La Force de l'espérance

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Récité d'un moment o le cancer fait irruption dans la vie de l'auteur, ce livre évoquée non seulement les souffrances de la chair qu'entraînée cette maladie, mais aussi le sens et les espoirs qu'elle révélée : un moyen de se relier son histoire, une occasion de changer son regard sur la vie. L'essentiel est dit, avec des paroles auxquelles un malade peut se raccrocher.
Publié le : vendredi 1 février 2008
Lecture(s) : 16
EAN13 : 9782296576759
Nombre de pages : 136
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© L’HARMATTAN, 2008

5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

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harmattan1@wanadoo.fr

9782296047013

EAN : 9782296047013

Sommaire

Page de Copyright
Page de titre
Rue des Ecoles
Déjà parus
Dedicace
Préface
Epigraphe
Réflexion sur les rapports du corps et de l’esprit
Hommage à Christiane Singer
Remerciements

La Force de l'espérance

Anne Jutant

Rue des Ecoles

Cette collection accueille des essais, d’un intérêt
éditorial certain mais ne pouvant supporter de gros
tirages et une diffusion large.

La collection Rue des Ecoles a pour principe l’édition
de tous travaux personnels, venus de tous horizons :
historique, philosophique, politique, etc.

Déjà parus

Jean SANITAS,
Je devais le dire. Poèmes
, 2007.
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, LLa evsi ec ad’huienres mdeu lâMtraedsesleei ndee.
,
.7002Bernard REMACK,
Petite… Prends ma main
, 2007.
Julien CABOCEL,
Remix Paul Pi
, 2007.
Isabelle LUCAZEAU,
La vie du capitaine Rolland
(1762-1841)
, 2007.
Albert SALON,
Colas colo – Colas colère
, 2007.
François SAUTERON,
Quelques vies oubliées
, 2007.
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sEeti glnà avnitv eennt dMeasis hoon md’marersê.t
, 2006.
Annette GONDELLE,
Des rêves raisonnables
, 2006
Émile M. TUBIANA,
Les trésors cachés
, 2006
Jean-Claude LOPEZ,
Trente-deux ans derrière les
barreaux
, 2006
Maryse VUILLERMET,
Et toi, ton pays, il est où ?
,
.6002Ahmed KHIREDDINE,
Rocher de sel. Vie de l’écrivain
Mohamed Bencherif
, 2006.
Pierre ESPERBÉ,
La presse : à croire ou à laisser
,
.6002

Roger TINDILIERE,
Les années glorieuses
, 2006.

Jacqueline et Philippe NUCHO-TROPLENT,
Le moulin
d’espérance
, 2006.

Sylviane VAYABOURY,
Rue Lallouette prolongée
,
.6002

François CHAPUT,
À corps et à cris
, 2006.

Cédric TUIL,
Recueil d’articles sur Madagascar
, 2006.

xuA

m

À Max et Marguerite

alades atteints de cancer

À ceux qui les soignent

Préface

C’est comme une implosion, une révolte. On
pourrait croire que tout part d’une cellule, mais est-ce
réellement le cas ? Le cancer serait-il né d’une cellule
blessée qui se multiplierait en silence pour ne donner
une tumeur visible que cinq ou six ans plus tard? S’il
adopte cette idée, votre médecin vous écoutera
poliment lorsque vous lui parlerez de l’événement
douloureux que vous avez vécu six mois auparavant…
mais il récusera le lien entre cette douleur morale et
votre maladie, car il ne s’agira pour lui que d’une
simple coïncidence. Pourtant, à l’image d’un
mouvement social, se pourrait-il que les cellules
malignes soient une poignée à basculer ensemble
dans l’anarchie ? Une poignée qui dès lors n’attendrait
pas des années comme on le croit généralement,
mais quelques mois à peine, douze à dix-huit mois
tout au plus, pour rendre visible cette déchirure dans
notre désir de vivre…

Plus encore qu’une opposition mûrie et structurée à
notre encontre, cette maladie est comme une errance
anarchiste car il n’y a pas d’idée directrice, si ce n’est
une logique d’expansion désordonnée qui finit par
nous porter atteinte sans que nous en comprenions la
raison. Les cellules alentour semblent démunies,
comme si elles ne savaient quelle réaction adopter
face à cette révolte. Pendant ce temps, dans les

hautes sphères qui abritent notre conscience,
personne ne se rend compte de rien. Silence absolu.
Puis un jour, c’est le signal d’alarme.
La petite masse inopinée, l’examen radiologique.
La découverte du mal, plus ou moins étendu ou
circonscrit.
Stupeur, incompréhension.
« Pourquoi cela m’arrive-t-il à moi ? Qu’ai-je donc fait
pour cela ? »
Lorsqu’une maladie nous « arrive », nous avons
besoin d’en comprendre la raison. Dans
l’enchaînement des causes et des effets, ce «
pourquoi » nous allons naturellement le chercher
derrière
nous, dans le passé, comme une faute dont
nous serions, selon les circonstances, soit les auteurs
soit la victime… victimes d’un nuage venu de l’est ou
auteurs d’une pollution évidente, point n’est besoin de
fumer pour cela ! Que la cause de cette maladie soit
un facteur physique ou une blessure morale ne
change rien à l’affaire : à vouloir ainsi chercher les «
responsabilités » nous prenons le risque d’enfermer ce
« pourquoi » dans un passé qui, quoique l’on fasse,
est déjà écrit… alors qu’il nous reste un « pour quoi »
à écrire, comme un élan de vie qui, se relevant de ses
blessures, est loin d’avoir dit son dernier mot. La
cause de la maladie est une chose, son sens en est
une autre.

Un « sens » ?
Les effets nocifs du tabac, des substances

polluantes et des radiations étant reconnus et
scientifiquement prouvés, la question du sens a-t-elle
encore sa place ? Assurément non, si elle se présente
avec sa couleur moyenâgeuse et sa connotation
morale inutilement culpabilisante… Mais si nous
essayons de comprendre les choses sans les juger,
donc sans les culpabiliser, que voyons-nous ?

Un malade du cœur ne va pas forcément se
demander si sa maladie a un « sens », il fera
simplement attention à son rythme de vie ou à son
cholestérol. Une personne qui a contracté le sida ne
se demandera pas quelle est la signification de sa
maladie, car elle en trouvera la raison dans la manière
dont elle a été contaminée.

Mais à moins d’avoir fumé trois paquets de cigarettes
par jour, le malade atteint d’un cancer se demandera
le « pourquoi » de ce qui lui arrive... surtout lorsqu’il
n’a pas fumé, lorsqu’il a mené une vie saine et qu’il
s’est de longue date nourri « bio », situation bien plus
fréquente qu’on ne l’imagine. Je prends pour exemple
cet homme de quarante ans chez qui on venait de
découvrir un cancer de l’estomac : il n’avait jamais
fumé, ni bu d’alcool en dehors des fêtes de famille, et
de surcroît il était végétarien… La question de savoir
ce qu’il avait fait pour « mériter cela » n’en était que
plus aiguë encore. Pour celui qui la rencontre, aucune
autre maladie ne soulève la question du sens autant
que celle-ci.

« Ce cancer, que veut-il me dire ? »

Certaines personnes évoquent un événement
récent de leur existence à la suite duquel l’idée d’en

finir avec la vie leur a traversé l’esprit. D’autres, d’une
manière plus surprenante, reconnaissent avoir vécu
une période difficile peu de temps auparavant, mais
c’est précisément alors que tout semblait s’arranger
pour eux que leur maladie fut découverte, comme si
elle se manifestait à retardement… Nombreux sont
pourtant les malades qui n’ont pas le sentiment d’avoir
été confrontés à une quelconque expérience négative
qui viendrait « expliquer » leur maladie, à supposer
que l’on puisse donner une « explication » à la douleur
intime de l’être ! Ceux-là n’ont pas le sentiment d’avoir
rencontré une faille qui les bouleverse, mais lorsqu’on
leur demande ce qu’ils désirent vivre, ils s’aperçoivent
que leur propre désir s’est oublié depuis longtemps
derrière celui de leurs proches, d’un conjoint ou d’un
parent. Ils sont là mais ils ne sont pas là, comme des
acteurs égarés dans une pièce qui n’est plus la leur, et
dans laquelle ils jouent leur rôle parce qu’il n’y a pas à
leurs yeux d’autre chose à faire : Dans leur refus
d’envisager toute position jugée égoïste, c’est comme
s’ils poussaient quelque chose de leur Ego à se
révolter contre la Vie qui les anime. Cette maladie
nous confronte à notre « désir de vivre », mais pas
forcément dans le sens où nous l’entendons.

Le cancer, en effet, qu’est-ce que c’est ? À
première vue, cela ressemble à une révolte : c’est
comme une poussée anarchiste qui fait vaciller l’ordre
établi. Les cellules quittent leur fonction, elles se
libèrent de leurs liens, et elles se multiplient sans souci
de ce qui se passe alentour. Elles n’ont pas l’intention
de « détruire » l’organisme, elles vivent pour elles-
mêmes, c’est tout… Entendez bien cela:
Elles vivent

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