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Dia Linn - III - Le Livre de Wyatt (Díoltas)

De
238 pages
À l'aube de la guerre de Sécession, Wyatt décide d'aller récupérer la mine d'or volée par Liam. Le frère d'Eileen est également bien décidé à honorer la díoltas celte, et à venger le meurtre de sa sœur…
Il s'engage alors sur les pistes de l'Ouest, celles des trappeurs, des Indiens et des hors-la-loi, rejoignant un convoi de pionniers à destination du Colorado.
Avec son ami Edmond, le vieux marin qui s’est institué son protecteur, et sa femme Kinta, la belle Indienne choctaw, il pénètre dans les grandes plaines sauvages.
Wyatt y croise d’étranges personnages, y lie de nouvelles et puissantes amitiés, jusqu’aux mines d’or de Pikes Peak où, dit-on, il suffit de se baisser pour devenir millionnaire.
Lorsque le convoi des pionniers atteint le territoire du Colorado, c’est plutôt la violence, l’avidité et la colère des Cheyennes qu’ils y trouvent ! Mais aussi l’or, la fortune pour laquelle Eileen a été tuée sur les rives du Mississippi.
Le village de Dearfield sera le théâtre des retrouvailles de Wyatt et de son frère adoptif, Liam. Des retrouvailles qui ne pourront s'achever que dans le sang…
Díoltas – vengeance en gaélique – est donc le Livre de Wyatt, le troisième tome de la saga "Dia Linn". Lorsque les Colts répondent aux poignards, avant que les États-Unis s'enfoncent dans la guerre la plus sanglante de leur histoire…
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DIA LINN
3 : LE LIVRE DE WYATT
Díoltas
Marie-Pierre BARDOU
© Éditions Hélène Jacob, 2014. CollectionLittérature. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-156-2
Résumé des tomes précédents
Irlande, décembre 1847. Eileen O’Callaghan et son jeune frère Wyatt sont presque les seuls survivants de leur clan. La Grande Famine a tué la mère, Barbra, le père, Padaig, et quasiment toute la fratrie. Le frère aîné, Aïdan, et son frère de lait Liam se sont révoltés contre la domination anglaise : Aïdan a été exilé en Australie et Liam s’est enfui à Dublin pour rejoindre les Jeunes Irlandais et fomenter la révolution. Le jeune homme, qui a repris le nom de sa mère, O’Brien, abandonne ainsi la jeune Eileen après une unique nuit ensemble. Eileen et Wyatt laissent derrière eux un secret de famille qui est resté sans explications : un ancien litige opposait Padaig à sa belle-mère, Brigid, persuadée qu’il était coupable de la mort de sa fille. Padaig avait en effet été accusé d’être responsable, dans leur jeunesse, de la mort de son frère jumeau, Connor. Brigid, la mère de Barbra et également femme de tête aux pouvoirs de sorcière, révélera l’histoire à Eileen qui a hérité de ses dons : rêves prémonitoires, intuition surdéveloppée, capacités à lire dans le cœur des hommes… À la mort du père de Connor et de Padaig, leur mère a pris le voile et a légué leur fortune à leur dernier fils. Padaig a enterré le magot qui aurait pu sauver sa famille, les condamnant inexorablement : Wyatt découvre l’argent après la mort de leur père, mais Roisin, la fiancée d’Aïdan qui porte son enfant, disparaît avec leur fortune. Eileen et Wyatt s’enfuient donc à bord duMorning Drew, un clipper à destination de New York. À bord, Wyatt fait la connaissance d’Edmond, un marin français qui devient vite un ami très utile, s’instituant mentor et protecteur du jeune Irlandais. Eileen a également un champion, pour le moment peu efficace : un chiot, cadeau de Finbar le gomaleau, et rejeton d’un des derniers irish wolfhound, les chiens-loups irlandais qui ont presque disparu des terres d’Erin. En grandissant, Fian deviendra un gardien précieux. Dérouté, leMorning Drewune terrible tempête, et les survivants ne doivent leur essuie salut qu’à l’intervention d’un navire négrier où Désirée de Rocheclaire prend les deux jeunes Irlandais sous son aile. Cette belle Créole, héritière d’une puissante famille, les chaperonne à leur arrivée à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Une nouvelle vie commence pour nos rescapés… Tandis que Wyatt devient pilote à bord des steamers sillonnant le Mississippi, Eileen
conclut un pacte avec leur protectrice : enceinte de Liam, elle confie ses jumeaux à Désirée qui ne peut avoir d’enfants et recherche des héritiers. Neal et Neve seront donc les enfants adoptifs des Rocheclaire et hériteront de l’Éléonore, la grande plantation familiale. Eileen devient la maîtresse d’un tricheur notoire, Jonathan Padding, et tous deux écument les steamboats dans des parties de poker aussi dangereuses qu’excitantes, où les dons particuliers d’Eileen constituent de précieux atouts. Mais elle apprend que Liam est lui aussi aux États-Unis, parti en quête des Irlandais exilés pour les convaincre de rejoindre la toute nouvelle Fraternité feniane. Eileen se met à la recherche de son amour perdu… Elle le trouvera, sans savoir que cela causera sa perte. Lors d’une partie de poker au cours de laquelle un certain Brian Turner met en jeu sa mine d’or, Jonathan est pris en flagrant délit de triche par Liam et abattu sur-le-champ. Eileen gagne la partie, et l’acte de possession de la mine, mais Liam la tue en cherchant à le lui voler. Le livre d’Eileen s’achève ainsi, en août 1859, sur les rives boueuses du Mississippi, avec la mort d’une jeune Irlandaise qui n’avait pas su écouter ses visions… Et s’ouvre maintenant le livre de Wyatt.
« Come from Alabama With my banjo on my knee, I'm going to Louisiana, My true love for to see. Je viens de l’Alabama Mon banjo est avec moi Je vais en Louisiane Mon amour je vais revoir. Oh, Susanna, Oh don't you cry for me, For I come from Alabama, With my banjo on my knee. Oh, Susanna, Oh ne pleure pas pour moi, Car je viens de l’Alabama Mon banjo est sur mon genou. It rained all night The day I left The weather it was dry The sun so hot, I froze to death Susanna, don't you cry. Oh, Susanna… Il a plu la nuit
Préface
Quand je m’en allais.
Le temps est sec là-bas, Le soleil si chaud, Je m’y suis gelé. Susanna, ne pleure pas. Oh, Susanna… I had a dream the other night, When everything was still, I thought I saw Susanna, A coming down the hill. Oh, Susanna… J’ai fait un rêve l’autre nuit Quand tout était tranquille J’ai cru voir ma Susanna, Qui descendait la colline. Oh, Susanna… The buckwheat cake, Was in her mouth, The tear was In her eye, Says I, I’m coming from the south, Susanna, don't you cry. Oh, Susanna… La larme à l’œil Et à la bouche Le gâteau de blé noir Je lui ai dit “Je viens du sud Susanna ne pleure pas”. I Oh, Susanna…»
Personnages
Prologue
La main était plutôt minable. Cyan regardait ses cartes sans vraiment les voir. Un deux de trèfle, un valet de cœur, un cinq de carreau. Sur la table, une dame de pique et un trois de même couleur. Autrement dit, pas de quoi miser. Elle misa quand même, relançant d’une voix tranquille après l’annonce de son adversaire. Ils n’étaient plus que deux assis autour de la table. Les sept autres joueurs avaient sauté l’un après l’autre, s’accrochant désespérément à leur jeu quitte à y laisser toute leur cave. Elle savait qu’elle était l’attraction de la salle, et que sa seule présence électrisait ces joueurs pour la plupart médiocres. Ils pourraient raconter ensuite qu’ils avaient affronté Cyanure… Quelle gloire ! Celui qui lui faisait face était bon. Du moins, il possédait un véritable talent de mathématicien, capable de donner les probabilités en temps réel et d’évaluer ses possibilités de gain avec une précision de machine. Pour le reste, il était minable. Aucun panache, aucune prise de risque, un visage qui trahissait ses mains presque à coup sûr… et, surtout, cette faille propre aux perdants, soit l’incapacité totale à gérer les tilts. Elle sentait le regard de l’homme sur elle tandis qu’il réfléchissait, pour décider quelle attitude adopter après sa relance. Cyan en était sûre : il savait qu’elle avait une mauvaise main. Il essayait juste de comprendre pourquoi elle ne s’était pas couchée en sauvant le monticule avantageux de jetons qui s’amoncelaient à son niveau, sur le tapis. Quel nul. Elle releva la tête, plantant ses yeux verts dans ceux, sombres et interrogatifs, du petit homme noir qui lui faisait face à l’autre bout de la table. Il semblait à la torture. Elle bluffait, il en était convaincu, mais jusqu’où irait-elle ? Elle ne pouvait pas risquer tous ses gains avec la main misérable qu’il savait qu’elle avait. C’était pourtant ce qu’elle avait décidé de faire. Perdre, puis regagner point par point tout ce qu’elle avait laissé à son adversaire. N’avait-il pas encore compris ? Pour gagner, le plus important est de savoir perdre. Mais non, bien sûr qu’il ne le savait pas. Se mettre en danger était le seul moyen, pour elle, de ne pas mourir d’ennui. Autour d’eux, le monde n’existait pas. La salle feutrée, reconstitution minutieuse d’un club
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e anglais du XXI siècle, était pourtant encombrée d’une petite foule de joueurs et d’observateurs, la plupart habillés avec recherche, un verre à la main. Les murs en lambris, le beau parquet ciré décoré de tapis persans hors de prix, les lumières douces… Ces lumières trouvaient parfois un diamant sur lequel ricocher, au cou d’une femme, ou une chevalière en or sur laquelle se mirer. Les murmures, les bruits de pas étouffés par les tapis, les mouvements discrets de ceux qui ne quittaient pas du regard les derniers joueurs en lice ne la troublaient pas : il y avait longtemps qu’elle avait appris à compartimenter son esprit et ses pensées, à les canaliser dans un seul faisceau. Mais là, elle s’ennuyait profondément… L’homme à la peau sombre finit par relancer, sûr de sa main et du coup de bluff de son adversaire. Elle pouvait presque sentir son tremblement intérieur, sa certitude mêlée de doute et d’exaspération. La river lui donna un as de cœur. Elle sourit. Au moment où elle allait annoncer son tapis – et perdre, très probablement –, la carte qu’elle venait de recevoir se troubla sous ses yeux incrédules. La figure rouge se transforma lentement, remplacée par le visage de son frère. Cyan ferma les yeux. Connor marchait dans
des allées alourdies de pluie et balayées par un vent glacé. Elle reconnut sans effort les rues de Dublin, des ruelles nocturnes où son frère s’enfonçait presque en courant, affolé, perdu, pourchassé. Une ombre était à ses trousses, qu’elle ne parvenait pas à distinguer. Homme, ou femme ? Grande, mince, la silhouette en pardessus se rapprochait dangereusement de Connor et elle vit luire dans sa main la lame d’un poignard. Cyan se leva d’un bond, renversant ses cartes, sa pile de jetons, sa chaise. Sans même entendre les protestations furieuses du croupier, de son adversaire et des spectateurs, elle courut vers la porte de sortie, un sentiment d’urgence lui broyant la poitrine. La nuit de Londres happa la fine silhouette vêtue de cuir et l’engloutit avec voracité.
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Chapitre 1
« Mon cœur est rempli de joie quand je vous vois ici, comme les ruisseaux qui se gonflent d’eau quand la neige fond au printemps ; et je suis aussi content que les poneys quand l’herbe fraîche apparaît au début de l’année… Jamais mon peuple n’a, le premier, lâché une flèche ou tiré au pistolet sur les Blancs. Il y a eu des accrochages sur la ligne qui nous sépare, mes jeunes guerriers ont dansé la danse de la guerre. Mais nous ne l’avons pas commencée. C’est vous qui avez envoyé le premier soldat et nous avons envoyé le second. Il y a deux ans, j’arrivais par cette route, sur la piste du bison, afin que mes femmes et mes enfants eussent les joues rondes et le corps chaud. Mais les soldats ont tiré sur nous, et depuis ce temps, il y a eu un bruit comme celui de l’orage, et nous n’avons su quel chemin prendre… Nous n’avons pas davantage été faits pour pleurer une fois seuls. Les soldats habillés de bleus et les Utes sortirent de la nuit alors noire et paisible et firent des feux de camp de nos huttes. En guise de gibier, ils massacrèrent mes braves, et les guerriers de la tribu coupèrent leurs cheveux pour les morts. Cela se passait au Texas. Ils firent entrer la tristesse dans nos camps et nous les avons poursuivis comme attaquent les bisons mâles pour protéger leurs femelles. Nous les avons trouvés, nous les avons tués et leurs scalps pendent dans nos huttes. Les Comanches ne sont pas faibles et aveugles comme des chiots de sept jours. Ils sont forts et ont la vue longue comme des chevaux adultes. Ils ont pris leur route et l’ont suivie. Les femmes blanches ont pleuré et nos femmes ont ri. Mais il y a des choses que vous m’avez dites et que je n’aime pas. Elles ne sont pas douces comme le sucre, mais amères comme la courge. Vous dites que vous voulez nous mettre dans une réserve, nous construire des maisons et des postes médicaux. Je n’en veux pas. Je suis né dans la prairie où le vent soufflait librement et il n’y avait rien pour briser la lumière du soleil. Je suis né là où il n’y avait pas de clôture, où tout respirait librement. Je veux mourir là-bas et non entre des murs. Je connais chaque ruisseau et chaque bois entre le Rio Grande et l’Arkansas, j’ai chassé et vécu dans ce pays. J’ai vécu comme mes pères avant moi, et, comme eux, j’ai vécu heureux. Quand j’étais à Washington, le Père Vénérable m’a dit que toute la terre des Comanches était nôtre et que personne ne nous empêcherait d’y vivre. Alors, pourquoi nous demandez-
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