une réponse satisfaisante. 24

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin