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Quel collège pour nos enfants ?

De
228 pages
De nombreux jeunes sortent du système éducatif sans qualification et n'ont qu'une infime chance d'insertion professionnelle. Il est urgent d'apporter les moyens nécessaires et les méthodes adaptées là où naît l'échec. Une première partie décortique les atouts et les faiblesses du collège aujourd'hui. La seconde partie propose une analyse du rôle des parents dans l'accompagnement éducatif de leurs enfants et des conseils pour un accompagnement scolaire efficace.
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QUEL COLLÈGE POUR NOS ENFANTS ?
QUEL COLLÈGE
École-collège :
mode d’emploi pour les parents[ ] Jean-Claude MazinPOUR
De nombreux jeunes sortent du système éducatif sans qualifcation NOS ENFANTS ?et n’ont qu’une infme chance d’insertion professionnelle. Il ne s’agit
pas d’échecs scolaires individuels. Il s’agit de l’échec des politiques
menées dans le domaine de l’Éducation.
Il est urgent d’apporter les moyens nécessaires et les méthodes
adaptées là ou naît cet échec.
L’école élémentaire doit redonner la priorité aux apprentissages
de base.
Le collège doit être entièrement repensé, dans l’organisation
et le contenu des enseignements, des systèmes d’évaluation et
d’orientation, du recrutement et de la formation du personnel…
L’école du socle doit être celle de l’égalité des chances pour tous
les enfants.
Une première partie décortique les atouts et les faiblesses du
collège d’aujourd’hui. Ce diagnostic est le socle de propositions
pour une réforme utile de nos établissements.
La seconde partie propose une analyse du rôle des parents
dans l’accompagnement éducatif de leurs enfants et une liste non
exhaustive de conseils pour un accompagnement scolaire effcace.
Jean-Claude Mazin est professeur des écoles honoraire.
Formé à l’école normale de Poitiers, il a pratiqué
l’enseignement par alternance dans un centre de formation École-collège : d’apprentis, puis est devenu professeur de SVT (Sciences
de la Vie et de la Terre) en collège. Il est vice-président du
Conseil général des Deux-Sèvres, en charge des collèges mode d’emploi
depuis 2011.
pour les parentsIllustration de couverture : © Hemera / Jalka Studio [ ]
ISBN : 978-2-336-29032-4
22,50 €
HC_MAZIN_14_PARENTS-QUELLE-ECOLE_V2.indd 1 9/01/13 16:49:32
QUEL COLLÈGE POUR NOS ENFANTS ? Jean-Claude Mazin




Quel collège pour nos enfants ?
École - collège:
mode d’emploi pour les parents

Analyses, critiques et propositions
pour un collège moderne et efficace
Jean-Claude Mazin




QUEL COLLÈGE
POUR NOS ENFANTS ?
COLE - COLLÈGE:
MODE D’EMPLOI
POUR LES PARENTS

Analyses, critiques et propositions
pour un collège moderne et efficace













L’Harmattan
e


































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-29032-4
EAN : 9782336290324 à mes enfants,
à mes élèves,
qui m’ont tant apporté…Préambules
L’éducation de nos enfants nécessite une cohérence
d’action de tous ceux qui les encadrent ou les
accompagnent. C’est l’éducation partagée et concertée. La
famille et l’école restent les deux acteurs déterminants de
la qualité du fonctionnement de cette sphère éducative.
Toutes leurs forces doivent converger pour entretenir et
stimuler le désir d’apprendre : les contenus et les
méthodes doivent être pensés et construits dans les seuls
objectifs de motiver l’apprenant et de le mettre en
situation de progrès.
Les postures d’apprentissage, les rapports aux savoirs ne
sont pas naturels chez une majorité d’enfants. Les attitudes
d’éducateurs ne le sont pas non plus chez certains parents.
Ceux-ci s’en remettent souvent de manière exclusive et
aveugle aux enseignants, qui ne sont pas toujours eux-
mêmes formés et idéalement compétents.
Refonder l’école pour l’adapter aux évolutions sociales,
c’est redonner du sens à ses missions. Chacun doit
retrouver la confiance en une école moderne, qui doit elle-
même transmettre confiance et espoir.
La coopération de l’école et des familles est
indispensable. Elle est aujourd’hui insuffisante. Elle doit
progresser, tant sur le plan quantitatif que sur la nature des
relations à mettre en place.
Cette symbiose nécessite que la famille et l’école se
rencontrent, se concertent, coordonnent leurs actions, se
projettent ensemble : c’est une révolution éducative
devenue indispensable.
Refonder l’école impose de construire le cadre de cette
coopération. Les missions d’accompagnement éducatif ne
9peuvent être développées ou améliorées que si l’on met en
place des programmes d’aides à la parentalité.
Aujourd’hui, l’école de la république a de nombreux
maillons faibles. Certains relèvent de l’organisation des
services : manques de moyens humains tant quantitatifs
que qualitatifs, insuffisances de coopérations avec les
familles. D’autres concernent les contenus et les
méthodes.
L’école maternelle doit accueillir tous les enfants à partir
de trois ans. Elle doit aussi les accueillir dès deux ans si
les parents en expriment le besoin.
L’école élémentaire doit se recentrer sur ses missions
fondamentales, principalement l’apprentissage de la
lecture et la résolution des difficultés d’apprentissage,
avec les aides ou soutiens appropriés.
Le collège doit être totalement repensé dans ses objectifs,
dans sa forme et ses programmes.
Le fonctionnement des lycées et l’organisation des
baccalauréats ont besoin de quelques adaptations, mais pas
de réformes fondamentales.
L’école n’est pas seulement un service. Elle est une
institution liée à l’Etat. Celui-ci a donc le devoir d’en
définir le sens, d’en garantir les objectifs, de structurer les
contenus et affecter les moyens. L’autonomie des
établissements doit s’exercer dans ces cadres régulateurs,
définis par la collectivité nationale.
Refonder l’école constitue un vrai projet politique
structurant les bases d’un projet sociétal :
« L’Education consiste à favoriser le développement
aussi complet que possible des aptitudes de chaque
personne, à la fois comme individu et comme membre
10d’une société régie par la solidarité. L’éducation est
inséparable de l’évolution sociale ; elle constitue une des
formes qui la déterminent. Le but de l’éducation et ses
méthodes doivent donc être constamment révisés, à
mesure que devient plus conscient le besoin de justice
sociale, à mesure que la science et l’expérience accroissent
notre connaissance de l’enfant, de l’homme et de la
société » (Ligue internationale de l’éducation nouvelle).
11 C’est une immense chance que d’avoir réalisé le
parcours professionnel que l’on a choisi. C’est
probablement le meilleur aboutissement et la conséquence
d’un itinéraire scolaire simple et cohérent, d’un
accompagnement éducatif régulier.
C’est un vrai bonheur que d’avoir pratiqué son métier
avec passion, avec une motivation toujours renouvelée.
En plaisantant, j’ai souvent dit à mes élèves que les trois
plus jolis métiers sont celui de paysan parce qu’il nourrit
les humains, celui de médecin parce qu’il les soigne, et
enfin celui d’enseignant parce qu’il les éduque. Je pense
que j’aurais eu le même plaisir et la même motivation en
étant paysan ou médecin. Je suis devenu enseignant.
Ces trois métiers ont un point commun évident : ils
consistent à s’engager au service de ses voisins, plus
précisément à celui des enfants dans le cas de l’enseignant.

Cette envie d’être utile aux autres est sans doute innée.
Elle se conforte certainement au fur et à mesure qu’on la
met en œuvre, car chacun se construit par les liens qu’il
tisse avec son environnement, principalement
professionnel. Elle explique peut-être mon goût pour les
sports collectifs. Elle est probablement la cause de mon
engagement associatif et politique.
Le déroulement de ma carrière ne présente pas un grand
intérêt, bien qu’il soit plutôt atypique.
Il permet cependant de comprendre l’analyse que je fais de
l’école d’aujourd’hui et les propositions que j’énonce pour
l’améliorer, particulièrement au niveau du collège.
J’ai fait une première tentative en passant le concours
d’entrée à l’école normale d’instituteurs en classe de
troisième. Cet échec ne m’a pas découragé car après un
bac D et une période à la faculté de sciences, j’ai réussi le
12concours d’entrée en formation professionnelle à l’école
normale de Poitiers. Cours de psycho pédagogie, analyses
de pratiques, activités socioculturelles diverses, stages
d’observation… ces deux années n’ont pas été
épuisantes… mais je mesure aujourd’hui l’influence
qu’elles ont eue sur ma conception de ce métier, sur mes
motivations et aussi sur mes compétences pour l’exercer.
La première moitié de ma carrière s’est déroulée dans
l’enseignement agricole, sur des formations
professionnelles et sur l’apprentissage, en alternance. J’ai
alors effectué des tâches très variées en plus de
l’enseignement : relations avec les professionnels et suivis
de stages, gestion administrative, financière et
pédagogique, mise en place de nouvelles formations,
création d’outils de liaisons avec les familles et les
professionnels formateurs, animation d’une équipe et
préparation des emplois du temps…
J’ai réalisé la seconde partie en tant que professeur de
SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) dans un collège
rural comprenant 200 à 250 élèves. Groupes classes
inférieurs à 24 élèves, matière d’éveil avec des activités
motivantes, équipe pédagogique soudée… j’ai pu mesurer
l’intérêt pour les élèves de ces excellentes conditions de
travail.
J’ai exercé mon métier sur le territoire sur lequel je suis
né. Mon implication locale dans les associations, ma
connaissance de l’environnement socioprofessionnel et
mon investissement personnel m’ont aidé dans mes
relations avec les familles, dans la conduite des projets
d’orientation, dans ma participation à la cohésion de
l’équipe éducative, et, j’ose l’espérer, dans l’efficacité et
le rayonnement de l’établissement au bénéfice des enfants.
13 J’ai compris que les écoles élémentaires ont besoin de
retouches et d’adaptations pour réduire les situations
d’échec en fin de scolarité. J’ai aussi compris l’évidence
du besoin de réformes structurelles et fonctionnelles du
collège d’enseignement secondaire. Le collège connait une
crise d’identité et montre un besoin de réadaptation aux
exigences de notre société d’aujourd’hui.
Comme de nombreux enseignants passionnés par ce
métier, j’en connais les contraintes. J’ai la connaissance
des atouts et des faiblesses de ceux qui le pratiquent. Je
mesure les pertinences et surtout les carences des projets
politiques en matière d’Education.
Animateur puis directeur de centres de loisirs, ayant
occupé toutes les fonctions d’éducateur et de dirigeant
d’associations sportives, culturelles, humanitaires, de
parents d’élèves, j’ai exercé une très grande variété de
pratiques sociales et d’actions éducatives.
Peu avant mon départ à la retraite, je suis devenu
Conseiller général. Président de la commission de
l’éducation, en charge des collèges, j’ai alors pris la
mesure des besoins en équipements et en aménagements
dans les établissements, mais aussi, hélas, des limites des
moyens de cette collectivité territoriale.
14Première partie
Quel collège pour nos enfants ?

Page
16 Un peu d’histoire
18 Pourquoi une réforme du collège ?
30 Education et laïcité
32 Des réformes peu significatives
36 L’indépendance des établissements : danger !
39 Carte scolaire, mixité sociale et offre éducative
sont liées
42 L’hétérogénéité est un atout pédagogique
45 Une équipe éducative doit porter un projet
49 Les liaisons école-collège-lycée doivent progresser
54 Education périscolaire, ou apprendre en dehors
de la classe
60 Voyages scolaires ou séjours éducatifs ?
64 Le collège actuel « démotive » de nombreux élèves
70 Cours magistral ou séquences interactives ?
74 La relation prof - élève, ou l’importance
de la psychopédagogie
80 L’école communique avec les familles
83 Des programmes trop souvent incohérents
95 Un système d’évaluation inadapté…
qui évolue enfin !
103 Un système d’orientation complexe
111 Le conseil de classe : un travail indispensable
115 Un corps d’inspecteurs inadapté
119 Des manuels peu utilisés, bientôt numérisés
123 Quelle place pour le numérique ?
126 Des emplois du temps contraints
130 Enseignant : un métier difficile, peu attractif
135 Des enseignants isolés. Un enseignement
trop cloisonné
138 Des enseignants formatés mais peu formés
147 Des locaux mal conçus et difficiles à adapter
Un peu d’histoire
Le collège est aujourd’hui l’établissement scolaire
d’enseignement secondaire situé à la charnière entre
l’école élémentaire et les différents paliers d’orientation
des élèves.
Créés dès le douzième siècle, les collèges sont alors en
lien avec les universités. Ils deviennent rapidement
autonomes. Les enseignements sont diversifiés et
consolidés jusqu’à la révolution. Ils sont appelés écoles
centrales, puis collèges communaux à la restauration.
Après diverses évolutions concernant le niveau d’études
terminal, les matières enseignées ou la mixité sexuelle
(écoles géminées à partir de 1927), ils deviennent cours
complémentaires. En 1959, ceux-ci sont transformés en
collèges d’enseignement général (CEG), organisés en
quatre années scolaires.
Le collège d’enseignement secondaire (CES) est mis en
place à partir de 1963 : tous les élèves quittant l’école
primaire accèdent au collège, dans trois filières selon leur
évaluation.
L’essor démographique, allié aux exigences plus grandes
d’éducation et de qualification, entraîne la construction de
nombreux établissements. Ils sont installés dans les zones
en cours d’urbanisation en périphérie des villes. Chaque
canton rural, sauf quelques exceptions, a aussi son collège.
Il s’agit souvent de structures légères de type « Pailleron »
qui laisseront de tristes souvenirs, ou bien de cubes de
béton conçus de manière très éloignée de la démarche de
développement durable préconisée actuellement.
Ils s’appellent simplement « collèges » depuis la loi
Haby de 1975, ou « Etablissements Publics Locaux
16d’Enseignement » (EPLE). Cette loi supprime les filières,
permet l’orientation vers les filières professionnelles en fin
ème èmede 5 et la création d’options en 4 , promeut
l’hétérogénéité.
1981 voit la mise en place des ZEP (Zones d’Education
Prioritaire). En 1989, puis en 1994, le collège est organisé
en 3 cycles : cycle d’adaptation et d’observation, cycle
central et cycle d’orientation.
L’ensemble du personnel est longtemps resté sous statut
de fonctionnaires d’Etat. Depuis 2008, les agents de
restauration et d’entretien sont devenus fonctionnaires
territoriaux sous l’égide des départements. En plus des
agents, le Conseil général prend en charge les bâtiments,
le mobilier, le matériel éducatif, la restauration et, en
milieu rural, les déplacements des élèves.
Normalement, le Ministère de l’Education nationale dirige
et finance l’ensemble des missions d’éducation. Les
départements prennent cependant en charge certaines
actions éducatives périscolaires : sport scolaire,
fonctionnement des centres d’information et d’orientation
et des centres de documentation pédagogiques,
programmes d’actions culturelles, financement des
transports lors des séjours pédagogiques. Il s’agit de choix
des élus.
17Pourquoi une réforme du collège ?
Chaque individu se construit par les liens qu’il tisse avec
son territoire, avec les groupes sociétaux dans lesquels il
évolue, et par l’utilisation qu’il en fait.
L’Education des jeunes est donc la base de la construction
d’une société. L’enfant devient citoyen par l’Education.
Celle-ci comprend l’ensemble des acquisitions de
connaissances et de compétences nécessaires dans sa vie
professionnelle ou personnelle. Elle participe à déterminer
ses comportements.
Elle conditionne le fonctionnement de chaque individu
dans le groupe auquel il appartient, ainsi que les relations
entre les groupes sociétaux. Elle est le résultat de
nombreuses composantes qui sont « proposées » au jeune
par le groupe-famille, par le groupe-école, ou par tout
autre élément de son environnement, mais dans tous les
cas captées et utilisées par le jeune lui-même.
Les situations d’apprentissage sont bien sûr essentielles
pendant l’enfance et l’adolescence, mais elles perdurent
au-delà, chez le jeune adulte, et de plus en plus pendant
toute la vie.
« Offrir à tous les individus de l’espèce humaine les
moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-
être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de
remplir leurs devoirs » (Condorcet – rapport de 1792).
Il ne s’agit pas que tous les individus accèdent aux
mêmes niveaux de compétences et de conditions sociales
qui supprimeraient toute forme de hiérarchie. L’égalité des
chances implique des principes d’égalité d’éducation et de
droits, dans le but de fonder une société démocratique et
stable.
18 Depuis plusieurs décennies, les progrès scientifiques et
surtout l’évolution des moyens de communication et de
mobilité des populations ont apporté plus de confort et ont
permis aux personnes d’élargir leurs champs d’action et de
relations. Ces progrès ne sont malheureusement pas
accessibles à tous : combinés aux difficultés économiques
et aux inégalités toujours plus grandes, ils ont contribué à
la fragilisation de nombreux individus et à l’aggravation
des fractures sociales.
La famille est de plus en plus souvent déstructurée,
recomposée. Le « temps partagé » en famille est de plus en
plus réduit. L’enfant, livré à lui-même, a logiquement
davantage de difficultés à se construire, à trouver sa voie.
Dans ce contexte, l’Education s’est considérablement
complexifiée. Elle n’est plus seulement partagée entre la
famille et l’école. Elle est rarement concertée entre les
différents acteurs.
L’école est davantage sollicitée pour compenser les
difficultés familiales ou sociales. Elle est trop souvent le
premier lieu, parfois le seul, qui impose un cadre, des
règles, une autorité.
Sa mission initiale, qui reste incontournable, est
l’acquisition par les jeunes de connaissances et de
compétences. Elle devient plus difficile. Dans tout
système éducatif, ce ne sont pas les élèves qui réussissent
– ils sont nombreux, fort heureusement dans les écoles
françaises d’aujourd’hui – mais ceux qui sont en
difficultés ou classés « en situation d’échec » qui posent
problème. Les statistiques indiquant le pourcentage
d’enfants qui ne maîtrisent pas la lecture en arrivant au
collège sont édifiantes. Ceux-là doivent bénéficier de
moyens spécifiques le plus tôt possible : les remèdes
immédiats sont les plus efficaces.
19 Malheureusement, aujourd’hui, cette égalité des chances
-concept énoncé dès qu’il est question d’éducation- est
mise à toutes les sauces, y compris par les responsables
politiques. Actuellement, les évaluations des acquisitions
cognitives et l’observation des comportements montrent
que nos jeunes s’en éloignent de plus en plus. Les causes
sont multiples, mais faciles à identifier. Tous les éléments
structurants de la société sont concernés, particulièrement
les écoles.
Les fractures sociales aggravent les inégalités scolaires
et inversement. Les périodes de crises économiques
fragilisent et déstabilisent principalement les catégories
sociales les moins qualifiées. Les difficultés financières
des familles les éloignent des accès à la culture et plus
généralement de l’éducation et des acquisitions des
savoirs.
Les politiques d’austérité, si on admet qu’elles puissent
être utiles, ne doivent donc pas toucher l’Education
nationale. Celle-ci comprend les écoles, collèges, lycées,
universités, mais aussi toutes les actions culturelles et
sportives initiées par le monde associatif ou par les
institutions.
Un Etat qui fait le choix de diminuer les moyens affectés à
l’Education hypothèque gravement son avenir sur le long
terme, particulièrement en périodes difficiles.
La pertinence globale d’un système d’éducation se
mesure aux moyens mis en œuvre ainsi qu’à leur
organisation et à l’implication des différents acteurs. Si les
aspects quantitatifs sont importants, la qualité ne doit pas
être négligée. La définition des fonctions, des contenus et
de la forme, doit évoluer en s’adaptant aux évolutions du
monde. Les mutations récentes imposent plus que jamais
20une professionnalisation de tous les acteurs, mais aussi
une coordination de toutes les actions.
L’Education à l’école doit être raisonnée dans sa
globalité, de la maternelle à l’université. Chaque maillon
de la chaîne est important. Mais chacun d’eux doit être
adapté aux besoins des élèves. Il s’agit de les considérer
dans leur globalité, en prenant en compte l’ensemble de
leurs atouts et de leurs contraintes sur le plan personnel ou
familial, afin d’adapter leur Education aux exigences de
leur intégration sociale réussie. Cette socialisation est
principalement basée sur l’insertion professionnelle, elle-
même conditionnée par les compétences acquises. La
première intégration professionnelle est normalement
réalisée à partir d’une qualification obtenue par des
formations, par les différentes formes d’apprentissage
proposées dans « le monde de l’école ». Le fait que des
individus de plus en plus nombreux doivent se socialiser
sans situation professionnelle établie, complique le
processus et fragilise les équilibres.
Les élèves nés pendant la période du babyboum, et tous
ceux d’avant 1968, s’adaptaient à l’école qui leur était
proposée. Les enseignements étaient stéréotypés. Le cadre
et la forme s’imposaient, parfois brutalement, étaient
acceptés ou subis.
Cette relation s’est inversée. L’école doit maintenant
s’adapter aux besoins des enfants. Elle doit évoluer de plus
en plus vers des enseignements individualisés, afin de
répondre en particulier aux besoins de ceux qui ont des
difficultés d’apprentissage.

Le constat est évident : de nombreux jeunes sortent du
système éducatif sans qualification, c'est-à-dire avec un
ensemble de compétences insuffisant pour intégrer le
monde du travail, parfois en ne maîtrisant pas les outils ou
21