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Dia Linn - VI - Le Livre de Maav (Go maidin)

De
266 pages
Trente années ont passé depuis la mort du sulfureux Ryann O’Callaghan.
Les États-Unis vivent une embellie économique sans précédent et oublient les horreurs de la dernière Guerre mondiale en découvrant la société de consommation et les gadgets domestiques ; les femmes raccourcissent leurs jupes et osent – parfois – fumer en public…
Nous sommes en 1950. L’arrière-petite-fille d’Aïdan quitte son Australie natale pour chercher fortune en Amérique.
Voici le livre de Maav, qui, comme son ancêtre Eileen, découvrira dans le poker un moyen étonnant de reconquérir enfin la fortune des O’Callaghan.
Mais mettra-t-elle pour autant un terme à la díoltas, la vengeance qui anime le clan familial envers les O’Brien et les descendants de Liam ? Rien n’est moins sûr…
Du bush australien au clinquant factice de Las Vegas, en passant par la Louisiane et le Sud profond où s’embourbent les rêves de fortune, des années 50 à l’assassinat de Kennedy, des premières luttes pour les droits civiques à l’engouement pour le nucléaire et la terreur du communisme… Maav va croiser d’étranges et dangereux personnages.
Elle tombera amoureuse, elle sera manipulée, utilisée comme un pion sur un grand échiquier ; mais ses ennemis oublieront peut-être que la jolie blonde a de la ressource.
Après tout, le sang des O’Callaghan coule dans ses veines…
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DIA LINN
6 : LE LIVRE DE MAAV
Go maidin
Marie-Pierre BARDOU
© Éditions Hélène Jacob, 2015. CollectionLittérature. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-381-8
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Résumé des tomes précédents
Tome I: Irlande, 1848. La Grande Famine pousse Eileen et Wyatt O’Callaghanà fuir leur pays. Ils laissent derrière eux leur frère aîné Aïdan, exilé en Australie pour s’être révolté contre les Anglais, et Liam O’Brien, leur frère de lait, qui a rejoint le parti révolutionnaire. Eileen est enceinte de Liam et elle a hérité des dons occultes des femmes de sa famille. Tome II: Louisiane, 1848-1859. Désirée de Rocheclaire adopte les jumeauxd’Eileen, Neal et Neve, qui seront les héritiers de cette puissante famille créole. Eileen retrouve Liam, parti en quête des Irlandais exilés pour créer la fraternité feniane. Lors d’une partie de poker, Eileen gagne une mine d’or: Liam la tue pour la lui voler. Tome III: Louisiane, Colorado, 1859-1861. Wyatt retrouve Liam pour venger sa sœur. Maisc’est Aïdan, revenu de son exil, qui commet l’irréparable: il tue la petite Aisling, la fille de Liam. Wyatt s’enfonce dans le Nord sauvage, à la recherche de ses enfants qu’il a confiés àdes amis, laissant derrière lui son livre et son testament. À charge pour les descendants des O’Callaghande veiller à ce que Liam n’aitpas de descendance et ne puisse jamais récupérer la mine de Dearfield. Tome IV: États-Unis, Irlande, Australie, 1861-1877. Pendant la guerre de Sécession, Neal meurt au combat avec Aïdan à Gettysburg. Neve épouse James Lyons après la guerre et Wyatt disparaît dans les montagnes du Montana, après avoir sauvé son fils Aindreas à la bataille de Little Big Horn. Liam, interné après le meurtre de sa fille, récupère la mine de Dearfield et enlève Ryann, le fils unique de Neve et de James. Tome V: Chicago, Irlande, Louisiane, 1920-1921. Élevé comme un orphelin par Liam, ignorant tout de son passé, Ryann est devenu un chef de gang, un tueur. Il croise la route de son cousin Teagan, ancien membre de l’I.R.A.qui fuit l’Irlande et laguerre civile. Ils retrouvent tous deux leurs racines lorsque Quinn, le fils de Philip et de Keelin, les ramène en Louisiane. Neve a juste le temps de revoir son fils avant de mourir. La vérité éclate sur le rôle de Liam : Ryann revient à Chicago pour se venger, mais il est terrassé par une crise cardiaque et Liam meurt sous la lame d’un assassin inconnu.Des deux fils de Liam, l’aîné, Eranann,disparaît ; et Sloan, le cadet, sauve son héritage grâce à ses relations avec la mafia. Il quitte Chicago, fuyant la justice et la vengeance des O’Callaghan.
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Préface
« How many roads must a man walk down Before you call him a man ? Yes, 'n' how many seas must a white dove sail Before she sleeps in the sand ? Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly Before they're forever banned ? The answer, my friend, is blowin' in the wind, The answer is blowin' in the wind. Combien de routes un homme doit-il parcourir Avant que vous ne lappeliez un homme ? Oui, et combien de mers la colombe doit-elle traverser Avant de sendormir sur le sable ? Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant dêtre interdits pour toujours ? La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent, La réponse est soufflée dans le vent. How many years can a mountain exist Before it's washed to the sea ? Yes, 'n' how many years can some people exist Before they're allowed to be free ? Yes, 'n' how many times can a man turn his head, Pretending he just doesn't see ? The answer, my friend, is blowin' in the wind, The answer is blowin' in the wind. Combien dannées une montagne peut-elle exister Avant dêtre engloutie par la mer ?
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Oui, et combien dannées doivent exister certains peuples Avant quil leur soit permis dêtre libres ? Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête En prétendant quil ne voit rien ? La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent, La réponse est soufflée dans le vent. How many times must a man look up Before he can see the sky ? Yes, 'n' how many ears must one man have Before he can hear people cry ? Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows That too many people have died ? The answer, my friend, is blowin' in the wind, The answer is blowin' in the wind. Combien de fois un homme doit-il regarder en lair Avant de voir le ciel ? Oui, et combien doreilles doit avoir un seul homme Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ? Oui, et combien faut-il de morts pour quil comprenne Que beaucoup trop de gens sont morts ? La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent, I La réponse est soufflée dans le vent.»
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Personnages
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Prologue
Cyan entra dans la pièce et resta sur le seuil, attendant que ses yeux s’accommodent à l’obscurité. Elle distinguait la couchette au fond de la chambre, et la forme immobile qui y reposait sous la légère couverture. Elle hésita. Puis se décida à franchir le seuil. Ses doigts effleurèrent le bouton de contrôle juste à côté de la porte et le monde extérieur pénétra progressivement dans la pièce. Le bruit, d’abord: le vent qui glissait dans les branches des platanes et tenait sa note mélancolique ; un chien qui aboyait dans la rue, en contrebas ; le sifflement aigu, à peine perceptible, d’une navette glissant sur ses coussins d’air en filant à travers la ville déposer ses passagers à leur travail. La lumière, ensuite : lentement, les grandes fenêtres s’éclaircissaient, laissant filtrer les rayons pâles teintés d’orage et des pluies à venir. Peu à peu, la chambre révélait ses maigres secrets, son décor austère et minimaliste. La couchette encastrée dans le mur, déployée pour l’occasion juste au-dessus du plancher en bétonles pigments d’un vert pâle du béton de terre, qui captaient la lumière et conservaient une température constante. Les murs végétalisés, accueillant le lierre et les plantes vertes quirégénéraient l’atmosphère. Pas de meubles, ni tapis, ni tableaux. Presque une chambre d’hôtel –un hôtel haut de gamme et totalement impersonnel. Cyan avait bien tenté, à plusieurs reprises, de pousser son frère à apporter quelques touches individuelles àcette chambre qui était la sienne lorsqu’il logeait chez sa sœur, mais il ne semblait pas y attacher d’importance. Sans doute ne se sentait-il pas chez lui, ici. Où se sentait-il chez lui ? Pas au Centre ;il n’avait pas davantage personnalisé les appartements qui lui y étaient attribués. À Dublin, peut-être, dans la vieille maison familiale qu’ils avaient quittée une semaine plus tôt, en secret, après la crise de Connor.Cyan s’avança dans la chambre maintenant baignée de lumière grise. Ses pieds nus glissaient sur le sol tiède, le béton doux comme un tapis de laine. Elle s’approcha de la forme allongée, toujours immobile, qui lui tournait le dos et elles’assit doucement tout au bord du lit, près de la tête brune de son frère. Enfoui sous les draps, Connor semblait ne pas vouloir émerger de son sommeil. Quelques mèches sombress’échappaient de la mince couverture, elle les caressa en murmurant : Connor…Pour seule réponse, son jumeau rabattit la couverture sur sa tête.
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Connor, réveille-toi ! Tu dors depuis trois jours, il faut que tu te lèves. Il se tourna vers elled’un coup de reins, rejetantbrutalement les draps. Pourquoi? кa ne me vaut rien, d’être réveillé.Les yeux verts de Connor, si semblables aux siens à part les deux pupilles, oblongues commecelles d’un chat –étaient grands ouverts et fixés sur elle. Cyan y chercha en vain une lueur d’intérêt, de désir. Le désir de n’importe quoi: manger, se quereller, sortir, se bourrer la gueule, peu importait! Mais il n’y avait que de la lassitude.
Elle soupira. Écoute, tu ne peux pas rester comme ça. Le Fiagaí va te retrouver, les Brehons ne vont pas apprécier qu’on ait quitté Dublin sans leur accord.Et alors? Ils me ramèneront au Centre, c’est tout. Et je m’échapperai à nouveau.Mais que cherches-tu ? Qui cherches-tu ? Il haussa les épaules sous la couverture et lui tourna à nouveau le dos. Je te l’ai dit. Je cherche Diarmaid.Tu ne sais mêmepas qui c’est! Tu ne sais pas où il est, qui il est, et tu sais encore moins pourquoi tu le cherches ! Je le saurai quand je le retrouverai. Cyan hésita. Sur une impulsion, elle avait pris la décision d’emmener son frère loin de Dublin, du Centre, de ce mystérieux Diarmaid dont il lui rebattait les oreilles. Connor venait de vivre une terrible épreuve. De plus, la crise de son frère,lorsqu’ils avaient jouéau poker dans leur vieille maison familiale, avait été encore pire que la précédente. Chaque fois qu’ils jouaient ensemble, cela finissait en drame. Tenir des cartes en main semblait ôter à Connor tout le contrôlequ’il avait sur ses capacités si spéciales : ses visions l’envahissaient littéralement, il était d’un seul coup happé par desflashesd’une incroyable puissance, des images si réelles pour lui qu’il en hurlait de peur –des images de batailles, de cadavres empilés dans la boue et portant les uniformes des armées ennemies durant la guerre de Sécession, des types masqués de cagoules blanches qui lynchaient des Noirs et les pendaient aux branches des arbres, des hommes en costume des années1920 torturant des inconnus… une vieille plantation du sud des États-Unis, les plaines de l’Ouest américain, dessteamboatsantiques crachant leurs fumées noires sur le Mississippi… Connor ployait sous la force de ces visions, de ces personnages inconnus qui envahissaient son cerveau avec leur violence, leur haine, leurs désirs sombres et âpres. Cette fois-ci, son frère en était sorti presque en état catatonique. Et puis, il y avait eu AuraCyan avait alors pris la décision de l’emmener loin de ceux qui voulaient le contrôler, exploiter
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ses dons. Loin de celui qu’il cherchait, aussi.Mais elle comprenait que c’était peut-être une erreur, finalement. Connor avait besoin d’aide. L’éloigner de sa proie ne calmerait pas ses visions, bien au contraire. Et elle était la seule à pouvoir le faire, la seule à pouvoir lui apporter un soutien totalement désintéressé. Je vais t’aider, Connor. Je vais t’aider à trouver Diarmaid.Connor se tourna à nouveau vers elle, se redressant sur sa couchette. Le torse creux, les épaules maigres de son frère lui firent prendre conscience de la fragilitéphysique, mentalede son étrange et précieux jumeau, de son double douloureux. Elle se pencha et le prit dans ses bras, le serrant contre elle de toutes ses forces, fermant les yeux sous la puissance de la tendresse qu’elle ressentait pour lui.C’est vrai? chuchota-t-il dans ses cheveux. Oui. On va retourner à Dublin. Il est temps d’ouvrir les Livres.
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EXILS : 1948-1950
Un pour Un
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