//img.uscri.be/pth/b0ef3f7e44ef7d2ab4720014ad4d0d6588e4fa66
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Numérique, éducation et apprentissage

162 pages
Face à l'idéologie de formations sans frontières, de (ré-)industrialisation de la filière de l'enseignement, de nouvelles pratiques pédagogiques liées aux plateformes de formation massive en ligne, l'appropriation et le déploiement des dispositifs numériques deviennent des enjeux contemporains de l'éducation et de l'apprentissage. Les textes de cet ouvrage cherchent à saisir et à rendre compte de cette réalité actuelle dans toute sa complexité : politique, économique, sociologique.
Voir plus Voir moins

SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DES SCIENCES DE SFSICL’INFORMATION ET DE
LA COMMUNICATION
Face à l’idéologie de formations sans frontières, de (ré-)
industrialisation de la fi lière de l’enseignement, de nouvelles
pratiques pédagogiques liées aux pllateformes de formation
massive en ligne, l’appropriation et le déploiement de dispositifs
numériques deviennent des enjeeux contemporains de
l’éducation et de l’apprentissage. Les enjeux des technologies
éducatéducatives sont étes so t étudiés en SIud és e SSC C de de lolonggueue date etet, dans cee
contexte, il est légitime quee les chercheurs en sciences de
l’information et de la communication se saisissent de ces
objets pour les analyser et les penser au-delà des discours
traditionnels.
Loin de tout déterminisme technique ou social, les textes
présentés dans cet ouvrage e cherchent à saisir et à rendre
compte de cette réalité actuelle dans toute sa complexité :
politique, de formation critique au traitement de l’information ;
économique, de production et de commercialisation de biens
et services d’enseignement non présentiel ; sociologique, dans
le développement de nouvellles pratiques d’enseignement et
d’apprentissage.
L’apport des SIC s’exprime ici dans la capacité de réunir ces
apports dif érents et de permettre un regard à perspectives
multiples, tout en mettant au centre le fait communicationnel
et l’usage, celui des acteurs et des dispositifs.
SOUS LAL DIRECTION DED
LAURRENT COLLEET et CARSTTEN WILHELM
ISBN : 978-2-336-30735-0

NSOT?
NUMÉRIQUE, ÉDUCATION ET APPRENTISSAGE
Sous la dir. de Laurent COLLET et Carsten WILHELMNUMÉRIQUE, ÉDUCATION
ET APPRENTISSAGE
ENJEUX COMMUNICATIONNELSCréation et mise en page
Atelier Congard
www.atelier-cd.fr
© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-30735-0Sous la direction de
Laurent COLLET et Carsten WILHELM
NUMÉRIQUE, ÉDUCATION
ET APPRENTISSAGE
ENJEUX COMMUNICATIONNELS
ÉDITIONS L’HARMATTANSOMMAIRE
Avant-propos 7
Daniel Raichvarg, Christian Le Moënne et Nicolas Pélissier
Introduction 11
Laurent Collet et Carsten Wilhelm
MOOC, les (vrais) enjeux 19
Pierre Mœglin
MOOC et SIC – une relation propice à
une synthèse méthodologique 29
Carsten Wilhelm
L’École sous l’influence du numérique : quelques
enjeux et perspectives pédago-techniques 43
Victoria Pérès-Labourdette Lembé
D’une étude de l’apprentissage des réseaux
socionumériques à l’élaboration d’une éducation
à la vie privée : l’apport des SIC 53
Julien Pierre
Les usages numériques personnels des enseignants
du primaire et leur développement professionnel 65
Dima Hanna et Séraphin Alava
« Refondation de l’École » : L’apport des SIC pour
penser les situations et les pratiques de communication
pédagogique instrumentées. Cas de l’utilisation
de tablettes en classe 79
Sidonie Gallot
Un regard SIC en éducation. L’ENT pourrait-il favoriser
l’intégration à l’université ? 101
Cathia Papi et Thierry GobertNumérique, éducation et apprentissage
L’apport des SIC dans les recherches sur
l’enseignement-apprentissage des langues par écran 121
Christine Develotte
La co-construction du numérique comme
objet d’enseignement-apprentissage. Apports
d’une recherche étudiant les inter-relations entre
imaginaires et pratiques au sein du cadre socio-technique 133
Anne Cordier
Pratiques familiales d’un ENT au collège. Étude
des effets établissement, classe et enseignant et
de leur influence sur les pratiques en construction 145
Bastien Louessard et Philippe Cottier
Liste des auteurs 157
6Avant-propos
1 2Daniel Raichvarg , Christian Le Moënne
3et Nicolas Pélissier
ous trouverez ci-après l’un des cinq ouvrages issus des actes
edu XIX  Congrès de la Société Française des Sciences de l’In-Vformation et de la Communication (Université de Toulon,
juin 2014). Ce Congrès, qui se tient tous les deux ans, est un
événement scientifique majeur dans la structuration de notre discipline et
de ses champs de recherche. Il rend compte de la diversité des travaux
de chacun et témoigne de la place des Sciences de l’Information et de
la Communication au sein des Sciences Humaines et Sociales. Il est
moment clef d’expression et de débat mais aussi de représentations et
d’afrmation de notre appartenance à une communauté de savoirs.
À Toulon, lieu d’implantation de la plateforme Télomédia dédiée aux média
numériques, la SFSIC avait choisi d’éclairer l’identité des SIC en valorisant
des problématiques et des recherches sur les pratiques sociales confrontées
aux évolutions des dispositifs techniques et technologiques. Il s’agissait non
seulement d’analyser les effets de la mutation numérique, mais également la
façon dont celle-ci travaille et recompose nos relations aux systèmes
techniques antérieurs. Il s’agissait de mettre en évidence à la fois les recherches
sur les technè et sur les praxis, sur les relations aux outils et sur les savoir-faire
pratiques. Trois types d’interrogations ont structuré les échanges.
D’une part, comment penser la genèse des technologies
d’information-communication ? Que doivent-elles à la technique et à la science,
deux grands registres dont certaines analyses estiment qu’ils ont été
teenus séparés jusqu’au xix  siècle, avant qu’ils ne se rencontrent pour former
les technosciences ? Et que dire encore des choix, des contraintes, de la
1. Professeur Université de Bourgogne (laboratoire CIMEOS), Président du Comité
eScientifque du XIX  Congrès et actuel président de la SFSIC.
2. Professeur Université Rennes II (laboratoire PREFICS), Président de la SFSIC lors du
eXIX  Congrès et actuel Président d’Honneur.
3. Professeur Université Nice Sophia Antipolis (laboratoire  I3M), Président du Comité
ed’organisation du XIX  congrès et coordonateur éditorial des cinq ouvrages issus de ce congrès.
7part de créativité, des agencements qui ont conduit à ce qu’elles sont
aujourd’hui ? Bref que savons-nous sur les façons dont elles se construisent ?
D’autre part, que font les technologies d’information et de
communication à la société ? Comment transforment-elles notre façon d’être
ensemble, d’échanger ou de nous diviser, au travail, dans la sphère
domestique, dans les espaces multiples d’apprentissages, sur les scènes
de mouvements sociaux, des pratiques culturelles ? Quels en sont les
usages passifs ou actifs, les détournements, les fractures ? Comment
transforment-elles le rapport de chacun au Monde et à ce qui le fait
exister (intimité, publicité, contrôle, secret, lien social,
représentations…) ? Comment sont-elles questionnées par l’art et la création,
réinventées dans les loisirs, mobilisées par les politiques publiques ?
Enfin, comment les Sciences de l’Information et de la Communication
conçoivent et mettent-elles en place les enseignements universitaires
théoriques et pratiques nécessaires aux acteurs et futurs acteurs chargés
de développer les usages des technologies de l’information et de la
communication ? Quels savoirs et savoir-faire professionnels,
extra-professionnels ou socioculturels faut-il mobiliser pour les maîtriser et quelles
sont les formations adaptées au développement de ces compétences ?
Les textes proposés ici mettent en évidence la contribution féconde
des travaux en sciences de l’information et de la communication
aux réponses à ces diverses et importantes interrogations. Ils ont
été retenus à l’issue d’une sélection exigeante par le Conseil
d’Administration de la SFSIC. Publiés en cinq volumes thématiques
correspondant aux différents axes du Congrès de Toulon, ils sont bien
edistincts des actes en ligne du XIX  Congrès disponibles sur la
plateforme www.SFSIC2014.sciencesconf.org.
Ces volumes inaugurent une nouvelle collection de la SFSIC
distribuée par les Éditions l’Harmattan, qui ont un rôle de premier plan
dans la valorisation des travaux français en sciences de
l’information et de la communication. Cette coopération éditoriale inédite
a pour objectif essentiel d’assurer la diffusion la plus large possible,
sur le territoire national et surtout dans le bassin francophone,
des recherches présentées dans le cadre des grandes
manifestations organisées ou labellisées par notre société savante : congrès,
journées doctorales, colloques thématiques, assises… Une mention
particulière mérite d’être faite au Prix Jeune Chercheur, qui
récompense tous les deux ans une thèse singulière soutenue dans notre
discipline, et dont le gagnant voit aussi son travail publié dans la
présente collection.
8eLes cinq ouvrages issus du XIX Congrès
(Toulon, juin 2014)
Vers une culture médi@TIC ? Médias, journalisme et espace public à
l’épreuve de la numérisation, sous la direction de Nicolas Pélissier et
Elise Maas
Art et création au prisme des TIC, sous la direction de Mélanie
Bourdaa, Julia Bonnacorsi et Daniel Raichvarg
Numérique, éducation et apprentissage : Les Enjeux
communicationnels, sous la direction de Laurent Collet et Karsten Wilhem.
Sciences, techniques et société : recherches sur les technologies
digitales, sous la direction de Paul Rasse et Cyril Masselot
Organisations digitales : individus, santé, déontologie en contexte
numérique, sous la direction de Élizabeth Gardère et Christian
Le Moënne
9Introduction
e numérique se glisse aujourd’hui de plus en plus dans la praxis
de l’éducation et de l’apprentissage, et produit de multiples phé-Lnomènes nouveaux : « libération des contenus », irruption
d’objets numériques – machines à communiquer dirait Jacques Perriault
(1989) –, outils cognitifs ou prothèses dans la pratique scolaire et dans
l’enceinte de l’école et de l’université, utilisation d’outils audiovisuels
et numériques pour diffuser massivement des contenus pédagogiques,
processus dites de rupture pour « révolutionner » l’enseignement ou
au contraire alimenter le panopticum (Foucault, 1975) au service du
marketing et de la surveillance dans l’objectif commun atteindre un
idéal décuplé d’efcacité donnant raison à Ellul (1954) que «  la
préoccupation de l’immense majorité des hommes de notre temps [est] de
rechercher en toutes choses la méthode absolument la plus efcace  » . Que
ce soit au travers des questions techniques ou de celles concernant
le développement de technologies voulues toujours plus innovantes,
les auteurs de cet ouvrage nous montrent que les usages et pratiques
concrètes de ces dispositifs se développent dans un entre-deux qui
intéresse en tout premier lieu les chercheurs en sciences en
l’information et de la communication.
Ce livre réunit des contributions, issues des travaux de l’axe
e« Éducation et Apprentissage » du XIX  congrès de la Société Française
des Sciences de l’information et de la communication (SFSIC), qui
s’est tenu à Toulon du 4 au 6 juin 2014 et qui proposait de penser
les techniques et technologies selon différentes thématiques : Société,
Organisations, Éducation et apprentissage, Arts et Création et Médias.
Nous avons choisi de proposer dans cette introduction deux
parcours de lecture. Le premier est thématique et porte donc sur le
numérique dans l’éducation et dans l’apprentissage et
particulièrement sur le phénomène des MOOC et sur la question de la
culture numérique. Le second est épistémologique et repose sur le
11L. Collet & C. Wilhelm
positionnement des sciences de l’information et de la
communication des questions traitées.
Les dispositifs numériques dans
l’éducation et dans l’apprentissage
Les MOOC
Un phénomène en particulier attire une grande attention dans la
communauté universitaire et, à lui tout seul, concentre bon nombre
de faisceaux de discours et de processus intéressants pour les sciences
de l’information et de la communication appliquées à l’éducation. Il
s’agit de celui des MOOC, ces cours à grand nombre d’inscrits
ouverts en ligne sont des dispositifs de type site internet contentant des
vidéos et autres ressources pédagogiques et exercices interactifs, ils
mobilisent parfois des forums, mais ne sont que très rarement conçus
comme des véritables outils de travail collaboratifs.
Le discours d’accompagnement de ce phénomène le situe à la croisée de
l’innovation technologique et de l’émancipation de l’individu de cadres
présentés comme sclérosés - les systèmes éducatifs en première ligne.
Trois plates-formes, Coursera, Udacity et edX illustrent à elles seules
l’offensive par les MOOC des universités américaines. Mais le
phénomène est mondial et concerne aussi la France et l’initiative lancée en
octobre 2013 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la
recherche : « France Université Numérique ». Plusieurs centaines de
milliers de participants sont annoncés ici et ailleurs et sont l’occasion
de mettre en perspective les processus et les institutions établies.
Face à l’idéologie médiaculturelle de formations sans frontières, des
enjeux sociaux et économiques de l’industrialisation de la filière, des
questionnements sur de nouvelles pratiques pédagogiques, les usages
réels de ces plateformes qui restent à découvrir, des chercheurs en
sciences de l’information et de la communication se saisissent de ces
objets pour les analyser et les penser au-delà des discours
traditionnels quant à leurs prétendus succès, dont notamment une plus forte
démocratisation de l’accès à l’enseignement. D’autant plus que les SIC
étudient ces questions depuis bien avant l’arrivée des MOOC. Ainsi,
Pierre Moeglin, dans « De quoi les moocs sont-ils l’enjeu » démontre
à juste titre qu’ils sont les héritiers d’une longue histoire au sein des
institutions de formation et d’enseignement d’usages de la technique,
de rationalisation organisationnelle et de production idéologique
d’accompagnement. Par contre, la financiarisation du secteur via
les capital-risqueurs investissant à coup de dizaines de millions de
12Introduction
dollars dans des plateformes contribue à accélérer l’intégration des
industries éducatives dans les industries culturelles.
La contribution de Carsten Wilhelm, « MOOC et SIC – une
relation propice à une synthèse méthodologique », rappelle qu’ils sont
l’occasion de réactiver les critiques des propositions des tenants de
l’approche connectiviste : accès libre à la connaissance, apprentissage
individuel, indépendance et valorisation des communautés
d’apprenants. Mais au-delà de ce cadre idéologique, c’est bien la question de
l’industrialisation de la production et l’arrivée de nouveaux acteurs
privés, qui se pose avec les stratégies marketing inhérentes à la
logique économique : pédagogique transmissive et non participative
parce que reposant sur des « professeurs stars », analyse des
statistiques des MOOC pour améliorer le dispositif ainsi qu’à des fins
secondaires comme le marketing et la sélection de talents.
L’article de Victoria Péres La bourrette : « L’école sous l’influence du
numérique : quelques enjeux et perspectives pédago-techniques »
traite de la question de l’analyse des données. L’auteur s’intéresse aux
traces des apprenants sur une plateforme de MOOC et l’exploitation
pédagogique – mais pas seulement – qu’il est possible d’en faire. Cet
article interroge la valeur-ajoutée de la médiatisation des cours à
chercher peut-être plus du côté de ce qui est enregistré du côté de
l’apprenant que du côté des contenus mis en ligne.
La culture numérique
Le numérique fait parti du quotidien de l’enseignement tant du côté
des enseignants que du côté des apprenants. On peut même parler
d’usages au quotidien et au-delà de culture numérique.
Cette culture numérique est à construire pour Julien Pierre. Dans
« D’une étude de l’apprentissage de Facebook à l’élaboration d’une
éducation à la vie privée : l’apport des SIC », cet auteur montre que
la culture numérique ne saurait se limiter à la simple litéracie
numérique prônée par certains. Pour lui, les enjeux sont plus larges et
portent sur l’autonomisation du sujet, qu’il faudrait inviter, par des
pratiques de soi, à prendre conscience de son rapport au monde, à
se soucier des autres et à s’engager dans la citoyenneté. En d’autres
termes, la culture numérique n’a de sens qu’en prolongeant l’ère des
lumières et la formation de « l’honnête homme ». En acceptant cette
définition de la culture numérique, il n’est peut-être pas étonnant
alors de constater que les enseignants soient capables de l’adopter.
13L. Collet & C. Wilhelm
En effet, dans le cadre d’une enquête qualitative auprès des enseignants
des écoles primaires de Haute-Garonne, Dima Hanna et Séraphin Alava
montrent qu’il existe une corrélation entre les usages numériques et
les variables du développement professionnel. Dans leur article « Les
usages numériques informels contribuent-ils au développement
professionnel des enseignants des écoles primaires de la Haute-Garonne ? ».
elles explicitent les liens entre la recherche de nouvelles méthodes
pédagogiques, l’échange et la réflexion sur l’acte d’apprendre/enseigner, et
la préparation des cours, au point, finalement que l’espace numérique
semble aujourd’hui fortement investi par les structures pédagogiques
institutionnelles, d’éditions, associatives et collaboratives.
Seulement, le transfert d’une culture numérique développée pour soi
vers une culture numérique en classe ne va pas de soi comme l’écrit
Sidonie Gallot dans « Refondation de l’école : l’apport des SIC pour
penser les pratiques sémiotiques de communication pédagogique
instrumentée. Le cas de l’utilisation des tablettes en classe » par exemple.
Sur la base d’une étude comparative entre deux classes – l’une sans
tablette et l’autre avec – elle montre que l’enseignant a tendance à
rester dans la pédagogie transmissive par peur de voir la situation lui
échapper alors même que des scénarios pédagogiques permettraient
l’autonomie de l’élève, notamment ceux exploitant le sens ludique et
le plaisir des jeunes comme opportunité de transformation au service
d’un apprentissage global et autonome. Pour l’auteur, le cadre de la
culture scolaire livresque doit évoluer.
C’est à un constat similaire pour l’université qu’arrivent Cathia Papi
et Thierry Gobert dans « Un objet de recherche en SIC dans l’espace
éducatif : l’ENT peut-il favoriser l’intégration universitaire ? ». En
effet, peu de relations sont médiatisées par les ENT car les enseignants
du supérieur n’ont pas tous l’habitude d’utiliser les TICE, ni d’y mettre
des ressources pour leurs cours, et, de fait, ne favorisent pas son
utilisation par les étudiants. L’outil, potentiellement intégrateur des
primo-entrants à l’université, n’est donc pas pleinement exploité. Or,
l’engagement de l’enseignant apparaît comme primordial pour que la
valeur ajoutée de l’outil s’exprime.
Une autre manière d’aborder la question de la culture numérique
est de s’intéresser à ce qui se passe sur les écrans comme le propose
Christine Develotte dans « L’apport des SIC dans les recherches sur
l’enseignement-apprentissage de langues par écran  », où elle
distingue trois dimensions : le champ de l’écran, le contre-champ de
l’écran de l’interlocuteur et le hors-champ ou contexte. À partir de ce
14Introduction
découpage, elle étudie les comportements de gestion de ces espaces
par des apprenants à distance et démontre que dans la gestion/mise
en scène de ces champs, se joue l’identité numérique des
interlocuteurs. Elle en conclut la nécessité de formations spécifiques pour les
enseignants et le rôle à jouer des sciences de l’information et de la
communication.
Dans la même lignée de questionnement, Anne Cordier invite les
enseignants à accepter la posture de « maître ignorant » dans l’article « la
construction du numérique comme objet
d’enseignement-apprentissage : apports d’une recherche étudiant les inter-relations entre
imaginaires et pratiques au sein du cadre socio-technique ». En étudiant
des classes de collège et lycée, elle a pu noter que l’imaginaire social de
la technique et du rôle de l’enseignant conduisait à des situations de
communication en tension entre les pratiques informationnelles des
adolescents et l’acte d’enseignement où les figures de
sachant/apprenant sont brouillées. D’où la nécessité pour les enseignants d’accepter
l’imprévu, inhérent à l’outil numérique.
À traiter de la question des MOOC et de la culture numérique, on en
oublierait presque que la formation d’un élève se réalise en contexte,
impliquant des institutions scolaires et des parents. C’est tout l’apport
du texte de Bastien Louessard et Philippe Cottier, qui a pour titre :
« Pratiques familiales d’un ENT au collège. Étude des effets
établissement, classe et enseignant et de leur influence sur les pratiques en
construction ».
L’apport des SIC
L’éducation et l’apprentissage sont des sujets hautement culturels et
communicationnels parce qu’y pèse l’espoir à la fois de transmission
de valeurs et de connaissances d’une société et à la fois d’émancipation
de l’individu apprenant. Les SIC ont toujours eu un intérêt particulier
pour ces sujets et les textes réunis dans cet ouvrage en témoignent.
Loin de tout déterminisme technique ou social, les textes
présentés saisissent des tendances actuelles dans toutes leurs complexités.
L’ensemble des approches mobilisées accorde un intérêt particulier
aux relations liant l’individu au social, plutôt qu’elle ne privilégie une
conception fondée sur la seule opposition humain-technologie. Cette
tension propre à la pratique de la recherche en sciences sociales et
dans les sciences de l’information et de la communication nécessite
de faire varier les angles de lecture :
15