Le Mage de Lume

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Au sein de Perdal, il existe une école de magie : Lume. Mais le roi actuel n'est plus, et l'autre semble haïr particulièrement les mages... Ainsi, pour Catherine et ses frères, Ted et Tod, tout va changer

Publié le : lundi 7 mai 2012
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Exodus
Le Mage de Lume
Récit Fantasy
Fragments de romans se déroulant sur le
Continent Monde Exodus Andalénia   
G.N.Paradis
 
 
 
Avant Propos :
 Cette courte histoire se déroule au sein du monde d’A ndalénia, sur la côte Ouest du gigantesque continent nommé Exodus. La Saga de la Danse du Lys, dont le premier tome, la Dame en Blanc, est paru cette année, se passe sur la côte Est du même monde. Il n’est pas né ces saire de l’avoir lu pour apprécier le Mage de Lume, l’Hôte de ces Bois et l’Ermite de ces Bois . J’ai mis en ligne Exodus dans l’ordre chronologique, mais il est tout à fait possible de débuter cette série de textes par n’importe lequel d’entre eux. Il en va de même pour mon autre série, plus humoristique, le Brisant. Depuis le 3 juin 2011, je publie tous les mois un ou deux textes courts, notamment sur Feedbooks et youscribe. En 9 mois, 18 histoires ont ainsi été publiées gratuitement, notamment des textes anciens. J’espère, très chers lecteurs, que vous me suivrez lorsque certains d ’entre eux  seront édités à petits prix sur le net, notamment par les éditions Numériklivres.  
 
Scripturalement votre, G.N.Paradis
 
 
Apprentis & Initiés
  Royaume de Perdal, quelques semaines plus tôt…    A Rinosil, il était de coutume que les Apprentis et les Initiés soient les premiers responsables de toutes les catastrophes qui se déroulaient dans l’école  de Lume . Deux d’entre eux possédaient un tel talent pour les désastres qu’on  entrevoyait leur m arque de passage d’un œil distrait . Les jumeaux Ted et Tod, à peine apprentis, invoquaient déjà de petits golems que l’on nommait communément lutins. Ces petites créa tures, farceuses se glissaient dans les jambes des passants et les jetaient à terre avant de ricaner d’un air bête en montrant leurs petites dents pointues.   Maintenant, tous les deux étaient des Initiés et leurs talents exaspéraient tous les jeunes mages de l’école. On les surn ommait les frères catastrophes ; et parfois, certains commettaient une erreur regrettable : ils se moquaient. Leur dernière victime en date était un jeune mage vantard et noble qui avait projeté une portion de terre sur la tête des jumeaux. Il avait été pourchassé par des Gobelais des cavernes toute la journée. On l’avait retrouvé dans un arbre, au petit matin, l’œil poché, suspendu à une branche tête en bas, encore assaillis par une colonie de ces malignes créatures. En guise de punition, les Maîtres Mages avaient donné une série de tâches salissantes aux jumeaux vengeurs.    Enfin, la seule personne que craignaient les jumeaux, c’était Catherine, leur sœur qui n’hésitait pas à les ficeler l’un à l’autre si jamais elle les surprenait à commettre un de leurs méfaits . C’ était une jeune Mage, le rang juste au dessus des Initiés. Elle était âgée de seize ans, soit
 
 
 
deux de plus que ses frères, et serait bientôt considérée comme une magicienne à part entière. Elle voulait devenir Guérisseuse, comme sa mère avant elle, mais malgré tous ses efforts, elle était plus douée pour contrer des sorts et créer des boucliers protecteurs que pour soigner des gens. Enfin, elle s’en voulait tellement de ne pas être à la hauteur de sa mère en la matière qu’elle se faisait discrète en classe, travaillant assidûment quand il le fallait, dissimulant ses doutes et ses pouvoirs. Les mages de lumière oeuvraient pour la paix, non pour la guerre.  Enfin, ce jour là, Catherine suivait discrètement ses turbulents petits frères, à travers les bois. Elle surprit alors une conversation entre son professeur des enchantements et du gérant de l’école, u n vieux Mage au x traits grincheux. Chassant ses mèches blondes de ses grands yeux bleus, Catherine tendit l’oreille, gardant un œil attentif sur ses deux frères qui ne l’avaient toujours pas remarquée.   Je n’ai plus de nouvelle s du Mage de Lume depuis trois jours maintenant, disait le gérant sur un chemin perpendiculaire à celui de Catherine.   Inutile de vous inquiéter, il travaille peut-être, tout simplement, répondit une plantureuse femme en robe blanche. Où peut-être qu’il est toujours en train de se disputer avec son homologue le Mage de Makhê ? Vous savez qu’ils ne s’aiment pas particulièrement…  A vrai dire, ils se charrient comme des gamins à longueur de journée, mais ce n’est  pas ça qui m’inquiète, Natacha. D es rumeurs circulent en ville et certaines disent que notre Roi aurait été renversé, déclara le gérant d’une voix plus basse, si bien que Catherine dut lancer un sort d’accroissement sensorielle pour l’entendre .
 
 
 
    Voyons, avec les trois mages les plus puissants de nos Ordres, au côté du Roi de Perdal, c’es t impossible, rétorqua sèchement Natacha.     Il y a pire, on dit aussi qu’un décret est passé , déclarant tous les Mages hors la loi, renchérit le vieux mage avec vigueur. Comment aurait-on pu inventer une nouvelle pareille ?     Vous êtes vraiment paranoïaque, mon frère, répondit Natacha qui n’en croyait pa s un mot. Ne vous inquiétez pas. Venez, nous avons du travail à présent. Catherine, elle, pensait que le géra nt n’avait pas tord d’être effrayé . Elle était allée en ville hier : tous les gens qui d’ha bitude, lui adressaient la parole , s’étaient éloignés  comme si elle était porteuse d’une maladie r are. Au début, elle avait glissé ce rejet sur le compte de la fatigue, mais elle s’était vite aperçu e que tout le monde semblait sur le qui-vive. Elle était rentrée avec cet étrange pressentiment et avait eu un mal fou à s’endormir. Dans la nuit elle avait fait un cauchemar où elle voyait tous ses camarades de classe avec des trous béants dans la poitrine et du sang gouttant le long de leurs robes bleues. Elle avait alors croisé les jumeaux qui semblaient indemnes. Elle leur avait posé des questions : ils avaient répété inlassablement: Ils sont venus, ils les ont tous tués Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Catherine eut un frisson au souvenir de ce cauchemar et le chassa de son esprit pour se concentrer sur Ted et Tod. Ces derniers se désaltéraient à la fontaine comme si de rien n était. C atherine fronça les sourcils: ils préparaient quelque chose. La jeune fille le devinait à leurs sourires innocents et leurs airs faussement détendus. Elle était la seule de l’école à savoir qui était l’un, et l’autre . Tous les deux avaient des cheveux blonds, étrangement parsemés de mèches blanches et des yeux bleus comme les
 
 
 
siens. Ils portaient la robe verte des Initiés. Catherine portait une robe azur conforme à son rang. Ensuite venait la blanche, la dernière robe de l’école et le plus haut grade décerné.  Avec la discrétion d’une lionne tapie dans les fourrés, Catherine surgit derrière eux sans un bruit.  Là, crée un tour de compression tellurique, ordonnait Ted, en lui indiquant l’angle le pied d’un robinet. Je vais ’ cuper des autres m oc comme…  –…ça, si quelqu’un ouvre l’un de ses robinets, toute la fontaine se f issura et arrosera le buveur, finit Tod d ’une voix légèrement  plus rauque que celle de son frère. Mais un seul suffirait, tu sa is, ne t’occupe pas de tous . Sinon, on va savoir que ce n’était pas un accident.   Tu as sans doute raison, acquiesça Ted, à contrecœur . En se redressant, ils croisèrent le regard de leur sœur qui le s observait avec une expression sévère.     J’ai entendu tout ce que vous di siez ; arrêtez donc de sourire. Faîtes disparaître tout de suite ce point de compression tellurique…     Sinon, tu vas nous mettre une fessé ! se moqua Ted.     Non, je vous ficelle tous les deux à cette fontaine et j’ouvre le robinet, rétorqua Catherine en voyant avec satisfaction ses petits frères acquiescer avec des petits grognements. Allez plus vite que cela !     Tu ne nous laisses jamais nous amuser…, commença Tod.    –…Alors qu’on ne fait rien de mal, termina Ted, avec un clin d’œil complice en direction de son frère.     Arrêtez de me prendre pour une poire…  Un hurlement suraigu interrompit sa réplique. Que se passait-il ?
 
 
 
    Vous, restez ici, ordonna Catherine avec vigueur, et attendez-moi sans faire de bêtise. La jeune mage courut en direction du cri, tachant d’éviter les racines qui jonchaient le sentier. Le petit bois se terminait abruptement sur la barrière de l’école de Lume, mais tous les chemins menaient à l’ ntré  e e, un grand portail aux barreaux imm aculés. Alors qu’elle y parvenait , Catherine eut un mauvais pressentiment et s’arrêta dans l’ombre d’un arbre. Ce qu’elle vit la paralysa sur place. Un groupe de guerriers venaient de pénétrer à l’in tér ieur de l’enceinte  et au milieu d’eux gisaie nt deux corps, celui du gardien et d’une jeune Initié qui ne devait pas avoir plus de douze ans. Leur sang mêlé ensanglantait les graviers.  Catherine se retint au tronc rugueux pour ne pas s’évanouir  d’horreu r. Vite, il fallait qu’elle aille prévenir les autres  avant qu’ils n’arrivent, sinon…  – Là regardez, il y a une jeune femme qui nous épie ! cria l’un des  soldats en la pointant du doigt. Catherine s’enfuit, en hurlant de terreur. Sa voix suraiguë, amplifiée par la magie, créa quelques échos désagréables à travers la prop riété, jusqu’aux édifices cerclés de blanc. Un détachement de gue rriers s’élança sur ses talons. La jeune fille courut le plus vite possible mais, peu adepte du sport, elle s’essou ffla bien vite et s’affala  de tout son long au milieu du sentier. Elle s’égratigna les genoux sur les cailloux et déchira sa robe, laissant apparaître une portion de peau blanche . Elle n’eut pas le temps de se relever que les trois soldats étaient déjà sur elle. Ne me faites pas de mal, supplia-t-elle en se recroquevillant sur le sol.    Elle est plutôt jolie, celle-c i… Mais le capitaine…      Il ne le saura probablement jamais, observa le second avec un air lubrique . Tenez là, je passe le premier…  
 
 
 
D eux d’entre eux la soulevèrent avant de la plaquer contre un tronc d’arbre. L’un deux commença à lui caresser la cuisse tandis que l’autre posait sa main rêche sur son sein. Le troisième se défroquait sans aucune pudeur en ricanant. Catherine était sous le choc. Soudain, alors que celui face à elle s’avançait, un Gobelai se jeta sur l’ entre jambe de son agresseur qu’il mordit à pleine dents. Le cri qui s’écha ppa du soldat résonna à des miles à la ronde. L’être avait une tête chauve, d’immenses yeux marrons et était coiffé d’une plume de paon.   Le secon d guerrier lâcha son arme lorsqu’ une demi douzaine de lutins, armés de petits couteaux se jetèrent des branches en poussant des babillements rauques. Enfin, le troisième reçut une vingtaine de Gobelais sur le coin du nez, et fut étripé.  Catherine ! appela soudain Ted d’un peu plus loin. Viens vite !  La jeune femme courut dans sa direction comme une automate prise de frénésie. Derrière elle, les trois soldats se débattaient avec les petites créatures en poussant des jurons quand ils se faisaient mordre, pincer ou entailler.  Les jumeaux attrapèrent leur sœur par le pan de sa rob e pour qu’elle courre encore plus vite. Elle était toujours en état de choc, en arrivant près du bâtiment principal de l’école , là où se situaient les dortoirs et les lieux de convivialité . Ses frères la traînèrent à l’intérieur, en passant sous une arche décorée d’ailes de phénix. Les soldats étaient déjà dans la cour et se battaient contre une horde de Lutins, de Gobelais forcenés, et d’un Golem faisant le triple de leur taille. Soudain, l’un d’eux les aperçut et se rua dans leur direct ion, alors qu’un groupe armé surgissait derrière eux.     Catherine, il faut faire quelques choses ! cria Tod d’une voix tremblante.  
 
 
 
Mais celle-ci venait d’apercevoir une de ses camarades de classe gisant dans une mare de sang. Alors, Ted et Tod firent la seule chose en leur pouvoir : ils la giflèrent en même temps. Aussitôt Catherine se réveilla comme si on lui avait jeté un saut d’eau de bon matin à la figure.  Furieuse, elle agrippa ses frères par leur robe et les traîna à sa suite en fonçant sur les guerriers. Ils étaient cinq, fiers dans leurs armures d’or et d’argent, fier s de tuer des enfants sans défense. Son hurlement de rage couvrit le tumulte de leur charge mortelle     Alors l’horizon se fendit en deux et une vague de chaleur embrasa le corps de Catherine. Elle brandit sa main libre dans leur direction et concentra les éclairs de magie au bout de ses doigts. Le temps se figea ; et son cri se mêla aux hurlements des combattants, aux cris des mages agonisants et aux crépitements d’étincelles qui jaillissaient aux ralenties quand des invocations se volatilisaient ou apparaissaient dans la cour.  Catherine et ses frères percutèrent le mur de soldats. Ces derniers furent grillés et rejetés au loin par la coupole d’éclairs . Reprenant sa respiration, elle se réfugia derrière le Golem, en compagnie de ses frères. Le gérant leur ordonna de se mettre à l’abri à l’intérieur. Tous troi s se précipit èrent dans l’édifice en pointe pour se retrouver face à des apprentis et des Initiés qui se cachaient dans tous les coins et les recoins des pièces. A ucun n’avai t encore eu l’idée d’ emprunter l’escalier immaculé .  Quant aux jeunes mages et aux magiciens, ils combattaient tous au dehors les soldats royaux. Une fenêtre explosa soudain au dessus d’un divan et un homme bardé de fer s’écrasa au centre de la pièce, en compagnie d’un jeune Mage fougueux que les jumeaux connaissaient bien. Le vantard noble aux yeux bruns se retourna dans une virevolte.
 
 
 
 Le sol souleva son ennemi et le rejeta par la fenêtre qu’il venait de franchir. La vague de terre vivante renversa un autre divan sur son passage. Quelques instants plus tard, le jeune mage ressortait en poussant un cri de guerre.  Catherine décida de prendre le commandement des lieux.     Rassemblez-vous autour de moi ! cria-t-elle aux adolescents éparpillés dans la pièce. Une trentaine de jeunes sortirent de leurs cachettes assez timidement jusqu’à ce que Catherine prenne un ton autoritaire. Alors ils se rassemblèrent plus rapidement. Ils devaient être une trentaine, à peine. Cette dernière savait que l’école comptait normalement une cinquantaine d’apprentis et d’Initiés. Les autres étaient probablement morts. Elle se devait d’être forte, comme sa mère l’ urait été dans de telles circonstances.   a    Bon alors écoutez moi bien, ordonna-t-elle une fois qu’ils se furent tous rassemblés. Nous ne sommes pas en sécurité, ici. Je veux que vous montiez à l’étage par petit s groupes et que vous m’y attendiez. Tout de suite et dans le calme, surtout ! Vous, allez les accueillir en haut, je fermerai la marche, ordonna-t-elle à ses frères, en les poussant en direction des escaliers. Quelques minutes plus tard, Catherine observait la fenêtre brisée avec inquiétude. Des hurlements terribles, des heurts brutaux, des cris rageurs résonnaient jusque là tels des entrelacs de sons diffus s’engouffrant dans un havre de paix. Le monde, si doux le matin même, s’était transformé en un cauchemar débordant de violences et de destructions.    Les Initiés et les apprentis montaient à l’étage dans un calme tout relatif. Certains pleuraient et s’essu yaient les yeux . D’autr es semblaient hagards.
 
 
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