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Voyage dans l'histoire franco-italienne

De
71 pages
Continuant ses pérégrinations européennes, Didier Rousselet a parcouru un milliers de kilomètres à travers l'Italie sur les traces de l'histoire commune entre ce pays et la France. En cinquante textes, autant que de jours de marche, il partage son expérience et nous invite à méditer sur les vicissitudes du passé et la chance que représente l'Europe aujourd'hui.
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Couverture

Cover

4e de couverture

4e Image couverture

Première de couverture : La Piazza Maggiore de Bologne vue de la tour Asinelli.

 

Quatrième de couverture : Fernandel et Gino Cervi dans la vitrine d’une boutique à Brescello, lieu de tournage des films de la série Don Camillo.

Titre

Didier Rousselet

 

 

 

 

Voyage

dans l’histoire

franco-italienne

 

1000 km à pied dans la Botte

 

 

 

 

 

 

 

 

25, rue des Écoles

75005 Paris

www.editions-sepia.com

Copyright

 

© Sépia, 2017

 

EAN Epub : 979-1-033-40093-6

AVANT-PROPOS

Voici donc le troisième volet de ce projet qui doit en comprendre quatre. Après ma marche de Paris à Berlin et celle à travers quelques régions de l’Espagne, j’ai repris avec le même plaisir et la même curiosité mon bâton de pèlerin pour parcourir de grands morceaux de l’Italie. Le voyage originel, justifié par l’envie de célébrer l’amitié franco-allemande, m’avait laissé avec l’envie de recommencer. Après quelques réflexions, il m’apparut que, si j’avais toujours été fasciné et reconnaissant des relations spéciales tissées depuis soixante ans entre la France et l’Allemagne après tant de siècles de guerres, il était évident que l’histoire commune de la France et de ses autres voisins n’avait pas non plus été un long fleuve tranquille et qu’il convenait d’apprécier et de chanter l’inestimable cadeau des liens apaisés au sein de l’Union Européenne.

La France, carrefour des civilisations et des peuples, seul pays d’Europe à être baigné à la fois par la Méditerranée, l’Atlantique et la mer du Nord, est au croisement de quatre mondes : germanique, italo-grec, ibérique et britannique. Puisque j’avais passé plus d’un an de ma vie à étudier, parcourir puis évoquer le premier de ces mondes, il me fallait maintenant faire de même avec les trois autres. Vivant à Barcelone pendant deux ans, j’avais commencé par l’Espagne. Le fait d’habiter ensuite dans les Hautes-Alpes rendit naturel de poursuivre l’aventure avec l’Italie. Ce pays dont la langue n’est pas vraiment un obstacle est sans doute le plus connu de nos voisins. Avec la Rome antique, la Renaissance, la papauté, l’opéra, le cinéma, la cuisine, les sites célèbres et les plages au soleil, tout un chacun s’est frotté au cours de ses études et de ses loisirs à l’histoire et à la culture de l’Italie.

J’ai gardé les premiers voyage et livre comme modèles et étalons : cinquante jours, cinquante textes, cinquante photos (« pour l’envie de partir ») et cinquante citations (« pour l’envie de lire »). Pas plus que précédemment, je n’ai voulu écrire un récit de voyage mais effleurer par petites touches quelques motifs liés aussi bien au thème central de ce livre, l’histoire des relations entre l’Italie et la France, qu’à mes sujets favoris comme le goût des paysages.

Le choix de l’itinéraire est toujours délicat, le temps que je me donne m’obligeant à laisser de côté de nombreuses régions. Il dépend de mes recherches qui me poussent à aller voir tel ou tel lieu, mais aussi de contingences matérielles et de ma curiosité. Je ne suis pas retourné à Venise ou en Sicile mais j’ai eu le grand plaisir de découvrir enfin Rome ! Le voyage s’est déroulé en deux temps : 22 jours de marche entrecoupés de liaisons par train dans la région de Naples, à Rome puis en Ombrie, et 28 jours d’une traite de Briançon à Bologne, dans une longue traversée de l’Italie du Nord, les deux trajets se rejoignant à Florence.

Depuis mon premier périple, le climat s’est assombri. L’Europe est en crise : critiquée de toutes parts pour des raisons contradictoires, elle voit resurgir les démons du nationalisme. Ma prochaine expédition, quatrième partie de mon projet, aura lieu dans un pays qui quitte l’Union : le Royaume-Uni…

L’histoire nous apprend que le nationalisme mène à la guerre et je persiste à penser que l’Europe est la meilleure garante de la paix. Je continuerai à parcourir le vieux continent, si varié et si familier, avec l’émerveillement du voyageur et la conviction du citoyen.

Merci à la famille Peureux-Halperin qui est venue de nouveau partager quelques jours de randonnée et à Françoise Delannoy d’avoir gentiment repris le rôle de correctrice. Mille mercis à celle qui rend tous mes projets possibles, celle qui a trouvé le temps de m’accompagner sur une partie du parcours, celle qui est ma première lectrice, Monica, ma compagne.

Saint-Apollinaire (Hautes-Alpes),

automne 2016

images1

ANNONCES

1

La marche s’est déroulée en deux épisodes

de décembre 2015 à avril 2016.

Entre les villes et dans les villes, j’ai parcouru

au total 962 km en 50 jours.

En tenant compte des journées et demi-journées

dues aux trajets effectués en voiture,

en train ou en avion,

au début ou à la fin d’un épisode,

pour entrer ou sortir d’une grande ville,

la moyenne s’établit à

25 km par jour de marche.

Mes textes ayant chacun 25 lignes,

chaque ligne représente 1 km.

 

2

Le « nous » que j’emploie parfois n’est ni un nous

de majesté ni un nous de modestie, il fait simplement

référence aux jours où je marchais accompagné.

 

3

Je suis l’auteur des photos et de la traduction

des citations lorsque le titre de l’œuvre

est dans sa version originale italienne.

PREMIÈRE JOURNÉE

[Voiture, avion, bus, train d’Embrun à Salerne]

2 km

Salerno

 

images2

 

– Elle est loin cette plage ? s’enquit Pinocchio d’une voix que l’anxiété rendait haletante.

– Plus de mille kilomètres.

– Mille kilomètres ? O Pigeon, si je pouvais avoir des ailes comme toi !

– Si tu veux, je t’emmène. […] Sans attendre une minute de plus, Pinocchio sauta sur le dos du gros Pigeon. […] le Pigeon s’envola. Quelques instants plus tard, il volait tellement haut qu’il touchait presque les nuages. […] Au petit matin, ils étaient sur la plage.

Carlo Collodi, Les Aventures de Pinocchio.

 

Transports

C’est reparti ! En voiture, en avion, en bus, en train, nous sommes passés en quelques heures des Hautes-Alpes à la Campanie. L’Europe, à l’époque des auto-routes et des vols à bas prix, nous invite à la parcourir en bottes de sept lieues. Elle nous offre en peu de temps la variété de ses paysages et aussi, hélas, les marques de sa mauvaise santé. Naples à l’atterrissage, comme Turin au décollage, se dérobe à nos yeux, noyé dans la chape grise de la pollution. Mais au sol, la nuit tombée, dans le dédale de la vieille ville de Salerne aux vitrines débordantes de victuailles, les guirlandes de Noël traversent les rues, grimpent sur les façades et ornent les balcons, en un festival de lumières, de couleurs et de formes surgies de la nuit qui annoncent la fête toute proche. Dans le parc municipal, le thème de la féerie semble être l’Europe des contes : personnages et objets immortalisés par Perrault, Andersen, Lewis Carroll, Carlo Collodi ou les Frères Grimm s’animent et clignotent. Mais ils ont fait un tour outre-Atlantique et c’est leur version disneyenne qui est célébrée. Et comme le Petit Poucet n’a pas encore eu les honneurs des studios d’Hollywood, ce n’est pas devant ses bottes mais devant le carrosse de Cendrillon que nous méditons sur notre journée riche en moyens de transport. Mais il se fait tard, il nous faut rentrer à l’hôtel, demain nous nous levons de bonne heure. Oh, le carrosse peut bien redevenir citrouille car c’est à pied que nous partirons !

DEUXIÈME JOURNÉE

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