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Manuel d'histoire du Rwanda ancien

De
636 pages
Avec cet ouvrage, on a la preuve qu'il existe au Rwanda, depuis le 15ème siècle, une spirale de la violence rwandaise. Amplifiée par la Monarchie absolue Tutsi et l'asservissement des Hutu pendant quatre siècles par la Noblesse séculaire Tutsi rwandaise et ses alliés traditionnels négriers Arabes, puis la colonisation allemande, puis belge, puis la tyrannie militaire sanguinaire mené par Juvénal Habyalimana et Kagame, la reconnaissance de l'histoire du Rwanda du Rawanda est nécessaire pour désactiver tous les anciens centres de violence.
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MANUEL D’HISTOIREDURWANDA ANCIEN
Selonle Modèle Mgr Alexis KAGAMEBONAVENTURE.K.MUREME
MANUELD’HISTOIREDURWANDAANCIEN
Selon leModèleMgrAlexisKAGAMEAux aïeuls et aux beaux-aïeuls ,
(Abakurambere) ,
Aux frères,aux Sœurs,aux amis et aux copains ,
(Abavandimwe, abakunzin’inshuti) ,
Au Peuple rwandais, je dédie cetouvrage .
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanado.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-10431-0
EAN: 9782296104310« Nous adressons un appel angoisséà tousnos chrétiens et catéchumènes, à tousles
hommes de bonne volontéetplusparticulièrement à tous ceux quiont desresponsabilités
politiques: autorités en charge etleaders politiques afin qu’ilsoitmis radicalement fin àces
désordres etque soient cherchées dans un dialogue sincèreet efficace les solutionsjustes et
pacifiques aux conflits qui divisent les Banyarwanda. De tellessolutions ne pourront être
trouvéesquedans un climat sain,fait de tolérance et de respect mutuels,excluant
absolument les campagnes de faux bruits,d’intimidations réciproques,de mensonges et de
délations, stigmatisant lahaine, les volontés de vengeance et de représailles » .
Mgr André PERRAUDIN, Vicaireapostoliquede Kabgayi,à Kabgayi, le 14 mars
1960 .Collection Etudes Africaines
Dirigée par Denis Pryen et François Manga AkoaTABLEDES MATIERES
INTRODUCTIONGENERALE------------------------------------------------------------------11
Ière PARTIE: LESGENERALITES-----------------------------------------------------------27
TABLEAUSYNOPTIQUE DESMODELESD’HISTOIRE DU RWANDA----------------28
CARACTERISTIQUESPRINCIPALES-----------------------------------------------------------33
DESCRIPTIONDES PRINCIPAUX MODELESD’HISTOIRE DU RWANDA-----------40
TRAVAILPRATIQUE N°1 :-----------------------------------------------------------------------84
IIème PARTIE: APERCU GENERALSUR LE RWANDA ANCIEN-------------------85
LESSOURCESDEL’HISTOIRE DU RWANDA ANCIEN-----------------------------------85
LE PEUPLEMENTDURWANDA---------------------------------------------------------------113
REJETDES CRITIQUESINJUSTIFIEES-------------------------------------------------------133
CONCLUSION---------------------------------------------------------------------------------------138
TRAVAILPRATIQUE N°2 :-----------------------------------------------------------------------141
IIIème PARTIE: LA PREMIERE DYNASTIETUTSI------------------------------------143
INTRODUCTION------------------------------------------------------------------------------------143
LE POINTD’ORIGINE-----------------------------------------------------------------------------143
GIHANGAINGOMIJANA------------------------------------------------------------------------145
7LESROISDELACEINTURE--------------------------------------------------------------------155
LE REGNEDUROI RUGANZUIBWIMBA--------------------------------------------------163
LE REGNEDUROI CYILIMAIRUGWE------------------------------------------------------167
LE REGNEDUMWAMI KIGELI IMUKOBANYA------------------------------------------178
LE REGNEDUMWAMI MIBAMBWE ISEKARONGOROI…………………………183
LE REGNEDUMWAMI YUHIIIGAHIMA……………………………………………204
LE REGNEDUMWAMI NDAHIRO II BAMARA……………………………………..211
LE REGNEDUMWAMI NSOROIIBYINSHI…………………………………………224
CONCLUSION SURL’HISTOIRE DE LA 1ère DYNASTIETUTSI…………………..236
IVème PARTIE: LA IIème DYNASTIETUTSI (1er CYCLE)………………………239
LE REGNEDUCONQUERANT RUGANZU II NDOLI………………………………..239
LE REGNEDUMWAMI MUTARAISEMUGESHI…………………………………...272
LE REGNEDUMWAMI KIGELI II NYAMUHESHERA……………………………...296
LE REGNEDUMWAMI MIBAMBWE II SEKARONGORO II GISANURA…………303
LE REGNEDUMWAMI YUHIIII MAZIMHAKA……………………………………..309
Vème PARTIE: IIème DYNASTIETUTSI (2ème CYCLE)………………………….327
LE REGNEDUMWAMI CYILIMA II RUJUGIRA…………………………………….327
LE REGNEDUMWAMI KIGELI III NDABARASA ALIASGITUKWANDIRA…….365
LE REGNEDUMWAMI MIBAMBWE III………..…………………………….............384
LE REGNEDUMWAMI YUHIIVGAHINDIRO ALIASMUTANGATIRO…………397
8VI ème PARTIE: LA IIème DYNASTIETUTSI (3ème CYCLE)…………………...429
I/LE REGNE DU MWAMIMUTARAIIRWOGERA ALIASINYARUBUGA……….429
II/LE REGNE DU MWAMIKIGELI IV RWABUGILI………………………………….458
VIIème PARTIE: LA REVOLUTION DE PALAIS DE RUCUNSHU……………...559
CONCLUSION…………………………………………………………………………...583
POSTFACE………………………………………………………………………………601
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………………………………633
9INTRODUCTION GENERALE
Honneurs, louanges et gloireà notre Seigneur IMANA qui abien voulu accorder à
l’homme lebonheur d’avoir conscience de lui-mêmeet de son environnement ,
d’étudier et d’essayer tant bien que mal d’apprendreà d’autres ce qu’il aappris .
C’est un devoirpour notregénération de laisser aux générations rwandaises
suivantes voire même futures les enseignements d’Histoiredu Rwanda que nous
avonsreçus des générationsprécédentes. On y ajoute ce qui doit êtreajouté. Le
présentouvrageconsisteà écrire l’Histoiredu Rwanda le plus objectivement
possible et de la manière la plus complète possible. Il a pour idée directrice de
présenter‘’une histoire vued’en bas’’. L’objectifdu présent Manuel consistedans
l’Analyse historique de la Spirale de la violence rwandaise. Il sebase sur des
récits objectifs empruntés en grande partieaux meilleurs historiens rwandais .Est-ce
que oui ou nonil existe une Spirale de la violenceau Rwanda? Sioui ,
découlerait-il de làdefracturessociales importantes? Est-ce que les partis
politiquesrwandais les reflètent? Quelprojet de société conviendrait-il le
mieux pour le Rwanda ? Comme l’objectivité est une asymptote qu’il est
impossible d’atteindre tant que nous sommes des êtres en chair et enos, il est
impérieux d’y tendreen essayant de réduireau strictminimum l’écart entre la
Véritéetl’Histoiredu Rwanda, des Rwandais (=U-Rwanda rw’Abanyarwanda). On
devrait donc n’affirmer que ce à propos de quoi,après investigations et
vérifications, on est sûr et certain de ne passe tromper. Ce Manuel est également un
document de référence pouvant servir de baseaux dissertations en Histoiredu
Rwanda età la maîtrisede la gestion de la société rwandaise. La premièrecondition
nécessaire pour maîtriser lagestion de la Société rwandaiseest de connaître le
Rwanda, le Kinyarwanda au senslarge etles Rwandais. Ce Manuel comprend trois
cours,à savoir l’Histoiredu Rwanda ancien, l’Histoiredu Rwanda à l’époque
coloniale etl’Histoiredu Rwanda contemporain .
Tout bien considéré, pour ce faire, il n’existe qu’un et unseul modèle optimal
d’Histoiredu Rwanda, enl’occurrence le Modèle Mgr Alexis
KAGAME,c’est-àdire le Modèle fondamental dominant duquelrelèvent tousles autresmodèles
d’Histoiredu Rwanda etqui a fait ses preuves. Nous adorions ses enseignements.
Nousl’avons écouté très attentivement pendant trois ans consécutifs. Ilnous a
appris beaucoup du Kinyarwanda. Nous avons dévoré toussesouvrages. Hélas ,
Mgr Alexis KAGAME étant décédé le 06/12/1981, nous devons reprendre le
flambeau, perpétuerses enseignements, mais surtout nous occuper à notre tour du
traitement des événements dont nous avonsnous-mêmes étédestémoinsoculaires
et de l’explication desphénomènes survenus aprèssa mort et enson absence
physique. De même c’est à ses fils et fillesqu’ilrevient de répondre aux critiques
venimeuses contre sonœuvreetintervenues aprèsson décès.
11D’emblée, l’attention du lecteur devrait êtreattirée surlefait que Mgr Alexis
KAGAME et l’actuel Chefde l’État rwandais, le Général Major Paul Kagame n’ont
entreeux aucunlien de parenté. Pourpouvoir distinguerles deux personnalités dans
l’Histoiredu Rwanda, on écrira Mgr Alexis KAGAME avec desmajuscules et Paul
Kagame avec desminuscules
Ce Manuel est le résultat d’une recherche scientifique. Jusqu’en 1994, les travaux
de recherchede Mgr Alexis KAGAME en Histoiredu Rwanda, approfondis par
certains de ses trèsnombreux disciples, Jean Gualbert Rumiya, Donat Murego ,
Zéphyrin Kagiraneza, Silvio Sindambiwe, Benoît Mulihano constituaient la pointe
de la rechercheen Histoiredu Rwanda. Aujourd’hui, 28ans aprèsle décès de Mgr
Alexis KAGAME, notre souhait serait que nos travaux actuels qui en constituentle
prolongementobligé, constituent aujourd’hui la pointede la rechercheen Histoire
du Rwanda. Ils sont totalement basés sur le Modèle Mgr Alexis KAGAME et
utilisent la technologie de pointeen dissertation en histoire, enrechercheen
sciences sociales,enméthodesstatistiques,en analyse de contenu,et en
économétriedes variables qualitatives. L’originalitédu présent Manuel consiste,
pour la première fois dans l’Histoiredu Rwanda,dans la miseen évidence de
l’existencededifférents modèles d’Histoiredu Rwanda, dans leurs critiques et dans
l’Analyse historique de la Spirale de la violence rwandaise. Notreespoirserait
que le Modèle Mgr Alexis KAGAME se perpétue à jamais au Rwanda etque 28ans
aprèsnous, nos enfantssoient à leurtour capables de mieux faire que nous-mêmes à
la lumière des développements futurs inimaginables de la science et au-delà. Mgr
Alexis KAGAME n’étaitni un vulgaire informateur, ni un collectionneur des
traditions. Nousnon plus! Il a missurpied unmodèleet ce Modèleest etrestera le
meilleur Modèled’Histoiredu Rwanda pour comprendre la Questionrwandaiseet
promouvoirla réconciliationnationale, la paix etledéveloppement économique,
social et culturel du Rwanda .
Le présent manuel a étéécrit en général à l’intention des Rwandais et des étrangers
qui ontla soifde savoir et enparticulier des Rwandais adeptes du Modèle Mgr
Alexis KAGAME. Iln’a pas étéécrit à l’intention de la Noblesse séculaire Tutsi
faction Abakagara, ni de ses amis étrangers, ni de l’AKAZU-KIGA et consorts. On
espère qu’on a ledroit d’avoir un modèle, de ledéfendreet de le propager.
De primeabord, il importerait de préciserqu’onpréfère leconcept de centristeà
celui de modéré jadis utiliséen1994, mais aujourd’hui déprécié. Aux yeux de la
Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara (=Abavantara) aujourd’hui au pouvoir
au Rwanda, un bon Hutu modéré, un bon Tutsimodéré, un bon Twa modéréest un
individu avide de biens,faible,docile, maniable, recevant en contrepartie quelques
faveurs éphémères à titre strictement personnel. Schématiquement,ce sont des
marionnettesquiprivilégient excessivement entoute chose l’intérêt personnel. Ils
12ne sontpas forcément plus amis des Tutsique quiconque. Ilsservent de décor
politiqueau Front Patriotique Rwandais [FPR (=Inkotanyi)] ou s’occupentpour le
patron FPR de ladirection despartis politiques satellites du FPR: PSD-FPR,
PLFPR,etc. Pour eux, le but de la politiqueest lafortune. Le pouvoir est une affaire .
Ce sont desrenégats politiques. Ils se soucient surtout de s’enrichir etse jalousent
les uns les autres. Ils essaient à tout prix de prouver à la Noblesse séculaire Tutsi
faction Abakagara que ce sont eux les meilleurs Hutu qui soient. Ils mentent et
répandent des calomnies sur d’autres Rwandais, pisque les Tutsirapatriés
d’Ouganda eux-mêmes. Lebonheur des autresne les intéresse pas. Ils camouflent
toutle temps ce qu’ils pensent réellement etnedemandent qu’une chose:
« Donnez-moi unposte intéressant etjedéclareraipour vous tout ce que vous
voudrez ». Trèssouvent, le contrat est résiliéabusivement par une balle ou par la
prison, auvu de l’augmentation éventuellede l’indice de prisedeconscience. Avec
unpeu dechance, ils parviennent à prendre le large mais en guisede récompense,
ils récoltent lacondamnation à perpétuité par contumace. Elleest généralement
pitoyable la fin que les Abavantaraleur réservent. On refuse donc le vocable
d’Hutu modéré, de Tutsimodéréet de Twa modéré .
Ici, il faudrait noter ladifférenceexistant entre un centristeet un central. Un
centristeest unindividu qui enpolitiqueest au centrealors qu’un central est un
individu qui géographiquement habite le centredu pays.
Le présent ouvragea aussipour but de répondre aux différentesquestions posées
par le Chaos rwandais et defournir à tous ceux qui le veulent bien lesmatériaux
nécessaires et suffisantspour lacompréhension de l’Histoiredu Rwanda etpour la
différenciation entre les différents modèles d’Histoiredu Rwanda. C’est une
analyse historique rigoureuse de la Spirale de la violence rwandaisebasée sur
l’Histoiredu Rwanda selonle Modèle Mgr Alexis KAGAME. Onne peutpas
inventerl’Histoiredu Rwanda. La plupart des données et desnarrations des faits du
passé lointain sont empruntées à Mgr Alexis KAGAME,à Jean Gualbert Rumiya, à
Donat Murego,àZéphyrin Kagiraneza, à Benoît Mulihano,au révérend frère
Chrysologue Kayinamura, à Mrl’abbé Silvio Sindambiwe. Toutefois, le creuset de
l’Analyse n’engage que l’auteur, particulièrement au niveau de: l’introduction
générale, les généralités, l’aperçu général, lesintroductions, les diagnostics, la
modélisation, les récits contemporains, la sociologie politique, les
approfondissements utiles, les actualisations (=kunagura), les commentaires, les
analyses, les évaluations, les formalisations, les critiques, les conclusions, les
diverses considérations,et enfin au niveau de la Théoriede la Spirale de la violence
rwandaiseet de laconclusion générale. C’est un cours d’Histoiredu Rwanda
diamétralement opposéau modèle Siyasa noble Tutsi,au modèle AKAZU-KIGA ,
au modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jean Vansinaet au péri modèle noble
Tutsiste. Ilimporterait de précisersurnotredépartque Le Modèle Mgr Alexis
KAGAME ne s’accommode pas de cesquatre modèlesmystificateurs .
13De fait,aprèssa reconquête du pouvoir au Rwanda, la Noblesse séculaire Tutsi
1faction Abakagara rapatriée d’Ouganda (=Abavantara) est entrain de dénaturerou
de détruire touslestravaux de rechercheen Histoiredu Rwanda retrouvéssurplace,
depuis ceux de Mgr Alexis KAGAME, jusqu’à ceux du Professeur Jean Gualbert
Rumiya, du juriste Historien Donat Murego,du philosophe Saverio Nayigiziki,du
Poète Cyprien Rugamba, desjournalistes ecclésiastiques Silvio Sindambiwe et
André Sibomana, etjusqu’à ceux de l’historien humoristeZéphyrin Kagiraneza .
Tous cestravaux sont enrapport avec le Modèle Mgr Alexis KAGAME. Le rôle
qu’ons’est assigné est d’abonder dans leur sens,de les défendre,de lessoutenir
étant donné que leurs auteurs sont décédés et absents,de les actualiser et de les
approfondir:évidemment moins bienque les concernés. Comme les adeptes du
modèle AKAZU-KIGA sont tous encoreen vie, ils continuent, quant àeux, à
consolider et àfortifierleur modèle, tant enprisonou en cachette, à l’instar de
Ferdinand Nahimana et d’Augustin Ngirabatware, qu’au grand air,à l’instar de
Maniragaba Balibutsa. Il est normalque lesmodèlesmystificateurs d’Histoiredu
Rwanda qui sont réellement à l’originedu Chaos rwandais soient entrain de se
disculper chacun de sa part et de s’inculpermutuellement sousles yeux d’un public
embrouillé. Néanmoins, il ne serait pas normal d’être intimidé par desmodèles
mystificateurs. Le but du présent manuel est de venir dissiper lebrouillard ainsi
créé .
Il est navrant de lire l’ouvragede référence pourl’enseignement de l’Histoiredu
Rwanda dans les écolessecondaires du Rwanda publié parle Ministère de
l’Éducation, Science, Technologie et Recherche Scientifique etle National
Curriculume Development Center(NCDC) en collaboration avec « The regentsof
the University of California» en 2006 à Kigali. Il est ahurissant de constater le
point auquelle modèle Siyasa noble Tutsi abrutit la jeunesse rwandaise. L’étude en
question est une manipulation destinée àfalsifierl’Histoiredu Rwanda et à
légitimerla tyranniedu FPR (=Inkotanyi). C’est un développement évident des
thèsespoliticiennes despoliticards de l’UNAR (Union Nationale Rwandaise) des
années 1950 consistant à nier l’existence millénaireau Rwanda
dessouspopulations Hutu, Tutsi,et Twa et, conformément aux fameusesthèses
instrumentalistes de l’ethnologue africaniste Français Jean-Pierre Chrétien, à
insister,à propos de l’apparition du clivage Hutu/Tutsi au Rwanda, surle rôlede la
1
Depuis la Révolution de palais de Rucunshu en décembre 1896, la Noblesse Tutsi
rwandaiseest divisée irrémédiablement en deux factions opposées: la Noblesse Tutsi
faction Mwami et la Noblesse Tutsi faction Abakagara. C’est cettederrière qui est
aujourd’hui au pouvoir au Rwanda. L’autrefaction de la Noblesse Tutsi est dans
l’opposition. Ledernier Mwami Tutsi Kigeli VNdahindurwa Jean Baptisteest encoreen
vie. Il vit en exil aux États Unis d’Amérique. Sionnecomprend pas cela, on risquede tout
confond .
14puissance colonialistebelge, soucieuse à la fois de classersessujets et de les diviser
entreeux .
Il est voué à l’échec tout enseignement de l’Histoiredu Rwanda:approche
2participative à la mode Gasanabo Jean Damascène , Jean-Pierre Chrétien, etc. Ilnie
l’existenceau Rwanda dessous-populations Hutu, Tutsi et Twa. Il diabolise
l’influence des Églises Chrétiennes etl’enseignement catholiqueau Rwanda. Il
prêche le Lyangombisme ou le Gitwazisme. Iljustifie l’institution d’Ubuhake
(prononcez oubouhakié) au point de ladéfinir comme une relation d’amitié,
d’entraide et de collaboration. Ilprône la prisedu pouvoirparlaforce. Il glorifie la
guerre. Il exalte la dominationinternedu Rwanda par une minoritéde la minorité
tribale Tutsi(moins de 3% de la Population rwandaise) etpasse soussilence les
valeurs de la République et de la Démocratie. Ses auteursont manifestement résolu ,
en âme et conscience, de se mettreau serviced’une tyrannieet de la soutenir au
mépris dessouffrances et desmalheurs d’un Peuple. C’est de la propagande pour un
régimeabsolutiste traditionnalisteet conservateur.
En conséquence, nousnous devons de présenterl’Histoireauthentiquedu Rwanda ,
de rétablirla véritéet de direaux autresmodèlesnos vérités. Les adeptes du
Modèle Mgr Alexis KAGAME ont besoin de s’homogénéiser et de serrerlesrangs
aprèsle décès de Mgr Alexis KAGAME en datedu06.12.1981 et la pertede tant de
cerveaux d’une part lors du Génocide indéniablement reconnu des Tutsi et des Hutu
centristes et d’autre part lors du génocide encorecachédes Hutu et des Tutsi
centristes. Nousleur demandons de donner beaucoup d’importanceà ce Manuel ,
d’en informerlegrand publicet autorisons quiconque le voudraà organiser autant
de conférencesqu’il voudra, où qu’il voudra sur basedece Manuel,àcondition de
ne mettre en avant que le Modèle mais non l’auteur. A vrai dire, tout ce que nous
réalisons appartient essentiellement à tous ceux qui ont fait de nous ce que nous
sommes,depuisnos parents,depuisle moniteur de la première année primaire,
jusqu’aux éminentsprofesseurs d’universitéet à nos multiples contacts. Personne
d’entre noustous ne méritegrand-chose. « Noussommes desnains assissurles
épaules des géants,dit-on»
2 Toutefois,de tousles chercheurs nobles Tutsi, il semble que Jean Damascène Gasanabo
est le seul à avoirpu,grâceaux méthodesstatistiques, démythifié sans complaisance le
modèlecolonial belge Marcel D’Hertefelt et Jan Vansinaet disloqué la théorie raciale de
Marcel D’Hertefelt,de Jean Jacques Maquet,de J. Hiernaux et de l’IRSAC en général. Par
contre, son collègue Jean-Paul Kimonyo s’est laissécarrément influencerpar Jan Vansina,
à l’instar de Ferdinand Nahimana (chantredu modèle AKAZU-KIGA). Mais, somme toute,
dans l’ensemble, lebiais commun à Gasanabo et à Kimonyo est considérableetleur
appartenance au modèle Siyasa noble Tutsi avérée .
15En fin de compte, lebutpremier du présent Manuel est d’aboutir à l’Analyse
historique rigoureuse de la Spirale de la violence rwandaise. C’est àcela surtout que
vont servir touslesrécits empruntés aux meilleurs historiens rwandais, toutes les
descriptions desstructures ettouteslesprésentations des événements. Le présent
Manuel utiliseen grande partie lesrésultats destravaux de recherchedes chercheurs
et historiens rwandais évoluant dans lecadredu Modèle Mgr Alexis KAGAME
d’Histoiredu Rwanda. Cela va sans dire que nousne pouvons pas recommencerles
travaux de recherche qu’ils ont déjà très bien faits. Nous voulons nommer à
nouveau d’abordetsurtout Mgr Alexis KAGAME,historien, philosophe, poète,
littéraireet ecclésiastique; ensuite l’historien Jean Gualbert Rumiya, le juriste
historien Donat Murego, l’historien humoristeZéphyrin Kagiraneza. Le Manuel
utiliseégalement une petite partie paraissant acceptabledesrésultats de recherche
de l’historienrwandais Ferdinand Nahimana qui aaussi contribué, untant soit peu ,
au développement de l’Histoiredu Rwanda. Bref, le présent Manuelse veut être
jusqu’icila synthèse la plus complète possible de l’Histoiredu Rwanda depuis
l’originedu Rwanda jusqu’au recouvrement de l’indépendance. Enplus ,
simplement à titred’information, il effleure l’Actualité rwandaisede manière
complémentaire même si, quoique trèsimportante, ladite partiede l’Histoiredu
Rwanda ne s’inscritpas dans lebutpoursuivi par le présent Manuel.
Il est connu, ensubstance, qu’analyser,c’est souligner les caractères essentiels ,
expliquer lesprocessus complexes, maîtriserle jeu des contradictions d’une réalité
historique . Par caractères essentiels, on entend principalement les centres de la
Spirale de la violence rwandaise. Fairede l’Histoire, ce n’est pas raconter des
histoires. Au Rwanda, il y a une Spirale de la violence qu’ilimporterait de
démontrer et d’analyser. Voilà l’objectif de ce travail.
Eu égardà ce qui précède, Le présent manuel est conçu d’une manière simple, de
façon àen fairebénéficier à un public large, universitaire, chercheur, étudiant et
3autre, rwandais,étranger, missionnaire ou observateur étranger. C’est une
contribution aux efforts de recherchede solutions aux équations simultanées
rwandaises. Pourrésoudre n’importe quel problème, il faut comprendre l’énoncé,
connaître les formules, lois ou principes, connaître toute sortedecirconstance,
connaître lestenants etles aboutissants,avoirtoutesles données,etc. Le présent
Manuel s’adressedonc à tous ceux qui s’intéressent au Rwanda en général,et aux
Rwandais enparticulier, spécialement àceux qui vivent à l’étranger et qui n’ontpas
accès au cours d’Histoiredu Rwanda dispenséau Rwanda,avec lequelnous ne
sommespas d’accord nonplus. Enoutre, le présent Manuel s’adresseégalement à
la postérité qui a droit à l’information,à commencer par nos enfants et nos petits
enfants. Nousleur devons la véritéhistorique surnotre très cher Rwanda .
3Le Modèle Mgr Alexis KAGAME s’accommode du modèle missionnaireet du modèle
observateur étranger.
16La problématique du présent Manuel est complètement différentedecelle de
nombreux étrangers. Excepté lesmissionnaires, les autres étrangers ont une vue
externeetpeut-êtredesintérêts apparemment étrangers au Rwanda, lesquels
intérêts, quoique tout à fait légitimes, priment néanmoins surla résolution du conflit
rwandais et du problème de la pauvreté du Peuple rwandais. Le fait est que le
Peuple rwandais aétabli de nombreux rapports de tous genres avec ses voisins ,
qu’il a même connu la colonisation allemande d’abord, ensuite la colonisation belge
déguisée enmandatpuis en Tutelle, qu’ilaaccueilli plusieurs missions de visitedes
Nations Unies à l’époque coloniale, etqu’après le recouvrement de son
indépendance, il a tisséde nombreusesrelations bilatérales etmultilatérales. Il est
vrai également qu’à dater de 1900, le Rwanda est entrédans une ère nouvelle du
Christianisme. De nombreux missionnaires européens et américainsont servi avec
abnégation et bienveillanceau Rwanda. Beaucoup d’entreeux y sont morts et
avaient demandé d’y êtreenterrés. Tout celaest aussil’Histoiredu Rwanda. Mais à
notreavis, si l’on veut bien etsauf erreur decompréhension de notre part, la vérité
serait mieux diteetmieux exprimée par desintéressés eux-mêmesque par
quelqu'un d’autre quiladirait à leurplace. Bien entendu, toutle monde a le droit de
mener desrecherches en Histoiredu Rwanda pour quelque motif quece soit.
Néanmoins, on pense que l’Histoiredu Rwanda devrait êtreécrite pourle Peuple
rwandais et avec le Peuple rwandais. Il est extrêmement difficile, mais ce n’est pas
impossible, d’arriver à s’harmoniserparfaitement avec laconscience nationale d’un
peupleétranger. Entout cas, il est loisible à la Communauté Internationalede se
documenter, d’observer et defaire valoir sonregard d’ami étrangersur despoints
précis carnous sommestous la même humanité. Cependant, il serait naïf pour un
partipolitique rwandais d’élaborer unprojet de société rwandaise surlabase des
théories de la rechercheétrangère. Il est possible que les chercheurs étrangers aient
desimpératifs qui ne sont pas ceux du Peuple rwandais etqu’ils travaillent d’abord
et avant toutpour eux-mêmes etpour leurspays:ce qui est tout à fait normal. Il
faudrait donc que les Rwandais apprennent à se débrouiller. Même si c’estmal
ficelé: ça nefait rien.
Les historiens disent que l’Histoireest une science qui étudie le passéde l’humanité
en général et en particulier une période de l’existenced’un État ouune suitedes
événementsquiont marqué une période. Le présent Manuel s’appliqueà étudier
l’Histoiredu Rwanda depuis l’origine jusqu’au recouvrement de l’Indépendance :
Le Rwanda est une nation millénairecaractérisée par une spirale de la violence
très complexe .Beaucoup d’autres historiens rwandais ou étrangers ont essayéde le
faire. De tous,en effet, lefait est que les historiens rwandais ontle mieux réussi,à
des degrés variables divers,à offrirla meilleure problématique, à mettre le doigtsur
la Questionrwandaiseet à clarifier le rôlede l’Histoiredans ledéveloppement
économique, social et culturel du Rwanda. L’Histoiredu Rwanda devrait êtreau
servicede la paix,de la réconciliation nationale,de la planification et du
développement économique, social et culturel du Rwanda. L’Histoiredu Rwanda
17devrait aiderle Peuple rwandaisàévoluer et à passer de la haine, de la stratification ,
de laforce brutale, de l’autoritéaveugle, de la tyrannie, de l’obscurantisme, de la
barbarie, de la paresseet de l’exploitation de l’autreà lafraternisation,à l’égalité, à
la loi,à la liberté, à l’arbitrage, à la lumière, à la paix,au travail et au partage .
L’Histoiredu Rwanda devrait êtreapteà aiderle Peuple rwandais àfaire son
examen deconscience et donc àavoir uneconscience large (kworoherana no
guhanaamahoro). En vérité, personne n’est assez fort pour s’assurerindéfiniment
d’être le plus fort; personne ne peutimpunément tyranniser unpeuple;personne
n’est immortel et personne ne peut s’assurer de régir le monde aprèssa mortnise
soustraireau jugement de saconscience. Nous disons aisément ce qui nous est
arrivéà causedes autres, mais nous ne voulons pas direce qui est arrivéet arrive
aux autres à causede nous. C’estsurtout lecas flagrant des écrivains et journalistes
rwandais adeptes du modèle AKAZU-KIGA ou du modèle Siyasa noble Tutsi
faction Abakagara (=Abavantara) .
Quant aux historiens étrangers du Rwanda, on sait qu’ils’agit souvent de bons
connaisseurs du Dossier Rwanda, mais pas des experts en Développement du
Rwanda ni desspécialistes du Rwanda. L’appellation de spécialistedu Rwanda
nous indigne. La Crise rwandaiseest trèsprofonde etle Kinyarwanda très
compliqué et extrêmement vaste. L’Histoiredu Rwanda qu’ils rapportent ne
satisfait pas les Rwandais, notamment les chercheurs coloniaux Jan Vansinaet
Marcel D’Hertefelt etles chercheurs nobles Tutsistes. Les uns escamotent la
responsabilitédu colonisateur belge au Rwanda, les autres, pour desraisons
passionnelles et émotionnelles, ont une préférence tribale noble Tutsi faction
Abakagara arrêtée, les autresrectifient le tir à chaque changement de régimeet
donnent ipso facto raison et accolades auvainqueur. Quelques ethnologues
occidentaux, mais pas tous, ne sont africanistesquede noms. Ils encensent les
puissants compte tenu de leursintérêts ou inversement. Ils connaissent moins
l’Afrique que lesintellectuels africainsneconnaissent l’Occident. Somme toute,
excepté quelques vieux missionnaires tels que le révérend Père Dominique
Nothomb, le révérend Père Dominique Mallet alias Kimenyi, le Pasteur C.M .
Overdulve, le révérend père Paul Devigne, la révérende sœur Marie-Joseph Pinaux
(MamaYozefa), le révérend père Michel Descombes,etc.personne d’autre n’arrive
à s’harmoniser parfaitement avec la Conscience nationale rwandaise. Dès
l’introduction, leur accent etleur démarched’Occidentaux lestrahissent. Même le
but en soi est hors sujet. Ils font de la recherche surle Rwanda avec des
préoccupations étrangères, soit en guisede renseignements étrangers, soit dans le
cadrede la justice internationale,etc. L’Histoiredu Rwanda nedevrait pas être
destinée à la Justice internationale. L’Histoiredu Rwanda devrait êtredestinée au
Peuple rwandais:au rétablissement de la vérité, à la résolution de la crise
rwandaise, à la réconciliation nationale,à la paix et au développement économique,
social et culturel du Rwanda. L’Histoiredu Rwanda devrait également contribuer à
la promotion du Kinyarwanda et de laculture rwandaise. Compte tenu de tout cela,
18pas mal d’écrits publiéssurle Rwanda par des anthropologues et des ethnologues
occidentaux en général et en particulierparles chercheurs coloniaux belgessont
inacceptables. On accepte qu’un historien ait pour mission de sedocumentersurle
Rwanda afin de mieux informerle restedu Monde sur la sériedes événements qui
sedéroulent au Rwanda, mais on pense quecette problématique ne sert à rien au
Peuple rwandais. Elleest certainement valableensoi-même aussilongtempsque le
but visé ne lèse pasla société rwandaise .
Bref, l’Histoiredu Rwanda dont le Peuple rwandais abesoin est l’Histoire qui
l’aide à mieux seconnaitre soi-même,à apprendreà se maîtriser et à maîtriserla
gestion de lachose publique. Une histoiredu Rwanda qui ment, qui cachedes
éléments utiles, qui a pour but d’asseoir une tyrannie, qui n’a paspour but d’être
utiliséeà la réconciliation nationale,à la paix et au développement économique,
social et culturel du Rwanda ne sert enrien au Peuple rwandais. On ne rivalise pas
avec le Ministère de l’éducation nationale. On ditsimplement que son histoire, c’est
de lafalsification. Enfin, nous exerçonsnotredroit à l’Histoiredu Rwanda carnous
aussinous sommes des Rwandais à part entière. Personne n’a le droit de bannir ses
compatriotes, si armé soit-il, si soutenu soit-il.
Jusqu’ici,à notreavis, l’historienrwandais le plusobjectif, le plus honnête, le plus
clair, qui a le mieux répondu aux attentes du Peuple rwandais,c’est Mgr Alexis
KAGAME. Voilà pourquoi nous avons choisi son Modèle, l’avons adoptéetle
défendons.
Defait,en Histoiredu Rwanda, il existe sept modèles d’Histoiredu Rwanda :
• Le Modèle Mgr Alexis KAGAME (c’est le Modèledominant fondamental
duquel dérivent tousles autresmodèles d’Histoiredu Rwanda)
• le modèle Siyasa noble Tutsi, qui défendet disculpe la tyranniede la Noblesse
séculaire Tutsi faction Abakagara .
• Le modèle AKAZU-KIGA, qui défendet disculpe la tyranniede
l’AKAZUKIGA du Général-Major Juvénal Habyalimana .
• Le modèle missionnaire qui attire l’attention sur la mission évangélisatrice du
Peuple rwandais .
• Le péri modèle noble Tutsiste quisoutient corps et âme la Noblesse Tutsi
faction Abakagara .
19• Le modèle observateur étrangerqui est théoriquement le regard d’un
observateur ‘’neutre’’ étranger.
• Le modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina qui défendet disculpe la
colonisation belge et allemande .
De tous ces modèles d’Histoiredu Rwanda, le Modèle Mgr Alexis KAGAME estle
meilleur. Il a le méritede remonterle plusloinpossible dans le passé. Il saisit
l’élément social, politiqueet culturel de chaque sous-populationrwandaise Hutu ,
Tutsi et Twa. Il met enrelief plusieurs faitsinconnus, oubliésou négligés etqui
n’étaient connus que de Mgr Alexis KAGAME. Ilrecherchece que peut être la
contribution de l’Histoiredu Rwanda à la réconciliation nationale, à la paix et au
Développement économique, social et culturel du Rwanda. Il choisit, secteurpar
secteur, thème par thèmeetl’étudie sérieusement. Il collectedesinformations
orales,dessourcesmatérielles,des données de terrain et des documents écrits
divers. Il a mieux résolu lesproblèmes d’ordre méthodologiquedans la recherche
historique etmieux clarifié l’utilisation de l’Histoiredu Rwanda par le Peuple
rwandais etpour le Peuple rwandais .
Onsedevrait d’ajouterqu’en ce qui concerne l’Histoiredu Rwanda ancien,excepté
Mgr Alexis KAGAME et quelques vieux missionnaires d’Afrique, seuls deux autres
chercheurs ontpubliédesouvrageslà-dessus,à savoirlechercheur colonial belge
Jan Vansinaetle Père Dominicain Rwandais Bernardin Muzungu. A ceux qui
voudraient connaître nos avis et considérations sur l’ensembledecespublications ,
nous affirmons etprouverons que Mgr Alexis KAGAME est imbattable. Les vieux
missionnaires d’Afrique ont essayé quelque chosede valable. Bernardin Muzungu a
produit un travailmieux fait mais tronquéexprès. L’œuvredu chercheur colonial
belge Jan Vansinaest, quant àelle, la plus critiquablede toutes. D’une manière
générale, à Bernardin Muzungu,à Servilien Manzi Sebasoni,à Jean-Paul Kimonyo
et aux autres adeptes du modèle Siyasa noble Tutsi, nous reprochonsleur
problématique Siyasa noble tutsi, leurnégation de l’existence
millénairedessouspopulations Hutu, Tutsi et Twa etpartant,enraison de cela, leurinsensibilitéetleur
indifférence aux souffrancesséculaires des Sous-populations Hutu, Twaet Tutsi
défavorisés. Ils identifientlesintérêts du Rwanda aux intérêts de la Noblesse
séculaire Tutsi faction Abakagara (=Abavantara)quipourtant n’aguère représenté
plus de 3% de la Population rwandaise. Leurs ouvragessont desœuvres de
propagande du Front Patriotique Rwandais [FPR (=Inkotanyi)]. Il n’est pas étonnant
qu’ils aient été financésparle Front Patriotique Rwandais: FPR (=Inkotanyi).
20En unmot, le présent Manuel aessentiellement pour but d’écrire l’Histoiredu
Rwanda depuis l’origine jusqu’au recouvrement de l’indépendance le 01/07/1962 et
sommairement la sociologie politique rwandaisedu Rwanda à nouveau
indépendant. De la sorte, il est structuré en 3 Manuels comme suit :
1) MANUEL D’HISTOIREDURWANDA ANCIEN
2) MA D’HISTOIREDURWANDAAL’EPOQUE COLONIALE
3) MANUEL D’HISTOIREDURWANDA CONTEMPORAIN
Au premier abord, je tiens tout de suiteà dire que je ne suis pas infaillible. Le
contenu du présent Manuel n’est rien d’autre que le savoirque je possèdeetsur
lequelj’ailonguement etmûrement réfléchi. Il estsûr et certain que ce que je ne
sais pas existeaussi. Simplement, monidéedirectrice est d’éclairerles Rwandais en
leur montrant les causesstructurelles de la désarticulation, de ladéstructuration et
de la maladiede la société rwandaiseetpartant de la Crise rwandaise, d’informer la
Communauté Internationale sur ce qui se passe réellement au Rwanda et enfin de
mettre en garde les gouvernantsrwandais contre leurtotalitarismeetleur tyrannie .
Il est dit en Statistique qu’une information de modeste qualité, comme celle-ci ,
donnée à temps, vaut mieux qu’une information de très grande qualitédonnée
tardivement .
ENFIN, QUELQUES REMARQUES PRELIMINAIRES SE REVELENT
NECESSAIRES .
En rapport avec la Grammaire Kinyarwanda (de la langue rwandaise), il
conviendrait de déclarerqu’onn’a jamais étéd’accordavec leslois grammaticales
MRND–NSEKALIJE ainsi libellées :
1° Leslettres «r» et «l» s’écrivent indistinctementpartout sousla forme de
l’unique lettre «r ». La lettre «l» s’écrit exceptionnellement dans Juvénal
HABYALIMANA et dans KIGALI .
2° Le mot « Kabgayi » s’écrit désormais « Kabwayi »
On croit que lagrammaire Kinyarwanda n’aurait pas dû être utilisée dans lecadre
du culted’une personnalitédouteuse,enl’occurrence le Général Major Juvénal
Habyalimana alias Rutemayeze. On ne respectera donc jamais les lois
grammaticales MRND-NSEKALIJE, n’en déplaiseau MRND,au fameux Colonel
Aloys Nsekalije (quipréférait s’écrire Nsekarijeavec un «r» baspour, -à tout
21seigneurtout honneur-, laisserle «l »très haut à Juvénal Habyalimana). Sa réforme
scolairea été un désastre. C’est un fossoyeur de l’enseignement primaireet
secondaire .
Le Kinyarwanda est notre langue maternelle etonsait que :
1) Le Munyarwanda prononce «l» devant la voyelle«i»et devant laconsonne
« y » en frappant dans l’avant-palais avec la langue. Exemple: Kulilimba
2) Le Munyarwanda prononce «r» devant toute autre voyelle (Exemple:
Kurerera) en frappant les hautes dentsincisives avec lebout de la langue .
3) L’orthographe d’usagede Kabgayi est Kabgayi et non Kabwayi.
Compte tenu de ce qui précède, voicila vraie loi grammaticale, en
l’occurrence la loi grammaticale Mgr Alexis KAGAME :
• La lettre«l» s’écrit devantla voyelle«i» ou « y» tandis que la lettre
«r » s’écritpartout ailleurs.
• Kabgayi s’écrit « Kabgayi»: jamais Kabwayi.
• Les lettres ‘’l’’ et ‘’r’’sont conservées comme telles dans desmots
d’origine étrangère. Exemples: Telefone, gutelefona, Luanda,
umusilamu, ubukolonize, padiri ,etc .
Entre leslois grammaticales Mgr Alexis KAGAME etleslois grammaticales
MRND-Nsekalije, lechoix est donc très clair .
Par ailleurs, on se réjouit tout de même de ce que le« y »n’ait pas été supprimé
dans « shy » de manière àécrire par exemple « Gashantare»au lieu de
« Gashyantare », car certainsnotables de l’AKAZU-KIGA n’appréciaientpasle
« shy »etproposaient sérieusement de le supprimer et de le remplacerpar « sh », le
««y »devant être supprimé car inutile sous leurs yeux. Pourtant, il est très
important !
A chaque mégalomane quis’amène, on ne peut pas changerla Grammaire
Kinyarwanda pour offrir à son excellence uneexception grammaticale. Ce que Mgr
Alexis KAGAME nous a appris est exact. Onn’attachedoncaucune importance
aux lois grammaticales MRND-Nsekalije .Par conséquent, il sied dès à présent de
demander à tousles adeptes du Modèle Mgr Alexis KAGAME de rejeter la loi
grammaticale MRND-Nsekalije .
22De même, il convient de signaler d’avance que pour nous, les noms de collines
rwandaisesne se traduisent pas enlangueétrangère. Ainsi par exemple
Magi-naJoma, Buguramase-na-Rwufi, Bukomane-na-Nyakayaga, Runda-na-Gihara,
Bweramvura-na-Kabuye, Nganzo-ya-Mushongi,
U-Butantsinda-bwa-Kigoma-naMuyange, Ruyumba-rwa-Matovu, Rubona-rwa-Kagina, Rubona-rwa-Ngunda ,
Mwima-na-Mushirarungu, Mwulire-wa-Save restent inchangés en tant
qu’appellationingénieuse des collinesrwandaises. A ce sujet, on dit par exemple
Remera-lya-Rukoma mais non Remera-Rukoma. Onrefuse doncde privilégier la
facilitédes étrangers au détriment du géniedu Kinyarwanda. Sinon il faudrait
renommer toutes les collines rwandaises de manière que les étrangers puissent les
prononcer: ce qui serait une aberration. Les étrangers sont trèsintelligents. Ils
trouvent facilement desmoyens de s’en sortir exactement commefont les Rwandais
eux-mêmes à l’étranger. Ne nous ensoucions guère. Sion arriveà prononcerle
nom de l’universitéfrançaisede Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelinesou de la
communefrançaisede Colombey-les-Deux-Églises(etpas Colombe-Église), en
vertu de quoi les Français n’arriveraientpas à prononcerle nom de la localité
rwandaisede Remera-lya-Rukoma etprononceraient Remera-Rukoma. On dira
donc en Histoiredu Rwanda Remera-lya-Rukomaetnon Remera-Rukoma .
En outre, pour éviter une soupe épaisseenrapport avec lacartedu Rwanda,en
raison du changementintempestifde la carteadministrativedu Rwanda, on s’en
tiendra toujours à la carteadministrativede 1994 jusqu’à nouvelordre. Il est
incompréhensible de changer de carteadministrativedu pays à chaque échéance
électorale. Enfin,enmatièred’Histoiredu Rwanda ancien, on utilisera la
terminologie suivante. Le Plateau africain des grandslacs est le plateau où se
situentl’Espace Bami etle pays du Rwanda. L’Espace Bami est l’ensembledes
royaumesoù le monarque s’appelle Mwami. Une contrée « Agahugu »est un
ensemblede quelques régions mais cet ensembleest moins grand que le pays. Une
Région « Intara »est l’équivalent d’une préfecture. Une province « Akarere» est
l’équivalent d’unegrande paroissecatholique rwandaise. Undistrict « Akarere»
est l’équivalent de quelques zonesmais il est moins grand qu’une province. Une
Zone « Umurenge »est l’équivalent d’unecolline ou de quelques petites collines.
Une localité « Akarenge »est l’équivalent d’une portion de colline. Unquartier
« Agace» est l’équivalent d’une portion de localitéà propos de la quelle on
s’informe moyennant la question« utuye mu kahe gace ? » .On dira par exemplece
qui suit:« Le Mwami Kigeli IIINdabarasaa étéenterré à Munanira, à Rutare,en
Buganza,dans la région de Byumba ». Tout bien considéré, pour fonderles
diocèses, l’Églisecatholique s’est conformée à la cartedesrégions rwandaises de
même que les missionnairess’étaient conformés à lacartedesprovincesrwandaises
pour fonderlesmissions. C’est une approche trèspratique .
23LA METHODEDEL’IKIGERO
Au reste, il importede préciser unefoispour toutes surnotredépartla signification
Kinyarwanda des cyclesphysico-psychologiques (=Ikigero) de l’homme sur
lesquels on sebasera pour estimerl’âgedes Rwandais anciens. J’appellecette
méthode statistique nouvelle, que je viens d’introduire personnellement dans
Histoiredu Rwanda ancien, la méthode des cycles physico-psychologiques (ou la
méthode de l’Ikigero): utilisabledans lecasqu’onneconnaisse pasla datede
naissance des gens illettrés. Il est vrai que les Rwandais anciens étaient illettrés ,
mais ils connaissaient très bien l’Ikigero d’un homme. Ce n’est pas nécessaire de
savoirlireet écrire pour savoir qu’un hommeest un vieillard. Ne pas tenir compte
de cette information serait une erreur. Ne passavoirla traiter constituerait aussi une
source d’erreur .
TABLEAUN° 01: LESCYCLES PHYSICO-PSYCHOLOGIQUES DE
L’HOMME EN KINYARWANDA
4Classed’âge Kinyarwanda
(ans) (en langue rwandaise)
0 – 7 Umwana muto
7 – 14 Umwana uhagatiye
14– 21 Ingimbi
21 – 28 Umusore (ou Inkumi) utaraba igihame
28– 35 Umusore (ou inkumi) w’igihame
35– 49 Umugabo (ouumugore) w’igikwerere
549-56 Umugabo (ouumugore) w’ijigija
56 – 70 Umukambwe
70 – 77 Umusaza ouumukecuru
77– 91 Umusaza (ouumukecuru) rukukuli
91– 98 Umusaza (ouumukecuru) kirandatwa
98– 106 ou plus Umusaza (ou umukecuru) wabaye Gahanga
[indéboulonnalable]
4Il faudrait savoir qu’en Statistiquedescriptive, l’extrémité supérieure est exclue, et
l’extrémité inférieure incluse etque lecentredeclasse est la moyennearithmétiquedes
extrémités.
5
Aujourd’hui, l’avoirtend àcompterplusque l’être, mais c’est incorrect:d’où l’abus du
terme swahili de Mzee. Mzee devient de plus en plus un attribut de la richesse etnon plus un
attribut d’un âge respectable. Entout cas, Mzee Kijyanaest unnon sens .
24Ainsi, par exemple, quand on dit en Histoiredu Rwanda ancienque le Mwami
Mutara II Rwogeraa été intrôniséà l’âge d’umwana uhagatiye etqu’il est mort à
l’âge d’umugabo w’igijija, il est facilededéterminerladurée de sonrègne. Cela
veut dire, en considérant laclasse 7-14etlaclasse49-56, qu’il aété introniséà
environ(7+14)/2=10,5 ans etqu’il est mort àenviron (49+56)/2= 52,5 ans. Ainsi
donc, la duréedu règne du Mwami Mutara II Rwogeraa étéde (52,5 – 10,5)= 42
ans. Cyilima IRugweaété intronisébébé (=uruhinja) et est mort à l’âged’umusaza
Kirandatwa:celafait une duréede règne de [(98+91)/2]= 94.5 ans. Le conquérant
Ruganzu II Ndoliaenvahile Rwanda à l’âged’umugabo w’igikwerere eta été tuéà
l’âged’umugabo w’ijigija: soit une duréede règne de [(56+49)/2 – (49+35)/2] =
52.5–42= 10.5 ans. Par contre, on pourrait savoir que le Mwami Mibambwe III
Sentabyo a régné5 ans et est mort à l’âged’umusore utaraba igihame et chercher
son âgeà son intronisation. La réponseest dans ce cas-ci [(21+28)/2 – 5] = 24.5– 5
= 19.5ans. On pourrait même ne riensavoir du toutsurl’Ikigero (=classed’âge)
desmonarques très anciens. Comment faire ?
Enfin, il convient quand même de ne pasprendre unumugabo w’ijigijapour un
umukambwe; unumukambwe pour unumusaza,et encore moins pour unumusaza
rukukuli , ni l’inversecar cela pourrait beaucoup déplaire voire même biaiser les
résultats. Cettefaute est fréquemment commise parles chercheurs coloniaux belges
enl’occurrence Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt, Jean Jacques Maquet. Sur ce, il y
a lieu maintenant d’entrer dans le vifdu sujet et au fur et à mesurededémythifierle
modèlecolonial belge etle péri modèle noble Tutsiste, de condamnerle modèle
AKAZU-KIGA, de critiquer et dedénoncerle modèle Siyasa noble Tutsi,de
présenter le Meilleur Modèle d’Histoiredu Rwanda (le Modèle Mgr Alexis
KAGAME),dedégager enfin la Théoriede la Spirale de la violence rwandaiseet de
prédire .
Enfin,aux lecteurstrèspressés, on recommanderait de lire l’introduction générale,
les généralités, l’aperçu généralsurle Rwanda ancien, les dictons Kinyarwanda
repris à la fin de chaque règne, le règne du Mwami Ndahiro II Bamara, le règne du
Mwami Nsoro II Byinshi, le règnedu Mwami Ruganzu II Ndoli, le règne du
Mwami Mutara ISemugeshi, le règne duMwami Cyilima II Rujugira, la
Révolution de palais de Rucunshu, laconclusion surle Rwanda ancien etsurtout la
postface. A ceux qui voudraientmaîtriserl’Histoiredu Rwanda, on recommande de
toutlire .
25èreI PARTIE: LES GENERALITES
Cettedeuxième partiea pourobjet de clarifier laconceptualisation, la méthodologie
etlafaçon de poserlesproblèmesinhérents à l’Histoiredu Rwanda. Nous allons
expliquer notre modèled’Histoiredu Rwanda,étant donné qu’il existed’autres
modèles d’Histoiredu Rwanda différents du nôtre. Le lecteur devrait être
honnêtement informéet acquérirlacapacitéde répartir les écrits, les ouvrages, les
films etles conférencesquisefontsurle Rwanda selonlesmodèles d’Histoiredu
Rwanda. Pour ce faire, il sera même nécessairedefaire ultérieurementles critiques
desmodèles d’Histoiredu Rwanda. Néanmoins, nous attironsl’attention
particulière du lecteur qu’en aucun cas, le présent Manuel n’entend se permettre de
jugerlespersonnes entant que telles, mais plutôtlesmodèles auxquels elles
appartiennent,ainsi que laconduitedes hommes publicsou des hommes d’Étatqui
d’unefaçon ou d’une autre ont une part imputableau Bonheurou aux souffrances et
aux malheurs du Peuple rwandais .
Lacarteadministrativede référenceest lacarteadministrativedu Rwanda ayant
prévalu depuis 1962 jusqu’en 2000, où toutle monde peut se retrouver. La raison
principaleest qu’iln’est pas possibledebaser unouvrage scientifique sur unecarte
administrative incertaineettrop changeant suivant les échéances électorales. Mieux
vaudrait donc maintenirl’anciennecarteadministrativeen attendant une carte
administrative satisfaisante .
L’Histoiredu Rwanda est l’Histoired’une Nation africaine millénaire, composée de
troissous-populations: les Hutu, les Tutsi et les Twa. A titredeconceptualisation ,
on dira sous-population Hutu, sous-population Tutsi et sous-population Twa. Hutu ,
Tutsi et Twa sont desmotsinvariables. La Sous-population Tutsi comprend enson
sein la Noblesse Tutsi (=Impfura) au sein de laquelle on a une aristocratie
supérieure Tutsi (=Impfura z’imbere). Aujourd’hui, la Noblesse Tutsi faction
Abakagara rentrée d’exil s’appelle Abavantara. Le concept péjoratifd’ethniedoit
être rejeté etremplacé par celui de sous-population. L’adjectifdérivéde
souspopulation est le mot tribal; le substantifdérivéest le mot tribalisme. A notreavis ,
leconcept de tribu est un équivalent du concept d’ethnieet de plus, il a l’avantage
de ne pas véhiculer uneconnotation colonialiste négative. On donnera de plus
amples détails dans ledéveloppement. Voilàdonc les nouveaux concepts et les
27nouvelles définitions du Modèle Mgr Alexis KAGAME à connaitre dèsle départ .
L’Histoire n’est pas une science immobile. Elle seconstruit sans cesse. Elle
progressegrâceaux avancées de la recherche mais aussiparréinterprétation et
reformulation dessavoirs acquis. L’Histoireest une science cumulative. C’est
pourquoi on sedoit de bâtirsurl’archétype élaboré par Mgr Alexis KAGAME, tout
enl’actualisant et enle modernisant.Toutefois,démographiquement parlant, il
n’existe qu’uneet une seule Population rwandaiseappelée le Peuple rwandais .
Notre méthodologie d’analysecombine lesméthodesstatistiques, l’analyse de
contenu des documents, l’analyse démographique, l’économétriedes variables
qualitatives etlesméthodes de rechercheensciencessociales. Mais, le présent
Manuel s’inscrit dans lecadredu Modèle Mgr Alexis KAGAME avec une
démarcheet un style personnel. Seul un faiseur de singeriesirait jusqu’à adopterle
styleetladémarched’un autre .
Parmitous ceux qui écrivent sur le Rwanda, raressont ceux qui veulent bien
dévoiler leur modèled’Histoiredu Rwanda. Le présent Manuel a pour but
d’apprendreau lecteur àdécouvrir unmodèled’Histoiredu Rwanda, même s’il est
savamment caché. Il n’existe qu’un et unseul modèle par auteur: le problème est
de le percevoir. Nombreux sont ceux qui écrivent, nonpaspour dire la vérité, mais
pour enjoliver l’imaged’un régime politique quiles favorise ou les a privilégiés et
donc pour manipuler le lecteur. Ils créent expressémentlebrouillard. On vadonc
proposer une technique de dépistagedes brouillards, même dans unromanou dans
une fiction. Souvent, pourmystifier à l’aise, on sedissimulederrière le roman ou la
fiction. Tout ce qui est roman ou fictionsurle Rwanda serait doncàéviter.
I- TABLEAUSYNOPTIQUE DES MODELES D’HISTOIREDU RWANDA
Généralement, parmodèle, on entend une représentation enpetit d’unobjet qu’on
se propose d’exécuter en grand. Cette représentationrequiert donc des
caractéristiques,c'est-à-diredes déterminants. Convenons, pour caractériser un
modèled’Histoiredu Rwanda, au moins de 14 déterminants. Évitons exprès
d’incluredans ledomainededéfinition dece modèle l’Actualité politique
rwandaiseallant de 1962 à aujourd’hui, parce que toutes leslumières ne sont pas
encorefaites; que tousles acteurs ne sontpas encore très bien connus etquedes
institutions habilitéesn’ont pas encore terminé leurs enquêtes. Dececôté-ci, il ne
s’agirait donc pas d’Histoiredu Rwanda, mais plutôt d’unregard scientifique sur
l’Actualité politique rwandaise ou de la Sociologie politique. Cela n’est pas
présentement notrebutpremier. Un déterminant d’un modèled’Histoiredu Rwanda
s’établirait par une réponse uniqueà une question fermée donnée. Ainsi donc, au
moinsquatorze questions sont nécessairespour formulerou découvrir un modèle
d’Histoiredu Rwanda. Ce sont lessuivantes :
28• Question N°1: Depuis quand le Rwanda existe-t-il à peu près? 1000 ans? 300
ans?100 ans ?
• Question N°2 : Le Rwanda ancien était-il une nation? Ouiou non?
• Question N°3: Le Rwanda ancien était-ilplus vaste ou plus petit
qu’aujourd’hui ?
• Question N°4 : Existe-t-il dessous-populations Hutu, Tutsi, Twaau Rwanda ?
Oui ou non? Sinon, qui les a inventées puisque toutle mondeenparle
aujourd’hui ?
• Question N°5: Existe-t-il au Rwanda desproblèmesintertribaux et des
problèmes intra tribaux? Ouiou non?
• Question N°6 : Peut-onparler de Noblesse Tutsi au Rwanda,hier et
aujourd’hui ?
• Question N°7: Que s’est-ilpasséen1959 au Rwanda? La Révolution
rwandaise? Destroubles? Un génocide des Tutsi? Un génocide des Hutu? Un
génocide ambivalent ? Des violencespolitiques ?
• Question N°8: Si Révolution rwandaise y aeu,était-elle nécessaire? Ouiou
non? Expliquez .
• Question N°9: Que s’est-il passéau Rwanda le 01/07/1962? Accession à
l’indépendance ? Recouvrement de l’Indépendance? Rien du tout?
• Question N°10 : Que pensez-vous de lacolonisation Belge? Du bien? Du
mal? Nuancé? Rien du tout? Et que pensez-vous de lacolonisation
allemande ?
• Question N°11: Que dites-vous du Lyangombisme? Le Satan? Du
paganisme ? Unité nationale ? Manipulation Tutsi? Rien du tout ?
• Question N°12: Qui estle pèrede la Nation rwandaise? Lecolonisateur?
Gihanga ? Habyalimana ? Personne ?
• Question N°13 : Que pensez-vous du conflit entre l’Églisecatholiqueetla
Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara au pouvoir au Rwanda ?
Persécution de L’Églisecatholique? Il n y a pas deconflit? L’Église
catholiquea eu tort au Rwanda? Abstention?
29• Question N°14: Quel genredecoopération régionale privilégieriez-vous ?
Avec les pays anglophones de l’Afrique de L’Est ou avec lespays francophones
de l’Afrique centrale? Abstention?
Au bout du compte, quand on lit un ouvrage surle Rwanda;qu’onparvient à
répondre àces14 questions grâceaux réponsesqu’il apporte; on sait tout de suite
de quel modèled’Histoiredu Rwanda il s’agit. Très souvent, le reste ne consiste
qu’à développer et à habiller sonmodèle. A notreavis, poser desquestions
augmente le savoir. Sionn’aime pasles gens qui posent desquestions:c’est à
causede leursoifde transparence. Enréalité, quelqu'unquirefuse ledialogue craint
trèsprobablement qu’onne lui posedesquestions embarrassantes.
Compte tenu dece quiprécède,auvu desréponses apportées par les différents
écrits,documents et ouvragespubliéssurl’Histoiredu Rwanda, on affirme que
toutecette littérature se repartit selonLES SEPT MODELES D’HISTOIREDU
RWANDASUIVANTS :
1) Le Modèle Mgr Alexis KAGAME (=Modeli ya Mgr Alexis KAGAME)
2) Le modèle Siyasa noble Tutsi(=Ingengabitekerezonsiyasa y’Abavantara)
3) Le modèle AKAZU-KIGA (=Ingengabitekerezo y’Abanyakazu)
4) Le modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina (=Ingengabitekerezo
mbiligi ya Mpatsibihugu)
5) Le modèleétrangermissionnaire (=modeli y’Abamisiyoneri)
6) Le péri modèle noble Tutsiste (=Ingengabitekerezo ya
Mhengamiye-kuBatutsi)
7) Le modèle observateur étranger(=modeli y’Indorerezi z’Abanyamahanga)
Il est demandé au lecteur de répondre personnellement et honnêtement aux quatorze
questions ci-hautposées à la seule fin de découvrir lui-même le modèled’Histoire
du Rwanda qui convient le mieux à sa personnalitéetpartant de reconnaître aux
autresledroit d’avoir desmodèles d’Histoiredu Rwanda différents du sien en
raison des différences de personnalité qui existent parmiles humains. Il est à
espérer qu’unjour le Peuple rwandais pourrachoisirlibrementle modèled’Histoire
du Rwanda qui lui convient le mieux. Il est àconstater,hélas, quechaque tyran, qui
s’amène, apporte sonmodèled’Histoiredu Rwanda. Cela nedevrait pas continuer
ainsi .
30Onliraau tableau N° 02 ci-contre Le tableau synoptiquedesmodèles d’Histoiredu
Rwanda .
TABLEAUN° 01: TABLEAUSYNOPTIQUE DES MODELES D’HISTOIRE
DU RWANDA
QUES- QUES- QUES- QUES- QUES- QUES- QUES- QUES-Questions
TION TION TION TION TION TIONN° 6 TIONN° 7 TIONN°8Modèles
N° 1 N° 2 N° 3 N°4 N°5
1. Modèle 1000 ans Nation Plus vaste oui oui oui Rolution nécessaire
Mgr A . rwandaise
KAGAME
2. Modèle 1000 ans Nation Plus vaste Les S/P non non Violences Ce n’est
Siyasa ont été politiques même pas
noble Tuts i inventées une
parle
Révolution
colonisateur
belge
3. Modèle 17 e siècle non Pluspetitoui oui Noblesou Révolution nécessaire
AKAZU- pas,ce Rwandaise
KIGA sont tous
des Tuts i
4. Modèle 17e siècle non Pluspetitoui oui oui Révolution nécessaire
Colonia l Rwandaise
Marcel
D’Hertefe l
t et Jan
Vansina
5. Modèle 1000 ans Nation Plus vaste oui oui oui Révolution nécessaire
Mission- rwandaise
naire
6. Modèle S’abs- S’abs- S’abs- oui oui oui Révolution S’abstient
observa- tient tient Tient Rwandaise
teur
étranger
7. Modèle 1000 ans Nation Plus vaste Les S/P non non Génocide Ce n’est
péri ont été des Tuts i même pas
modèle inventées une
noble parle Révolution
Tutsiste
colonisateur
belge
31TABLEAUN° 02: TABLEAUSYNOPTIQUE DES MODELES D’HISTOIRE
DU RWANDA
QUESTION QUESTION QUESTION QUESTION QUESTION QUESTION
N° 9 N° 10 N° 11 N° 12 N° 13 N° 14
1. Modèle Recouvre- Du mal Manipu-lation Gihanga I Persécution Afrique
Mgr Alexis ment de Tutsi Ngomijana de l’Église centrale
KAGA-ME
l’IndépenDance
2. Modèle Rien du tout Du mal Unité Gihanga I L’Église Afriquede
Siyasa noble nationale Ngomijana catholiquea l’Est
Tutsi eu tort
3. Modèle Accession à nuancé Colonisa-tion Juvénal Persécution Afrique
AKAZU- l’Indépen- Tutsi Habyalima de l’Église centrale
KIGA Dance na catholique
4. Modèle Accession à Du bien Satan Les europé- Abstention Afrique
Colonial l’Indépen- ens centrale
Marcel Dance
D’Hertefelt et
Jan Vansina
5. Modèle Recouvre- nuancé Pagani-sme Gihanga I Persécution Afrique
étran-ger ment de Ngomijana de l’Église centrale
missionnaire l’Indépen- catholique
Dance
6. Modèle Abstention nuancé Absten-tion Abstention Abstention Abstention
obser-vateur
étran-ger
7. Péri Accession à Du mal Unité natio- Abstention L’Église Afriquede
modèle noble l’Indépen- nale catholiquea l’Est
Tutsiste Dance eu tort
32II- CARACTERISTIQUES PRINCIPALES DES MODELES D’HISTOIRE
DU RWANDA
En termes dedéterminants, il est maintenant possible de releverlesprincipales
caractéristiques desprincipaux modèles d’Histoiredu Rwanda, à savoir: le Modèle
Mgr Alexis KAGAME, le modèle Siyasa noble Tutsi, le modèle AKAZU-KIGA et
le modèle Colonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina .
D’aprèsle Modèle Mgr Alexis KAGAME, le Rwanda est une nation existant depuis
au moins milleans,ayant étéamputée de certainsterritoiresparlacolonisation. On
aau Rwanda, depuis plusieurs siècles, troissous-populations: les Hutu, les Tutsi et
les Twa. Néanmoins, le modèle n’y attache pastrop d’importance. Mais, Il existe
desproblèmessociopolitiques intertribaux etintra tribaux. Il y avait une Noblesse
Tutsi dominatrice qui aété renversée en1959 par la Révolution rwandaise. Cette
Révolution était tout à fait nécessaire. Le 01.07.1962, le Rwanda a recouvré son
Indépendance. La colonisation allemande aété pire que la colonisation belge. Le
père de la Nation rwandaiseest Gihanga INgomijana. Le Lyangombisme est une
gigantesque manipulation Tutsi. L’Églisecatholiqueest persécutée. Legenrede
coopération régionale préférable serait avec les pays francophones de l’Afrique
centrale (U.P.G.L.). Le Modèle prône unquadrilinguismeéquitabledans l’ordre
décroissant suivant: Kinyarwanda-Français-Anglais-Swahili. On a des amis partout
qu’ontient àgarder,en France,en Belgique, en Suisse, au Québec,en Afrique
francophone, etc. Plus on connaît de langues, mieux c’est. Enrayantlefrançais de
la listedeslanguesnationales rwandaises, les Abavantara ontlésé lacommunauté
rwandaise majoritaire francophone à telle enseigne que le Peuple rwandais ne
l’approuve pas. Les Anglo-Saxons veulent ledéveloppement de leur langue
‘’l’anglais’’ mais ne recherchent pas la mort du français. Ça ne leur fait rienque les
Rwandais parlent enmême tempsl’anglais etlefrançais. On sait déjà que l’anglais
est trèsimportant. D’ailleurs, rienn’empêche quedes étudiantsrwandais aillent
aussi en Chineétudierlechinois,en Allemagne étudier l’allemand, en Russie
étudierle russe, etc. Toutecoopération bilatérale trèsintéressantedevrait trouver au
Rwanda des Rwandais qui parlent sa langue. Personne ne refuserades bourses
d’études aux gens qui veulent sincèrement venir étudier sa langue .
33D’après le modèle Siyasa noble Tutsi, le Rwanda est une Nation existant depuis
1000 ans,ayant étéamputée de beaucoup de territoiresparlacolonisation(1/3). Les
sous-populations Hutu, Tutsi et Twa n’existent pas:ce sont les Belgesquilesont
inventées. Iln’y a pas de problèmes Tutsi/Hutu-Twaau Rwanda. Noussommes
tous des Rwandais. Il n’y a jamais eu de Noblesse Tutsini de domination noble
Tutsi au Rwanda. En 1959, il y a eu des violencespolitiques doublées d’un
génocide des Tutsi àcause de l’Églisecatholique. Le 01.07.1962, la Belgiqueest
partieenlaissant le pouvoir aux Hutu au lieu de le laisser aux Tutsi entre lesmains
desquels elle l’avaittrouvé. Lacolonisation belge était affreuse, mais les Belgesse
sont excusés contrairement aux Français. Enfin, le Rwanda a recouvré son
Indépendance le 04.07.1994, dateà laquelle les Forces patriotiques rwandaisesont
chassédéfinitivement les forcesnégatives génocidaires Hutu etlibéré le Rwanda .
Le père de la Nation rwandaiseest Gihanga INgomijana. L’unité nationale
rwandaise résidait dans le Cwezisme Lyangombiste. Le genredecoopération
régionale préférable serait avec les pays anglophones de l’Afrique de l’Est. Le
français est une langue morteà jeter .
Par parenthèse, le Rwandaa rompu sesrelations diplomatiques avec la France le 24
novembre 2006 etles a renouées le 29novembre 2009. D’aprèsle nouveau chef
6d’état-major des armées françaises, Édouard Guillard,c’est à la demande de Kigali
que les relations ont été normalisées avec Paris. Néanmoins,à notreavis,au
Rwanda, la Francecourt derrière les événements. Elleest déjàdépassée. Ce sont les
francophonesrwandais eux-mêmesquipourrontsebattreefficacement etréhabiliter
véritablement lefrançais au Rwanda. Nousréhabiliterons lefrançais au Rwanda ,
coûte quecoûte, mais simplement dans nospropresintérêts linguistiques. Ils sont
mystérieux etloucheslesintérêts de la Franceau Rwanda de la Noblesse séculaire
Tutsi faction Abakagara. Courir derrière Paul Kagame, -un criminelqui a aussitué
des Français-, ne rapportera pas grand-choseà la Franceet à la langue française .
Paul Kagame ne parlera jamais lefrançais. Ce président rwandais est plus égoïste
que le président français. Or,dans lecas d’espèce, c’est le plus égoïste qui gagne .
Enrésumé, le leitmotiv du modèle Siyasa noble Tutsi est le suivant:« La Noblesse
Tutsi faction Abakagara de retour d’exil (=Abavantara) n’existe pas. Noussommes
tous des Rwandais. La Noblesse Tutsin’a jamais existéau Rwanda. Ce sont des
histoiresque les colonisateurs belgesont inventées de toutes pièces ». Dèslors ,
quiconque parlede la tyranniedes Abavantara et du génocide des Hutu,des Twaet
des Tutsi centristes commisparl’Armée patriotique rwandaise (APR) etmet en
lumière l’ambivalence du Génocide rwandais est traitédedivisionnisteet de
négationniste. Elledit qu’il est contre la réconciliation entre les Rwandais etque
c’est un ennemi de la Patrie. Elleajoute qu’il hait les Tutsi et que c’est uneforce
négativeet un terroriste. Dans le piredes cas,elle lui fabrique à la hâte un dossier
6
Cfr Le Télégramme 2009
34de génocide des Tutsi et de viols des femmes Tutsi. Sinon, elledit qu’il a de
l’idéologie génocidaire. La Noblesse Tutsi faction Abakagara traumatise les Hutu
et culpabilise la communauté internationale. Elle se dissimule derrière les Tutsi ,
utilisedes extrémistes Tutsi Burundais, instrumentalise le génocide des Tutsi,fait
des amalgames avec la Shoah et exige des excuses. S’opposer à elle, c’est faire
montre d’idéologie génocidaire, de révisionnismeet de négationnisme. Les
Abavantara s’identifient à la Patrie. Ils considèrent Le Rwanda comme leur
propriété privée. Et pourtant,c’est une minoritéde la minorité tribale Tutsi(± 3%
de la Populationrwandaise). Tel est en bref le modèle Siyasa noble Tutsi
(=Ingengabitekerezonsiyasa y’Abavantara).
D’après le modèle AKAZU-KIGA, le Rwanda n’était pas une nation avantla
colonisation européenne. Iln’a pas étéamputé par lacolonisation. Au contraire,
ec’était unpetitroyaume réduit au Nduga datant seulement du 17 siècleauquelle
colonisateur a ajouté les Inkiga pour former finalement le Rwanda en1896. Les
troissous-populations Hutu, Tutsi et Twa y existaient effectivement. Il y ades
problèmes entre Hutu et Tutsi. Les Tutsisont des Inzigo(Nahimana, 1993). Le
modèle AKAZU-KIGA ne fait pas de distinction entre nobles Tutsi et Tutsi
défavorisés. A vrai dire, même les Hutu du Nduga sont aussi des Tutsi(disent-ils en
privé). Joseph Giteraétait un anarchiste. Ilne luttait pas pour la République. Il
luttait pour la monarchie. C’était un hommede Kigeli VNdahindurwaavec qui il se
voyait en cachette: il a mêmecontinuéà allerle voir à l’étrangeroù il était en exil
(Voir au sujet de Joseph Gitera tout ce que raconte Gaspard Musabyimana sur son
site www.musabyimana.be). La Révolution rwandaiseétait nécessaire, mais ellea
été mal faite parles Hutu Banyanduga qui n’y comprenaient rien. Le régime
Kayibanda fut un échec surtoute la ligne, commente Emmanuel Neretse surle site
www.musabyimana.be. Le 01.07.1962, le Rwanda aaccédéà l’Indépendance. La
colonisation belge était moinsmauvaise que la colonisation Tutsi. Enfin,finalement
c’est grâce à l’héroïque intervention du Général Major Juvénal Habyalimana en
date inoubliabledu05 juillet1973 que le Rwanda est devenu effectivement une
Nation unifiantréellement le Nduga etles Inkiga. Le père de la Nation rwandaise
7est donc Juvénal Habyalimana. Juvénal Habyalimanaest mythifié . C’est son
7
A notreavis, l’union efficiente serait l’union des Giteristes, des Kayibandistes, des
Royalistes, des Habyalimanistes démocrates et d’autres centristes divers [(PDP (=Imanzi)
de Déo Mushayidi, etc.] c’est-à-dire l’oppositionrwandaiseà l’AKAZU-KIGA et aux
Abavantara etnon l’union des Hutu ou l’union des Tutsiqui desservirait l’opposition
rwandaiseetservirait la Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara au pouvoir. C’est la
combinaison idéale! Une bonne union est celle quiregroupe despartis politiques plusou
moins adeptes d’unmême modèled’Histoiredu Rwanda. Par ailleurs, il serait plus correct
de parler en termes de Giteristes, Kayibandistes, Royalistes, Habyalimanistes, Banyakazu et
Bavantara et divers qu’entermes d’Hutu/Tutsi/Twa ou de Kiga/Nduga. Ce seraientlàdes
tendancespolitiquesjustifiables. En effet, le conflit rwandais n’est ni un conflitracialni un
conflit régional. Ceux-cisont despiègesque tendent les extrémistes: ils aiment tendre le
35assassinat qui aembrasé toutle Plateau africain des grands lacs, soutient Eugène
Shimamungu (Juvénal Habyalimana-L’hommeassassiné le 06 avril1994, éditions
edu Nil, Lille, 2004). Dès ledébut du20 siècle, les Inkiga connaissent le
Nyabingismeet de moins en moinsle Lyangombisme Tutsi. L’Églisecatholiqueest
persécutée. Le genredecoopération régionale préférable serait avec les pays
francophones de l’Afriquecentrale .
En résumé, Le leitmotiv du modèle AKAZU-KIGA estle suivant:« Les Bakiga
Habyalimanistes(=Abanyakazu)n’existent pas. Noussommes tous des Hutu ». Dès
lors, quiconque parlede la tyranniede l’AKAZU-KIGA et du génocide des Tutsi et
des Hutu centristes ets’opposeautant au régimedes Abavantara qu’à l’éventualité
de retour au pouvoir de l’AKAZU-KIGAHabyalimanisteest traitédedivisionniste
et de régionaliste. Elledit qu’il est contre la réconciliation entre les Hutu etque
c’est un ennemi de la Nation rwandaise. Elleajoute qu’il hait les Bakiga, que c’est
unintrigant et un INYENZI. Iltravaille pourle FPR (=Inkotanyi). L’AKAZU-KIGA
s’identifie à la Nation rwandaise. Elle prend Juvénal Habyalimana comme le Père
de la Nationrwandaise. Elleestime quece sont les traîtres Bakiga (Bizimungu ,
Kanyarengwe, Nsekalije, Birara, Rusatira, Benda, Ngulinzira, Mpfizi, Murego ,
Ndibwami, Biseruka, Lizinde, Rucagu, Karuhije, Rwarakabuje,etc.) etles Hutu
Banyanduga opposants au Pèrede la Nation qui ont revendu la Nation rwandaise
aux Tutsiou aux INYENZI-Inkotanyi. Toutefois, les Banyakazu ne précisent pas sur
quel marché l’AKAZU-KIGA avait acheté la Nation rwandaise. L’AKAZU-KIGA se
dissimule derrière les Hutu etinstrumentalise ‘’Rubanda nyamwinshi’’(= la masse
populaire). Etpourtant c’est une minoritéde la minorité régionale des Bakiga (± 5
% de la Populationrwandaise). Pour avoir des adhérents ailleurs au Rwanda, elle
utilisedes Banyandugafidèles des fidèles des Banyakazu, notamment Édouard
Karemera, l’ambassadeur Ildephonse Munyeshyaka, beau-frère du Colonel Laurent
Serubuga,etprésident de l’ODR (=Dufatanye) de tendance Habyalimaniste, etc .
Bref, desnostalgiques Banyanduga Habyalimanistes de service surquiles faveurs
de l’AKAZU-KIGA pleuvaient abondamment. On analysera ultérieurementle
contenu de leurs écrits ou interviewspublics en utilisant lestechniques d’Analyse
de contenu. L’intention cachée des Bakiga Habyalimanistes est la suivante: « Pour
que nous puissions à nouveau dominer toutle monde, nous devons utiliserles Hutu
de sorte qu’ils nous aident à retourner au pouvoir(=Nimudufashe dusubire ku
butegetsi; maze twongere tubategeke bya nyabyo !) ». Tel est en bref le modèle
piège tribal ou le piège régional. C’est un conflit intercommunautaire, politiqueetsocial.
L’AKAZU-KIGA doit être laissée à l’abandon. C’est elle quil’a voulu depuis 1973 et
surtout de 1990 à 1994. Les Bavantara ont renchéri. Aucun changement n’est possibleau
Rwanda si on ne renvoie pas dos àdos les Bavantara etles Banyakazu. Voilà pourquoi ils
coopèrentsouvent etsont toujours entrain de casser l’opposition centriste. En1993-1994
s’était possible grâceà l’entrismeet à ladistribution des faveurs. Aujourd’hui, à
l’extérieur, c’est compliqué .
36AKAZU-KIGA (=Ingengabitekerezo y’Abanyakazu). On est absolument d’accord
pour l’abolition de la Noblesse Tutsi et de la Tyranniedes Abavantara mais le
retour au pouvoir des Bakiga Habyalimanistes(=les Banyakazu) est àcombattreà
toutprix. Ce serait une catastrophe nationale pire. On les connait.
Pourrait servir d’illustration pratique l’ouvragede Gaspard Musabyimana
(Rwandais originairede Nyamugali dans la région de Ruhengeli)intitulé ‘’
Rwanda le mythe desmots, Recherche surleconcept ‘’AKAZU’’ etses
corollaires, L’Harmattan, Paris, 2008’’. Voici ce qu’il dit en bref:« Jusqu’à son
assassinat, le 6 avril1994, le président Juvénal Habyalimana adû fairefaceà la
guerreet, surle planintérieur,à lagestion de ladémocratie. Des mots chargés
négativement furent inventés de toutes piècesparsesopposantspolitiques, du
concept ‘’AKAZU-KIGA’’ à ‘’Réseau Zéro’’, ‘’Escadrons de la mort’’ou ‘’Hutu
Power’’. Ce livre revisitecestermes etmontre qu’ils ont tous étéconstruitssurle
même modèleet fontpartied’un seulregistre, celui du marketing politiqueet de la
propagande de guerre ». En un mot, l’AKAZU-KIGA, le réseau zéro, le slogan
Hutu-Power etles Escadrons de la mortn’ont jamais existé. Ce sont des absurdités
qu’oninvente. Les Banyakazu n’ont jamais commisle moindre meurtre. Les GP
(=gorilles gardesprésidentiels de Habyalimana) etles Interahamweétaient des
angesparfaits. Tout ce qu’ont raconte sur eux n’est que mensonges. C’est du
marketing politique et de la propagande de guerre. Ce sont les opposants à
l’Umubyeyi Juvénal Habyalimana qui ontinventé tout cela de toutes pièces.
L’Umubyeyi gérait très bienla Démocratie. Il va même plusloin et précise que son
prédécesseur Grégoire Kayibanda est mort d’unecrisecardiaque alors que le
Mubyeyi Juvénal Habyalimana avait eu l’amabilitédebien vouloir commuer sa
peinecapitale tout à fait méritée enprison à perpétuitéenrésidence surveillée à son
domicile (voirson site
http://www.musabyimana.be/lire/article/biographie-dupresident-kayibanda/index.html).
La plupart des Rwandais se posent la questionsuivante. Pourquoi est-ce que les
chercheurs Banyakazu sont majoritaires dans ledomainede la recherche surle
Rwanda en Sciencessociales? En effet, le modèle AKAZU-KIGA est unmodèle
mystificateurnourripar des chercheurs Banyakazu très bien formés dans l’art de la
Manipulation, du Langage,de l’Information et de la Communication. Bardéede
Diplômes, l’ancienne jeunessedorée de l’AKAZU-KIGA est aujourd’hui à l’âge
adulteetmystifie toutle monde. Elle n’a tué personne puisqu’en1994,ellefaisait
des études de Doctorat à l’étranger. Entre-temps, l’AKAZU-KIGA et consorts
massacrait les politiciens Banyanduga, décimait les intellectuels Tutsi et Hutu
centristes. Iln’est donc pas étonnant qu’aujourd’hui les chercheurs Banyakazu
soient plusnombreux dans ledomainede la recherche surle Rwanda ensciences
sociales. Néanmoins, la véritéetla qualité valent mieux que la quantité. Hier Lebut
recherché parl’AKAZU-KIGA était de créer un écart énorme entre les Banyakazu
etles autres Rwandais. Aujourd’hui lebutrecherché parla Noblesse séculaire Tutsi
37faction Abakagara est de créer d’ici 20 ans un écart énorme entreelleetles autres
Rwandais. Voilàdes causes du chaos,de la guerreet finalement de la perte totale .
On ne peut pas maintenirou rappeler au pouvoir des gens pareils. Lacommunauté
internationaleferait mieux d’êtreattentive à temps et de soutenir les demandes de
dialogue inter-Rwandais etla Démocratisation du Rwanda .
D’aprèsle modèlecolonial Jan Vansinaet Marcel D’Hertefelt, en gros, le Rwanda
est un toutpetitpays créé de toutes piècesparles Européens moyennant le
regroupement de minuscules royaumes: Rwanda ancien (Nduga), Bukunzi ,
Busozo, Buhoma, Murera, Bukonya, Cyingogo,etc. Le Rwanda anciense réduit au
Nduga et a étéfondé par Ruganzu II Ndoli. La Belgique y a trouvédes Hutu, des
Tutsi et des Twa. Lesproblèmes Hutu/Tutsi étaient réels. Le Révolution rwandaise
était nécessaire. Le Rwanda aaccédéà l’Indépendance le 01.07.1962. C’était un
petitpays qui ne savait pas se prendreen charge etqui avait eu lachance d’être
organisé par un éducateur civilisé, mais qui n’en a pas profité. Ce modèle s’appelle
en Kinyarwanda Ingengabitekerezombiligi ya Mhatsibihugu .
Enfin,concernant les autresmodèles d’Histoiredu Rwanda, il est facile de lire les
déterminants dans le tableau synoptique n° 02 ci-haut. De làdécoule que le modèle
étrangermissionnaireest prochedu Modèle Mgr Alexis KAGAME;que le modèle
AKAZU-KIGA est prochedu modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina,
que le péri modèle noble Tutsisteest prochedu modèle Siyasa noble Tutsi. Le
leitmotiv du péri modèle noble Tutsiste (=Ingengabitekerezo ya
Mhengamiyeku-Batutsi) est le suivant:« Les hutu majoritairesont tué les Tutsiminoritaires.
Parler degénocide commisparle FPR est une formede révisionnisme » .
S’agissant enfin du modèle observateur étranger,c’est un sous-modèleassez
important que les Rwandais commencent àdécouvrir etqui est pratiquement récent .
C’est unmodèle scientifique. Ce sont généralement des chercheurs étrangers plus
ou moins ‘’objectifs’’ tels que Charles Onana, Alison Des Forges, Claudine Vidal ,
André Guichaoua, Bernard Leloup, Philippe Reintjens, Bernard Lugan, Roger Booh
Booh, Robin Philpot (Philpot, 2007),etc. Ce sont desobservateurs étrangers qui
ont séjournéau Rwanda pour une raison ou pour une autre, soit à titre personnelsoit
dans lecadrede la coopération bilatérale ou multilatérale soit au nom d’une
association ou bien d’une autreetqui,au termede leur contrat, sont partis etont eu
enviededirece qu’ils avaient vu au Rwanda ou ce qu’ils savent du Rwanda .Ce
modèle s’inscritprobablement dans lecadre desrenseignements étrangers du Reste
du Monde sur le Rwanda. En unmot,ce sont desrenseignements généraux sur le
malade ‘’Rwanda’’, mais non les examens de laboratoire requis. C’est plus de la
Sociologie politique que de l’Analyse historique, de l’Économiedu Développement
ou de l’Analyse et Politique économiques. Apparemment destiné, soit à la
Diplomatie internationale, soit à la justice internationale, soit peut-êtreaux services
desrenseignements étrangers soit àdes finsscientifiques, soit àautrechose, ce
38modèle n’intéresse pas beaucouple public Rwandais. La force de ce modèleest
qu’iln’aaucune intention de détruire la Culture rwandaiseà l’instar du modèle
colonial belge Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina. L’avantagedece modèleest de
témoigner à Arusha aussi bien à charge qu’à décharge tout en évitant autant que
possible de s’immiscer dans les affairesinternesrwando-rwandaises. Cependant,à
quelques exceptions près(Philippe Reintjens, Robin Philpot, Bernard Lugan ,
Claudine Vidal, Roger Booh Booh, Bernard Leloup, etc.), soninconvénient est de
témoigner à sens unique et de marchersurlesœufssans les casser de peur de fâcher
la Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara au pouvoir. L’influence du discours
d’Ibuka est grande etperceptible, mais fortement combinée àcelle des bailleurs de
fonds, notamment lesjuridictionsinternationales, Amnistie Internationale, Human
Watch Rights. Ilserait prématuré de se prononcer sur ce modèle. Il est souhaitable
de le suivre de près et de beaucoupl’étudier àfond sur uneassez longue période de
manière àdéceler les fluctuations éventuelles en fonction desrégimespolitiques
rwandais qui se succéderont. Iln’est pas nécessairede s’attardersur ce modèlede
8même que surle modèle missionnaire. Ce sont desmodèlesobservateurs étrangers
qui ontquand même le méritede ne pas prendre ouvertement parti comme le péri
modèle noble Tutsitede Jean Pierre Chrétien et autres et de s’abstenirsurles
déterminantspolitiques purementrwando-rwandais. Ilsembledonc qu’ils soient sur
la meilleure voie: les chercheurs étrangers qui se méfient des discours de Kigali et
tiennent unlangage circonspecttelle que Claudine Vidal (Vidal, 2009) qui a très
910bien analysé le manèged’Abdul Joshua Ruzibiza . A vrai dire, les deux factions
8Il est àbiennoterqu’onne peutpasplacerla problématique du journalisteenquêteur
français Pierre Péan dans lesmodèles d’Histoiredu Rwanda attendu qu’iltraite des
relations rwando-françaises et non de l’Histoiredu Rwanda proprement dite .
9
D’accord, Abdul Joshua Ruzibiza est unnoble Tutsi Muhindiromais sa maman était une
noble Tutsi Mutsobe. A moins que les gens ne sachent plus ce que veut dire les nobles Tutsi
Batsobe et ce que veut dire le Codeésotérique de la Noblesse Tutsi. Or, les Tutsi Batsobe et
les Tutsi Bakagaraet consorts(ex. Rose Kabuye)sont de touttemps intimement unis. Bien
que Ruzibiza ait une dent contre Paul Kagame, il n’enfoncera jamais Rose Kabuye. Il ne
fautpasrêver. Par contre, despreuves existent effectivement que politiquement Ruzibiza est
bel et bienpartisan de la Noblesse Tutsi faction Mwami absolument opposée à la Noblesse
Tutsi faction Abakagara représentée par Paul Kagame. Peu d’étrangers savent qu’au
Rwanda il y a la Noblesse Tutsi faction Abakagara, la Noblesse Tutsi faction Mwami etles
Tutsi défavorisés.
10
Jeconnais assez bien Abdul Joshua Ruzibiza. C’est un géant. Ilsuivait régulièrement mes
coursà lafaculté des Sciencespolitiques etsocialesà l’Université librede Kigali. Iln’a pas
pu terminer. Ons’est retrouvéà Kampala en Ouganda où on était réfugié. On se voyait
dans desréunions d’opposantsrwandais à Kampala regroupant des Hutu et des Tutsi, y
compris des cousins de Paul Kagame, afin d’échanger desinformations. On se parlait.
C’est un royalisteconvaincu (= Ni umuntuwa Kigeli). C’est aussi un homme unpeu
compliquéetpeut-être versatil. Ilmedisait qu’il aimait beaucoupmes cours etmafaçon de
les enseigner. Quand ilm’adit que je suis l’un desmeilleurs professeurs rwandais qu’il
connaisse, j’ai cru qu’ilmeflattait ou qu’ilne saitpas ce que c’est qu’un bonprofesseur. Il
39de la Noblesse Tutsisont des vases communicants. La différence entre la Noblesse
Tutsi(± 5%) et les Tutsi défavorisés(±6%) échappe encoreà beaucoup d’analystes
étrangers voire même rwandais .
Bref, l’avantagedu tableau synoptiquedesmodèles d’Histoiredu Rwanda est de
permettreenligne de cernerles déterminants d’unmodèledonné et en colonne de
comparerlesmodèles d’Histoiredu Rwanda entreeux conditionnellement à un
déterminant donné, un à un. En gros, les différences résidant dans les
interprétations. Mais à vrai dire touslesmodèlestournent autour du Modèle Mgr
Alexis KAGAME duquel ils sont tousissus. Le modèle Siyasa noble Tutsis’est
séparé du Modèle Mgr Alexis KAGAME en 1958;le modèle AKAZU-KIGA en
1986. Le Modèle Mgr Alexis KAGAME estle Modèle principal de référence. On y
puisedesmatériaux de construction et on fait librement sesinterprétations . Mgr
Alexis KAGAME est donc le père incontestéde l’Histoiredu Rwanda .
En définitive, il siérait de faire remarquer que l’obstacle majeurque rencontrent les
étrangers amis des Rwandais désireux de les aider à se réconcilier consisteà ce
qu’ils n’ontpas encoredécouvert que les Rwandais ont desmodèles d’Histoiredu
Rwanda différents. Sans le savoir, Ils ont devant eux desmodèles divergentsquine
veulent pas dire leurs noms. Tout heurtement entredeux groupes de Rwandais en
présence dénote unedivergence de modèles d’Histoiredu Rwanda. Le but du
présent Manuel est d’aidern’importe qui à connaître lesmodèles d’Histoiredu
Rwanda et à reconnaître le meilleurmodèled’Histoiredu Rwanda, enl’occurrence
le Modèle Mgr Alexis KAGAME .
III- DESCRIPTIONDES PRINCIPAUX MODELES D’HISTOIREDU
RWANDA
Maintenant, on vaapprofondir ladescription desprincipaux modèles d’Histoiredu
Rwanda jusqu’aux niveaux des variables explicatives. Les critiques desmodèles
d’Histoiredu Rwanda sont réservées à lafin de l’ouvrage .
aétédéformé parl’espionnage. Apparemment, il n’est pas méchant. Mais, réellement, je ne
sais pas trop.
40A– LE MODELE AKAZU-KIGA
Le modèle AKAZU-KIGA est le modèle des Abanyakazu (=les Bakiga
Habyalimanistes). Appartiennentnotamment àce modèle Gaspard Musabyimana,
Maniragaba Balibutsa, Léon Mugesera, Ferdinand Nahimana, Emmanuel Neretse,
Augustin Ngirabatware, lafamille Habyalimana, Stanislas Simbizi, Eugène
Shimamungu, Joseph Nzirorera, Protais Mpiranya, Jean Ntiwiragaba,
RUDURUNANA, Gaston Iyamuremye, Athanase Gasake, Burasa, etc. Cependant ,
Maniragaba Balibutsaa décrochéets’est rapprochédu modèle Siyasa noble Tutsi
au point de nier catégoriquement aujourd’hui l’existencedessous-populations
Hutu, Tutsi et Twaau Rwanda .
Parmiles Bakiga, on distingue :
• les Banyakazu purs et durs tels que Ferdinand Nahimana, Léon Mugesera,
Félicien Kabuga, Augustin Ngirabatware, Jean Ntiwiragaba, RUD (=Urunana) ,
Gaston Iyamuremye (président a.i. des FDLR), Athanase Gasake, Burasa,etc .
Ceux-ci rêvent encorede la domination militaire internedu Rwanda par les
Inkiga comme dans lebon vieux temps de Juvénal Habyalimana. Ce sont des
extrémistes purs et durs .
• Les Habyalimanistes démocrates. Ceux-ci vénèrent Juvénal Habyalimana (c’est
leur droit)mais ne pensent pas qu’ilsoit encore possible aujourd’hui de
dominermilitairement le Rwanda avec une armée mono régionale Kiga. Ils
collaborent franchement avec les Banyandugaetles Tutsi. Ce sont Emmanuel
Neretse, Gaspard Musabyimana, Eugène Shimamungu, Sylvestre Mudacumura,
etc. Ils sont de moins en moins Banyakazu etse rapprochent progressivement
des Kayibandistes et des Giteristes. Néanmoins,certainstraits de leur discours
sont très critiquables. Ils ne reconnaissent pas encore l’assassinat de Grégoire
Kayibanda, l’existencede l’AKAZU-KIGA et des escadrons de la mort, les
massacres despoliticiens Banyanduga,etc. Ils tiennent de faux propos à l’égard
de Joseph Gitera. Mais, ilsreconnaissent legénocide des Tutsi et des Hutu
centristes,etc. Ce ne sont pas des extrémistes purs et durs .
• Il existeaussi des Bakiga carrément anti AKAZU-KIGA représentésparle
Général Léonidas Rusatiraet Christophe Mpfizi. Ils ont l’horreur du
Habyalimanismeet condamnent énergiquement l’assassinat de Grégoire
Kayibanda, les escadrons de la mort, lesmassacres despoliticiens Banyanduga ,
legénocide des Tutsi et des Hutu centristes,etc .
Le modèle AKAZU-KIGA éprouve une peur extrême des Giteristes,des
Kayibandistes, des Royalistes et des autres Tutsi. L’AKAZU-KIGA meurt de peur à
l’idée d’être jugée un jourpour tousses crimes commis depuis le 05.07.1973 et pas
seulement pour legénocide des Tutsi et des Hutu centristes. N’ayantplus defaveurs
41àdistribuer,elleest incapabledediviser. Elle tente l’entrisme mais en vain .
Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse se sont rapprochés avec succès des
Kayibandistes des FDU (=Inkingi). Ceux-ci ne leur reprochent rien. Eugène
Shimamungu essayede se rapprocher des Kayibandistes des FDU (=Inkingi)mais
n’est pas accepté. Il ya lieu de voiràce sujetses écrits surinternet‘’Ingabire partira
seule au Rwanda. Est-ce bien raisonnable ? ‘’, ‘’Rwanda-élections: Lespetites
phrases d'Ingabire’’. Billet d'humeur d'Eugène Shimamungu (Newsletter n°14). Il
serait intéressant de lire la réaction d’un vrai FDU, Emmanuel Mwiseneza, qui
démasque Eugène Shimamungu (cfr‘’Netters, En tant que démocrate qui soutient la
démarchedes FDU-Inkingi, j'ai été interpellé par ce billet d'humeur d'Eugène
Shimamungu etje voudrais y apporterquelques commentaires’’). La voici : ‘’Votre
acharnement contre Mme V. Ingabireest difficile àcomprendre, car, vous
l'accusez de tout et de son contraire’’. Onsent l’impact desmodèles d’Histoiredu
Rwanda sur l’objetpolitique rwandais. Les Bakiga Habyalimanistes Banyakazu
purs et durs, quant àeux, ne veulent pas d’une opposition qu’ils nedominent pas.
Avoir tyrannisé le Rwanda durant 21 ans les a marqués. Ils s’imaginent êtrefaits
pour dominerles autres etleur apprendrece qui est raisonnableet ce qui n’est pas
raisonnable. Ce qui est raisonnable, c’est d’aiderles Bakiga Habyalimanistes à
retourner au pouvoir. L’idéede retourner au pouvoirparles armeslesobsède. Le
déterminant principal de l’AKAZU-KIGA est laforce brutaleetla monopolisation
d’unearmée régionale Kiga. Serait-il encore possible aujourd’hui ? Ils critiquent
farouchement le projet de paix des FDU (=Inkingi)qu’ils considèrent comme naïf .
Ils pensent que Madame Victoire Ingabiregaspille inutilement de l’argent alors
qu’avec cet argent on aurait pu servir àacheter beaucoup d’armes.
Mais, les gens s’en moquent éperdument. Dans leconflitrwandais, il faudrait être le
plusrationnelpossible etle moins émotionnel possible. Les gens disent avoirle
droit de s’associer et d’agir librement. Ils disent aux Banyakazu que leur
acharnement est difficileà comprendreetleur fontsavoirque lestempssont
révolus. Ce n’est pas bon que lesmilitaires fassent de la politique. Lesmilitairesont
leurs charges, lespoliticienslesleurs. Ils sont formés différemment. Lecombat est
un acteextrêmement dangereux. On nedoit y recourirqu’après avoir épuiséen vain
touslesmoyenspolitiques etseulement en cas de légitimedéfense, quand on ne
peut plusrien faired’autre que sedéfendre. Onn’a pas encore totalement démenti
le modèle Siyasa noble Tutsi. Sa machinede propagande à usage interneet à usage
externeest encore intacte. Il faut d’abordamortir un édifice avant de ledémolir. Il
appartient justement à l’opposition politique rwandaisededéterminerle taux
d’amortissement. Il faut y allerlentement,discrètement et sûrement. Il faut d’abord
beaucouppenser aux Rwandais résidentsprésents au Rwanda et aux innombrables
vies humaines enprésence. Il imported’éviter une guerreà la Pyrrhusou à la
Kagame en 1994. Il faut d’abord prouverla tyrannieau Rwanda (=Gutanga
abagabo, kugoragoza), politiquement,diplomatiquement etscientifiquement. La
solutionla meilleure serait un dialogue inter Rwandais mais la Noblesse séculaire
42Tutsi faction Abakagara ne le voudra jamais gentiment. La Noblesse séculaire Tutsi
faction Abakagara est une tyrannie militaire sanguinaire. Le Génocide rwandais est
ambivalent. Lestribunaux populairesnéocoloniaux Gacaca-Gacabintu ne sont pas
de la Justice. Le modèle Siyasa noble Tutsi est unmodèlediscriminatoire, réducteur
etmystificateur. Voilà tout ce qu’on a àdémontrer! Ilsemblerait que ce ne soit
même pas encore démontré à50%. Quand on aura fait une très bonne
démonstration de tout cela, à un moment donné lacommunauté internationale sera
convaincue etlesprincipaux obstacles seront levés. L’approchede Madame
Victoire Ingabireest correcteettrès intelligente. Le tempsjoue enlafaveur de
l’oppositionrwandaise. Celle-ci est de plus enplus écoutéeà l’extérieur. C’estle
moment de faire une très bonne démonstration. Parallèlement, le malheur de la
Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara est d’être dirigé par desmilitaires
bornés et en plus des criminels. Le FPR (=Inkotanyi) est plusprès de la fin que du
début. Patience (=Nimwihangane, mwirambirwa!). Juvénal Habyalimanaet Paul
Kagame sont desleçons que le Peuple rwandais doit apprendreet bien assimiler
dans la voiede son évolution. Réaliser à quel point le phénomène AKAZU-KIGA
ou le phénomène ABAVANTARA fait trop mal éveillede plus enplus la
Conscience nationale rwandaise. En fin de compte, le Peuple rwandais ensortira
certainement mais n’oubliera jamais .Pourquoi le plaisir des uns doit-il coûter la
viedes autres?
De tous leslaudateurs du modèle AKAZU-KIGA, les chercheurs lesplus forts sont
Augustin Ngirabatware, Léon Mugeseraet Ferdinand Nahimana. Ilne serait pas
faux d’affirmer qu’Augustin Ngirabatwareest la tête pensantede l’AKAZU-KIGA .
Par contre Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse ont déjàarrondi pas mal
d’angles mais tiennent parfois encoredespropos inadmissibles comme ceux-ci :
« L’AKAZU-KIGA n’a jamais existé. Les escadrons de la mortn’ont jamais
existé. Joseph Gitera était un anarchiste et unmonarchiste pro UNAR etpro
Kigeli V. Grégoire Kayibandaest mort d’unecrisecardiaque, etc. » .Tel est le
côtécritiquabledu discours de Gaspard Musabyimana et d’Emmanuel Neretse .
Eugène Shimamungu est le Docteur en Sciences du Langage etle plus compliqué
de tous Habyalimanistes. L’analyse de contenu de ses écrits et de sesmultiples
interventions révèlebeaucoup de contradictions. On ne sait pas s’il est encore
Munyakazu ou s’il ne l’est plus. Par contre, l’historien classiquede
l’AKAZUKIGA est Ferdinand Nahimana. Il est à noterqu’avant d’adhérerpubliquement au
modèle AKAZU-KIGA en1986, Ferdinand Nahimana était adeptedu Modèle Mgr
Alexis KAGAME. C’est entre 1980 et1986 qu’il achangé de modèle .
D’aprèsle modèle AKAZU-KIGA, ladernière configuration du Rwanda entant que
royaume unifiéfutréalisée et donnée au Mwami Yuhi V Musinga par les
Allemands etles Belges à la suite de l’application de la« Paix coloniale» très
connue en Afrique pour avoir été meurtrièreet donc pour avoirmarqué les
populations qui la vécurent partout comme une véritablecalamité. D’après ce
43èmemodèle, on ne peut parler du Rwanda comme état unifié qu’au début du 20
siècle, à l’époque où la Belgiquea réduit les anciens royaumes du Nordet
NordOuest,c’est-à-dire lesrégions de Gisenyi et Ruhengeli,en chefferies du Rwanda .
Avant, le Rwanda n’a jamais été un état centraliséetlesroyaumes du Bushiru,du
Buhoma, du Bukonya,du Buganda-Kiganda, du Cyingogo,du Ruhengeli,du
Kibali,du Rwankeli-y’Abaguyane, du Rwankeli-y’Abalindi, et du Bwanamwali
n’appartenaient pas au Rwanda. C’étaient desroyaumes indépendantsquiont été
rattachés de force au Rwanda actuel par les colonisateurs allemandet belge. Les
Bakiga étaient Bakiga etnon Rwandais. Le Rwanda, c’était le Nduga. Le Rwanda
n’était même pas une nation. Donc, l’organisation sociale,économique, politique,
militaire,administrativeet declientèle que les Européenstrouvèrent en
fonctionnement à leur arrivée au royaumedu Rwanda etqui a prévalu sans
èmebeaucoup dechangements pendant lestrois premières décennies du20 siècleétait
relativement récente. Par conséquent, le Rwanda est une création des Européens. Le
Rwanda ancien était beaucoupplus petit. Les Européens ontmis ensemble les
Inkiga etle Nduga pour former finalement le Rwanda actuel. Maisl’unitéa tardéà
venir. On ne peut parler du Rwanda entant que Nation qu’au 5 juillet1973,dateà
laquelle le Général Major Juvénal Habyalimana, qu’ils surnomment
Ruticumugambi,a pu enfin créer un État Nation unifié. Le père de la Nation
rwandaiseest donc le Général Major Juvénal Habyalimanaalias Ruticumugambi .
D’après le modèle AKAZU-KIGA, il existeeffectivement dessous-populations
Hutu, Tutsi et Twa au Rwanda. Pourmieux sedissimuler derrière la sous
population majoritaire Hutu,ce modèle y insiste trop [voir (Ngirabatware, 2006)] .
Maisle modèle nefait pas de distinction entre Nobles Tutsi, Tutsi défavorisés et
Hutu en Nduga. Même les Hutu du Nduga sont des Tutsi. Les vrais Hutu sont les
Hutu non métissés des Inkiga. Et,à force de schématiser, le modèle tombe dans le
discours de Léon Mugesera à Kabaya le 22 novembre 1992 que les adeptes du
modèle AKAZU-KIGA qualifient curieusement de discoursrévolutionnaire (cfr
Augustin Ngirabatware; 2006, Page579) .
D’aprèsle modèle AKAZU-KIGA, touslesproblèmesintertribaux etintra tribaux
ont étécrééspar des gens incompétents et fatigués comme Grégoire Kayibanda. Le
Général Major Juvénal Habyalimana qu’ils surnomment Ruticumugambi (mais que
la majoritédes Rwandais surnomment Rutemayeze) avaitrésolu tout cela. En
effet, il aétéécritpar exempleen datedu08.02.2008 par Emmanuel Neretsedans
son article « le 4 juillet 1994: libération ou conquête? Illustration d’un
égocentrisme politique passéà l’extrême»ce quisuit : « La IIème République qui
vintmettre untermeaux troubles ethnico-régionaux de 1972-1973 avaitpour
devise paix et unité nationale. Ce n’est pas pour autant qu’elledevaitjeter aux
oublietteslesidéaux de la Ière République, notamment celled’émancipation du
menu peupleet de la Démocratiechers à la première République». De plus, il
ajoute (voirsite Musabyimana) ce qui suit:« Ainsi donc, tout comme Rudahigwa
44qui adécrété, en1958, qu’iln’y avait pas de problème hutu-tutsi, le régime
Kayibanda qui croyait aux vertus de la démocratie populaire pourrésoudre le
problème l’a laissé toujours pendant. En clair,cefut un échec surtoute la ligne. Il
fautrappeler etinsister, au risque de heurter certaines certitudespolitiques, que
Habyarimanaest arrivé au pouvoir dans un sursaut de rétablirla paix etla
11sécuritéde la population etplus concrètement enmettant untermeà une vague
anti-tutsiquis’était abattue sur le pays en1973 » .[SURSAUT DE RÉTABLIR
LA PAIX ET LA SÉCURITÉ DE LA POPULATION !] Dansleurs ouvrages
respectifs, Ferdinand Nahimana et Augustin Ngirabatwaredisent également à peu
prèsla mêmechose. Le modèle AKAZU-KIGA rappelleétrangementlafameuse
12intelligence Ubwenge consistant àcréer d’abord le chaos pour s’amener ensuite
libérer etsauver entant que grandcombattant de la liberté pour desidéaux flous.
Mais l’Histoiredu Rwanda sait très bienque les événements de février1973 ont été
commissous nos yeux par l’AKAZU-KIGA. Ils chantent la libération du 5 juillet
1973 exactement de la même manière que les Abavantarachantent la libération du 4
juillet1994. Il est à noterqu’en réalité, Kigali aété prisle 5 juillet1994, mais
comme on ne voulait pas de cettedate de l’AKAZU-KIGA, on aantidatéde
quelques heures. Onne sait pas pourquoi le Rwanda est toujours libérédébutjuillet
au moment desrécoltes! Plaiseau cielque la prochainefois, la Nation soit libérée
cettefois-làà unmoment critique, pendant la saison despluies etque les véritables
libérateurs défilent dans lacapitale Kigali trempésjusqu’aux os par de l’eau bénite .
D’après le modèle AKAZU-KIGA, le Général Major Juvénal Habyalimanaa
apportéau Rwanda la paix, laconcorde, l’unité nationaleetledéveloppement .
erMalheureusement,au 1 octobre 1990, le Rwanda a subi uneguerre meurtrière qui
afait coulerle sangetsemé la misère au Rwanda. Pour la justifier, les auteurs de
cetteguerre ontprispour prétexte l’histoire, puis la politique. Maisquelleerreur
que de prétendre qu’avant 1900 ou 1959, le pays était un paradis sousle
gouvernement d’un Mwami Nyiginyafort et pacifique! Quelleerreur encore quede
penserqu’on estné pour diriger et que les autressont condamnés à la tailleet à la
corvée, s’exclame Ferdinand Nahimana !
D’aprèsle modèle AKAZU-KIGA, ce qui s’estpassé au Rwanda en1959, c’est la
Révolutionrwandaise. Néanmoins,cette Révolution aété tellement mal faite parles
Hutu Banyanduga qu’il a fallu l’intervention héroïqueetsalvatrice du Général
11 Tout écritoù il est dit que Juvénal Habyarimanaest arrivéau pouvoir dans unsursaut de
rétablir la paix etla sécuritéde la population et qu’il aapportéau Rwanda la paix, la
concorde, l’unité nationale etledéveloppement relève sûrement et certainement du modèle
AKAZU-KIGA .
12
On est d’accord que les Nations uniesont définile Génocide rwandais commeétant le
génocide des Tutsi et des Hutu centristes. Tout écritquiréduit le Génocide rwandais au
génocide des Tutsi etrejette les Hutu centristesrelève sûrement et certainement du modèle
Siyasa noble Tutsi. C’est un modèlediscriminatoire, réducteur et mystificateur.
45Major Juvénal Habyalimana sousla forme de la Révolution morale qu’il a opérée
au Rwanda le5 juillet1973. Malheureusement,avec tout ce quilui est arrivé le 6
avril 1994, pour sortir du gouffre actuel, une révolution mentale s’imposeau
Rwanda afin de réhabiliterla Révolution morale du 5 juillet1973 .
D’aprèsle modèle AKAZU-KIGA, le Rwanda n’a pasrecouvré sonindépendance
le 1 juillet1962, puisqu’iln’existait pas en tant que tel avantl’arrivée des
Européens. Il aaccédéà l’Indépendance. D’après ce modèle, leconflit entre
l’Églisecatholique etla Noblesse Tutsi est grave, d’autant qu’ils ont même
massacré des évêques au milieu desquels se trouvait l’archevêque Mgr Vincent
Nsengiyumva .
De l’avis de l’AKAZU-KIGA, lachose la plusterrible qui soit jamais arrivée au
Peuple rwandais est l’attentatperpétré parles Tutsi et leurs complices contre
Juvénal HABYALIMANA alias Ruticumugambi. Sa mort aété untrès grand
malheur pour le Rwanda etpour toutle Plateau africain des grands lacs. Juvénal
Habyalimana était ladigue contre laquelle venaits’échouerlahaine interethnique .
Enle tuant, les Tutsi et leurs complicesont dynamité la digue. Les eaux du fleuve
se sont alors déverséessurles collines du Rwanda, tel untsunami, provoquant le
chaos etlebain de sang que l’on connaît. Bref, Le modèle AKAZU-KIGA mythifie
Juvénal Habyalimana (voir àce propos l’ouvraged’Eugène Shimamungu: Juvénal
Habyalimana-L’homme qui a été assassiné le 06 avril 1994, éditions Sources du
Nil, Lille, 2004). En résumé il dit ceci:« L'assassinat du président rwandais
Juvénal Habyarimanaetson homologue burundais Cyprien Ntaryamira a
déclenché lesmassacres àcaractère ethniqued'avril juillet1994, où plus d'un
million de personnes ont trouvé la mort .
La découvertede la boîte noire,dix ans aprèsl'attentat, dans un bureau du
Département desopérations de maintien de la paix de l'ONU montre l'implication
de l'organisation et surtout des autoritésinternationales dans l'attentat. Quelleest
le parcours de l'homme qui a imposéau Rwanda la paix ethniqueentre Hutu et
Tutsijusqu'au 1er octobre 1990,datede l'invasion du Front Patriotique Rwandais
et de l'armée nationale ougandaise ?Ses relations personnelles exemptes de
relents ethnistes sont-elles à l'originede la faille qui a précipité le Rwanda dans
l'abîme ?Quellessontlesraisonsprofondesquiont conduit les autorités des
puissancesinternationales etrégionales à vouloirsedébarrasser de l'homme qui
faisait partie, selonles Accords de paix d'Arusha, de la solution pacifiqueau
conflit? Qui sont les commanditaires etles auteurs de cet attentatqui a embrasé la
région des Grands-Lacs africains? Pourquoi le Tribunal International pourle
Rwanda, les autoritésinternationales habilitées àengager despoursuites contre les
auteurs de cet attentatont-elles bloqué toutes les enquêtessusceptibles de montrer
la vérité ? Les témoignages desmembres de lafamilleet desplus proches
collaborateurs du président Habyarimana permettent d'entrevoir comment le temps
s'est égrené inexorablement vers l'innommable » .
46Pour de plus amples informations sur ce modèle, le lecteurpourra lire les écrits
suivants: l’ouvrage intitulé ‘’le Rwanda, Émergence d’un État, l’Harmattan, 1993
de Nahimana Ferdinand’’; l’ouvrage intitulé ‘’une archéologie de la violenceen
Afriquedes Grands Lacs, CICIBA, 1999 de Maniragaba Balibutsa, spécialement le
chapitredes considérations finales’’;lediscours de Léon Mugeseraà Kabaya le 22
novembre 1992; l’ouvraged’Augustin Ngirabatware intitulé Rwanda lefaîte du
mensonge et de l’injustice, 2006;les écrits d’Emmanuel Neretse, d’Eugène
Shimamungu et de Gaspard Musabyimana ainsi que les écrits de lafamille
Habyalimana. Ceux-ci affirment encore que Juvénal Habyalimanaa servi le
Rwanda avec dévouement et sincérité;qu’iln’a jamais semé ni ladivision, nila
haine, mais qu’au contraire, il a toujours œuvréhéroïquement pourles combattre
durant toute sa présidence ettravaillé pour la réconciliation, la paix etl’unitéde
tousles Rwandais, toutes lessous-populations confondues. Siledébut etlafin du
règnede Juvénal Habyalimana ont été marqués par des hécatombesinouïes,c’est la
faute des autres etprécisément de l’opposition au pouvoir de Juvénal Habyalimana
qui était pourtant très bénéfiqueau Peuple rwandais entier. Le modèle
AKAZUKIGA blâme tousles dirigeants de la Première République, touslestraîtres Bakiga ,
tousles Tutsi et touslesleaders Hutu Banyanduga de l’opposition à Juvénal
Habyalimana: Félicien Gatabazi, Agathe Uwilingiyimana, Boniface Ngulinzira,
Frédéric Nzamurambaho, Charles Ntakirutinka, Félicien Ngango, Théoneste
Gafaranga, Vincent Ruhamanya, Joseph Kavaruganda, etc. Tous cestraitresquiont
revendu le Rwanda aux Tutsi en s’opposant auMubyeyi Juvénal Habyalimana
n’avaient absolument aucunidéalpolitique .
Néanmoins,à titred’information, d’une part, Maniragaba Balibutsaest entrain de
changer de modèleetse rapprochedu modèle Siyasa noble Tutsi au point de nier
catégoriquement l’existencedessous-populations Hutu, Tutsi et Twa du Rwanda
qu’il dit avoir été inventéespar des colonialistes etpropagées par lehamitiste Mgr
Alexis KAGAME. D’autre part, il faudrait savoirque touslesmembres de
l’AKAZU-KIGA sont adeptes dece modèle qui a essentiellement des adeptes au
Nordet Nord Ouest du Rwanda,dans lesrégions de Gisenyi,de Ruhengeli et du
Nord-ouest de Byumba. C’est surluiqu’était basé lespartis MRND–CDR. A notre
connaissance, aucun Tutsin’aimece modèle, qu’ilsoit extrémiste ou centriste: cela
est une indication suffisantede l’extrémismedu modèle AKAZU-KIGA. C’est un
modèleenpertede terrain malgré sonredoublement d’intensitéau fur et à mesure
que les Abavantara défaillent. Beaucoup d’adeptessont aujourd’hui entrain de
l’abandonner. Certainslui préfèrentmême le modèle Siyasa noble Tutsi :
Rwarakabije Onésphore, Amani Amahoro, Rucagu Boniface, Alexis Kanyarengwe
(+), Nsekalije Aloys(+) et fils, Ninja, etc. D’autresnombreux Banyakazu se sont
réfugiés dans desnationalités occidentales. Ils espèrentreconquérir un jourparles
armesle pouvoir au Rwanda et guettent tranquillement de loin. Leurprincipal
mouvement arméest le RUD-Urunanadont labranche militaireest dirigée par Jean
Ntiwiragaba. Aprèsl’arrestation d’Ignace Murwanashyaka et de Straton Musoni ,
47profitant du détournement général du regard vers les préparatifs du processus
électoral au Rwanda, grâceà l’arrivée inopinée de Gaston Iyamuremye (un
Munyakazu pur et dur) à la tête des FDLR, ils essayent également de noyauter le
haut commandementmilitairedes FDLR quipourtant emploient desofficiers de
coordination et des combattants Banyanduga .
Au fait, les FDLR sont entrain de se radicaliser et d’extériorisertout ce que les gens
redoutaient. Le sommet decette organisation est entrain d’êtredangereusement
dominé par des Bakiga Banyakazu .
• Président: Gaston Iyamuremye (Ruhengeli), ancienprochede Juvénal
Habyalimana, officier supérieur ex-FAR .
• Secrétairegénéral: Callixte Mbarushimana (Ruhengeli), un civil
apparemment démocrate
• Commandant général: Sylvestre Mudacumura (Gisenyi), ancien GP et
ancienofficier d’ordonnance de Juvénal Habyalimana
• Véritablesparrains clandestins : Athanase Gasake (Ruhengeli) et Burasa
(Gisenyi), anciens officiers supérieurs ex-FAR. [Ceux-là même qui ont
commisles événements de février1973, qui ont commisle coup d’état du
05 juillet1973, qui tabassaient toutnu Grégoire Kayibanda à Rwerereet
qui sont soupçonnés de crimes de génocide] .
Voilà la preuve que les Banyakazu sont encore obsédésparla monopolisation
régionale Kiga de l’armée. Tant aux FDLR qu’au RUD (=Urunana), Lesmilitaires
Bakiga Banyakazu ont ledessussurtout le monde: politiciens et autresrebelles.
C’est untrèsmauvais présage. Surledépart,elleest où la Démocratiedes Forces
Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR)? Ce n’est pas une question de
haïr les Bakiga puisqu’onsoutient totalement Madame Victoire Ingabire Umuhoza
et Jean Baptiste Mberabahizi qui eux aussisont originaires de Gisenyi .
Curieusementles Banyakazu de l’ODR (=Dufatanye)ne les soutiennent pas. C’est
simplement de la tyrannie militairedontonne veutpas. À l’instar de la Noblesse
séculaire Tutsi faction Abakagara, les Banyakazu ne veulent pas la Démocratieau
Rwanda. Hier, ils étaient lacause desproblèmes,aujourd’hui, ilsprétendent être la
solution aux problèmes. Or, c’est dans cette mentalitéet dans ce désirimmodéréde
suprématie militairedes Inkiga sur toutle Rwanda que réside l’originedu Chaos
actuel. L’AKAZU-KIGA existeencoreetrêve de profiter du déclin des Abavantara,
d’utilisertout le monde pourpouvoirtout récolter finalement comme dans lebon
vieux temps de Juvénal Habyalimana alias Rutemayeze. C’est unefuture tyrannie
militaire néo-MRND-CDR-INTERAHAMWE quise profileà l’horizon. On ne les
acceptera jamais à nouveauà la tête du Rwanda. Ilimportedecombattre
l’AKAZUKIGA à temps dans l’œuf (= sinon ntibizongeragushoboka kubikura). On ne
comprend pas comment des gens qui ne paientrien à personne, qui ne logent
personne, qui n’habillent personne, qui nefournissent rien à personne peuvent
48continuer leurs folies dans une forêt étrangère. Hormis desofficiers Banyakazu,
ya-t-il d’autresofficiers supérieurs rwandais très courageux, de partout ailleurs au
Rwanda, capables de se sortir de cette situation insoutenable, de renverser cetordre
futileet d’initier uneaction soutenable. Où sont-ils? Pendant que les politiciens
démocratessont confrontés à la Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara, les
militaires démocrates devraient d’une part maîtriser l’AKAZU-KIGA à temps et
d’autre part s’opposer à la tyranniede Paul Kagame. C’est commecela que la
Démocratiegagnera au Rwanda. Il faut abolir la Noblesse séculaire Tutsi faction
Abakagara tout en barrant la routedu retour au pouvoir aux Banyakazu .
En définitive, l’AKAZU-KIGA est l’ensembledesidées hégémoniques prétendant à
la Suprématie (=Ubukonde)militaire, économiqueetpolitiquedes Inkiga sur la
Nation rwandaisedontle pèreest Juvénal Habyalimana: patron de
l’AKAZUKIGA. Ces idées hégémoniques constituentles déterminants du modèle
AKAZUKIGA d’Histoiredu Rwanda dans lequelsont enfermés de nombreux Rwandais
principalement originaires desrégions de Gisenyi,de Ruhengeli et du Nord Ouest
de Byumba. L’AKAZU-KIGA est donc un modèled’Histoiredu Rwanda. Les
membres de l’AKAZU-KIGA (les Banyakazu)sont les adeptes du modèle
AKAZU-KIGA. Ce sont des Bakiga Habyalimanistes. L’AKAZU-KIGA n’est ni
une hutte, ni une personne morale ayant déposédesstatutsquelque part. Lesstatuts
de l’AKAZU-KIGA n’existent pas. L’AKAZU-KIGA est différented’une noblesse
traditionnellede sang telle que la Noblesse Tutsi. Les Banyakazu ne sontpas des
nobles. L’AKAZU-KIGA relèved’Imyumvire (une théorie) etnon d’Ishyirahamwe
(une convention). En conséquence, tousles Bakiga ne sontpas des Banyakazu
(adeptes du modèle AKAZU-KIGA). Il existedes Bakiga anti AKAZU-KIGA par
exemple Le Général Léonidas Rusatira. Mêmedans une famille, on peut trouver des
gens diamétralement opposés: par exemple Léon Mugesera (AKAZU-KIGA) et
son frère aîné Christophe Mpfizi(anti AKAZU-KIGA). On traitera plusloin du
sousmodèle naissant anti-AKAZU-KIGA représenté parle Général Léonidas
Rusatira (Rusatira, 2005). Quiconque dit que l’AKAZU-KIGA n’existe pas est un
13menteur . Tout bien considéré, c’estlefait même, que l’AKAZU-KIGA
s’enorgueillissait démesurément et déclaraitsans vergogne que Juvénal
Habyalimana est le pèrede la Nation rwandaise, qui a incité le Rwanda à prouver à
l’AKAZU-KIGA que le Rwanda existebel et bien depuis plus de milleans etqu’il
13Il existeaussi le péri modèle AKAZU-KIGA. Celui-ci estle périmètreextérieur du modèle
AKAZU-KIGA. Mais, Il est insignifiant. C’est l’ensemble desidées de quelques rares
étrangers soutenant corps et âme l’AKAZU-KIGA. Ils innocentent les Banyakazu :
« Grégoire Kayibanda est mort de crisecardiaque. Il était entouré par lessiens. Il vivait
dans d’excellentes conditions chez lui à Kavumu. Il touchait despensions de retraite très
satisfaisantes. Safemmeest mortede maladie. Lesprisonniers politiques Banyanduga
étaient très bien traités. Les escadrons de la mortn’ont jamais existé sousle régime
Habyalimana. La paix régnait au Rwanda. Etc.» On en parlera ultérieurement .
49pourrait continuer àexister au mépris de l’AKAZU-KIGA etsans ce Juvénal
Habyalimana .
Enfin pour terminer ce point, il siérait de préciserquedans la suitede nos analyses ,
nous parlerons d’AKAZU-KIGA et consorts. Consorts veut dire HUTU-POWER .
L’AKAZU-KIGA est par définitionpurement KIGA. Par contre HUTU-POWER
était un slogan volatil et éphémère par lequelse reconnaissaient les extrémistes
HUTUBanyandugaalliés de circonstance à l’AKAZU-KIGA et employés
temporairement dans l’entreprise militairegénocidaire Kiga. Ce sont ces
malheureuses gens qui, à tort ou à raison, remplissent aujourd’hui les prisons
rwandaises, maliennes et la prison d’ARUSHA etqui,aujourd’hui, à l’instar de
Jean Kambanda, haïssent profondémentl’AKAZU-KIGA etregrettent amèrement
ce qui leur est arrivé. Au même moment l’AKAZU-KIGA continueà clamerson
inexistenceet donc son innocence, à l’exception d’un seul individu: en
l’occurrence Michel Bagaragaza qui s’était engagé àdire la véritéau TPIR, quil’a
fait etqui a imploré le pardon pour toutle malqu’il afait en cestermes: « J’ai fait
de mauvais choix et pris desoptions faciles dans desmoments difficiles. Cette
période m’a laissédesremords et des cicatrices dont j’ai du malà me
remettre,a-til dit ». Voilà un homme qui est sur labonne voie. Quant aux autres Banyakazu ,
purs et durs, ilsne regrettent rien du tout, sedisent mêmeblancs comme neige
puisque l’AKAZU-KIGA n’a jamais existéetque les escadrons de la mortn’ont
jamais existé. D’après les Banyakazu, les GP (=Garde présidentielle) de Juvénal
Habyalimana etles Interahamwe du MRND-CDR n’ont jamais commisle moindre
14meurtre .Ils considèrent que ce qui est arrivéen Nduga est une guerrecivile entre
Banyanduga eux-mêmesparce que la Nation venait de perdre son père, sonpilier ,
sadigue etsa pierreangulaire qu’était le Général Major Juvénal Habyalimana
alias Ruticumugambi. D’aprèsl’AKAZU-KIGA, la Nation rwandaiseest depuis lors
une orpheline inconsolable parsuitede la mort du regretté Juvénal Habyalimana .
B – DESCRIPTIONDUMODELE COLONIALMARCEL D’HERTEFELT
ET JANVANSINA
C’est unmodèle qui veut détruire la Culture rwandaise .C’est un modèle tronquéet
boiteux étant donné qu’ilrefuse arbitrairement de traiter de la période coloniale
allemande et belge allant de 1900 à 1962. Appartiennent àce modèle Jan Vansina,
14
Les Inkiga sont lesrégions de Gisenyi,de Ruhengeli et du Nord-Ouest de
Byumba,c’està-dire les régions montagneuses du Nordet du Nord-Ouest. Le Nduga est le Restedu
Rwanda. Ilnefaudrait pas confondre les Inkiga ayantpour habitantsles Bakiga etla
province de Byumba appelée le Rukiga ayantpour habitants les Banyarukiga .
50Marcel D’Hertefelt, Jean Jacques Maquet,et André Coupez .De tous les chercheurs
coloniaux ou colonialistes belges, le plus destructeur de la Culture rwandaiseest
Jan Vansina .
D’après le modèlecolonial belge, l’Histoiredu Rwanda ancien est nécessaireet
suffisante pour comprendre le présent. Dans sonouvrage intitulé « Le Rwanda
ancien », Jan Vansinadit ce qui suit : « Cetouvrage présente une introduction à
l’histoiredu Rwanda ancien et du royaume qui en forma lecœur. Il aétéécrit à
l’intention , non desseuls spécialistes, mais de tous ceux, Rwandais ou autres, qui
s’intéressent àcettehistoire, que ce soit dans lebut de mieux comprendre le présent
par une meilleureconnaissanced’antécédentsquis’étalent sur plusieurs siècles ,
soit parce qu’ils sont attirésparle passédu royaume lui-même» .
C’est unmodèlebasé sur desrécits historiques , ibitekerezo. En plus, cesrécits
historiques n’ont étécollectés qu’entre 1957 et1962 sousl’égide de l’institut
colonial belge pour la recherche scientifiqueen Afriquecentrale (IRSAC) etsous
contrainte (bon gré, malgré). Jan Vansina lui-même le dit en cestermes : « Dans
une certaine mesure,cetouvrage est un desrésultats desrecherchespoursuivies au
Rwanda entre 1957 et1962 dans lecadred’une campagnede récoltedesrécits
historiques, ibitekerezo, qui futmenée sousl’égide de ce qui était alors l’Institut
(colonial belge)pour la Recherche Scientifiqueen Afrique centrale » .Cefut une
drôlede recherche scientifique. Cettecampagnea été plusperçuecomme unpillage
du patrimoineculturel rwandais qu’une recherche scientifique .
Les résultats de cettecampagneemmailléed’énormément d’erreurs de collecte ,
furent bien entendu concluants. Le Rwanda est une petite région d’Afrique
èmeCentrale, découverte parles Européens à lafin du 19 siècle, lesquels la
délimitèrent,en firent unpays unifiéetlui donnèrentpour chef le Mwami Yuhi V
Musinga dans lecadrede l’application de la« Paix Coloniale ». Le Rwanda est le
nom du royaume Nyiginya qui constituait le plus grand royaumedecet ensemblede
petits royaumes unifiés.
D’aprèsle modèle, le royaume Nyiginyaa étéfondé par Ruganzu II Ndoli. Voici ce
qu’en dit Jan Vansina: «Le royaume nyiginyaa été fondé par Ruganzu II Ndoli .
Voilà uneaffirmation qui contredit tousles auteurs etla majoritédessources
orales. Pourtant il en est bien ainsi,carlessoi-disant rois de l’époque précédente
sont purementimaginaires. Leur histoirea étécréée de toutes pièces à partir d’un
fonds de contes divers, ne fut-ce que pour rehausser la majestéetla légitimitéde la
dynastie Nyiginya par unrecours à un passé pluslointain que tout autre. La
discussion de ce bricolage imaginatifa été rejetéeen appendice dans ce livre pour
bien souligner que ce sujetne traite pas de lafondation du royaume Nyiginya» .
Le modèle reconnait l’existencedessous-populations au Rwanda. Jan Vansina le
dit comme suit : « Il nefait en effet aucun doute que les Rwandaisse composaient
51èmeréellement de troispopulations biologiquement différentes au20 siècleetque,
quel que soit le scénarioinvoqué pour enrendrecompte, ces différencessont
tellement profondesqu’elles doivent avoir uneanciennetécalculée enmillénaires
plutôtqu’en siècles ».
Le modèle reconnait l’existencedesproblèmesintertribaux et desproblèmesintra
tribaux au Rwanda ancien. Le modèle précise que la Noblesse Tutsi gérait ce petit
royaumed’une manière chaotiqueet cauchemardesque. Defait, le modèle reconnait
l’existencede la Noblesse Tutsi au sein de la sous-population Tutsi, voire même
d’unearistocratie supérieure au sein de la Noblesse Tutsi.
Le modèle ne traite pas de la Colonisation allemande, de lacolonisation belge,de la
Révolutionrwandaise, du conflit Églisecatholique/Noblesse Tutsi faction
Abakagara ni de l’Indépendance. Toute cette période est supprimée. Par contre, le
modèle sautedirectement sur le Rwanda contemporain et conclut que ledrame
rwandais actuel trouve sonoriginedans la situation chaotique précoloniale. La
colonisation n’y est absolument pour rien.
Avant mêmed’arriver aux critiques desmodèles d’Histoiredu Rwanda placées à la
fin du présent ouvrage, il importerait de signalertout de suite quece modèle lutte
avec acharnement contre le Modèle Mgr Alexis KAGAME et cherche partous les
moyens à le dénigrer. C’est unmodèle qui a peur de mourir étant donné que Les
jeunes chercheurs ne s’intéressent pas àce modèle périméet dépassé .
Dès lors, Marcel D’Hertefelt et Jan Vansinaessayent par touslesmoyens de
coopérer avec des universités belges et nord-américaines etpar cecanal,de
conditionner,dediviser et d’infantiliserles chercheurs rwandais. L’exemple
frappant est celui de Ferdinand Nahimana. Tandis que l’AKAZU-KIGA était au
pouvoir, Marcel D’Hertefelt aencadréavec empressement et enthousiasme
Ferdinand Nahimana dans sa thèsede Doctorat. De son côté, dans sa thèse,
Ferdinand Nahimana ne taritpas d’élogessur Marcel D’Hertefelt etsur Jan
Vansina. Ils enont profité pour dresser Ferdinand Nahimana comme un fauve
contre Mgr Alexis KAGAME. Par parenthèse, avant cette thèse, Ferdinand
Nahimana était un adepteconvaincu du Modèle Mgr Alexis KAGAME. Il suffit de
lire ‘’Le Blancest arrivé, le Roi est parti, janvier1987’’pour s’en convaincre. Bref ,
aujourd’hui, vu que l’AKAZU-KIGA n’est plus au pouvoir, ils disent que
Ferdinand Nahimana est unignorant etque l’essentiel de sa thèsede Doctorat est
absolument faux,etpartant, que lesmémoires des étudiantsqu’à sontour Ferdinand
Nahimana adirigés à l’Université nationale du Rwanda sont absolument faux. Par
exemple, de la page 155à la page 156, il est dit dans l’ouvragede Jan Vansina
publiéen 2001 ce quisuit :« Unedes conséquences de lagrandefaminedes années
1770 et desopérations militaires contre le Gisaka etle Ndorwa futl’émigration
vers l’ouest d’unsi grand nombre de refugiés Tutsi vers lesrives du Lac Kivu que
pour les habitants du Kinyaga au Bugoyi, quisavaient que leurs ancêtres avaient
52immigré de l’Est, la mention du Ndorwa et du Gisaka était presquedevenue un
cliché. Lesimmigrants allaientrejoindre d’autrespasteurs déjà installéssurles
bons pâturagesle longdes vallées auprès desrives du lac Kivu. Ainsi, le groupe
des Abazimya se serait forméenrégion de Kibuyedu temps de Rujugira. Nahimana
et certains autres historiens Hutu prétendent qu’ils’agissait ici d’une émigration
programmée par Rujugiraen vued’introduire unecinquième colonnedans ces
régions pour préparerleur conquête éventuelle. C’est absolument faux ». Pourtant ,
àce propos,ce sont les historiens rwandais qui ont bel et bienraison.
Manifestement, pour avoirpu piller à l’époquecoloniale quelques récits populaires
rwandais à la population rwandaise, Jan Vansina tient à passerpour mieux connaitre
le Nduga que Mgr Alexis KAGAME, la Crête etla région des volcans que
Ferdinand Nahimana etles historiens crétois etn’importe quel groupe lignager
rwandais que son chef de groupe lignager. Lecomble, l’auteurnedonne même pas ,
ni la listedesrécits historiques, nila listedesinformateurs, ni la méthodologie de
leur collecte. A l’époque coloniale belge, Jan Vansina secomportait au Rwanda
commeenpays conquis. Est-il vraimentpermis aux étrangers d’occuper unpays et
de continuer à s’en vantermême aprèsle recouvrement de l’indépendance? Ce
n’était pas de la recherche scientifique: c’était du pillagede patrimoineculturel. La
recherchecoloniale belge n’avait aucune valeur.
Bref,aux yeux des Rwandais, le modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina
est unmodèle mystificateur. Ils avaient pour mission d’étudierlestribus sauvages
d’Afrique centrale, notamment leur vie sexuelle, etils sont rentrés en Belgiqueen
racontant beaucoup d’Histoiresinvraisemblables. On est troublé par exemplede lire
que le Peuple rwandais est unpeupled’homosexuels. A la page 140, il est écrit ce
qui suit : « Certes, on peut penserque Rukali était le mignon de Ndabarasa ,
comme beaucoup de favoris le firent pendant les règnes suivants,car
l’homosexualitéétait admiseà lacour royaleet fortrépandue dansles armées » .
Le modèlecolonial Marcel D’Hertefelt et Jan Vansina racontedes chosestrop
monstrueusessurla vie sexuelledes Rwandais pour être relatéesici. C’est de la
diffamation! C’est de la provocation! Le Peuple rwandais a rejeté ce modèle pour
labonneetsimple raison qu’ils’est senti humilié, rabaisséetsous humanisé. Le
modèlecolonial belge d’Histoiredu Rwanda devrait être rejeté du domainede
l’Histoiredu Rwanda. Il était au service desservices de renseignements du
colonisateur belge et était mis en œuvrecontre le Peuple rwandais. C’est une
certitude. Il est donc légitimededémythifierle modèlecolonial belge d’Histoiredu
Rwanda .
En unmot, le modèlecolonial belge d’Histoiredu Rwanda est l’ensembledesidées
colonialistes belgessoutenant lacolonisation du Rwanda par la Belgique, refusant
de lacondamner et d’en dénoncerlesméfaits. Appartiennent principalement àce
53modèle Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt, Jean Jacques Maquet, J. Hiernaux et
André Coupez .
C– LE MODELE SIYASANOBLE TUTSIFACTION ABAKAGARA
Le modèle Siyasa noble Tutsi faction Abakagara est le modèledes Abavantara .
S’inscrivent dans lecadredece modèle les Travaux des chercheurs, journalistes ,
écrivains et autresintervenantssociaux suivants: Marcel Kabanda, José Kagabo ,
Diogène Ntalindwa, Jean de Dieu Mucyo, Théodore Simburudali, Chrysologue
Karangwa, Jean-Paul Kimonyo, Servilien Manzi Sebasoni, Tito Rutaremara,
Sebastien Gasana, Eliphase Bahizi, Assumpta Mugiraneza, Esther Mujawayo, The
new Times, Naasson Munyandamutsa, Benjamin Sehene, Révérien Rurangwa,
Dafrosa Mukarumongi Gauthier, Scholastique Mukasonga, Jean Bosco Iyadema ,
Pierre-Claver Gasirabo, Alfred Ndahiro, Privat Rutazibwa, Annick Kayitesi ,
Yolande Mukagasana, Marie-Rose Mukantabana, Cécile Kayirebwa, Déo
Byanafashe, Innocent Mugisha, Johu Rutayisire, Peace Uwineza, Steven Museveni ,
Pasteur Elisée Musemakweli, Ezéchias Rwabuhihi, Mrl’abbé Emmanuel
Rutsindintwarane, Mr l’abbé Oreste Incimatata, Mgr Médard Kayitakibwa, Mr
l’abbé Jean Baptiste Hategeka, Mr l’abbé Wellars Mugengana, Mr l’abbé Luc
Bucyana, Mrl’abbé Dominique Karekezi, Mrl’abbé André Kibanguka, Jean
Sayinzoga, le Père Bernardin Muzungu, Mrl’abbé Diogène Bideli, Frère
JeanMarie-Vianney Munyakaragwe, Madeleine Mukamabano, Gérard Nyilimanzi,
JeanPierre Karegeya, Mgr Jean Ndolimana, etc. De tous les chantres du modèle Siyasa
noble Tutsi,ceux qui ontle plus d’influence sont Paul Kagame, Rwamasirabo, Tito
Rutaremara, Charles Muligande, Jean de Dieu Mucyo, José Kagabo, Chrysologue
Karangwa, Servilien Manzi Sebasoni, Ézéchias Rwabuhihi,et Jean Sayinzoga .
Ledéterminant principal du modèle Siyasa noble Tutsi est la négation
dessouspopulations rwandaises Hutu, Tutsi et Twa etlafocalisation de l’intérêt sur les
groupementssocio-familiaux qu’ilprend pour des clans. Le modèle Siyasa noble
Tutsi est en grosrésumédans ledocument du Ministère de l’Éducation, Science ,
Technologie et Recherche Scientifique (NCDC), intitulé « L’Enseignement de
l’Histoiredu Rwanda: Approche participative» pourles écolessecondaires du
Rwanda paru en 2006. C’estla mise par écrit des enseignementsoraux dispensés
par le FPR (=Inkotanyi) dans divers Ingando. Le premier Leitmov apparait dans le
dernierparagraphede la page 6 en français et 8 en anglais : « Un autre point
fascinant des clans rwandais estsacompositionmultiethnique. Avant que les
nouvelles identités Hutu-Tutsi-Twa ne soient imposées et vulgarisées par la
bureaucratiecoloniale etpostcoloniale, soit à partir des années 1930, les clansont
servi comme les éléments d’identification les plus communément utilisés par les
54habitants du Rwanda. Malgré ces changements, le clan n’a pasperdu toute sa
significationnison actualité. Sil’indentification des clans tend à se perdre parmi
les jeunes générations, les appellations claniques restent dans l’ensemblebien
connues etpratiquement toutle monde sait se situer dans un clan (ubwoko) »
Voiciledeuxième leitmotiv noble Tutsitelqueconçu par lesmaîtres à penser du
modèle Siyasa noble Tutsi: José Kagabo, Jean-Paul Kimonyo, Manzi Sebasoni et
Tito Rutaremera. Grâceà untémoin qui requiert l’anonymat, on sait ce qui suit :
« J’ai vite remarqué que, parmiles Tutsiqui avaient longtemps clamé leur
oppression,certainsse montraient plus Tutsique les autres. C’était lefond des
propos tenuspar d’anciens réfugiés Tutsi disant que les Tutsiquin’avaient pas pris
lechemin de l’exil et avaient choisi de continuer à vivreà l’intérieur du Rwanda
étaient restés Tutsiparleur physionomie, mais étaient devenus,au fondde leur
cœur,des hommes sans scrupules. Cela a poussé les idéologues du FPR àaccepter
l’idée que les Tutsi de l’intérieur du pays pouvaient être immolés, pourvu que l’on
prenne le pouvoir. Un grand idéologue du FPR, Tito Rutaremara, l’abiensouligné,
en1996, lors de son entretien en Belgiquedans la revue« Trait d’Union (n° 11)»:
« L’on ne peutpas faired’omelette sans casserlesœufs ». Il a poursuivi en disant :
« Et d’ailleurs, pourquoi ces gens qui continuent à s’alarmer ne nous ont-ils pas
rejoints dans le maquis? » . Pour ceux qui continuent à se demander comment le
génocide a pu êtrecommis, il siérait de réfléchir sur cette idéologie qui consistait à
casserlesœufs, c'est-à-dire les Tutsi de l’intérieur, afin que d’autres Tutsipuissent
mangerl’omelette, c'est-à-dire prendre le pouvoir.
A dessein de sous-humaniserles Hutu, un autre maîtreà penser du modèle
Siyasa noble Tutsi Jean-Paul Kimonyo, acréé un nouveauvocable :
« L’idéologie génocidaire» etl’acolléà la têtedes Hutu .C’est un noble Tutsi
pur et durquimettous les Hutu dans le même sac sousle jougdu modèle Siyasa
ernoble Tutsi. Grâceà Jean Chatain, parson article paru le 1 juillet 2008 dans
« Tribune Libre»,faisant la publicitédu livre de Jean-Paul Kimonyo:« Rwanda,
un génocide populaire, éditions Karthala, 2008,530 pages », on a le résumé de la
pensée du noble Tutsi Jean-Paul Kimonyo. «Organisé parle pouvoir central, le
génocide rwandais d’avril – juillet1994a revêtu la formed’un crimede masse et
de proximité: le voisin tuaitson voisin; une familleétant parfois décimée par celui
qui en était officiellement lechef;les enfants eux-mêmesse voyant attribuer un
rôle… c’était ce caractère« populaire» desmassacresqu’analyse, du point de vue
historique, Jean-Paul Kimonyo. L’universitaire rwandais acentré sa recherche sur
deux préfecturesoù résidait une forte majorité tutsi,celles de Butare et de Kibuye,
dans la moitié suddu pays, où l’influence du MRND, partiprésidentiel de la
Seconde République miseenplace parlecoup d’État dirigé par Habyarimana
(1973), militairehutu du Nord, était notamment moins forte qu’ailleurs. Selonlui ,
laforce politique dominante y était le MDR, l’ancienparti de Kayibanda,chef
d’État hutu issu du centredurantla Première République. De fait, le système
55rwandaisobéissait moins à une logiqueethnique que clanique, opposant lesrégions
entreelles,ces antagonismes étant,à chaque vaguededifficultés du pouvoir en
place, occultéspar une relance de l’antagonismehutu-tutsiinstitutionnalisé sous et
par lecolonialismebelge (le livre passe unpeu rapidementsur cette dimension
historique essentielle). Le racisme anti-tutsi de Kayibanda n’avaitrien àenvier à
celui développé par Habyarimana. Catalogué parti d’opposition, le MDR éclata
très viteen deux tendances,dontl’une, la tendance « Hutu power », rivalisade zèle
avec lesmilices Interahamwedu MRND dans leur foliede sang. Lacommunauté
tutsise retrouvait doublement priseenotage, chacun des deux camps accusant
l’autrede laxisme à son égard, si le moment venu ilsse retrouvèrent ensemble
autour du même agenda génocidaire. Mettant en valeurle cumul de traditions et
comportementsracistes structurantla société rwandaise jusqu’au niveau le plus
local,cette thèse universitaireapporte un démenti radical au discours de certains
hommes politiques et commentateurs français présentant legénocide comme un
coup de tonnerre imprévisible. L’idéologie génocidaireétait ancienne. Les premiers
pogromsn’ont-ils pas été perpétrés dès1959, alors même que la domination belge
était toujours omniprésente ?»
Par sonouvrage intitulé « Lesorigines du Rwanda », un autre noble Tutsi, Servilien
Manzi Sebasoni, se charge de finaliserla schématisation de la Société rwandaiseà
l’avantagede sa Noblesse Tutsi. A sa gauche, il place les méchants,c'est-à-dire les
Hutu etles Twa, à sa droite les gentils,c'est-à-dire les Tutsi. Néanmoins, les Hutus ,
les Tutsi et les Twa neconstituaient pas des ethnies avant l’arrivée du colonisateur.
Voicile résuméde sa pensée : « Pour comprendre le Rwanda actuel, il est bon de
retourner à ses origines. On y rencontredéjà les bons angestutélaires et déjà les
mauvais démons. Lesracines du présent plongent aussi bien dans la sagades
originesquedans lacolonisation civile etreligieuse. De la rencontredes deux est
née une certaine identitédu rwandais. Antérieur à la rencontrede l’occident, le
Rwandais(un mélange subtil d’Hutu, de Twa et de Tutsi) retrouva son
indépendance dans la tourmentedes années1960. Son existence même se trouva
menacée dans legénocide de 1994. Il chercheaujourd’hui à reforgerson identité
au milieu de l’urgence d’enjeux nouveaux,avec un sens aigu de safragilité .
L’auteur ne nous raconte que lesracines des choses: les origines du Rwanda
actuel » .
Un autrecheval de batailledu modèle Siyasa noble Tutsi estl’incrimination de
l’Églisecatholique du Rwanda. Au même jouroù la cour militairede Kigali a
condamnéàhuit ans de prison deux capitainesnobles Tutsiquiplaidaient coupables
pour le meurtre des ecclésiastiques parmilesquels trois évêques, le5 juin 1994, on a
lu sous l’articledes APANEWS datédu24 octobre 2008 etintitulé « Un prêtre
dénonce le rôledu clergé dans legénocide rwandais »ce quisuit :
56« Le prêtrecatholique, Révérend Père Jean Ndolimana, ademandé au Vatican
d’établirla vérité surle rôlede l’Églisedans legénocide de 1994, au Rwanda et
sur l’abus d’autoritédecertains évêques. Le Révérend Père Ndolimana afait cette
déclaration à Kigali, lors de la présentation de sontroisième livre intitulé ‘’De la
région des grandslacs au Vatican, intrigues, scandales etidéologies du génocide ,
au sein de lahiérarchiecatholique’’
Dansson livre de plus de 100 pages, le prêtrea donné unrécit détaillé, et fait des
allégationssurlafaçon, dont lahiérarchie catholiquea joué unrôleactif, dans la
politique rwandaisedepuisla période coloniale, pendant lesindépendances et, plus
tard, lors du génocides des Tutsi en 1994, où plus d’un million de personnesont été
tuées en 100 jours.
Il a demandé au Vatican,de présenter des excuses publiques, nonseulement aux
Rwandais, mais au monde entierparce qu’il a une responsabilité morale du fait que
plus de la moitiédes victimes, sont mortes dans des églisesoù elles se sont
réfugiées .
Ancien Vicairegénéral du diocèsede Cyangugu (province occidentale), maintenant
œuvrant dans lacharité, Ndolimana adéclaré que l’Églisea joué unrôledans le
génocide au cours duquel,desprêtresont tués leurs collègues prêtres et des
séminaristes ontmassacrés des camaradesséminaristes,a-t-ilsouligné » .
15Cette prisede position est très étonnante. Seul un espion au sein d’une institution
serait capablede tenir despropos aussi diffamatoiressursa société. Voilà pourquoi
en générall’opinion publique rwandaisedéfend l’Églisecatholique contre les
attaquesinjustifiées de celuiqu’elleappelledésormais une brebis galeuse. Il est
regrettable que Mgr Jean Ndolimana fasse une si mauvaiseentrée dans l’Histoiredu
Rwanda. Ce n’est pas parce que nos gens ont étéexterminés que nous pouvons nous
permettrededéraisonner ou nous imaginerque le Rwanda ne peut pas exister
indépendamment de nous voire même contrairement à nossouhaits. Onne peutpas
cesser decomposer une même Nation parce qu’il y a eu le Génocide rwandais. Les
15L’auteur témoigne pour l’Histoiredu Rwanda que Mgr Jean Ndolimana est unprêtre
catholique qu’il connait bien pour avoir fait ensembledans la même promotionsept années
d’études au Petit Séminairede Kansisous ladirection des vénérablesprêtres(Mgr Alexis
KAGAME, Mgr Léon Nzabamwita alias Agatwali et Mrl’abbé Boniface Musoni) voire
mêmed’un évêque noble Tutsi du clan des Abakwobwa Mgr Jean Baptiste Gahamanyi. Il
est convaincu que sacohortea portédebons fruits pour le Rwanda, tous, Hutu ou Tutsi ,
aussi centristesles uns que les autres. Iltémoigne qu’à saconnaissance, Jean Ndolimana
était un gentil garçon etn’étaitpas un extrémiste Tutsi et affirme ne pas comprendrece qui
lui est arrivé. Il est,en effet,à constater que Mgr Jean Ndolimana est en contradiction avec
les enseignements et l’éducationreçus de Mgr Alexis KAGAME tant etsi bienque ses
contradictions trahissent sa mauvaisefoi. De toutefaçon,c’est un Mugaboquisait ce qu’il
fait. Entout cas, la nouvelle de sa ‘’défroquation’’récentea réjouit toutle monde .
57rescapés Hutu ou Tutsi du Génocide rwandais devraient veiller à ne pas être utilisés
par les Abavantaraà leurpropredétriment .
Au vu des différentsmessageslussur Internet et dans la presse, l’opinionpublique
rwandaiseest entrain de demander à Mgr Jean Ndolimana de bien vouloir arrêter
son discours regrettable quine l’honore pas; au Vatican et aux ecclésiastiques
rwandais de méprisersa trahison et de laisser cette affaire politique
rwandorwandaiseaux laïcs rwandais qui s’enoccuperont plus efficacement maintenant que
Mr Jean Ndolimana est unsimple laïc. Lebutrecherché parlesservices secrets
nobles Tutsi est de salirl’Églisecatholique et de divisersahiérarchie. Enfin, il est à
faire remarquer qu’avant sa récentedéfroquation, l’opinion publique rwandaise
souhaitait que Mgr Jean Ndolimana présentedes excuses publiques au Vatican car
aucuninflux christique ne peutjaillir d’uneaura impure .
Réagissant aux publications agitatrices de Mgr Jean Ndolimana, Mr l’abbé Joseph
Ngomanzungu aécritin Urunana, Rwanda – n° 121/2008, pp. 98– 105, untrès bel
article surl’apport de l’Églisecatholique au développement économique, social et
culturel du Rwanda intitulé « Le Rwanda doit beaucoup à l’Église». Néanmoins, il
oubliecertaines variables. La Noblesse Tutsine persécute pasl’Églisecatholique
parce qu’elle n’a rien fait au Rwanda, mais plutôtparce qu’elle n’est pas aussi
maniable que l’Islam, le Protestantisme, l’Adventisme, le Gitwazisme (sectede
Gitwaza « le Lyangombe Tutsi contemporain »). L’Églisecatholique ne veut pas
bien rentrer dans son giron en luioffrant spontanémenttous les évêchés, tousles
postes de curé ettoutesles directions des congrégations religieuses disponibles
comme dans lebon vieux temps de Mgr Léon-Paul Classe. La Noblesse Tutsi
faction Abakagara veuttout monopoliser et tout contrôler au Rwanda, y compris les
institutions religieuses, de gré ou deforce, par l’intimidation, la violenceetla
terreur moyennant au besoin l’élimination physiquedes adversaires Hutu quels
qu’ils soient:archevêque, évêques,curés, prêtres, laïcs ou autres. Bien
évidemment, Mr l’abbé Joseph Ngomanzungu, qui neconnait pas Jean Ndolimana
depuis son enfance, ne sait pas que si au Rwanda on devait citerlesnoms des
Rwandais qui doivent presque tout à l’Églisecatholique, Jean Ndolimana figurerait
sûrementparmilespremiers numéros. N’eût été labienfaisance de Messieurs les
abbés Mathias Kamali, Jean Ntiyamira, Christophore Munyempanzi, Boniface
Musoni,du Chanoine Ernotteet de Messeigneurs Alexis KAGAME, Jean Baptiste
Gahamanyi et Thadée Ntihinyurwa, Jean Ndolimana n’eût jamais eu l’avenir de
Monseigneur le Vicairegénéral. Il est trèssurprenant qu’ilnedaigne même pasleur
exprimersa trèsprofondegratitude .
Ilnous sembledonc que la réponsede son évêque Mgr Philippe Rukamba datée de
novembre 2008 est appropriée, mais laconique etinsatisfaisante, alors que la
réfutation catégorique de Mr l’abbé Thomas Nahimana intitulée « Padiri
Ndolimana yanga Kiliziya,cyangwa ni abahutu atayishakamo? », datée du20
58décembre 2008à Paris,cerne mieux la problématiquede Mgr Jean Ndolimana,
mais neconviendrait évidemment pas comme une réponsed’un évêque résidant
présentement au Rwanda et agissant sous de multiples contraintes politiques et
diplomatiques. Au fait, les deux réactions secomplètenttrès bien.
Au même moment,dans son « Histoiredu Rwanda précolonial », le Père
Dominicain Rwandais Bernardin Muzungu s’assigne lebut decorriger,compléter ,
ordonnerl’Histoiredéjàécriteetpubliée sur le Rwanda mais, quant à lui, il refuse
absolument de salirl’Églisecatholique comme Mgr Jean Ndolimana (Ce pourquoi
nous lefélicitons. En ce sens,c’est un Mugaboquine renie pas ce qu’il aadoré
comme Mgr Jean Ndolimana). Cependant voicipar ailleurssa problématique très
critiquable:
« Écrire l’Histoiredu Rwanda aprèslegénocide, qui a eu son paroxysmeen1994,
mais qui avait commencé bien avant et dontlesretombéesperdurent encore,exige
de s’interrogersur ce qui a rendu possible cettecatastrophe pour savoir si ses
causes ne sontpas dans le passé de ce pays. Ellespeuvent se révéler,évidemment ,
récentes etmême d’origineextérieureà lui. Et cela d’autant plusque, depuis un
siècle, le Rwanda était unpays aux mains du colonisateurqui en afait ce qu’il veut
selonsesintérêts.
Notrecorrectif vise« le prisme racial»déformateur à traverslequel ces historiens
ont regardé l’Histoiredu Rwanda précolonial. Ce prismea réduit l’histoiredu pays
en unehistoirede sestrois composantes Hutu/Tutsi/Twa, et a déformé leur relation
en conflit congénital. L’histoire que nous allons écrireessaierade montrerque
cette vueest erronée et vient enréalitéd’une pensée étrangèreau Rwanda,comme
un accident historique. Même Alexis KAGAME n’a paspu résister à cette vision
colonialiste projetée surson pays qu’il a si chèrementservi. En pratique, etpour
éviter une polémique stérile, nous allons écrire unehistoiredu Rwanda sans ce
prisme racial, tout en mentionnantles trois groupes sociaux comme des
composantes de la société rwandaise»
En réalité, même si l’intention déclarée est de corriger,compléter, ordonner
l’Histoiredéjà écriteetpubliée surle Rwanda, l’intention cachée se révèlebien
évidemment êtrede nettoyer l’Histoiredu Rwanda de tous les éléments
compromettantla Noblesse séculaire Tutsi faction Abakagara et d’enjoliver son
portrait moral.
Ilimportedoncdecontestertout de suite lespropos du révérend père Bernardin
Muzungu selonlesquels « Mgr Alexis KAGAME n’a paspu résister àcette vision
colonialiste projetée surson pays qu’il a si chèrement servi ». Nierl’existence des
réalités Hutu-Twa/Tutsi au Rwanda consisteen une mentalitéd’hypocrite que ,
quoique Tutsi de labasse Noblesse, Mgr Alexis KAGAME a refusé de partager
avec l’UNAR des années 1958. Il n’a pas hésitéde mettreen garde le Mwami
59Mutara III Rudahigwa contrecetteerreur fatalede nierl’existence millénairedes
sous-populations Hutu, Tutsi et Twa etils’est expriméclairement lors d’une
réunion extraordinairedu Conseil supérieur du Pays. Mgr Alexis KAGAME estle
Rwandais contemporain le plussageetlechercheur le plusobjectifen Histoiredu
Rwanda. Son Modèleest à prendre ou à laisser. Iln’est pas à corriger. Tout au plus ,
il est àapprofondir dans lecadrede ses déterminantsintrinsèques. Voilà pourquoi
le Père Dominicain Bernardin Muzungu appartient au modèle Siyasa noble Tutsi et
non au Modèle Mgr Alexis KAGAME. Un adeptedu Modèle Mgr Alexis
KAGAME ne peuttraiter comme cela Mgr Alexis KAGAME. On a ledroit
d’appartenir au modèlede son choix mais alors il fautledireclairement et
nettement .
Il est malheureux de prendre pour unindividu n’ayantpaspu résister àcette vision
colonialiste projetée sur sonpays qu’il a si chèrement servi, un hérosqui a voué
toute sa vieà la luttecontre le colonialisme. Ilneconvient pas non plus de
considérer un grand savant Rwandais comme un vulgaire informateur. Nonobstant
ces deux remarques qu’il est opportun de faireà Bernardin Muzungu, il semble
qu’ilsoitl’adeptedu modèle Siyasa noble Tutsile plusreconnaissant envers les
missionnaires, le plusrespectueux de l’Églisecatholiqueetle moins distant du
Modèle Mgr Alexis KAGAME. Tout comme Mgr Alexis KAGAME, Muzungu est
un ecclésiastique Tutsi appartenant à la Basse Noblesse Tutsi du groupement
sociofamilial Abasinga. Celaexpliquerait peut-être sa grande considérationpour l’Église
catholiqueetsagrandeadmirationpour Mgr Alexis KAGAME. Enoutre, malgré
son attitude expressément vagueetson laconisme, Il a quand même le mérite
d’adopter une position décourageant les nouvelles tentatives colonialistes de Jan
Vansinade prétendre écrireaux Rwandais l’Histoiredu Rwanda .
Bref, on convient qu’il ya beaucoup à compléter, àapprofondir et à perfectionner
dans le Modèle Mgr Alexis KAGAME, mais on n’est pas d’accord qu’il y ait des
choses à corrigerpuisqu’il n’ya pas defaute. Le Modèle Mgr Alexis KAGAME est
une problématique qui ne peutpas êtreconsidérée comme unefaute. Iln’ya aucune
faute àavoirsa propre problématique. Tout au plus, Bernardin Muzungu aurait dû
démontrerlafaussetédu Modèle Mgr Alexis KAGAME,faireconnaitre le modèle
Siyasa noble Tutsi de son choix et reconnaitre l’existence d’un autre modèle
différent du sien dit Modèle Mgr Alexis KAGAME. Enréalité, lebutrecherché
était de supprimerle Modèle Mgr Alexis KAGAME pour que puisse régner
dignement le modèle Siyasa noble Tutsi. La preuve supplémentaire que l’ouvrage
de Bernardin Muzungu relève du modèle Siyasa noble Tutsi estqu’il a été
généreusement financé par le FPR (=Inkotanyi)(Tribert Rujugiro) [cfrpage5] .
Par ailleurs,à première vue, il semble que ladéclaration de Mgr Servilien
Nzakamwita,évêquede Byumba, à Rome, le 14 octobre 2009, lors du synodedes
évêques africainsquis’est tenu au Vatican du 4au25 octobre 2009, s’inscrive
60également dans lecadre du modèle Siyasa noble Tutsi, particulièrement aux
passagesoù il cite « les événementsmalheureux du génocide des Tutsi et autres
victimes de la guerre ». C’est exactement la redéfinition du Génocide rwandais par
le régime noble Tutsirwandais. S’il est permis àchaque régime politique rwandais
de redéfinir le Génocide rwandais,alors il est àcraindre que dans cent ans on ne
parle plus, ni de Génocide rwandais ni de génocide des Tutsi et autres victimes de la
guerre ni de génocide des Hutu et autres victimes de la guerre. Tous lesrégimesqui
se succéderont au Rwanda devraient d’abordet avant touts’en tenir au Génocide
rwandais telqu’il aété reconnu parles Nations Unies,c’est-à-dire le Génocidedes
Tutsi et des Hutu centristes. Ceux-ci(=les Hutu centristes) n’ont pas été victimes de
laguerre: ilsont été victimes de génocide. C’est de l’instrumentalisation du
Génocide rwandais et de la discrimination tribaledes victimes et desrescapés du
Génocide rwandais. Sil’onn’y prend pas garde, ceci constitue déjà unnouveau
centrede la Spirale de la violence rwandaise. C’est une erreur grave à laquelle un
évêque nedevrait pas souscrired’autant que le Vaticanluis’en tient toujours à la
définitiononusienne de Génocide rwandais. Les chrétiens n’y comprennent plus
rien. Finalement,de qui est-on évêque? Bien plusil est critiquable que Mgr
Servilien Nzakamwita ailleau Vatican chanterles louanges destribunaux
populairesnéocoloniaux Gacaca-Gacabintu quine sont rien d’autre qu’une machine
tribalisted’oppression ayant pour but de réduire les souspopulations Hutu et Twa
en esclavage. Il cache que sonprédécesseur Mgr Joseph Ruzindana, presque tous
lesprêtres etreligieux Hutu de son diocèse ont été systématiquement massacréspar
l’armée Tutsiqu’illouange etqu’un génocide des Hutu et des Tutsi centristes a eu
lieu mêmedans son diocèse, spécialement à Giti,à Rutare, à Muhura, à Kinyami,à
Kibali,à Mukarange,etc. Alors que lui-même, évêque, il défend jusqu’au Vatican
unrégime tyrannique, Iloseconclure que l’œuvrede la réconciliation est l’initiative
de Dieu. Non, onne peutpas comptersur Dieu alors qu’onn’est plus en harmonie
avec lui ! Au contraire, on nedoitpaslecacher, le Rwanda vade nouveau tout droit
à la catastrophe. Il est impérieux de dialoguer entre Rwandais,d’organiser des
élections libres ettransparentes,de rendre justice équitablement à toutle monde, de
se pardonner,de respecterles droits de l’homme, d’aidertous les orphelins
rwandais dans leurs besoinssans discrimination tribale, de respectertous lesmorts
sans discriminationtribale, de respecter les biens d’autrui, de respecter la vie
humaineet de laconsidérer comme lebien le plusprécieux qui soit en ce monde .
Voilà un discours qu’on attendait de la part d’un évêquedans la situation critique
du Rwanda. Il est scandaleux de prêter à Dieu l’intention de maintenirou de
ramener au pouvoir des criminels et d’imaginerpouvoirmonopoliserson Amour.
Un autrecheval de batailledu modèle Siyasa noble Tutsi estla Françafrique,
l’anticolonialismeetl’implication de la Francedans legénocide des Tutsi du
Rwanda. Ces thèmessont développés par Kagabo, sa cousine Daphrosa
Mukarumongi etson ami etle mari de Daphrosa, Alain Gauthier,carils ontl’atout
d’êtredes Français. Voici un échantillon de ces hypothèses, publié par José Kagabo ,
61(Rwanda) historien, maitredeconférences à l’écoledes hautes études en sciences
sociales à Paris, le 3 mars 2008,dans son article intitulé « Un discours de duplicité
très franchement raciste» .
« Candidat à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy s’est présentécomme
l’hommedu changement,dans lesidéesqui gouvernentla France depuis plusieurs
années, y compris enpolitique étrangère. A propos de l’Afrique enparticulier, il
avait déclaré que, élu président, il opèrerait une rupture avec le passé, c'est-à-dire
avec lespratiques que, depuis sesprédécesseurs, on appelle« Françafrique ». Etil
semble que la promessedu Candidat Sarkozy de rompreavec la politique
néocolonialisteen Afrique ait suscité quelque intérêt, voirlaconfiance de certains
africains. Maislesquels ?
Depuis ledépartprécipitéde Jean-Pierre Cot du Ministèrede la Coopération, sur
fond de désaccordavec le président Mitterrand à propos précisément de cette
politique, nombre d’africains,amis aussi de français, ont déchanté. Les deux
septennats du président Mitterrand, couronnésparl’implication de la Francedans
legénocide des Tutsi du Rwanda, ont enterré l’illusion desoptimistesimpénitents.
A peineélu président de la République, Nicolas Sarkozy se rend à Dakar, où,à
partir d’un lieu hautementsymbolique, il s’adresseà la« Jeunesseafricaine» .
Pourlui apprendre quoi? Que l’Afrique est toujours restée «en dehors » de
l’histoire. Dans une Université quiporte le nom d’un grandhistorien africain ,
Cheikh Anta Diop !
Chassez le naturel, il revient au galop. Environ un demi siècled’ «humiliation »,
d’ « agenouillement », d’ « irresponsabilitéde nospolitiques» -les hommes d’État
qui dirigent lespays du précarréfrançais, parfois depuis plus de trenteans, sous
l’œil vigilant de ce « monstre sans état d’âme» qu’est la Françafrique .
Les mots mis entreguillemets sont de Makhily Gassama, un ancienministrede la
Culture d’Abdou Diouf qui a coordonné un ouvrage collectifd’intellectuels
africainsintitulé: L’Afrique répondà Sarkozy. La réponse intellectuelleest sans
doute nécessaire. Mais il resteaussi à tenir un langage politique à nos « amis »
français – pasles anti-néocolonialistes(il fautse rappeler que, mêmeau temps des
colonies, il eut dans ce pays un courant anticolonialiste), mais les
« Françafricains », auxquels il fautrendre la monnaiede leurpièce eninversant les
termes du discours paternaliste. Il est temps de leur dire: la« rupture»dans votre
politiqueafricaine, votre vision de la placede l’Afrique dans l’histoire, vos projets
pour l’avenir de l’Afrique, on n’y croit pas, on s’en fout. »
Enfin,concernant l’existencedessous-populations Hutu, Tutsiou Twa ou non dans
le Rwanda ancien, la position des Tutsi de la Basse Noblesseest moinsnette. Ils
mettent l’accent sur la mobilité sociale. C’est lecaspar exemplede Benjamin
62Sehene (Tutsi Musinga)qui, dans sonouvrage intitulé « Le Piègeethnique,
Dagormo, 1999»dit à la page 16 ce qui suit : « Dans le Rwanda précolonial, si la
notion d’ethnieexistait déjà, il n’y avait,en aucune manière,dedivisions raciales
rigides commeellesse manifestèrentparla suite. Le royaume d’autrefois appuyait
sesstructures socialessurtrois classes dontlesrôlesse répartissaient en fonction
desprincipales activités économiques (élevage et agriculture), le détail incarnant la
richesseétalon. La Noblesseetla plupart des éleveurs se recrutaient parmiles
Tutsi, quelques chefs et une majoritédespaysans étaient hutu tandis que les Twa se
réservaientlesrôles dechasseurs et decueilleurs. La mobilité sociale restait
cependant possible etlesmariagesmixtes parvenaient àeffacer les distinctions de
classes. A travers ce qu’on appelait kwihutura« la muedu Hutu », un Hutu pouvait
acquérir du bétail,épouser une femme Tutsi et ainsi devenir Tutsi. Et un Tutsi
appauvri,devenu cultivateur, ou ami à unefemme Hutu devenait Hutu. On ne peut
néanmoins occulterle fait que les Tutsiont toujours eu l’obsession de l’aspect
physique. Une grande tailleetlestraits fins devinrent un critèredebeauté etla
marque de la qualitédu lignage. La notion de supérioritéde l’ethnie Tutsi est
tellement gravée dans le subconscientrwandais qu’elleapparait dans toutes les
versions desmythes fondateurs » . Manifestement,c’est un formidable
embrouillamini toutà fait faux .
Pourterminer ce point, il y a lieu d’ajouterque le modèle Siyasa noble Tutsi
compteessentiellement ses adeptes dans la Noblesse Tutsi faction Abakagara, soit
une infime minoritéde la Population rwandaise (± 3% de la Population rwandaise)
qui a l’avantage ponctuelled’être militairement forteetsurarmée. C’est sur ce
modèle qu’était basé l’ancien partipolitique UNAR etqu’est aujourd’hui basé
l’actuel partipolitique FPR (=Inkotanyi) au pouvoir au Rwanda. La plupart de ses
adeptessont doncdes Tutsi. A leur avis, la Révolution ultime tant attendueaeu lieu
de 1990 à 1994: il ne reste plusqu’à anéantir lesquelques forcesnégatives Hutu
irréductibles moyennant les Gacaca-Gacabintu, les‘’local defense’’ etles Forces
rwandaises de la Défense (FRD).
Toutefois,des Hutus modérés,au sens dépréciédu terme telqu’actuellement utilisé
au Rwanda, acquis à la cause du FPR ensont également adeptes, tant au sein du
FPR lui-même qu’au sein de sespartis politiques satellites. On peut citer à titre
d’exemple Christophe Bazivamo, Désiré Nyandwi, Marc Rugenera (un espion et un
protégéde Paul Kagame), Amandin Rugira, Augustin Iyamuremye, Joseph
Habineza, Stanley Safali jusque récemment,et bien sûr, François Kanimba ,
Marcel Gatsinzi, Musa Fazil Harelimana, Jean Damascène Ntawukulilyayo ,
Françoise Mukayisenga, François Byabarumwanzi, Jean-Marie-Vianney
Mugemana, Augustin Nzindukiyimana, Anastase Murekezi,etc .Au Rwanda, un
Hutu modéré veut donc dire un Hutu modéréetpondéré par une faveur
conditionnelle quelconqueà titre strictement personnel etpartant devenu instrument
de la Noblesse Tutsi faction Abakagara .
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