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Ma soumission

De
50 pages

Quand Madlyne se retrouva sur les pavés de Baker Street, un soir de novembre sous la pluie battante, à attendre un inconnu, elle se demanda ce qui l’attendait.


« Tu seras une bonne soumise, ma Madlyne » lui avait-il soufflé à l’oreille.


« Je ferai de mon mieux » pensa-t-elle, mais elle répondit « Bien sûr Maître ».


Comment en serait-il autrement ? Il avait tellement confiance en elle et elle avait tellement d’amour pour lui. Elle sera parfaite, docile et à l‘écoute. Il sera fier d’elle et leurs liens n’en seront que plus forts.




Oeuvre destiné à un public majeur et averti.



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Eva Adams

 

 

 

 

Ma soumission

 

 

 

 

Illustration : Néro

 

 

 

 

  1. Publié dans la collection Indécente,

Dirigée par Eva Adams

 

 

 

 

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© Collection Indécente 2017

 

 

 

AVERTISSEMENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réservé à un public averti

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baker Street, Londres, 10 novembre 2014

 

 

 

En talons aiguilles sur les pavés mouillés, j’avais froid. Ma jupe trop courte ne couvrait pas mes jambes et bien que la pluie ait cessé, l’air glacial pénétrait ma peau humide, comme si j’attendais ici depuis des heures. Enfin la grosse berline noire apparut pour se garer devant moi. La porte s’ouvrit et laissa entrevoir une chaussure parfaitement cirée, surmontée d’un pantalon de costume aussi noir que cette nuit de novembre. Un homme en long pardessus sortit et je ne distinguais que son chapeau qui couvrait son visage. Tel Sherlock Holmes, il sortit de la voiture, tira sur son blaser et lissa sa veste tout en regardant autour de lui, comme pour juger de l’environnement. Ma tête se baissa instinctivement avant d’avoir eu le temps de croiser son regard, mes yeux fixés au sol. Il se positionna devant moi, les mains dans les poches et m’ordonna d’une voix rauque :

— À genoux !

Un peu décontenancée et déboussolée, j’acceptai sa requête. Je laissai tomber au sol mon corps, avec le plus de volupté que ce froid glacial m’accordait, et ce que mes jambes m’autorisaient. Les mains posées sur mes cuisses, j’attendis la suite qui ne tarda pas.

— Sucez-moi !

Une boule se serra dans ma gorge, je n’osai pas répondre. Il n’allait tout de même pas me demander de lui faire une pipe dans la rue ? Pas sur Baker Street ?! Mes mains tremblantes se décollant tant bien que mal de mes cuisses, et montant au ralenti vers la ceinture de son pantalon, mes doigts frissonnants finirent par agripper le cuir. Je tirai d’un coup sec sur la boucle pour libérer le crochet et ouvris sa ceinture, laissant libre accès au bouton et à la fermeture éclair, dernière barrière à sa libération. Je commençais à crocheter le bouton de son pantalon quand ses mains se posèrent avec force sur les miennes.

— Arrêtez ! me cria-t-il.

Mon corps se figea, mes mains retombèrent, les bras ballants le long de mon corps et tel un animal sur lequel on venait de crier, je baissai la tête, penaude. Qu’est-ce que j’avais fait ? Pourtant tout avait l’air de bien se passer. Le cœur battant j’attendis ma sentence.

— Levez-vous. Tout de suite ! hurla-t-il.

Rapidement sur mes escarpins, je me levai sans comprendre ce qui se passait et ce que j’avais fait qui justifiait que je ne puisse pas honorer cet ordre. Les larmes commencèrent à couler sur mes joues, accentuant le froid qui me pénétrait les os.

— Montez en voiture, vite ! continua-t-il à aboyer.

Je mourrais d’envie de lever la tête, voir qui m’avait donné cet ordre et qui me l’avait retiré. Mais ma raison ayant pris le dessus, m’évita à ce moment certainement une grosse punition. J’étais ici parce que je le voulais, après tout j’avais donné mon accord il y a plus d’un an de cela, je ne pouvais pas revenir sur cette parole. Bon, je ne savais pas, lorsque j’avais accepté ma condition, que j’en viendrais à être dans la voiture d’un inconnu, mais je devais avoir confiance, il ne pouvait en être autrement, sinon j’aurais renié mon serment. Et ça, il n’en était pas question ! Pas question que tout se termine maintenant, après des mois d’efforts et de concentration pour arriver à ce statut, je ne pouvais pas lâcher prise à ce niveau d’évolution.

« Tu vas y arriver, Mady ! » me dis-je intimement.

Dans l’impossibilité de reculer, je décidai d’avancer et de monter dans cette berline. Je refermai ma veste autour de ma taille et tout en nouant la ceinture qui s’était détachée, je le laissai poser sa main au creux de mes reins pour me pousser vers la porte entrouverte. Je grelottais de tout mon être et la chaleur que la voiture me laissait entrevoir me rassurait. Je m’assis de manière aérienne sur la banquette arrière, ne voulant offusquer ni le siège ni l’homme à côté de moi. Il s’assit à son tour, prenant place du côté droit de la berline et tourna la tête vers moi. Lorsque je le vis, je baissai les yeux et regardai le tapis sous mes pieds qui comportait un petit trou, certainement de cigarette. Je me demandai s’il fumait. Je n’aimais pas l’odeur de cigarette ni les doigts jaunis par la nicotine, et la simple idée qu’il puisse sentir le cendrier froid, me fit frissonner. Je regardais sa main posée sur la banquette, toute proche de ma cuisse quand il la leva pour parler au chauffeur.

— À Kensington, John.

— Bien, Monsieur Austin.

Sa main se reposa sur la banquette et ses doigts se mirent à tapoter le cuir couleur camel.

— Venez ici ! exigea-t-il.

Sans dire un mot je m’approchai de lui, le nez à l’affût de toute odeur de cigarette.

— Madlyne, c’est ça ?

Ne sentant pas l’odeur recherchée, je reportai mon attention sur le trou dans le tapis gris, le cœur battant et la peau tremblotante. Le chauffage de la berline ne m’avait toujours pas réchauffée et comme ma veste était mouillée j’avais du mal à ne pas trembler.

— Eh bien répondez ! Qu’attendez- vous ?

— C’est bien cela Monsieur Austin.

— Qui vous a dit de m’appeler par mon nom de famille ? Je croyais que vous étiez une experte dans votre domaine !

— Pardonnez-moi Monsieur, je ne voulais pas vous offenser.

— Ce n’est pas à ce point mais mon pardon lui n’est pas garanti. Je pourrais accepter ce genre de faute d’une débutante mais pas d’une soumise déjà éduquée.

Mince, ça commençait bien, j’avais déjà fait une bourde. Je ne savais pas comment j’allais rattraper cela mais j’allais devoir trouver le moyen d’effacer cette erreur, en effet de débutante.

— Ceci dit je vois que vous êtes docile, que votre maître vous a inculqué une bonne éducation. Je ne vous tiendrai donc pas rigueur de cette faute d’inattention. On va mettre cela sur le compte de cette nuit froide et humide.

Ouf, j’échappais à une punition dès mon arrivée chez lui. Ce qui, je n’en doute pas, aurait gâché notre première entrevue et vexé au plus haut point mon Maître.

— Merci Monsieur, dis-je la tête toujours baissée.

— Vous savez pourquoi vous êtes ici, n’est-ce pas ?

— Oui Monsieur, enfin je crois.

— Votre maître vous a expliqué ce que vous faites dans ma voiture et ce que j’attends de vous ?

— Je suis là pour vous satisfaire Monsieur. Quels que soient vos ordres.

— Faites-moi penser à le féliciter dès que l’occasion se présentera, je vous prie. Votre politesse est preuve qu’il a bien travaillé avec vous. Nous verrons dans les prochaines heures si l’éducation qu’il vous a donnée est digne de la soumission que j’attends.

Cette fois je ne répondis pas, je fixais le paysage qui défilait devant ma fenêtre. Les rues étaient calmes en ce mois de novembre et seules les lumières se reflétaient dans les gouttes d’eau et les flaques qui ornaient les pourtours de la rue. On longeait Hyde Park. Un concert de jazz avait lieu et des centaines de personnes, malgré le froid s’étaient rassemblées pour se réchauffer le cœur certainement. Le jazz avait cet effet de revivifier les neurones qui ne pouvait que faire du bien en cette soirée glaciale.

 

Depuis septembre il faisait froid, comme si l’été avait été chassé et que l’hiver avait balayé l’automne pour s’installer de plein gré et prendre les pleins pouvoirs. Des mois que cela durait et à mon avis ça ne s’arrêterait pas de sitôt. Lorsqu’on arriva à Kensington Gardens tout était plus calme. Presque trop calme, le changement était brutal et cela me laissait le sentiment de voyager vers l’inconnu. À cet instant Monsieur Austin posa sa main sur moi, en prenant soin de lever ma veste pour s’installer au beau milieu de ma cuisse. Malgré la chaleur de sa main je sursautai à cet assaut que je perçus comme une intrusion. Ma peau se tendit d’un coup et la chair de poule se manifesta sur toute ma jambe. Il le remarqua, bien sûr, et sourit à ma réaction épidermique. J’essayai de garder une respiration la plus calme possible mais cette situation était assez incongrue et je ne savais pas si je serai à la hauteur de ses exigences. Mon Maître ne m’en avait pas parlé. Il était juste établi que l’ami d’un bon contact avait fait une demande expresse pour qu’il mette à disposition sa soumise, s’il le voulait bien sûr. En bon protecteur, il lui avait posé beaucoup de questions, toutes avaient obtenu une réponse favorable selon lui. C’était un homme exigeant qui ne prêtait ses affaires qu’à de bons amis et encore il fallait montrer patte blanche. Il m’avait convoquée quelques heures plus tôt pour me dire que je devais servir un ami de confession et que je devais lui faire honneur. Une liste de questions attendait mes réponses, comme lorsqu’il voulait me faire découvrir une pratique particulière. Il prenait toujours le temps de sonder l’environnement et la personne qui serait en contact avec moi avant de me demander mon avis. Je l’avais toujours remercié pour cela, bien que j’eus choisi de lui dévouer ma vie et par conséquent j’acceptais toujours, mais là, c’était nouveau :

— Madlyne, ma Madlyne, veux-tu me faire honneur auprès de Maître Austin ?

— Bien sûr Maître, lui avais-je répondu sans prendre le temps de me questionner.

— Parfait ma belle, je savais que tu étais docile et je sais aussi que tu vas honorer ses ordres en faisant comme si c’était les miens.

— Oui Maître.

— N’aie crainte, il ne se passera rien de dangereux ni rien que tu ne veuilles. Il est déjà au courant de ce que tu n’acceptes pas, enfin pour le moment, me dit-il avec un clin d’œil. De plus, tu devras me téléphoner une fois par jour, à l’heure de ta convenance. Si une seule fois tu oublies ou ne le fais pas, je viendrai te chercher dans la minute qui suit, tu m’entends ? insista-t-il.

Il avait pris mes joues entre ses mains et m’avait couronnée d’un long et langoureux baiser, où nos langues s’étaient entremêlées. Je l’aimais tellement. Pas seulement parce que c’était mon Maître, mais parce qu’il était l’homme qu’il me fallait. Il était doux et attentionné, il était fort et puissant et surtout il savait tout de moi. Il savait ce que j’aimais et ce que j’aimerais sans même que je le sache. C’était un Dieu pour moi et je ne pouvais rien lui refuser et ça, il le savait. Quand bien même il connaissait ma docilité à son égard, il n’avait jamais abusé de moi, il était toujours courtois et respectueux de mes rythmes. Par conséquent, j’étais persuadé qu’il ne m’aurait pas envoyée n’importe où ni dans les bras de n’importe qui. Depuis quand lui avait-on fait cette demande ? Je n’en avais aucune idée. Mais le connaissant, peut-être que cela datait de plusieurs mois et qu’il avait attendu d’avoir pris toutes les précautions avant de m’en parler, pour qu’enfin j’accepte. S’il avait confiance en Lui alors je devais me sentir en confiance.

— Votre contrat prend effet à partir d’aujourd’hui Madlyne, m’expliqua Maître Austin, ce qui me fit revenir dans le présent. Et prendra fin dans un mois. Vous aurez un appel par jour à donner à votre Maître, pour le rassurer, ce que vous ferez je n’en doute pas. Vous le passerez quand je vous en donnerai l’ordre. Le reste du temps vous serez à ma disposition. Dans un mois au jour et à l’heure de votre arrivée dans mon appartement, je vous ramènerai moi-même sur Baker Street, là où le chauffeur de votre Maître vous a déposée ce soir. Avez-vous des objections Madlyne ?

— Aucune Monsieur.

— Très bien.

Mon accord étant donné plus tôt, je n’avais rien de plus à dire, et certainement rien à demander. Je ferai ce pour quoi j’étais mandatée et le ferai avec honneur pour mon Maître.

— J’attends de vous, chère Madlyne, le plus grand respect, l’obéissance bien sûr et l’enthousiasme. Vous servirez mes hôtes comme vous me servirez, avec tout le respect qu’ils méritent. En êtes-vous capable ?

— Bien sûr Monsieur.

— Vous m’en voyez ravi, me dit-il en me tapotant la cuisse, comme on tapote le ventre d’un animal docile.

Servir ses hôtes ? Ce n’était pas prévu ! Je devrai en parler à mon Maître dès mon arrivée, surtout dès que j’aurais l’autorisation de l’appeler. À aucun moment il n’était prévu que j’accepte les ordres de plusieurs personnes. De plus, si mon Maître le savait il me l’aurait tout de même dit  ?! En voyant les noms de rues s’égrener à travers la vitre mouillée, je pensais à Lui. Le fait de le savoir loin de moi me levait le cœur...

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